Blog du Réseau de solidarité avec les peuples du Maroc, du Sahara occidental, de Palestine et du monde, créé en février 2009 à l'initiative de Solidarité Maroc 05, AZLS et Tlaxcala
2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas
El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.
·Nous avons des journalistes en prison, misérables, arbitrairement détenus, victimes de décisions judiciaires injustes, et toujours vulnérables à l'oppression et à la calomnie.
Amnesty International Belgique Francophone <mail@amnestyinternational.be>À moi
Il suffit d'un clic
Bonjour Depuis un jugement tombé en mars dernier, Omar Radi, journaliste et fervent défenseur des droits humains, a été condamné à 6 ans de prison suite à un procès inéquitable. Amnesty International demande aux autorités marocaines d’acquitter Omar Radi des accusations fallacieuses pesant contre lui, et de lui assurer un nouveau procès équitable.
Les enquêtes d’Omar Radi portant sur des liens présumés entre des intérêts politiques et de grandes entreprises, ainsi que ses vives critiques concernant le bilan du Maroc en matière de droits humains lui ont valu d’être la cible de mesures de répression, les autorités cherchant à réduire au silence les voix dissidentes.
Un grand nombre de journalistes dans le monde, qui ont le courage de critiquer ouvertement la corruption et autres dérives politiques dans leur pays, se trouvent dans la même situation qu’Omar Radi.
Aujourd’hui, son enquête sur les expropriations foncières est reprise par l’association Forbidden Stories, mais lui reste emprisonné. Ceci ne peut plus durer.
Demandez aux autorités marocaines de garantir à Omar Radi un nouveau procès équitable en accord avec les standards internationaux, de libérer tous les individus détenus en raison de leurs opinions, et de cesser le harcèlement des dissident·es, des journalistes et des activistes au Maroc.
JE SIGNE sur Amnesty International Il suffit d'un clic Si vous ne voulez pas ou ne pouvez pas utiliser notre système de signature automatique, vous pouvez cliquer ici pour accéder à la pétition.
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Un
chœur d’auteurs et d’artistes publie un livre de soutien à Mimmo
Lucano, l’ex-maire de Riace en Italie, condamné à treize années de
prison pour son engagement auprès des exilé·e·s et réfugié·e·s.
Mediapart en est partenaire et vous invite à la soirée de soutien
organisée samedi 26 février à Bagnolet par le Théâtre de l’Échangeur de
Bagnolet (Seine Saint-Denis).
Bagnolet (Seine Saint-Denis).
Edwy Plenel Journaliste, président de Mediapart Journaliste à Mediapart
Samedi 26 février à 17 heures, le Théâtre de l’Échangeur à Bagnolet
(Seine Saint-Denis) organise une mise en espace et en musique de textes
issus de Terre d’humanité, un chœur pour Mimmo (tous les renseignements pratiques sont ici). Publié au Merle moqueur (on peut le commander en ligne ici), ce livre-manifeste est né d’une pétition en soutien à l’ancien maire de Riace
après sa condamnation en seconde instance à treize ans de prison pour
son engagement auprès des demandeurs de refuge. Au nom de Mediapart, qui
est partenaire de cette initiative, j’ai préfacé ce recueil collectif,
préface que je publie sur ce blog pour vous inviter à rejoindre et
soutenir cette mobilisation citoyenne.
Pour une Terre d’humanité
Pendant quatorze ans, de juin 2004 à octobre 2018, Domenico Lucano,
que l’on prénomme Mimmo, a été maire de Riace, une commune de Calabre,
dans le sud de l’Italie, au bout de la botte de la péninsule, non loin
de la Sicile. En septembre 2021, il a été condamné en seconde instance à
treize années de prison et à une pénalité financière de 500 000 euros
en raison de son engagement auprès des migrants, exilés et réfugiés
qu’il a décidé d’accueillir dans son village, les soutenant, et les
aidant, quitte à parfois contrevenir à des législations inhospitalières
dont l’inspiration xénophobe blesse les solidarités élémentaires.
Plus d’une décennie de prison ferme et un demi-million d’amende pour
avoir défendu l’asile, la solidarité et l’hospitalité : la démesure de
la peine qui frappe Mimmo Lucano est proportionnelle à ce qu’elle
voudrait conjurer. Car elle ne se contente pas de frapper un homme :
elle cherche à éradiquer un principe.
Renouvelant l’affrontement d’Antigone et Créon, le maire de Riace
s’est dressé contre des lois injustes qui piétinent des droits
fondamentaux. Ce faisant, il sauve l’âme de l’Europe quand ses juges
l’égarent dans le reniement d’elle-même. Après tout, le 7 décembre 2000,
l’Union européenne ne s’est-elle pas dotée d’une Charte des droits
fondamentaux où elle proclame se fonder « sur des valeurs indivisibles
et universelles de dignité humaine, de liberté, d’égalité et de
solidarité » ?
L’historien a bénéficié aujourd’hui d’un placement en liberté provisoire ordonné par le juge d’instruction.
Placé en détention préventive le 30 décembre dernier à la prison El
Arjat de Salé, l’historien et militant Maati Monjib a été libéré
provisoirement, ce mardi 23 mars, rapporte des sources concordantes.
