2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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lundi 19 juillet 2021

Maître Joseph Breham : "Le Maroc, c’est la Corée du Nord à 2 000 kilomètres de Paris"

 Actualités

L'analyse faite par Amnesty International de votre téléphone a démontré que vous avez été victime d'espionnage de la part d'un opérateur marocain. Est-ce que cette révélation vous étonne ?

Oui, évidemment cela m’étonne. Même si, quand on travaille dans les droits de l'homme et quand on essaie de faire avancer un certain nombre de causes, on sait que ces choses-là sont possibles. Je ne suis pas Jason Bourne. Là, j'ai l'impression d'avoir basculé dans un autre monde.

Vous avez traité de nombreuses affaires liées à la défense des droits de l'homme au Maroc ainsi que des dossiers relatifs au Sahara occidental. Y voyez-vous un lien ?

Mon cabinet a géré à partir de 2011-2012 un dossier qui a conduit le Maroc à bloquer la coopération judiciaire entre la France et Rabat. C'est peut être effectivement lié à ce type de dossiers dans lesquels on dénonçait le système tortionnaire marocain et les violations graves du droit international humanitaire par le Maroc au Sahara occidental. Pour autant, nous ne sommes pas le plus gros cabinet d'avocats de la planète. Tout ce que nous faisons, c'est un peu de "jus de cerveau", de travail sur un ordinateur, avec deux trombones et trois élastiques... Et qu'un État soit prêt à mettre des moyens aussi forts, aussi violents - "violents" dans le sens de "violation" - de la vie privée, qui nécessitent autant de ressources, autant d'énergie, je trouve cela hallucinant. Cela montre que ces États dictatoriaux ou quasi dictatoriaux sont en fait des colosses au pied d'argile. Cela veut dire qu'il suffit d'un petit peu de liberté d'expression et d'un peu de droit pour qu'ils se mettent à "flipper" complètement et à déraper comme ce n'est pas permis. 

L'analyse réalisée par le Security Lab d’Amnesty International montre que vous avez été ciblé entre septembre et décembre 2019. Comprenez-vous pourquoi vous auriez pu être une "cible" à ce moment-là ?

Il se trouve que quelques mois avant Claude Mangin, qui est la femme française de Naâma Asfari, un des leaders de la cause sahraouie injustement emprisonné depuis une dizaine d'années, était expulsée du Maroc pour la énième fois. Nous étions donc en pleines négociations avec les autorités françaises, concernant le Maroc, pour qu’elle puisse enfin aller voir son mari en détention. À cette période-là, nous travaillions aussi sur des plaintes assez sévères, argumentées, documentées, concernant des prisonniers politiques.

Cette question du Sahara occidental - dont on parle peu en France - est centrale pour les autorités marocaines ?

Il est certain que l'appareil sécuritaire marocain a une obsession incroyable pour cette question. C'est la pierre angulaire de toute la diplomatie marocaine. Il faut comprendre qu'en droit international humanitaire, il n'y a aucun débat là-dessus. Le Sahara occidental est un territoire autonome colonisé par le Maroc. Mais le simple fait de dire cela, alors que c’est accepté par tous les juristes internationaux, est considéré au Maroc comme une infraction spéciale à la loi marocaine dont la traduction serait "atteinte à l'intégrité du royaume". Cela m'a été reproché, à moi et à des dirigeants d'associations. Pour vous donner un exemple : lors d'un procès de Naâma Asfari, dès que l'on commençait à évoquer cette question, nous étions coupés systématiquement par le président ou le procureur. Ils coupaient nos micros. Ils ont fait intervenir des policiers pour bloquer l'audience. En fait, dès que la question sahraouie est posée, on n'est plus face à des interlocuteurs rationnels, on est face à des personnes qui se "Kim Jong un-ise" si on peut dire. Ce n'est plus le Maroc tel qu'on le connaît, pays accueillant, assez ouvert, mais c'est la Corée du Nord à 2 000 kilomètres de Paris. L'appareil sécuritaire marocain a réussi à se donner l'apparence d'un pays très sympathique, très accueillant pour les vacanciers, mais à camoufler ce qu'il est réellement pour les opposants politiques, c'est-à-dire l'une des pires dictatures.

Notre enquête montre qu'un service ou un opérateur marocain a la possibilité de surveiller des cibles à l'étranger, via leurs téléphones. Quelles suites comptez-vous donner à cette affaire ?

