2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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samedi 21 septembre 2019

«La crise des droits humains au Sahara Occidental» intervention de Claude Mangin-Asfari

Intervention de Claude Mangin-Asfari au Conseil des Droits de l’Homme à Genève



Genève 20 sept 2019 (SPS)- La militante française pour la cause sahraouie, Claude Mangin-Asfari a présentée une intervention sur «La crise des droits humains au Sahara Occidental» au Conseil des Droits de l’Homme à Genève.

Introduction:

Mon intervention porte sur le cas de mon époux Naâma Asfari, prisonnier politique de Gdeim Izik, condamné à 30 ans de prison après deux procès inéquitables à Rabat et incarcéré au Maroc depuis novembre 2010.
Le 15 novembre 2016, le CAT a condamné le Maroc pour fait de tortures sur Naâma suite à la plainte individuelle que nous avions déposée devant le CAT en février 2014. La condamnation était assortie de recommandations que le Maroc n’a jamais mises en œuvre. Je vais témoigner ici de cet acharnement contre Naâma et aussi contre moi en tant que défenseure des droits humains.
Dans un deuxième temps, je ferai un point sur la situation très dégradée de ses 18 compagnons, les prisonniers politiques dits «Groupe de Gdeim Izik», condamnés en Appel en juillet 2017 à des peines allant de 20 ans à perpétuité.
Rappel du contexte historique:
En octobre 2010, le Peuple sahraoui lançait son dernier grand mouvement de résistance pacifique au Sahara Occidental.
En effet, 20 000 hommes, femmes, enfants, vieillards créaient le «Campement de la dignité et la liberté» en installant à Gdeim Izik, à 10 km d’El Aaiun, plus de 8 000 Khaima-tentes traditionnelles sahraouies, en prélude comme l’a dit Noam Chomsky de ce qui va être nommé les «Printemps arabes».
Les autorités marocaines, après avoir pourtant négocié et trouvé un accord le 6 novembre 2010 pour répondre aux revendications des résistants, ordonnent aux forces de sécurité, qui depuis un mois assiégeaient le campement, son démantèlement dans la violence le 8 novembre 2010 à 5 h du matin.
En effet, le Roi qui croyait avoir prouvé à la face du monde que les Sahraouis étaient Marocains après 35 ans d’occupation, n’a pas supporté cet acte ultime de résistance pacifique.
Entre le 7 novembre et le 25 décembre 2010, ce sont 24 militants des droits de l’homme qui sont arrêtés, qu’ils aient été présents ou non dans le Campement, accusés d’avoir tué 11 agents des forces marocaines.
Naâma, lui, avait déjà été arrêté la veille du démantèlement dans la ville d’El Aaiun où il était venu pour accueillir le député communiste français Jean Paul Lecoq.

1° Partie: les cas de Naâma Asfari et de Claude Mangin-Asfari
En février 2013, plus de deux ans après leur incarcération, les prisonniers après 28 mois de détention provisoire ont été condamnés à des peines allant de 20 ans à perpétuité par le tribunal militaire de Rabat sans possibilité d’Appel.
C’est là que nous avons décidé avec l’ACAT-Association des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture de déposer une plainte en février 2014 devant le CAT à Genève pour faits de torture sur Naâma et devant les tribunaux français.
Cette plainte a aussitôt provoqué la convocation par la juge d’instruction de Mr Hamouchi, Directeur de la DST de passage à Paris et a abouti à la cessation de toutes les relations judiciaires entre le Maroc et la France pendant un an.
J’ai aussi porté plainte devant les tribunaux français comme victime directe de traitements inhumains et dégradants de par ma proximité avec mon mari victime de tortures. Ma plainte devant les tribunaux français a été jugée recevable puis jugée en Appel mais rejetée en cassation. Elle n’a pas abouti non plus auprès de la Cour Européenne des Droits de l’Homme mais il fallait essayer.
En parallèle, la plainte de Naâma auprès du CAT a eu pour effet que le Maroc décide d’activer la Cour de Cassation de Rabat qui 3 ans après, une durée déraisonnable, a cassé le jugement du procès du tribunal militaire de 2013.
En effet, le Maroc voulait absolument éviter d’être condamné par le CAT et a voulu lancer un signe de bonne volonté en cassant le procès le 26 juillet 2016. La décision de la Cour de cassation soulignait qu’il n’y avait pas eu de flagrant délit, pas de noms des victimes et pas d’autopsie. Ensuite en novembre le Maroc annonçait au CAT la tenue du procès en Appel à partir du 26 décembre 2016.
Cependant, le 15 novembre 2016, le CAT condamne pour la 1° fois le Maroc pour fait de tortures contre un Sahraoui, décision assortie de 3 recommandations:
1-le Maroc doit ouvrir une enquête sur ces faits de torture sur Naâma et juger les tortionnaires,
2-le Maroc doit indemniser Naâma en tant que victime,
3-Naâma et sa famille ne doivent pas subir de représailles de la part du Maroc.
Le procès en Appel a duré du 26 décembre 2016 au 17 juillet 2017 soit durant 7 mois avec 9 reports pour épuiser les familles et les avocats.
Nous avons accepté de participer au procès, en complémentarité des avocats de la défense sahraouis et marocains pour que nos avocats français puissent plaider l’incompétence du tribunal.
En effet, selon le Droit International Humanitaire de la 4e Convention de Genève, le droit de la guerre, le procès aurait dû avoir lieu dans les Territoires Occupés du Sahara Occidental  et selon le droit sahraoui. De plus, la détention des prisonniers hors des territoires occupés constitue un crime de guerre.

