2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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jeudi 24 juillet 2025

Le Front Polisario et le cynisme des crétins du PSOE

Luis Portillo Pasqual del Riquelme, El Independiente, 7/6/2025
Traduit par Tafsut Aït Baâmrane

Dire que le Front Polisario (FP) est « une entité privée non reconnue »* est une absurdité absolue, indigne de ceux qui se prétendent à l’avant-garde du « progressisme » national et international. Ceux d’entre nous qui lisent ces stupidités n’en croient pas leurs yeux, tant le niveau de dégradation atteint par le parti PSOE est affligeant : je n’ose même plus dire « Parti socialiste ». Ils ne savent plus quoi dire ou faire pour nier l’évidence, enfonçant toujours davantage leur chute du mauvais côté – le côté obscur – de l’Histoire, aux côtés des forces les plus réactionnaires de la société.


Et ce n’est pas seulement que le PSOE « joue à désinformer », comme le disent les plus indulgents envers cette bande. « C’est bien plus grave que ça », affirment d’autres, « car ce sont des forces organisées qui excluent toute idée de progrès véritablement démocratique – surtout quand il s’agit de Moros ou de musulmans ». « Ces types-là n’ont aucune limite, soumission totale au Sultan ». « C’est répugnant ». « Ils y vont à fond, guerre totale à tous les niveaux »... Voilà les commentaires qui me parviennent, tandis que j’écris moi-même ces lignes comme je peux.

Dire que le Front Polisario est « une entité privée », comme s’il s’agissait d’une pharmacie, d’un concessionnaire automobile ou d’un club de football, ne rehausse en rien le prestige des ‘intellectuels’ (vraiment ?) organiques ni celui des commissaires politiques du parti autrefois socialiste, devenu repaire de filous, d’opportunistes et de sans-vergogne.

Après 50 ans de lutte héroïque et de résistance du peuple sahraoui, voilà que ces petits malins de troisième zone osent sortir de telles énormités.

Le Front Polisario a été créé en 1973. Et même à cette époque lointaine, il n’était en rien « une entité privée non reconnue ». Il a bel et bien été connu et reconnu ! Même le gouvernement de l’UCD, celui d’Adolfo Suárez, a négocié avec le FP les conditions de retrait des militaires espagnols ! À propos, l’armée espagnole était-elle aussi une « entité privée » ? Voilà le genre de stupidités auquel mène la ‘logique’ du PSOE.

Oui, l’Espagne était alors la puissance coloniale, la « mère patrie », la métropole, une « entité publique reconnue » qui a signé son arrêt de mort en tant que telle lors des honteux et sanglants événements de Zemla, avec le massacre de Sahraouis, la « disparition » et l’assassinat du dirigeant sahraoui Bassiri… pour lesquels, encore aujourd’hui, l’« entité publique reconnue » (aux glorieuses « valeurs patriotiques ») qu’est l’Espagne n’a fourni aucune explication, ni déclassifié les documents secrets (bel exemple d’« État transparent et de droit »), malgré son appartenance à l’ONU, à l’OTAN, à l’UE, au FMI et à toute cette panoplie de sigles d’« entités reconnues » censées conférer à ce pays passeport, prestige et « garanties de sérieux ».

Le FP, messieurs du PSOE, a été RECONNU par les Nations Unies comme représentant légitime du peuple sahraoui et maintient depuis un Représentant permanent à l’ONU à New York : notre regretté Ahmed Bujari jusqu’à son décès il y a quelques années, puis son successeur Sidi Omar depuis avril 2018. La représentation légale et reconnue du peuple sahraoui n’est pas, messieurs du PSOE, « une entité privée non reconnue », comme pourrait l’être une épicerie ou un club de football.

Le Front Polisario, en tant qu’avant-garde du peuple sahraoui, a livré trop de batailles, douloureuses et acharnées, sur les plans politique, diplomatique et militaire, pour qu’on vienne aujourd’hui le qualifier de « simple entité privée », à l’image de ce que ses ennemis du camp alaouite du PSOE, à coups de propagande et de désinformation, s’emploient à faire : tenter de le faire passer pour une « organisation terroriste » (reconnue ? privée ?).

