2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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lundi 4 novembre 2019

Nasser Zefzafi révèle des pratiques de torture choquantes dans la prison

Courrier du Rif

Plate-forme d'information sur le Rif et l'Afrique du Nord





Nasser Zefzafi a abordé différents thèmes et sujets pour commenter et clarifier ses positions concernant les derniers développements dans un audio de plus d'une heure qui a été diffusé ce jeudi sur les réseaux sociaux. Il a  notamment condamné l'incident du drapeau officiel du Maroc brûlé lors d'une manifestation à Paris, dénoncé le décret royal qui considère la province d'Al-Hoceima zone militaire, insisté sur le fait de rompre le lien d'allégeance au roi et a dénoncé également la déportation des Rifains et le siège imposé sur le Rif. 


La partie la plus effrayante et choquante dans l'audio de Nasser Zefzafi, c'est lorsqu'il a raconté la torture qu'il a subie après avoir annoncé abandonné la nationalité marocaine. "Nous avons rendu publique notre décision d'abandonner la nationalité et de rompre le lien d’allégeance, ce positionnement n’était pas arbitraire, mais fondé", avance-t-il. 

Quant à la torture subie par le détenu suite à sa décision d'abandonner la nationalité marocaine, Nasser Zefzafi a révélé des faits glaçants dans l'audio en question. "Nous avons subi les plus sordides des traitements: la torture", décrit-il en ajoutant: "Imaginez avec moi, quand ils ont pris d'assaut notre domicile, et forcé la porte, ils m’ont roué de coups de pieds, tabassé, craché dessus. Ils m’ont mis par terre, déshabillé, ils ont sorti… leurs pénis, se sont mis à me pisser dessus, sur mon visage et sur tout mon corps et ils m’intimaient l’ordre de clamer : "Vive le roi, fils de pute".  Ils n’ont cessé de clamer "vive le roi, enfin, le séditieux a chuté". Tout cela, au vu et su des responsables présents sur place. Ce sont des faits réels, documentés par leurs propres caméras". 

Nasser Zefzafi a continué dans l'audio à décrire une barbarie qui dépasse ce qu'on rencontre généralement chez un être humain, mais qui est révélatrice de la nature ignoble du régime alaouite. "Le viol... ils m’ont menotté les mains derrière le dos, baissé le pantalon, et ils me sodomisaient avec un bâton. L’un d’entre eux a même sorti son pénis, et il est venu le frotter contre mon visage... Des choses que je ne veux pas raconter. Pourquoi ? Pour ne pas traumatiser l’opinion publique... des raisons psychologiques m'ont poussé à parler de ces choses, si j'ai à parler de la torture, je n'en finirai pas !"


J’ai été bouleversé par le récit de Zefzafi et partagé entre le dégoût et la haine de ses pourfendeurs. Mais je ressens également une profonde pitié pour ces êtres dénuées de toute humanité.
J’imagine combien fut pénible pour Nasser, de prendre la décision de raconter l’indicible expérience et la gêne qu’il en a ressentie. J’exprime toute ma solidarité à cet homme qui s’est levé un jour pour défendre notre dignité et qui en paie le prix fort.
J’imagine la peine sans fond des parents lorsqu’ils apprennent le sort abominable qui fut réservé à leur enfant.
Je me console péniblement en me convaincant qu’ainsi se construit l’Histoire qui finit toujours par remettre chacun à sa place: les héros à son Panthéon et les salauds à sa poubelle !
https://youtu.be/rWjKbr8YEt8

dimanche 29 octobre 2017

La libération des prisonniers du hirak est affaire de tous, parce qu’elle est affaire de démocratie #Maroc



Le comité de soutien aux prisonniers politiques du hirak à Casablanca lance un appel à la solidarité internationale pour la libération immédiate de tous les prisonniers politiques du hirak. Voilà pourquoi il est important de le signer.
Il y a maintenant un an, le 28 octobre 2016, le décès de Mouhcine Fikri, broyé par une benne à ordures alors qu’il tentait de récupérer sa marchandise confisquée par les autorités, avait déclenché une large vague de contestation dans le Rif, région au nord du Maroc.

Depuis, les milliers de Marocains qui se sont mobilisés pour revendiquer plus de justice sociale et de développement économique se sont confrontés à une répression brutale.
Aujourd’hui, alors que le hirak s’apprête à célébrer un an de mobilisation, plus de 300 prisonniers politiques sont encore en prison, et les leaders du mouvement comme Nasser Zefzafi, s’apprêtent à être jugés pour atteinte à la sûreté de l’État. Inculpés sous de lourdes charges, ils risquent des peines allant de vingt ans de prison à la peine de mort.
Dans ce contexte, et alors que les prisonniers politiques du hirak viennent tout juste de suspendre plus d’un mois de grève de la faim, le comité de soutien aux prisonniers politiques du hirak à Casablanca lance un appel à la solidarité internationale pour la libération immédiate de tous les prisonniers politiques du hirak.
Déjà signé par des grandes figures intellectuelles et politiques comme Noam Chomsky, Ken Loach, ou Arundhati Roy, cet appel entend lever le voile sur la cause de l’emprisonnement politique au Maroc, et mettre les autorités marocaines face à leurs responsabilités.
En effet, trop souvent décrit comme le modèle de stabilité et de transition démocratique de la région, le pouvoir marocain a pourtant montré un bien triste – et à vrai dire même inquiétant – visage dans la gestion des revendications sociales de la population du Rif.

Manifestation à Al Hoceima pour réclamer la libération des prisonniers du hirak, le 3 juin 2017 (Reuters/Youssef Boudlal)
 
C’est donc pour rendre hommage à cette année de mobilisation populaire que je voudrais ici prendre le temps de revenir sur la symbolique de la demande de libération de ceux qui ont osé lever leurs voix pour dénoncer la corruption qui mine le pays depuis des décennies.

Aujourd’hui, il est temps d’oser dire que le hirak ne porte pas atteinte à la stabilité du pays mais qu’au contraire, il constitue un éclat de lumière que l’État du Maroc doit saisir s’il veut pouvoir entamer la profonde réforme sociale que tout citoyen marocain attend depuis des décennies.
Alors certains riposteront que l’État du Maroc a, depuis 2011, entamé une transition démocratique et qu’avant cela, au début des années 2000, il avait pris à bras le corps la fameuse « question sociale ». Le roi Mohammed VI n’avait-il pas été qualifié à ce titre de « roi des pauvres » ?

La patience, une qualité exigée seulement des classes populaires

Alors comme toujours, les hommes politiques demanderont d’être patient. Après tout, comme tout le monde le sait, Rome ne s’est pas faite en un jour . Mais la patience semble être une injonction facile dans leur bouche. Érigée en qualité ultime, elle ne semble pourtant être exigée que des classes populaires, car les hommes politiques eux, ont le droit à l’impatience.
Impatients face aux revendications du peuple, impatients face aux « troubles à l’ordre public » que représentent les rassemblements, les hommes politiques n’hésitent pas à justifier les arrestations massives de tous les citoyens qui viendraient perturber la paisible patience à laquelle le peuple est condamné.
Le roi lui-même semble souvent user de son droit à l’impatience. Et pour cause, pas plus tard qu’il y a deux jours, après la découverte du rapport de la Cour des comptes faisant état des innombrables retards du programme de développement dont devait bénéficier la ville d’Al Hoceima, le roi a limogé trois ministres, un secrétaire d’État et des hauts fonctionnaires.