mardi 30 juin 2020

Le mépris du pouvoir 28 juin 2020 Par Les invités de Mediapart Blog : Le blog de Les invités de Mediapart Avocat historique de la famille Ben Barka, Me Maurice Buttin, se bat depuis bientôt 55 ans dans ce dossier toujours en cours d’instruction. « Comment est mort Mehdi Ben Barka ? Qui l’a tué ? Où est sa sépulture ? » Face aux gouvernements français successifs qui continuent de s'opposer à la levée du « secret de la Défense Nationale », il revient sur ce long combat pour la vérité. Le philosophe et historien, Marcel Gauchet participait le 27 mai dernier à l’émission de David Pujadas, sur LCI. Evoquant la défiance du peuple français vis-à-vis du pouvoir, il reprochait à celui-ci de ne pas dire la vérité par exemple au sujet de la pandémie ou des « gilets jaunes » et insistait sur l’effet de miroir entre le haut et le bas. L’affaire BEN BARKA en est un bien triste exemple ! Je m’explique. Le 29 octobre 1965, le leader de l’opposition marocaine et l’un des Grands du Tiers monde, Mehdi Ben Barka est interpellé par deux policiers français, boulevard Saint-Germain à Paris. Alors avocat à Rabat, je suis constitué par sa mère. Je rejoindrai en septembre 1966 mes confrères parisiens constitués par son épouse, tous décédés aujourd’hui. Une première plainte pour « enlèvement et séquestration » est déposée par le frère de Ben Barka, Abdelkader. Elle permet d’établir la responsabilité, de près ou de loin, de hauts fonctionnaires marocains de la Sécurité, de truands, de policiers français et autres agents du SDECE, devenu la DGSE. Une deuxième plaine, déposée par le fils aîné, Bachir Ben Barka, en octobre 1975, pour « assassinat et complicité d’assassinat » est toujours à l’instruction au TGI de Paris. Depuis bientôt 55 ans, aux côtés de la famille Ben Barka, je suis toujours à la recherche de la vérité sur ce crime. Comment est mort Mehdi Ben Barka ? Qui l’a tué ? Où son corps a-t-il été transporté ? Où est sa sépulture ? Les autorités marocaines n’ont pas le courage de dire la vérité. Ce serait mettre en cause feu le roi Hassan II, commanditaire de l’enlèvement, non de la mort, mais, de facto, coupable de celle-ci, puisque responsable de l’enlèvement. Plusieurs Commissions Rogatoires Internationales (CRI) ont été adressées au Maroc. La dernière de septembre 2003, renouvelée à plusieurs reprises, concernant les principaux protagonistes de l’affaire, n’a jamais été exécutée à ce jour… La preuve, a contrario, de la responsabilité du pouvoir marocain. Du côté français. Sur ma demande, dès l’élection de François Mitterrand le 10 mais 1981, le dossier du SDECE a été mis sous scellés au TGI de Paris. Il a fallu trente années de démarches pour obtenir la levée du secret-défense pesant sur ce dossier sans rien apporter de nouveau ! Le dossier dit « Pascal » du nom du conseiller du ministre de la Défense Pierre Messmer, depuis 1966 chargé du SDECE, après la sanction frappant le Premier ministre Georges Pompidou, sans rien apporter de plus, sinon la preuve que le dossier saisi et déposé au Tribunal avait été expurgé. Déjà ce mépris ! En 2010, j’ai demandé au juge Patrick Ramaël, le dixième en charge du dossier, d’essayer d’obtenir de la DGSE, le dépôt à l’instruction des dossiers de 79 personnalités, de près ou de loin, mêlées à l’affaire. Le juge décidait de perquisitionner directement à la « piscine » (DGSE), selon les règles en vigueur, sous la responsabilité du président de la « Commission (alors) consultative du secret de la Défense nationale », M. Jacques Belle. L’opération de saisie eut lieu les 29 juillet et 3 août 2010. Elle a duré 2 h 30 le premier jour ; 6 h 30, le second. Fait étonnant, les services n’ont remis à M. Belle que 23 dossiers… Il les a épluchés très attentivement. Puis, en attendant la réception de la requête officielle du juge, pour la déclassification des pièces retenues par J. Belle, celles-ci ont été placées sous scellées. Par avis du 1er octobre 2010, la CCSDN, après avoir « écarté toutes les pièces de ces dossiers n’ayant aucun lien direct ou indirect avec l’affaire » se montrait favorable à la déclassification des documents saisis à la DGSE, sauf pour la page 1, du scellé N°11. Le ministre Hervé Morin suivait cette décision. Or, à la réception effective des documents, le juge constatait que sur les 475 pages des pièces saisies, seules 150 étaient déclassifiées et 4 dossiers n’avaient même aucune pièce déclassifiée ! Le 24 novembre 2010, P. Ramaël sollicitait donc des explications du nouveau ministre de la Défense, Alain Juppé, en précisant : « … Je m’étonne que les scellés sus mentionnés soient, contrairement à ce que l’avis de la Commission et la lettre de votre prédécesseur donnent à penser, intégralement non déclassifiés. Ces pièces ont été individuellement sélectionnées par le Président de la Commission lui-même, qui ne les aurait pas retenues, ab initio, si elles étaient sans lien avec l’affaire ». En conséquence, le juge « sollicitait à nouveau la déclassification totale des documents saisis, ainsi que de tous les documents qui, conservés à la DGSE, n’auraient pas été saisis à ce jour, mais pourraient faire progresser la vérité ». La CCSDN émettait un nouvel avis défavorable et Alain Juppé suivait cet avis… Une nouvelle requête de P. Ramaël, le 21 mai 2012, était rejetée par la Directrice des Affaires juridiques du Ministère : « Une nouvelle saisine de la CCSDN est impossible » (?). Le juge s’étonnait de cette réponse, par deux lettres des 25 septembre et 29 novembre 2012 : « Comment penser que ces documents sélectionnés par le président de la CCSDN, en personne, lors des opérations de saisie soient étrangers à l’affaire ? S’ils concernent l’affaire, comment justifier 47 ans après les faits que le secret soit maintenu ? Lors du transport à la DGSE, les dossiers concernant d’autres personnes ont été demandés en vain (liste jointe)). Comment croire qu’il n’existe pas dans les archives de ce service des dossiers concernant des personnes appartenant ou ayant été employées par le SDECE de l’époque ? » Je demandais donc à Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense à l’époque, de le rencontrer avec Bachir Ben Barka. C’est Mme Claire Landais, nouvelle directrice des Affaires juridiques, qui nous a reçu, en présence du fonctionnaire chargé depuis des années de ce dossier… Celui-ci entendait nous expliquer l’erreur commise, en invoquant la « non déclassification » de certaines pièces. En fait, selon lui, elles auraient dû être mentionnées comme « sans rapport avec l’affaire » ! Je sollicitais du nouveau juge en charge de l’instruction, Cyril Paquaux, de refaire une demande de déclassification de toutes les pièces. Celui-ci a adressé une nouvelle requête le 2 mai 2016. Le ministère de la Défense a répondu… une année après…, le 9 mai 2017, en faisant tenir au juge 89 pièces déclassifiées, mais SANS AUCUN RAPPORT AVEC LA DEMANDE. Il s’agissait de pièces au dossier de l’affaire Ben Barka depuis