« Le juge d’instruction a décidé de le remettre en liberté
provisoire, les mesures sont en cours pour l’extraire de prison », a
déclaré son avocat Me Mohamed Messaoudi à l’AFP, précisant que la santé
de son client était « bonne même s’il a perdu 12 kilos ».
Son passeport lui a été confisqué et il ne pourra pas quitter le
Maroc en attendant la tenue de son procès, indique nos confrères de
Hespress.
L’historien était à son dix-neuvième jour de grève de la faim et son
état de santé était en continuelle détérioration, affirmait son comité
de soutien.
Visé par une enquête judiciaire pour blanchiment de capitaux,
l’historien avait été placé en détention préventive par le procureur du
roi près du Tribunal de première instance de Rabat afin de poursuivre
l’enquête au sujet de sa présumée implication dans des actes pouvant
constituer des éléments de crime de blanchiment d’argent.
Cette photo est assez forte par sa
portée et par sa symbolique. On y voit Ali Aarrass, qui a été détenu
pendant 12 ans dans les geôles marocaines. Debout près de barreaux, on
le voit montrer un pin’s de soutien à Julian Assange. Ce dernier n’est
pas tiré d’affaire et les USA (jusqu’au président Joe Biden) demandent –
en appel – toujours son extradition, bien que le Royaume-Uni ne l’a pas
accordé.
Ali Aarrass, citoyen belgo-marocain, a subi un enfermement qui a duré
12 ans dans les prisons du Maroc. L’État marocain le considérait comme
« terroriste » et l’a traité par conséquent avec violence et jusqu’à la
torture, comme dénoncé par diverses associations, comme Amnesty et le Comité Free Ali qui existait alors.
Ali Aarrass a été libéré en avril 2020, il y a presque un an. Il n’a
toutefois pas pu rentrer tout de suite en Belgique, du fait du
confinement dû au covid qui empêchait les voyages alors.
Depuis, il s’est mobilisé pour la cause de Julian Assange. Sur cette
photo, on voit Ali Aarrass arborer un pin’s de soutien au lanceur
d’alerte et fondateur de WikiLeaks.
Assange toujours « demandé » par les USA de Biden
Julian Assange est poursuivi pour ses révélations par les USA.
Pendant plusieurs années, il s’est réfugié dans l’ambassade d’Equateur
au Royaume-Uni.
L’Australien de 49 ans est détenu au Royaume-Uni en attendant que la
justice britannique examine l’appel et sa fiancée Stella Morris a appelé
la cour d’appel britannique à rejeter la demande américaine d’appel.
En effet, le nouveau président des USA,
Joe Biden, a fait appel du refus du Royaume-Uni d’extrader le lanceur
d’alerte Julian Assange. Cela va créer une première déception envers
Biden, pour ceux qui espéraient en lui, évidemment.
Les soutiens à Julian Assange, dont Ali Aarrass, demandent pour leur
part sa non extradition et la fin des poursuites à son égard.
Il s'agit de six détenus du mouvement de
protestation du Rif, des journalistes Souleiman Raissouni et Omar Radi,
et de l'universitaire Maati Monjib. Selon leurs proches, ils entendent
ainsi protester contre leur détention, mais aussi plus généralement
contre la politique menée par l'État marocain sur le droit de
manifestation, la liberté de la presse et d'opinion.
Cela
veut dire qu’un mouvement contre la détention politique, contre
l’arrestation des activistes et des journalistes à cause de leur opinion
commence à s’installer de nouveau. Le fait que des familles ont décidé
de travailler ensemble, c’est pour contextualiser aussi leur situation
disant que «nous sommes en prison parce qu’au Maroc, il y a une
dégradation de la situation des droits humains, il y a une offensive
contre les acquis des Marocains en matière de liberté, il y a une
politique systémique d’atteinte aux droits et d’infraction des lois».
Donc, ils font ce qu’ils peuvent faire en tant que prisonniers
d’opinion. Ils sont incarcérés, mais ils appellent tout le monde à agir
aussi pour changer les choses et faire en sorte que la situation ne
perdure pas.
Khadija Ryadi, membre de plusieurs comités de soutien, dont celui de l'universitaire Maati Monjib
Coronavirus !Appel urgent à l'intention de sa Majesté le Roi Mohammed VI
Dans le contexte de l’épidémie mondiale
du Coronavirus, nous, familles des détenus politiques dans le dossier
Belliraj, incarcérés dans les prisons marocaines depuis plus de 12 ans,
nous prions et implorons son altesse royale de libérer nos maris, frères
et pères. Leur incarcération dans les conditions
actuelles et futures de la propagation de la maladie est équivalente à
une exécution martiale que l’histoire n’oubliera ni ne pardonnera pas. Nous supplions son altesse royale d’intervenir pour éviter une tragédie certaine. Familles des détenus du dossier Belliraj
نداء عاجل إلى جلالة الملك محمد
السادس
هذه الجائحة لن تصدها جدران السجون الاسمنتية العالية
نهيب بجلالة الملك محمد السادس. نحن عائلات المعتقلين السياسيين في ملف بليرج. ان
يطلق سراح معتقلينا اللذين قضوا في السجن 12 سنة
نخشى ان تمر الايام و الساعات و يتفشى هذا الوباء في كل مكان. و يبقى هؤلاء
المعتقلون يواجهون الموت المحقق بالعشرات
نهيب بجلالة الملك بان يتدخل لتفادي هذه الكارثة
Le
4 mars 2020, le Tribunal de première instance d’El Ayoun a condamné le
militant sahraoui Khattri Faraji Dadda à 20 ans de prison. Il était
accusé d’avoir mis le feu à une fourgonnette de la police marocaine à
Smara occupée en 2017.
