2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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mercredi 31 décembre 2025

Engrais : quand la sécurité agricole européenne repose sur le pillage du Sahara occidental

 par SOLIDMAR, 31/12/2025

En devenant le premier fournisseur d’engrais de l’Union européenne, avec 19 % des importations, le Maroc est désormais présenté comme un pilier de la sécurité agricole du continent. Mais derrière ce récit technocratique se cache une réalité politique brutale : une part déterminante de ces engrais provient du pillage systématique des ressources du Sahara occidental, territoire non autonome occupé par le Maroc en violation du droit international depuis près de cinquante ans.

Une dépendance européenne construite sur une illégalité assumée

La guerre en Ukraine a servi de prétexte commode à une recomposition accélérée des approvisionnements européens. En rompant — partiellement — sa dépendance aux engrais russes et bélarusses, l’UE n’a pas rompu avec la logique de prédation, elle l’a déplacée vers un territoire colonisé, politiquement plus faible et juridiquement marginalisé.

Les institutions européennes ne peuvent ignorer que les phosphates exploités par l’OCP, notamment à Bou Craa, sont extraits sans le consentement du peuple sahraoui, seul titulaire légitime de la souveraineté sur ces ressources. Cette illégalité n’est ni ambiguë ni contestée : elle a été explicitement reconnue par la Cour de justice de l’Union européenne, dont les arrêts excluent clairement le Sahara occidental de tout accord UE-Maroc.

Continuer à importer ces engrais revient donc à institutionnaliser la violation du droit international au cœur même des politiques agricoles européennes.

L’OCP : bras économique d’une occupation coloniale

L’Office chérifien des phosphates n’est pas un simple acteur industriel. Il constitue l’un des principaux instruments économiques de l’occupation marocaine du Sahara occidental. Les revenus tirés des phosphates financent la consolidation de la présence marocaine sur le territoire : infrastructures, incitations à la colonisation de peuplement, dispositifs de contrôle sécuritaire.

En s’appuyant sur l’OCP pour sécuriser son agriculture, l’Union européenne devient coparticipante d’un système de domination coloniale, transformant un intrant agricole en mécanisme de financement indirect de l’occupation.

La chaîne de valeur des engrais européens est ainsi contaminée à la source par une exploitation illégale, que Bruxelles choisit de traiter comme un simple détail logistique.

Une hypocrisie stratégique au cœur du discours européen

L’UE se veut championne de « l’ordre international fondé sur le droit », de la protection des peuples et de la traçabilité éthique des chaînes d’approvisionnement. Pourtant, lorsqu’il s’agit de fertiliser ses champs, elle accepte sans scrupule que ces principes soient suspendus aux portes du Sahara.

Cette contradiction n’est pas accidentelle : elle révèle une hiérarchie implicite des droits, où le droit des peuples colonisés devient négociable, dès lors qu’il entre en conflit avec les impératifs de compétitivité agricole et de stabilité des prix alimentaires en Europe.

Sécurité alimentaire ou sécurité coloniale ?

En réalité, la « sécurité agricole » que l’UE prétend renforcer repose sur un choix politique clair : garantir la stabilité des marchés européens au prix de la perpétuation d’une injustice coloniale. La dépendance croissante aux phosphates du Sahara occidental ne sécurise pas l’agriculture européenne ; elle verrouille un statu quo colonial, en offrant au Maroc une rente stratégique qui renforce sa position diplomatique et militaire.

Loin d’être un partenaire neutre, le Maroc devient ainsi un acteur-clé d’une architecture d’approvisionnement européenne fondée sur l’impunité, où le droit international est invoqué contre certains adversaires — la Russie notamment — et sciemment ignoré lorsqu’il entrave des intérêts jugés vitaux.

Une ligne de fracture révélatrice

L’essor du Maroc comme premier fournisseur d’engrais de l’UE n’est pas une success story industrielle. C’est un révélateur politique : celui d’une Europe prête à sacrifier ses propres principes pour préserver son confort matériel.
À ce titre, les engrais « marocains » ne fertilisent pas seulement les sols européens ; ils nourrissent un système international à deux vitesses, où l’occupation et le pillage deviennent acceptables tant qu’ils servent la stabilité des puissances dominantes.

mercredi 9 juillet 2025

Rapport WSRW : record minimal du nombre d'importateurs de phosphate

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 Pour la douzième année consécutive, WSRW publie un aperçu annuel détaillé des entreprises impliquées dans l'achat de phosphates du Sahara Occidental occupé.

