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samedi 7 novembre 2009

OCP/intérimaires : le dialogue impossible


Par Christophe Guguen, Le Journal Hebdomaire n°415, 7/11/2009


Un conflit social oppose actuellement l’Office Chérifien des Phosphates à huit cent cinquante ouvriers intérimaires de Khouribga, au chômage depuis l’été dernier. Au cœur de ce dossier : l’emploi abusif de salariés contractuels sur les sites de l’OCP.


Ils sont chaudronniers, soudeurs, informaticiens ou encore conducteurs d’engins de chantier. Certains travaillaient depuis plus de sept ans sur le site de production de Khouribga, capitale minière du royaume. Aujourd’hui sans emploi, huit cent cinquante ouvriers intérimaires multiplient les manifestations pour retrouver leurs postes au sein de la plus grande entreprise publique du Maroc : l’Office Chérifien des Phosphates (OCP). Entre ce groupe des «850 de Khouribga» et la direction de l’OCP, il n’y a pas de discussions. «Les protestataires n’ont aucun lien juridique, ni contractuel, ni avec lui ni avec sa filiale SMESI. Les protestataires sont liés en droit à des sociétés d’intérim seules habilitées à les gérer et ne peuvent prétendre à ce titre à leur intégration au sein du Groupe», explique un communiqué de l’OCP publié le 31 août dernier.
Colère et incompréhension.
Les intérimaires, de leur côté, affirment travailler depuis des années directement sous l’autorité de la SMESI, filiale à 100% de l’OCP, qui servait officiellement jusqu’en janvier 2009 «d’intermédiaire» entre les sociétés d’intérim et les différentes entités du groupe OCP. «Ces sociétés d’intérim dont parle la direction de l’OCP, ce ne sont que des guichets bancaires : ils nous payaient notre salaire à la fin du mois, c’est tout. Le recrutement, la formation, les visites médicales, les congés, tout était fait directement au niveau de la SMESI», affirme Hamza Barakat, l’un des huit cent cinquante intérimaires de Khouribga et membre du bureau syndical local (UMT). «Pourquoi est-ce qu’on travaille depuis des années ici, en continu, et qu’on n’a toujours pas le statut de salariés OCP ?», ajoute-t-il, un mélange de colère et d’incompréhension dans la voix. «Avant, les contractuels qui étaient recrutés par la SMESI étaient automatiquement embauchés en CDI au bout de quelques mois et intégrés à l’OCP», explique Ali Fkir, militant de longue date, nommé coordinateur du Comité de solidarité avec les ouvriers de SMESI (CSOS). Les «contrats à durée déterminée» (CDD) n’existaient pas encore et l’OCP, aujourd’hui premier employeur du royaume, embauchait à tour de bras. Depuis, bien des choses ont changé. C’est à partir de 2001, selon la direction de l’OCP, que la SMESI a commencé à travailler avec des sociétés d’intérim. Le nouveau Code du travail, promulgué en 2004, définit les conditions de recours au travail temporaire. En 2005, une note interne de l’OCP diffusée à toutes les filiales du groupe, précise ces conditions : la main d’œuvre «mise à disposition» en régie ne peut être utilisée que pour exécuter «un travail temporaire», soit dans le cadre d’un «accroissement de la charge de travail ou de production», soit pour réaliser «une tâche ponctuelle ou exceptionnelle». Le problème, pour les 850 ouvriers de Khouribga, c’est que leur travail sur le site de production de l’OCP est, dans les faits, tout sauf temporaire. Certains sont même inscrits sur les plannings de congés annuels de la SMESI !
Comment des intérimaires peuvent-ils travailler de manière permanente et à plein-temps sur le même site pendant des années ?
 Le système en vigueur à Khouribga jusqu’à l’année dernière était bien rôdé : les responsables du site transmettaient régulièrement à la SMESI des lettres de commande accompagnées de listes indiquant les noms des «intérimaires» requis. La SMESI se tournait alors vers l’une des quatre sociétés d’intérim agréées (Glonet, F.K Services, Good Team Intérim, Crit). Quand l’intérimaire atteignait la durée maximum de son contrat avec l’une d’entre elles, pas de problèmes, «la SMESI pouvait se tourner vers les autres sociétés, qui prenaient le relais, avoue à demi-mot Abdelouahed Aatifi, directeur de Glonet. Grâce à cette rotation sans fin, les «intérimaires» étaient ainsi baladés de société d’intérim en société d’intérim. Sur le papier. Car dans les faits, ils gardaient toujours le même poste au sein de l’Office…
