2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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vendredi 19 avril 2019

« Le Choeur d’Ali Aarrass est une invitation à la rencontre de l’autre, comme Ali l’a souhaité »

Interview exclusif de Farida Aarrass, coryphée du Chœur d’Ali Aarrass 

 

dans ACTIONS/ARTS par
Un interview par Luk Vervaet


Je reviens de la manifestation devant le consulat de Grande-Bretagne à Bruxelles contre l’extradition de Julian Assange aux États-Unis. En pensant à toutes ces manifestations contre l’extradition d’Ali Aarrass au Maroc que nous avons organisées en 2010. En espérant que la question des extraditions deviendra enfin un point d’intérêt et de mobilisation du mouvement démocrate. Le Chœur d’Ali Aarrass au Théâtre national serait-il le signe d’un éveil ? 
Je pense à toutes ces conférences contre l’extradition d’Ali Aarrass, avec Farida Aarrass pour le Comité Free Ali, avec le papa de Hicham Bouhali Zrouil, Belgo-marocain extradé par la Syrie vers le Maroc en 2011, avec la femme de Nizar Trabelsi, Tunisien extradé illégalement par la Belgique vers les États-Unis en 2013. La personne qui cristallisait cette modeste opposition aux extraditions illégales s’appelle Farida Aarrass. Je rencontre Farida, celle que Julie Jaroszewski appelle le coryphée du Chœur d’Ali Aarrass, la cheffe de chœur dans la Grèce antique, pour une Interview juste avant une énième répétition. Dans un établissement pas loin du Théâtre National où se présentera le Chœur les 23, 24, 25, 26 et 27 avril prochains.

Luk Vervaet (LV) : Farida, je te connais depuis dix ans à la tête de la campagne pour la libération de ton frère Ali. On a fait d’innombrables manifestations, interpellations, soirées, pétitions ensemble. Maintenant te voici sur la scène du Théâtre National. Qu’est-ce que ça signifie pour toi ? Le prolongement d’une lutte ? L’aboutissement d’une campagne ?

Farida Aarrass (FA) : Pour moi il s’agit là d’une victoire supplémentaire dans la lutte pour la libération d’Ali Aarrass.  Qui aurait dit qu’un jour un groupe de femmes « Le choeur d’Ali Aarrass » allait porter le message d’Ali au sein du Théâtre National.  Je pense que toute lutte connaît une succession d’événements qui évoluent dans un sens parfois inattendu. Dans ce sens, le Chœur est une suite logique dans la lutte. Mais ce qui est encore plus surprenant, et très beau d’ailleurs, ce sont les différentes rencontres avec des personnes tout au long de cette lutte pour Ali. Elles produisent et contribuent à ces changements. Il y a, par exemple, tout au début la rencontre avec Nadia, Nadine, Nordine et toi Luk en 2009, vous avez été les premières personnes à me faire confiance, à m’avoir aidé à construire et porter cette campagne. Cela, je ne l’oublierai jamais. Et puis il y a tous ces accompagnements fidèles de ta part pendant toutes ces années. Je tiens à ce que tu notes cela. J’y tiens énormément. Je ne néglige pas le fait qu’Ali n’est pas le seul à supporter des injustices. Toi aussi tu as payé ton tribut en défendant des personnes devenues pour beaucoup “indéfendables”. Autour de mon frère discriminé au plus haut point, des personnes auraient pu également subir des conséquences. Certains ont préféré s’en aller, d’autres continuent fidèlement malgré et contre tout.
LV : À propos de ces dix ans de lutte pour Ali, certains disent : mais à quoi a servi tout cet engagement, Ali est quand même toujours en prison ?
FA : C’est une question qui revient souvent. Je ne la critique pas, il faut la poser. Mais je pense qu’on ne comprend pas bien le sens d’une lutte. Nous avons obtenu plusieurs victoires tout au long de celle-ci. La première est qu’en ayant soutenu Ali tel que nous l’avons fait, nous sommes parvenus à le préserver de tous les maux que le sentiment d’abandon peut causer. La deuxième est qu’on a réussi à sauvegarder sa dignité, à lui rendre sa vraie identité, et non pas celle qu’ils avaient fait de lui. Quand on dit que vous êtes un terroriste, on prétend que vous êtes une personne capable du pire. Il y a eu bien sur tout le combat juridique, mais aussi celui mené au sein de l’opinion publique pour qu’on sache qui est vraiment Ali Aarrass. Ensuite, pendant ces dix années de lutte nous avons pu dévoiler le vrai caractère d’un système défaillant, qui considère une partie de la population, les binationaux, comme une sous-catégorie de citoyens. Un système qui n’obéit pas aux nombreux rapports des comités de l’ONU qui dénoncent l’extradition, la torture, la détention arbitraire d’Ali. Cette longue lutte a aussi inspiré pas mal de personnes, de binationaux, de jeunes qui m’arrêtent dans la rue pour me dire qu’on est devenu un exemple pour eux. Et même si une lutte ne rapporte pas un résultat escompté, il est important de la mener, de la tenir, de la perdurer jusqu’aujourd’hui.