lundi 16 septembre 2019

Des médecins soutiennent leur confrère arrêté dans l'affaire Hajar Raissouni



Des médecins soutiennent leur confrère arrêté dans l'affaire Hajar RaissouniDes médecins signent un communiqué de solidarité vis-à-vis de Mohammed Jamal Belkziz, gynécologue accusé dans l’affaire de la journaliste Hajar Raissouni. Ils appellent à la révision du cadre législatif régissant les relations entre le médecin et ses patients dans le cadre du secret médical.

Quatre organisations marocaines de médecins ont publié, ce samedi 14 septembre, un communiqué conjoint pour exprimer leur soutien au docteur Mohammed Jamal Belkeziz, gynécologue obstétrique impliqué dans l’affaire Hajar Raissouni, journaliste jugée pour des accusations d’avortement illégal.
Les signataires du communiqué le Syndicat national des endocrinologues diabétologues libéraux du Maroc, l’Association des médecins cardiologues du privé et la région Rabat et Kénitra, la Fédération marocaine des pédiatres et l’Association des gastroentérologues du privé de Rabat.
Tous se déclarent « être profondément préoccupés par les conditions d’interpellation, d’arrestation et de détention de leur confrère ». Accusé de pratiquer l’avortement de manière « habituelle », M. Belkeziz risque jusqu’à 10 ans de réclusion criminelle.
Les quatre organisations disent accorder leur « totale confiance » aux déclarations leur confrère qui a affirmé avoir « agi dans une situation d’urgence à laquelle tout médecin se doit d’intervenir en favorisant avant toute considération, la préservation de la vie de son patient ».
Dans le même communiqué, on affirme, en outre, « sa totale solidarité » au prévenu « qui jouit d’une réputation honorable, d’une moralité exemplaire et du respect du code de déontologie dans l’exercice de sa profession ».
Les signataires soutiennent par ailleurs la position du CNDH appelant à harmoniser le cadre législatif de pays avec les dispositions de sa constitution et les conventions internationales. A ce titre, ils appellent à « une révision » des dispositions portant sur « les relations entre le médecin et ses patients dans le cadre du secret médical, notamment en situation d’urgence ». L’objectif étant de « préserver » le premier lorsqu’il agit dans « le cadre de sa profession tout en lui permettant de protéger la vie privée et l’intimité des malades », conclut le communiqué.

dimanche 15 septembre 2019

Sauvetages en Méditerranée : les ONG ont-elles une politique?


Plusieurs navires de sauvetage en Méditerranée ont erré en mer cet été, faute de trouver un port d'accueil pour les migrants secourus. Face au blocage de certains pays européens, les ONG adaptent leur stratégie. Faut-il forcer les ports? Comment faire pour que les pays ouvrent leurs frontières ?

1004 migrants débarquant dans le port de Salerne (Italie) à bord de l'Aquarius, le navire de l'ONG SOS Méditerranée
1004 migrants débarquant dans le port de Salerne (Italie) à bord de l'Aquarius, le navire de l'ONG SOS Méditerranée Crédits : Getty
Ces dernières semaines ont été marquées par l’épopée de plusieurs navires venant secourir des migrants en pleine Méditerranée. Qu’ils s’appellent Sea Watch 3, piloté par la capitaine Carola Rackete, ou encore Open Arms et enfin Ocean Viking, ces bateaux ont recueilli en Méditerranée des centaines de migrants et ont tenté ensuite de convaincre les pays limitrophes de les accueillir sur leur sol.
Pour autant, les dirigeants politiques européens ont toujours soupçonné ces associations de vouloir imposer à l’Europe l’accueil de ces migrants: y a-t-il une ou plusieurs politiques de ces associations ? Quelle est-elle ?
Nous allons en débattre avec trois invités ce soir un historien de la Méditerranée et de son droit maritime, Guillaume Calafat et deux acteurs de terrain le président d’SOS Méditerranée et Ariane Masson qui était mécanicienne sur le Sea Watch 3, le bateau de Carola Rackete.
Pour aller plus loin :
[Abonnés] Interview de Carolina Rackete, capitaine du Sea-Watch. L'Obs, le 08/07/2019
[Abonnés] Interview de François Thomas, Président de l'association SOS Méditerranée France. Les Inrocks, le 05/08/2019
"De héros à "complices": 5 ans d'opérations d'ONG en Méditerranée", TV5 Monde, le 25/08/2019
Sur le droit de la mer: "Secours en mer. Le port sûr n’est pas toujours le plus proche" Article de Nicolas Gros-Verheyde, le 25/09/2018
Rapport de l'activité 2018 de SOS Méditerranée