Bien au contraire, le FP est l’avant-garde organisée du peuple sahraoui héroïque, expulsé de sa terre – à l’instar des Palestiniens –, abandonné par le gouvernement espagnol (tant franquiste que « socialiste »), livré à ses ennemis, et bombardé par ceux-là mêmes – ceux des « accolades fraternelles » et des propositions d’autonomie – à coups de napalm et de phosphore blanc, tous deux interdits – tout comme l’invasion et l’occupation – par le droit international, ce droit si scrupuleusement respecté par les Trump, Netanyahou et autres acolytes.

Le peuple sahraoui (une « entité privée non reconnue » ?) a proclamé, avec le FP à sa tête, son indépendance, sa Constitution et son propre État : la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD), reconnue comme État par au moins 84 pays. Même si, par la suite, les manœuvres financières, pressions et chantages du Maroc ont entrepris le sale – que dis-je, le répugnant – travail de tenter d’effacer la RASD, le peuple sahraoui et les principes du droit international fondé sur des règles.

L’ONU a reconnu le Front Polisario. L’Union africaine (comptant 55 États) a reconnu la RASD. Le FP dispose d’ambassades dans de nombreux pays, même sans disposer du chéquier du Maroc, grossi par les largesses de l’Espagne, de l’UE et des pétromonarchies du Golfe – celles-là mêmes qui financent des Murs de la honte, tuent et font disparaître les Khashoggi en toute impunité, et abritent des monarques en fuite.

Durant plusieurs années, par une série de jugements successifs, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) a donné raison au Front Polisario en tant que représentant légitime du peuple sahraoui – tout comme l’avaient déjà fait l’ONU et la CIJ en 1975 – et lui a reconnu sa capacité juridique. Le FP a gagné face au Maroc, à l’Espagne, à la Commission et au Conseil de l’UE. Face à tous.

Et voilà que les illuminés du PSOE débarquent en déclarant que le Front Polisario est « une entité privée ». Il ne manquait plus qu’ils ajoutent « à but non lucratif ». Comme un club de foot de troisième division, en somme. Ce qui montre bien que, dans ce parti, les diplômes sont superflus et que le cap est perdu. Ou quelque chose de bien pire, si tant est qu’ils en aient jamais eu : la conscience et l’éthique.

*Dans le débat parlementaire sur la proposition de loi du groupe Sumar d'accorder la nationalité espagnole aux personnes nées au Sahara "espagnol" avant le 26/2/1976, le PSOE a rejeté la clause incluant des documents administratifs espagnols validés par le POLISARIO, qualifié d'"entité privée non reconnue" (...par le Maroc).[NdlT]



jeudi 2 janvier 2025

Le PSOE parraine l’entrée dans l’Internationale socialiste d’un mouvement sahraoui lié au Makhzen

 Francisco Carrión, El Independiente, 26/12/2024
Traduit par Tafsut Aït Baâmrane, Tlaxcala

Avec à peine quatre ans d’existence, le « Mouvement Sahraouis pour la paix » cherche à expulser le Front Polisario de l’Internationale socialiste et à obtenir sa propre inclusion dans l’organisation avec le soutien du PSOE et des socialistes marocains de l’USFP. C’est une aspiration que son secrétaire général, Hach Ahmed Bericalla , estime se rapprocher après la dernière réunion de l’Internationale qui s’est tenue le week-end dernier à Rabat.

« Lors de son récent conseil à Rabat, l’Internationale socialiste a fait un pas de plus vers l’incorporation du Mouvement Sahraouis pour la paix (MSP) en tant que membre observateur. La demande formulée en mars 2023 a été examinée par le comité d’éthique de l’IS. A Istanbul aura lieu la première [sic] », indique Ahmed Bericalla sur son compte X, anciennement Twitter.


Hach Ahmed Bericalla, premier à partir de la droite

L’organisation d’Ahmed Bericalla, qui depuis sa naissance en 2020 a organisé des réunions auxquelles ont participé des leaders historiques du PSOE comme José Luis Rodríguez Zapatero et José Bono, est une organisation opposée au Front Polisario, qui prône l’acceptation de l’autonomie promue par le régime marocain et le renoncement au droit à l’autodétermination reconnu par l’ONU.

En juin 2022, une fuite d’un rapport du Centre national de renseignement (CNI) espagnol désignait le Mouvement comme l’une des organisations travaillant avec la Direction générale des études et de la documentation (DGED), les services de renseignement marocains. Ahmed Bericalla a démenti cette accusation à plusieurs reprises. « Je n’ai jamais mis les pieds au Maroc [il vit en Espagne, NdlT]. Les accusations du Polisario sont un cliché qu’ils utilisent toujours contre les dissidents », a-t-il dénoncé dans une interview accordée à notre journal plusieurs mois après la publication du rapport.

