2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

Affichage des articles dont le libellé est mort de Mouhcine Fikri. Afficher tous les articles
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lundi 6 novembre 2017

Appel urgent - Maroc, le pouvoir rattrapé par ses démons

  Maroc, le pouvoir rattrapé par ses démons

L’écrivain Abdellatif Laâbi a initié un appel, que vous trouverez en pièce jointe avec quelques premiers signataires, pour soutenir le mouvement de protestation populaire et pacifique du Rif au nord du Maroc et demander la libération des détenus politiques.


Cet appel, intitulé « Maroc, le pouvoir rattrapé par ses démons », est destiné aux personnalités (écrivains, journalistes, élus, magistrats, avocats, intellectuels, responsables politiques, associatifs et syndicaux, etc.)


Si vous désirez le signer, vous pouvez le faire par retour de courriel en indiquant le nom, la qualité et le pays.


 Les organisations qui souhaitent le soutenir ou y participer sont invitées à envoyer leurs signatures à l’adresse :comite.meeting@gmail.com



Maroc, le pouvoir rattrapé par ses démons
Appel
Une année vient de s’écouler depuis le déclenchement dans le nord du Maroc du plus grand mouvement de contestation citoyenne que le pays ait connu depuis l’arrivée au pouvoir en 1999 du roi Mohammed VI, suite au décès de son père Hassan II. Il dépasse en ampleur la mobilisation que le pays avait connue en 2011 lors du « printemps arabe », car il a fait sortir dans les rues hommes et femmes, toutes les classes d’âge, toutes les couches de la population. En outre, il s’est installé dans la durée et il a bénéficié dans l’ensemble du pays de multiples manifestations de soutien en sa faveur.
Le foyer de ce mouvement, appelé Hirak par ses initiateurs, est la région du Rif, dont le nom est entré dans l’histoire au début du siècle dernier grâce au combat qu’une fédération de ses tribus dirigée par Abdelkrim al-Khattabi avait mené contre l’armée espagnole d’occupation. Cette dernière a été défaite, et la région libérée en grande partie en 1921. Il aura fallu, quelques années après, l’intervention de centaines de milliers de soldats français commandés par le maréchal Pétain et prêtant main forte à l’armée espagnole, des bombardements massifs au gaz moutarde, pour venir à bout de cette révolte, inaugurale dans l’histoire de la lutte des peuples contre la domination coloniale.

mardi 15 août 2017

Rappel : L'histoire de Mohcine Fikri



Maroc : "Mohammed VI, on n'a pas besoin de toi !" 



Maroc : "Mohammed VI, on n'a pas besoin de toi !"
Le 4 novembre à Al Hoceima, plusieurs milliers de personnes protestent dans la rue, une semaine après la mort de Mouhcine Fikri. (LOUIS WITTER/HANSLUCAS )

Parce qu'un jeune vendeur de poisson est mort, broyé dans un camion poubelle en tentant de sauver sa marchandise confisquée par les forces de l'ordre, le Maroc est descendu dans la rue. Dans le Rif, les manifestants n'hésitent plus à remettre en question le pouvoir du roi. Reportage.




  • "Mouhcine était le prince de la famille, le seul d’entre nous qui était parvenu à s’en sortir, et c’est lui qu’ils ont tué." Une semaine après le drame, Mounaim Fikri est hébété de tristesse. Sur le seuil de sa maison, dans la petite commune d’Imzouren, il n’arrive toujours pas à s’expliquer la mort de son frère cadet. Il revoit en boucle les images du corps de son petit frère, broyé dans la benne d’un camion poubelle. Déchiqueté comme un déchet pour avoir essayé d’empêcher la destruction de sa cargaison de poissons dans la ville voisine d’Al Hoceima. Une mort terrible que n’acceptent pas non plus les habitants du Rif, et du Maroc en général, où les manifestations de colère se sont succédé au lendemain de la tragédie.
    Mouhcine Fikri, le marchand de poissons dont la mort indigne le Maroc

    Mouhcine Fikri, 30 ans, est devenu le symbole de la hogra, ce sentiment d’humiliation profonde que ressentent les Marocains les plus pauvres, en butte au mépris du pouvoir. Et si l’heure était arrivée de se soulever contre le hagar, l’oppresseur, l’Etat et ses sbires ? La mort de Mouhcine, dont les images ont fait le tour de la planète, n’évoque-t-elle pas celle d’un certain Mohamed Bouazizi, ce Tunisien dont l’immolation par le feu déclencha la révolution tunisienne de 2011 ?