Un document interne de l’OCP, dont Le Journal Hebdomadaire s’est procuré une copie, indique que lesdites sociétés d’intérim facturaient à la SMESI la «mise à disposition» de ces ouvriers temporaires à hauteur de 40% des salaires bruts versés. La SMESI, à son tour, facturait à l’OCP sa «prestation» d’intermédiaire. Pour la seule année 2007, la filiale de l’Office a ainsi engrangé 54 millions de dirhams, alors que seulement 13 salariés SMESI, répartis sur l’ensemble des sites, étaient affectés à temps plein à cette activité. Où est parti cet argent ? La direction de l’OCP, contactée par Le Journal Hebdomadaire, n’a pas répondu à cette question.
Protestataires trop revendicatifs ? 
 La restructuration de l’Office Chérifien des Phosphates, amorcée ces dernières années, a permis de mettre un peu d’ordre dans le système. Le 1er janvier 2008, un avenant à la convention liant l’OCP à la SMESI entre en vigueur. Il modifie les relations entre l’Office et sa filiale. La régie SMESI est abandonnée et 884 salariés contractuels de la SMESI (dont 272 à Khouribga) sont embauchés en CDI. En juin 2008, le directeur général de l’OCP, Mostafa Terrab, demande officiellement l’intégration au statut OCP de l’ensemble des salariés contractuels de la SMESI. Seuls les 884 ouvriers ayant obtenu un CDI sont embauchés le mois suivant par la maison-mère. Quid des autres intérimaires travaillant en continu sur les différents sites de production ? Là encore, silence de la direction de l’OCP. Fin 2008, Abdelhamid Zryouil, directeur exécutif du groupe en charge du pôle Ressources, Infrastructures et Environnement, annonce à toutes les entités et filiales de l’OCP que la SMESI n’assurera plus la «mise à disposition de personnel intérimaire» à compter de janvier 2009. Les intérimaires de Khouribga, qui disent avoir toujours travaillé avec la SMESI, s’inquiètent pour leur avenir. Depuis le début de l’année, le site de Khouribga fait donc directement appel aux sociétés d’intérim. De nouveaux accords sont signés. En avril 2009, les intérimaires décident de créer un bureau syndical local pour défendre leurs intérêts. Dès lors, selon Hamza Barakat, les membres dudit bureau reçoivent des pressions de la part des responsables du site, qui n’acceptent pas la constitution de ce syndicat. Le ton monte, la situation s’envenime. Les nouveaux contrats à durée déterminée prévoient des salaires à la baisse et la suppression de fait de certains avantages sociaux (arrêts maladie, etc.). Le 1er juillet dernier, l’ensemble des membres du syndicat et certains ouvriers, une centaine d’intérimaires au total, refusent de signer le énième CDD qui leur est proposé. Ils sont immédiatement suspendus par les sociétés d’intérim qui les «emploient». L’OCP leur ferme les portes du site. Le mois suivant, ils organisent un premier sit in à Khouribga. Les autres intérimaires les ont rejoints, ils sont désormais 850 à réclamer leur intégration en bonne et due forme à l’OCP. La mobilisation prend de l’ampleur, mais l’OCP campe sur ses positions. Seul «geste» de la part des sociétés d’intérim : la proposition d’un CDD de trois mois. Privés de salaires depuis cet été, certains n’ont pas eu le choix. Le directeur de Glonet, Abdelouahed Aatifi, annonce ainsi que «150 ouvriers l’ont déjà signé». Un contrat fait sur-mesure pour des «protestataires» un peu trop revendicatifs : il sera résilié sans préavis en cas de grève, sit-in et rassemblement sur les lieux de travail. En le signant, l’ouvrier s’engage également «à ne pas faire de sit-in devant la direction OCP».
Solidarité
La mobilisation ne faiblit pas. Depuis le premier sit-in observé en août dernier, les intérimaires multiplient les manifestations à Khouribga, Rabat et Casablanca. Les organisations nationales et internationales qui les soutiennent sont de plus en plus nombreuses. Le 13 septembre dernier, le bureau central de l’AMDH, en coopération avec sa section locale de Khouribga, a organisé une grande «caravane de solidarité». Des militants de toutes les régions du Maroc ont convergé vers Khouribga pour soutenir les intérimaires et leurs familles. Forts de ce succès, les ouvriers ont décidé d’organiser deux jours plus tard un nouveau sit-in dans la ville. Cette fois, les forces de l’ordre ont sévi. Plusieurs manifestants se sont retrouvés à l’hôpital. Quarante et un ouvriers ont été interpellés, conduits au commissariat de la ville pour un interrogatoire «serré» puis finalement relâchés. Quatre d’entre eux sont en liberté provisoire : Hilali Ouassif, Rachid Belouafi, Abderrahman Boukdir et Omar Fakhori comparaitront le 3 novembre prochain devant le tribunal Première instance de Khouribga pour «troubles à l’ordre public». Réunis en assemblée générale lundi 26 octobre, à Khouribga, les intérimaires ont décidé la poursuite du mouvement. Un nouveau sit-in sera organisé le 4 novembre devant le siège de l’OCP, à Casablanca.