Notre correspondant rapporte que le procureur s’est limité à formuler
des déclarations vagues et imprécises, et que les seules preuves sur
lesquelles se sont appuyées aussi bien l’accusation du procureur que la
sentence étaient le PV de la police et quelques photos de personnes
masquées attaquant une fourgonnette de la police tard dans la nuit et y
mettant le feu. Notre correspondant ajoute que l’accusation contre ce jeune militant
de 21 ans –qui déjà avait été arrêté pour des motifs politiques- vise
aussi deux autres militants politiques, Ghali Zogham et Khalil
Al-Boussati. Dadda avait été arrêté le 24 décembre au siège de la police de Smara
quand il essayait d’obtenir un document administratif. Il a été objet de
mauvais traitements pendant sa détention, avant d’être transféré à la
Prison Noire d’El Ayoun occupée. D’après la défenseure des droits humains Enguia Boukhers, «même si
cette condamnation fera l’objet d’un appel, il s’agit d’un message clair
d’intimidation contre les militants politiques et des droits humains
sahraouis». Boukhers a lancé appel aux Nations Unies pour qu’elles
interviennent et mettent fin à ce genre de pratiques.
Durcissant
la répression contre les voix pacifiques, les autorités marocaines ont
lancé une nouvelle vague d’arrestations arbitraires et de poursuites
judiciaires visant différentes personnes, notamment un journaliste, des
rappeurs et des youtubeurs, la plupart étant pris pour cibles uniquement
parce qu’ils ont critiqué le roi et de hauts fonctionnaires, a déclaré
Amnesty International le 11 février 2020. Elle a recensé les cas d’au moins 10 militants arrêtés illégalement,
interrogés et condamnés à de lourdes peines depuis le mois de novembre.
Quatre sont accusés d’« offense » ou d’« insulte » au roi ou à la
monarchie, l’une des trois « lignes rouges » en matière de liberté
d’expression au Maroc. Ces 10 personnes sont accusées d’« outrage » à
des fonctionnaires ou des institutions publiques, infractions inscrites
dans le Code pénal marocain. « Pour les autorités marocaines, le concept de " lignes rouges "
revient essentiellement à interdire toute critique de la monarchie et
des institutions étatiques, et est employé avec un regain d’enthousiasme
pour s’en prendre aux militants pacifiques et aux artistes. Des
youtubeurs, des rappeurs et des journalistes sont désormais condamnés à
de lourdes peines de prison au titre de lois répressives, a déclaré Heba
Morayef, directrice du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord à
Amnesty International. « Il est urgent que les autorités modifient le Code pénal du Maroc
qui conserve un arsenal de dispositions criminalisant la liberté
d’expression et est utilisé de manière illégale pour étouffer la
dissidence dans le pays. » Entre novembre 2019 et janvier 2020, neuf de ces 10 personnes et
militants ont été condamnés à des peines d’emprisonnement comprises
entre six mois et quatre ans. Le 1er décembre, la police de Settat a arrêté le blogueur
Mohamed Sekkaki, alias Moul El Kaskita, quelques jours après qu’il a
diffusé sur YouTube une vidéo dans laquelle il critiquait le roi et la
nouvelle taxe imposée aux utilisateurs de YouTube. Le tribunal de Settat
l’a condamné à quatre ans de prison et à une amende de 40 000 dirhams
marocains (environ 3 800 euros) en se fondant uniquement sur les
dispositions du Code pénal relatives à l’« offense au roi » et à
l’« outrage » envers des fonctionnaires. Son procès en appel a été fixé
au 11 février. Le 5 décembre, la police de Rabat a arrêté un influenceur présent sur
YouTube, Omar Ben Boudouh, alias Moul El Hanout, pour outrage à des
« fonctionnaires » et aux « institutions publiques » et « incitation à
la haine ». Amnesty International a examiné le procès-verbal de son
interrogatoire qui montre clairement qu’il a été interpellé pour des
accusations fictives parce qu’il a exprimé ses opinions. Le 7 janvier,
il a été condamné à trois ans de prison. Il a par la suite entamé une
grève de la faim, qu’il poursuit à ce jour à la prison de Tifelt, où il
est incarcéré. Un autre influenceur et youtubeur, Youssef Moujahid, a été arrêté le
18 décembre et accusé d’« outrage » à des fonctionnaires et à des
institutions publiques, et d’« incitation à la haine ». L’affaire
concernant Youssef Moujahid a été intégrée à celle concernant Omar Ben
Boudouh, car il publiait sur sa page Nhabek ya Maghribe des vidéos commentant les déclarations de ce dernier. Leur audience d’appel doit avoir lieu le 12 février.