Je vais déposer une plainte pour violation du secret professionnel, pour recel de violation du secret professionnel, pour interception des correspondances et probablement pour atteinte à un système de traitement automatisé de données. Ensuite, la balle sera dans le camp des autorités judiciaires françaises et des autorités gouvernementales françaises. Jusqu'à présent, le gouvernement a plutôt eu tendance à couvrir les agissements marocains et à leur dérouler le tapis rouge. Je rappelle que notre ministre de la Justice actuel est un ancien avocat du Maroc, dans un dossier un peu connu et on a le sentiment qu'il y a vraiment une porosité forte entre les administrations marocaines et les administrations françaises. En 2012, au moment où il y avait eu cette suspension des accords de coopération par le Maroc, la France était "allée à Canossa", je ne vois pas comment le dire autrement... La France avait accepté un protocole d'accord complètement délirant qui imposait aux autorités françaises de renvoyer au Maroc toutes plaintes déposées en France contre des officiels marocains. Evidemment, aucune affaire ou très peu ont abouti. Donc aujourd'hui la question c'est : quelle marge de manœuvre va être laissée à l'autorité judiciaire, aux services du Parquet ?

Que ressent-on lorsque l'on se dit qu'on a peut-être eu un mouchard dans sa poche pendant plusieurs mois ?

En tant qu'avocat on se dit qu'on a bien fait de prendre toutes les précautions possibles et de toujours faire venir ses clients physiquement dès qu'il y avait des discussions très compliquées. Et en tant qu'être humain, on se sent un peu sali, parce que comme toute personne, j'ai des défauts, je m'énerve parfois, je ne suis pas toujours tout blanc... En  même temps, on se dit que cela légitimise le travail que l'on a mené. Mais ce qui me dérange le plus dans l'histoire, c'est de me dire que mon téléphone a pu été utilisé comme un micro "d'ambiance", qu'ils connaissent le prénom de mes enfants, l'endroit où ils vont à l'école, les malheurs, les bonheurs, les petites tristesses et les grandes joies de mes gosses… C'est la raison pour laquelle j'irai jusqu'au bout. Je ne lâcherai pas ceux qui ont osé faire ça.

dimanche 7 juin 2020

Répression dans le Rif: la diaspora marocaine établie en Belgique dénonce de graves violations des droits humains



6/6/2020, Maroc,
BRUXELLES - La diaspora marocaine établie en Belgique a condamné les violations des droits humains commises par les autorités du royaume notamment dans la région du Rif, rapportent samedi des médias locaux.
Dans un communiqué, "la diaspora du Rif en Belgique" a condamné "les violentes interventions des forces de sécurité marocaines contre la population du Rif", ce qui constitue, selon elle, "une claire représailles du passé combatif de la région contre la colonisation".
En ce sens, la diaspora, avant de demander la libération des prisonniers politiques, a précisé que "plus de 2000 prisonniers de la région du Rif ont subi toutes sortes de tortures physiques et mentales depuis leur arrestation pour leurs activités au Hirak".
"Nous condamnons les politiques répressives du régime marocain contre notre région, ainsi que la discrimination et l'appauvrissement", a soutenu le communiqué.
Enfin, elle a déclaré qu'elle maintiendrait toutes sortes de contacts avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'Homme afin de dénoncer les graves violations commises par mes forces de sécurité.
Un mouvement populaire de protestation et de contestation avait été déclenché par la mort tragique, en octobre 2016, à Al Hoceima de Mohcine Fikri, un vendeur de poissons broyé dans une benne à ordures en tentant de s'opposer à la saisie de sa marchandise par la police marocaine. Ses funérailles avaient donné lieu à de larges rassemblements et des actions de protestation notamment dans les villes du Rif et dans d'autres villes marocaines dénonçant les comportements de la police et la marginalisation dont avait subi cette région.
Les leaders du mouvement, notamment Nasser Zefzafi et trois autres militants ont écopé de 20 ans de prison ferme, soit les peines les plus lourdes, tandis que les autres membres ont été condamnés à des peines allant de 1 à 15 ans de prison.
Fin mai, plusieurs eurodéputés ont tiré la sonnette d'alarme sur la situation inquiétante des détenus du Hirak du Rif.
Lors d'une visioconférence organisée récemment par l’ONG "Freedom and Human Rights Organisation" qui a permis de jeter le voile sur "la situation inquiétante des détenus du Hirak du Rif", quatre eurodéputés membres de la Commission en charge des Droits de l’Homme au Parlement européen, en l’occurrence les néerlandaises Kati Piri et Tineke Strik et les espagnols Miguel Urban Crespo et Pernardo Barrena Arza, ont exprimé leur inquiétude quant à l’exploitation du contexte de crise sanitaire mondiale liée au Covid-19 à des fins de répression des détenus politiques au Maroc, notamment ceux originaires de la région du Rif et des territoires occupés du Sahara occidental.
"Dans le contexte du coronavirus, il y a de fortes raisons de s’inquiéter de la situation des prisonniers sahraouis et rifains", d’autant que "les prisons marocaines ne sont pas conformes aux standards internationaux et souffrent d’un manque patent d’infrastructures sanitaires", a déclaré M. Barrena, avant que sa collègue néerlandaise, Mme Strik, n'indique que "beaucoup de manquements sont à relever dans un pays caractérisé par l'oppression et par un déficit démocratique" et d’ajouter que ces manquements sont "le cas typique d’instrumentalisation de la pandémie par un pouvoir autoritaire".
Les députés européens se sont mis d’accord pour multiplier ce genre de conférences, en vue de coordonner leurs actions et faire avancer les droits de l’Homme au Maroc.