Tunisie : dernière minute

Par Khaled Ben M'barek ,7/11/2009


Nous apprenons à l'instant que le domicile du journaliste et plume libre Slim
Boukhdhir est encerclé par la flicaille du général Ben Ali, qui renvoie
quiconque tente de lui rendre visite. Sa famille est terrorisée.
Nous ignorons jusqu'à cet instant les causes de cet assaut qui était de toute
façon prévisible.
Le général de renseignement Zine Ben Ali avait promis de se venger et sa
vengeance est en marche. Les Tunisiens y feront face ; les dégonflés et les
traîtres regarderont et béniront ; les amis du peuple tunisien se mobiliseront
et la victoire sera du coté de l'Histoire.
Slim, Taoufik, Zouhair sont la fierté et l'honneur d'un pays que l'on voudrait
sans fierté et sans honneur. Leur martyr fera par payer.
C'est la seule chose que l'Histoire retiendra du règne de l'Infâme de Tunis..

Manoeuvres du général Ben Ali pour faire oublier les nouveaux prisonniers


Par Khaled BEN M'BAREK, Coordinateur du CIDT-Tunisie, 6/11/2009

Victorieux, les militants du Bassin minier ont retrouvé la liberté


C'est avec grand bonheur que nous avons appris la libération des héros des
luttes sociales de Rdeyef et du bassin minier de Gafsa. Nous félicitons
chaleureusement les compagnons de lutte, leurs familles et leurs soutiens
tunisiens et internationaux pour cette victoire historique. Nous saluons les
déclarations dignes et déterminées du leader du mouvement, Adnane HAJJI,
estimant que la liberté n'est pas un cadeau et que la lutte est loin d'être
finie.
Cette issue heureuse montre de façon éclatante que la digne résistance finit
toujours par payer. C'est là une réponse cinglante à tous ceux qui travaillent à
saper le potentiel de lutte du peuple tunisien. Quels que soient leurs mobiles
et leurs intentions, ils inspirent davantage la pitié que le mépris.
C'est dans le droit fil de ce souffle salvateur et de foi dans la victoire du
peuple que nous appelons la société civile tunisienne, les organisations et les
militants amis du peuple tunisien, ainsi que les médias objectifs à contrecarrer
le dessein du général Ben Ali consistant à faire passer sa vengeance contre ses
opposants en contrepartie de l'élargissement des militants du Bassin minier. Ce
serait aussi l'occasion de redorer le blason de son obsessionnel 7-Novembre en
ce 22ème anniversaire.
Face à une levée de bouclier comme les Tunisiens n'en avaient plus connu depuis
le SMSI, le pouvoir a manœuvré avec le cynisme froid caractéristique des menées
du renseignement, dans le but d'obtenir les faveurs de milieux qu'il sait avoir
mis dans une posture intenable. Certains de ses soutiens traditionnels les plus
bienveillants ont éprouvé le besoin de se démarquer, parfois de manière assez
spectaculaire, tant à propos du résultat des élections qu'en ce qui concerne la
vendetta qui les a accompagnées et les a suivies, contre les opposants et les
journalistes, notamment l'indomptable Taoufik BEN BRIK.
Nous voudrions espérer que tout intervenant de bonne foi dans l'affaire
tunisienne, national ou étranger, s'abstiendra d'exprimer toute forme de
satisfaction à l'endroit du gouvernement tunisien pour avoir remis des innocents
en liberté. Tant que les militants, notamment les journalistes opposants
Taoufik BEN BRIK et Zouhair MAKHLOUF seront maintenus en détention, il s'agit
bien d'un chantage sous forme de deal des plus odieux : je vous offre les
militants du Bassin minier et vous me cédez les journalistes.
Relâcher la pression serait encourager le potentat sénilisant à aller jusqu'au
bout dans l'assouvissement de sa vengeance. Ce serait donc perpétuer le calvaire
des victimes -Taoufik BEN BRIK et leur faire courir les pires risques que l'on
peut imaginer lorsque l'on est livré sans défense à une vengeance quasi-privée.
Les prisonniers personnels de M. Ben Ali s'appellent désormais Taoufik BEN BRIK
et Zouhair MAKHLOUF. Les deux sont malades et ont besoin de soins spécifiques.
Ce sera pour leur geôlier une raison de plus de les garder le plus longtemps
possible.
Seule une mobilisation vigoureuse et une campagne de soutien déterminée sauront
desserrer l'étau autour des victimes


