2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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jeudi 11 décembre 2025

Lqliâa : six révélations d’AMDH qui brisent le récit officiel

, enass.ma, 10/12/2025

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Plus de deux mois après la nuit du 1er octobre à Lqliâa, le rapport de la Commission d’enquête de l’AMDH renverse profondément la version officielle . Au fil de témoignages concordants, d’images analysées et d’observations de terrain, le document met à nu une réalité tout autre : des tirs menés loin de la caserne, parmi…

Lors d’un point de presse organisé aujourd’hui au siège de l’Association marocaine des droits humains, en présence des familles des trois martyrs de Lqliâa, l’AMDH a présenté ce mercredi 10 décembre les conclusions du rapport de la commission essentielle pour comprendre ce qui s’est réellement déroulé cette nuit-là.

Le rapport de la Commission d’enquête commence par relever un premier fait fondamental : la soirée du 1er octobre s’est ouverte sur un vide sécuritaire “total et injustifié”, selon ses termes. Les premières manifestations, essentiellement composées de mineurs et de jeunes du quartier, commencent dès 17h30 sur l’avenue principale. Pourtant, aucune patrouille, ni de la police, ni de la gendarmerie, ni des forces auxiliaires n’est visible dans les premières heures. Le rapport souligne : « Les autorités n’ont accompagné ni encadré la manifestation à aucun moment initial, malgré l’annonce préalable et la mobilisation importante de mineurs » 

Pour la commission, cette absence d’encadrement a permis une montée progressive des tensions sans aucune médiation. Lorsque certains jeunes se dirigent vers la caserne, ils trouvent un bâtiment sans dispositif externe de protection, alors même que, comme le note le rapport, « il était du devoir des autorités de prendre des mesures préventives pour protéger les installations publiques, notamment la caserne de la gendarmerie ».Cette impréparation totale, jugée “incompréhensible”, a créé les conditions du dérapage qui suivra.

L’“attaque” de la caserne, un récit officiel qui ne tient pas

La deuxième vérité concerne la fameuse “attaque coordonnée” évoquée par le procureur dans sa communication. Selon le représentant du ministère public, la caserne aurait été la cible d’un assaut d’environ 200 personnes cherchant à y pénétrer. Le rapport de l’AMDH déconstruit patiemment cette version. Les vidéos, les témoignages et la visite des lieux confirment qu’il ne s’agissait pas d’une attaque organisée, mais d’un attroupement désordonné de quelques dizaines de jeunes. « Seule une dizaine d’individus ont réussi à arracher le portail extérieur, un portail léger et mal fixé », explique la commission, précisant qu’aucune tentative d’atteindre la porte intérieure, solide et intacte, n’a été constatée. Les enquêteurs insistent également sur l’absence de preuves d’une intention de s’emparer d’armes : « Il n’existe aucun élément indiquant que les jeunes tentaient d’accéder à des armes ou à des installations sensibles » 

 Les vidéos, largement analysées par la commission, montrent « un chaos ponctuel, des jets de pierres, et des comportements imprévisibles, mais rien qui s’apparente à une attaque structurée telle que décrite par le procureur lors de sa déclaration ». Le rapport rappelle que la caserne était totalement dépourvue de dispositif de protection externe : ni cordon de sécurité, ni présence dissuasive. Cette contradiction majeure entre le récit institutionnel et les faits constitue l’un des points centraux du document.

La troisième vérité est sans doute la plus accablante : la nature des tirs. Contrairement à ce qu’a soutenu la version officielle comme des tirs de sommation “strictement dirigés vers le ciel” , le rapport de la commission démontre, preuves à l’appui, que les gendarmes ont tiré à hauteur d’homme, parfois en s’éloignant de la caserne. « Les tirs n’ont pas été effectués en l’air : ils étaient horizontaux et visaient des personnes en mouvement, qui s’enfuyaient » , note clairement le rapport. 

La meme source explique que : « Les gendarmes commencent par tirer depuis les fenêtres et le toit, avant que 8 à 10 d’entre eux ne sortent et se dispersent dans les rues environnantes ». Le rapport précise : « Les distances de tirs ont atteint entre 100 et 500 mètres du centre, notamment près de la mairie et de la boulangerie Anoual » 

« Certaines vidéos montrent un gendarme prendre appui, viser et tirer un geste incompatible avec un tir de sommation », souligne Omar Arbib membre de l’AMDH. Les enquêteurs remarquent également la présence d’impacts dans des murs, des façades de commerces et des habitations. 

Le document conclut que l’usage de la force a été “anarchique, disproportionné et non conforme” aux règles d’intervention.

Le rapport établit clairement que les trois jeunes tués cette nuit-là n’étaient ni en train d’attaquer la caserne ni même positionnés dans son périmètre immédiat.  Abdessamade Oubalat est touché par balle dans une rue latérale, à environ 120 mètres du bâtiment. La commission rapporte : « La victime a été atteinte dans sa crane dans une zone sans affrontements actifs ». Mohammed Rahali (25 ans), quant à lui, circulait à vélo lorsqu’il reçoit une balle dans le dos : « Le jeune homme a chuté dans une impasse éloignée de plus de 100 mètres du portail de la caserne » 

Quand à Abdelhakim Drifidi (36 ans) est atteint dans le dos dans une zone encore plus éloignée au même endroit où Abdelsamade Oubalat a été tué, et au même moment », selon les constatations du rapport. Aucune des trois victimes n’était armée, aucune ne participait à une attaque, et toutes ont été touchées dans des espaces que la commission décrit comme “non menacés”. Les enquêteurs soulignent qu’il est dès lors impossible de considérer ces tirs comme défensifs : « Les lieux où sont tombés les trois victimes infirment catégoriquement l’hypothèse d’une riposte liée à une menace immédiate contre la caserne » 

