2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

Affichage des articles dont le libellé est Salek Laasairi. Afficher tous les articles
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mercredi 10 juillet 2019

Salek Laasairi, quelques minutes depuis le parloir

Salek Laasairi, Sahraoui, prisonnier politique sahraoui du régime du Maroc et condamné à perpétuité, a réussi à joindre par téléphone un de ses amis en France.

2 minutes 57 secondes pour transmettre d'une voix sans sourire sa détresse, son soucis de tous ses amis, et puis une phrase suspendue pour glisser rapidement un  "à bientôt mon très cher ami…" avant de raccrocher précipitamment.

Salek a pu avoir brièvement accès au téléphone public du parloir parce qu'il est transféré à la prison de Marrakech pour passer son baccalauréat. Il est au "rattrapage" comme l'année dernière, et il a des épreuves jusqu'au 8 juillet. Ensuite il sera re-transféré à Safi, la prison où il est incarcéré depuis qu'il avait brusquement cessé de donner de ses nouvelles en février dernier. 

Il était alors à la prison de Ait Melloul où juste avant de disparaitre, il avait été sévèrement battu après avoir protesté lors de la visite de sa famille, contre l'expulsion de sa sœur avant qu'elle n'ait pu lui parler. Protestation, coups, cachot, transfert, privation de communication… sa grève de la faim pour protester encore.

A Safi, dans la prison Moul el Bergui connue comme une prison "punition", Salek est dans une cellule isolée dans le quartier sécurité. Il n'a le droit qu'à un quart d'heure de sortie dans la cour par jour, et 5 minutes d'accès au téléphone par semaine. Il les consacre à sa mère.

Il avait transmis par sa famille que les conditions y étaient très difficiles. Il a redit son isolement, sa solitude. Il dit "avoir la dépression" et demande qu'on le soutienne...

Pour lui écrire : 
Salek Laasairi - n°d'écrou 4037
Prison centrale Moul el Bergui
Safi
Maroc

Les articles précédents sur Salek : 
Salek a disparu (les nouvelles au 20 mars. Disparition depuis le 11 février)
Pour en savoir plus sur Salek (cliquez pour voir les textes) :
"Drole d'occupation pour une grand-mère, histoire de prisonniers politiques sahraouis, petite histoire du conflit". Livre de MJ Fressard, Ed Apso. Chapitre Salek.
Lettre ouverte à Monsieur Tamek, Délégué général de l'administration des prisons au Maroc, prisonniers pour la justice 

jeudi 13 juin 2019

Salek, prisonnier politique sahraoui, des nouvelles par la famille


mercredi 12 juin 2019

Personne d'entre ses amis dans le monde n'a reçu de nouvelles directement de Salek Laasairi - Sahraoui prisonnier politique du Maroc - depuis sa disparition de la prison d'Aït Meloul. Ni courrier ni appel téléphonique.
Ce que nous savons par la famille :
Salek est à la prison de Safi au Maroc (pour lui écrire, voir en dessous)
Il est très isolé, il ne connait personne et se méfie de tous.
Il est très affecté par les coups des gardiens et la longue grève de la faim de protestation qu'il a menée après l'expulsion de sa famille lors de la visite de février et sa mise au cachot /et transfert (ce n'est pas la première grève de la faim, les séquelles s'accumulent avec le temps)
Il est maintenant très loin de la famille et de ce fait ne peut plus recevoir leur visite.
La famille a écrit aux diverses administrations marocaines et n'a jamais reçu de réponse.
Salek nous appelle à l'aide.

Nous avons envoyé des petits paquets et courriers, nous ne savons pas encore s'ils sont arrivés jusqu'à lui.

Pour écrire à Salek les petits riens de nos vies et soucis d'humains en liberté :


Salek - il y a plus de 10 ans
Salek Laasairi

n°d'écrou 4037

Prison centrale Moul el Bergui

Safi

Maroc



Chaque courrier est pour lui un réconfort, un soutien. Il aime savoir comment nous allons et ce que nous faisons, recevoir des photos, il aime les magasines de voyages/pays, les sciences (magasines pour enfants-ado), et il aime passionnément le foot (et surtout lire Sofoot). Il lit l'arabe, le français, et l'anglais.


