« Sa Majetski » (allusion au sport favori du roi Mohammed VI au début de son règne) ; « Au Maroc, tout va bien jusqu’à prison » ; « Quand ils sont nommés, les ministres n’accèdent pas au pouvoir, mais au pourboire » ; « Il n’y a jamais eu de transitions au Maroc, il n’y a eu que des transactions »..., etc. Autant de formules assassines, de jeux de mots acides et de tournures de phrases devenues cultes. Leur auteur ?
Ahmed Snoussi, dit Bziz (le corrosif). C’est une icône vivante de
l’humour engagé, dans un pays où le rire, piment du quotidien difficile
de millions de Marocains, peut devenir subitement jaune quand il tente
de franchir les lignes rouges du domaine politique.Le 6 décembre 2018, Bziz est convoqué au siège de la police judiciaire de Casablanca. Il est interrogé pendant des heures sur un texte publié sur sa page Facebook il y a près d’un an et demi (juillet 2017), dans lequel il dénonce la violence et les arrestations « arbitraires » des militants du Rif, notamment des artistes, pendant le Hirak de 2016-2017. Et, cerise sur le gâteau, la plainte est déposée par le ministre de l’intérieur lui-même, Abdelouafi Laftit. Une coalition de plus de vingt ONG marocaines, dont la célèbre Association marocaine des droits humains (AMDH) a aussitôt dénoncé « des pressions inadmissibles contre l’artiste-humoriste », dans un communiqué du 27 décembre 2018.