Le rapport recense quatorze blessés par balles réelles, parmi lesquels plusieurs enfants. Les descriptions sont glaçantes. « Un enfant de 12 ans a été atteint au bras par une balle qui a traversé son coude pour ressortir derrière l’épaule » , rapporte la commission, et d’ajouter : « Le garçon de 12 ans a été opéré deux fois après avoir reçu une balle qui s’était logée dans son côté droit au niveau de l’épaule. Il a été rétabli et remis au procureur général près la Cour d’appel pour être libéré. Un autre enfant, âgé de moins de 14 ans et de constitution frêle, a été touché au bras par une balle. « Parmi les autres victimes, Y. Q., un jeune homme d’environ 22 ans résidant à Lqliaa, quartier Jnanat, a été atteint au bas-ventre. Après sa blessure par balle, il souffre désormais d’une paralysie des membres inférieurs », souligne la même source. 

Un autre mineur, âgé de treize ans, reçoit une balle dans le torse. Des adolescents, certains encore scolarisés au collège sont opérés d’urgence. Les hôpitaux d’Agadir et d’Inzegane accueillent ces blessés : thorax, cou, sternum, tête, ventre des zones vitales qui démontrent clairement que les tirs n’étaient pas dirigés vers le ciel.

 Selon les informations recueillies par l’AMDH, « tous les blessés étaient strictement surveillés à l’hôpital et n’étaient pas accessibles aux visites, tous placés sous détention et mesures de garde à vue ». En effet, , tous les cas convergent vers la même conclusion : « Les zones d’impact des projectiles établissent des tirs dirigés vers des individus et non des tirs de dissuasion » 

Enfin, la commission s’intéresse à ce qui s’est passé après les tirs et les conclusions sont tout aussi préoccupantes. Les minutes qui suivent sont marquées par une absence totale d’ambulances. Le rapport note : « Les blessés ont été laissés à terre sans assistance médicale, et les habitants ont dû assurer eux-mêmes les premiers secours » 

Des vidéos montrent des jeunes transportant les blessés à moto, sur des planches ou dans des véhicules privés. Les familles, quant à elles, parcourent plusieurs hôpitaux à la recherche de leurs proches, parfois toute la nuit. Dans le cas d’Abdesamade Oubalat, la commission rapporte : « La famille n’a trouvé son nom dans aucun registre hospitalier et ne l’a découvert que plusieurs heures plus tard, lorsqu’il a été retrouvé à la morgue, une fiche marquée d’un X posée sur son ventre. »La commission souligne qu’après les événements, la commission d’enquête d’AMDH a tenté de rencontrer les autorités procureur, gouverneur, services régionaux mais toutes leurs démarches sont restées vaines. Selon le rapport : « Les demandes d’information sont restées sans réponse, à l’exception d’une rencontre avec la gendarmerie, qui n’a fourni aucun détail, ni balistique ni factuel. » Une opacité totale, qui laisse planer un silence lourd sur la vérité…

lundi 8 décembre 2025

Rapport annuel 2024 de l'AMDH : une situation préoccupante

Article19.ma, 7/12/2025

L’Association marocaine des droits humains (AMDH) vient de présenter son rapport annuel portant sur la situation des droits humains en 2024, signalant une multiplication des atteintes aux libertés publiques, des restrictions à la presse et au droit d’organisation, ainsi qu’une dégradation des droits sociaux.

Selon l’AMDH, le document s’appuie sur des observations directes, des plaintes reçues, des données médiatiques et des rapports nationaux et internationaux. L’Association précise qu’il s’agit d’indicateurs partiels et non d’un recensement exhaustif.

+ 2.650 décès en 2024, soit un taux de suicide national de 7,2 pour 100.000 habitants +

L’AMDH a recensé 14 décès en milieu carcéral, 57 décès dans les hôpitaux publics, 57 décès liés aux accidents du travail, 10 décès dus à des morsures ou piqûres d’animaux venimeux, 13 décès par intoxication ou fuite de gaz, et 46 décès par noyade, notamment lors de tentatives de migration clandestine.

Le rapport estime le nombre de suicides à environ 2.650 décès en 2024, sur la base d’un taux national de 7,2 pour 100.000 habitants.

+ Libertés publiques +

L’Association fait également état de poursuites judiciaires visant militants, journalistes ou défenseurs des droits humains. Au total, 105 personnes ont été poursuivies ou détenues, dont des figures de mouvements sociaux et des acteurs associatifs.

L’AMDH signale le maintien en détention de six condamnés du Hirak du Rif, avec des peines allant jusqu’à 20 ans. L’ONG évoque aussi des procédures contre journalistes, blogueurs et étudiants, ainsi que des restrictions visant certaines organisations associatives privées d’autorisation ou de renouvellement légal.

Le rapport relève un usage récurrent de la force lors de manifestations et pointe « l’absence d’enquêtes judiciaires systématiques » à la suite des plaintes.

+ Chômage et précarité +

Le rapport fait état d’un taux officiel de chômage de 13,3 %, porté à 21,3 % selon le recensement 2024, avec une hausse des formes de travail non déclarées et une baisse du taux d’activité.

Environ 60 % des actifs ne bénéficient d’aucune pension, 46 % ne disposent d’aucune couverture médicale, et 800.000 salariés ne sont pas déclarés à la CNSS, selon l’Association.