des années et non celles demandées par le juge. Le mépris ! Le juge redéposait une requête le 6 décembre 2017. Je complétais sa demande en donnant, par lettre à Mme Florence Parly, la nouvelle ministre, beaucoup de détails sur les pièces saisies. Par exemple : « Scellés 9 : Tounsi : 1 document, 3 pages déclassifiées ; 2 sans rapport avec l’affaire. Une, très importante, dont la date est en partie effacée sur la photocopie donnée…Il s’agit d’une rencontre « américano-marocaine » le « 14 courant ». De quel mois ? Vraisemblablement, octobre 1965 de « Tounsi Miloud » avec un diplomate étasunien à Agadir. Or, Tounsi n’est autre que le CHTOUKI de l’affaire Ben Barka. Cela est établi depuis longtemps. Il est très important que tout le dossier de Miloud Tounsi détenu par la DGSE soit versé aux débats ». J’ajoutais : « En bref, deux démarches s’imposent : 1°/ Essayer de retrouver aux archives les dossiers sollicités par le juge concernant les 56 personnes, dont les dossiers n’ont pas été retrouvés (!), dont celui de Philippe BERNIER (visé par une note du SDECE lui-même : « Bernier était connu et il existe un dossier important sur l’intéressé SDECE N° 940/DG/CAB du 4 mars 1966 p.3 » et celui de Miloud TOUNSI, alias Chtouki, entre autres ». 2°/ Obtenir que toutes les pièces d’abord considérées comme « non déclassifiées », puis comme « n’ayant aucun rapport avec l’affaire » soient versées au dossier du juge. Celui-ci pourra alors les examiner, et, effectivement, dire que ces pièces sont sans rapport avec l’affaire ou non. Seule une pareille décision permettra à la famille Ben Barka, partie civile, de constater que l’on ne l’a pas trompée en rejetant ces pièces… ou le contraire Je concluais : 8h30 d’examen des 23 dossiers remis à M. Belle et, entre autres résultats, 4 dossiers « vides », sans pièces déclassifiées… soi-disant des pièces hors sujet ! Le président Belle était-il fatigué ces jours-là pour retenir des pièces sans rapport avec l’affaire ? Aujourd’hui, 54 ans après le crime donc, la famille Ben Barka, compte tenu de tout ce que j’ai décrit ci-dessus, pense que les services de la DGSE lui cachent la vérité, ce qui l’empêche de faire son deuil ». Le 4 octobre 2018, je demandais à être reçu par le Président de la République, avec Bachir Ben Barka. Exprimant ses regrets, E. Macron nous adressait aux services du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Reçus par l’un de ses conseillers, nous insistions pour que des démarches soient entreprises auprès du Gouvernement marocain quant à la non- exécution des CRI. En vain. A ma connaissance aucune démarche n’a jamais été entreprise auprès du Gouvernement marocain. Le 19 octobre 2018, nouvelle demande pour être reçu, avec Bachir Ben Barka, par la ministre de la Défense, Florence Parly. Le 17 décembre, son Directeur du Cabinet, Martin Briens, répondait négativement. Je relançais les 23 janvier, 3 avril et 23 juin 2019, Madame la Ministre. Je recevais une réponse du Directeur précité le 26 juillet, dont j’extraits : « La dernière demande que le juge a formulée (6 décembre 2017. NDLR) fait l’objet d’un traitement particulièrement attentif par les services compétents ». Vingt mois ! Le mépris ! Le 7 août 2019, la Directrice des affaires juridiques répondait enfin au juge : « … Les ultimes recherches entreprises… n’ont pas permis de découvrir de documents inédits susceptibles de répondre à votre requête (Et le dossier Bernier ? et le dossier Miloud Tounsi ?). Quand aux documents saisis en 2010, je vous informe que la ministre des Armées n’entend pas les soumettre à nouveau à la CSDFN … En l’espèce s’il peut paraître surprenant qu’une telle proportion de documents saisis se révèle finalement sans lien… les conditions dans lesquelles se sont déroulées les perquisitions… peuvent parfaitement l’expliquer, le choix de l’autorité judiciaire en présence de la Commission ayant été fait de saisir en large excès plutôt que le contraire ». Un beau mensonge ! Ce n’est pas « l’autorité judiciaire en présence de la Commission qui… », mais le Président de la Commission lui-même, qui a examiné 23 dossiers pendant 8 h 30. Le mépris ! Je répondais à M. Briens le 26 août (je n’avais pas encore reçu la copie du message au juge) lui rappelant les erreurs commises jusque-là et je concluais : « Après le juge P. Ramaël, je m’interroge sur de possibles entraves à la manifestation de la vérité, peu compréhensibles compte tenu du temps écoulé, plus de 53 années aujourd’hui ! » Je n’ai plus jamais eu de réponse… En désespoir de cause, je n’hésitais pas à écrire à l’épouse du Président de la République. : « Je me permets d’aborder avec vous une question qui me tient à cœur, l’affaire Ben Barka. Avocat de la famille depuis plus de 53 ans, je recherche la vérité sur sa « disparition », afin de permettre à son épouse et à ses enfants de faire leur deuil. Le président a dernièrement décidé la levée du secret-défense dans diverses affaires, dont l’affaire Audin. Ne pourrait-il envisager de le faire aussi dans ce dossier, car le juge d’instruction a des blocages du côté de la DGSE ? » Le 25 octobre, le Directeur de Cabinet de Madame Brigitte Macron m’informait que mon courrier avait été transmis à M. Edouard Philippe, Premier ministre. Le 10 mars, c’est son Chef du Cabinet militaire, le général Benoît Durieux qui me répondait. Le comble du mépris. Jugez-en : « La présidence de la République a transmis votre requête aux services du Premier ministre. Celle-ci a retenu toute mon attention. Je vous informe, en premier lieu qu’une information judiciaire contre X des chefs d’homicide est toujours en cours. (!) Je vous invite en conséquence, à vous tourner vers le magistrat instructeur pour complément d’information ». (!) Je vous informe, en second lieu que le pouvoir exécutif a toujours pleinement coopéré avec l’autorité judiciaire dans ce dossier (…). A l’issue de la procédure, plusieurs documents ont pu être transmis aux magistrats requérants et figurent désormais au dossier, couverts par le secret de l’instruction ». (!) Je lui répondais le 12 mars : « Je vous informe qu’une procédure judiciaire… est toujours en cours » ? Faut-il être tout à fait ignare pour m’écrire « Je vous informe », moi qui suis le premier avocat constitué dans ce dossier, le 31 octobre 1965 ! Aux côtés de la famille, je me bats depuis plus de 54 ans pour la recherche de la vérité dans la « disparition de Mehdi Ben Barka. Et si j’ai écrit à Madame Macron, c’est bien parce que le pouvoir exécutif n’a pas « toujours coopéré avec l’autorité judiciaire dans ce dossier », comme vous l’affirmez sans vergogne ». Et de lui rappeler ma requête quant à la demande de la levée du secret-défense ». Je lui renouvelais ma lettre le 8 avril. Je n’ai toujours pas reçu de réponse ce jour… En bref, il y a ceux qui savent, mais refusent de le faire savoir au commun des mortels. Me Maurice Buttin Avocat honoraire à la Cour Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.

