L'activiste,
surnommée la « Gandhi du Sahara occidental », affirme que les Nations
unies, l’Europe, en particulier la France et l’Espagne, ont une
responsabilité pour « éviter la guerre » dans la région
La militante
sahraouie de 52 ans recevra mercredi à Stockholm l’un des prix les plus
prestigieux dans le domaine des droits de l’homme
(Twitter/@rightlivelihood)
3 décembre 2019 - 10:56 | Dernière mise à jour: il y a 2 jours 1 heure
Dans un entretien accordé à l’AFP, Aminatou Haidar, icône de la résistance pacifique à l’annexion par le Maroc du Sahara occidental,
reproche à la communauté internationale de ne pas faire appliquer les
résolutions de l’ONU et les décisions de justice en faveur du droit à
l’autodétermination du peuple sahraoui.
« C’est à cause de la complicité de quelques puissances
internationales », a-t-elle dénoncé, en ciblant principalement l’Espagne
et la France. « Sans l’appui de l’Europe, le Maroc ne peut pas piller,
exploiter les ressources naturelles. Il ne peut pas continuer aussi
son occupation et nier toutes les résolutions du Conseil de sécurité. »
Cette militante sahraouie de 52 ans recevra mercredi à Stockholm l’un
des prix les plus prestigieux dans le domaine des droits de l’homme –
le prix Right Livelihood, souvent comparé au Prix Nobel pour les droits
de l’homme, également décerné à trois autres candidats dont la jeune
militante suédoise Greta Thunberg.
Elle avoue craindre que la jeunesse dans cette région disputée ait
perdu l’espoir de parvenir à l’autodétermination par la non-violence et
réclame une action internationale urgente pour empêcher le conflit
latent de déboucher sur une guerre.
« La communauté internationale doit agir sans perdre de temps, parce
que les jeunes n’ont plus de patience. Ils ne croient plus à la
résistance pacifique », a-t-elle déclaré dans une interview à l’AFP à
Genève la semaine dernière. « Ils n’y croient plus. Ils disent que la
communauté internationale n’agit que dans les conflits où il y a du
sang, là où il y a de la violence », a-t-elle déploré, ajoutant
qu’ils « essaient de faire pression sur le Front Polisario pour qu’il
reprenne les armes ».
Le 29 novembre, alors qu’elle se trouvait à Genève pour la première
cérémonie officielle organisée par la Fondation Right Livelihood elle a déclaré
dans un discours que « [son] crime et celui de tous [ses] compatriotes
est d’être Sahraouis et de lutter pour [leurs] droits ».
Aminatour Haidar a évoqué la peine récente et illégale de six mois de prison prononcée contre la jeune militante sahraouie, Mahfouda Bamba Lefkir, et la condamnation à douze ans ans de prison contre le jeune Husein Bachir Brahim.