À titre de comparaison : lorsque WSRW a commencé ses enquêtes en 2012, 15 entreprises achetaient ce minerai.

Western Sahara Resource Watch (WSRW) n'a jamais enregistré aussi peu de clients du phosphate du Sahara Occidental occupé au cours d'une année civile qu'en 2024 : seulement quatre entreprises importatrices. Le précédent record avait été atteint en 2023, lorsque cinq entreprises avaient importé.

La liste présentée dans ce rapport est complète pour l'année civile 2024 et répertorie toutes les cargaisons de phosphates expédiées depuis le Sahara Occidental occupé. Au total, 26 navires ont quitté le territoire avec environ 1,45 million de tonnes de phosphate à bord, soit une légère baisse par rapport aux 1,6 million de tonnes de 2023.

Le phosphate exploité illégalement est l'une des principales sources de revenus du gouvernement marocain sur le territoire qu'il contrôle, en violation du droit international. Le peuple sahraoui s'est constamment élevé contre ce commerce, tant devant l'ONU, en général, qu'auprès des entreprises spécifiques.

Depuis 2021, le Maroc a réalisé d'importants investissements dans le port et les installations d'extraction de la mine de Bou Craa. Depuis le début de l'occupation en 1975, le Maroc n'a vendu que du phosphate brut. Dans un avenir très proche, peut-être d'ici un an, les phosphates seront également exportés sous une forme transformée et plus valorisée. Cela rendra le commerce plus lucratif.

Il est difficile de connaître la valeur exacte de ce commerce, mais WSRW estime qu'elle pourrait s'élever à environ 319 millions de dollars US pour l'année 2024.

Les exportations massives vers le Mexique, qui ont débuté en juillet 2021, se sont poursuivies à la même échelle qu'auparavant. L'importateur mexicain avait annoncé en 2018 avoir mis fin à ces importations en raison de son « engagement en faveur de la responsabilité sociale globale », mais ne répond plus aux demandes de renseignements. Les importations vers le Mexique et l'Inde représentent environ 91 % du commerce total du principal minerai de la zone en conflit du Sahara Occidental. 23 des 26 navires partis du Sahara Occidental en 2024 étaient à destination de ces deux pays. Paradeep Phosphates Ltd a été cotée en bourse en Inde en 2022. La Nouvelle-Zélande enregistre le plus faible niveau d'importations jamais enregistré.

Au Japon, WSRW semble avoir identifié l'entreprise importatrice à l'origine des faibles expéditions annuelles : une filiale de la société japonaise Taiheiyo Cement Corporation, enregistrée en bourse. WSRW a écrit à l'entreprise en 2025, pour la première fois, sans obtenir de réponse.

WSRW appelle les entreprises encore impliquées dans ce trafic à cesser immédiatement tout achat et tout transport de phosphates du Sahara Occidental jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée au conflit. Les investisseurs sont priés d'interpeller leurs partenaires sur le sujet ou de se désinvestir si aucune mesure n'est prise.

