Blog du Réseau de solidarité avec les peuples du Maroc, du Sahara occidental, de Palestine et du monde, créé en février 2009 à l'initiative de Solidarité Maroc 05, AZLS et Tlaxcala
2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas
El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.
Maîtrise renforcée du français, examen civique obligatoire, niveaux
linguistiques relevés: depuis le 1er janvier, la France renforce son arsenal
bureaucratique pour trier les étrangers « méritants ». Présentées comme des
outils d’intégration, ces mesures actent surtout une politique de soupçon
permanent et consacrent une immigration à plusieurs vitesses.
Les conditions d’accès aux titres de séjour de longue durée et à la nationalité française se sont encore durcies. En application des décrets de la loi immigration adoptée en 2024, de nouvelles exigences sont entrées en vigueur le 1er janvier, a confirmé le ministère de l’Intérieur.
Désormais, les personnes étrangères qui sollicitent une carte de séjour pluriannuelle, une carte de résident de dix ans ou la naturalisation doivent non seulement prouver leur « intégration », mais en fournir la démonstration chiffrée et certifiée. La maîtrise de la langue française devient un filtre central, avec des niveaux exigés en nette hausse : A2 pour une carte pluriannuelle, B1 pour la carte de résident et B2 pour l’accès à la nationalité.
Ces compétences doivent être validées par une certification officielle reconnue, délivrée par un organisme agréé — une exigence supplémentaire qui transforme l’intégration en procédure coûteuse, chronophage et inégalitaire, au détriment des publics les plus précaires.
À ce durcissement linguistique s’ajoute désormais un examen civique obligatoire. Celui-ci porte sur les principes et valeurs de la République, le fonctionnement des institutions françaises, ainsi que les droits et devoirs liés à la vie en France. La réussite à cet examen conditionne l’instruction même des demandes, faisant de la citoyenneté un parcours d’obstacles administratifs plus qu’un processus d’inclusion.
Officiellement, le ministère de l’Intérieur affirme vouloir « renforcer l’intégration » des étrangers en situation régulière. Dans les faits, ces nouvelles règles prolongent une logique de contrôle, de tri et de dissuasion, où l’étranger est sommé de prouver en permanence sa légitimité à rester, travailler ou devenir citoyen.
Des exemptions sont bien prévues pour certaines catégories — notamment les bénéficiaires de la protection internationale — mais elles ne remettent pas en cause l’architecture générale du dispositif : une politique migratoire toujours plus restrictive, où l’accès aux droits dépend moins de l’ancrage réel dans la société que de la capacité à franchir des barrières administratives de plus en plus élevées.
Ça s’appelle Elnet, acronyme de European Leadership Network, à ne pas confondre avec ELN, acronyme de l’autre European Leadership Network, un think tank « respectable » créé en 2011 et basé à Londres. Elnet n’a rien de respectable : c’est une machine de guerre israélo-yankee créée en 2007 après la deuxième Intifada pour intoxiquer les opinions occidentales avec la plus pure hasbara [propagande] sioniste. Cœur de cible : les parlementaires nationaux des pays de l’UE et européens. Après le 7 octobre 2023, Elnet a organisé 20 voyages en Israël de 300 parlementaires européens et britanniques. Mais Elnet a aussi diversifié ses opérations, organisant des voyages en Terre promise de militaires, d’industriels et de grands intellectuels, notamment Bernard-Henri Lévy et Michel Onfray, sans oublier l’inénarrable Helvético-Catalan, Manuel Carlos Valls i Galfetti, ainsi que des voyages de décideurs israéliens en Europe. Parmi les parlementaires, on ratisse large, des conservateurs aux écologistes, en passant par les libéraux et les sociaux-démocrates, et des Lituaniens aux Portugais en passant par les Hongrois, Roumains, Français, Allemands, Italiens etc.. Ci-dessous des documents sur cette entreprise d’achat (à bas prix) de consciences. -Ayman El Hakim
Elnet, un agent d’influence pro-Israël au cœur du Parlement français
Depuis 2017, ce lobby a envoyé, tout frais payés, une centaine de parlementaires en Israël. Son PDG revendique avoir fait « plus que [sa] part » dans le soutien de « l’immense majorité » de l’Assemblée nationale et du Sénat à l’égard de l’État hébreu depuis le 7-Octobre.
Sur les photos, ils posent en souriant devant le Mur des lamentations, l’air concentré dans une salle de réunion du ministère des affaires étrangères israélien, ou la mine grave lors d’une visite d’un kibboutz attaqué par le Hamas le 7-Octobre… Au fil des années, ces images de députés et de sénateurs français sont venues par dizaines abonder le site Internet d’Elnet – pour « European Leadership Network » –, une association bien connue de la plupart des parlementaires qui reçoivent régulièrement ses mails les invitant à des voyages en Israël.
Sur le papier, ces séjours, intégralement financés par Elnet – il faut compter 4 000 euros pour quatre jours, hôtel et trajet en avion compris –, ont de quoi attirer les élus : ils proposent des rencontres « de haut niveau » avec des intellectuels, des ambassadeurs ou des officiers de Tsahal, mais aussi des visites de la Knesset, du mémorial de Yad Vashem ou de bases militaires à la frontière palestinienne...
« Par votre présence, vous contribuerez au renforcement de la relation stratégique bilatérale entre deux pays […] qui partagent les mêmes valeurs [et] ont les mêmes ennemis », écrivait ainsi l’organisme, à l’été 2021, dans un mail envoyé à trente-quatre parlementaires macronistes, Les Républicains (LR), centristes et socialistes, à la veille de leur départ vers l’État hébreu. Un voyage durant lequel ils ont pu rencontrer un ex-numéro 2 du Mossad pour évoquer les enjeux sécuritaires du pays, ou Benyamin Nétanyahou, alors chef de l’opposition, qui a résumé en un mot la recette du « miracle israélien » : le « capitalisme ».