Centre d'information et de documentation sur la Torture (CIDT-TUNISIE)
cidtunisie@free.fr     CCP N° : 6 458 94 X DIJON
Association de citoyens du monde pour le droit des Tunisiens à ne pas être torturés
Membre du Réseau SOS-Torture de l'OMCT-Genève

Enfants maltraités

Par Xavier Frison, 5/11/2009

Human Rights Watch s'inquiète du sort des mineurs isolés détenus en zone d'attente à Roissy.


Ce sont des gamins, étrangers, seuls, loin de chez eux, « perdus en zone d'attente », auxquels s'intéresse l'ONG Human Rights Watch (HRW) dans son dernier rapport. Entre janvier 2008 et juillet 2009, environ 1500 mineurs étrangers isolés sont arrivés à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle et se sont vu refuser l'entrée en France. Ces jeunes, « qui se trouvent physiquement à l'intérieur des frontières géographiques de la France sans pour autant être en France au regard du droit français », ont été détenus par la police dans la zone d'attente de l'aéroport. Au lieu de se voir accorder une protection, ils ont subi « des traitements dégradants de la part de la police, une détention en zone d'attente avec des adultes, sans protection suffisante contre les membres des réseaux de traite », sans compter les obstacles pour déposer une demande d'asile et le « système expéditif » qui ne favorise pas le dépôt de demandes d'entrée au territoire français par les enfants.
Or, le traitement que la France inflige aux mineurs étrangers isolés dans les zones d'attente aéroportuaires « n'est pas conforme à ses obligations aux termes du droit international, et il doit être révisé rapidement », explique HRW. Car, contrairement aux décisions de la Cour européenne des droits de l'homme et aux avis formulés par les Nations unies, la France soumet ces mineurs retenus à l'aéroport à un régime judiciaire différent de celui des enfants qui se trouvent sur le territoire français. Concrètement, ceci signifie que les mineurs en zone d'attente « ont beaucoup moins de droits car leur statut de migrant l'emporte sur celui de mineur ».
Human Rights Watch recommande au gouvernement français d'abolir le statut juridique arbitraire de la zone d'attente pour les mineurs étrangers isolés, de les accepter sur le territoire et de cesser de les détenir avec des adultes. Selon HRW, environ 30 % de ces mineurs ont été renvoyés ou ont continué leur voyage. Les autres ont été admis en France.
Source Politis

Le rapport: www.hrw.org/fr

أبو غريب بمراكش-تقرير حول وضعيتنا من داخل السجن


علي فقير ، 5/11/2009



المعتقلين السياسيين


" مجموعة زهرة "