mardi 27 mars 2018

Sahara occidental : la guerre pour les ressources naturelles a commencé



Reda Zaireg's picture
24 mars 2018

En se prononçant sur les accords conclus avec le Maroc, la Cour de justice de l’UE renvoie le Maroc à ses responsabilités vis-à-vis du Sahara occidental. Il est appelé à plus de concertation avec les populations de ce territoire
RABAT - Mardi 27 février, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a statué sur l’accord de pêche signé entre le Maroc et l’Union européenne. Le verdict est similaire à celui qu’elle avait rendu en 2016 au sujet de l’accord agricole Maroc-UE : si elle ne l’a pas invalidé, la Cour a jugé que dans sa forme actuelle, il ne peut s’appliquer au Sahara occidental. 
Territoire annexé par le Maroc en 1975 et contrôlé à près de 80 % par le royaume, il est au centre d’un conflit de près d’un demi-siècle qui oppose le Maroc au Front Polisario, un mouvement indépendantiste qui souhaite y établir une république.
L’accord de pêche signé entre le Maroc et l’UE inclut le Sahara occidental en tant que territoire « relevant de la souveraineté ou de la juridiction du Royaume du Maroc ». Une formule que la Cour a jugée faussée. Car bien qu’il existe dans les faits une effectivité de la juridiction marocaine sur ce territoire – il est soumis aux lois marocaines et au découpage administratif officiel du royaume –, la CJUE a rappelé que le Sahara occidental est un territoire non autonome qui ne saurait simplement être considéré comme un espace relevant de la juridiction du royaume.
Le Sahara occidental comporte 1 200 kilomètres de côtes entre le Maroc et la Mauritanie. Pour le Maroc comme pour l’Union européenne, l’enjeu est de taille. L’accord de pêche est doté d’une enveloppe de 40 millions d’euros et offre un bon retour sur investissement pour l’Union européenne : chaque euro investi par l’UE est censé supporter la création de 2,78 euros de valeur ajoutée pour le secteur de la pêche de l’UE.
Il prévoit l’accès d’un maximum de 126 navires de pêche de l’UE et, sur la période 2014-2017, une moyenne de 69 navires de l’Union européenne ont sollicité des autorisations de pêche. Les captures halieutiques des navires de l’UE s’élèvent à environ 83 000 tonnes par an, dont 91 % dans les eaux du Sahara occidental, selon un rapport d’évaluation réalisé par l’Union européenne.
En juillet 2017, le Maroc a adopté deux textes de loi visant à délimiter son espace maritime au large du Sahara occidental, face aux îles Canaries, et à « cimenter la tutelle » du royaume sur ces eaux au statut toujours indéfini (Envisat/ESA)
L’arrêt de la CJUE ouvre la voie à un cortège de conséquences juridiques et diplomatiques. Il soulève, plus largement, la problématique du statut du Maroc dans le Sahara occidental.
La puissance administrante de jure de ce territoire est l’Espagne. En effet,malgré le fait que l’Espagne ait mis fin à sa colonisation du Sahara occidental en 1976 et se considère, depuis, déchargée de toute responsabilité relative à l’administration de ce territoire, elle est toujours considérée par l’ONU comme sa puissance administrante. Le Maroc est quant à lui considéré comme « puissance administrante de facto », mais ce statut n’a pas de fondement juridique.
L’arrêt de la CJUE met à mal l’UE, qui a longtemps dévié de la position de l’ONU en considérant le Sahara occidental comme un simple territoire sous juridiction marocaine.

« Le principe de la primauté des intérêts des habitants »

Car après avoir affirmé, durant des années, que les accords ne s’appliquent pas au Sahara occidental, la Commission de l’UE a par la suite estimé que « des accords peuvent être conclus avec le Royaume du Maroc en ce qui concerne les ressources naturelles du Sahara occidental », en se référant à l’avis rendu en 2002 par le Suédois Hans Corell, ancien conseiller juridique de l’ONU : selon lui, bien que l’ONU n’a jamais reconnu le Maroc en tant que puissance administrante de ce territoire, le Sahara occidental faisant partie, depuis 1963, de la liste des territoires non autonomes, le Maroc est alors contraint de respecter les obligations qui s’imposent aux puissances administrantes.
Dans son article 73, la Charte des Nations unies exige des États membres qui administrent des territoires non autonomes de respecter « le principe de la primauté des intérêts des habitants de ces territoires », et d’accepter « comme une mission sacrée l’obligation de favoriser dans toute la mesure possible leur prospérité, dans le cadre du système de paix et de sécurité internationales ».

samedi 17 juin 2017

Un nouveau rapport publié par wsrw révèle les noms d'environ 100 compagnies maritimes derrière le transport de phosphate

Barbara Weingartner
Un nouveau rapport publié par wsrw révèle les noms d'environ 100 compagnies maritimes derrière le transport de phosphate du Sahara occidental occupé en 2016 et 2017

jeudi 4 mai 2017

Le Polisario saisit un cargo transportant des phosphates de la mine Phosboucraa, au sud-est de Laayoune, vers laNouvelle Zélande.

