par Luk Vervaet, 17 janvier 2018
J’avoue.
Je fais partie de ceux et celles pour qui la prison est un mal. Elle disparaîtra comme notre moyen principal pour rendre justice, comme notre manière principale de régler les problèmes sociaux et les conflits. Tout comme les exécutions, les bastonnades, les galères ou les bagnes ont disparu. Sa disparition fera partie de la naissance d’un autre monde, sans exploitation de l’homme par l’homme, sans inégalités, sans racisme.
Utopique ? Certes. Mais pas plus que ne l’étaient le « I have a dream » de Martin Luther King ou les luttes pour l’abolition de la peine de mort et de l’esclavagisme. En pleine conscience, cependant, que les politiques carcérales actuelles se dirigent exactement dans le sens opposé de cette utopie.
Chacun, dans le secteur carcéral, travaille à partir d’une conviction, d’une inspiration qui peut être différente. En tant qu’enseignant dans les prisons, j’ai accompli mon travail de manière correcte, sans illusions, essayant de transmettre un maximum de connaissances et d’atouts à mes détenus-étudiants. Pour leur offrir plus de chances de passer à une nouvelle étape dans leur vie. Chances qu’ils n’ont souvent pas eues ou qu’ils ont ratées. Les prisons sont des lieux hostiles, et je salue tous mes collègues qui continuent à s’investir, sans que personne ne s’y intéresse réellement.
À la place du mépris, du rejet et de l’isolement des détenus, j’ai essayé de mettre en place le dialogue et le respect, de transmettre les histoires de l’intérieur à l’extérieur et vice-versa. J’ai utilisé mon droit de faire entendre « la parole contraire », pour reprendre l’expression d’Erri De Luca, afin de dénoncer publiquement les politiques injustes et inhumaines dont j’étais témoin, envers la population carcérale en général et envers les condamnés ou soupçonnés de terrorisme en particulier.
J’avoue.
Je fais partie de ceux et celles pour qui la prison est un mal. Elle disparaîtra comme notre moyen principal pour rendre justice, comme notre manière principale de régler les problèmes sociaux et les conflits. Tout comme les exécutions, les bastonnades, les galères ou les bagnes ont disparu. Sa disparition fera partie de la naissance d’un autre monde, sans exploitation de l’homme par l’homme, sans inégalités, sans racisme.
Utopique ? Certes. Mais pas plus que ne l’étaient le « I have a dream » de Martin Luther King ou les luttes pour l’abolition de la peine de mort et de l’esclavagisme. En pleine conscience, cependant, que les politiques carcérales actuelles se dirigent exactement dans le sens opposé de cette utopie.
Chacun, dans le secteur carcéral, travaille à partir d’une conviction, d’une inspiration qui peut être différente. En tant qu’enseignant dans les prisons, j’ai accompli mon travail de manière correcte, sans illusions, essayant de transmettre un maximum de connaissances et d’atouts à mes détenus-étudiants. Pour leur offrir plus de chances de passer à une nouvelle étape dans leur vie. Chances qu’ils n’ont souvent pas eues ou qu’ils ont ratées. Les prisons sont des lieux hostiles, et je salue tous mes collègues qui continuent à s’investir, sans que personne ne s’y intéresse réellement.
À la place du mépris, du rejet et de l’isolement des détenus, j’ai essayé de mettre en place le dialogue et le respect, de transmettre les histoires de l’intérieur à l’extérieur et vice-versa. J’ai utilisé mon droit de faire entendre « la parole contraire », pour reprendre l’expression d’Erri De Luca, afin de dénoncer publiquement les politiques injustes et inhumaines dont j’étais témoin, envers la population carcérale en général et envers les condamnés ou soupçonnés de terrorisme en particulier.