Les articles précédents sur Salek : 
Salek a disparu (les nouvelles au 20 mars. Disparition depuis le 11 février)

Crédit photo Apso

mercredi 27 mars 2019

Disparition de Salek Laassairi, nouvelles précisions par APSO (Amis du peuple sahraoui)

dimanche 24 mars 2019

Disparition de Salek Laasairi, recherches d'Apso pour le localiser, savoir la raison de son silence et connaitre son état, les dernières précisions reçues sont les suivantes :

La mère et la sœur de Salek lui ont rendu visite le 2 février 2019.
Alors que Salek protestait que le personnel pénitencier ne lui laissait pas le temps de parler avec sa sœur, la mère et la sœur ont été mise dehors.
La visite a duré moins de 10 minutes. La précédente était 11 mois plus tôt.
(Rappel :Safi est a plus de 600 km de la ville où vit sa mère) Le lendemain (ou le jour suivant), des détenus ont prévenu la mère que Salek avait été puni de 45 jours de cachot. C'est plusieurs semaines après que d'autres détenus ont dit à sa mère que Salek était au cachot à Safi.
La mère a contacté la prison dès début février, son interlocuteur a refusé de lui donner des informations sur Salek.

2 courriers envoyés par APSO : lDisparition de Salek Laassairi, nouvelles précisions par APSO (Amis du peuple sahraoui) à la Direction générale des prisons du Maroc sont à ce jour restés sans réponse.
Selon un décompte large, les 45 jours de cachot, isolement et interdiction de visite, auraient pris fin le mercredi 20 mars.
Salek n'a cependant toujours pas donné de nouvelle de lui.


Des amis de Salek en Espagne, France, Suisse, au Sahara Occidental ont tenté sans succès de joindre les prisons marocaines, et ont interrogé de façon épistolaire les autorités pénitentiaires marocaines... d'autres démarches, questions et alertes sont en cours.

Pour en Savoir plus sur Salek, reportez vous aux liens indiqués dans l'article précédent : http://ap-so.blogspot.com/2019/03/salek-laasairi-disparu.html



vendredi 22 mars 2019

Lettre ouverte concernant le prisonnier politique sahraoui Salek Laasairi disparu de la prison d'Aït Meloul



Lettre ouverte à Monsieur Tamek,  Délégué Général au Ministère marocain de la Justice et des Libertés

Monsieur le Délégué Général,

Le 3 février 2018 je vous ai adressé une lettre pour vous dire mes préoccupations concernant le prisonnier politique sahraoui Salek Laasairi dont j'assure le parrainage depuis quelques années. Il était à ce moment interné à la prison locale d'Aït Meloul sous le n° d'écrou 7533. Je vous disais que Salek, arrêté il y a 15 ans et condamné à perpétuité pour un crime qu'il nie toujours avoir commis, est victime d'atteintes fréquentes à sa sécurité et à son intégrité physique ; que les rares moments de plaisir qu'il aime vivre en téléphonant à sa famille et à ses amis sont réduits à quelques minutes puis à quelques secondes. Tout est prétexte à envoyer au cachot un prisonnier sahraoui, pour une grande variété de motifs inventés.

Au cours de mes premières années de parrainage nous pouvions parfois échanger des lettres, j’envoyais des cartes et quelques colis. Même s'ils mettaient parfois jusqu'à deux mois pour arriver, ils arrivaient. Mais progressivement, même ces petits bonheurs lui sont interdits. Ses lettres ne me parviennent plus. Il ne reçoit plus les miennes, ni mes cartes. 
Pour la nouvelle année 2018 je lui avais envoyé un colis au très modeste contenu car je sais par expérience que les gardiens se servent avant le destinataire du colis si ce contenu les intéresse.
Ce colis m'a été retourné. Je l'ai renvoyé en ajoutant le code postal d'Aït Meloul que j'avais omis d'ajouter à l'adresse. Le colis m'a encore été renvoyé. Il ne fallait donc pas que Salek puisse se réjouir d'ouvrir ce paquet, en découvrant le beau pull que j'ai acheté aux fripes, plusieurs magazines déjà anciens, et de récents magazines de foot, un calendrier, un agenda que deux associations humanitaires m'avaient offerts pour 2018 et une grammaire anglaise qui date de ma scolarité. Le comportement odieux de l'administration pénitentiaire n'a rien à voir avec une quelconque notion de justice, c'est de la pure discrimination, de la haine de la pire espèce. 

