2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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samedi 19 février 2022

En soutien à Mimmo Lucano, pour une Terre d’humanité

Un chœur d’auteurs et d’artistes publie un livre de soutien à Mimmo Lucano, l’ex-maire de Riace en Italie, condamné à treize années de prison pour son engagement auprès des exilé·e·s et réfugié·e·s. 

Mediapart en est partenaire et vous invite à la soirée de soutien organisée samedi 26 février à Bagnolet par le Théâtre de l’Échangeur de Bagnolet (Seine Saint-Denis).

  Bagnolet (Seine Saint-Denis).

Edwy Plenel Journaliste, président de Mediapart Journaliste à Mediapart

Samedi 26 février à 17 heures, le Théâtre de l’Échangeur à Bagnolet (Seine Saint-Denis) organise une mise en espace et en musique de textes issus de Terre d’humanité, un chœur pour Mimmo (tous les renseignements pratiques sont ici). Publié au Merle moqueur (on peut le commander en ligne ici), ce livre-manifeste est né d’une pétition en soutien à l’ancien maire de Riace après sa condamnation en seconde instance à treize ans de prison pour son engagement auprès des demandeurs de refuge. Au nom de Mediapart, qui est partenaire de cette initiative, j’ai préfacé ce recueil collectif, préface que je publie sur ce blog pour vous inviter à rejoindre et soutenir cette mobilisation citoyenne.

Pour une Terre d’humanité

Pendant quatorze ans, de juin 2004 à octobre 2018, Domenico Lucano, que l’on prénomme Mimmo, a été maire de Riace, une commune de Calabre, dans le sud de l’Italie, au bout de la botte de la péninsule, non loin de la Sicile. En septembre 2021, il a été condamné en seconde instance à treize années de prison et à une pénalité financière de 500 000 euros en raison de son engagement auprès des migrants, exilés et réfugiés qu’il a décidé d’accueillir dans son village, les soutenant, et les aidant, quitte à parfois contrevenir à des législations inhospitalières dont l’inspiration xénophobe blesse les solidarités élémentaires.

Plus d’une décennie de prison ferme et un demi-million d’amende pour avoir défendu l’asile, la solidarité et l’hospitalité : la démesure de la peine qui frappe Mimmo Lucano est proportionnelle à ce qu’elle voudrait conjurer. Car elle ne se contente pas de frapper un homme : elle cherche à éradiquer un principe.

Renouvelant l’affrontement d’Antigone et Créon, le maire de Riace s’est dressé contre des lois injustes qui piétinent des droits fondamentaux. Ce faisant, il sauve l’âme de l’Europe quand ses juges l’égarent dans le reniement d’elle-même. Après tout, le 7 décembre 2000, l’Union européenne ne s’est-elle pas dotée d’une Charte des droits fondamentaux où elle proclame se fonder « sur des valeurs indivisibles et universelles de dignité humaine, de liberté, d’égalité et de solidarité » ?

vendredi 14 juin 2019

Domenico Lucano était devenu le symbole de l’accueil et d’une politique réussie d’intégration


MediapartLa Lettre européenne #34
Chaque lundi | 11/06/2019

 

Le parti pris du lundi,
par
Criminalisation. Il . Domenico Lucano, ancien maire du village italien de Riace, en Calabre, a comparu ce mardi pour le premier jour de son procès. Il est soupçonné d’« aide à l’immigration clandestine », d’irrégularités dans l'attribution de financements pour le ramassage des ordures, et d'organisation de mariages blancs.
Cet homme, dont l’engagement en faveur de l’accueil des migrants remonte à la fin des années 1990, lorsqu’une embarcation de Kurdes a échoué sur une plage à 7 km du village, était dans le viseur des autorités italiennes depuis l’arrivée au ministère de l’intérieur de Matteo Salvini, le tonitruant patron de la Ligue, parti nationaliste et xénophobe. En octobre, il avait été arrêté, suspendu de sa fonction à la tête de la municipalité, puis interdit de résider sur place.
En exil, Domenico Lucano a bénéficié d’un impressionnant mouvement de soutien à travers l’Italie. Manifestations, pétitions, invitations à des conférences… Avec lui, une figure de ralliement de l’opposition à Salvini était en train d’émerger, racontait à l'automne notre correspondante en Italie.
Mais aux élections locales qui se sont tenues le même jour que les européennes, sa liste a échoué. Suivant la tendance générale dans le pays, c’est un candidat soutenu par la Ligue qui lui a ravi la place, mettant un point final à trois mandats à la tête de Riace.
Une page se tourne pour le modèle d’intégration qu’incarnait ce village de 2000 habitants, déserté par ses forces vives parties travailler dans le nord du pays : Lucano avait réussi, au fil des années, à accueillir et à loger dignement de nombreuses personnes originaires d’Afrique noire, qui s’étaient insérées dans le tissu économique local et avaient contribué à la résurgences de savoir-faire artisanaux.
Une page se tourne aussi pour l’engagement auprès des réfugiés. Après la criminalisation des ONG et des citoyens ici et là en Europe, les poursuites judiciaires pesant sur Lucano pourraient bien ouvrir le triste chapitre de la criminalisation des élus.

samedi 20 octobre 2018

Pour la remise en liberté immédiate de Mimmo Lucano, maire de Riace Calabre, Italie)