" تقرير حول وضعيتنا من داخل السجن "
مقدمة لابد منها :
في الخامس عشر من ماي 2008 سيتم اعتقالنا نحن " مجموعة زهرة " من الحرم الجامعي بمراكش، وذلك بطريقة هوليودية، إذ سيتم اقتحام كليتي الأدب والحقوق والحي الجامعي وتطويق كافة الأحياء المحيطة بالحرم الجامعي، واقتحام المنازل بحثا عن المناضلين من طرف أجهزة القمع المختلفة، مستعملين في ذلك الرصاص المطاطي والقنابل المسيلة للدموع، وبالحي الجامعي ستقتحم قوات القمع جميع العمارات وستعمل على سرقة ممتلكات الطلاب من نقود وهواتف نقالة ...، بعد عملية السرقة والنهب والتخريب الواسع النطاق، سيحشدون الطلاب في ساحة الحي الجامعي، وسيقومون بحفلة تعذيب جماعي إذ سينهالون عليهم بالضرب بالعصي والأرجل مخلفين عشرات الجرحى والمعطوبين، أما حصيلة المعتقلين فستكون 17 مناضلا ومناضلة واحدة، منذ لحظة اعتقالنا ستبدأ طقوس الاحتفال/ التعذيب، إذ بعد الحصة الأولى من الضرب والرفس، سيقيدون أيدينا الى الخلف بقوة وسيعصبون أعيننا، وسيحشروننا داخل سياراتهم ويتوجهون بنا الى مخفر جامع الفناء درب مولاي الشريف العهد الجديد، داخل هذا المخفر وعلى إيقاع موسيقى " الحلايقية " بجامع الفناء، سيتم الاحتفاء بنا على أحسن وجه " الفلاقا" خلع الملابس " صب الماء ورفس المفاصل" الضرب والجرح على أنحاء الجسم" جر الأيادي والأرجل" محاولة الاغتصاب" التهديد بالقرعة" التهديد بالكهرباء" إلى غير ذلك من أشكال السب والشتم والحط من الكرامة كل ذلك تم ونحن معصبين الأعين ومقيدي الأيادي إلى الخلف على امتداد 4 أيام وبدون أن نتذوق أي طعام، كل هذا حدث في " أجمل بلد في العالم وفي زمن العهد الجديد" الذي يتغنى به النظام القائم، وفي دولة " الحق والقانون " و" الانتقال الديمقراطي " وهلم جرا من الشعارات الديماغوجية، لافرق بين الأمس واليوم نفس الأساليب ونفس الوسائل وحتى الجلادين هم نفسهم، أربعة أيام من التعذيب والاستنطاق عن الانتماء السياسي، وعن علاقات المناضلين وعن أسماء رفاقهم وأماكن سكناهم...، ولم يتم سؤالنا ولو سؤال واحد عن التهم التي ستلفق لنا، لم نعرف شيئا عن ما كتبوا بالمحاضر فرفضنا التوقيع عليها، فكانت تلك الجولة الأخيرة من التعذيب لإجبارنا على التوقيع دون حتى الاطلاع عليها، لكننا رفضنا وبقينا صامدين رغم التعذيب الهمجي والإرهاب النفسي الذي تعرضنا له، بعد ذلك تمت إحالتنا على محكمة الاستئناف ومنها الى سجن بولمهارز بمراكش.






· أبو غريب بمراكش:
في السجن وجدنا تشكيلة من الموظفين في استقبالنا، كان أغلبهم يرتدون بزات عسكرية ويمسكون عصيا في أيديهم، قبل تسجيلنا في سجل الاعتقال انهالت علينا الأسئلة مصحوبة بالاستفزازات والشتائم تم جردونا من ملابسنا وقاموا بتفتيشنا تفتيشا دقيقا، بعد ذلك سيتم توزيعنا على مختلف أحياء السجن وسنمنع من ملاقاة بعضنا البعض، وسنتعرض للضرب والمضايقات من طرف الحراس، وستقابل كل مطالبنا بالرفض والضرب والإهانة.


في الأيام الأولى كانت ظروفنا داخل السجن جد كارثية، كنا ننام على الأرض بدون أي فراش أو غطاء وبشكل جد متزاحم مع سجناء الحق العام رغم أن أغلب الرفاق كانوا يعانون من جروح وكدمات وكسور جراء التعذيب الذي طالنا بمخفر جامع الفناء، وما عمق معاناتنا هو الطعام المتعفن الذي يقدمونه والذي اضطررننا الى أكله لأن عائلاتنا لم تكن تعلم بعد باعتقالنا وحتى الذين علموا منهم منعوا من زيارتنا في البداية، وعندما سمح لهم بالزيارة منعوا عنا الجرائد والكتب والدفاتر.


رفضت إدارة السجن أن تصغي لمطالبنا، رفضت عرضنا على طبيب السجن لعلاجنا، رفضت تحسين التغذية، رفضت منحنا أفرشة نظيفة، وبالإضافة الى منعنا من ملاقاة بعضنا سلطوا علينا بعض سجناء الحق العام الذين يحظون بامتيازات كبيرة داخل السجن، تعرضنا للعنف من قبلهم ولمحاولات التصفية وللمضايقات يومية.