jeudi 19 mars 2020

Territoires sahraouis occupés : Washington dénonce la répression marocaine

A. Z.15 mars 2020

Le département d’Etat américain a noté, dans son rapport annuel sur la situation des droits de l’homme dans le monde, que l’occupant marocain a poursuivi sa répression des manifestations réclamant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, rejetant toute prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.
Le département d’Etat a, dans son «rapport 2019» publié mercredi soir, de nouveau réaffirmé que le statut du Sahara occidental reste à déterminer, rejetant toute prétendue souveraineté du Maroc sur ce territoire non autonome de l’ONU.
Dans son rapport, le département d’État a, à ce propos, pris soin de consacrer un chapitre au Sahara occidental séparé de celui du Maroc, car il s’agit bien d’un territoire dont le statut final reste à déterminer, maintenant ainsi sa position sur le territoire sahraoui. Il a affirmé et précisé une fois de plus que la souveraineté du territoire sahraoui reste à déterminer, sans mentionner à aucun moment la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, dernière colonie en Afrique, inscrite par l’Onu en 1963 sur la liste des territoires non autonomes, donc éligible à un processus d’autodétermination.
Le département d’Etat a confirmé dans son «rapport 2019», selon l’APS qui rapporte l’information, que les forces de sécurité marocaines avaient utilisé la force pour disperser des manifestations pacifiques au Sahara occidental occupé, où une intervention des services de sécurité pour disperser une manifestation à Laâyoune occupée en juillet 2019 a entraîné la mort d’une jeune Sahraouie et l’arrestation d’un certain nombre de manifestants pacifiques. «Amnesty International a publié des séquences vidéos et des témoignages indiquant que, le 19 juillet, les forces de sécurité ont utilisé une force excessive pour disperser les manifestants après que certains participants à un rassemblement à Laâyoune – célébrant la victoire de l’équipe algérienne de football – ont commencé à brandir le drapeau sahraoui (…). Deux véhicules des forces auxiliaires marocaines ont renversé Sabah Othman Ahmida, une professeure d’anglais», a souligné le département d’Etat américain dans son rapport.
Le rapport a abordé, également, le refus persistant des autorités de l’occupation marocaine d’autoriser les organisations sahraouies de défense des droits humains à opérer dans les territoires occupés et l’expulsion continue des observateurs et de la presse internationale de ces zones sous occupation marocaine. Au cours de 2019, les autorités de l’occupation marocaine ont expulsé 43 personnes de différentes nationalités du Sahara occidental, dont des journalistes, des avocats et des élus.
Le département d’Etat a rappelé que, selon le rapport du secrétaire général de l’ONU d’avril 2019, le Haut commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a continué à recevoir des communications d’avocats, de membres de famille des Sahraouis arrêtés lors du démantèlement du camp de Gdeim Izik en 2010, ajoutant que plusieurs ont été soumis à la torture, à une mise à l’isolement prolongée et à d’autres mauvais traitements.
Le rapport du département d’Etat américain a appelé en outre à l’ouverture d’une enquête pour condamner les personnes impliquées dans des violations des droits de l’homme dans les zones occupées du Sahara occidental, soulignant que l’absence d’enquêtes et de poursuites contre ces personnes a contribué à l’expansion de l’impunité.

vendredi 18 octobre 2019

La souveraineté du peuple sahraoui sur ses ressources naturelles




par bureau Amis RASD, 15/10/2019
Madame, Monsieur, 

Nous sommes vraiment heureux de vous solliciter à nouveau pour assister à la conférence qui va se tenir au Sénat -  Salle Médicis -  ce 15 novembre 2019 à partir de 13H30.