Chasser le Polisario

L’objectif avoué de l’organisation est d’évincer le Polisario qui, pour l’instant, continue à figurer sur la liste des partis membres consultatifs de l’Internationale socialiste, mais n’a pas été invité aux dernières réunions qui se sont tenues à Madrid et à Rabat. L’Union socialiste des forces populaires (USFP), les socialistes marocains, travaille sur la stratégie. Ils cherchent à saper la participation du Polisario et à favoriser l’adhésion d’une organisation rivale, le Mouvement Sahraouis pour la paix (MSP), à l’Internationale.

Le parti, qui n’a pas de base réelle, a été créé en avril 2020 par Ahmed Bericalla, un membre historique du Polisario qui s’est dissocié de la formation qui a monopolisé la vie des Sahraouis depuis 1973. Sur son site internet, l’Internationale socialiste continue cependant de reproduire sa position historique de soutien indéfectible au Polisario et à sa demande d’un référendum d’autodétermination pour résoudre le conflit dans l’ancienne colonie espagnole, dernier territoire à décoloniser d’Afrique.


Carte du site web de l’Internationale socialiste avec la référence actuelle au Polisario

Ainsi, l’Internationale a établi en 2016 son soutien à « une solution pacifique et durable au Sahara occidental, comme demandé par le Conseil de sécurité et les résolutions pertinentes de l’ONU ». « Le Conseil de l’Internationale socialiste appelle le Secrétaire général de l’ONU et son Envoyé spécial à poursuivre leurs efforts pour parvenir à une solution mutuellement acceptable qui permettra l’autodétermination du peuple sahraoui », ajoute le communiqué, l’un des dizaines de documents qui exposent depuis des décennies la position de l’Internationale socialiste. Le site ouèbe de l’Internationale socialiste continue de reconnaître les frontières du Sahara occidental et le Polisario comme son interlocuteur.

Le mouvement qui aspire aujourd’hui à rejoindre l’Internationale socialiste a déposé une demande d’adhésion fin février 2023 à travers des lettres envoyées à la secrétaire générale de l’Internationale socialiste de l’époque, Benedicta Lasi, et à l’actuel président de l’Internationale socialiste, Pedro Sánchez. Selon la presse marocaine, qui suit de près les démarches du mouvement, l’organisation considère comme « un objectif stratégique d’adhérer à l’Internationale socialiste car elle est convaincue que ce sont les tendances politiques et idéologiques dans lesquelles la nouvelle force politique sahraouie, formée en avril 2020, est compatible avec la majorité des organisations et des partis politiques regroupés dans l’Internationale socialiste, qui compte plus de 130 organisations ».

mardi 8 décembre 2020

Novembre sahraoui : crier dans le désert

  par Alfonso Lafarga, Contramutis. Traduit par  Fausto Giudice, Tlaxcala
Original: Noviembre saharaui: gritar en el desierto

Depuis le retour de la guerre au Sahara occidental, en Espagne, une série de demandes ont été au gouvernement espagnol pour qu’il intervienne en faveur du peuple sahraoui et de l’organisation du référendum d'autodétermination.

Dans les territoires occupés par le Maroc, la répression contre les civils sahraouis, enfants compris, s'est intensifiée, ce sur quoi le gouvernement de Pedro Sanchez garde le silence.

Amnesty International affirme qu'il est urgent que les Nations unies procèdent à une observation et une information impartiales et indépendantes sur les droits humains au Sahara occidental.

 

Des manifestations et des expressions de soutien à la cause sahraouie demandant au gouvernement de Pedro Sánchez de s'impliquer pour que le peuple sahraoui puisse décider de son avenir ont lieu quotidiennement en Espagne depuis le 13 novembre, date à laquelle le Maroc a rompu le cessez-le-feu signé en 1991 avec le Front Polisario, provoquant un retour à la guerre au Sahara occidental.

Les collectivités autonomes et locales ont montré leur solidarité avec la cause sahraouie, en demandant la tenue du référendum comme moyen de garantir la paix, tandis que divers groupes recueillent des signatures pour que l'Espagne n'oublie pas sa responsabilité envers l'ancienne colonie, qu'elle a trahie et livrée au Maroc il y a 45 ans.