L’AMDH signale des accidents de transport collectif d’ouvrières agricoles, en l’absence de contrôle de sécurité, et une dégradation des services publics, notamment dans la santé, l’éducation et l’accès au logement.

+ Santé, femmes, enfants, handicap, migration et asile : fragilités structurelles +

Le rapport relève qu’en 2024, il y avait une faible part budgétaire consacrée à la santé, des fermetures de centres médicaux, une pénurie de personnel et des écarts territoriaux d’accès aux soins. L’Association évoque « des retards structurels » dans les services d’urgence, de prévention et de prise en charge.

le faible taux de participation économique des femmes, estimé à 80 % d’inactivité, et une protection insuffisante contre la violence, la précarité et l’exploitation, notamment dans les secteurs agricoles et informels.

En matière de droits de l’enfant, l’AMDH recense des cas élevés d’agressions sexuelles, de mariages précoces, un niveau élevé de décrochage scolaire, et 110.000 enfants travailleurs, dont 88.000 en zones rurales, souvent dans des activités dangereuses.

Pour les personnes en situation de handicap, l’Association relève des difficultés d’accès à l’éducation, à l’emploi, aux soins et à l’inclusion, et appelle à une mise en œuvre effective des normes internationales.

Le rapport décrit aussi une situation difficile pour les migrants irréguliers et les demandeurs d’asile, marquée par une précarité sociale, l’absence d’accès aux services de base, la montée des discours hostiles sur les réseaux sociaux, et des décès liés aux routes migratoires vers l’Europe ou les Canaries. L’AMDH estime que la réponse sécuritaire « ne saurait remplacer un traitement des causes profondes ».

Le document rapporte un faible taux de participation économique des femmes, des cas récurrents de violence et d’exploitation en milieu agricole, ainsi que des difficultés d’accès à la protection sociale.

L’AMDH recense 110.000 enfants travailleurs, majoritairement en milieu rural. L’Association fait également état d’un manque d’infrastructures pour les personnes en situation de handicap et d’un accès inégal à la formation, à l’emploi et aux soins.

lundi 22 septembre 2025

L’AMDH dépose plainte contre l’usage présumé des ports marocains pour le transport d'armes vers Israël

Instant T, TelQuel, 19/9/2025


Dans un communiqué rendu public le 17 septembre, l’AMDH affirme s’appuyer « sur des données fiables » recueillies antérieurement et qui, selon l’organisation, soulèvent « des inquiétudes quant à l’implication de certains navires transitant par les eaux et les ports marocains dans des opérations logistiques liées au transport de matériel militaire, de pièces de rechange ou d’armes destinés à cibler les civils palestiniens ». 

L’AMDH formule plusieurs exigences dans sa plainte et son communiqué : rappeler la responsabilité de l’État marocain à respecter ses obligations internationales en matière de droits humains et de droit international humanitaire ; appeler les autorités compétentes à prendre « toutes les mesures légales pour vérifier ces soupçons et établir les responsabilités » ; et réaffirmer sa « solidarité indéfectible avec le peuple palestinien ». 

Le texte invite par ailleurs « toutes les organisations politiques et de la société civile, aux militants des droits humains et aux militants qui soutiennent le peuple palestinien », ainsi que les médias nationaux et étrangers, à suivre l’évolution de la plainte et à poser leurs questions aux autorités et à l’association. 

Le dépôt d’une plainte auprès de la présidence du Ministère public déclenche, en droit pénal marocain, la possibilité pour le parquet d’ouvrir une enquête préliminaire afin de vérifier les faits allégués et d’identifier d’éventuelles responsabilités pénales ou administratives. 

L’ampleur et la rapidité de la procédure dépendront toutefois des éléments matériels fournis par l’AMDH et des suites que donnera le Ministère public. L’association réclame une « enquête urgente », soulignant le caractère grave des allégations et condamnant « toute forme de participation ou de soutien à la machine de guerre de l’entité sioniste raciste.».

mardi 12 août 2025

À Tiznit, dans le sud du Maroc, la hausse des refoulements de migrants inquiète les associations

 Romain Philips Rana AldiabInfoMigrants, 7/8/2025                                                                                                       Un camp de migrants à Tiznit au sud du Maroc. Crédit : DR
Un camp de migrants à Tiznit au sud du Maroc. Crédit : DR

Ces derniers mois, les associations humanitaires de Tiznit, dans le sud du Maroc, observent une hausse des expulsions et s’inquiètent de la situation dans cette ville dépourvue de structures d’accueil.

C’est un ballet régulier et de plus en plus intense que décrit Roméo Nyamsi, de l’antenne de Tiznit d’Alarme Phone Sahara. Il arpente quotidiennement les rues de Tiznit, ville de 90 000 habitants dans le sud du Maroc, et constate depuis ces six derniers mois "des expulsions de plus en plus fréquentes". "Les bus arrivent tous les 2-3 jours et laissent environ 50 à 70 migrants", raconte-t-il à InfoMigrants.

Déposés à chaque fois dans des endroits différents de la ville située à une centaine de kilomètres d'Agadir et quelque 700 km de Rabat, à l’abri des regards, ces migrants - principalement des Soudanais, Guinéens, Camerounais et Ivoiriens - sont refoulés après avoir été arrêtés dans le nord du pays.

"La plupart vivent de la mendicité"

Une fois envoyés à Tiznit, les migrants "font comme ils peuvent". "Ils se débrouillent. La plupart vivent de la mendicité", ajoute-t-il, regrettant l’absence de centre d’accueil "pour les accueillir, les intégrer ou les aider".