Le 17 décembre, le tribunal de première instance de Meknès a condamné
le lycéen Ayoub Mahfoud, âgé de 18 ans, à trois ans de prison et à une
amende de 5 000 dirhams marocains (environ 475 euros) pour un post sur
les réseaux sociaux. Il a été accusé d’« outrage » à des fonctionnaires
et aux institutions publiques. Il a été remis en liberté provisoire le
16 janvier, dans l’attente de son audience en appel, qui doit avoir lieu
le 30 mars. Un journaliste, Omar Radi, a été arrêté le 26 décembre pour un tweet
qu’il avait publié dans lequel il critiquait le système judiciaire qui
avait confirmé le verdict contre les contestataires du Hirak El Rif.
Quelques jours après son arrestation, il a été remis en liberté
provisoire, dans l’attente de la prochaine audience de son procès prévue
le 5 mars. Omar Radi a déclaré à Amnesty International que son entretien avec le media algérien Radio M,
dans lequel il dénonçait ce qu’il qualifie d’expropriation de terres
tribales par l’État, est la raison pour laquelle il a été interpellé à
son retour d’Algérie. Le 29 décembre, le rappeur Hamza Sabaar, alias STALiN, a été arrêté à
Laayoune et condamné quelques jours plus tard à trois ans de prison
pour un morceau de rap diffusé sur Youtube. Dans sa chanson,
il dénonçait la détérioration de la situation socioéconomique dans le
pays. Le 16 janvier, un tribunal a réduit sa peine à huit mois
d’emprisonnement. Le 24 décembre, les autorités de la ville de Tata ont arrêté le
militant Rachid Sidi Baba. Le parquet l’a par la suite condamné à six
mois de prison et à une amende de 5 000 dirhams marocains (environ
475 euros) pour avoir diffusé une vidéo sur YouTube,
dans laquelle il disait sa frustration face à l’exploitation des terres
par des investisseurs étrangers, sans que les populations locales ne
bénéficient réellement de retombées positives. Le jugement dans cette
affaire est attendu pour le 13 février. Le 9 janvier, un tribunal de Khénifra a condamné Abdelali Bahmad,
alias Ghassan Bouda, à deux ans de prison et à une amende de
10 000 dirhams marocains (environ 950 euros) pour « outrage » à la
monarchie et à ses symboles. Le procureur a présenté à titre de preuves
quatre publications postées par Ghassan Bouda sur Facebook. Selon son
avocat, dans l’une de ces publications, il exprimait son soutien aux
manifestations du mouvement Hirak El Rif. « Les autorités marocaines doivent abandonner les poursuites et
libérer toutes les personnes inculpées et condamnées uniquement pour
avoir exercé leur droit à la liberté d’expression. Elles doivent cesser
de recourir à des dispositions archaïques du Code pénal pour
criminaliser la liberté de parole, a déclaré Heba Morayef. « Elles doivent réformer sans attendre le Code pénal afin de
supprimer les articles qui sont utilisés pour étouffer la liberté
d’expression. »
Complément d’information Dans sa communication
de mai 2017 pour l’Examen périodique universel (EPU), Amnesty
International demandait aux autorités marocaines d’abroger ces
dispositions, d’autant que le pays avait adopté un Code de la presse qui
dépénalisait les infractions relatives à la liberté d’expression en
2016. Toutefois, dans le même temps, de nouvelles dispositions
criminalisant l’« outrage » à l’islam ou à l’intégrité territoriale
étaient réintroduites dans le Code pénal. En octobre 2019, le Conseil national des droits de l'homme (CNDH) a
présenté au Parlement une communication visant à modifier le Code pénal
marocain, afin qu’il soit conforme aux principes de légitimité, de
nécessité et de proportionnalité.
Pour toute demande d'interview ou recevoir nos communiqués de presse :
Le journaliste
Omar Radi est poursuivi pour un tweet publié en avril 2019 fustigeant le
verdict d'un magistrat contre des membres du Hirak, un mouvement de
contestation sociale qui a agité le nord du Maroc en 2016 et 2017.Mike Blake, Reuters
Placé en liberté provisoire depuis mardi, le
journaliste Omar Radi a estimé, jeudi sur France 24, que le Maroc était
en train de revenir "aux années Hassan II" en raison de la
multiplication des détentions "politiques" et "d'opinon". Selon lui, son
procès a toutefois permis "une prise de conscience très large" dans son
pays.
"Le procès du journaliste marocain Omar Radi,
poursuivi pour "outrage à magistrat", a brièvement repris, jeudi 2
janvier, devant un tribunal de Casablanca, avant d'être ajourné au 5
mars, a annoncé son comité de soutien. Le journaliste et militant
des droits humains de 33 ans avait été placé en détention jeudi dernier
pour un message publié sur Twitter en avril. Dans ce tweet, il
fustigeait le verdict d'un magistrat contre des membres du "Hirak", un
mouvement de contestation qui a agité le nord du Maroc en 2016 et 2017,
condamnés à des peines allant jusqu'à 20 ans de prison. "On
revient aux années Hassan II aujourd’hui. Ceci est très inquiétant",
a-t-il affirmé jeudi après-midi sur l'antenne de France 24, au sujet des
"détenus d'opinion et des détenus politiques". "Rien que les six
jours que j’ai passés en prison, il y a eu cinq arrestations
supplémentaires de gens qui publient des choses sur les réseaux
sociaux", a-t-il ajouté pour témoigner de la restriction des libertés
individuelles au Maroc.