C'est le cas, entre autres, de la campagne lancée par FiSahara (Festival international du cinéma du Sahara) avec la participation de Javier Bardem, Clara Lago, Isabel Coixet, Alberto Ammann et Viggo Mortensen, qui demandent au gouvernement d'intervenir pour que la guerre cesse et que l'Espagne cesse d'être complice de la situation dont souffre le peuple sahraoui.

Mais ces demandes, comme celles de plusieurs formations politiques, sont comme des cris dans le désert : le président du gouvernement répond par le silence.

Pendant ce temps, au Sahara occidental occupé par le Maroc, la répression s'est accrue, comme l'a dénoncé le ministre sahraoui des Zones occupées et de la Diaspora, Mohamed Louali Akeik. Il affirme que depuis le retour à la guerre, les autorités marocaines mettent en œuvre « un plan systématique de répression des Sahraouis dans les zones occupées, sans exception pour les enfants, les personnes âgées ou les femmes ».

Selon le ministre sahraoui, il y a eu un mouvement sans précédent des forces de sécurité marocaines vers toutes les zones occupées du Sahara occidental, pour « semer la terreur et réprimer les Sahraouis par tous les moyens possibles », en encerclant les villes d'El Ayoun et de Smara, en attaquant les maisons des Sahraouis, qui ne sont pas autorisés à quitter leurs maisons, et « en abandonnant les militants au milieu du désert après les avoir torturés ».

Harcèlement des enfants dans les territoires sous occupation marocaine

Amnesty International (AI) a également déclaré le 30 novembre que l'opération de l'armée marocaine (l'entrée dans Guerguerat) « a été suivie d'une répression des militants sahraouis par la police marocaine, avec des perquisitions à domicile, une surveillance accrue et des arrestations », et « alors que les affrontements entre le Maroc et le Front Polisario s'intensifient, la pression sur les militants locaux des droits humains et les partisans de l'autodétermination sahraouie augmente ».

Pour AI, « il y a plus que jamais un besoin urgent d'une observation et d'une information impartiales et indépendantes de l'ONU sur les droits humains au Sahara Occidental ».

Face au harcèlement des enfants au Sahara Occidental occupé, l’association Pour un Sahara Libre (PUSL) réalise une collecte de signatures pour dénoncer auprès de l'ONU, de la Croix Rouge Internationale, de l'UNICEF, de l'Union Européenne et de l'Union Africaine les menaces et les coups subis par les enfants, qui sont parfois enlevés, maltraités et abandonnés dans les rues.

Un cas extrême est celui de Hayat, une jeune fille de 12 ans qui a été arrêtée à l'école et a subi des tortures psychologiques et physiques au siège de la sécurité marocaine pour avoir dessiné un petit drapeau saharien sur sa robe de chambre ; elle a été obligée de chanter l'hymne marocain, en s'agenouillant et en embrassant l'image du roi du Maroc.

Et face à ce qui se passe au Sahara occidental sous occupation marocaine, le silence du gouvernement espagnol se poursuit, ce même gouvernement qui a publié le 15 novembre une déclaration condamnant « catégoriquement » et « fermement » le placement, ce jour-là, d'un drapeau sahraoui sur le consulat marocain de Valence par des manifestants.

Au Sahara Occidental occupé, dont l'Espagne est de jure le pouvoir administratif, la répression et les violations des droits humains se sont intensifiées en novembre, ainsi que dans les villes du sud du Maroc avec une population sahraouie et dans les prisons marocaines avec des prisonniers politiques sahraouis, comme le montre la chronique ci-dessous, établie d’après les informations émanant des organisations sociales et des médias sahraouis et espagnols.

► Télécharger

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vendredi 4 janvier 2019

Sahara occidental : Selon l'ONU, le Maroc occupe-t-il un territoire espagnol ?