Auparavant, un camp existait dans la ville, mais, en mars dernier, un incendie - tuant deux personnes - a ravagé ce lieu de vie. Depuis, "on essaie de trouver un autre endroit pour que les gens puissent au moins se reposer mais on n’a pas trouvé. C’est compliqué d’obtenir cela", raconte le référent d’Alarme Phone Sahara.

"Ils mendient en groupes dispersés près des feux de circulation. Certains dorment en plein air sur l’un des ronds-points de Tiznit", confirme El Madani Dahbi, responsable de la section locale de l'Association marocaine des droits humains (AMDH) à InfoMigrants.

La population migrante de la ville, qui peine à se procurer eau et nourriture en quantité suffisante, vit donc "grâce à la solidarité des habitants". Tiznit "représente un cas emblématique de ville moyenne où les acteurs locaux se voient déléguer de facto la gestion de l’accueil des migrants dispersés depuis 2015 par l’État marocain", rapportait déjà un rapport de l’institut Convergences migrations en 2021.

"L’arrêt de toute forme d’expulsions arbitraires"

La situation actuelle de Tiznit commence en tout cas à inquiéter les associations de défense des droits humains. Début août, l’Association marocaine des droits de l’Homme a indiqué dans un communiqué suivre "avec une grande inquiétude" les expulsions de migrants d'Afrique subsaharienne "en l'absence des conditions minimales d'hébergement et de prises en charge sanitaire et psychologique".

Elle regrette des expulsions "sans aucune considération pour les droits de l'homme ni planification pour préserver la dignité des déportés et garantir le respect des droits fondamentaux", sans toutefois pouvoir les chiffrer. "C’est difficile de savoir les chiffres exacts des expulsions qui se sont intensifiées ces derniers mois car les migrants sont déposés très tôt le matin, secrètement, et très peu de personnes restent", ajoute El Madani Dahbi.

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Certains deviennent marchands ambulants, arrivent à se faire employer au marché, comme assistants d’artisans ou dans des fermes, rapportent les humanitaires interrogés, "mais une fois l'argent récolté, ils repartent pour le nord du Maroc, espérant traverser la mer pour rejoindre l'Europe". Depuis les côtes du nord, ils tentent d'atteindre le sud de l'Espagne, tandis qu'à l'ouest les exilés essayent de rallier l'archipel des Canaries.

Mais ces routes sont de plus en plus contrôlées par les autorités marocaines. Depuis le réchauffement des relations diplomatiques entre Rabat et Madrid en 2022, le Maroc a fait de la lutte contre l'immigration irrégulière une de ses priorités. Selon le ministère de l'Intérieur marocain, près de 80 000 migrants ont été empêchés de rejoindre l'Union européenne depuis le Maroc au cours de l'année 2024. En 2023, ce sont 87 000 migrants qui ont été interpellés sur la route vers l’Europe et encore 70 000 l’année précédente. Et la majorité de ces personnes sont originaires d’Afrique subsaharienne.

L’AMDH réclame donc "l’arrêt de toute forme d’expulsions arbitraires" et la mise en place d’un "plan humanitaire global" car le Maroc reste un pays de transit pour des milliers de migrants désireux de rejoindre l'Union européenne (UE). 

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Routes migratoires : près de 80 000 migrants interceptés par le Maroc en 2024

mardi 22 juillet 2025

Midelt : Un comité «vérité et responsabilité» voit le jour après la mort de Mohammed Bouslikhen

 Sebbane Fatima Zahra, Yabiladi, 21/7/2025

Les sections locales de l'Association marocaine des droits humains (AMDH) à Khénifra, Béni Mellal et Drâa-Tafilalet ont annoncé la création d'un «Comité vérité et responsabilité», suite au décès du jeune berger Mohamed Bouslikhen à Agbalou (province de Midelt), dans des circonstances mystérieuses. Le comité est composé de militants associatifs et d'un groupe de défenseurs des droits humains de Midelt, ainsi que de la région de Drâa-Tafilalet. L'objectif est de faire connaître la vérité et tenir tous les impliqués responsables.

Dans un communiqué, l'association a déclaré que cette initiative vient en réponse à ce qu'elle a qualifié d'«hypothèses de suicide qui ne répondent pas aux normes légales» et au milieu de ce qu'elle a appelé des campagnes médiatiques non documentées, promues via des pages Facebook locales. Elle a considéré ces contenus comme des tentatives d'influencer l'opinion publique et le détourner de la vérité.

Le comité a annoncé l'organisation d'un convoi de solidarité vers la région d'Agbalou, mercredi 23 juillet 2025, afin de rencontrer la population locale et présenter ses condoléances à la famille du défunt, dans le cadre d'un programme de plaidoyer visant à faire respecter la responsabilité légale.

Le procureur général près la Cour d'appel d'Errachidia a confirmé, le 9 juillet, que les résultats de l'autopsie initiale du corps de Mohamed Bouslikhen, un jeune berger de 15 ans retrouvé pendu dans la région de Boumia, province de Midelt, le lundi 16 juin, ont montré que la mort était due à une strangulation par corde, sans aucune preuve d'agression sexuelle ou physique sur le corps, contrairement à ce qui avait été diffusé sur certaines plateformes.

Malgré le démenti de tout signe de violence, la source a souligné que les enquêtes judiciaires sont toujours en cours.