En mars 2023, quinze députés LR se rendaient encore à Jérusalem pour, entre autres, écouter un commandant de police leur présenter le dispositif de vidéosurveillance avec reconnaissance faciale de la vieille ville, et regarder avec lui la vidéo d’un attentat commis quelques semaines plus tôt par des Palestiniens. Deux mois auparavant, alors que les manifestations se multipliaient contre la très controversée réforme de la justice de Nétanyahou, c’était au tour de députés macronistes d’écouter un député du Likoud leur assurer que le gouvernement ne porterait en aucun cas atteinte aux libertés fondamentales…
Après le 7-Octobre, Elnet a renforcé son action. Huit jours seulement après les massacres commis par le Hamas, l’organisation envoyait dix députés LR et Renaissance – ainsi que Manuel Valls, récemment nommé ministre des outre-mer – visiter la base militaire de Shurah, au sud de Tel-Aviv, où reposaient les corps de 300 victimes non encore identifiées, rencontrer des familles d’otages et s’entretenir avec des survivants à l’hôpital Ichilov. « Alors que l’attention médiatique se tourne vers les images de destructions à Gaza, il est encore plus critique pour les décideurs européens de voir la réalité sur le terrain du point de vue israélien pour contribuer à maintenir le soutien nécessaire de la part des alliés européens clés », commentait Elnet après le déplacement.
En janvier 2024, alors que le nombre de morts à Gaza frôlait les 25 000, une délégation de 22 sénateurs et sénatrices, dont Francis Szpiner, Loïc Hervé ou Françoise Gatel, ministre des gouvernements Barnier et Bayrou, publiaient aussi une tribune à leur retour de leur voyage Elnet : « Ce voyage a renforcé notre attachement à la société israélienne et notre conviction profonde qu’Israël [...] est à l'avant-garde d'une guerre de la civilisation contre la barbarie », écrivaient-ils.
Un long travail d’influence
Créée en 2010, la branche française d’Elnet – qui dispose également d’antennes en Belgique, au Royaume-Uni, en Allemagne ou en Italie – a pris ses quartiers à quelques mètres de l’Assemblée nationale, rue Saint-Dominique. Un endroit stratégique pour l’ONG qui déclare être financée « à 100 % » par des contributions privées (voir en annexes) et affiche pour ambition de « renforcer le dialogue diplomatique, politique et stratégique entre la France et Israël ».
Derrière cet objectif, Elnet cache difficilement son tropisme en faveur du gouvernement d’extrême droite emmené par Nétanyahou. Plus encore depuis le début de la guerre à Gaza que plusieurs organisations internationales, à l’instar d’Amnesty International, qualifient désormais de « génocide ». « C’est un lobby qui a pignon sur rue », résume le sénateur socialiste Rachid Temal, auteur d’un rapport publié en juillet sur les influences étrangères, qui souligne que « l’association, comme tous les autres lobbys, a le droit de faire de l’influence dès lors que c’est déclaré ».
__________________
Une régularisation très tardive à la HATVP
Malgré la loi Sapin de 2016 sur la lutte contre la corruption qui oblige les représentants d’intérêts à s’inscrire comme tels sur le registre de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP), il aura pourtant fallu huit ans à Elnet pour s’enregistrer auprès de l’instance.
Une incongruité qui n’avait d’ailleurs pas échappé à la sénatrice UDI Nathalie Goulet qui, lors des discussions sur les influences étrangères au Palais du Luxembourg cet été, avait noté que « certains organismes qui invitent des parlementaires en voyage de façon régulière […] ne figurent pas sur la liste de ces lobbies, Elnet pour ne pas le nommer ».
Questionnée le 21 novembre par Mediapart sur les raisons pour lesquelles elle ne s’était pas encore déclarée auprès de la HATVP, l’association a répondu : « Nous n’estimions pas relever de la catégorie de représentant d’intérêts. Afin de nous assurer que nous étions bien en conformité avec la loi, nous avons rencontré l’HATVP et nous sommes convenus avec ses responsables qu’il nous fallait nous déclarer comme tel. C’est donc en cours. » Également contactée sur ce point, la HATVP a indiqué qu’elle ne « pouvait pas [nous] en dire plus ». Comme un heureux hasard, Elnet a finalement fait son apparition dans le registre... cinq jours après notre sollicitation.
__________________
Le 23 septembre, dans une interview au média en ligne Qualita, une chaîne destinée aux Français ayant immigré en Israël, le président d’Elnet-France, Arié Bensemhoun, se félicitait ouvertement de l’influence de son organisation sur le microcosme politique français.
« Je reste relativement optimiste sur la capacité de changer les paramètres du discours diplomatique, disait-il. D’un côté, il y a la diplomatie officielle, et de l’autre côté, il y a la diplomatie parlementaire. Je rappelle que l’immense majorité du parlement [français] soutient Israël […] dans son combat contre le Hamas et le Hezbollah, et c’est le résultat de décennies de travail qui a été fait par les uns, par les autres, nous y avons fait plus que notre part. »
De fait, depuis 2017, les débats sur le conflit israélo-palestinien ont peu à peu changé de ton dans une Assemblée nationale qui affichait jusque-là une ligne plutôt bienveillante à l’égard de la cause palestinienne, à l’unisson avec le Quai d’Orsay. Entre le vote, en 2019, d’une résolution visant à condamner tout discours « antisioniste » au motif qu’il serait automatiquement antisémite, le réquisitoire, en plein hémicycle, contre l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri en 2022, la démission du président du groupe France-Palestine, privé de parole lors d’un débat sur « l’apartheid » en Israël, et le « soutien inconditionnel » à l’État hébreu décrété par la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet en 2023, c’est peu dire que l’ambiance a changé.
De là à y voir la main d’Elnet ? L’association n’a en tout cas pas chômé pour peser sur les représentations des parlementaires français ces dernières années. Interrogée par Mediapart, l’ONG indique « ne pas tenir les comptes », mais à en croire les déclarations officielles des députés et sénateurs – tenus de rendre publique « toute acceptation d’une invitation à un voyage émanant d’une personne morale ou physique dont ils ont bénéficié à raison de leur mandat » –, 55 voyages ont été organisés pour des députés et 46 pour des sénateurs depuis 2017.
À ces chiffres, s’ajoutent les allers-retours effectués mais non déclarés : en tout, une centaine de parlementaires sont ainsi partis en Israël avec Elnet devenue, de loin, la première organisation à faire de l’influence via des voyages de parlementaires.
Des aficionados dans la macronie et chez LR
Certains parlementaires sont même devenus des habitués d’Elnet. Côté macronistes, la députée Renaissance des Français d’Israël, Caroline Yadan, mais aussi sa collègue des Hauts-de-Seine Constance Le Grip ou encore le ministre des affaires européennes Benjamin Haddad ont fait plusieurs allers-retours. Fervents défenseurs du « droit d’Israël à se défendre » depuis le 7-Octobre, tous appartiennent au groupe d’amitié France-Israël et assument une forme de prosélytisme pro-israélien dans les rangs du camp présidentiel.