ARTE-TV : Le Sahara occidental en quête d’indépendance

ARTE-TV : Le Sahara occidental en quête d’indépendance

Disponible sur ARTE tv du 17/09/2019 au 14/09/2025
Prochaine diffusion le mardi 17 septembre à 05:55
Découvrez l’offre VOD-DVD de la boutique ARTE

Le Maroc occupe le Sahara occidental depuis 1975. Il y a érigé une barrière de séparation de 2720 km, le « mur des Sables », pour contrôler près de 80% du territoire. 100 000 soldats marocains gardent ce mur, achevé en 1987. L’objectif ? Faire taire les revendications du Front Polisario, qui jusqu’en 1991, s’est battu pour l’indépendance du Sahara occidental.
#Frencharms une enquête initiée par le média néerlandais indépendant Lighthouse reports en coopération avec Disclose et le soutien d’ARTE, Bellingcat, Mediapart et Radio France.
Cette année-là, 1991, une trêve entre le Maroc et le Front Polisario a été négociée et un accord a été signé : le Maroc a promis un référendum sur le droit à l’autodétermination des Sahraouis. Il n’a jamais eu lieu.
Aujourd’hui encore, le Maroc revendique le contrôle administratif du territoire. Pendant toutes ces années, il a exercé une répression sur les Sahraouis. Une grande partie d’entre eux a été forcée de quitter leur pays d’origine pour s’entasser dans des camps de réfugiés dans le désert algérien. À cet exode, s’est ajoutée la politique de colonisation du Maroc incitant de nombreux civils à s’installer au Sahara occidental. Résultat : en 2015, on estime que les Marocains y sont au moins deux fois plus nombreux que les Sahraouis… Le transfert de la population est considéré comme un crime de guerre par la Convention de Genève.

De quoi le Maroc est-il accusé ? 
Voici le principal chef d’accusation : refuser le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, pourtant garantie par une résolution de l’ONU votée en 1952. Pour y parvenir, le gouvernement marocain n’a jamais cessé d’utiliser la répression et de bafouer les droits de l’homme. Ce rapport d’Amnesty international d’avril 2019 fait état des « restrictions persistantes de la liberté d’expression, d’association et de réunion » visant notamment des personnes favorables à l’autodétermination.

Que fait l’ONU ? 
 Le Conseil de sécurité des Nations unies a créé le 29 avril 1991 la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Depuis 28 ans, un détachement de 230 militaires est chargé du maintien de la paix sur ce territoire. Il est aussi chargé de l’organisation du référendum. Le processus est enlisé devant la réticence marocaine.

Que fait l’Union européenne ? 
 La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a jugé en 2018 que l’Union européenne devait respecter le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. Elle a notamment invalidé un accord commercial de pêche entre l’UE et le Maroc. L’avocat général de la Cour de justice de l’Union européenne en explique les raisons : cet accord « ayant été conclu par le Maroc sur la base de l’intégration unilatérale du Sahara occidental à son territoire et de l’affirmation de sa souveraineté sur ce territoire, le peuple sahraoui n’a pas librement disposé de ses ressources naturelles, comme l’impose pourtant le droit à l’autodétermination ». Un avis qui n’a pas été suivi par le Parlement européen : un an plus tard, il a voté un texte incluant le Sahara occidental dans l’accord commercial entre l’UE et le Maroc. Et cela, alors que l’UE ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur ce territoire. Une position bien ambivalente.