Les sections locales de l'Association marocaine des droits humains (AMDH) à Khénifra, Béni Mellal et Drâa-Tafilalet ont annoncé la création d'un «Comité vérité et responsabilité», suite au décès du jeune berger Mohamed Bouslikhen à Agbalou (province de Midelt), dans des circonstances mystérieuses. Le comité est composé de militants associatifs et d'un groupe de défenseurs des droits humains de Midelt, ainsi que de la région de Drâa-Tafilalet. L'objectif est de faire connaître la vérité et tenir tous les impliqués responsables.

Dans un communiqué, l'association a déclaré que cette initiative vient en réponse à ce qu'elle a qualifié d'«hypothèses de suicide qui ne répondent pas aux normes légales» et au milieu de ce qu'elle a appelé des campagnes médiatiques non documentées, promues via des pages Facebook locales. Elle a considéré ces contenus comme des tentatives d'influencer l'opinion publique et le détourner de la vérité.

Le comité a annoncé l'organisation d'un convoi de solidarité vers la région d'Agbalou, mercredi 23 juillet 2025, afin de rencontrer la population locale et présenter ses condoléances à la famille du défunt, dans le cadre d'un programme de plaidoyer visant à faire respecter la responsabilité légale.

Le procureur général près la Cour d'appel d'Errachidia a confirmé, le 9 juillet, que les résultats de l'autopsie initiale du corps de Mohamed Bouslikhen, un jeune berger de 15 ans retrouvé pendu dans la région de Boumia, province de Midelt, le lundi 16 juin, ont montré que la mort était due à une strangulation par corde, sans aucune preuve d'agression sexuelle ou physique sur le corps, contrairement à ce qui avait été diffusé sur certaines plateformes.

Malgré le démenti de tout signe de violence, la source a souligné que les enquêtes judiciaires sont toujours en cours.



samedi 4 janvier 2025

L'Association internationale des juristes pour le Sahara occidental condamne les attaques contre Aziz Ghali

Las  Palmas  de  Gran  Canaria (Espagne), 31 déc 2024 (SPS)- L'Association internationale des juristes pour le Sahara occidental a exprimé sa profonde préoccupation face aux attaques et à la campagne de diffamation orchestrée contre Aziz Ghali, président de l'Association marocaine des droits de l'homme (AMDH) et premier vice-président de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH).


Inés Miranda , présidente de l'AIJSO/IAJUWS, conseillère du Cabildo insulaire de Grande Canarie


Ces actions font suite aux déclarations du dirigeant de l'AMDH, dans lesquelles il a exprimé son soutien indéfectible au droit du peuple sahraoui à l'autodétermination, une position que l'Association a défendue conformément aux résolutions des Nations Unies et à la légitimité internationale.

L'Association a affirmé dans son communiqué que la campagne de harcèlement contre Aziz Ghali vise non seulement à faire taire sa voix mais aussi à entraver le travail de l'Association marocaine des droits de l'homme, en particulier en ce moment sensible où l'Association se prépare à tenir son 14e Congrès. Elle a noté que ce type de harcèlement démontre une tentative des autorités marocaines de restreindre la liberté d'opinion et d'expression et le fonctionnement normal des organisations de défense des droits de l'homme dans le pays.

Dans ce contexte, l'Association internationale des juristes pour le Sahara occidental a condamné les violations continues des droits de l'homme commises dans les territoires occupés du Sahara occidental, qui comprennent les mauvais traitements infligés aux militants sahraouis, ainsi que l'interdiction faite aux observateurs internationaux d'entrer dans les territoires occupés pour documenter la situation des droits de l'homme.(SPS)

dimanche 29 décembre 2024

Séisme d’Al Haouz: le président de la Coalition des sinistrés incarcéré

, H24 Info, 26/12/2024 

Said Aït Mehdi, président de la «Coordination des victimes du séisme d'Al-Haouz», lors d'une conférence organisée par le Parti marocain libéral à Rabat. © DR

Said Aït Mehdi, président de la «Coordination des victimes du séisme d’Al Haouz», va comparaître devant la justice lundi prochain à Marrakech

dimanche 2 août 2020

VOICI LA LETTRE QU'OMAR RADI A LAISSEE A SES AMIS.

OMAR RADI MIS EN PRISON ET POURSUIVI POUR ESPIONNAGE ET VIOL. VOICI LA LETTRE QU'IL A LAISSEE A SES AMIS.
Notre confrère marocain Omar Radi, un homme connu pour ses qualités journalistiques et sa liberté de ton, est harcelé par le régime. D'abord poursuivi pour "espionnage" (pour la Couronne britannique!), voilà maintenant qu'une plainte pour viol est ajoutée au menu de ses tourments et lui vaut depuis le 29 juillet une incarcération. Il avait, la veille, écrit une lettres à ses amis à diffuser au cas où... Voici la traduction française:

"Samedi 25 juillet, immédiatement après ma sortie d'un interrogatoire mené par la Brigade nationale de la police judiciaire [au sujet des soupçons d’« espionnage » et de « financement étranger » pour lesquels il fait l'objet d'une enquête préliminaire depuis juin dernier, et pour lesquels il est aujourd'hui poursuivi en état de détention], l'Association marocaine des droits de l'Homme (AMDH) m'a informé, par le biais de son bureau central de Rabat, qu'une femme s'était rendue à leur siège pour les informer du dépôt d'une plainte m'accusant de viol dans la nuit du 12 au 13 juillet. La plaignante a sollicité le soutien de l'AMDH. J'ai par la suite pu relater ma version des faits à l'association.
Le 26 juillet, soit un jour plus tard, j'ai été convoqué par la Gendarmerie royale en compagnie d'une personne présente au moment des faits visés par la plainte susmentionnée. Nous nous sommes présentés devant la gendarmerie royale le 27 juillet, et j'ai été interrogé pendant une dizaine d'heures. La personne qui m'accompagnait a elle aussi été entendue en qualité de témoin. Bien que je sois obligé de respecter le secret de l'enquête et de l'instruction, je considère qu'il est de mon devoir d'apporter les précisions suivantes, qui ne parviendront à l'opinion publique que dans l'éventualité où je ne serais plus en mesure de communiquer par mes propres moyens:
- Au cours de l'enquête, j'ai fermement réfuté les accusations fausses et fallacieuses portées à mon encontre. J'ai assuré aux enquêteurs qu'il s'agissait d'une plainte malveillante, et que contrairement aux allégations de la plaignante, cette nuit-là, elle et moi avions eu à deux reprises des relations sexuelles consenties. J'ai également présenté aux enquêteurs des éléments confirmant l'acceptation mutuelle de cette relation, ainsi que d'autres preuves que je me réserve le droit de taire à ce stade, et qui seront présentées devant l'opinion publique le moment venu.
- Lors de la confrontation qui s'est tenu entre moi et la plaignante en présence du témoin, j'ai défendu mon innocence et mis la plaignante face aux multiples contradictions que comportait sa version. S'étant sentie en difficulté, elle a attaqué le témoin, qui a lui aussi présenté des éléments allant à l'encontre de son récit, en le menaçant de poursuite pour intention criminelle. Or, celui-ci n'a aucune implication dans ce dossier, mis à part sa présence au moment des faits ayant constitué l'objet de cette plainte infondée.
Outre les données très sommaires partagées dans ce communiqué, s'expliquant par le fait que l'instruction étant toujours en cours, je souhaiterais attirer l'attention de l'opinion publique sur les points suivants:
- Je suis absolument certain que l'opinion publique nationale et internationale, ainsi que toutes celles qui me connaissent, qu'elles soient amies, collègues ou camarades, ne se laisseront pas flouer par les mensonges et la calomnie ciblant ma personne. Et nul ne peut croire que l'activation de cette plainte malveillante, en ce moment précis, n'est qu'une innocente coïncidence, ou un dossier tout à fait séparé du harcèlement judiciaire dont je fais l'objet. Tout le monde se souvient du piège qui m'a récemment été tendu en compagnie du journaliste Imad Stitou*.
- J'ai été victime d'un coup monté savamment orchestré, préparé depuis des mois. Les efforts visant à m'entraîner dans ce piège ont duré de longues semaines, en conjonction avec mes convocations répétées, qui m'épuisaient sur les plans physique et psychologique. J'assume l'entière responsabilité des décisions relevant de ma vie privée, ainsi que mes relations en tant qu'adulte, en conformité avec les convictions que j'ai toujours défendu, notamment durant l'enquête qui a porté sur ma liberté à entretenir des relations consenties. J'assure à l'opinion publique que mon seul crime dans ce dossier/coup monté est mon exercice de ma liberté individuelle avec une certaine indifférence face aux dangers qui me guettaient, et une insouciance vis-à-vis des oppresseurs qui me poursuivaient nuit et jour, recensaient mes déplacements et mes mouvements. Quelle que soit l'issue de ce dossier, je ne me laisserai pas abattre. Je garderai la tête haute. Je n'ai aucune crainte et aucune inquiétude. Je n'ai nui à personne, et n'ai trahi ni mes principes, ni les fondements de mon éducation, ni mes référentiels politiques, ni la confiance de mes amies et amis.
- L'oppression n'est pas un horizon. La liberté arrivera, inévitablement. Si le moment est venu pour moi de payer le prix de mes engagements, au nom de la jeune génération tourmentée née entre l'ancien régime de Hassan II et le prétendu nouveau régime de Mohammed VI, je suis prêt à le payer avec courage, et j'irai vers mon destin rassuré, souriant et la conscience tranquille.
Ecrit le mardi 28 juillet 2020 à Casablanca."

mercredi 5 février 2020

Maroc : Campagne de répression contre les utilisateurs de réseaux sociaux








Tous les prisonniers d’opinion doivent être libérés

mardi 11 juin 2019

Khadija Ryadi : « L’insurrection populaire va se produire au Maroc »


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Publié le 10 juin 2019


Khadija Ryadi : « L’insurrection populaire va se produire au Maroc »

Khadija Ryadi : « L’insurrection populaire va se produire au Maroc »

Entretien avec Khadija Ryadi, qui fut la première femme à occuper la présidence de l’Association marocaine des droits humains, autour de la situation des mouvements sociaux au Maroc.
Khadija Ryadi fut la première femme à occuper la présidence de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), fonction qu’elle occupa de 2007 à 2013. Créée en 1979, cette association fête ses 40 ans cette année, c’est une des deux plus anciennes ONG des droits humains dans le royaume. Khadija Ryadi a remporté le prix des Nations unies pour les droits de l'homme en 2013.

Pouvez-vous nous présenter l’Association marocaine des droits humains (AMDH) ?
L’AMDH travaille sur différents aspects économiques, sociaux, culturels, environnementaux ou encore civils et politiques, ainsi que les droits des femmes, des migrants, des enfants ou des handicapés. L’AMDH, qui compte environ 12 000 membres, dispose de trois sections en Europe et est implantée dans tout le Maroc avec 92 sections locales. L’AMDH est membre de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme, le réseau Euro-méditerranéen des droits de l’homme (Euromed Droits), l’Organisation arabe des droits humain (Arab organization for human rights) et la Coordination maghrébine des organisations des droits humains dont je suis actuellement coordinatrice au nom de l’AMDH. L’AMDH se caractérise par son unique référentiel universel des droits de l’homme.