C’est également le cas de l’ex-présidente du groupe d’amitié France-Israël (de 2019 à 2023), aujourd’hui ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, qui fut l’une des toutes premières à profiter des voyages Elnet. En juillet 2018, juste après son entrée au Palais-Bourbon, la jeune députée des Yvelines faisait ainsi partie d’une délégation Elnet de trente et un parlementaires reçus pour une discussion qualifiée de « constructive » avec Benyamin Nétanyahou.
“C’est un honneur de faire partie de la délégation d’Elnet”
L’ex-député LR Pierre-Henri Dumont
Depuis, celle qui juge cette association « utile pour lutter contre le fléau de l’antisémitisme, ce d’autant plus dans ce moment où il refait surface », est repartie au moins deux fois avec Elnet. Dernier voyage en date, le 7 octobre 2024, pour les commémorations des attaques meurtrières du Hamas, en compagnie de ses collègues Caroline Yadan et Sylvain Maillard. Depuis les lieux du massacre du festival Nova, ils en ont profité pour défendre une position orthogonale à celle du ministère des affaires étrangères sur l’envoi des armes en Israël.
À droite encore, Elnet trouve plusieurs autres soutiens, tels le vice-président (UDI) du Sénat Loïc Hervé, Meyer Habib, « ami personnel » de Nétanyahou, mais aussi les élus LR Michèle Tabarot, Roger Karoutchi, Karl Olive – aujourd’hui proche d’Emmanuel Macron – ou Pierre-Henri Dumont. L’ancien président de la commission des affaires internationales de l’Assemblée – qui a perdu son siège en 2024 – n’a jamais hésité à se faire l’ambassadeur de l’organisation : « C’est un honneur de faire partie de la délégation d’Elnet », assurait-il récemment dans un message calibré, dûment relayé sur les réseaux sociaux par l’organisation.
A contrario, nombre de députés ne goûtent guère les sollicitations insistantes d’Elnet. Le député macroniste Ludovic Mendès rapporte avoir été approché par le PDG d’Elnet-France il y a deux ans, lors d’un dîner du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France). Mais « pas question d’aller où que ce soit avec un organisme financé par on ne sait qui et qui promeut une ligne religieuse ou politique, assure-t-il à Mediapart. Quand je vais en Israël, je veux par ailleurs pouvoir me rendre où je veux, y compris du côté palestinien ». Une ancienne députée proche de Gabriel Attal raconte également avoir refusé les propositions de l’ONG : « J’ai une éthique », dit-elle.
Dans les rangs socialistes, l’ex-députée Valérie Rabault et le député Jérôme Guedj, tous deux membres du groupe France-Israël à l’Assemblée, ont eux aussi décidé de ne pas répondre aux sollicitations d’Elnet, par peur des potentielles « ingérences ». Le député Liot (Liberté, indépendants, outre-mer et territoires), ancien vice-président du Palais-Bourbon chargé des questions de déontologies, David Habib a, quant à lui, décidé de jouer cartes sur table : il a effectivement réalisé un voyage avec Elnet, mais il a payé tous les frais de sa poche.
“C’est un peu comme les voyages en URSS dans les années 1930”
Christophe Marion, député macroniste
Reste enfin les participants qui acceptent les voyages mais disent ne « pas être dupes » sur ses objectifs. « Elnet fait du soft power et n’est clairement pas là pour porter un message critique sur Israël. Mais ces voyages restent intéressants », estime le macroniste Mounir Belhamiti, membre de la commission de la défense à l’Assemblée nationale, qui s’est rendu une fois en Israël au moment de la loi de programmation militaire, mais a refusé d’y retourner après le 7-Octobre.
Une position partagée par son collègue Christophe Marion, qui s’est rendu deux fois en Israël avec Elnet : « C’est un peu comme les voyages en URSS dans les années 1930, sourit-il, même si cela permet de mieux appréhender la situation complexe dans la région. Je n’ai pas de problème à y aller du moment qu’on ne me demande pas de porter des positions ensuite. » Pour autant, l’élu reconnaît qu’il se poserait probablement davantage de questions si l’organisation lui proposait de repartir aujourd’hui.
La cible de « l’extrême gauche »
Se définissant comme un « think tank du dialogue stratégique entre la France et Israël », Elnet assure se contenter de promouvoir « la démocratie, la liberté, la justice et la paix » de manière « indépendante » et « apolitique ».
De politique, Arié Bensemhoun, le président d’Elnet-France, ne parle pourtant que de cela. Que ce soit sur Radio J où il tient une chronique régulière, ou sur CNews, il est loin de porter un regard « apolitique » sur le conflit au Proche-Orient.
Ainsi, au lendemain de la décision des juges de la Cour pénale internationale (CPI) de délivrer un mandat d’arrêt international contre le premier ministre israélien, il écrit sur X : « Les accusations portées […] ne reposent sur rien, aucune preuve, si ce n’est les allégations mensongères des ONG à la solde des islamistes et des terroristes du Hamas et de l’autorité palestinienne […]. Comme autrefois devant les nazis, les nations se sont couchées devant les islamistes qui veulent détruire nos sociétés libres et démocratiques. »
Mi-septembre, alors que l’Unicef comptabilisait plus de 43 000 morts dont plus de 14 100 enfants dans la bande de Gaza, Arié Bensemhoun expliquait aussi, sur Radio J, que « les Palestiniens civils que l’on nous dit innocents ne sont pas tous innocents. Personne ne peut imaginer que les nazis aient pu faire tout ce qu’ils ont fait sans que tout ou partie du peuple ait été complice. C’est la même chose pour les Palestiniens de Gaza », affirmait celui qui, depuis un an, dénonce « les ONG vendues au Hamas ».
En France, il s’attaque aussi aux « islamistes », « extrémistes de gauche » et autres « wokistes ». « L’extrême gauche » reste en effet la cible privilégiée de l’ancien président de l’Union des étudiants juifs de France (UEJF) de Toulouse (Haute-Garonne), à commencer par La France insoumise (LFI) et son « obsession anti-juive » qu’Arié Bensemhoun étrille à longueur d’éditos. Il y a quelques jours, c’est Dominique de Villepin qui en faisait les frais, comme en témoigne ce texte publié sur le site d’Elnet, après des déclarations de l’ancien premier ministre.