"Une prise de conscience très large" Son
incarcération a malgré tout suscité une vague d'indignation. "Il y a eu
une prise de conscience très large au Maroc qu’on ne peut plus mettre
en prison quelqu’un pour avoir dit son opinion, qu’on ne peut plus
mettre en prison quelqu’un pour avoir dénoncé des choses ou critiqué des
responsables de l’État", a estimé Omar Radi sur France 24.
Omar
Radi a collaboré avec plusieurs médias marocains et internationaux et
publié des enquêtes remarquées sur l'économie de rente ou les collusions
entre le pouvoir et le monde financier. Il a couvert les mouvements de
contestation ayant agité des régions marginalisées du royaume, et
coréalisé un documentaire sur le "Hirak" du Rif. L'ONG Human
Rights Watch avait critiqué samedi son arrestation et dénoncé une
"atmosphère de plus en plus suffocante pour les journalistes, dissidents
et artistes marocains qui prennent la parole sur les réseaux sociaux". Un
nouveau Code de la presse ne prévoyant plus de peines de prison est
entré en vigueur en 2016 au Maroc, mais les journalistes continuent
d'être poursuivis selon le Code pénal, tout comme certains internautes
pour des écrits postés sur les réseaux sociaux. Avec AFP
Placé en liberté provisoire depuis mardi, le
journaliste Omar Radi a estimé, jeudi sur France 24, que le Maroc était
en train de revenir "aux années Hassan II" en raison de la
multiplication des détentions "politiques" et "d'opinon". Selon lui, son
procès a toutefois permis "une prise de conscience très large" dans son
pays.
"Le procès du journaliste marocain Omar Radi,
poursuivi pour "outrage à magistrat", a brièvement repris, jeudi 2
janvier, devant un tribunal de Casablanca, avant d'être ajourné au 5
mars, a annoncé son comité de soutien.
Le journaliste et militant
des droits humains de 33 ans avait été placé en détention jeudi dernier
pour un message publié sur Twitter en avril. Dans ce tweet, il
fustigeait le verdict d'un magistrat contre des membres du "Hirak", un
mouvement de contestation qui a agité le nord du Maroc en 2016 et 2017,
condamnés à des peines allant jusqu'à 20 ans de prison.
"On
revient aux années Hassan II aujourd’hui. Ceci est très inquiétant",
a-t-il affirmé jeudi après-midi sur l'antenne de France 24, au sujet des
"détenus d'opinion et des détenus politiques".
"Rien que les six
jours que j’ai passés en prison, il y a eu cinq arrestations
supplémentaires de gens qui publient des choses sur les réseaux
sociaux", a-t-il ajouté pour témoigner de la restriction des libertés
individuelles au Maroc. "Une prise de conscience très large"
Son
incarcération a malgré tout suscité une vague d'indignation. "Il y a eu
une prise de conscience très large au Maroc qu’on ne peut plus mettre
en prison quelqu’un pour avoir dit son opinion, qu’on ne peut plus
mettre en prison quelqu’un pour avoir dénoncé des choses ou critiqué des
responsables de l’État", a estimé Omar Radi sur France 24.
Omar
Radi a collaboré avec plusieurs médias marocains et internationaux et
publié des enquêtes remarquées sur l'économie de rente ou les collusions
entre le pouvoir et le monde financier. Il a couvert les mouvements de
contestation ayant agité des régions marginalisées du royaume, et
coréalisé un documentaire sur le "Hirak" du Rif.
L'ONG Human
Rights Watch avait critiqué samedi son arrestation et dénoncé une
"atmosphère de plus en plus suffocante pour les journalistes, dissidents
et artistes marocains qui prennent la parole sur les réseaux sociaux".
Un
nouveau Code de la presse ne prévoyant plus de peines de prison est
entré en vigueur en 2016 au Maroc, mais les journalistes continuent
d'être poursuivis selon le Code pénal, tout comme certains internautes
pour des écrits postés sur les réseaux sociaux. Avec AFP
Passé par plusieurs rédactions marocaines
avant de devenir journaliste indépendant, Omar Radi, 33 ans, est une
figure connue du militantisme au Maroc depuis une dizaine d’années.
Poursuivi en état d’arrestation le 26 décembre pour la publication d’un
tweet remontant au mois d’avril, son incarcération à la prison d’Oukacha
a déclenché un vaste mouvement de solidarité sur les réseaux sociaux.
A l'heure des discussions autour du nouveau modèle de développement,
l'inculpation d'Omar Radi fait massivement réagir la Toile.
Crédit: Twitter
Si sous d’autres cieux, certains
peuvent se réjouir de cette période de fin d’année avec leurs proches,
il n’en a rien été pour Omar Radi. Dans une publication sur son compte
Twitter le 25 décembre, le militant des droits humains et journaliste a
fait part d’une convocation par la Brigade nationale de la police
judiciaire (BNPJ) pour une audition le lendemain même. Une annonce déjà à
l’origine d’une vaste mobilisation sur les réseaux sociaux.