De passage à Bruxelles, vous êtes intervenue sur la question des prisonniers politiques. De quoi s’agit-il au juste ?
En effet, au Maroc, il y a actuellement des centaines de prisonniers politiques. Il s’agit généralement de personnes qui réclament des droits élémentaires et fondamentaux, l’enseignement et la santé publiques, l’eau potable, la fin de la corruption, etc. Ces droits élémentaires devraient pourtant être garantis par l’État, vu l’engagement officiel du Maroc dans le domaine des droits humains.
Au Rif, au nord du Maroc, à Al Hoceima en particulier, un mouvement a été déclenché par la mort d’un poissonnier, Mohcine Fikri. Ce dernier a voulu récupérer sa marchandise confisquée par les autorités et jetée dans une benne à ordure, mais celle-ci l’a broyé et il est mort écrasé, c’était le 28 octobre 2016. Des milliers de personnes sont immédiatement sortis dans les rues jusqu’en mai 2017 quand la répression a rendu impossible la poursuite du mouvement. La brutalité, le nombre démesuré d’arrestations, la torture et les procès politiques ont freiné cette ardeur populaire. Des centaines de personnes ont été arrêtés et une cinquantaine d’entre elles, dont les leaders connus de ce mouvement, ont été transféré à 700 kilomètres de leur lieu de résidence pour être jugé à Casablanca, ce qui a augmenté les souffrances des familles qui devaient faire des déplacements démesurés chaque semaine pour assister au procès et visiter leurs parents dans les prisons. Les peines atteignent jusqu’à 20 années d’emprisonnement ferme. Au-delà du Rif, d’autres villes au Maroc ont connu des protestations populaires et ont été confrontées à la répression, aux arrestations et à des procès politiques.

Combien de personnes dans le cadre du Hirak seraient encore en prison aujourd’hui ?
L’AMDH a recensé plus de mille personnes qui sont passées par la prison à cause des protestations sociales au cours du mouvement du Hirak qu’a connu le Maroc en 2017-2018. On attend le nouveau rapport de l’AMDH (1) pour voir la situation mise à jour, car plusieurs personnes sont sorties, d’autres, une centaine environ, ont été gracié l’année dernière, puis une centaine cette année. Mais, selon ma propre estimation, il y aurait entre 300 et 400 personnes encore en prison. Les arrestations et les jugements iniques continuent.

samedi 14 avril 2018

Maroc :Appel urgent- Arrestation et détention arbitraire de M. Zine El Abidine Erradi, membre de l’Association marocaine des droits humains





Détention arbitraire Maroc
12 avril 2018


L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, partenariat de la FIDH et de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), vous prie d’intervenir de toute urgence sur la situation suivante au Maroc.

Description de la situation :
L’Observatoire a été informé par des sources fiables de l’arrestation et de la détention arbitraire de M. Zine El Abidine Erradi, membre de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) section Paris / Île-de-France et ancien membre fondateur et vice-président de la section de Sidi Ifni.
Selon les informations reçues, le 4 avril 2018, M. Erradi a été arrêté à l’aéroport d’Agadir par la police marocaine, puis transféré au commissariat de Sidi Ifni. Cette arrestation intervient en lien avec une précédente condamnation à un an de prison ferme et 5000 Dirhams (environ 450 euros) d’amende pour « manifestation violente et non autorisée » et « désobéissance civile » prononcée in absentia en 2016 par la Cour d’appel d’Agadir à la suite de sa participation aux mobilisations populaires de 2014 demandant la tenue d’une enquête sur la mort d’un jeune de Sidi Ifni, suspectant la police d’avoir joué un rôle dans la disparation de celui-ci.
 

lundi 19 mars 2018

Communiqué du Bureau Central de l’AMDH concernant les événements de Jerada.



Communiqué du Bureau Central de l’Association Marocaine des Droits Humains concernant les événements de Jerada.