De quoi est accusée la France ? 
Malgré les condamnations du droit international et des organisations internationales, la France vend de grandes quantités d’équipements militaires qui sont acheminés au Sahara occidental. Ces derniers contribuent à :
– assurer l’occupation militaire et soutenir la politique colonialiste du Maroc
- faciliter l’exploitation des ressources en territoire occupé
Notre enquête a permis de repérer les équipements militaires français déployés sur le territoire du Sahara occidental.

Journaliste : Maud Jullien
Pays : France
Année : 2019
Source : ARTE-TV




vendredi 13 septembre 2019

Sahara occidental occupé : 10 jeunes condamnés à des années de prison pour la manifestation du 19 juillet à El Ayoun

Ce 4 septembre s’est tenu à El Aaiun le procès de dix jeunes des territoires occupés, neuf Sahraouis et un Marocain.
Les policiers ont bloqué les rues menant au tribunal. Ils en ont empêché l’accès à Mohamed Dadach, président de CODAPSO, ainsi qu’à Laila Lili et Hadi Matou. Ces deux militantes des droits humains ont pu entrer dans la salle d’audience dans l’après-midi.
La salle était pleine de membres de la DGST (Direction Générale de la Surveillance du Territoire), un service de renseignement. Étaient aussi présentes les familles des prévenus, et des militants sahraouis des droits de l’homme.
Aucun observateur international n’était présent à ce procès.
Les prévenus ont été arrêtés après les manifestations qui fêtaient la victoire de l’Algérie à la Coupe d’Afrique des Nations. La répression de cette manifestation a été très dure. Une jeune fille est morte écrasée par une voiture des forces d’occupation. Nous avons diffusé des vidéos à l’opinion publique où l’on peut voir les tabassages, les coups de fusil, les camions-citernes lançant de l’eau sous pression.
Les chefs d’inculpation étaient les suivants :
Humiliation des forces de l’ordre.
Entrave à la circulation.
Dégradations de propriétés avec usage de la force.
Le procureur a mis les accusés au défi de prouver que les forces de l’ordre n’avaient pas respecté les usages civilisés et légaux dans leur intervention pour disperser les manifestations d’El Ayoun le 19 juillet.
Et la défense n’a pas bronché alors qu’elle avait des preuves –des vidéos d’Équipe Média et autres- montrant toute la répression de ce jour du 19 juillet. Au contraire, l’un des avocats  a fait les louanges du roi et des forces de l’ordre « grâce auxquelles nous vivons dans un espace de paix et de stabilité ». La défense était composée de deux avocats sahraouis et de deux avocats marocains. Leur seul plaidoyer a consisté à exposer des vices de forme : la police n’a pas prévenu les familles des détenus de leur arrestation, et les avocats n’ont eu accès aux dossiers que 72 heures plus tard, c’est-à-dire le 22 juillet.
Ils ont demandé que, étant donnée la spécificité des détenus –jeunes étudiants-, de ne pas donner l’opportunité à certains partis d’exploiter le dossier pour des motifs politiques.
Le juge a demandé aux prévenus s’ils voulaient demander le pardon à la Direction Générale de la Sûreté Nationale. Les détenus ont répondu qu’ils n’avaient commis ni crime ni infraction et n’avaient donc rien à se faire pardonner.
Les prévenus ont nié tous les chefs d’inculpation et affirmé leur innocence.
Ils ont été condamnés à :
Deux ans et demi pour quatre des accusés.
Un an et demi pour trois d’entre eux.
Un an pour les trois autres.
Après le verdict, les policiers ont agressé les prisonniers avant de les menotter pour les envoyer à la Prison Noire. La réaction d’un des prisonniers a été de lancer une bouteille d’eau en direction du juge et du procureur.
Les quatre mineurs qui avaient aussi été arrêtés restent en liberté provisoire.
Avec EM, El Aaiún, Sahara Occidental occupé
Le 04/09/2019