Le 16 octobre, le patron d’Elnet-France se permettait aussi d’envoyer une lettre ouverte à la présidente de l’Assemblée nationale pour réclamer « solennellement » à Yaël Braun-Pivet de « prononcer des sanctions disciplinaires » à l’encontre du vice-président du Groupe d’amitié France-Israël, Aymeric Caron.
L’Insoumis jouerait selon lui « un rôle cynique et prépondérant dans la légitimation de la haine des Juifs dans notre pays » pour avoir relayé des vidéos « non sourcées » des massacres à Gaza ou comparé l’armée israélienne au « monstre nazi ». D’après nos informations, Yaël Braun-Pivet a opposé une fin de non-recevoir au dirigeant d’Elnet. Son entourage a toutefois refusé de nous faire lire le courrier.
Le 21 mars 2025 à 11 h., le quotidien Le Monde publie la tribune suivante
Pour que l’antisionisme ne serve plus de prétexte à l’antisémitisme !
À l’initiative du collectif Nous vivrons, un collectif de plus de 200 personnalités, parmi lesquelles Elisabeth Badinder, Aurore Bergé et François Hollande, souligne, dans une tribune au « Monde », la montée d’un antisionisme qui cache un antisémitisme actif.
« Sionistes, fascistes, c’est vous les terroristes ! », c’est ce que l’on entend depuis des mois dans toutes les manifestations dites « propalestiniennes ». L’antisionisme est à la mode. Le déroulé est simple : le sionisme est un colonialisme qu’il faut éliminer. Cette simplification de l’histoire ne dit rien de l’histoire du peuple juif, d’une émancipation qui arrive trop tard, des pogroms qui tuent, d’une Shoah qui extermine. Inscrire le sionisme sur le terrain décolonial est un biais historique permettant de se considérer du « bon côté de l’histoire ». Cela parle de tout, sauf du projet sioniste visant à l’autodétermination et à l’émancipation du peuple juif.
Partant de cette lecture, tout y passe : l’anti-impérialisme, l’antifascisme, l’anticapitalisme. Et, surtout, beaucoup de complotisme, mais sans jamais se revendiquer de l’antisémitisme. Comme le disait, dans les années 1970, le philosophe Vladimir Jankélévitch [1903-1985], « l’antisionisme est une incroyable aubaine, car il nous donne la permission – et même le droit, et même le devoir – d’être antisémite au nom de la démocratie ! L’antisionisme est l’antisémitisme justifié, mis enfin à la portée de tous. Il est la permission d’être démocratiquement antisémite. Et si les juifs étaient eux-mêmes des nazis ? Ce serait merveilleux. Il ne serait plus nécessaire de les plaindre ; ils auraient mérité leur sort ». Nous en sommes là.
Depuis le 8 octobre 2023, nous assistons à un relativisme des massacres du 7 octobre 2023 et à une condamnation du sionisme. En résumé, si les juifs n’étaient pas là, tout cela ne serait pas arrivé. C’est ainsi que le « sale sioniste » a remplacé le « sale juif ». On ne s’attaque plus au peuple « déicide » mais au peuple « génocidaire ».
On ne reproche plus aux juifs de vouloir contrôler le monde mais aux sionistes de vouloir contrôler les terres. Ces terres qui font la taille de la Bretagne et qui rassemblent plus de la moitié des juifs du monde dans le seul Etat juif de la planète. « Si vous le voulez, ce ne sera plus un rêve », disait Theodor Herzl [1860-1904], père du sionisme moderne, à la fin du XIXe siècle. Le sionisme, c’est un idéal d’émancipation, un ancrage durable, un barrage à la haine, un rempart à l’extermination. Le sionisme, c’est ce qui devait permettre aux juifs de décider de l’avenir de leurs enfants.
Selon une étude de l’IFOP publiée le 3 mars, le sionisme vaut à ces enfants juifs que 37 % de leurs camarades d’école « refusent de nouer certaines relations amicales ou sentimentales avec eux en raison de leur soutien à Israël ». La mécanique est rodée. Les juifs sont des sionistes, les sionistes sont des fascistes, les fascistes sont des génocidaires.
Tout juif soutenant le sionisme devient coupable, tout juif attaché à Israël est condamné. L’antisionisme essentialise. L’antisionisme déshumanise. L’antisionisme assigne les juifs de la diaspora à prendre position sur la politique du gouvernement israélien. A quel titre ? Sachant, par ailleurs, que seuls les juifs antisionistes auraient le droit au soutien des nouveaux antiracistes. Les autres sont non seulement responsables des violences dont ils font l’objet, mais ils en sont comptables. Parce qu’ils sont du « mauvais côté de l’histoire ».
L’antisionisme est du révisionnisme. Le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale de l’ONU vote la résolution 181 visant à la création d’un Etat juif. Le 14 mai 1948, David Ben Gourion [1886-1973] proclame l’indépendance de l’Etat d’Israël. Quatre-vingts ans après, du parvis de Columbia à celui de Sciences Po, des réseaux sociaux à l’Assemblée nationale, la légitimité de l’Etat d’Israël est non seulement remise en cause mais de nouveaux plans de partage sont suggérés. Sans consulter les concernés. On parle d’un foyer binational dans le meilleur des cas. Plus souvent d’une Palestine « from the river to the sea » (« de la rivière à la mer »), rayant le foyer juif de la carte. Pourquoi une cause en effacerait-elle une autre ? Nous sommes pour la coexistence de deux Etats démocratiques. Ni antisionisme ni suprémacisme, nous reconnaissons les mêmes droits à tous les peuples.
Le 7-Octobre a bouleversé nos certitudes. Il a changé la vie des Français juifs : 57 % des actes racistes touchent 0,6 % de la population française. On ne doit plus pouvoir être antisémite impunément. Selon les chiffres du ministère de l’intérieur, un tiers des actes antisémites recensés en 2024 étaient motivés par la cause palestinienne. Pour que l’antisionisme ne serve plus de prétexte à l’antisémitisme, c’est à la République de protéger les juifs en intégrant dans sa loi l’antisionisme comme nouvelle forme d’antisémitisme. Il ne s’agit pas ici de museler la critique légitime de la politique d’un gouvernement israélien auquel le sionisme survivra, mais de condamner l’antisionisme qui frappe, l’antisionisme qui viole, l’antisionisme qui discrimine, l’antisionisme qui humilie.