Pourtant il y a quelques jours j'ai pu constater que cette haine pouvait être encore plus cruelle, lorsque j'ai reçu un message de l'association Amis du peuple du Sahara Occidental : Salek Laasairi a disparu . 
Depuis le 11 février 2019, il n'a  donné signe de vie, ni à sa famille, ni à APSO qui, après de longues investigations a réussi à savoir qu'il a été transféré à la prison de Safi au Maroc, une prison de "punition" où il est une fois de plus au cachot, ce qui veut dire isolement dans une cellule sale et insalubre, avec un "lit" en béton et un semblant de fine couverture répugnante ; c'est un lieu de violence, d'humiliation et de torture, et souvent aussi de grève de la faim en guise de protestation. On peut imaginer dans quel état le Sahraoui sort de ce cachot après plusieurs semaines de cohabitation avec les rats, sans se nourrir...Safi est à plus de 600 km de Tantan où vit dans une grande précarité la mère de Salek, pour qui rendre visite à son fils représente désormais un obstacle insurmontable.
Monsieur le Délégué Général au Ministère marocain de la Justice et des Libertés,
vous avez le pouvoir de faire  en sorte que les interminables années qui attendent Salek derrière les barreaux ne continuent pas à être pour lui cet enfer qui  fait honte au Maroc, soi-disant modèle en matière de droits humains, et qu'il puisse au moins retourner à Aït Meloul, prison un peu moins éloignée du lieu où réside sa famille !

Pour Salek et les autres prisonniers sahraouis, merci si nous pouvons compter sur votre compréhension.
Marie-José Fressard
Solidarité Maroc 05, France

mercredi 20 mars 2019

Salek Laasairi a disparu

mercredi 20 mars 2019


Salek Laasairi a disparu

Salek Laasairi, Sahraoui, prisonnier politique condamné à perpétuité, enfermé à Ait Melloul au Maroc au dernier de ses contacts avec l'extérieur, a disparu.
Il est soutenu depuis des années par de nombreux amis, membres ou proches d'Apso, qui sont très inquiets de son silence.

Après un appel à information, voila au 19 mars 2019, ce qui est connu :
Les dernières nouvelles de Salek datent du 11 février 2019, il a téléphoné à sa famille depuis la cabine publique du parloir de la prison de Ait Melloul. Quelques secondes. Ensuite il a disparu, pas d'appel à sa famille, ni à ses amis. Depuis plusieurs mois ce sont les lundis qu'il avait droit à quelques secondes de communication par appel.

Aux alentours du 10 mars, un de ses codétenus marocain a contacté la mère de Salek. Selon ces informations indirectes, Salek aurait été transféré à la prison de Safi au Maroc, une prison réputée de "punition", et il serait au cachot, en mauvais état.

Cachot au Maroc et pour les Sahraouis, veut dire isolement dans une cellule sale et insalubre, souvent violence et humiliation, tortures, et souvent aussi grève de la faim de protestation en réponse.
Safi est a plus de 600 km de la ville où vit sa mère, qui a beaucoup de difficulté à voyager (grande précarité). 

Toute action est bonne pour trouver des nouvelles de Salek, tant qu'il ne le peut, lui, en direct. Il faut inventer ! vous êtes ses amis, ses parrains, ses soutiens.

Quelques idées en vrac : contact et questions à l'ambassade marocaine en France ou ailleurs, à la prison de Ait Melloul, de Safi, aux autorités pénitentiaires marocaines, informations aux ONG internationales de défense des droit de l'homme (Amnesty, HRW...), infos et questions au CICR, au représentant spécial de l'Onu pour le Sahara Occidental (Horst Köhler), à la Minurso… 

Pour Safi, voila ce que donne le net : Centre Moul el Berqui, Etablissement pénitentiaire, SAFI -  telephone : +212 5 24 64 26 58 (tel fix)