jeudi 12 septembre 2019

Sahara Occidental : L’Espagne lâche le Maroc

L’Espagne, alliée traditionnelle du Maroc sur la question sahraouie tout comme la France, vient de lâcher subitement son partenaire aux abois ces deux dernières années. Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez plaide, désormais, pour un élargissement de la mission de la Minurso à la surveillance des droits de l’Homme au Sahara Occidental, une vieille revendication du Polisario qui a toujours été combattue par le Maroc, qui ferraille dur pour l’écarter des discussions bilatérales. Car les atteintes aux droits de l’Homme dans les territoires occupés sont monnaie courante.
Les services de sécurité marocains pratiquent une véritable chasse aux sorcières en ce qui concerne tous les citoyens sahraouis soupçonnés à tort ou à raison de sympathie à l’égard du Polisario : tortures, sévices corporel multiples, arrestations arbitraires, chasse à l’homme, traques policière, emprisonnements sont en effet le lot quotidien des citoyens sahraouis dans les territoires occupés.
Aussi l’élargissement de cette question des droits de l’Homme gêne considérablement le régime marocain. Assistons-nous enfin à un véritable tournant dans les relations maroco-espagnoles ? Le PSOE de Pedro Sanchez a opéré une révision profonde de sa position sur le Sahara occidental. Le parti socialiste a exhumé une vieille revendication du Polisario déclarant : " Le gouvernement espagnol soutient les processus de négociations sur le Sahara occidental, tant au niveau des Nations unies que dans d’autres cadres, basé sur un total respect des obligations du droit international"  .
Mieux encore, le PSOE s’est engagé officiellement à élargir les prérogatives de la MINURSO. » Nous appuierons un élargissement du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’Homme » dans la région « , dit il. Une mesure inscrite dans le document » Proposition ouverte pour un programme commun progressiste « , élaboré par les socialistes et révélé le mardi 3 septembre à Madrid.
Elle constitue une nouveauté par rapport à la ligne observée jusque- là par la gauche classique mais également par le PP quand il était au pouvoir. En effet, aux élections anticipées du 28 avril, ils avaient plutôt plaidé pour une » solution du conflit qui soit juste et mutuellement acceptée » par les parties. Aucun parti espagnol au pouvoir ne s’est engagé à soutenir publiquement la surveillance des droits de l’Homme au Sahara occidental par la mission onusienne.
Le régime marocain qui a appris cette nouvelle est pour l’instant incapable de réagir. Groggy, il observe les évènements sans broncher. Le ministre des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Mustapha El Khalfi, questionné lors d’une conférence de presse sur cette volte-face espagnole est resté muet : » Je n’ai pas l’habitude de commenter les programmes électoraux de partis étrangers « , a affirmé le ministre.
Visiblement, la réponse de Mustapha El Khalfi n’a pas vraiment convaincu les représentants des médias présents lors de sa conférence de presse, au point qu’un autre journaliste a plus tard posé la même question. Une nouvelle fois, Mustapha El Khalfi s’est refusé de commenter la proposition du PSOE. Il a également rappelé que l’élargissement des prérogatives de la MINURSO à la surveillance de la situation des droits humains a été définitivement balayée par les Nations unies en 2013.
La représentante du Front Polisario en Espagne, Khira Boulahi, a exprimé récemment sa condamnation la plus ferme de la politique du régime marocain et du blocus imposé aux zones occupées du Sahara occidental en empêchant l’accès au territoire à des journalistes et observateurs internationaux.
Dans une déclaration publiée après l’expulsion, par les autorités d’occupation marocaines, de l’avocate espagnole Cristina Martinez Benitez, Mme Boulahi a averti que » l’expulsion des observateurs internationaux, le manque de pression de la communauté internationale et l’absence de mécanismes des droits de l’Homme pour la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental encouragent une puissance occupante à prononcer des peines sévères et illégales à l’encontre de militants pacifiques « .
La représentante du Polisario a dénoncé » l’attitude préoccupante du Maroc et l’impunité avec laquelle il opère « , demandant aux pays de l’Union européenne, principalement l’Espagne et la France, » de garantir la libre circulation de leurs citoyens et de garantir l’accès des observateurs internationaux dans les zones occupées du Sahara occidental « .
Dans ce contexte, l’avocate espagnole Cristina Martinez a été empêchée, pour la deuxième fois en moins d’un mois, par l’occupant marocain de se rendre dans la ville d’El Ayoun occupée où elle devait assister au procès intenté contre 8 militants sahraouis. La jeune militante sahraouie Sabah Hamida été tuée par un véhicule de la police marocaine qui a foncé à pleine vitesse sur la foule sortie célébrer pacifiquement la victoire de l’équipe algérienne face à la sélection sénégalaise. C’est en l’absence des observateurs internationaux et avec une procédure jugée » illégale » par des organisations de défense des droits de l’Homme.
Durant l’année 2019, le Maroc a expulsé plus de 30 observateurs internationaux, avocats et journalistes, qui devaient se rendre au Sahara occidental occupé pour s’enquérir notamment de la situation des droits de l’Homme et des conditions de détention des militants politiques sahraouis. Plusieurs organisations internationales ont condamné cette attitude marocaine, exigeant le respect de la légalité internationale et l’entrée libre aux observateurs des droits de l’Homme dans les territoires sahraouis occupés.
Source : Tribune des Lecteurs, 8 sept 2019

