2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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lundi 14 août 2017

«Procès politique» au Sahara occidental

Vendredi 11 août 2017
Le camp sahraoui de Tindouf.DR
En juillet, de nombreux militants pacifiques de la cause sahraouie ont été condamnés par la justice marocaine à de lourdes peines de prison. Les défenseurs du peuple sahraoui en Europe dénoncent une parodie de justice.
A l’aube du 8 novembre 2010, les forces de sécurité marocaine font irruption dans le camp de protestation de Gdeim Izik au Sahara occidental pour l’évacuer. Des affrontements entre des manifestants et la police font des morts des deux côtés, dont onze gendarmes marocains. Près de sept ans après les faits, le 19 juillet dernier, la justice marocaine condamne vingt-trois Sahraouis à de lourdes peines pour l’assassinat des pandores. Huit prévenus écopent de la prison à perpétuité, onze à des peines de 20 à 30 ans d’enfermement, et deux à des périodes de détention de six ans et demi et quatre ans et demi. Ce sont sensiblement les mêmes sanctions qui avaient été décidées par un tribunal militaire en 2013, dont le jugement avait été invalidé par la Cour de cassation marocaine.
Aujourd’hui des ONG telles qu’Amnesty International mettent en évidence les irrégularités du procès et les défenseurs des Sahraouis dénoncent un «simulacre» de justice. Le point avec Christiane Perregaux, membre du Comité suisse de soutien au peuple sahraoui, qui défend depuis plus de quarante ans le droit à l’autodétermination face aux prétentions marocaines de souveraineté sur cette région.
Le procès de Gdeim Izik a été selon vous entaché de graves irrégularités. Quelles sont-elles?
Christiane Perregaux: Les condamnations reposent exclusivement sur des aveux arrachés sous la torture. Tous les accusés ont fait état de ces mauvais traitements et le Comité des Nations Unies contre la torture a condamné le Maroc le 12 décembre dernier, estimant qu’un des accusés, Enaama Asfari, militant connu de la cause sahraouie, avait été torturé. Or, le Maroc a refusé d’appliquer les recommandations de l’ONU. Il s’est contenté de mandater trois médecins pour examiner les prisonniers. Six ans après les faits! Les docteurs ont estimé que les cicatrices ne correspondaient pas aux méthodes de torture alléguées. On peut douter de leur indépendance.
Selon Amnesty International, le fait que les autorités n’aient pas enquêté sur les allégations de torture durant plus de six ans entache le verdict. Quant aux soi-disant témoins qui ont été présentés – là encore six ans après – alors qu’aucun d’entre eux n’était apparu dans le procès précédent, tout démontre qu’ils n’ont pas de crédibilité. Ils étaient dans l’incapacité de décrire les accusés.
L’enquête judiciaire a-t-elle établi les faits de ce qui s’est passé le jour où les policiers marocains ont été tués?
Il n’y a pas eu d’investigation. Le dossier est vide. On ne connaît même pas l’identité des membres des forces de l’ordre tués. Aucune autopsie n’a été fournie. Pas d’information sur les circonstances exactes de leur mort. Qui Enaama Asfari, par exemple, aurait-il tué, où, quand et comment ? Rien dans le dossier ne le précise. Comment peut-on alors le condamner pour meurtre? Il s’agit en réalité d’un simulacre de procès, comme il y en a beaucoup dans ce pays. Le Maroc a toutefois voulu sauver les apparences. La défense a pu s’exprimer lors du procès civil et démonter l’acte d’accusation, malgré les interruptions du président du tribunal, du procureur et de la partie civile. Mais les juges n’ont pris en compte aucun des éléments apportés par la défense.
Enfin, comment expliquer que le verdict et les condamnations soient presque identiques à celles prononcées par le tribunal militaire, alors que la cour de cassation avait cassé le premier jugement? Cela laisse penser à un procès politique. Je m’indigne qu’il n’y ait pas davantage de réactions de la communauté internationale.
Quel était l’objectif de ce camp de protestation?
Son but était de réclamer pacifiquement la fin de la discrimination sociale et économique dont sont victimes les Sahraouis au Sahara occidental occupé et le droit à l’autodétermination. Le camp a compté jusqu’à près de 20 000 personnes. Cela a constitué un mode de résistance inédit qui a préfiguré et devancé les révoltes du Printemps arabe. C’est aussi le point culminant de la résistance pacifique qui se déploie depuis le cessez-le-feu de 1991 entre le Maroc et le Front Polisario.
Le 8 novembre 2010, alors que personne ne s’y attendait, le gouvernement marocain a choisi la répression et attaqué le camp par la force et le feu avec le résultat désastreux que l’on connaît, déclenchant des émeutes dans la ville voisine d’El Ayoun. Des centaines de militants ont été arrêtés et torturés.
Quelle est la situation des droits humains au Sahara occidental?
La population sahraouie est peu à peu devenue une minorité au Sahara occidental occupé puisque la politique du Maroc a été de peupler cette région avec des habitants venus du nord. Les Sahraouis souffrent de discriminations, notamment en matière d’emploi et d’accès au logement. Les libertés d’association et de la presse n’existent pas. Les manifestations sont fortement réprimées. Quant aux militants emprisonnés (on dénombre 59 prisonniers politiques), ils sont envoyés parfois à plus de 1000 kilomètres de chez eux.