C’est, comme l’écrivait Martin Luther King [1929-1968] dans sa lettre à un ami antisioniste, en 1967, cet « antisionisme qui est de la discrimination envers les juifs parce qu’ils sont juifs. En un mot, c’est de l’antisémitisme » qui ne doit plus être toléré et qui doit être puni par la loi. Avant que les antisémites ne fassent la loi, parce que la République ne leur appartient pas.
Premiers signataires : Sarah Aizenman, présidente du collectif Nous vivrons ; Yonathan Arfi, président du Conseil représentatif des institutions juives de France ; Gabriel Attal, ancien premier ministre ; Elisabeth Badinter, philosophe ; Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations ; Bernard Cazeneuve, ancien premier ministre ; Michaël Delafosse, maire (Parti socialiste) de Montpellier ; Christian Estrosi, maire (Horizons) de Nice ; Jérôme Guedj, député (PS) ; Benjamin Haddad, ministre délégué chargé de l’Europe ; Anne Hidalgo, maire (PS) de Paris ; François Hollande, ancien président de la République ; David Lisnard, maire (Les Républicains) de Cannes ; Mathias Ott, délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT ; Astrid Panosyan-Bouvet, ministre chargée du travail et de l’emploi ; Laurence Rossignol, sénatrice (PS) ; Anne Sinclair, journaliste ; Mario Stasi, président de la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme ; Manuel Valls, ministre d’Etat, ministre des outre-mer ; Caroline Yadan, députée (Renaissance).
Le 25 mars à 11 h 40, Le Monde ajoute ceci au bas du texte :
Nous sommes donc allés sur le site des initiateurs du texte pour vérifier s’ils avaient eux aussi supprimé le passage en rouge ci-dessus. Le 1er avril, il y figurait toujours et continuera sans doute à y figurer pendant longtemps. Ce « détail » appelle quelques commentaires. Les voici.
La citation attribuée à Martin Luther King Jr., selon laquelle l’antisionisme ne serait qu’antisémitisme, est une pure invention vieille de 26 ans, qui ressurgit régulièrement un peu partout. Plusieurs recherches poussées ont établi de manière indiscutable qu’il s’agit d’un faux pur et simple : King n’a jamais écrit de « Lettre à un ami antisioniste » et n’a même jamais évoqué sous quelque forme que ce soit le sionisme et/ou l’antisionisme. Nous avions publié des textes démontrant cette supercherie il y a 21 ans sur un site ouèbe aujourd’hui disparu. Devant la réapparition de cette Arlésienne sioniste, il nous semble nécessaire de republier ces textes, corrigés et actualisés par nos soins.
« Vous ne pouvez pas nous tuer, nous sommes déjà morts ! » (slogan zapatiste repris par la jeunesse de Kabylie en 2001 et de Sidi Bouzid en Tunisie en 2010)
Ayman El Hakim, Collectif Qui vivra verra, 2/4/2025
Un homme politique marocain souligne publiquement que la démarche de Macron impose à l’Espagne d’adopter “une position plus claire et essentiellement opérationnelle”.
Mohamed VI avec le président français Emmanuel Macron à Rabat. Photo EFE
Il était prévisible, mais le mouvement a commencé à se manifester de toute évidence. Pour s’imposer, sans demi-mesure ni euphémisme. À peine deux semaines après la visite d’Emmanuel Macron à Rabat, méritant tous les honneurs et agrémentée d’accords d’une valeur de 10 milliards d’euros, le régime marocain offre en public les premiers témoignages exigeant de nouvelles concessions de la part de l’Espagne et l’avertissant qu’elle est à la traîne.
La thèse défendue dans les officines de Rabat est que le virage copernicien opéré par Pedro Sánchez en mars 2022 a vite et mal vieilli. Il est dépassé par les événements et manifestement insuffisant au regard de la nouvelle position du président français, ardent défenseur depuis juillet non seulement des « trois pages » du plan marocain d’autonomie pour le Sahara, mais aussi de la souveraineté marocaine sur l’ancienne colonie espagnole, dont l’Espagne reste la puissance administrante de jure.
« Il ne fait aucun doute que le soutien exprimé par Sánchez dans sa lettre à Mohamed VI le 14 mars 2022 était à l’époque un pas courageux et considérable, mais dans le contexte actuel, il ne suffit pas que l’Espagne considère la proposition marocaine d’autonomie présentée en 2007 comme la base la plus sérieuse, la plus crédible et la plus réaliste pour la résolution de la question du Sahara », déclare Mohamed Benabdelkader, ancien ministre de la Justice (2019-2021, dans le gouvernement El Otmani II) et dirigeant de l’Union socialiste des forces populaires, une organisation sœur du PSOE et incluse dans l’Internationale socialiste* avec le soutien exprès de la rue Ferraz [siège du PSOE, NdT], dans une interview accordée au média officiel marocain Rue20.com
Cette affirmation n’est pas isolée au sein de l’establishment alaouite, même si, jusqu’à présent, on avait évité de la formuler aussi clairement en public. Pour Benabdelkader, « la nouvelle perspective qui s’ouvre au niveau régional et mondial nécessitera certainement l’adoption d’une position plus claire et essentiellement opérationnelle ». Un avertissement direct à Sánchez, lancé par un parti d’opposition mais qui pratique une loyauté absolue envers le makhzen, qui pourrait être un avant-goût de nouvelles exigences et concessions.
Sanctions commerciales
La principale serait de suivre les traces de l’Elysée et de proclamer la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. C’est l’intention du Maroc, qui a célébré un prétendu erratum publié dans le BOE [Journal officiel de l’État espagnol, NdT] l’année dernière comme un signe qu'on était sur la bonne voie. En février, El Independiente a rapporté que le gouvernement espagnol avait reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara dans le cadre d’un appel d’offres pour la rénovation de l’école espagnole d’El Ayoun, accompagné d’une série de documents l’identifiant comme un territoire marocain. L’information a provoqué des versions contradictoires entre les ministères de l’Education et de la Culture, respectivement aux mains du PSOE et de Sumar. Finalement, le département d’Ernest Urtasun [ministre de la Culture, NdT] a refusé de rectifier le document, affirmant qu’elle s’était produite des mois auparavant, lorsque le socialiste Miquel Iceta dirigeait le ministère.