Ariane Ascaride, meilleure interprète à Venise, dédie son prix aux migrants morts en mer


Femme engagée, Ariane Ascaride a reçu samedi le prix d'interprétation à la Mostra de Venise pour son rôle de mère courage dans "Gloria Mundi" de Robert Guédiguian.
Ariane Ascaride reçoit la coupe Volpi de la meilleure interprète à la Mostra de Venise le 7 septembre 2019
Ariane Ascaride reçoit la coupe Volpi de la meilleure interprète à la Mostra de Venise le 7 septembre 2019 (LAURENT VU/SIPA)

lundi 9 septembre 2019

Maroc, 1999-2019 : vingt ans de nouveau règne pour rien ?


Morad Diani
En vingt ans de règne, Mohammed VI a raté plusieurs occasions de réformer le système politique et pour créer un modèle économique égalitaire décevant ainsi les espoirs que le jeune roi avait suscités il y a deux décennies
Le roi est mort, vive le roi ! Le 23 juillet 1999, le roi Hassan II décédait, au terme de 38 ans d’exercice du pouvoir. Son fils aîné accéda de facto et de jure au trône pour devenir le troisième roi du Maroc après l’indépendance, dans une longue lignée de sultans alaouites depuis le milieu du XVIIe siècle.
L’accession au trône de celui qu’on appellera désormais Mohammed VI marqua un tournant dans l’histoire moderne du pays, dans le sens où elle déclencha de vastes espérances que le pays bascule dans une nouvelle ère.
Car ce jeune monarque, alors âgé de 36 ans, réussit très vite à impressionner l’opinion publique nationale et internationale en déclinant une image publique moderne et une « cool attitude », tout en étant proche du peuple et en adoptant nombre de mesures symboliques, en faveur des libertés publiques, de la réconciliation avec le passé sombre de son prédécesseur et de l’émancipation de la femme…
« Le style, c’est l’homme », disait Hassan II. Mohammed VI ne va pas ainsi déroger et, très vite, va se distinguer de son père par son propre style, par une communication soignée et des actions liminaires fortes.
Le bon filon Moins de trois semaines après son intronisation, le 20 août 1999, dans un discours, il allait briser un interdit en évoquant les disparus et les victimes d’arrestations arbitraires.
Un peu plus tard, il limogea Driss Basri, ministre de l’Intérieur et homme fort de l’ancien régime, qui avait mené une politique de répression pendant près de trois décennies.
Dans la même veine, certains des exilés les plus emblématiques ont été autorisés à revenir au Maroc, comme Abraham Serfaty ou la famille de Mehdi Ben Barka, alors que d’autres étaient libérés comme le cheikh Abdeslam Yassine.

