2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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jeudi 29 juillet 2021

Le Rif, une dette en suspens depuis plus de cent ans


MIGUEL URBÁN (député européen /Podemos), 23 07 2021
 
Le 24 juillet, une mobilisation de la diaspora rifaine aura lieu sur la Plaça de Sant Jaume à Barcelone sous le slogan "centenaire de la proclamation de la République du Rif". Anti-impérialiste et anti-colonial". En réalité, la célébration de cet anniversaire a quelques mois d'avance, la République du Rif ayant été proclamée le 18 septembre 1921. Mais ce qui est vraiment important, au-delà de la date, c'est de se souvenir et de retrouver l'expérience de la République du Rif. 
 C'est l'un des premiers processus de décolonisation au monde, le deuxième réussi face au colonialisme européen après celui de l'Éthiopie, qui a eu plusieurs décennies d'avance sur les processus de décolonisation africains et s'est heurté à une communauté internationale qui n'a jamais reconnu la République du Rif. Seuls le parti communiste nouvellement créé et les formations souverainistes Acció Catalana et Estat Català ont montré un certain soutien.
Malgré sa courte durée, à peine cinq ans, c'est un événement qui a marqué non seulement l'histoire du peuple rifain, mais aussi les mouvements anticolonialistes ultérieurs. En effet, les leaders des luttes de libération nationale tels que Ho Chi Minh, Mao Zedong ou Che Guevara lui-même considéraient Abd el-Krim et sa lutte comme la matrice des guerres révolutionnaires modernes et comme un exemple pour tous les peuples colonisés.
Bien que la mobilisation du samedi 24 juillet intervienne quelques mois avant la proclamation officielle de la République du Rif, elle coïncide quasiment en date avec la bataille d'Annuel (22 juillet au 9 août 1921). A Anoual, Abd el-Krim a ébranlé les fondements du colonialisme européen, qui avait divisé l'Afrique comme s'il s'agissait d'un échiquier, infligeant la plus importante défaite du colonialisme au cours de la première moitié du 20e siècle. Cette victoire militaire fut fondamentale pour la proclamation de la république rifaine un mois plus tard, et fut également décisive dans l'accélération de la crise politique en Espagne qui allait se terminer par la proclamation de la dictature de Primo de Rivera.
La défaite de l'armée coloniale espagnole lors de la bataille d'Anoual a constitué un bouleversement politique de grande ampleur qui a accéléré les contradictions et les faiblesses non seulement du projet colonial espagnol mais aussi de la monarchie d'Alphonse XIII. Cette défaite, connue en Espagne sous le nom de "Le désastre d'Anoual", a fait l'objet d'une enquête menée par le général de division Juan Picasso au nom du Conseil suprême de la guerre et de la marine, dans le but de déterminer les responsables de l'abandon des positions. Le résultat de ces enquêtes est le fameux dossier Picasso, qui est au centre des tensions et des débats parlementaires tout au long des années 20. Alphonse XII lui-même est poursuivi et condamné par contumace aux Cortes les 19 et 20 novembre 1931, sur la base du dossier Picasso.
Si les responsabilités de la défaite d'Anoual n'ont jamais été réellement dégagées au-delà de la condamnation symbolique d'Alphonse XIII pendant la République, en revanche, elle a accéléré l'effondrement du système constitutionnel et politique établi par la restauration de Cánovas del Castillo. Elle cède la place à la dictature de Primo de Rivera et à son directoire militaire composé de généraux africanistes, qui tentent bientôt de se lier au fascisme italien de Mussolini. À partir de ce moment, la République du Rif devient le principal ennemi à battre pour refermer la blessure de l'orgueil colonial espagnol. Dès l'été 1925, alliés à l'armée française, les généraux espagnols ont utilisé toutes sortes de stratégies pour mettre fin à l'indépendance rifaine, comme l'utilisation, pour la première fois hors d'Europe, d'armes chimiques et d'aviation de guerre contre la population rifaine. C'est précisément en raison de ces attaques que le Rif compte plus de deux fois plus de personnes atteintes de cancer que toute autre région du Maroc, un héritage macabre de la guerre coloniale.