Le sujet concerne le Sahara occidental et plus particulièrement la souveraineté du peuple sahraoui sur ses ressources naturelles. Le Front Polisario, fort des deux arrêts pris par la Cour de Justice européenne en 2016 et 2018, entend poursuivre ce combat. Ces arrêts réaffirment que le Sahara occidental est distinct du royaume du Maroc et qu’aucun accord de commerce avec un tiers ne peut se conclure sans le consentement du peuple sahraoui.  
C’est une « nouvelle bataille » qu’il nous faut mener à ses côtés pour faire en sorte que l’Union européenne respecte sa légalité et la légalité internationale quels que soient les puissants intérêts en jeu. Aussi , avec l’engagement de la sénatrice communiste, Madame Christine Prunaud, nous allons la démarrer dès cette année au Sénat.

Avec vous ? Prenez connaissance du programme joint et ne manquez pas de vous inscrire avant le 8 novembre.

Bien cordialement
Régine VILLEMONT, présidente.
***
Les arrêts rendus par la Cour de justice de l’union européenne (CJUE) en 2016 et 2018 ont clairement dit que le Sahara occidental est un territoire séparé et distinct du Maroc et qu’à ce titre les accords Union européenne/ Maroc ne peuvent s’y appliquer sans le consentement du peuple du Sahara occidental. Le Front Polisario a pris contact pour négocier un accord applicable au territoire, refusé par les dirigeants européens. Comme la CJUE a mis fin à l’application des accords de facto, les dirigeants européens ont décidé d’adopter un processus d’extension express, sans le consentement du peuple du Sahara occidental.
Cette décision européenne viole la souveraineté sahraouie, mais c’est aussi un cadeau empoisonné pour le Maroc qui a été obligé de reconnaître – ce qu’impose le processus d’extension – qu’il n’est pas souverain sur le territoire. Et ce, dans un accord international.
Le Front Polisario a de suite présenté un recours devant la Cour de Justice pour faire respecter la nécessité du consentement du peuple sahraoui, qui relève de son droit inaliénable à  l’autodétermination.


 Association des Amis de la RASD - 
bur.aarasd@wanadoo.fr
Site : association-des-amis-de-la-rasd.org ;  www.ecrirepourlesliberer.com
Facebook : Amis de la République Sahraouie

samedi 21 septembre 2019

Le Sahara occidental en quête d’indépendance




Disponible du 18/09/2019 au 20/09/2022
Le Maroc occupe le Sahara occidental depuis 1975. Il y a érigé une barrière de séparation de 2720 km, le "mur des Sables", pour contrôler près de 80% du territoire. 100 000 soldats marocains gardent ce mur, achevé en 1987. L’objectif ? Faire taire les revendications du Front Polisario, qui jusqu’en 1991, s’est battu pour l’indépendance du Sahara occidental. 
#Frencharms une enquête initiée par le média néerlandais indépendant Lighthouse reports en coopération avec Disclose et le soutien d’ARTE, Bellingcat, Mediapart et Radio France.

Cette année-là, une trêve entre le Maroc et le Front Polisario a été négociée et un accord a été signé : le Maroc a promis un référendum sur le droit à l’autodétermination des Sahraouis. Il n’a jamais eu lieu.

Aujourd’hui encore, le Maroc revendique le contrôle administratif du territoire. Pendant toutes ces années, il a exercé une répression sur les Sahraouis. Une grande partie d’entre eux a été forcée de quitter leur pays d’origine pour s’entasser dans des camps de réfugiés dans le désert algérien. À cet exode, s’est ajoutée la politique de colonisation du Maroc incitant de nombreux civils marocains à s’installer au Sahara occidental. Résultat : en 2015, on estime que les Marocains y sont au moins deux fois plus nombreux que les Sahraouis… Le transfert de la population est considéré comme un crime de guerre par la Convention de Genève.