Jeudi 26 décembre, Omar Radi, 33 ans, a été placé en détention au
terme d’une procédure judiciaire initiée par une autosaisine du parquet,
menée tambour battant. Auditionné dans la matinée, le trentenaire a été
déféré dans l’après-midi devant le procureur du roi, au tribunal d’Aïn
Sebaâ. La raison ? Un tweet publié neuf mois plus tôt, pour lequel il
lui est reproché d’avoir émis des critiques à l’encontre du juge Lahcen
Tolfi, au lendemain de la confirmation en appel des peines des détenus
du Hirak du Rif par le parquet casablancais. “Ni oubli ni pardon avec ces fonctionnaires sans dignité !”, tweetait-il. Une publication pour laquelle il risque une peine d’un mois à un an de prison pour “outrage à magistrat”.
Omar Radi a, depuis, passé quatre nuits en captivité. Poursuivi en
état d’arrestation, il a vu la demande de ses avocats de le placer en
liberté provisoire rejetée par le tribunal, et ce malgré une santé
fragile et des soucis d’asthme. Selon son avocat Omar Bendjelloun,
il a pu consulter des médecins et a eu accès aux médicaments. Le
journaliste et militant ne pourra pas recevoir de visites de ses proches
avant le 1er janvier 2020.
Sur la Toile et ailleurs, les réactions n’ont pas manqué. Un large élan de solidarité sous le hashtag #FreeOmar, suivi d’une mobilisation à Rabat
et Paris le 28 décembre, ainsi qu’à Bruxelles, le 30. Portrait d’une
figure connue dans les milieux militants et journalistiques.
L’élan du 20-Février
C’est dans le sillon du mouvement du 20-Février qu’Omar Radi s’est
fait connaître sur la place du militantisme. A 25 ans, il était l’une
des principales têtes du mouvement qui a vu émerger un certain nombre de
figures, la plupart vingtenaires. “Omar voyait parfois le
militantisme comme une sorte d’action portée dans la dérision, mais
constamment avec ce souci de dénoncer des conditions”, se souvient un ami proche, le connaissant depuis le lycée.
Actif à Rabat principalement, mais aussi à Casablanca, il est alors
membre d’Attac Maroc, publie régulièrement des nouvelles de la
mobilisation sur le média citoyen Mamfakinch, et mène en parallèle une carrière de journaliste qu’il a commencée quelques années plus tôt. “C’est
quelqu’un qui a été dans les marches et a assuré un grand nombre de
couvertures de manifestations, que ce soit dans ses articles ou sur les
réseaux sociaux, mais aussi chez nous à l’AMDH, où il a pu intervenir à
plusieurs reprises comme encadrant pour former les jeunes et les
militants”, explique Khadija Ryadi, figure du militantisme marocain et ancienne présidente de l’AMDH. Si elle connaît Omar Radi de “longue date”, tant ce dernier a donné du sien pour aider à la rédaction ou traduction de comptes-rendus, elle évoque une personne “toujours disponible” et “aimée de beaucoup”.
Diplômé en économie et journaliste depuis 2008, il se spécialise dans
les mouvements sociaux, mais également sur les questions à l’interstice
du pouvoir et du business. Au Journal hebdomadaire d’abord, où
il travaille sous la houlette des fondateurs Aboubakr Jamaï, Ali Amar
et Hassan Mansouri. Un magazine placé en liquidation judiciaire,
étranglé par les dettes et contraint de mettre la clé sous la porte en
janvier 2010. Une fois la fermeture actée, Omar Radi passe par plusieurs
rédactions. Il est dans l’équipe de lancement de la version francophone
du site d’information Lakome, proche du 20-Février, et se fera
connaître, au début de l’année 2013 notamment, pour une enquête sur les
exploitants de carrières de sable (qu’il corédige avec les journalistes
Christophe Guguen et Aboubakr Jamaï). Un article pour lequel il
remporte, en 2013, le premier prix de journalisme d’investigation
décerné par l’International média support (IMS) et l’Association
marocaine pour le journalisme d’investigation.
“C’est une personne intègre et qui a toujours tenu à faire son travail de manière consciencieuse”, nous fait part un proche, un constat partagé par beaucoup. Et d’ajouter : “Il
porte tout seul la responsabilité de beaucoup de personnes. Il aurait
pu ne pas enquêter sur de tels sujets, mais il a une conscience
professionnelle très aiguë, et on voit où ça l’a conduit.” De là à se sentir constamment sous surveillance ? “Tous ceux qui ont une parole qui dépasse, pour les autorités, se sentent menacés”, poursuit notre interlocuteur.
Il passera ensuite par différents supports dont Medias24, puis brièvement au Temps avant d’être du lancement du Desk, à la fin de l’année 2015. Entre temps, Omar Radi a également collaboré avec TelQuel, et écrit pour différents supports internationaux tels que Middle East Eye ou encore OrientXXI.
Au cours de l’année 2017, il est présent à Al Hoceïma lors du Hirak. En 2018, il coréalise le documentaire Death Over Humiliation, avec Chaima Zoui, sur les événements dans le Rif.