 

samedi 11 mai 2019

Maroc. Français contre arabe, la guerre des langues



Après des décennies d’une arabisation hasardeuse de l’enseignement public amorcée dans le milieu des années 1970 pour des raisons politiques, le Maroc est sur le point de retourner à la case départ en refrancisant l’essentiel de son système éducatif. Bien que porté par le roi Mohamed VI et les partis qui lui sont proches, ce rétropédalage qui réhabilite la langue du colonisateur suscite une opposition farouche du Parti de la justice et du développement (PJD) et de l’Istiqlal. Quarante ans d’un formidable gâchis.

  
Il devait passer comme une lettre à la poste. Le 2 avril 2019, dans les couloirs feutrés du Parlement marocain, le projet de loi-cadre consacrant le retour du français pour l’enseignement des matières scientifiques au collège et au lycée devait être validé dans une ambiance d’unanimité joyeuse à la commission parlementaire de l’éducation. Mais contre toute attente, une poignée de députés, des islamistes du Parti de la justice et du développement (PJD, au gouvernement) demandent poliment que la séance soit reportée de quelques jours « pour permettre une bonne analyse du projet ». C’est le début d’un blocage qui ne dit pas son nom, et qui dure encore.
Ce projet avancé par le roi et son entourage a pourtant été élaboré au cœur du Palais par le très officiel Conseil supérieur de l’enseignement. Que s’est-il passé pour que les députés islamistes opèrent une telle volte-face et décident de reporter sine die l’adoption d’un projet royal porté par un gouvernement dont ils font partie ?

Crise linguistique, crise politique

Pour répondre à cette question, il faut revenir au 1er avril 2019, la veille de la réunion de la commission parlementaire. Vêtu d’une djellaba grise, un bonnet noir sur la tête, l’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane écarté de manière humiliante par le roi en avril 2017 a la voix chevrotante, la mine défaite. Dans une vidéo publiée sur sa page Facebook, il fustige le projet-cadre, appelle les députés de son parti à ne pas l’adopter et invite « son frère » Saad Eddine Al-Othmani, l’actuel chef islamiste du gouvernement, à « assumer sa responsabilité devant Dieu et devant l’histoire » en rejetant ce texte.

dimanche 26 août 2018

Lire le livre de Nadine Rosa-Rosso : Plus qu'hier et moins que demain

Contre le racisme, le colonialisme et la guerre.

Par Marie-Jo Fressard, solidmar

Je viens d'en finir la lecture. Bien sûr, il faut être belge pour tout bien comprendre, et j'avoue avoir un peu zappé la première partie jusqu'à la page 75.

 La suite est suffisamment universelle pour pouvoir être lue par tous, avec rage ou tristesse, qu'on ait ou non la fibre communiste, avoir simplement des sentiments humains  suffit pour être tellement d'accord avec tout ce que Nadine exprime avec tant de talent, et avec ses sérieuses connaissances  en politique mondiale.

Combien de fois, en lisant ces lignes, me suis-je dit que  c'est ce que moi aussi je pense, et  moi aussi j'enrage contre cet effondrement programmé des espoirs qu'on souhaitait pousser en avant, quand on avait encore l'impression d'aller vers un mieux, vers la justice, vers une fraternité, quand les jeunes savaient vers où ils allaient.

Je n'aimais pas le mot "impérialisme", mais je réalise qu'il est vraiment le rempart derrière lequel se vautre la minorité ultra nantie de la planète qui ne vit que pour se l'approprier encore plus, en écrasant ou en éliminant la majorité démunie, avec ces armes de démolition massive,  que sont le racisme, le colonialisme et la guerre qui n'opèrent pas l'un sans l'autre.
 
J'ai aimé que les fins de chapitre se terminent par un appel à la lutte,  par une lueur du possible qui invite à ne jamais 
baisser les bras