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Voici
la lettre ouverte de Pierre qui est passé jeudi 24 octobre devant la
cour d'appel de Grenoble. Le jugement a été mis en délibéré et sera
délivré le 21 novembre. D’ici là, nous maintenons cet appel et
continuons d’enregistrer le soutien des organisations et des
personnalités. Merci d’avance !
APPEL AU SOUTIEN DES MARAUDEURS POURSUIVIS EN JUSTICE
Je m’appelle Pierre, condamné en première instance à 3 mois de prison pour avoir aidé des personnes en détresse en montagne.
Pourquoi suis-je poursuivi en justice ?
Pour ceux qui me connaissent, j'ai toujours été sensible aux difficultés qu'un être humain peut rencontrer : handicap, détresse, différences... Modestement, je propose mon aide dans ces situations, préparant des repas chauds pour des associations d'aide aux SDF, pilotant des personnes handicapées sur les pistes de ski.
J’habite dans le Briançonnais, territoire de montagne frontalier avec l’Italie. Mes métiers sont l'accueil et l'accompagnement en montagne. Je tâche de les accomplir du mieux que je peux. Ils m'ouvrent à l'autre.
C'est pour ces raisons que naturellement quand des personnes en exil ont frappé à nos portes, j'ai ouvert la mienne.
Protéger et mettre à l'abri est la moindre des choses à faire et je participe à ce qu'on appelle des maraudes, afin de prévenir les accidents encourus par des êtres humains vulnérables, venus chercher protection chez nous. Il n’est pas acceptable que des personnes perdent la vie en tentant d’échapper à la police qui les refoule systématiquement en Italie. C'est pourtant ce qui s’est déjà produit. Depuis 2015 des dizaines de personnes n’ont trouvé que la mort en tenant de franchir la frontière entre l’Italie et la France. D’autres sont handicapées à vie.
Lors de ces maraudes j'ai découvert combien la loi n'était pas respectée par les personnes en charge de la faire appliquer : le 06 janvier 2018, alors que je portais secours à 4 personnes par -10° dans la neige dans le village de Montgenèvre, la Police aux frontières m'a interpellé. Je n'ai pu qu'assister impuissant aux arrestations des personnes exilés, mais la police déclare que je les ai aidé à s'échapper. Les faits ont été entièrement filmés et j'ai donc la preuve que cette déclaration est purement mensongère.
Le 24 octobre, je suis passé devant la Cour d’appel de Grenoble pour que la justice soit rétablie.
Ce qui m'a conduit devant un tribunal, c'est un abus de pouvoir de la police à l’encontre des personnes exilées, ce sont les fausses déclarations de policiers censés représenter la loi, c'est la volonté de faire un exemple de mon cas pour instaurer la peur... la peur d'aider l'autre, la peur de la solidarité.
En première instance à Gap, la justice a refusé de considérer les preuves de ces mensonges et a délibérément ignoré les éléments apportés pour ma défense.
La confirmation de la condamnation d’un autre maraudeur par la cour d’appel le 23 octobre dernier est un nouveau signa alarmant de la dérive de L’État de droit.
Dans ce climat d'intimidation et d'arbitraire, c’est la solidarité qui est attaquée, c’est la fraternité qui est menacée. Nous sommes tous en danger.
C'est pourquoi j'appelle votre soutien, pour moi, pour toutes les personnes démunies devant cette non-justice, pour les personnes en exil que vous avez rencontrées sur votre chemin et qui vous ont montré leur propre humanité, pour toutes les personnes que vous croiserez.
Merci.
APPEL AU SOUTIEN DES MARAUDEURS POURSUIVIS EN JUSTICE
Je m’appelle Pierre, condamné en première instance à 3 mois de prison pour avoir aidé des personnes en détresse en montagne.
Pourquoi suis-je poursuivi en justice ?
Pour ceux qui me connaissent, j'ai toujours été sensible aux difficultés qu'un être humain peut rencontrer : handicap, détresse, différences... Modestement, je propose mon aide dans ces situations, préparant des repas chauds pour des associations d'aide aux SDF, pilotant des personnes handicapées sur les pistes de ski.
J’habite dans le Briançonnais, territoire de montagne frontalier avec l’Italie. Mes métiers sont l'accueil et l'accompagnement en montagne. Je tâche de les accomplir du mieux que je peux. Ils m'ouvrent à l'autre.
C'est pour ces raisons que naturellement quand des personnes en exil ont frappé à nos portes, j'ai ouvert la mienne.
Protéger et mettre à l'abri est la moindre des choses à faire et je participe à ce qu'on appelle des maraudes, afin de prévenir les accidents encourus par des êtres humains vulnérables, venus chercher protection chez nous. Il n’est pas acceptable que des personnes perdent la vie en tentant d’échapper à la police qui les refoule systématiquement en Italie. C'est pourtant ce qui s’est déjà produit. Depuis 2015 des dizaines de personnes n’ont trouvé que la mort en tenant de franchir la frontière entre l’Italie et la France. D’autres sont handicapées à vie.
Lors de ces maraudes j'ai découvert combien la loi n'était pas respectée par les personnes en charge de la faire appliquer : le 06 janvier 2018, alors que je portais secours à 4 personnes par -10° dans la neige dans le village de Montgenèvre, la Police aux frontières m'a interpellé. Je n'ai pu qu'assister impuissant aux arrestations des personnes exilés, mais la police déclare que je les ai aidé à s'échapper. Les faits ont été entièrement filmés et j'ai donc la preuve que cette déclaration est purement mensongère.
Le 24 octobre, je suis passé devant la Cour d’appel de Grenoble pour que la justice soit rétablie.
Ce qui m'a conduit devant un tribunal, c'est un abus de pouvoir de la police à l’encontre des personnes exilées, ce sont les fausses déclarations de policiers censés représenter la loi, c'est la volonté de faire un exemple de mon cas pour instaurer la peur... la peur d'aider l'autre, la peur de la solidarité.
En première instance à Gap, la justice a refusé de considérer les preuves de ces mensonges et a délibérément ignoré les éléments apportés pour ma défense.
La confirmation de la condamnation d’un autre maraudeur par la cour d’appel le 23 octobre dernier est un nouveau signa alarmant de la dérive de L’État de droit.
Dans ce climat d'intimidation et d'arbitraire, c’est la solidarité qui est attaquée, c’est la fraternité qui est menacée. Nous sommes tous en danger.
C'est pourquoi j'appelle votre soutien, pour moi, pour toutes les personnes démunies devant cette non-justice, pour les personnes en exil que vous avez rencontrées sur votre chemin et qui vous ont montré leur propre humanité, pour toutes les personnes que vous croiserez.
Merci.