Le mépris du pouvoir

Avocat historique de la famille Ben Barka, Me Maurice Buttin, se bat depuis bientôt 55 ans dans ce dossier toujours en cours d’instruction. « Comment est mort Mehdi Ben Barka ? Qui l’a tué ? Où est sa sépulture ? » Face aux gouvernements français successifs qui continuent de s'opposer à la levée du « secret de la Défense Nationale », il revient sur ce long combat pour la vérité.
Le philosophe et historien, Marcel Gauchet participait le 27 mai dernier à l’émission de David Pujadas, sur LCI. Evoquant la défiance du peuple français vis-à-vis du pouvoir, il reprochait à celui-ci de ne pas dire la vérité par exemple au sujet de la pandémie ou des « gilets jaunes » et insistait sur l’effet de miroir entre le haut et le bas.

L’affaire BEN BARKA en est un bien triste exemple !

Je m’explique.

Le 29 octobre 1965, le leader de l’opposition marocaine et l’un des Grands du Tiers monde, Mehdi Ben Barka est interpellé par deux policiers français, boulevard Saint-Germain à Paris. Alors avocat à Rabat, je suis constitué par sa mère. Je rejoindrai en septembre 1966 mes confrères parisiens constitués par son épouse, tous décédés aujourd’hui.

Une première plainte pour « enlèvement et séquestration » est déposée par le frère de Ben Barka, Abdelkader. Elle permet d’établir la responsabilité, de près ou de loin, de hauts fonctionnaires marocains de la Sécurité, de truands, de policiers français et autres agents du SDECE, devenu la DGSE.

Une deuxième plaine, déposée par le fils aîné, Bachir Ben Barka, en octobre 1975, pour « assassinat et complicité d’assassinat » est toujours à l’instruction au TGI de Paris.

Depuis bientôt 55 ans, aux côtés de la famille Ben Barka, je suis toujours à la recherche de la vérité sur ce crime. Comment est mort Mehdi Ben Barka ? Qui l’a tué ? Où son corps a-t-il été transporté ? Où est sa sépulture ?

Les autorités marocaines n’ont pas le courage de dire la vérité. Ce serait mettre en cause feu le roi Hassan II, commanditaire de l’enlèvement, non de la mort, mais, de facto, coupable de celle-ci, puisque responsable de l’enlèvement. Plusieurs Commissions Rogatoires Internationales (CRI) ont été adressées au Maroc. La dernière de septembre 2003, renouvelée à plusieurs reprises, concernant les principaux protagonistes de l’affaire, n’a jamais été exécutée à ce jour… La preuve, a contrario, de la responsabilité du pouvoir marocain.

Du côté français. Sur ma demande, dès l’élection de François Mitterrand le 10 mais 1981, le dossier du SDECE a été mis sous scellés au TGI de Paris. Il a fallu trente années de démarches pour obtenir la levée du secret-défense pesant sur ce dossier sans rien apporter de nouveau ! Le dossier dit « Pascal » du nom du conseiller du ministre de la Défense Pierre Messmer, depuis 1966 chargé du SDECE, après la sanction frappant le Premier ministre Georges Pompidou, sans rien apporter de plus, sinon la preuve que le dossier saisi et déposé au Tribunal avait été expurgé. Déjà ce mépris !

En 2010, j’ai demandé au juge Patrick Ramaël, le dixième en charge du dossier, d’essayer d’obtenir de la DGSE, le dépôt à l’instruction des dossiers de 79 personnalités, de près ou de loin, mêlées à l’affaire.

Le juge décidait de perquisitionner directement à la « piscine » (DGSE), selon les règles en vigueur, sous la responsabilité du président de la « Commission (alors) consultative du secret de la Défense nationale », M. Jacques Belle. L’opération de saisie eut lieu les 29 juillet et 3 août 2010. Elle a duré 2 h 30 le premier jour ; 6 h 30, le second. Fait étonnant, les services n’ont remis à M. Belle que 23 dossiers… Il les a épluchés très attentivement. Puis, en attendant la réception de la requête officielle du juge, pour la déclassification des pièces retenues par J. Belle, celles-ci ont été placées sous scellées.

Par avis du 1er octobre 2010, la CCSDN, après avoir « écarté toutes les pièces de ces dossiers n’ayant aucun lien direct ou indirect avec l’affaire » se montrait favorable à la déclassification des documents saisis à la DGSE, sauf pour la page 1, du scellé N°11. Le ministre Hervé Morin suivait cette décision.

Or, à la réception effective des documents, le juge constatait que sur les 475 pages des pièces saisies, seules 150 étaient déclassifiées et 4 dossiers n’avaient même aucune pièce déclassifiée !

Le 24 novembre 2010, P. Ramaël sollicitait donc des explications du nouveau ministre de la Défense, Alain Juppé, en précisant : « … Je m’étonne que les scellés sus mentionnés soient, contrairement à ce que l’avis de la Commission et la lettre de votre prédécesseur donnent à penser, intégralement non déclassifiés. Ces pièces ont été individuellement sélectionnées par le Président de la Commission lui-même, qui ne les aurait pas retenues, ab initio, si elles étaient sans lien avec l’affaire ». En conséquence, le juge « sollicitait à nouveau la déclassification totale des documents saisis, ainsi que de tous les documents qui, conservés à la DGSE, n’auraient pas été saisis à ce jour, mais pourraient faire progresser la vérité ». La CCSDN émettait un nouvel avis défavorable et Alain Juppé suivait cet avis…

Une nouvelle requête de P. Ramaël, le 21 mai 2012, était rejetée par la Directrice des Affaires juridiques du Ministère : « Une nouvelle saisine de la CCSDN est impossible » (?). Le juge s’étonnait de cette réponse, par deux lettres des 25 septembre et 29 novembre 2012 : « Comment penser que ces documents sélectionnés par le président de la CCSDN, en personne, lors des opérations de saisie soient étrangers à l’affaire ? S’ils concernent l’affaire, comment justifier 47 ans après les faits que le secret soit maintenu ? Lors du transport à la DGSE, les dossiers concernant d’autres personnes ont été demandés en vain (liste jointe)). Comment croire qu’il n’existe pas dans les archives de ce service des dossiers concernant des personnes appartenant ou ayant été employées par le SDECE de l’époque ? »

Je demandais donc à Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense à l’époque, de le rencontrer avec Bachir Ben Barka. C’est Mme Claire Landais, nouvelle directrice des Affaires juridiques, qui nous a reçu, en présence du fonctionnaire chargé depuis des années de ce dossier… Celui-ci entendait nous expliquer l’erreur commise, en invoquant la « non déclassification » de certaines pièces. En fait, selon lui, elles auraient dû être mentionnées comme « sans rapport avec l’affaire » !