De quoi le Maroc est-il accusé ? 
Voici le principal chef d’accusation : refuser le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, pourtant garantie par une résolution de l’ONU votée en 1952. Pour y parvenir, le gouvernement marocain n’a jamais cessé d’utiliser la répression et de bafouer les droits de l’homme. Ce rapport d’Amnesty international d’avril 2019 fait état des "restrictions persistantes de la liberté d’expression, d’association et de réunion" visant notamment des personnes favorables à l’autodétermination.

Que fait l’ONU ? 
Le Conseil de sécurité des Nations unies a créé le 29 avril 1991 la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO). Depuis 28 ans, un détachement de 230 militaires est chargé du maintien de la paix sur ce territoire. Il est aussi chargé de l’organisation du référendum. Le processus est enlisé devant la réticence marocaine.

Que fait l’Union européenne ? 
 La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) a jugé en 2018 que l'Union européenne devait respecter le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui. Elle a notamment invalidé un accord commercial de pêche entre l’UE et le Maroc. L’avocat général de la Cour de justice de l’Union européenne en explique les raisons : cet accord "ayant été conclu par le Maroc sur la base de l’intégration unilatérale du Sahara occidental à son territoire et de l’affirmation de sa souveraineté sur ce territoire, le peuple sahraoui n’a pas librement disposé de ses ressources naturelles, comme l’impose pourtant le droit à l’autodétermination". Un avis qui n’a pas été suivi par le Parlement européen : un an plus tard, il a voté un texte incluant le Sahara occidental dans l’accord commercial entre l’UE et le Maroc. Et cela, alors que l’UE ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur ce territoire. Une position bien ambivalente.

De quoi est accusée la France ? 
Malgré les condamnations du droit international et des organisations internationales,la France vend de grandes quantités d’équipements militaires qui sont acheminés au Sahara occidental. Ces derniers contribuent à :

- assurer l'occupation militaire et soutenir la politique colonialiste du Maroc- faciliter l'exploitation des ressources en territoire occupé

Notre enquête a permis de repérer les équipements militaires français déployés sur le territoire du Sahara occidental.
  • Journaliste :Maud Jullien
  • Pays :France
  • Année :2019

mardi 2 juillet 2019

Le Maroc empêche de nouveau la présence d’avocats


Procès de la journaliste sahraouie Nazha Al Khalidi

Amnay Idir,25 juin 2019 

Ces expulsions d’avocats et d’observateurs surviennent après celle, enregistrée le 19 mai dernier, d’une autre délégation d’avocats espagnols qui devait se rendre au Sahara occidental occupé pour assister au procès, prévu le 20 mai, de la journaliste sahraouie.
Les autorités marocaines ont empêché l’accès à El Ayoun occupée aux avocats espagnols Miguel Angel Jerez, Jose Maria Costa et Ines Miranda, a rapporté hier l’APS citant les médias espagnols.
Ils sont accrédités par le Conseil général du droit espagnol (CGAE) pour assister au procès de la journaliste sahraouie Nazha El Khalidi, prévu hier, 24 juin. Elle est poursuivie pour ses activités de défense des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés.
Arrivés dans la capitale du Sahara occidental occupé en provenance de Las Palmas de Gran Canaria, les juristes espagnols ont été empêchés par la police marocaine de descendre de l’avion et ont dû rentrer le même jour aux îles Canaries, ont poursuivi les mêmes sources.
Selon le site d’information sahraoui Equipe Media, deux autres observateurs internationaux n’ont pas aussi été autorisés samedi à se rendre à l’aéroport de Casablanca (Maroc) pour assister au procès de la journaliste sahraouie.
Ces expulsions d’avocats et d’observateurs surviennent après celle, enregistrée le 19 mai dernier, d’une autre délégation d’avocats espagnols qui devait se rendre au Sahara occidental occupé pour assister au procès prévu le 20 mai contre la journaliste sahraouie, avant d’être reporté au 24 juin.
Il s’agit de cinq avocats espagnols, en l’occurrence Ramon Campos Garcia, Maria Lorettis Barron, Ruth Sebastian Garcia, Maria Dolores Traviso et Sidi Talib Bouya Hassan, ainsi que de deux observateurs norvégiens d’une organisation non gouvernementale (ONG), Vigard Fuso Semifole et Kirsty Brevik Miller, qui ont été contraints de rester dans le hall de l’aéroport de Madrid pendant cinq heures jusqu’à leur vol à destination de Casablanca, avant d’être expulsés par les autorités marocaines vers leurs pays d’origine.
Le procès de la journaliste Nazha El Khalidi aurait dû se tenir le 20 mai, mais le tribunal de première instance d’El Ayoun a reporté l’audience pour vérifier le contenu du téléphone de la journaliste, saisi par la police marocaine alors qu’elle assurait la couverture médiatique d’une manifestation de Sahraouis.
L’arbitraire légal
Les Nations unies ont exprimé de «sérieuses préoccupations» à propos de cette affaire. La vice-présidente du groupe de travail sur la détention arbitraire Elina Steinerte, le rapporteur spécial pour la promotion du droit à la liberté d’opinion et d’expression, David Kaye, le rapporteur spécial sur la torture et autres traitements dégradants, Nils Melzer, ont envoyé une lettre au gouvernement marocain dans laquelle ils ont exprimé leur préoccupation pour l’arrestation de la journaliste sahraouie et exigé l’abolition de la législation qui criminalise les personnes pour pratique du journalisme sans autorisation préalable.
Ils ont déclaré que l’article 238 du code pénal marocain, qui accuse Nazha Al Khalidi d’exercer le métier de journaliste sans s’être déclarée au préalable, est contredit par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, signé et ratifié par le Maroc. Ils ont invité Rabat à répondre aux questions sur la torture pratiquée sur la journaliste.
Des organisations internationales, dont Reporters sans frontières (RSF), ont récemment dénoncé le fait que le Sahara occidental est «l’un des lieux les plus fermés au monde» aux journalistes, dénonçant «des détentions arbitraires, du harcèlement, des tortures, des emprisonnements et des condamnations lourdes et injustes».
De leur côté, les ONG Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International ont contesté le procès de la journaliste sahraouie, qu’elles jugent «incompatible avec le droit de rechercher, de recevoir et de diffuser des informations et des idées garanti par la Déclaration universelle des droits de l’homme».