Photo : Reuters
Photo : Reuters

Appel international pour la remise en liberté immédiate de Mimmo Lucano, maire de Riace (Calabre, Italie)

Jeudi, 18 Octobre, 2018
Le 16 octobre, les juges ont levé les arrêts domiciliaires et les ont remplacé par l’interdiction faite au maire de Riace, suspendu de ses fonctions, de continuer à résider dans sa ville. La bataille loin de s’arrêter  doit prendre une vigueur nouvelle : d’appui à Mimmo Lucano, auquel on interdit de circuler librement ; de soutien à celles et ceux qui sont entrés en lutte aux côtés des migrant.e.s et des pauvres ; de défense des valeurs fondamentales de démocratie, de justice sociale et d’égalité, aujourd’hui en danger. Un appel international a été lancé. Relayé par la Republica en Italie, publié aussi dans d’autres pays comme la Grèce, l’Humanité publie cet appel en France.
« Si vous avez le droit de diviser le monde entre italien.ne.s et étranger.ère.s, alors je dirai que je n’ai pas de Patrie et je réclame le droit de diviser le monde entre déshérité.e.s et opprimé.e.s d’un côté, privilégiés et oppresseurs de l’autre. Les un.e.s sont ma patrie, les autres mes étrangers » (Don Milani, 1965)
Accusé d’avoir « favorisé l’immigration clandestine » le maire de Riace (Calabre) est aux arrêts domiciliaires depuis le 2 octobre. Il s’agit d’une arrestation en représailles à l’action courageuse de Mimmo Lucano, surnommé le « maire de l’accueil », qui s’était mis cet été en grève de la faim pour protester contre la politique migratoire inhumaine du gouvernement italien. Sa seule faute : avoir su mettre en place dans sa commune un système d’accueil qui fonctionne. 

Il a non seulement permis d’offrir à des femmes et des hommes fuyant la guerre et la misère des conditions de vie et de travail décentes, mais aussi à la population locale en créant des emplois (médiateurs.trices culturels, enseignant.e.s etc…), et en promouvant des formation inédites (laboratoires artisanaux, fermes pédagogiques). Une réussite dans un territoire connu pour ses mafias et son chômage. C’est cet exemple courageux que le gouvernement italien veut punir. Mimmo Lucano a pu en effet faire la preuve que l’accueil des migrant.e.s pouvait se conjuguer avec le dialogue et le bien être d’une communauté tout entière. Il est pour cela depuis quelques années sur la liste noire de tous les partis et mouvements qui entendent faire de la peur de l’autre et de la répression contre les migrant.e.s leur fonds de commerce politique.
L’Italie vit un moment très grave : les propos particulièrement choquants que tiennent régulièrement le principal parti de gouvernement, la Lega et le vice-premier ministre Matteo Salvini lèvent les tabous et libèrent les venins les plus abominables : le racisme et la haine. Dans le sud de l’Italie, l’exploitation éhontée des migrant.e.s fait les affaires d’une poignée de propriétaires terriens, vrais négriers, de nationalité italienne pour la plupart. En garantissant aux migrant.e.s des conditions de travail et de vie décentes, Mimmo Lucano prend le contrepied de cette exploitation. Il les protège des nombreuses tragédies -mort de douzaines d’immigré.e.s sur les routes durant le transport du travail aux camps où ils-elles sont entassés- qui ont marqué l’été. C’est un acte de solidarité.
C’est pourquoi, la décision de justice contre Mimmo Lucano instaure de fait un nouveau délit, le délit de solidarité.
Face à l’offensive déclenchée par le Ministre de l’intérieur italien Matteo Salvini contre les migrant.e.s, les pauvres et celles et ceux qui les soutiennent, nous  dénonçons cette arrestation  et affirmons  publiquement notre solidarité pleine et entière avec celles et ceux qui, comme Mimmo Lucano, sont entrés en lutte, ou s’apprêtent à le faire.
Nous apportons notre soutien à Mimmo Lucano, à sa famille et à la population de sa commune, face à l’acharnement d’un gouvernement de la haine qui fait de la peur de l’autre son fonds de commerce politique.


mercredi 3 octobre 2018

Le maire de Riace, ville d’accueil pour les migrants, doit être immédiatement libéré

Le film Un paese di Calabria nous avait montré comment Riace, commune du sud de l’Italie en déclin, revivait avec l’accueil de migrants. En 2016, le magazine Fortune mettait le maire de la ville, Mimmo Lucano, dans sa liste des cinquante plus grands leaders mondiaux.
Ce matin 2 octobre, Mimmo Lucano a été arrêté au prétexte de favoriser l’immigration clandestine. Un nouveau pas du ministre de l’Intérieur italien, Matteo Salvini, qui déclarait, il y a quelques semaines de cela, qu’il irait à Riace lorsque Mimmo Lucano n’en serait plus le maire. Après la fermeture des ports italiens aux migrants secourus en mer, le leader d’extrême droite poursuit dans la voie de la criminalisation de leur accueil. La Ligue des droits de l'Homme interpelle les responsables européens pour qu'ils demandent à l'Italie de respecter le droit d'accueil des migrants. Elle demande au président de la République d’intervenir auprès du gouvernement italien pour la libération immédiate de Mimmo Lucan.

Lire aussi : https://www.courrierinternational.com/article/lucano-le-maire-italien-qui-accueillait-les-refugies-condamne-lexil?