Je sollicitais du nouveau juge en charge de l’instruction, Cyril Paquaux, de refaire une demande de déclassification de toutes les pièces. Celui-ci a adressé une nouvelle requête le 2 mai 2016. Le ministère de la Défense a répondu… une année après…, le 9 mai 2017, en faisant tenir au juge 89 pièces déclassifiées, mais SANS AUCUN RAPPORT AVEC LA DEMANDE. Il s’agissait de pièces au dossier de l’affaire Ben Barka depuis des années et non celles demandées par le juge. Le mépris !

Le juge redéposait une requête le 6 décembre 2017. Je complétais sa demande en donnant, par lettre à Mme Florence Parly, la nouvelle ministre, beaucoup de détails sur les pièces saisies. Par exemple : « Scellés 9 : Tounsi : 1 document, 3 pages déclassifiées ; 2 sans rapport avec l’affaire. Une, très importante, dont la date est en partie effacée sur la photocopie donnée…Il s’agit d’une rencontre « américano-marocaine » le « 14 courant ». De quel mois ? Vraisemblablement, octobre 1965 de « Tounsi Miloud » avec un diplomate étasunien à Agadir. Or, Tounsi n’est autre que le CHTOUKI de l’affaire Ben Barka. Cela est établi depuis longtemps. Il est très important que tout le dossier de Miloud Tounsi détenu par la DGSE soit versé aux débats ».

J’ajoutais : « En bref, deux démarches s’imposent :

1°/ Essayer de retrouver aux archives les dossiers sollicités par le juge concernant les 56 personnes, dont les dossiers n’ont pas été retrouvés (!), dont celui de Philippe BERNIER (visé par une note du SDECE lui-même : « Bernier était connu et il existe un dossier important sur l’intéressé SDECE N° 940/DG/CAB du 4 mars 1966 p.3 » et celui de Miloud TOUNSI, alias Chtouki, entre autres ».

2°/ Obtenir que toutes les pièces d’abord considérées comme « non déclassifiées », puis comme « n’ayant aucun rapport avec l’affaire » soient versées au dossier du juge. Celui-ci pourra alors les examiner, et, effectivement, dire que ces pièces sont sans rapport avec l’affaire ou non. Seule une pareille décision permettra à la famille Ben Barka, partie civile, de constater que l’on ne l’a pas trompée en rejetant ces pièces… ou le contraire

Je concluais : 8h30 d’examen des 23 dossiers remis à M. Belle et, entre autres résultats, 4 dossiers « vides », sans pièces déclassifiées… soi-disant des pièces hors sujet ! Le président Belle était-il fatigué ces jours-là pour retenir des pièces sans rapport avec l’affaire ? Aujourd’hui, 54 ans après le crime donc, la famille Ben Barka, compte tenu de tout ce que j’ai décrit ci-dessus, pense que les services de la DGSE lui cachent la vérité, ce qui l’empêche de faire son deuil ».

Le 4 octobre 2018, je demandais à être reçu par le Président de la République, avec Bachir Ben Barka. Exprimant ses regrets, E. Macron nous adressait aux services du ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Reçus par l’un de ses conseillers, nous insistions pour que des démarches soient entreprises auprès du Gouvernement marocain quant à la non- exécution des CRI. En vain. A ma connaissance aucune démarche n’a jamais été entreprise auprès du Gouvernement marocain.

Le 19 octobre 2018, nouvelle demande pour être reçu, avec Bachir Ben Barka, par la ministre de la Défense, Florence Parly. Le 17 décembre, son Directeur du Cabinet, Martin Briens, répondait négativement.

Je relançais les 23 janvier, 3 avril et 23 juin 2019, Madame la Ministre. Je recevais une réponse du Directeur précité le 26 juillet, dont j’extraits : « La dernière demande que le juge a formulée (6 décembre 2017. NDLR) fait l’objet d’un traitement particulièrement attentif par les services compétents ». Vingt mois ! Le mépris !

Le 7 août 2019, la Directrice des affaires juridiques répondait enfin au juge : « … Les ultimes recherches entreprises… n’ont pas permis de découvrir de documents inédits susceptibles de répondre à votre requête (Et le dossier Bernier ? et le dossier Miloud Tounsi ?). Quand aux documents saisis en 2010, je vous informe que la ministre des Armées n’entend pas les soumettre à nouveau à la CSDFN … En l’espèce s’il peut paraître surprenant qu’une telle proportion de documents saisis se révèle finalement sans lien… les conditions dans lesquelles se sont déroulées les perquisitions… peuvent parfaitement l’expliquer, le choix de l’autorité judiciaire en présence de la Commission ayant été fait de saisir en large excès plutôt que le contraire ».

Un beau mensonge ! Ce n’est pas « l’autorité judiciaire en présence de la Commission qui… », mais le Président de la Commission lui-même, qui a examiné 23 dossiers pendant 8 h 30. Le mépris !

Je répondais à M. Briens le 26 août (je n’avais pas encore reçu la copie du message au juge) lui rappelant les erreurs commises jusque-là et je concluais : « Après le juge P. Ramaël, je m’interroge sur de possibles entraves à la manifestation de la vérité, peu compréhensibles compte tenu du temps écoulé, plus de 53 années aujourd’hui ! » Je n’ai plus jamais eu de réponse…

En désespoir de cause, je n’hésitais pas à écrire à l’épouse du Président de la République. : « Je me permets d’aborder avec vous une question qui me tient à cœur, l’affaire Ben Barka. Avocat de la famille depuis plus de 53 ans, je recherche la vérité sur sa « disparition », afin de permettre à son épouse et à ses enfants de faire leur deuil. Le président a dernièrement décidé la levée du secret-défense dans diverses affaires, dont l’affaire Audin. Ne pourrait-il envisager de le faire aussi dans ce dossier, car le juge d’instruction a des blocages du côté de la DGSE ? »

Le 25 octobre, le Directeur de Cabinet de Madame Brigitte Macron m’informait que mon courrier avait été transmis à M. Edouard Philippe, Premier ministre.

Le 10 mars, c’est son Chef du Cabinet militaire, le général Benoît Durieux qui me répondait. Le comble du mépris. Jugez-en : « La présidence de la République a transmis votre requête aux services du Premier ministre. Celle-ci a retenu toute mon attention. Je vous informe, en premier lieu qu’une information judiciaire contre X des chefs d’homicide est toujours en cours. (!) Je vous invite en conséquence, à vous tourner vers le magistrat instructeur pour complément d’information ». (!) Je vous informe, en second lieu que le pouvoir exécutif a toujours pleinement coopéré avec l’autorité judiciaire dans ce dossier (…). A l’issue de la procédure, plusieurs documents ont pu être transmis aux magistrats requérants et figurent désormais au dossier, couverts par le secret de l’instruction ». (!)