samedi 11 mai 2019

Violation des droits de l’homme au Sahara Occidental L’UE interpellée



 
11 mai 2019

Les eurodéputés ont soulevé plusieurs cas de violation des droits fondamentaux des Sahraouis par les autorités marocaines. L’Union européenne ferme généralement les yeux sur les violations marocaines des droits de l’homme dans les territoires sahraouis libérés.
Plusieurs eurodéputés ont interpellé par écrit la Commission européenne pour exiger la nécessaire adaptation de l’aide humanitaire de l’Union européenne (UE) destinée aux réfugiés sahraouis, ainsi que sur la situation des prisonniers sahraouis au Maroc et le respect des droits de l’homme. Cette interpellation est logique vue que le nombre de Sahraouis qui vivent dans les camps de réfugiés de Tindouf a augmenté. Cette augmentation est d’ailleurs confirmée par le dernier (2018) recensement du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR).
C’est justement sur la base de données contenues dans le rapport du HCR qu’une douzaine d’eurodéputés ont rappelé à la Commission européenne qu’en 2018, le besoin de financement est passé de 66 millions de dollars à 71 millions en 2019, l’interpellant sur son intention d’adapter son aide financière aux nouveaux chiffres établis par le HCR, ainsi que sur la compensation de l’aide financière perdue, imputable au retard dans la programmation.
Les eurodéputés ont également rappelé, selon l’APS qui rapporte l’information, que la Commission européenne a déclaré précédemment qu’une évaluation de la vulnérabilité était nécessaire pour mettre à jour son plan financier concernant l’aide humanitaire destinée aux réfugiés sahraouis.

Tortures et privations
Les eurodéputés ont également interrogé la Commission sur la possibilité de recourir à ses instruments externes, y compris Erasmus + (programme de l’UE en faveur de l’éducation, la formation et le sport), pour «améliorer les conditions de vie des réfugiés et remédier au manque d’opportunités pour la jeune génération sahraouie». S’agissant du respect des droits de l’homme, rapporte l’APS, d’autres eurodéputés ont soulevé plusieurs cas de violation des droits fondamentaux des Sahraouis par les autorités marocaines.

