jeudi 21 décembre 2017
« Ne faites pas la grève à Noël », une lettre ouverte des familles de détenus.
« …
l’émotion ne s’embarrasse pas des amalgames … seule la raison, la pédagogie et
la patience nous permettront de retrouver le chemin de la pensée raisonnable
… »
Monsieur le Ministre de
la Justice, Mesdames et Messieurs les Juges, Mesdames et Messieurs les Avocats,
Mesdames et Messieurs les Représentants Syndicaux, Mesdames et Messieurs les
Directeurs d’établissements pénitentiaires, Mesdames et Messieurs les Agents
pénitentiaires, Mesdames, Messieurs,
Nous nous permettons de
vous adresser ce courrier à 4 jours de l’expiration du préavis de grève déposé
par les agents pénitentiaires, et à 4 jours d’une menace lourde de
conséquences, à savoir un mouvement de grève qui impacterait les visites à la
veille des fêtes de Noël et de fin d’année.
Nous sommes épouses,
filles, mères, sœurs de détenus, et quoique certains pourraient penser, nous
sommes d’abord et avant tout terriblement affectées par les souffrances
engendrées par les faits commis par nos époux, pères, fils, frères. Et, par ce
courrier, nous ne chercherons nullement à obtenir une quelconque pitié, voire
compassion, en regard de notre situation.
Cependant, vivant chaque
jour la peine de nos détenus, nous sommes en contact permanent avec le monde de
la prison, son mode de fonctionnement. Et c’est de ce mode de fonctionnement dont
nous voudrions vous parler car, si l’on s’arrête uniquement au discours
larmoyant et alarmiste des agents, on fait fausse route. Et ça, nous ne pouvons
plus le passer sous silence, cela a assez duré.