Ce procès a connu d’innombrables irrégularités et empêchements comme par exemple  le micro et la traduction coupés quand les mots «torture» ou «territoire occupé» étaient prononcés. Autre exemple, des expertises médicales ont été ordonnées au cours de ce procès, soit 6 ans après les faits, pour examiner les traces éventuelles de torture. Mais ces expertises ont faites par des médecins non formés au Protocole d’Istanbul concluaient que les traces observées ne pouvaient pas résulter de la torture. Or, les contre-expertises demandées par la défense ont conclu qu’il y avait bel et bien eu tortures !

mercredi 10 juillet 2019

Claude Mangin-Asfari, une expulsion de trop !

Communiqué de Presse

Claude Mangin-Asfari, une expulsion de trop !

Notre amie, Claude Mangin-Asfari, épouse d’un des prisonniers politiques sahraouis du groupe dit de Gdeim Izik, n’a pu ce jour entrer au Maroc pour visiter son mari, Naama Asfari.

Après 30 jours de grève de la faim en mai 2018, Claude Mangin avait enfin obtenu, en janvier 2019, de rendre visite à son mari emprisonné, conformément au droit international. Pour mémoire, ce droit lui avait été supprimé pendant 2 ans par le Royaume du Maroc.

Claude Mangin-Asfari est aux côtés de son mari pour défendre le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. C’est cet engagement que le Royaume du Maroc veut « punir » en lui interdisant tout contact avec son mari, détenu depuis 8 ans et demi.

À noter que le Comité contre la torture (CAT) des Nations-Unies a examiné le cas de Naâma Asfari lors de la séance du 16 mai 2019 consacrée aux Articles 19 et 22 de la Convention contre la torture et à la question des représailles. Vu la gravité du dommage, le CAT a décidé de faire mention de ce cas dans son rapport annuel.

L’Association des Amis de la RASD et toutes les associations en France et en Europe solidaires avec les Sahraouis ou simplement attentives à l’application d’un droit élémentaire, le droit de visite à un parent prisonnier, dénoncent cette nouvelle expulsion et déclarent leur total soutien à toutes les initiatives que pourra prendre Madame Mangin-Asfari pour pouvoir entrer dans la prison de Kénitra où se trouve enfermé son mari.

 Elles vont s’adresser aux autorités françaises afin que de nouveau elles soutiennent Claude Mangin-Asfari dans l’application de son droit de visite.
Association des Amis de la République Sahraouie Démocratique (AARASD)
Association des Amis de la RASD- bur.aarasd@wanadoo.fr
Facebook : Amis de la République Sahraouie

jeudi 25 janvier 2018

Les « crimes de guerre » du Maroc au Sahara occidental







L’association Action des chrétiens pour l’abolition de la torture remet le 27 janvier son prix des droits de l’homme à Naâma Asfari, militant sahraoui emprisonné au Maroc.

Naâma Asfari en novembre 2010 au camp de Gdeim Izik quelques jours avant son arrestation


ZOOM
Naâma Asfari en novembre 2010 au camp de Gdeim Izik quelques jours avant son arrestation / Anthony Jean

L’association Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (Acat) ne veut plus tourner autour du pot et cautionner les dérives sémantiques. Le Sahara occidental qualifié de « provinces du Sud » par le Maroc est bel et bien un territoire illégalement occupé depuis plus de quarante ans. « Le Maroc y mène une intense politique de colonisation, de marocanisationde la société sahraouie et de pillage des ressources, misant sur une politique du point de non-retour », fait valoir Hélène Legeay, de l’Acat, bilan des rapports de force en présence à l’appui.
Le Maroc y a encouragé l’installation de 200 000 à 300 000 Marocains en sus des 100 000 à 150 000 militaires et policiers, pour moins de 100 000 Sahraouis natifs du Sahara occidental recensés en 2010 par la Minurso, la mission de l’ONU, dont une bonne partie vivent dans le camp de réfugiés de Tindouf sur le sol algérien.

Un conflit méconnu et oublié

« Le droit de la guerre régi par les conventions de Genève s’applique, les violations des droits humains commises sur ce territoire sont des crimes de guerre », poursuit Hélène Legeay. Mais ces crimes de guerre perpétrés en plein désert adviennent dans un conflit aussi méconnu qu’oublié.

À lire aussi
L’association a décidé de décerner le 27 janvier son prix Engel-du Tertre des droits de l’homme 2017 à Naâma Asfari, 48 ans, emprisonné depuis novembre 2010, à l’instar de 24 autres Sahraouis. À lui seul, il incarne les exactions et violations dont sont victimes les Sahraouis qui militent pour leur droit à l’autodétermination (tenue d’un référendum prévu depuis 1991), une ligne rouge pour le royaume chérifien.