Entre externalisation du traitement des
demandes d’asile en dehors du territoire européen et ouverture de
l’accueil à tous ceux qui sont contraints à « l’exil forcé », les
propositions des partis en campagne pour les européennes en matière
migratoire varient du tout au tout. Un seul constat fait consensus :
celui que la réglementation de Dublin n’est plus adaptée à la situation
actuelle.
Nathalie Loiseau a le don de s’embourber sans même s’empourprer. « Personne ne doit rentrer en Europe s’il n’y est pas invité »,
a tranquillement lâché, le 9 mai, la tête de liste LREM aux élections
européennes, sur BFM-TV. Cette position reviendrait à interdire
jusqu’aux réfugiés politiques de descendre de leur Zodiac. « Nathalie Loiseau fait du FN », a aussitôt dégainé Ian Brossat, numéro un de la liste communiste.
Mais faisons grâce à l’ancienne ministre d’avoir déformé sa propre pensée, puisqu’elle s’est corrigée dans la foulée, précisant : « Il y a deux choses très différentes. Les réfugiés, c’est l’honneur de l’Europe, c’est le devoir de l’Europe, nous avons inventé le droit d’asile, nous devons mieux accueillir ceux qui fuient la guerre et la persécution ; en revanche, s’agissant des migrations économiques illégales, il faut les empêcher. »
Soit rien d’autre que la dichotomie habituelle chez LREM en matière migratoire, rien d’autre que le mantra du chef de l’État dans son duel – celui qu’il met en scène – contre Marine Le Pen et son « populisme » antimigrants.
L’épisode révèle toutefois le degré de confusion qui règne, dans cette campagne, sur le sujet des politiques migratoires. Alors pour s’y retrouver, Mediapart a lu les programmes des principales listes aux européennes, et zoome sur quelques points clés.
Pire : depuis la fin mars, les États membres ont décidé de retirer les navires déployés dans le cadre de l’opération Sophia (visant à lutter contre les trafiquants), qui servaient « accessoirement » à sauver des vies.
À gauche d’En marche, toutes les listes proposent donc, avec des nuances, d’y remédier : EELV veut « créer une flotte de sauvetage européenne », de même que la liste Printemps européen, proche de Benoît Hamon ; La France insoumise (LFI) propose « un corps européen civil », plutôt que militaire ; le PCF songe à « réorienter » l’agence Frontex (aujourd’hui chargée d’aider les pays de l’UE à contrôler leurs frontières extérieures) vers des missions de « sauvetage en mer » ; tandis que la liste menée par Raphaël Glucksmann (Envie d’Europe, avec le PS) imagine de faire appel à Frontex, mais sans le priver de ses autres missions.
Une
femme et son enfant, arrêtés après leur arrivée dans une embarcation de
sauvetage au port espagnol de Malaga, le 15 janvier 2019. © Reuters
Chez En marche, pas un mot. On sait que le gouvernement
français, avec l’UE, a choisi une autre option : équiper les garde-côtes
libyens pour qu’ils fassent le « travail », malgré les violences dont
ces derniers font preuve sur l’eau, malgré les risques de corruption,
malgré le sort indigne réservé aux naufragés interceptés et ramenés sur
le sol libyen.
Mais faisons grâce à l’ancienne ministre d’avoir déformé sa propre pensée, puisqu’elle s’est corrigée dans la foulée, précisant : « Il y a deux choses très différentes. Les réfugiés, c’est l’honneur de l’Europe, c’est le devoir de l’Europe, nous avons inventé le droit d’asile, nous devons mieux accueillir ceux qui fuient la guerre et la persécution ; en revanche, s’agissant des migrations économiques illégales, il faut les empêcher. »
Soit rien d’autre que la dichotomie habituelle chez LREM en matière migratoire, rien d’autre que le mantra du chef de l’État dans son duel – celui qu’il met en scène – contre Marine Le Pen et son « populisme » antimigrants.
L’épisode révèle toutefois le degré de confusion qui règne, dans cette campagne, sur le sujet des politiques migratoires. Alors pour s’y retrouver, Mediapart a lu les programmes des principales listes aux européennes, et zoome sur quelques points clés.
- Noyés
Pire : depuis la fin mars, les États membres ont décidé de retirer les navires déployés dans le cadre de l’opération Sophia (visant à lutter contre les trafiquants), qui servaient « accessoirement » à sauver des vies.
À gauche d’En marche, toutes les listes proposent donc, avec des nuances, d’y remédier : EELV veut « créer une flotte de sauvetage européenne », de même que la liste Printemps européen, proche de Benoît Hamon ; La France insoumise (LFI) propose « un corps européen civil », plutôt que militaire ; le PCF songe à « réorienter » l’agence Frontex (aujourd’hui chargée d’aider les pays de l’UE à contrôler leurs frontières extérieures) vers des missions de « sauvetage en mer » ; tandis que la liste menée par Raphaël Glucksmann (Envie d’Europe, avec le PS) imagine de faire appel à Frontex, mais sans le priver de ses autres missions.




