2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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vendredi 18 janvier 2019

Affaire Luk Vervaet : pourquoi je refuse le jugement



par Luk Vervaet, 17 janvier 2018 

J’avoue. 
Je fais partie de ceux et celles pour qui la prison est un mal. Elle disparaîtra comme notre moyen principal pour rendre justice, comme notre manière principale de régler les problèmes sociaux et les conflits. Tout comme les exécutions, les bastonnades, les galères ou les bagnes ont disparu. Sa disparition fera partie de la naissance d’un autre monde, sans exploitation de l’homme par l’homme, sans inégalités, sans racisme. 

Utopique ? Certes. Mais pas plus que ne l’étaient le « I have a dream » de Martin Luther King ou les luttes pour l’abolition de la peine de mort et de l’esclavagisme. En pleine conscience, cependant, que les politiques carcérales actuelles se dirigent exactement dans le sens opposé de cette utopie.

Chacun, dans le secteur carcéral, travaille à partir d’une conviction, d’une inspiration qui peut être différente. En tant qu’enseignant dans les prisons, j’ai accompli mon travail de manière correcte, sans illusions, essayant de transmettre un maximum de connaissances et d’atouts à mes détenus-étudiants. Pour leur offrir plus de chances de passer à une nouvelle étape dans leur vie. Chances qu’ils n’ont souvent pas eues ou qu’ils ont ratées. Les prisons sont des lieux hostiles, et je salue tous mes collègues qui continuent à s’investir, sans que personne ne s’y intéresse réellement. 

À la place du mépris, du rejet et de l’isolement des détenus, j’ai essayé de mettre en place le dialogue et le respect, de transmettre les histoires de l’intérieur à l’extérieur et vice-versa. J’ai utilisé mon droit de faire entendre « la parole contraire », pour reprendre l’expression d’Erri De Luca, afin de dénoncer publiquement les politiques injustes et inhumaines dont j’étais témoin, envers la population carcérale en général et envers les condamnés ou soupçonnés de terrorisme en particulier.         

lundi 31 décembre 2018

Communiqué de Presse : le verdict dans l'affaire Luk Vervaet (par Maitres Dounia Alamat et Christophe Marchand)

 Communiqué de presse :
 Mes Dounia Alamat – d.alamat@vergauwen-avocats.be ; 00.32.484.65.13.74 - et Christophe Marchand – cm@juscogens.be  

Affaire Luk VERVAET : L'état belge condamné, mais pas ses pratiques contre la liberté d'expression 

Après huit ans et demi de lutte judiciaire pour voir reconnaître la faute de l’Etat belge, qui lui avait interdit d’entrer en prison où il enseignait le néerlandais, le verdict est enfin tombé dans l’affaire VERVAET. 

Dans un arrêt du 20 décembre 2018, la Cour d’appel de Bruxelles reconnaît que l’État belge a bien commis une faute dans cette affaire. Il a en effet systématiquement refusé d’entendre Luk VERVAET pour lui permettre de s’exprimer et de se défendre relativement aux comportements qu’on lui reprochait. 

Ces comportements, Luk VERVAET les a ignorés jusqu’après avoir perdu son emploi.  

Dans le cours d’une des multiples procédures introduites pour tenter de sauvegarder ses libertés fondamentales, il avait finalement appris que la sûreté de l’Etat avait rédigé une note. 
Dans celle-ci, cet organe de surveillance avait relevé une série d’activités militantes de Monsieur VERVAET - membre du Comité pour la liberté d’expression et d’association, fondateur d’un parti politique, proche du PTB, critique de l’extradition de N. TRABELSI et de l’enfermement de B. KYMIONGUR) - non violentes et publiques, émettant la conclusion qu’il n’y avait rien à lui reprocher. Luk VERVAET y était décrit comme un activiste, défenseur des droits de l’homme et opposant à la politique menée en matière de lutte contre le terrorisme.  

mercredi 12 septembre 2018

Mon exclusion comme enseignant dans les prisons : une peine à perpétuité ?


  Lettre ouverte au ministre de la Justice, Koen Geens

Bruxelles 12 septembre 2018
Monsieur le ministre,
Je vous écris à l’occasion de la rentrée scolaire. C’est aussi une année d’élections qui s’annonce. Mais encore une année de nouveaux débats sur la prison de Haren et la politique pénale à mener dans le futur.
Ce mois de septembre 2018, cela fera dix ans que je ne peux pas reprendre mon travail en tant qu’enseignant dans les prisons belges. Ni rendre visite à un détenu dans aucune prison. Un interdit professionnel imposé en 2008 et maintenu jusqu’à ce jour, en dépit des décisions de justice. Par cette lettre, je vous demande de lever ce bannissement illégal.  
Un rappel des faits.
Permettez-moi de vous rappeler ce qui s’est passé il y a dix ans.
Le 3 août 2008, la direction générale des établissements pénitentiaires m’a interdit l’accès à toutes les prisons de Belgique. Pour des « raisons de sécurité ». À l’époque je ne pouvais pas prendre connaissance de ces « raisons » car il s’agissait, selon la direction des prisons, de la « sécurité nationale, de la défense nationale et de l’ordre public ». Rien moins que ça. Mes avocats eux-mêmes n’ont pas eu accès à mon dossier personnel. Il y aurait de quoi rire si je n’avais pas perdu mon travail, tout comme la possibilité de visiter des détenus.
Un de vos prédécesseurs et membre de votre parti, Stefaan De Clerck, a choisi de couvrir cet interdit professionnel devant la commission de la Justice du Parlement. Le 6 octobre 2009, il déclarait en réponse à une interpellation de la députée Ecolo Zoé Genot : « La décision de l’interdiction d’accès est une décision bien pesée qui a fait l’objet d’un examen approfondi de l’ensemble du dossier. Une telle mesure est exceptionnelle et n’est prise que sur base de raisons sérieuses. L’exclusion pour raisons de sécurité est prise sur base d’une appréciation du dossier global de la personne et ces raisons suffisent en soi pour justifier une exclusion ». Une déclaration digne d’un État policier.
Vous connaissez certainement l’éditorialiste Rik van Cauwelaert, qui commentait dans le magazine Knack : « L’interdit professionnel contre Luk Vervaet, exprimé sur base d’éléments tenus secrets, revient à un règlement de compte en bonne et due forme et au vol du travail d’un homme qui n’a pas caché ces dernières années les conditions inhumaines qu’il constatait dans les prisons belges… Seuls des États voyous se retranchent encore derrière la raison d’État pour imposer le silence à ceux qui pensent autrement ».