Le Polisario ouvre en Afrique du Sud un nouveau front contre le Maroc

L’arrêt de la Cour de justice européenne de décembre qui lui était favorable a inspiré le Front Polisario à agir ailleurs qu’en Europe. Pour la première fois, il y a réussi à faire saisir un cargo qui transportait des phosphates au sud-est de Laayoune, vers Bluff, en Nouvelle Zélande.
Le tribunal civil maritime de Port Elizabeth a donné l’ordre de retenir le cargo « NM Cherry Blossom », battant pavillon des Îles Marshall, qui se réapprovisionnait dans ce port, pour vérifier si son chargement, de 54.000 tonnes de ce minerai acheté par une société néozélandaise de fertilisants, contrevient à la légalité sud-africaine et internationale. La valeur du chargement est estimée à près de cinq millions de dollars. La Nouvelle Zélande est le deuxième importateur mondial de phosphates sahariens, selon l’observatoire West Sahara Ressources Watch. Le bateau immobilisé appartient à la société grecque AM Nomikos TRansworld Maritime.
Dans les rangs des indépendantistes sahraouis on se réjouit déjà de cette victoire politico-juridique qui compense un peu le revers de leur retrait d’El Guerguerat forcé par les débats qui, la semaine dernière, ont précédé au Conseil de sécurité de l’ONU le vote de la résolution prorogeant le mandat de la Minurso (contingent des Nations Unies déployé au Sahara). El Guerguerat était un poste de contrôle établi en août par le Polisario entre le mur militaire marocain et la frontière mauritanienne.

 Lire larticle :


La presse marocaine, à commencer par le journal en ligne « Le 360 », proche du Palais, dénonce, en revanche, la « piraterie maritime » de l’Afrique du Sud. L’Office Chérifien des Phosphates (OCP), la grande entreprise publique marocaine qui exploite Phosboucraa, insiste cependant sur le « caractère normal » de la procédure entreprise par la Justice sud-africaine. Elle agit ainsi, rappelle dans la presse marocaine la direction de la société publique, en attendant de connaître les arguments de l’OCP qui démontrera qu’elle « respecte scrupuleusement » le droit international.
Mohamed Khadad, qui coordonne la relation entre le Polisario et la Minurso, explique que les avocats du Polisario ont invoqué deux arguments devant la Justice sud-africaine. D’abord le statut du Sahara de territoire non autonome, tel que reconnu par les Nations Unies, et l’arrêt du 21 décembre de la Cour de justice de l’Union européenne.
Celui-ci stipule que l’accord agricole entre Rabat et l’UE n’est pas applicable au Sahara occidental car ce territoire ne fait pas partie du Maroc. Ses richesses ne peuvent donc être exploitées qu’avec le consentement de sa population. Depuis le début de l’année, les avocats du Polisario ou des associations européennes qui soutiennent les indépendantistes ont tenté, sans succès, d’immobiliser ou de faire saisir la cargaison d’au moins trois bateaux qui, partis de Laayoune, ont accosté dans les ports de Las Palmas (Espagne), Fécamp (France) et Amsterdam.
Si la Justice sud-africaine donne finalement raison aux avocats du Polisario sa décision pourrait avoir des conséquences en Europe. Florent Marcellesi, député européen élu en Espagne sur la liste commune des écologistes d’Equo et des gauchistes de Podemos, prévoit qu’à l’arrêt de décembre s’ajoutera alors le jugement du tribunal de Port Elizabeth. « Les juges et autorités publiques européennes et nationales auront ainsi davantage d’arguments pour prendre des dispositions similaires à l’Afrique du Sud », affirme-t-il.
L’Afrique du Sud est cependant l’un des grands alliés du Polisario en Afrique. En Europe, c’est le Maroc qui compte avec des amis sûrs, à commencer par la France et l’Espagne. Ces deux puissances et la Commission européenne font de leur mieux pour atténuer l’impact de l’arrêt de décembre 2016 sur les relations entre le Maroc et l’Union européenne.