L’un des leviers que le Maroc utilisera pour imposer de nouvelles concessions est l’atout commercial, en élargissant et en attisant le différend entre les entreprises espagnoles et françaises. Lors de la tournée de Macron, le Maroc a récompensé la nouvelle direction prise par la France avec des contrats de milliards après deux années de crise déclenchée par l’espionnage du président français et d’une bonne partie de son cabinet par les services marocains utilisant le logiciel israélien Pegasus. Le gros lot est revenu à la société française Alstom avec la fourniture de 18 trains pour la future ligne ferroviaire à grande vitesse Kénitra-Marrakech, qui, pour 1,8 milliard d’euros, était en concurrence avec les sociétés espagnoles CAF et Talgo, la société coréenne Hyundai Rotem et la société chinoise China Railway Rolling Stock Corp.
« Quelle que soit la lecture en Espagne du nouveau rapprochement de la France avec le Maroc, il est clair que les médias de notre pays voisin ibérique, en soulignant l’ampleur des projets signés entre la France et le Maroc lors de cette visite, et en insistant sur l’engagement de Paris à accompagner Rabat dans la défense de son initiative d’autonomie, auront compris deux choses importantes », argumente l’homme politique marocain. La première est que le « partenariat d’exception renforcé » entre la France et le Maroc est un signal d’alarme pour l’Espagne qui a besoin d’une stratégie plus compétitive et coordonnée sur le marché marocain. La seconde est que le président français, en plaçant la barre plus haut, a montré l’exemple que la nouvelle dynamique de la question du Sahara marocain nécessite non seulement des mots, mais des gestes, et appelle à des actions concrètes en plus des belles déclarations ». Cette semaine, l’ambassadeur de France à Rabat s’est rendu pour la première fois dans les territoires occupés du Sahara, accompagné d’une délégation d’hommes d’affaires et d’une promesse d’ouverture de consulat, le prix habituel exigé par la diplomatie alaouite.
La carte du Maroc, avant et après «Pour la France le présent et l’avenir du Sahara occidental s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine» Le ministère français des Affaires étrangères a modifié la carte du Maroc sur son site internet pour inclure le territoire du Sahara occidental dans la cartographie du pays maghrébin, profitant du voyage de Macron à Rabat.
Débloquer la cession de l’espace aérien La stratégie du Maroc consiste également à avancer sur certains dossiers qui n’ont pas été satisfaits depuis la lettre de Sánchez à Mohammed VI en mars 2022. Parmi eux, la cession de l’espace aérien du Sahara occidental, actuellement contrôlé depuis les îles Canaries. Dans le jargon aéronautique, FIR est une région d’information de vol où est assuré un service d’information de vol et d’alerte (ALRS). L’OACI [Organisation de l’aviation civile internationale] délègue le contrôle opérationnel d’une FIR donnée à un pays, en l’occurrence, celle qui couvre les îles Canaries et le Sahara occidental relève de l’Espagne.
Le groupe de travail mis en place par le Maroc et l’Espagne depuis le virage copernicien du gouvernement espagnol dans le conflit du Sahara et le début de la « nouvelle ère » des relations hispano-marocaines se penche sur la question du transfert de la gestion, qui - s’il est réalisé - constituerait une violation du droit international. Le partenaire de la coalition s’oppose ouvertement à cette mesure. « Nous rejetons la souveraineté marocaine sur le territoire du Sahara occidental. Nous rejetons également la souveraineté du Maroc sur les eaux territoriales et l’espace aérien », ont déclaré des sources de Sumar à notre journal il y a plusieurs mois. D’autres mesures qui auraient conduit à la reconnaissance du statut marocain du territoire, comme l’installation d’un centre de l’Institut Cervantes, ont été suspendues**.
Ces nouvelles exigences de Rabat, exprimées par un politicien socialiste, interviennent au milieu de l’impasse dans laquelle se trouvent les bureaux de douane de Ceuta et Melilla, complètement bloqués du côté marocain et avec le sentiment qu’ils ne seront pas ouverts parce que, pour les autorités marocaines, cela signifierait reconnaître les frontières terrestres avec l’Espagne, ce qu’elles nient avec insistance.
Le PSOE omet le Maroc dans son document cadre du Congrès Dans ce contexte de concurrence entre la France et l’Espagne pour obtenir les faveurs du Maroc, l’absence de toute mention du Maroc et du conflit du Sahara dans le document cadre du PSOE pour son congrès qui se tiendra à la fin du mois à Séville est frappante. Le document se targue que « le PSOE a ramené l’Espagne au premier plan de la politique internationale et a porté notre prestige et notre influence à des niveaux sans précédent dans l’histoire récente de notre pays », mais omet toute référence au Maroc.
Lors du Congrès de 2021, la rue Ferraz avait cependant décrit le Maroc comme un « partenaire clé sur la rive sud de la Méditerranée », donnant un avant-goût des actions qui allaient suivre dans les mois suivants. « Nous devons continuer à renforcer ces liens et ces intérêts, ce qui nous permettra de surmonter certaines difficultés. C’est pourquoi, au cours des prochaines années, nous progresserons dans le partenariat stratégique bilatéral à long terme que les gouvernements socialistes ont toujours promu ; d’autre part, et comme elle l’a fait depuis son entrée en fonction, l’Espagne continuera à défendre en Europe le caractère stratégique que ce pays a pour l’Espagne et pour l’Europe », promettait le document.
L’Espagne et la France, par leurs actions diplomatiques de ces dernières années, ont été prises dans la rivalité entre le Maroc et l’Algérie. « L’Algérie partage avec le Maroc la tendance à considérer ses interlocuteurs en fonction de leur position sur la question. Au fil des ans, alors que le Maroc a abandonné l’option du référendum, Alger s’est accroché au principe de l’autodétermination, rendant impossible toute négociation de sortie de crise », note Khadija Mohsen-Finan, spécialiste du Maghreb et membre du comité de rédaction du magazine français en ligne Orient XXI. « En conséquence, le conflit du Sahara occidental s’est figé, ce qui est préjudiciable, d’une part, aux Sahraouis et, d’autre part, à l’ensemble du Maghreb, dans la mesure où cela empêche l’intégration de la région. L’Algérie perçoit désormais la coopération entre le Maroc et Israël comme une menace, ce qui accroît la tension et éloigne un peu plus la solution à la question du Sahara occidental », conclut-elle.
NdT *Le Front Polisario fait partie de l’Internationale socialiste en tant que membre consultatif.