mercredi 21 juin 2017

Face au soutien international des détenus sahraouis : Rabat manœuvre et brandit la carte du terrorisme


Face à l’élan régional et international de soutien aux prisonniers politiques sahraouis, du groupe Gdeim Izik, les autorités coloniales marocaines pensent avoir trouvé l’échappatoire pour sauver le procès qu’elles ont intenté contre ces détenus sahraouis. Voyant que des Ongs internationales, des juristes, des avocats, des professionnels des médias n’ont cessé de révéler, au grand jour, un procès irrégulier, violation des conventions de Genève et d’Istanbul, Rabat n’a pas trouvé mieux que d’alourdir, à travers les plaidoiries de ses commis, les charges «de terrorisme domestique».

L’Association des amis de la République arabe sahraouie démocratique (AARASD), de soutien au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, a exprimé, ses inquiétudes de voir les plaidoiries des avocats des parties civiles marocaines prendre une nouvelle tournure dans le procès des détenus sahraouis du groupe de Gdeim Iziek. Pour L’AARASD les autorités coloniales marocaines dans leur propagande mensongère, à travers les plaidoiries de ses avocats visent à inscrire de « nouvelles charges, celles de -terrorisme domestique -» contre les prisonniers sahraouis de Gdeim Izi. Devant l’impossibilité de la justice du Palais Royal «d’apporter les preuves de la culpabilité» de ces détenus politiques sahraouis, emprisonnés depuis plus de six ans, pour avoir usé leurs gorges pour crier à l’application du droit international au Sahara occidental, le Makhzen cherche à aveugler, ses opinions locale, régionale et internationale en brandissant la carte «de terrorisme domestique ». Ceci pour cacher l’incapacité fondamentale de sa justice à tenir un procès régulier, du fait que celle-ci est un des instruments de la politique coloniale marocaine au Sahara occidental.
La responsable de l’association Sogaps Sahara, Maité Isla, a, dans une déclaration collective publiée sur le site de son association, « dénoncé les irrégularités dans les règles de procédures appliquées» lors de ce procès qui, selon la même source « se déroule à Rabat alors que l’incident a eu lieu à El Ayoun,(ville des territoires sahraouis occupés :ndlr) » ce qui pose, affirme-t-on « la question de la compétence territoriale du tribunal» lit-on. Pour cette association, l’AARASD et des militants en charge des questions des Droits de l’Homme, « modifier ainsi les charges en cours de procès est un procédé illégal» affirment-elles, exprimant leurs craintes quant aux objectifs escomptés, par cette manœuvre de Rabat, dont notamment «de voir les juges marocains, avec ces nouvelles charges, prononcer la condamnation à mort» à l’encontre des militants sahraouis pacifiques.
Alors que tout a été fait depuis, plus de six mois, par Rabat pour inscrire son procès sur le registre «de procès criminel classique » estime l’AARASD, alors qu’il s’agit bel et bien d’un procès politique, de 24 militants sahraouis pacifiques militant pacifiquement pour le droit à l’autodétermination de leur peuple et l’indépendance de leur patrie , le Sahara occidental, ce qui est pour le Maroc un «crime» reproduisant ainsi la politique des ex-puissances coloniales, en Afrique et ailleurs. Face à ce risque de dérapage, que l’association qualifie de « terrible » et «très dangereux» , l’AARASD s’étonne du silence qu’observe la mission des Nations unies pour un référendum au Sahara Occidental, (Minurso) et alerte sur les conséquences de l’interdiction aux ONG; telles Amnesty International, Human Rights Watch et d’autres d’assister au procès des détenus politiques sahraouis du groupe Gdeim Izik. Les 24 militants sahraouis ont été, pour rappel, arrêtés, torturés et condamnés, par les autorités coloniales marocaines, à de lourdes peines sur la base d’aveux signés sous la torture en raison de leur participation, en 2010, au camp de toile de protestation pacifique des sahraouis, à Gdeim Izik, dans les territoires occupés du Sahara occidental.
Karima Bennour
Le Courrier d’Algérie