Taourirt sous les eaux après de fortes pluies (VIDEO)




Au cours des dernières heures, de fortes pluies ont frappé de plein fouet la ville de Taourirt.
Des vidéos postées sur les réseaux sociaux montrent l’ampleur des dégâts dans les principales artères de la ville.
La météo nationale avait annoncé de fortes averses orageuses avec chute de grêle, de niveau orange, ce samedi de 14H00 à 24H00 dans plusieurs provinces du Royaume.
De très fortes averses orageuses, de niveau orange, avec chute de grêle ont touché les provinces de Berkane, Boulemane, Fahs-Anjra, Guercif, Jerada, Mdiq-Fnideq, Ouezzane, Oujda-Angad, Sefrou, Taounate, Taourirt et Taza.
La situation ne va pas s’améliorer puisque la météo de dimanche annonce des “pluies avec averses orageuses fortes dès le début de la matinée, avec chutes de grêle et rafales possibles sur la méditerranée, le Rif, les reliefs de l’Atlas, les plaines à l’Ouest de l’Atlas, l’Oriental, le Saiss, pouvant aussi toucher les versants Sud-Est”.

Concert au profit d'Amnesty international

B

Villeurbanne: Le Gendre (LREM) et Quatennens (LFI) contestent la remise en cause du droit d'asile





LFI




dimanche 8 septembre 2019

Avions bloqués en Italie : «Pendant qu'on est cloués au sol, le drame humanitaire se poursuit»




Par Kim Hullot-Guiot


Après les bateaux humanitaires, les avions qui les aident dans leur mission de secours en Méditerranée sont dans le viseur des autorités italiennes. José Benavente, cofondateur de Pilotes Volontaires, dont l'appareil est bloqué sur l'île de Lampedusa, a expliqué la situation à «Libération».