La ville de Jerada connait depuis le mois de décembre dernier des manifestations pacifiques continues déclenchées par la hausse des prix des factures d’eau et d’électricité. Cette mobilisation s’est répandue dans toute la ville et s’est amplifiée suite au décès de deux citoyens frères, le 22 décembre 2017, dans un puits « sauvage » d’extraction de charbon. Le 1er février, une autre personne est décédée dans les mêmes conditions. Depuis, la mobilisation a continué, maintenant son caractère pacifique et revendiquant des droits sociaux et économiques dont la légitimité a été reconnue par tout le monde. Il s’agit du droit à une alternative économique qui puisse assurer une vie digne pour tou-te-s, et de demander des comptes aux personnes responsables de la détérioration des conditions dans laquelle s’est retrouvée la ville de Jerada.
Malheureusement, les autorités, comme à l’accoutumé, ont opté pour l’approche sécuritaire et répressive, qui confirme leur incapacité à gérer d’une manière réaliste et adaptée de telles situations. Elles ont décidé d’interdire les manifestations, par l’usage de la force, et ce depuis le 14 mars 2018, sans se soucier des conséquences humaines que cela pourrait engendrer dans le rang des manifestant-e-s et des forces de l’ordre ; surtout que des ouvriers avaient décidé d’observer des sit-in à l’intérieur des puits miniers comme forme de protestation contre l’usage de la force.
Tout en soulignant le climat de non confiance et la dislocation que l’approche sécuritaire des autorités face au mouvement populaire dans le Rif a créé dans les rapports entre l’Etat et les citoyens et citoyennes, le Bureau Central de l’AMDH suit de près l’évolution des évènements tragiques dans la ville de Jerada, et déclare ce qui suit :
  • Apporte son soutien à la population de Jerada dans sa lutte pour ses revendications légitimes et son droit à des mesures alternatives urgentes qui puissent assurer aux citoyennes et citoyens une vie digne, un développement durable, une stabilité économique et sociale et du travail pour tou-te-s.
  • Exprime sa préoccupation devant la volte-face des autorités vis-à-vis de leur dialogue avec les habitant-e-s de Jerada, en privilégiant l’approche sécuritaire et l’interdiction des manifestations pacifiques, la dispersion à l’aide des véhicules des forces de sécurités des manifestants, la répression et les arrestations arbitraires.
  • Alerte l’État sur sa responsabilité face aux conséquences de l’approche sécuritaire qui ne fera qu’aggraver la situation et qui risque d’entraîner une augmentation du nombre de victimes et des tensions suite aux arrestations et au climat de colère qui en découlera.
  • Exprime son étonnement face au silence du gouvernement, et sa lenteur pour traiter les revendications et la mise en œuvre des promesses tenues suite aux dialogues que les responsables ont eu avec les habitant-e-s, et ce malgré qu’ils aient reconnu la légitimité des revendications de la population, misant sur l’usure par le temps du mouvement en attendant le moment de s’en débarrasser.
  • Appelle l’Etat à revenir au dialogue et à tenir ses engagements, répondant aux revendications du mouvement populaire de Jerada, qui rendraient à la ville le rayonnement et la dynamique qu’elle a perdus après la fermeture de la société minière, en l’absence d’alternatives économiques pouvant assurer une vie digne aux habitant-e-s et maintenir les droits acquis par les travailleurs des mines grâce à leurs luttes et sacrifices pendant des décennies.
  • Réclame la nécessité d’ouvrir des enquêtes concernant les crimes économiques à Jerada, la traduction en justice des véritables bénéficiaires qui se sont enrichis de l’extraction « clandestine » du charbon et des tragédies qui s’en sont découlées ; et d’indemnisation des victimes des puits « clandestins » et de leurs familles.
  • Appelle à la libération des détenus, à l’apaisement des tensions dans la ville, au respect du droit à la manifestation pacifique, à la cessation de l’usage de l’approche sécuritaire et à l’élaboration de plans et d’initiatives visant à mettre en œuvre de vraies solutions et calmer les tensions.
  • Lance un appel aux mouvements des droits humains et à toutes les forces démocratiques au Maroc à soutenir le mouvement social de Jerada ainsi que tous les autres mouvements sociaux, en appuyant leurs revendications, et en exigeant la cessation de tous les abus et les violations des droits et libertés des citoyens et citoyennes.
Le bureau central, Rabat, le 14 mars 2018

vendredi 26 janvier 2018

Au Maroc, les ONG sous haute pression







La FIDH et l’organisation mondiale contre la torture s’inquiètent du musellement des ONG dans leur rapport « Maroc, constantes offensives contre la liberté d’association » rendu public ce jeudi 25 janvier.



Manifestation contre la torture organisée par Amnesty International, le 26 juin 2014 à Rabat.
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Manifestation contre la torture organisée par Amnesty International, le 26 juin 2014 à Rabat. / Fadel Senna/AFP
Le tournant répressif contre les associations au Maroc date de l’été 2014 selon Khadija Ryadi, ancienne présidente de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) : « Le ministre de l’intérieur de l’époque avait accusé devant le parlement les ONG de droits humains de percevoir de l’argent de l’étranger pour mener des actions répondant aux agendas des pays étrangers, de nuire à l’image du pays et d’entraver le travail de l’État dans sa lutte contre le terrorisme. C’était un message clair à l’adresse de toutes les autorités locales pour durcir la répression contre les associations »

Un contrôle des financements

Plus récemment, le Maroc a mis au point une mesure de contrôle des financements étrangers des ONG ou d’autres organisations qui doivent « impérativement être soumis au ministère des affaires étrangères » et « faire l’objet d’une concertation » avec lui, comme le stipule une note du ministère adressée, en mars 2017, aux potentiels bailleurs de fonds, missions diplomatiques et consulaires, agences de développement et représentations des organisations de l’ONU.

dimanche 24 septembre 2017

Rachid Ichi, militant AMDH en détention provisoire pour des publications , en lien avec le Hirak

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Sefrou/ Le 20 septembre 2017
Rachid Ichi, militant AMDH a été placé en détention provisoire pour des publications sur facebook, en lien avec le mouvement dans le RIF
Rachid Ichi a été convoqué la 1ère fois par la brigade locale de la police judiciaire. 2 semaines plus tard, le 20 septembre, il a été convoqué à nouveau par la brigade locale de la police judiciaire pour "approfondir" l’enquête sur ses publications sur Facebook, il a été interpellé, présenté au parquet, et placé en détention provisoire, il comparaitra devant le tribunal de première instance à Sefrou ce lundi 25 septembre 2017
Motifs : quelques posts sur sa page Facebook en soutien au mouvement citoyen dans le RIF
Selon son entourage, parmi les posts qu’il aurait publié et qui sont derrière la détention de Rachid Ichi, il y en a un où il aurait proposé « aux familles des détenus rifains de boycotter la rentrée scolaire», en plus d'autres posts dans lesquels il aurait exprimé sa position vis-à-vis du du régime au Maroc, enfin cette détention vient dans la foulée des obstructions de l'Etat marocain sur les activités de l'association