** L’Institut Cervantes, qui dépend du ministère espagnol des Affaires étrangères, est dirigé par le poète grenadin Luis García Montero, militant historique d’Izquierda Unida (Gauche Unie), parti qui participe à la coalition gouvernementale de Pedro Sánchez à travers la plateforme Sumar de la vice-présidente du gouvernement Yolanda Díaz. En voyage au Maroc en mars dernier, il a déclaré : « Lors de ce voyage, la possibilité » d’ouvrir une annexe de Cervantes à El Aaiún n’a pas été envisagée. L’Institut Cervantes compte actuellement six centres actifs au Maroc : Rabat, Casablanca, Tanger, Tétouan, Marrakech et Fès. Le projet d’en ouvrir un à El Ayoun avait suscité les critiques du Front Polisario et de l’eurodéputé Manu Pineda. Selon des sources espagnoles, 12 000 habitants d’El Ayoun parlent l’espagnol. D’autre part, une décision d’ouvrir une annexe de l’Institut à Tindouf en Algérie pour enseigner l’espagnol à des réfugiés sahraouis, prise en 2019, ne s’est jamais concrétisée. L’Institut est présent à Alger et Oran.
Pedro Sánchez devra faire encore un effort pour mériter une Koumiya
Migrant'Scène partout en France du samedi 16 novembre au dimanche 8 décembre 2024
Tissons demain ! Place aux alternatives, place à l’altérité ! Comme chaque année, La Cimade vous donne rendez-vous pour croiser les regards sur les migrations et affirmer haut et fort qu’une société juste, inclusive et solidaire est bien plus désirable qu’un monde déchiré par la haine et le rejet des autres. Projections-débats, expositions, spectacles vivants, à la croisée de la culture, des arts, du sport et dans la convivialité : retrouvons-nous partout sur le territoire, dans l’ hexagone comme en outre-mer Découvrir la programmation
Various Authors - Autores varios - Auteurs divers- AAVV-d.a.
Voici un cahier de doléances issu de la consultation menée auprès des Gilets jaunes, à laquelle 30 000 personnes ont participé.
Députés de France, nous vous faisons part des Directives du peuple pour que vous les transposiez en LOI.
1. Zéro SDF : URGENT.
2. Impôt sur le revenu davantage progressif (plus de tranches).
3. SMIC à 1300 euros net.
4. Favoriser les petits commerces des villages et centres-villes. (Cesser la construction
des grosses zones commerciales autour des grandes villes qui tuent le
petit commerce.). + de parkings gratuits dans les centres-villes.
5. Grand Plan d'Isolation des logements. (faire de l'écologie en faisant faire des économie aux ménages).
6. Que les GROS (Macdo, google, Amazon, Carrefour...) payent GROS et que les petits (artisans, TPE PME) payent petit.
7. Même système de sécurité social pour tous (y compris artisans et auto-entrepreneurs). Fin du RSI.
8. Le système de retraite doit demeurer solidaire et donc socialisé. (Pas de retraite à point).
9. Fin de la hausse des taxes sur le carburant.
10. Pas de retraite en dessous de 1200 euros.
11. Tout représentant élu aura le droit au salaire médian. Ses
frais de transports seront surveillés et remboursés s’ils sont
justifiés. Droit au ticket restaurant et au chèque-vacances.
12. Les salaires de tous les Français ainsi que les retraites et les allocations doivent être indexés à l'inflation.
13. Protéger l'industrie française : interdire les délocalisations. Protéger notre industrie c'est protéger notre savoir-faire et nos emplois.
14. Fin du travail détaché. Il est anormal qu'une personne qui travaille sur le territoire français
ne bénéficie pas du même salaire et des même droits. Toute personne
étant autorisée à travailler sur le territoire français doit être à
égalité avec un citoyen français et son employeur doit cotiser à la même
hauteur qu'un employeur français.
15. Pour la sécurité de l'emploi : limiter davantage le nombre de CDD pour les grosses entreprises. Nous voulons plus de CDI.
16. Fin du CICE. Utilisation de cet argent pour le lancement d'une Industrie Française de la voiture à hydrogène (qui est véritablement écologique,contrairement à la voiture électrique.)
17. Fin de la politique d'austérité. On cesse de rembourser les intérêts de la dette quisont
déclarés illégitimes et on commence à rembourser la dette sans prendre
l'argent des pauvres et des moins pauvres mais en allant chercher les 80
milliards de fraude fiscale. 18. Que les causes des migrations forcées soient traitées. 19. Que les demandeurs d'asiles soient bien traités. Nous leur devons le logement, lasécurité,
l'alimentation ainsi que l'éducation pour les mineurs. Travaillez avec
l'ONU pour que des camps d'accueil soient ouverts dans de nombreux pays
du monde, dans l'attente du résultat de la demande d'asile. 20. Que les déboutés du droit d'asile soient reconduits dans leur pays d'origine. 21. Qu'une réelle politique d'intégration soit mise en œuvre.
Vivre en France implique de devenir français (cours de langue française,
cours d'Histoire de la France et cours d'éducation civique avec une
certification à la fin du parcours). 22. Salaire maximum fixé à 15 000 euros. 23. Que des emplois soient crées pour les chômeurs. 24. Augmentation des allocations handicapés. 25. Limitation des loyers. + de logement à loyers modérés (notamment pour lesétudiants et les travailleurs précaires). 26. Interdiction de vendre les biens appartenant à la France (barrage, aéroport…) 27. Moyens conséquents accordées à la justice, à la police, à la gendarmerie et à l’armée. Que les heures supplémentaires des forces de l’ordre soient payées ourécupérées. 28. L'intégralité de l'argent gagné par les péages des autoroutes devra servir àl'entretien des autoroutes et routes de France ainsi qu'à la sécurité routière. 29. Le prix du gaz et l’électricité ayant augmenté depuis qu'il y a eu privatisation, nous voulons qu'ils redeviennent publics et que les prix baissent de manière conséquente. 30. Fin immédiate de la fermeture des petites lignes, des bureaux de poste, des écoleset des maternités. 31. Apportons du bien-être à nos personnes âgées. Interdiction de faire de l'argent surles personnes âgées. L'or gris, c'est fini. L'ère du bien-être gris commence.
32. Maximum 25 élèves par classe de la maternelle à la Terminale.
33. Des moyens conséquents apportés à la psychiatrie.
34. Le Référendum populaire doit entrer dans la Constitution. Création d'un sitelisible
et efficace, encadré par un organisme indépendant de contrôle où les
gens pourront faire une proposition de loi. Si cette proposition de loi
obtient 700 000 signatures alors cette proposition de loi devra être
discutée, complétée, amendée par l'Assemblée Nationale qui aura
l'obligation, (un an jour pour jour après l'obtention des 700 000
signatures) de la soumettre au vote de l'intégralité des Français.