Après les bateaux humanitaires, les avions. Cet été, l’Italie a adopté un texte permettant d’interdire aux navires d’ONG de pénétrer ses eaux territoriales, et de les saisir s’ils s’y trouvent malgré tout. Le Haut-Commissariat aux Réfugiés de l’ONU s’en est d’ailleurs ému : «Imposer des amendes ou d’autres pénalités aux commandants risque de dissuader ou d’empêcher des navires privés de mener des activités de secours en mer, au moment où les Etats européens se sont pratiquement désengagés des efforts de sauvetage en Méditerranée centrale.»
Encore lundi matin, le navire Eleonore de l’ONG allemande Lifeline, qui était en mer depuis huit jours dans l’attente d’un port sûr, a ainsi été saisi par les autorités après avoir violé l’interdiction d’entrée dans les eaux territoriales pour accoster à Pozzallo, en Sicile.
Ce week-end, on a appris que deux avions d’ONG, qui agissent au-dessus de la Méditerranée en renfort des bateaux de secours, sont également dans le viseur des autorités italiennes, puisque l’aviation civile a immobilisé au sol le Moonbird, de l’ONG allemande Sea-Watch, et le Colibri, de l’organisation française Pilotes Volontaires. Ils sont uniquement autorisés à réaliser «des activités non professionnelles ou de loisirs». Le Colibri est, lui, bloqué depuis le 30 juillet sur l’île de Lampedusa. José Benavente, le cofondateur de Pilotes Volontaires, a répondu à Libération.
Que s’est-il passé le 30 juillet ?
On s’apprêtait à partir en vol, on avait déposé notre plan et notre intention de vol, comme on le fait toujours. Au moment de demander la mise en route à la tour de contrôle, elle nous a été refusée, sans explication. On nous a fait venir pour nous informer, oralement et de façon très vague, que des instructions venant de Rome nous interdisaient de voler. Cela nous a pris quelques jours avant d’en obtenir une trace écrite. On attend maintenant une réponse des autorités, avec qui on a engagé un dialogue que l’on espère constructif.
Quel est l’argument des autorités pour immobiliser le Colibri ?
On nous reproche de ne pas utiliser le bon type d’avion. D’après eux, le Colibri ne peut être utilisé qu’à des fins récréatives. On avait pourtant vérifié avant de partir que notre avion était conforme. De plus, on a effectué plus de 80 missions avec cet avion, donc on ne comprend pas pourquoi tout à coup on nous interdit de voler, avec des arguments qui ne nous paraissent pas fondés, ce que nos avocats nous confirment.
Un autre point qui a été évoqué c’est qu’on ne pouvait pas voler au-dessus de la mer, or nous avons les équipements de sécurité nécessaires. Enfin, on nous reproche d’avoir modifié notre avion de façon non conforme, mais c’est faux. D’ailleurs, depuis plus d’un an, nous avons toujours été autorisés à voler.
Quand vous avez appris que les bateaux d’ONG pouvaient être interdits d’eaux territoriales italiennes, vous avez pensé que ça s’étendrait ensuite aux avions ?
Ce blocage, on s’y attendait depuis de nombreux mois. Être en mer et pouvoir témoigner des violations du droit international nous a valu des inspections très fouillées dont le but était clairement de trouver la faille. Les attaques sont concentrées sur les bateaux, plus médiatiques, mais on s’y attendait car on gêne par notre simple présence.
Le but des autorités italiennes n’est d’ailleurs pas forcément de gagner devant un tribunal, mais d’immobiliser les bateaux et les avions le plus longtemps possible. En tout cas, nous, ce qu’on constate en tant que citoyens, c’est que ces décrets sont d’une profonde inhumanité.
La décision de vous immobiliser est-elle politique ?
On a des raisons de le penser : encore une fois, pourquoi nous aurait-on autorisés à faire plus de 80 vols avant de nous bloquer au sol ? On essaye de se tenir à l’écart du terrain politique, mais comme on intervient dans un contexte que certains ont voulu politiser – ce qui n’a pas de sens pour nous, sauver des vies devrait faire l’unanimité –, on peut tenter d’analyser la situation d’un point de vue politique. On peut évidemment souhaiter que la mise à l’écart de monsieur Salvini améliore la situation en mer.
Vos activités sont donc au point mort ?
Oui et non. On a réussi en août à trouver un autre avion, de façon temporaire, mais il n’est plus à notre disposition. On a dû le rendre il y a deux jours, donc on cherche un autre avion pour continuer les vols. Cela nous coûterait 500 000 euros pour l’année de louer un avion. On souhaite pouvoir reprendre les vols avec le Colibri mais on préfère d’ores et déjà commencer à trouver des situations alternatives. On est déterminés, car la situation est trop grave pour baisser les bras malgré les entraves.
Vous êtes en ce moment à Lampedusa, les navires de rescapés continuent-ils d’arriver ?
Encore ce lundi après-midi, on a accueilli trois bateaux à Lampedusa, avec des bébés qui avaient passé quatre jours en mer, dans des conditions horribles. Pendant qu’on est cloués au sol et que les bateaux sont entravés, tenus à distance, le drame se poursuit. Il y a cinq jours, j’ai passé une partie de la nuit sur le port de Lampedusa, à accueillir une centaine de personnes qui ont dérivé deux jours avant d’être sauvés. Dix-sept d’entre eux ont été jetés à l’eau, seulement onze ont pu regagner le bateau, les autres se sont noyés sous les yeux de leurs compagnons d’infortune. Que les ONG soient là ou pas, les drames se poursuivent.
Quand vous voyez ça, ça vous surmotive, vous redoublez de détermination. Ces gens-là, même s’ils ont le regard perdu et qu’ils sont passés à côté de la mort, on a la chance de les voir, de les voir vivants. Je pense à tous ceux qu’on ne verra jamais. Je ne peux m’empêcher de penser à ces dizaines de milliers de familles qui attendent des nouvelles et qui n’en recevront jamais.
Kim Hullot-Guiot