jeudi 2 mai 2019

Bourita : l’expertise comptable, la vassalité et l’aventurisme politique


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Tribune. Le ministre des affaires étrangères du Maroc, Nasser Bourita, vient de démontrer, une nouvelle fois, sa maîtrise consommée de l’art de l’enfumage diplomatique, fait d’omissions volontaires, de demi-vérités et de faits tronqués, pour revendiquer une illusoire victoire diplomatique à la suite de l’adoption par le conseil de sécurité de la résolution 2468 sur le Sahara Occidental.
1- Enfilant la blouse de l’épicier, le ministre compte de manière enfantine, sur son boulier de circonstance, que le Conseil de Sécurité mentionne 5 fois l’Algérie dans cette résolution. Il oublie, bien entendu, de préciser que la Mauritanie est mentionnée autant de fois que l’Algérie et que les termes « Etats voisins » (neighboring states) sont mentionnés également 5 fois dans le texte de cette résolution (par opposition, aux Parties c’est-à-dire le Royaume du Maroc et le Front Polisario). Cette volonté persistante de distordre des faits bien têtus illustre bien la fuite en avant du Maroc qui veut absolument changer, à sa convenance et de manière tout à fait arbitraire et injustifiée, le format reconnu et adopté par les Nations Unies (deux parties + deux Etats voisins) en ce qui concerne les deux tables rondes qui se sont tenues à Genève, en décembre 2018 et mars 2019.
2- Le ministre, excellent anglophone au demeurant, s’est permis un petit écart, bien volontaire, faut-il le souligner, pour nous imposer dans sa déclaration triomphaliste du 30 avril, le concept «solution pragmatique» au lieu et place de «solution réalisable ou praticable» qui figure pourtant dans la résolution («practicable solution»)
Bien entendu, cette interprétation libre du texte de la résolution n’est pas fortuite. Elle renseigne sur la volonté du makhzen de vouloir imposer, vaille que vaille, sa thèse de l’autonomie sous le couvert d’un soi-disant pragmatisme qui n’existe en fait que dans le registre de la duperie de circonstance.
3- Évoquant les paramètres retenus dans la résolution, M. Bourita toujours en bon comptable friand des chiffres, poursuit son exercice puéril et nous apprend que le terme « compromis » est mentionné 5 fois dans la résolution. La notion de « réalisme » est reprise, quant à elle, pas moins de 4 fois, et l’autodétermination » n’est citée qu’une 1 fois, selon notre facturier en chef. D’un point de vue factuel, on invite notre incorrigible comptable à revoir sa copie puisque l’autodétermination est citée à deux reprises dans la résolution. Plus important que cet exercice futile, le sens du « compromis » mentionné par le Ministre, vaut surtout pour le Maroc qui veut imposer son offre d’autonomie à la communauté internationale en soutenant crânement qu’en dehors de « cette option unique », il n’y a rien à négocier. Où est donc ce sens du compromis dont se targue le frétillant ministre? Son roi ne cesse-t-il pas de marteler que « L’initiative d’autonomie est le maximum que le Maroc puisse offrir »? Cette posture dogmatique, inflexible et obsolète qui est aux antipodes des prescriptions de la résolution du Conseil de sécurité (qui insiste sur la bonne foi et récuse fermement les préconditions), est-elle conforme au sens du « réalisme » brandi fièrement comme un trophée par M. Bourita? Définitivement, non. Le réalisme voudrait que les propositions des deux parties soient discutées avec un esprit ouvert afin de trouver une solution politique acceptable qui satisfait les droits légitimes et imprescriptibles d’un peuple dont le territoire figure sur les tablettes onusiennes des territoires non autonomes. Le réalisme suppose la recherche d’éléments de convergence et la prise en considération de la position et des attentes de l’autre partie. C’est le b.a.-ba du métier de diplomate (lorsqu’on est de bonne foi, chose dont on peut douter dans le cas d’espèce)
4- Glosant sur « l’impératif » du recensement de la population du camp de Tindouf (quand la résolution évoque la « demande d’examen » du recensement, mais passons) le sémillant ministre oublie deux ou trois vérités qu’on pourrait résumer succinctement comme suit :
– Sous l’égide du Haut-Commissariat aux réfugiés, une mission d’experts multi-agences, s’est déplacée en mars 2018 dans les cinq camps de réfugiés près de Tindouf et dans son rapport, elle a établi le nombre de la population de ces 5 camps à 173600 réfugiés au 31 décembre 2017 ; ce qui représente un taux de progression de +40% par rapport aux estimations de 2007. Bien entendu, le Maroc a tout fait pour empêcher la publication de ce rapport (l’analyse la plus complète jamais réalisée selon les auteurs du rapport) qui met à mal ses allégations mensongères visant à induire en erreur l’opinion publique internationale, en minorant à l’extrême le nombre réel des réfugies. Tous les moyens de chantage ont été utilisés à Genève pour bloquer la publication de ce rapport, y compris l’opposition frontale et publique du représentant marocain qui a été instruit par sa capitale pour faire de l’obstruction en bloquant les travaux du comité permanent du HCR.