Pour en savoir plus sur Salek :
Destin brisé, double peine 
EM : Interdiction de visite, violence et humiliation pour la famille de Salek Laasiri 
"Drole d'occupation pour une grand-mère, histoire de prisonniers politiques sahraouis, petite histoire du conflit". Livre de MJ Fressard, Ed Apso. Chapitre Salek.
Apso répond à Milena Rampoldi pour ProMosaik 
EM : 38 jours sans manger pour protester contre la violence carcérale marocaine 
Lettre ouverte à Monsieur Tamek, Délégué général de l'administration des prisons au Maroc, prisonniers pour la justice 

Par FB
25 juillet 2016· Salek Laasairi, prisonnier politique sahraoui, a tenu à ce que nous partagions son affliction après l'attentat de Nice, sa condamnation de cet acte, et ses condoléances aux familles, proches et amis des victimes, aux français...

13 octobre 2016· Pas de nouvelles de Salek Laasairi depuis quelques semaines. Il semble qu'il est au cachot. Nous cherchons des confirmations, infos, précisions.

31 décembre 2016· Des amis de Salek Laasairi - Sahraoui prisonnier politique, incarcéré pour perpétuité dans la prison de Kénitra - lui ont envoyé, notamment une tablette de chocolat... douceur de noël. Le chocolat a été remis à Salek sans l'emballage par des gardiens qui lui ont dit qu’après cela ce genre d'envoi était interdit (donc serait confisqué) . Le perfectionnisme dans la torture est infini... 
que la nouvelle année vous soit douce !

La Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines. 

Extrait de déclaration : "les prisonniers sahraouis au prison Ait Melloul vivent dans une situation catastrophique, résultat de traitements inhumains de la part de l'administration pénitentiaire, où ils sont exposés presque tous les jours à toutes sortes de tortures et d'insultes psychologiques et physiques, d'abus verbal, d’inspection illégale, de racisme et l'incitation des prisonniers de droit commun contre eux par certains membres du personnel pénitencier, en particulier le directeur de la prison le nommé Elkabir Essoufi et par le responsable chargé de la prison Ahmed Momani, dont les dernières victimes sont les détenus politiques sahraouis "Salek Laassairi, et Mohammed Ali Bassraoui" le premier a été mis dans une cellule solitaire (cachot) et le second a été battu et nargué par un prisonnier de droit commun, lequel lui a causé un dommage très grave au niveau de l’œil gauche, comme a rapporté l'Association pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines."



mercredi 17 janvier 2018

Maroc : Lettre ouverte au Ministre de la Justice et des Libertés et au Directeur de la prison locale d’Aït Meloul



Lettre ouverte au Ministre marocain de la Justice et des Libertés

Administration pénitentiaire et de la réinsertion

Place de la Mamounia,
BP 1015,Rabat, Maroc.

et au Directeur de la prison locale d’Aït Meloul
Agadir, Maroc

Copies au CNDH, à Amnesty International, à l’ACAT, à HRW, à l’ASTHOM, à APSO, à, à l’AMDH, à ATTAC Maroc et France ...

   Monsieur le Ministre, Monsieur le Directeur

Il y a trois ans, l’association Amis du Peuple du Sahara Occidental m’a proposé de devenir « marraine » du prisonnier sahraoui Salek Laasairi. J’ai alors appris qu’en 2015 il a été condamné à la réclusion perpétuelle par jugement rendu à la cour militaire, pour un crime qu’il nie toujours avoir commis. Il avait alors 21 ans. Depuis il est transféré de prison en prison. Il est actuellement à la prison locale d’Aït Meloul, avec le numéro d’écrou 7533.

Il n’est pas dans mon propos de critiquer ni d’approuver cette décision de justice, n’ayant jamais eu connaissance de la moindre preuve concernant ce crime.

Mais je veux vous faire part de mon indignation chaque fois que j’apprends que Salek est victime d’atteintes à sa sécurité et son intégrité physique, les tabassages fréquents pouvant aller jusqu’à la torture, le viol, l’horreur de l’abject cachot, mais aussi le saccage ou le vol de ses affaires personnelles, téléphone, contenu de colis reçus, de même que le mépris, la discrimination, les insultes raciales. Salek ne se plaint jamais de quoi que ce soit lorsque nous arrivons à nous téléphoner, au contraire il me dit « Moi, tout va bien, ma famille aussi » avant de me demander des nouvelles des un et des autres. C’est par des associations des droits de l’homme que je suis informée. Les gardiens se montrent particulièrement odieux à son égard parce qu’il est Sahraoui.