Les militants promigrants dans les Hautes-Alpes harcelés par la police française, selon HRW


Contrôles d’identité, contraventions pour un prétexte fallacieux… Human Rights Watch déplore, dans un rapport, les manœuvres des forces de l’ordre pour « entraver les activités humanitaires ».
Le Monde avec AFP Publié
Les visages de militants jugés pour être venus en aide à des migrants, en novembre 2018 devant le tribunal de Gap.
Les visages de militants jugés pour être venus en aide à des migrants, en novembre 2018 devant le tribunal de Gap. JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
« Harcèlement » et « intimidation », tels sont les outils de la police française pour « entraver les activités humanitaires » des militants venant en aide aux migrants à la frontière franco-italienne, affirme, dans un rapport publié jeudi 5 septembre, l’organisation non gouvernementale (ONG) Human Rights Watch (HRW).
La publication, qui intervient une semaine après la condamnation de trois dirigeants de l’organisation d’extrême droite Génération identitaire pour une opération menée dans cette même région en 2018, documente également les refoulements de « mineurs non accompagnés » vers l’Italie.
Lors de leurs maraudes, les bénévoles et militants associatifs sont régulièrement ciblés par des contrôles d’identité « abusifs », souligne le rapport, qui se focalise sur la situation dans les Hautes-Alpes.
« Dans de nombreux cas, la police semble recourir à ces procédures de façon sélective, à des fins d’intimidation et de harcèlement ou pour entraver les activités humanitaires », poursuit l’ONG de défense des droits humains qui réclame une enquête sur ces pratiques. L’objectif, « c’est de leur mettre des bâtons dans les roues » et de « gêner leurs actions », résume pour l’Agence France-Presse (AFP) Bénédicte Jeannerod, directrice France chez HRW.

« Le délit de solidarité continue d’être utilisé »

« Systématiquement, lorsqu’on part en maraude à Montgenèvre [commune limitrophe de l’Italie], il y a des contrôles (…), souvent plusieurs fois dans la soirée », raconte un bénévole cité dans le rapport, qui porte sur une enquête menée entre janvier et juillet 2019.
Contraventions pour un balai d’essuie-glace défectueux, une absence d’autocollant signalant des pneus cloutés… « Le délit de solidarité continue d’être utilisé », déplore Mme Jeannerod.
Même si le pic de la crise migratoire est passé, en matière de flux, « la pression sur les militants continue de s’accentuer », confirme Laure Palun, codirectrice de l’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (Anafé), qui a publié en début d’année un rapport sur la situation à la frontière franco-italienne.
Légalement, l’aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers en France est passible d’une peine maximale de cinq ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende. En juillet 2018, le Conseil constitutionnel a jugé qu’un acte « humanitaire » ne pouvait pas faire l’objet de sanctions, sauf s’il est effectué dans le cadre d’une aide à l’entrée sur le territoire.
Malgré cette décision, des poursuites continuent d’être engagées contre des personnes soutenant des migrants, déplore encore Human Rights Watch.

samedi 7 septembre 2019

France : Des enfants migrants privés de protection.

France : Des enfants migrants privés de protection.

Des procédures défectueuses dans les Hautes-Alpes, comme à Paris et ailleurs.

Notre nouveau rapport https://www.hrw.org/fr/news/2019/09/05/france-des-enfants-migrants-prives-de-protection 

France : Des enfants migrants privés de protection

hrw.org


Des procédures défectueuses dans les Hautes-Alpes, comme à Paris et ailleurs