Un timing qui pose question
Du temps du 20-Février déjà, nombreux sont les supports où le
militant était intervenu, commentant la mobilisation du début de la
décennie au Maroc, et prenant part à différents ateliers et
conférences-débats pour aborder principalement les questions des
libertés au Maroc. C’est d’ailleurs dans ce sens qu’il s’est rendu, du
19 au 22 décembre en Algérie, à une table ronde autour de la presse
d’investigation, organisée par le site d’actualité régionale Maghrebemergent.
Omar Radi y était invité pour parler de la situation de la presse au
Maroc, mais aussi de politique. Un point sur lequel il interviendra
également le lendemain sur les ondes de la webradio Radio M, abordant
différents sujets liés à la “propriétarisation” des terres
soulaliyates ou encore des sujets économiques comme la fuite des
cerveaux à l’étranger. De quoi voir un lien dans la procédure engagée à
son encontre ? La question “a le mérite d’être posée” pour son ancien directeur de publication au Desk, Ali Amar. “Est-ce pour cela que la justice a déterré un de ses vieux tweets pour le punir ?”, écrivait-il dans un article revenant sur l’arrestation d’Omar Radi. “Sans aucun doute, un esprit de vengeance se tapit derrière son cas”.
“Ces dernières années, il s’est consacré à de nombreux sujets
d’intérêt public, comme les expropriations des terres tribales, un sujet
à la confluence de tous les pouvoirs, de toutes les prédations”,
précise-t-il. C’est que dans la situation d’Omar Radi, tout est allé
vite avant son incarcération. Moins de neuf mois plus tôt, le militant
s’était fendu d’un tweet dans lequel il critiquait le juge en charge de
l’appel des détenus du Hirak, Lahcen Tolfi. Des propos qui lui avaient
valu une première convocation dans la foulée, où il avait pu être
entendu. Au sortir de l’audience, sur le réseau social toujours, il
évoquait alors que “l’essentiel de l’interrogatoire avait porté sur le sens de ce tweet, pourtant clair”.
“On a voulu faire taire une voix, mais on ne lui a donné que plus d’amplitude, constate un proche. Au
moment de sa publication, il se peut que le tweet n’ait pu être vu que
par quelques centaines de personnes de la Twittoma. Mais depuis
quatre/cinq jours, ce sont des milliers, voire des centaines de milliers
qui en ont pris connaissance au Maroc mais aussi à l’étranger, et qui
peuvent désormais se rendre compte que ce qu’il se passe est malheureux.”
Depuis ce week-end, l’arrestation d’Omar a connu une large
mobilisation, interpellant les médias étrangers et organisations de
défense des droits humains.
L’automne des libertés, avant la chape d’hiver
A Middle East Eye, son avocat, maître Benhammani, s’interroge tout de même : “Pourquoi cela n’a pas été activé juste après le tweet ? Peut-être que ce n’était pas le bon contexte pour eux.”
Le 26 décembre, Omar Radi a été jugé en vertu de l’article 263 du
Code pénal, qui punit d’un mois à un an de prison “l’outrage à
magistrat”. “Critiquer les fonctionnaires est un discours protégé et
personne ne devrait être condamné à une peine de prison pour l’avoir
fait pacifiquement, a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice d’Human Rights Watch pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord. Les
autorités marocaines devraient immédiatement libérer Omar Radi et
abandonner les poursuites engagées contre lui, qui puent la vengeance
politique contre son journalisme critique et son militantisme.”
Un constat appuyé par Khadija Ryadi, qui voit la répression des libertés d’expression franchir “un cap de plus”. “La
presse indépendante a presque été tuée. Le seul espace qui reste, ce
sont les réseaux sociaux que le pouvoir s’applique à verrouiller aussi, estime cette ancienne syndicaliste.
La peur de revivre un nouveau mouvement, comme il y a pu y avoir dans
l’organisation du boycott, inquiète les autorités. C’est le seul espace
restant pour exprimer sa colère, critiquer, mais aussi organiser des
luttes.”
De quoi plonger encore plus dans la morosité une fin d’année qui a vu
les questions de libertés individuelles et d’expression occuper le
devant de la scène, notamment ces derniers mois. Un automne déjà marqué
par l’affaire Hajar Raissouni, condamnée à un an de prison ferme pour
“avortement illégal”, point qu’elle a toujours nié, et “relations
sexuelles hors mariage” avant d’être graciée par le roi Mohammed VI. Un
procès que beaucoup ont dénoncé pour « soncaractère politique« ‘ et qui avait fait l’objet d’une forte mobilisation sur les réseaux sociaux, mais à moindre échelle sur le terrain.
“Le pouvoir se sent protégé et dans une meilleure situation que
d’autres pays de la région. C’est aussi ce qui fait que les pays
européens ferment les yeux sur ce qu’il se passe au Maroc, poursuit Khadija Ryadi. Pour elle, la solution passe par le maintien de la mobilisation, qu’elle espère sur le terrain. “La
seule chose qui fera revenir le pouvoir sur ces arrestations
arbitraires, que ce soit pour les détenus du Hirak ou pour Omar, c’est
une grande mobilisation dans la rue. Il faut se mobiliser comme cela a
été fait pour Hajar, et de là, on pourra espérer la sortie d’Omar.”