Je lui répondais le 12 mars : « Je vous informe qu’une procédure judiciaire… est toujours en cours » ? Faut-il être tout à fait ignare pour m’écrire « Je vous informe », moi qui suis le premier avocat constitué dans ce dossier, le 31 octobre 1965 ! Aux côtés de la famille, je me bats depuis plus de 54 ans pour la recherche de la vérité dans la « disparition de Mehdi Ben Barka. Et si j’ai écrit à Madame Macron, c’est bien parce que le pouvoir exécutif n’a pas « toujours coopéré avec l’autorité judiciaire dans ce dossier », comme vous l’affirmez sans vergogne ». Et de lui rappeler ma requête quant à la demande de la levée du secret-défense ».

Je lui renouvelais ma lettre le 8 avril. Je n’ai toujours pas reçu de réponse ce jour…

En bref, il y a ceux qui savent, mais refusent de le faire savoir au commun des mortels.

 

                                                                                                                        Me Maurice Buttin

                                                                                                           Avocat honoraire à la Cour

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La police marocaine convoque le journaliste Omar Radi après les révélations sur l’espionnage dont il a fait l’objet



Le journaliste d’investigation marocain a reçu une convocation l’informant qu’il était soupçonné d’intelligence avec une puissance étrangère. Il y a trois jours, un rapport d’Amnesty International estimait que le téléphone du journaliste avait été espionné par les autorités.
Le journaliste marocain Omar Radi
Le journaliste marocain Omar Radi (FORBIDDEN STORIES)


Le journaliste Omar Radi a annoncé qu’il était convoqué jeudi 25 juin à 10 heures par une unité de la direction générale de la sûreté nationale marocaine. Cette convocation intervient trois jours après la publication d’un rapport d’Amnesty International établissant que son téléphone avait fait l’objet d’un espionnage particulièrement sophistiqué courant 2019. Le procureur général du Roi a expliqué dans un communiqué que cette convocation intervenait "dans le cadre d’une enquête sur son implication présumée dans une affaire d’obtention de financements de l’étranger, en relation avec des services de renseignement".
Dans une interview donnée au collectif Forbidden Stories (dont fait partie la Cellule investigation de Radio France), Omar Radi a estimé que "l’accusation du parquet [était] absolument ridicule". "C’est clairement lié aux récentes révélations d’Amnesty International et de Forbidden Stories sur le fait que mon téléphone a été espionné par le Maroc à travers une technologie israélienne", a-t-il ajouté.
Les experts d’Amnesty International ont établi que le téléphone du journaliste avait été espionné pendant plus d’un an grâce à l’utilisation d’un logiciel-espion, Pegasus, développé par la firme NSO. Ni les autorités marocaines, ni NSO n’ont souhaité confirmer qu’ils étaient liés par un contrat. Amnesty International estime cependant que l’espionnage porte la marque des services de sécurité marocains, cette technologie coûteuse étant réservée aux États ou à leurs agences de renseignement.

"J’y vais la tête haute"

Omar Radi a déjà été emprisonné en 2019 à la suite d’un tweet critiquant la condamnation de militants des droits de l’Homme par la justice marocaine. Le journaliste affirme qu’il a déjà fait l’objet de surveillance dans le passé. A plusieurs reprises, des informations personnelles ou des communications privées auxquelles il a participé ont été publiées par des sites internet réputés proches des autorités marocaines. Ce journaliste d’investigation, qui a notamment fondé le site d’information Le Desk, enquête notamment sur la corruption et les spoliations de terres au Maroc.
Le fondateur de l’organisation Forbidden Stories, qui vient en aide aux journalistes menacés, Laurent Richard, se dit "très inquiet" après l’annonce de la convocation du journaliste et explique "suivre de très près la situation". Les autorités judiciaires marocaines n’ont pas répondu aux interrogations envoyées par le collectif dans la soirée du 24 juin. Quelques heures avant sa convocation, Omar Radi affirmait : "Je n’ai peur de rien, j’y vais la tête haute. Mon but, c’est de révéler à travers mon journalisme les injustices et la vraie réalité du Maroc, et militer pour un Maroc démocratique.”

dimanche 28 juin 2020

Omar Radi tient bon !


Communiqué

Tout d'abord, un grand merci pour tout le soutien et les inquiétudes exprimées au Maroc et ailleurs suite à ma convocation.
Cette convocation m'est parvenue l'après-midi du 24 juin 2020, et a été suivie d'un communiqué du procureur général près la cour d'appel de Casablanca, où le parquet déclare son intention d'enquêter sur des « soupçons de réception de financements de la part d'agences de renseignement étrangères ».
Ce communiqué fait suite à une campagne de lynchage et d'accusations infondées me visant depuis plus de 15 jours, orchestrée par deux médias connus de la place. En effet, ChoufTV et Barlamane.com, m'accusent, dans des articles successifs, d'être un "espion", un "traître",un "violeur" et j'en passe et ce, sans étayer de preuves leurs propos calomnieux, ni avoir pris le soin de m'appeler, comme l'exige la charte déontologique de la profession.
Étant tenu au secret de l'instruction en cours,je me permets tout de même de faire la déclaration suivante, sans rentrer dans les détails :
- Les accusations me visant ne sont pas seulement infondées : elles relèvent du ridicule pour les unes, et de la diffamation pure et dure pour les autres.
- La rapidité avec laquelle le parquet s’est autosaisi, sur la base d'articles publiés dans une presse que de nombreux professionnels et lecteurs s’accordent à définir comme immorale, spécialisée dans le lynchage des citoyens et l'exposition de leur vie privée, est pour le peu surprenante. Surtout lorsque l’on sait que ces médias, reconnus et subventionnés par l’argent du contribuable, violent impunément les droits des enfants, les minorités, les migrants, la vie privée et les données personnelles des citoyens. M. le procureur général n'a-t-il le courage d'actionner des autosaisines que lorsqu'il s'agit de s'en prendre aux voix critiques ?
- L'enquête diligentée par le procureur général près la cour d'appel de Casablanca et menée par la Brigade nationale de la police judiciaire (BNPJ), succédant à une cabale médiatique dont mes proches, mes collègues, mes camarades et moi-même avons été victimes, n'honore ni le parquet, ni le droit, ni le pays.
J'affronterai donc avec beaucoup de fermeté cette énième tentative d'intimidation qui, je l'assure et le promets, ne réussira à entamer ni ma détermination, ni mon énergie dans mon combat pour la vérité et pour un Maroc meilleur.
Omar Radi

Journée de soutien aux victimes de la torture: le Maroc sommé de se conformer à la légalité internationale

Bir Lehlou (territoires sahraouis libérés), 26 juin 2020 (SPS) 

 Plusieurs organisations de défense des Droits de l'Homme ont dénoncé vendredi l’impunité dont jouissent les responsables des crimes de torture et de disparition forcée contre le peuple sahraoui, et exigé des autorités d'occupation marocaines de faire toute la lumière sur le sort de tous les disparus sahraouis et de porter devant la justice tous les responsables de crimes de torture.