– La résolution insiste sur l’importance la situation des droits de l’homme au Sahara Occidental et appelle à développer et à implémenter des «mesures crédibles et indépendantes» pour assurer le respect de ces droits. Bien entendu, le protecteur français a pesé de tout son poids pour édulcorer substantiellement ce passage de la résolution (le rapport du Secrétaire général, étant lui, très explicite puisque ce dernier recommande « Une surveillance indépendante, impartiale, globale et soutenue de la situation des droits de la personne est nécessaire pour assurer la protection de tous les habitants du Sahara occidental »)
– La résolution appelle le Maroc à coopérer avec le haut-commissariat aux réfugiés pour identifier et promouvoir des mesures de confiance, tout comme elle l’invite à coopérer pleinement avec la MINURSO, y compris dans « son interaction libre » avec tous les interlocuteurs. Encore une fois, le rapport du Secrétaire Général interpelle directement et fermement le Maroc en lui imputant la pleine responsabilité pour les entraves multiples et les restrictions nombreuses que rencontre la MINURSO dans le cadre de la mise en œuvre pleine et entière de son mandat (pas d’accès aux interlocuteurs sahraouis, écoute des moyens de communication, imposition de plaques d’immatriculation marocaines aux véhicules de la MINURSO ce qui remet en cause l’impartialité de la mission et viole les accords signés avec le Maroc, …) ;
Excédé par cet état de fait, qui perdure en raison du soutien inconditionnel de la France, le Secrétaire Général a fini par « exhorter le Maroc à lever ces contraintes et à donner à la Mission libre accès à ses interlocuteurs locaux » afin de lui permettre de s’acquitter de la plénitude de son mandat (monitoring politique assuré par la composante civile de la mission)
5- Se référant au cessez-le-feu, M. Bourita met en exergue une injonction faite au front Polisario mais en ce faisant, il feint d’oublier que le Secrétaire général impute à son pays une violation « majeure » de l’accord militaire Nr 1, en l’occurrence la construction d’un nouveau mur de la honte à proximité de Mahbes, dans le territoire occupé du Sahara occidental
6- Les autres points de cette « brillante » communication du ministre Bourita, que ce dernier se plait à développer sur le mode de l’incantation et de l’autosuggestion pour mieux cajoler l’opinion marocaine, sont autrement plus dangereux.
Malgré la double abstention de la Russie et de l’Afrique du Sud qui démontre, à l’envie, l’absence d’unité parmi les membres du conseil de sécurité sur une résolution déséquilibrée et dont la teneur est loin d’être totalement neutre, le responsable marocain décrète souverainement et péremptoirement que les « paramètres de la solution définitive » sont ceux qu’il énonce unilatéralement dans son interprétation libre et ô combien partiale de la résolution 2468 !
Le ministre somme toutes les parties d’assumer pleinement leurs responsabilités mais dans la stricte et nécessaire conformité aux desiderata de la partie marocaine! Curieuse conception de la recherche du compromis (dans le «cadre exclusif de l’initiative d’autonomie») quand on préempte de la sorte le statut final des négociations!
7- Le ministre marocain, annonce, subrepticement et avec une rare fourberie, que son pays va s’arc-bouter sur cette position maximaliste, présentée faussement comme étant une lecture neutre et objective de la résolution 2468 du Conseil de Sécurité, pour à la fois :
– mettre la pression sur l’envoyé personnel du Secrétaire Général, dont il craint les initiatives et les éventuelles propositions de règlement de ce conflit qui n’iraient pas dans le sens de ses intérêts de puissance occupante,
– et pour imputer et faire endosser, par anticipation, au front Polisario et à l’Algérie, l’éventuel échec du processus politique.
Bien entendu, cette démarche irresponsable qui mise sur le fait accompli, et sur le «ça passe ou ça casse» risque d’abîmer sérieusement et durablement le processus politique initié par le conseil de sécurité. Mais qu’importe, puisque le Royaume bénéficie du soutien ferme, irrévocable et inconditionnel de son parrain français. Par charité musulmane, en cette veille du mois de piété, on s’interdit de reproduire la désormais célèbre formule de l’ancien ambassadeur de France, Gérard Araud, qui résume assez bien la situation de vassalité. Pour ne pas dire plus.


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