José Antonio Gómez

Traduit par  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

Les négociations menées à Genève par les représentants du Maroc et les propriétaires légitimes du Sahara Occidental ne pourront jamais être approuvées par l'ONU vue l’absence de l'État qui a réellement l'administration légale du territoire : l'Espagne.
Un rapport juridique des Nations Unies ratifie le fait que le Sahara occidental n'est pas administré par le Maroc, mais que la puissance administrante est l'Espagne. Donc, selon l'ONU, le Maroc occupe-t-il un territoire espagnol ? (Lire le rapport ici)
 
Le Sahara occidental parmi les tableaux de chasse du roi Juan Carlos

Le Royaume d'Espagne, avec son chef d'État à sa tête, a une responsabilité envers le Sahara occidental qui va au-delà du sentimentalisme car, juridiquement, le territoire continue à appartenir à l'Espagne et non au Maroc. Il y a un aspect qui a été négligé dans notre pays : l'ONU a déclaré nuls et non avenus les Accords de Madrid de 1975 signés par Juan Carlos de Bourbon, qui ont cédé l'administration du Sahara au Maroc et à la Mauritanie. Cette nullité explique pourquoi le territoire fait toujours partie des seize territoires non autonomes supervisés par le Comité spécial de décolonisation de l'ONU.
C'est la Cour internationale de Justice de La Haye qui a refusé au Maroc et à la Mauritanie les droits d'administration sur le Sahara occidental, mais Hassan II a décidé d'envahir le territoire en masquant une invasion militaire en marche pacifique de civils. À cette époque, le dictateur Francisco Franco agonisait à l'hôpital de La Paz et le gouvernement espagnol était intimidé par les menaces marocaines. Des missions furent envoyées à Rabat pour négocier avec le roi alaouite. Juan Carlos de Bourbon, alors chef de l'État par intérim, a rendu visite aux troupes, ce à quoi s'est opposé le président du gouvernement, Carlos Arias Navarro. La Marche verte a finalement été autorisée à entrer sur le territoire pendant que l'Accord tripartite de Madrid était en cours de négociation. Le ministre Antonio Carro y fut pour beaucoup.

 

samedi 15 décembre 2018

Le ministre espagnol Borrell ignore le génocide du peuple sahraoui


Alfonso Lafarga, Contramutis, 13/12/2018
Traduit par  Fausto Giudice

 
Borrell parle des génocides des 70 dernières années et néglige celui du peuple sahraoui, pour lequel douze responsables militaires et policiers marocains sont poursuivis devant l'Audience Nationale.
  • Les Affaires étrangères affirment que l'Espagne est " profondément engagée " en faveur des droits de l'homme, mais ne condamnent pas ce qui se passe au Sahara occidental
 


Le ministre « socialiste ouvrier » espagnol des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la Coopération, Josep Borrell, a parlé de génocide et a cité des cas comme celui du Rwanda, mais n'a pas dit un mot sur celui vécu par le peuple sahraoui ; il a écrit sur les droits humains, mais sans citer les violations commises au Sahara occidental occupé par le Maroc.

A l'occasion de la commémoration du 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, Josep Borrell a participé à un colloque à la Casa de América à Madrid le 11 décembre, en compagnie de Michelle Bachelet, Haute Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, et de Caddy Adzuba, défenseuse congolaise des droits humains et lauréate du prix de la Concorde Prince des Asturies 2014.
Le ministre socialiste a déclaré qu'au cours des 70 dernières années, nous avons eu "quelques génocides " (sic), qui ont eu lieu au Rwanda, au Cambodge, en Yougoslavie et au Myanmar, sans faire allusion à celui perpétré au Sahara occidental et pour lequel onze hauts responsables, militaires et policiers marocains sont poursuivis devant l'Audiencia Nacional, depuis avril 2015, et depuis mai de cette même année, un fonctionnaire pénitentiaire.
L'acte d'accusation expose que, de manière généralisée, il y a eu "une attaque systématique contre la population civile sahraouie par les forces militaires et policières marocaines", ainsi que "des bombardements contre des camps de population civile, des déplacements forcés, des assassinats, des détentions et disparitions de personnes, toutes d'origine sahraouie" et conclut que "toutes les conditions sont réunies pour la définition pénale de génocide".
Dans son discours à la Casa de América, le ministre Borrell a noté que les génocides étaient « systématiquement organisés par la puissance publique face à l'indifférence ou à l'indifférence d’autres puissances publiques, qui ne se sentaient pas interpellées par le droit à la protection ». Le génocide commis au Sahara occidental par le Maroc, selon la résolution de l'Audiencia Nacional, n'a pas mérité l'attention du ministre des Affaires étrangères.
Le 9 décembre, à l'occasion de la Journée internationale des droits de l'homme et à la veille de l'événement avec Michelle Bachelet et Caddy Adzuba, le ministre des Affaires étrangères a écrit dans El País que " la promotion et la protection des droits humains sont à la base de notre système juridique et de notre conception sociale.