La Commission nationale sahraouie des Droits de l’homme (CONASADH) et l’Association des familles de prisonniers et disparus sahraouis (AFAPREDESA), ont exprimé, dans un communiqué conjoint à l'occasion de la Journée internationale des Nations Unies pour le soutien aux victimes de la torture, leur "solidarité et leur soutien à toutes les victimes de la torture à travers le monde et leur souhait  d'attirer l’attention de la communauté internationale particulièrement sur la situation des sahraouis victime de torture dans les territoires sous occupation marocaine et dans les centres de détention marocains, tant sur le territoire marocain, comme au Sahara occidental occupé".
Les organisations ont rappelé que "par sa résolution A/RES/52/149, du 12 décembre 1997, les Nations Unies ont proclamé le 26 juin, Journée internationale des Nations Unies pour le soutien aux victimes de la torture, en vue d'éliminer totalement la torture et d'assurer l'application effective de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, entrée en vigueur le 26 juin 1987".
Au sujet des prisonniers sahraouis, elles ont relevé qu'"ils sont incarcérés dans des conditions inhumaines et dégradantes, subissant la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants dans des prisons situées sur le sol marocain, en violation du Droit international humanitaire, une situation qui s’est aggravée suite à la pandémie  du Covid19".
Et d'ajouter: "La situation de nombreux de ces prisonniers a fait l’objet d’analyse faites par différents organes et mécanismes des droits de l’Homme de l’ONU, y compris le Comité des Droits de l’Homme, le Comité contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, le Rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants, le Groupe de travail sur la détention arbitraire, la Rapporteuse spéciale sur la situation des défenseurs des droits de l'homme, le Rapporteur spécial sur le droit de réunion pacifique et la liberté d'association, entre autres".
En outre, dénoncent les organisations: "La pratique de la torture a été explicitement mentionnée dans les Rapports périodiques du Secrétaire Général de l’ONU sur la situation au Sahara Occidental. Toutes les décisions et recommandations des détenteurs de mandats et des organes de traité sont restées lettre morte".

== Le Maroc appelé à mettre immédiatement un terme à ses pratiques inhumaines ==
Dans le même communiqué, la CONASADH et l'AFAPREDESA ont dénoncé "l’impunité qui couvre les responsables des crimes de torture, de disparition forcée contre le peuple Sahraoui, et le refus du royaume du Maroc de se conformer aux résolutions et décisions des différents organes internationaux (Cour Internationale de Justice - ONU – UA) portant sur la décolonisation du Territoire non autonome du Sahara occidental et dénoncent les entraves posées par le Royaume depuis 1991 à l’organisation du référendum prévu par le Plan de Règlement qui a conduit à la création de la Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara occidental (MINURSO)".
Elles ont également exigé "la démilitarisation immédiate du Territoire non autonome du Sahara occidental, en conformité avec les résolutions de l’Assemblée générale de l’ONU", et que le Maroc "cesse l’occupation illégale du territoire de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) et qu’il respecte les frontières existant au moment de l’accession à l’indépendance, en conformité avec l’article 4 de l’Acte constitutif de l’Union Africaine".
Les organisation ont, également, exigé de Rabat de "respecter l’ensemble de règles minima de l'ONU pour le traitement des détenus (Règles Nelson Mandela), les lignes directrices contre l'intimidation ou les représailles, les lignes directrices sur la réception et le traitement des allégations de représailles contre des individus et des organisations et de coopérer avec le Comité contre la torture en vertu des articles 13, 19, 20 et 22 de la Convention contre Torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants".
Les organisations ont par ailleurs demandé "le transfert sans délais de tous les prisonniers sahraouis dans des centres de détention situés sur le territoire occupé du Sahara occidental, conformément à la IV Convention de Genève", et "la protection de tous les détenus contre la pandémie Covid19, en les dotant des moyens de protection nécessaires".
Dans le texte, la CONASADH et l'AFAPREDESA ont appelé "l'occupant marocain à mettre immédiatement un terme à toutes formes de représailles à l’encontre des prisonniers sahraouis et de leurs familles", et à "faire toute la lumière sur le sort des disparus sahraouis et à porter devant la justice tous les responsables de crimes de torture et de disparition forcée".
Par ailleurs, les organisation ont exigé de l’Espagne de faire en sorte d'élucider la disparition depuis 50 ans de Sidi Mohamed Sid Brahim Basiri, et de prendre les mesures nécessaires pour libérer tous les prisonniers politiques sahraouis et élucider les cas des Sahraouis disparus".
Avant de conclure, les ONG, ont appelé les autorités espagnoles à "assumer sa responsabilité de puissance administrante et apporter son appui à l’organisation du référendum d’autodétermination et d’indépendance comme le lui avait demandé l’Assemblée générale de l’ONU en 1966 (résolution 2229 – XXI)".
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vendredi 26 juin 2020

Maroc : le journaliste d’investigation Omar Radi convoqué par la police




Alors qu’un rapport d’Amnesty International vient de relever la responsabilité de l’Etat marocain dans la surveillance du journaliste Omar Radi, ce dernier a reçu mercredi une convocation policière.
Par Publié le 24 juin 2020
Le journaliste Omar Radi, à Casablanca, le 5 mars.

Deux jours après la publication d’un rapport d’Amnesty International mettant en avant la responsabilité de l’Etat marocain dans l’espionnage du journaliste Omar Radi, ce dernier a reçu, mercredi 24 juin, une convocation de la police marocaine. Il y est demandé au journaliste de se présenter, jeudi 25 juin à 10 heures (heure de Paris), à la brigade nationale de la police judiciaire, une unité de la direction générale de la sûreté nationale. Aucun motif à cette convocation n’a été précisé.
Dans la soirée, le procureur du roi du Maroc auprès la cour d’appel de Casablanca a confirmé cette convocation. Elle aura lieu, selon un communiqué, dans le cadre « d’une enquête sur son implication présumée dans une affaire d’obtention de financements de l’étranger, en relation avec des services de renseignement. »
« Je trouve l’accusation du parquet absolument ridicule », a répondu Omar Radi, mercredi soir, dans une déclaration transmise au collectif international de journalistes Forbidden Stories – dont Le Monde fait partie. « C’est clairement lié aux récentes révélations d’Amnesty International et Forbidden Stories sur le fait que mon téléphone a été espionné par le Maroc à travers une technologie israélienne », affirme le journaliste marocain dans cette déclaration.

Inquiétude internationale

Omar Radi, journaliste et militants des droits de l’homme, condamné en début d’année au Maroc pour un Tweet critiquant la justice de son pays, a vu, en 2019, son iPhone être visé par une attaque informatique sophistiquée. Selon les constatations techniques d’Amnesty, seul l’Etat marocain était capable de mettre en œuvre cette attaque nécessitant un équipement extrêmement coûteux ou une collaboration des opérateurs téléphoniques.
Les autorités marocaines n’avaient pas souhaité répondre aux questions du collectif de Forbidden Stories, dont font aussi partie le Guardian, le Washington Post ou encore la Süddeutsche Zeitung, et à qui Amnesty International avait transmis ses conclusions.
Mercredi soir, Forbidden Stories, qui travaille sur la protection du travail des journalistes, se disait « très inquiet » sur Twitter, après l’annonce de cette convocation par la police marocaine.