35. Retour à un mandat de 7 ans pour le Président de la République. (l’électiondes
députés deux ans après l'élection du Président de la République
permettait d'envoyer un signal positif ou négatif au président de la
République concernant sa politique. Cela participait donc à faire
entendre la voix du peuple.)
36. Retraite à 60 ans et pour toutes les personnes ayant travaillées dans un métier usantle corps (maçon ou désosseur par exemple) droit à la retraite à 55 ans.
37. Un enfant de 6 ans ne se gardant pas seul, continuation du système des aidesPAJEMPLOI jusqu’à ce que l’enfant ait 10 ans.
38. Favoriser le transport de marchandises par la voie ferrée.
39. Pas de prélèvement à la source.
40. Fin des indemnités présidentielles à vie.
41. Interdiction de faire payer aux commerçants une taxe lorsque leurs clients utilisent la carte bleue.
42. -Taxe sur le fuel maritime et le kérosène.
Cette liste est non-exhaustive mais par la suite, la volonté du
peuple sera entendue et appliquée au moyen de la création du système de
Référendum Populaire qui devra rapidement être mis en place.
Députés, faites entendre notre voix à l’Assemblée. Obéissez à la volonté du peuple.
Hier
matin lundi, avec José Bové et Cédric Herrou, nous accompagnions en
train plus de 160 migrants à Nice. Ces 160 personnes ont été
accueillies dans la ferme de Cédric. Le plus souvent ces personnes sont
fatiguées voire épuisées, elle présentent parfois des plaies et sont
souvent atteintes de graves lésions dues à la gale.
De g. à dr. Perreux, Herrou et Bové
Le transport de ces personnes à Nice pour aller déposer leurs
demandes d'asile se fait avec l'accord de la gendarmerie et sous son
contrôle. À l'arrivée en gare le cortège se dirige tranquillement vers
le square Mermoz pour recueillir les formulaires de demande d'asile et
se restaurer. Nous profitons de ce temps avec José Bové pour nous rendre
à la police de l'air et des frontières. José comme son mandat de
député européen lui en donne le droit a souhaité visiter le centre de
rétention provisoire. Arrivé à destination il est attendu et reçu mais
surprise ! Là où d'habitude des dizaines de migrants sont retenus pas un
seul migrant n'est présent. Tout autour pourtant des sacs des
vêtements éparpillés et abandonnés, des poubelles elles-aussi remplies
comme si un déménagement impromptu avait eu lieu ... José est reçu et
va rappeler à ses interlocuteurs les lois et les droits des migrants.
Nous nous rendons ensuite à la gare de Menton où nous avons appris que
souvent des migrants mineurs sont reconduits en Italie en infraction
avec la loi puisqu'ils doivent bénéficier de l'action sociale a
l'enfance. Petite gare, gros dispositif policier. Cédric puis José
entreprennent de parler avec un jeune migrant qui vient d'être encadré
par les CRS. Alors que José décline son identité il est immédiatement
ceinturé et molesté comme le montrent les images du journal de fr3.
Nous avons beau protester le CRS ne lâche son emprise que lorsque le
jeune migrant est embarqué dans le fourgon. Questionné par le
journaliste de la 3 sur les violences dont il a été victime José répond
qu'il est là pour que les droits d'asile soient respectés. A notre
retour à Nice nous assistons au départ en gare de plusieurs dizaines de
migrants pour la destination de Marseille. Cédric les accompagne. Nous
apprendrons un peu plus tard que le train est stoppé à Cannes que
Cédric est en garde à vue et les migrants expulsés vers l'Italie. Le
lendemain matin, José relate ces faits sur la matinale de France inter
Quelques heures plus tard, il est informé que dans la cadre d'une
commission rogatoire ouverte par le procureur de Grasse il va être
auditionné. Lors de celle-ci il fait savoir qu'il ne fait pas appel à
son immunité parlementaire et qu'il assume tous ses actes en tant que
citoyen. Dans le même temps nous apprenons que la ferme de Cédric Herrou
est en cours de perquisition et que tous les migrants présents sont
embarqués. Tout cela se passe en France sur la Côte d'Azur a minima par
la volonté d'un préfet peu regardant sur le respect du droit. Des
forces de polices impressionnantes sont mobilisées pour harceler,
traquer des citoyens qui ne font que leur devoir de porter secours à
d'autre personnes en situation sanitaire et psychique fragile.
CONTRE LA GUERRE, LES ORDONNANCES ET L’ÉTAT D’URGENCE PERMANENT, 3 RAISONS DE MANIFESTER LE 14 JUILLET !
• Manifestons le 14 juillet contre la guerre 14 juillet – Macron s’affiche en chef de
guerre avec Trump. L’épouvantable président des USA, raciste et
misogyne, lui sert de complice. Pitoyable… et dangereux ! La fête de la
prise de la Bastille est défigurée depuis trop longtemps par les
démonstrations de force militaire. Macron en rajoute avec sa communication de monarque : « Vive la guerre, tous avec Trump. »
• Manifestons le 14 juillet contre la guerre sociale de Macron 14 juillet – Avec Macron, c’est l’été
meurtrier. Ses député·e·s l’autoriseront à gouverner par ordonnances,
qui sont les munitions de sa guerre sociale. Obsédé par la destruction
du Code du travail, il étend son offensive au contrat de travail, à la
sécurité sociale et pour les licenciements. « Vive le chômage et le
Medef », voilà son cri de guerre.
• Manifestons le 14 juillet pour nos droits et nos libertés contre l’état d’urgence permanent 14 juillet – Macron veut transformer
l’état d’urgence en état d’exception permanent, intégré à la loi
ordinaire. Préfets, Procureurs, policiers et militaires auront le droit
de perquisition, d’assignation à résidence, de réprimer les quartiers
populaires et les manifestations, sur simple ordre du gouvernement.Le Front Social, pour ces 3 raisons,
appelle à faire du 14 juillet une journée de reconquête populaire, de
contre offensive sociale et de manifestation. Venez nombreux·ses en
participant au défilé des luttes sociales permettant d’unir tou·te·s
celles et ceux qui ne veulent pas subir la politique de Macron et
défendre d’autres choix que la regression sociale.