Mais comme si ces agressions au quotidien ne suffisaient pas, le personnel pénitentiaire veille à évacuer tout ce qui pourrait apporter à Salek la moindre satisfaction, la moindre parcelle de bonheur comme son tour au téléphone une fois par semaine à la cabine de la prison, avec sa famille qu’il aime par-dessus tout, et avec ses amis. Un moment heureux qui lui fait un peu oublier l’univers carcéral. Mais ce moment est de plus en plus court, voire réduit à quelques secondes, ou même supprimé. Et s’il proteste il est roué de coups avant d’être jeté au cachot, endroit infect avec la seule compagnie des rats. Des séjours d’isolement qui peuvent durer plusieurs semaines. Il est même arrivé qu’il y soit enfermé jusqu’à un mois et demi. Pour protester il refuse parfois toute nourriture.

Autre petit bonheur qu’il attend avec impatience : les colis que lui envoient à tour de rôle un groupe d’amis. Colis au modeste contenu : vêtements achetés aux fripes, vieux magazines, livres en langue anglaise selon son désir, petits objets sans valeur marchande… Nous savons par expérience que tout objet ayant un petit coût ne lui parvient pas. Chocolat et autres douceurs sont interdits.

Le 29 novembre je lui ai envoyé un de ces colis de pauvre tant attendu. Quelques semaines plus tard il m’est retourné. J’y vois la mention : «  admis en franchise douanière », et aussi écrit à la main : « refusé réception, le 7/12/2017 ». Aucun motif de retour n’a été coché (NPAI, Non réclamé, FD, Refusé, Réexpédié, Adresse incomplète). L’adresse est celle que j’utilise à chaque envoi, sans qu’il n’y ait eu aucun retour. Le colis n’a pas été ouvert. C’est donc la prison qui a refusé à Salek ce petit bout de plaisir ! Le 2 janvier je l’ai renvoyé.

L’ignoble avait déjà été atteint lorsque la mère, la sœur et le frère malade de Salek ont voulu lui rendre visite. Ils avaient économisé pour pouvoir payer ce voyage de 400 kilomètres. Mais non seulement ils ont dû attendre toute la journée sans avoir pu le rencontrer, mais par sadisme, pour les humilier, « trois gardiennes ont obligé  sans ménagement sa mère et sa sœur à se mettre totalement nues, pour des fouilles allant jusqu’à l’exploration vaginale manuelle, avec crachats et insultes à caractère racial. Cette fouille s’est déroulée devant des gardiens hommes qui ont pris des photos, et des visiteurs » (Emsarah.com, 15/1/2016). La ligue pour la protection des prisonniers sahraouis a dénoncé fortement ce harcèlement subi par la famille Laasairi, le considérant comme un acte raciste à l’opposé des affirmations de progrès démocratiques proclamées haut et fort par les autorités marocaines.

Monsieur le Ministre de la Justice et des Libertés, Monsieur le Directeur de la prison locale d’Aït Meloul

Je ne décèle ni souci de « justice », ni espoir de « liberté » dans le cauchemar que vit mon ami Salek. Je m’associe à la peine et la colère des familles des prisonniers détenus sans aucune humanité, sans aucun respect des conventions internationales. Le but de l’emprisonnement ne devrait-il pas être la réinsertion (mention qui fait partie de votre titre), le retour à une vie citoyenne normale, et non la mort à petit feu… ?

Pour Salek et les prisonniers et leurs familles je vous demande, Monsieur le Ministre, Monsieur le Directeur, de donner des ordres au personnel de la prison locale d’Aït Meloul et des autres prisons du royaume que soient respectés le droit de visites, le droit de téléphoner à ses proches et le droit de recevoir des colis avec l’intégralité de leur contenu.

D’avance et pour eux, je vous remercie,

Marie-José Fressard
Solidarité Maroc 05
05000 Gap
France
8/1/2018