  • jeudi 25 juin 2020

    Marrakech: une dizaine d’arrestations pour «avortement illégal»





    .DR
    Onze personnes ont été interpellées mardi pour « avortement illégal » dans la ville  de Marrakech, ont annoncé les services de police dans la nuit de mardi à mercredi. 
    Dans un communiqué, la sûreté nationale (DGSN) indique avoir ouvert une enquête après avoir « reçu des plaintes sur une clinique pratiquant l’avortement illégal ».
    Le propriétaire de la clinique, un médecin de 77 ans, quatre infirmières et six clients, dont une mineure de 17 ans, ont ensuite été interpellés pour « implication présumée dans la pratique courante d’avortement illégal, détournement de mineur, adultère et complicité », selon la même source.
    Huit des personnes mises en cause ont été placées en garde à vue, tandis que la jeune fille mineure a été placée sous contrôle policier.
    Le Maroc s’était engagé en 2015 dans un profond débat sur « l’urgence » d’un assouplissement de sa législation face au fléau des centaines d’avortements clandestins pratiqués chaque jour, dans des conditions sanitaires parfois désastreuses.

    Migrants : les échecs d'un programme de retour volontaire financé par l'UE















    • James, 30 ans, a été aidé à réintégrer la vie au Nigeria après son retour de Libye. L'OIM l'a aidé à ouvrir un salon de coiffure au Nigeria.
      James, 30 ans, a été aidé à réintégrer la vie au Nigeria après son retour de Libye. L'OIM l'a aidé à ouvrir un salon de coiffure au Nigeria.   -   Tous droits réservés  Sara Creta




      Alors qu'il embarque sur un vol de la Libye vers le Nigeria à la fin 2018, James a déjà survécu à un naufrage en Méditerranée, traversé une demi-douzaine d'États africains, été la cible de coups de feu et passé deux ans à être maltraité et torturé dans les centres de détention libyens connus pour la brutalité qui y règne.
      En 2020, de retour dans sa ville de Benin City (Etat d'Edo au Nigéria), James se retrouve expulsé de sa maison après n'avoir pas pu payer son loyer. Il dort désormais à même le sol de son salon de coiffure.
      Sa famille et ses amis l'ont tous rejeté parce qu'il n'a pas réussi à rejoindre l'Europe.
      "Le fait que tu sois de retour n'est source de bonheur pour personne ici. Personne ne semble se soucier de toi [...]. Tu es revenu les mains vides", raconte-t-il à Euronews.
      James est l'un des quelque 81 000 migrants africains qui sont rentrés dans leur pays d'origine avec l'aide de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) des Nations unies et le soutien financier de l'Union européenne, dans le cadre d'une initiative conjointede 357 millions d'euros. Outre une place sur un vol au départ de la Libye ou de plusieurs autres pays de transit, les migrants se voient promettre de l'argent, un soutien et des conseils pour leur permettre de se réintégrer dans leur pays d'origine une fois rentrés chez eux.
      ais une enquête d'Euronews menée dans sept pays africains a révélé des lacunes importantes dans ce programme, considéré comme la réponse phare de l'UE pour empêcher les migrants d'essayer de se rendre en Europe.
      Des dizaines de migrants ayant participé au programme ont déclaré à Euronews qu'une fois rentrés chez eux, ils ne recevaient aucune aide. Et ceux qui ont reçu une aide financière, comme James, ont déclaré qu'elle était insuffisante.
      Nombreux sont ceux qui envisagent de tenter à nouveau de se rendre en Europe dès que l'occasion se présente.
      "Je ne me sens pas à ma place ici", confie James. "Si l'occasion se présente, je quitte le pays".

    mercredi 24 juin 2020

    «Non à l’annexion des territoires palestiniens ! Non à l’asphyxie de tout un peuple !»

    «Non à l’annexion des territoires palestiniens ! Non à l’asphyxie de tout un peuple !»

    Une soixantaine d'organisations et de personnalités dont Judith Butler, Jean Ziegler, Olivier Besancenot et Isabelle Stengers appellent à manifester à Paris, le samedi 27 juin, contre l'annexion d’une grande partie (30%) des territoires palestiniens occupés de Cisjordanie.

    Non à l’annexion des territoires palestiniens ! Non à l’asphyxie de tout un peuple !
    Le gouvernement israélien de Netanyahou promet, avec le soutien de l’administration Trump et le silence complice de l’Union européenne (UE), d’engager dès le 1er juillet l’annexion pure et simple d’une grande partie des territoires palestiniens occupés de Cisjordanie, en violation flagrante du droit international.
    Ces déclarations annexionnistes de 30% de la Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 53 ans, représentent un vol flagrant des terres palestiniennes et une nouvelle vague de nettoyage ethnique qu'opère le colonisateur israélien à l'encontre du peuple palestinien depuis 1948.
    Ce régime ouvertement colonialiste et raciste se sent d’autant plus encouragé dans cette voie criminelle qu’avec une actualité mondiale, marquée notamment par l’épidémie de coronavirus et ses conséquences, il espère détourner l’attention de ses propres crimes contre le peuple palestinien.
    C’est pourquoi les partis, organisations et associations soussignés, engagés dans la lutte contre le colonialisme et son frère jumeau le racisme, appellent à manifester à Paris samedi 27 juin à 15h00 de Barbès à Châtelet pour affirmer notre solidarité avec la Palestine et sa résistance.

    signataires : https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/240620/non-l-annexion-des-territoires-palestiniens-non-l-asphyxie-de-tout-un-peuple

    Personnalités signataires :
    Judith Butler, Philosophe
    Olivier Besancenot, NPA
    Jean Ziegler, Sociologue
    Aurélien Barrau, Astrophysicien
    Monseigneur Jacques Gaillot, Évêque de Partenia
    Françoise Vergès, Féministe décoloniale, politologue
    Olivier Le Cour Grandmaison, Historien
    Isabelle Stengers, Philosophe
    Georges Gumpel, Union Juive Française pour la Paix

    Organisations signataires :
     AFD International
    Association France Palestine Solidarité (AFPS)
    AFPS Elbeuf 76
    AFPS Paris Sud
    AFPS Paris 14-6
    Al-Wissal
    Amis des Arts et de la Culture de Palestine
    AMDH Paris
    Les Amis du Théâtre de la Liberté (Jénine)
    Association des Marocains en France
    Association Nationale des Communistes (ANC)
    Association de Palestiniens en Île-de-France
    Association Démocratique des Tunisiens en France (ADTF)
    Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF)
    Association des Tunisiens en France
    Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP)
    Avec Naplouse
    Campagne BDS France-RP
    Campagne européenne pour la Levée du Blocus de Gaza
    Campagne Unitaire pour la Libération de George Ibrahim Abdallah
    CAPJPO-Europalestine
    Collectif Argenteuil Solidarité Palestine
    Collectif Faty Koumba
    Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Palestine (CJACP)
    Collectif Ni Guerres Ni État de Guerre
    Comité Montreuil Palestine
    Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient (CVPR) PO
    Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l'Homme en Tunisie (CRLDHT)
    Le Cri Rouge
    Décoloniser les Arts
    Droits Devant !
    Émancipation, tendance intersyndicale
    Ensemble
    Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR)
    Fédération de l’Éducation, de la Recherche et de la Culture FERC-CGT
    Femmes Egalité
    Fondation Frantz Fanon
    Forum Palestine Citoyenneté
    Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaire (FUIQP)
    Islam et Info
    JRCF
    La Courneuve- Palestine
    NPA
    PEPS (Pour une Écologie Populaire et Sociale)
    PCOF
    PIR
    PRCF
    Réseau Euro-Maghrébin Citoyenneté et Culture (REMCC )
    Rete dei Comunisti (Italie)
    UD CGT Paris
    Union Juive Française pour la Paix (UJFP)
    Union syndicale Solidaires
    Union des Tunisiens pour l'Action Citoyenne (UTAC)
    Valenton Palestine Solidarité (VPS)


