2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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mardi 23 mars 2021

Agression politique près de Taroudant

Par Amal Lahoucine, Taroudant

Le 8 mars 2021 dans mon village natal Taguergouste à Taliouine, à l' est de Taroudant, il y a eu une  tentative d'assassinat politique.

Les pauvres paysannes, qui venaient du centre-ville se sont arrêtées devant la scène suspecte, dénonçant l'attaque. L'un des jeunes hommes nous a dit que les agresseurs sont des professionnels du vol, nous avons tous marché jusqu'au centre du quartier, pour montrer notre désapprovation  et notre colère.

C’est la deuxième fois que j’avais senti l'odeur de la mort, la première fois était le 15 avril 2016, en embrassant  le front du martyr Brahim Saika. Dans la salle des morts de l'hôpital d'Agadir, après quinze jours d'arrestations, de torture et de réanimation de blessés, la mort du militant a été annoncée. Le Syndicat Paysan a été le théâtre de notre lutte pour la vérité sur cet assassinat, poursuivie encore aujourd'hui par Mey Aicha, mère du martyr, qui a assisté à l'inauguration du siège du syndicat le 07 janvier 2017 à Taguergouste.

Quatre ans se sont écoulés, avec  des batailles internes et externes, le mouvement paysan continue d'inclure les pauvres nomades.

 Le 08 mars 2021, en arrivant d'Agadir, j'ai rencontré mon camarde Mimoun au siège du syndicat. Nous sommes allés ensemble vers le domicile du combattant Rayss qui avait subi une agression. Sur notre chemin nous avons rencontré deux hommes arrêtés à coté d’un 4x4 noir. L’un d’eux, le propriétaire d’un nouveau bâtiment et de la voiture noire, a tenté de m'attaquer, il m'a arrêté et m'a empêché de passer en mettant ses mains sur ma poitrine. Après l’intervention de mon camarade il m’a laissé passer, ce n’était pas le bon moment pour m'agresser.

Nous poursuivons notre chemin, ils nous ont dépassé dans la voiture noire et se sont arrêtés devant la poste. Nous avons reconnu tous ces visages de la mafia immobilière, y compris  l’homme au visage blanc, acteur de toutes les machinations contre les paysannes pauvres. Un mouvement inhabituel agitait la ville, ils attendaient impatiemment en échangeant des appels téléphoniques.

C’était au cours de l'état d'urgence dans la ville. Avec notre camarade Rayss, nous avons parlé de son agression et d'autres sujets de la mafia immobilière. À 7h45 il m'a dit:  va chez toi, fais attention, ils ont décidé de t'attaquer. Je les ai alors vus s'agiter dans la ville, en communiquant entre eux.

J’ai marché tranquillement avec mon camarade vers l'ancien quartier, vieux de plus de cinq siècles. Son nom amazigh indique « lieu de résidence tranquille », situé au côté nord de la vallée, en face des champs d’Afra. Les tribus Souktana de Taliouine, région du Safran, c'est un endroit calme, Taguergoust  signifié en Tamazight « endroit décent pour descendre » qui durant son histoire a accueille des étrangers et des opprimés, de toutes les régions du pays, il le fait de même aujourd’hui.

Non loin de l'école où j' ai passé mon enfance, nous avons marché près de la route n° 10, le boulevard principal de la ville Taliouine. Une personne masquée, en costume noir que j'ai reconnue, qui marchait vite en direction opposée, nous a sauté dessus,  m’a attaqué et a bloqué mes jambes avec ses mains.

C'était le dernier moment que mon cerveau a enregistré, jusqu'à ce que je me réveille de ce cauchemar inquiétant. En essayant de me lever, je suis  tombé sur le sol, j'ai essayé à nouveau de me tenir debout. Mon camarde m'a demandé de m'asseoir à la recherche de mes affaires éparpillées sur le sol, mes lunettes cassées, j'avais du sang sur le visage, ma tête tournait.

Je suis entré au poste de la gendarmerie,  la figure en sang mais plein de courage comme d’habitude. Ils m'ont fourni un certificat médical, j’ai déposé ma déclaration. Je suivrai la situation de ma santé avec mon médecin neurologue, après deux mois j’aurai une autre visite pour un bilan de la situation de mon cerveau.

 

mardi 3 septembre 2019

Tizirte, le désert et la mort



Il y a quelques semaines, alors que les vacances battaient leur plein, début août,  la Province de Taroudant s’illustrait dans l’affaire des bénévoles belges  rénovant une rue à  Adar-Ou-Amane. Une affaire qui  avait suscité l’ire d’un membre du PJD et celle d’un enseignant. Ce dernier avait lancé une sorte d’appel à égorger les jeunes filles coupables, selon lui,  d’attenter aux bonnes mœurs et  à la pudeur des marocains.
La province vient à nouveau de faire parler d’elle avec la crue de l’Oued qui a emporté le stade construit sur son  lit et entraîné la mort de plusieurs personnes.