Jeudi 2 janvier 2020 Omar Radi passe en jugement devant tribunal à
Casablanca . Il a été arrêté
le 26 décembre et poursuivis pour « outrage à magistrat »
Le jour même de la convocation d’Omar Radi par la police judiciaire,
le youtubeur Moul Kaskita était condamné à quatre ans de prison pour
outrage au roi et atteinte aux institutions constitutionnelles suite à
la publication d’une vidéo, le 29 novembre, où il critiquait les
discours du roi et qualifiait les Marocains d’“ânes” et de “stupides”.
Alors que le gouvernement tente de construire une méga-prison de
1200 détenus à Haren, de nombreuses voix s’élèvent pour exiger une
réforme complète de la politique pénitentiaire. Qui enferme-t-on? Dans
quelles conditions? La détention a-t-elle un sens? Est-il nécessaire de
faire souffrir pour punir? Un monde sans prison est-il possible? Le
prochain numéro de POUR consacré à la problématique de l’enfermement
sortira de presse en novembre prochain. La rédaction a rencontré de
nombreux acteurs au sein de l’univers carcéral. Nous vous ferons
découvrir leur vision de la prison au fil des semaines… La prison est
aujourd’hui mise en accusation par ces témoins privilégiés. Dès lors,
que le procès commence! Des interviews à suivre sur Facebook, sur notre
site internet, jusqu’à la sortie du journal…
POUR dépose une première pièce à conviction. Une seule question a été
posée à tous les témoins qui se succéderont à la barre: pour vous, la
prison, c’est…
Témoin numéro 1: Valérie Lebrun, directrice de la prison d’Ittre.
Valérie Lebrun jette un regard lucide sur un système qu’elle
connaît bien, puisqu’elle le vit de l’intérieur. Valérie Lebrun dénonce
l’inobjectivité du système pénal: la prison, c’est d’abord une manière
de gérer des populations qui n’ont jamais été intégrées à la société.
Elle dénonce également une dérive du système carcéral: les détenus sont
de plus en plus amenés à payer eux-mêmes leur détention!
Une question identique a été posée à
l’ensemble de nos témoins. Quelles ont été vos impressions lorsque vous
êtes entré(e) pour la première fois en prison ? Voici leurs réponses…
Témoin numéro 3 : Christian Panier, juge honoraire
Christian Panier est l’ancien président du tribunal de première
instance de Namur. Aujourd’hui à la retraite, il consacre beaucoup
d’énergie à la question de la réinsertion des détenus. Pour lui, la
situation actuelle résulte d’une justice de classes. Et la situation ne
va pas en s’améliorant… Pour envisager des solutions, il faudrait sortir
la prison de notre tête.
Témoin numéro 4 : Delphine Paci, de l’Observatoire International des Prisons
Delphine Paci est avocate. Elle est vice-présidente de la section
belge de l’Observatoire International des prisons. Pour Delphine Paci,
la prison est un lieu dangereux pour la sécurité publique ! Un discours
qui va à l’encontre des idées reçues…
Témoin numéro 5 : Philippe Landenne, aumônier de prison
Philippe Landenne est un grand spécialiste de la justice
restauratrice. Cette manière de concevoir la justice va à l’encontre de
la justice pénale. Ici, la victime est au centre des préoccupations;
l’auteur est responsabilisé et la société est interpellée afin de
restaurer les liens entre les différentes parties…
Jean-Marc Mahy connait bien la prison, il a passé plus de 18 ans
derrière les barreaux. Depuis sa libération, il œuvre pour éviter aux
jeunes de prendre le même chemin que lui. Après avoir réussi des études
d’éducateur, il est devenu acteur dans un seul-en-scène intitulé « Un
homme debout ». Aujourd’hui, il voudrait que la prison de Tongres soit
affecté à un projet éducatif dédié à une réflexion sur l’enfermement.
Témoin numéro 7 : Luk Vervaet, enseignant en prison
Pour Luk Vervaet, la délinquance n’est pas engendrée par la pauvreté.
Ce sont les inégalités qui provoquent la délinquance. Enseignant en
prison, Luk Vervaet est un intervenant engagé dans la lutte
anti-carcérale. Son site internet www. Supermax.be est une référence en
la matière.
Philippe Lacroix a été condamné pour de nombreux faits de grand
banditisme. Aujourd’hui, il a purgé sa peine. Il enseigne les langues
germaniques dans une école de promotion sociale. Philippe Lacroix estime
que son parcours est exceptionnel. La plupart des détenus doivent
lutter pour éviter la récidive.
Témoin numéro 9 : Philippe Landenne, aumônier de prison
« La prison est une arme de destruction massive ». Philippe Landenne,
aumônier de prison, utilise des mots forts pour dénoncer une
institution maltraitante. Pour lui, lorsqu’un fait délictueux survient,
on ne pense qu’à punir, parfois à guérir, jamais à comprendre afin de
renouer des relations sociales…
Dernière pièce à conviction que POUR met sur la table des jurés : le
témoignage de plusieurs détenus de la prison d’Andenne. Lors d’un
atelier vidéo, ceux-ci ont témoigné de leurs espoirs et attentes lors de
leur future sortie. Car quoiqu’il arrive, un jour ou l’autre, les
détenus sortent tous de prison…
À Sebta, la mer en cage
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De part et d’autre de la ligne invisible, l'absurdité du monde s'étale :
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