    Le Club est l'espace de libre expression



  • Amérique Latine : Le lobbying et la propagande du Maroc dénoncés


    Amérique Latine : Le lobbying et la propagande du Maroc dénoncés
    LE MAROC DÉPENSE DES MILLIONS DE DOLLARS POUR ACHETER DES SOUTIENS EN AMÉRIQUE LATINE : Le lobbying et la propagande du Maroc dénoncés 

    Le Maroc dépense des millions de dollars pour recruter des soutiens en Amérique latine à des positions « aussi méprisables que son occupation illégale du Sahara occidental », a relevé l’analyste politique chilien Esteban Silva Cuadra, soulignant que la diplomatie sahraouie a remporté d’importantes batailles diplomatiques et victoires dans cette région, « contrecarrant ainsi le lobby marocain millionnaire ».
    Esteban Silva, président exécutif du « mouvement socialiste allendiste » du Chili, a abordé dans une contribution, publiée par plusieurs médias, « les méthodes et les manœuvres de la diplomatie marocaine pour tenter de suspendre la reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) par les pays d’Amérique latine, la bataille pour les ressources naturelles sahraouies, et le rôle de la RASD en tant que lien entre le monde arabe et l’Afrique avec l’Amérique latine ».
    Concernant le modus operandi de la diplomatie marocaine, l’expert chilien révèle qu’en « Amérique latine et aux Caraïbes, la monarchie marocaine vise à bloquer les relations du peuple sahraoui, à discréditer le Front Polisario en tant qu’interlocuteur et à bloquer la reconnaissance de la RASD ». « Le Maroc essaie d’empêcher, d’une part, la reconnaissance de la RASD par les gouvernements latino-américains et, d’autre part, devant les pays qui entretiennent des relations diplomatiques avec la RASD, à faire pression activement et de multiples façons pour paralyser, inverser ou geler les relations institutionnelles et coopération avec l’État sahraoui », a-t-il expliqué.
    Au cours des 20 dernières années, « le Maroc a ouvert des ambassades et intensifié son activité dans la région en réaction et en réponse à l’avancement et au dynamisme de la politique étrangère sahraouie », a expliqué Esteban Silva, avant de préciser que « le royaume cherche à affaiblir et à neutraliser dans la région le soutien à l’autodétermination et à l’indépendance du peuple sahraoui, cherchant à influencer les élites dominantes, les gouvernements, les parlements, les dirigeants d’entreprises et les dirigeants politiques à travers des offres d’avantages économiques supposés qui ne se matérialisent jamais ».
    « Ils proposent constamment des voyages au Maroc, en payant toutes les dépenses liées à ces voyages à quelques parlementaires, politiciens et aux représentants du gouvernement », a-t-il révélé. À travers ces voyages et séjours et la couverture d’autres « besoins » de ses invités, « Rabat cherche à les recruter pour soutenir des positions aussi méprisables que l’occupation illégale du Sahara occidental et sa fausse thèse d’autonomie contre le droit à l’indépendance et, en passant, pour cacher les plaintes international contre le pillage illégal des ressources naturelles de la nation sahraouie », a-t-il expliqué. Esteban Silva, a détaillé qu’un autre aspect de la stratégie marocaine « consiste à faire taire et dénaturer les plaintes concernant la violation systématique des droits de l’Homme du peuple sahraoui dans les territoires occupés et la grave situation dans laquelle se trouve les prisonniers politiques sahraouis détenus au Maroc ».
    À titre d’exemple, le politicien chilien a affirmé qu « au Chili nous avons connu diverses situations telles que celles décrites comme le cas de l’ancien député Roberto Leon qui, ayant soutenu l’indépendance du Sahara occidental mais après avoir effectué des voyages mystérieux et réguliers financés par le Maroc aujourd’hui il les conseille et écrit avec ferveur dans les médias de Rabat pour défendre l’occupation colonialiste et illégale du Sahara occidental ».
    En Amérique latine et dans les Caraïbes, les représentants du Front Polisario, ainsi que les ambassadeurs de la RASD, et « malgré leurs maigres ressources et moyens, mais armés de beaucoup de conviction et de ténacité se sont battus et ont remporté d’importantes batailles diplomatiques et triomphes en notre continent, contrecarrant ainsi le lobby marocain millionnaire », s’est réjoui Esteban Silva.
    Le leader de l’unité sociale chilienne estime que « malgré la forte pression opposée des ambassades et alliés marocains, le peuple sahraoui a fait l’objet de coopération et de solidarité tant dans les pays avec lesquels il entretient des relations diplomatiques que dans ceux qui ne l’ont toujours pas et qu’il a fait l’objet de résolutions de soutien et de solidarité constantes de la part des gouvernements, des parlements, des partis et des organisations sociales ».
    Abordant la bataille juridique et politique pour protéger les ressources naturelles sahraouies du pillage marocain, il a indiqué que le mouvement chilien de solidarité avec la RASD « entreprend des actions pratiques pour contraindre le gouvernement du Chili à intercepter les richesses volées du Sahara occidental occupé ». Esteban Silva, a affirmé qu’ »à l’Association chilienne d’amitié avec la RASD, nous avons fait plusieurs initiatives devant les autorités maritimes chiliennes chaque fois qu’un navire des territoires occupés a navigué dans les eaux juridictionnelles chiliennes transportant des cargaisons illégales appartenant au Peuple sahraoui ».
    « Avec des députés et des sénateurs de la République, des dirigeants et des travailleurs de nos ports et des avocats, nous élaborons des stratégies pour faire face de manière globale au problème du passage de navires dans les eaux chiliennes avec des cargaisons illégales », a ajouté Esteban Silva.
    « Pour l’avenir, la RASD peut jouer un rôle très pertinent dans nos relations avec l’Union africaine (UA). Nous devons créer de grandes confluences entre les Etats et les peuples de l’Union africaine et d’Amérique latine et des Caraïbes, et dans ce contexte, je pense que les Sahraouis ont une grande expérience et des liens à offrir à nos peuples », a conclu Esteban Silva.
    M. Bendib

    Sahara Occideental : Podemos réitère son soutien inconditionnel à la lutte des Sahraouis