Le diable se cache dans le budget
Le proverbe soutient qu’  « on est toujours plus intelligent après ». Mais à considérer la topographie des lieux, sans doute était-il plus facile et plus abordable de construire un stade sur ce rare replat constitué par les berges de l’Oued,  plutôt qu’ailleurs, à flanc de coteau,  sur les escarpements,  autour de Tizirte. Il aurait alors fallu décaper le terrain, déblayer la terre et les rochers, consolider l’arasement  obtenu par des murs de soutènement et stabiliser les pentes. N’importe quel  ingénieur vous aurait même expliqué comment exploiter la pente comme base pour des gradins. Le coût aurait sans doute été de cinquante fois supérieur à celui du stade emporté par la crue.
C’est dans ce genre de détails, le budget,  que se cache le diable. L’argent qui a fait défaut ici pour exécuter un stade dans les règles de l’art se trouve pourtant, fatalement ailleurs :
  • Dans l’acquisition de matériel militaire qui ne servira sans doute jamais. Une guerre contre notre voisin algérien signerait la fin des régimes « frères » des deux côtés de la frontière, les deux peuples n’étant plus les dupes de la guerre des sables. Une guerre contre le puissant voisin ibérique signifierait une cuisante défaite pour le Maroc et la fin du régime marocain.
  • Dans l’achat de matériel servant à espionner et réprimer les citoyens qui manifestent pour leur dignité, contre la prédation des richesses du pays et l’injustice.
  • Dans le budget pharaonique alloué quasi automatiquement au Palais royal, sans même qu’il fasse l’objet de la moindre interpellation, ni questionnement  par nos députés. Une manière pour ces derniers de récompenser leur bienfaiteur qui leur permet de vivre,  tout comme lui, au-dessus des moyens de leur pays.
  • Dans les dépenses inconsidérés des ministères, des Secrétariats et Sous-secrétariats d’Etat dont les responsables roulent en limousines allemandes et pillent les caisses de l’Etat en faux frais, en frais de déplacements fictifs, en dotations et primes diverses.
  • Dans le budget indûment consommé par les milliers d’employés fictifs et la rente, résultats du népotisme et du système mafieux mis en place par les thuriféraires du régime marocain.
Tragédie pour les uns, comédie pour les autres 

9CC3DC9E-7BBE-4BC7-B08E-07344219257C.jpegLa tragédie de Tizirte s’est achevée par la perte de onze vies dont personne ne s’inquiétera  jamais plus. Le gouverneur de la province en a apporté la preuve vivante,  par la voix et par l’image. Devant les caméras de télévision qu’il avait, toute honte bue, pris la peine de convoquer,  pour l’occasion. L’homme était apparu en tenue militaire suintant la naphtaline, entouré d’un aréopage de   flagorneurs et de « béni-oui-oui »,  comme seul sait en produire le régime du Makhzen.  
Alors qu’il était urgent d’ordonner et de conduire aussitôt les recherches des disparus, le responsable s’est fendu d’une décision sentencieuse.
-« Dès qu’il fera jour, nous entamerons les recherches…… », avant de poursuivre dans un dialogue surréaliste avec une assistance docile :
-«  L’oued n’avait-il jamais cru à ce point ? »
-«  Non ! Si ça avait jamais été le cas, nous n’aurions pas joué au football,  N’3amassi ! »
Tizirte, est retourné à sa misère habituelle. Comme de coutume, dans ce pays où règnent l’injustice et la loi du plus fort, chaque fois qu’un douar, perdu au milieu de nulle part, subit les feux de la rampe, c’est qu’il est l’épicentre d’une tragédie sans nom. Une fois les feux éteints, plus personne ne s’inquiétera du sort de cette population, ni ira inquiéter les responsables du drame.

A choisir entre le désert et un stade périlleux, les Tizirtis ont, un jour, préféré  le stade, pour autant qu’ils aient eu leur mot à dire avec les élus incompétents, cupides  et opportunistes qu’on connaît du Maroc. Un choix qui incite à  paraphraser un  vieux proverbe :
  • «  Ils avaient le choix entre le désert et le stade, ils choisirent le stade. Ils eurent  le désert……………et la mort ! »
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vendredi 30 août 2019

«Le drame de Tizrit aurait pu être évité par un système d’alerte efficace»


Les crues ayant emporté un terrain de football construit sur le lit d’un oued asséché dans la commune rurale de Tizrit (province de Taroudant), faisant au moins sept morts, interpellent sur la sensibilisation au niveau local quant à la construction dans les zones inondables. 
Dans ces régions, l’histoire rappelle que les populations ont longtemps évité d'investir celles-ci. L’architecte Abderrahim Kassou revient sur cet aspect auprès de Yabiladi.

Quelles sont les mesures à prendre en amont pour être sûr que les constructions évitent les lits des oueds ?
Historiquement, en vertu d’un bon sens populaire local, les constructions étaient toujours réalisées en évitant deux zones : celles d’agriculture et celles pouvant représenter un danger (effondrement, inondabilité, difficiles à protéger en cas d’attaque…). Les matériaux traditionnels de construction, plus fragiles que les matériaux actuels, ont générés une certaine prudence. La construction est plus compacte, moins haute, les murs sont épais, les toitures légères et surtout l’entretien y est permanent.
Le phénomène de construction en dur, c’est-à-dire en béton plus ou moins armé et en dehors des Ksour ou des zones traditionnelles de construction a commencé essentiellement au début des années 1970 pour s’accélérer ensuite, notamment dans un contexte de migration massive, à l’arrivée de capitaux et en plein changement des valeurs sociales. On peut certes le déplorer, mais ce processus en lui-même fait partie de la nature humaine. Seulement, il n’a pas toujours été encadré par des documents d’urbanisme locaux simplifiés.
Il est bien entendu interdit par la loi de construire dans les lits des oueds, c’est également une question de bon sens.