    Crime de lèse-majesté

    Fils d’un instituteur à la retraite, Fikri arrête l’école très tôt. C’est pourtant lui qui nourrit toute sa fratrie et leur permet de faire des études. Son grand frère se souvient avec émotion :
    "Il était toujours en train de développer une nouvelle activité et continuellement soucieux de nous en faire profiter."
    Enfant, Mouhcine travaille dans de petites échoppes. Puis il devient chauffeur et tente une courte formation dans le domaine maritime, le seul susceptible de donner un travail dans la région. Mais il échoue. Il arrive à économiser un peu, achète comme tant de Hoceimi une licence de taxi. Mais le jeune homme se lasse d’attendre le touriste toute la journée contre une maigre rétribution.
    Près du port professionnel où sont amarrés les sardiniers se trouve celui des pêcheurs artisanaux qui vivotent de leurs sorties en mer dans de frêles embarcations. Une économie informelle tolérée, comme dans tous les secteurs de l’économie marocaine, car elle fait vivre des millions de personnes. Mouhcine se rend régulièrement au port "informel" pour y acheter du poisson, charge à lui de le revendre rapidement. "Ça marchait bien, il se débrouillait", raconte son frère. Au point sans doute de faire des envieux… Le jour du drame, lorsque ses espadons, interdits à la pêche en cette période, sont interceptés à quelques centaines de mètres du port, c’est déjà la troisième fois qu’il a affaire à la police.
    VIDEO. Manifestations au Maroc après la mort de Mouhcine Fikri

    Dans un café du centre-ville d’Al Hoceima, Abdelhak, un proche ami de Mouhcine, accuse "la mafia du port. Ils n’ont pas accepté la concurrence et l’ont dénoncé". Pour lui, pas de doute, ces gens sont responsables de la mort de Mouhcine, avec la complicité des autorités et leurs méthodes impitoyables et arbitraires. Une intime conviction partagée par les dizaines de milliers de manifestants descendus dans la rue à l’appel des mouvements de gauche et des islamistes d’Al-Adl wal-Ihsane. Une semaine après la mort de leur martyr, ils ont une nouvelle fois défilé, bougie à la main, scandant le nom de Mouhcine Fikri, pour réclamer la fin de la hogra.
    Mouhcine a rejoint au panthéon leur héros de l’indépendance du Rif, El Khattabi, dont le portrait était associé à celui du marchand de poisson sur les banderoles. Pour les habitants d’Imzouren, d’Al Hoceima, et de toute la région du Rif, Mouhcine est celui qui a tenu tête aux autorités corrompues, celui qui s’est opposé au makhzen ("régime").
    Les marches contre la "hogra", le mépris, se multiplient, dans le Rif et même au-delà
    (ici à Rabat le 4 novembre). (LOUIS WITTER/HANSLUCAS pour ''l'Obs'')

    "Mouhcine a été tué, le 'makhzen' est responsable", ou encore "l’Etat applique la 'hogra', il broie les pauvres", scandait la foule sur la place Mohammed-VI vendredi soir dernier. Des slogans modérés comparés à ceux hurlés dans les plus petites communes alentour deux jours plus tard, qui mettaient en cause directement le roi : "'Makhzen' dégage" ou "Mohammed VI, 'hogra', on n’a pas besoin de toi." Un crime de lèse-majesté inconcevable dans le reste du royaume.
    "La mort de Mouhcine Fikri est celle de trop"

    Mais, dans le Rif, la blessure est profonde. Tout le monde garde en mémoire l’image du jeune homme écrasé sous la lourde lame d’acier de la benne à ordures. Les larmes aux yeux, Abdelhak, un jeune homme, raconte :
    "Je suis arrivé sur place vers 22 heures. J’ai tout de suite vu Mouhcine monter à l’arrière de la benne avec d’autres camarades. Lui s’est assis, les autres étaient debout. Et puis tout est allé très vite. Le panneau métallique s’est mis en mouvement. Ceux qui étaient debout ont eu le temps de sauter. Pas Mouhcine. Tout le monde hurlait. J’ai senti ma propre poitrine se comprimer, mes poumons comme éclater, je revis ce moment constamment depuis."
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    mercredi 31 mai 2017

    «Au Maroc, depuis toujours, le Palais surveille le Rif comme le lait sur le feu»

    depuis toujours, le Palais surveille le Rif comme le lait sur le feu»
    Interview
    Résultat de recherche d'images pour "Manifestation à Al-Hoceima, le 28 mai."
    Manifestation à Al-Hoceima, le 28 mai. AFP

    Le chercheur Pierre Vermeren, de l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, analyse le mouvement populaire qui secoue la ville d'Al-Hoceïma depuis maintenant sept mois.

    Sa mort atroce a soudainement réveillé le Rif marocain. Mouhcine Fikri, vendeur de poisson, a été broyé par une benne à ordure le 28 octobre, en tentant d’empêcher la destruction de sa marchandise – 500 kilos d’espadon, pêchés illégalement – saisie par la police. Depuis, les habitants de la ville d’Al-Hoceïma manifestent pacifiquement contre, pêle-mêle, l’autoritarisme, la corruption, le chômage de masse, la pauvreté… Et désormais contre la répression : une trentaine de leaders du Hirak («le mouvement») ont été arrêtés ces derniers jours, dont la figure centrale de la contestation, Nasser Zefzafi, 39 ans, après deux jours de cavale. Pierre Vermeren, chercheur spécialiste du Maroc à l’université Paris-I, revient sur les origines de cette révolte.
    Lire l'article :  

    www.liberation.fr/.../au-maroc-depuis-toujours-le-palais-surveille-le-rif-comme-le-lait...