أمام هذا الوضع الكارثي أقدمنا على الدخول في إضراب انذاري 25 ماي 2008 لمدة 48 ساعة لتحسين ظروفنا من داخل السجن ومن جهة أخرى لفضح حقيقة شعارات النظام القائم المزيفة وفضح اعتقال المناضلين وتعريضهم للتعذيب، وللمطالبة بإطلاق سراحنا وسراح كل المعتقلين السياسيين بالمغرب ومحاكمة الجلادين المتورطين في تعذيب المناضلين وسرقة الطلاب بالحي الجامعي وتخريب هذا الأخير وإضرام النار فيه...


لكن هذا الإضراب الانذاري لم يلقى أذانا صاغية، وهذا ما دفعنا الى الدخول في معركة الإضراب المفتوح عن الطعام 11 يونيو 2008 والتي دامت 46 يوما والتزمت آنذاك مندوبية السجون بتحقيق كل مطالبنا المتعلقة بتحسين ظروفنا من داخل السجن غير أنه بمرور الوقت تراجعت المندوبية عن التزاماتها، وأخذت إدارة السجن المحلي تتماطل بشتى الذرائع، وبقي وضعنا على ما كان عليه منذ البداية بل ساء أكثر بسبب خوضنا للإضراب عن الطعام ونحن لا نزال نعاني من رضوض التعذيب الذي تعرضنا له، وهذا ما جعل جميع الرفاق يعانون من مشاكل صحية مختلفة.


بعد قضائنا مدة سنة و5 أشهر لازلنا نعاني الويلات داخل هذا السجن على كافة المستويات ( الإيواء، الزيارة، الصحة، التغذية، التعليم...)


· الإيواء:


نعيش ظروفا صعبة داخل الغرف المكتظة بالسجناء فعدد هؤلاء داخل الغرفة الواحدة يفوق أحيانا المائة سجين هذا الاكتظاظ الفظيع يجعل السجناء ينامون تحت الأسرة وفي الممرات " الدصيصة " والمخصصة للأمتعة في المراحيض أيضا مما يسبب في انتشار الأمراض المعدية خاصة منها التنفسية و الجلدية والتي لم ينجو منها أحد من الرفاق .


من المطالب التي تقدمنا بها إلى إدارة السجن هناك مطلب تجميعنا وعزلنا عن سجناء الحق العام لتحسين ظروف إيوائنا وتوفير شروط الدراسة المنعدمة بسبب الاكتظاظ والضجيج الذي تعرفه الغرف , ضجيج أجهزة التلفاز وأجهزة DVD والصراخ والمشاجرات بين السجناء من استعمال السكاكين والأدوات الحادة . وتعرف هذه الغرف إضافة إلى انتشار الأمراض كما سبق وذكرنا , انتشار الحشرات كالصراصير الصغيرة والكبيرة والقمل الناجم عن تعفن الأفرشة ومن انعدام وسائل النظافة وانتشار الأزبال في كل أنحاء الغرف .


فبالنسبة للنظافة فإنه لا توجد أماكن مخصصة لغسل الملابس والأفرشة ولنشرها , ولا يوجد إلا حمام واحد بهذا السجن لأزيد من 1600 سجين وهو في غالب الأحيان مقفل ولا تستفيد منه إلا قلة قليلة . ومن بين المشاكل التي نعاني منها أيضا داخل الغرف التي نقطن بها هو تعاطي السجناء للمخدرات والذي يسبب لنا الاختناق ومشاكل في التنفس.


ويوجد بهذه الغرف سجناء مصابين بأمراض مختلفة من بينها السيدا , ترفض إدارة السجن عزلهم رغم الخطورة التي يشكلونها على السجناء الآخرين فمن السهل جدا انتقال السيدا من سجين إلى آخر إذ لا يجد السجناء أي حرج في استعمال أدوات حلاقة بعضهم البعض ولو كانت مستعملة من قبل فأغلبهم يجهل تماما أن هذه الأدوات قد تنقل له أمراض خطيرة , إضافة إلى أن السجناء يستعملون شفرات الحلاقة في جرح وتشريط أجسادهم احتجاجا على الوضعية الكارثة التي يعيشونها , ويستعملون هذه الشفرات أثناء المشاجرات بينهم وقد يصيبون أشخاص آخرين لا دخل لهم بذلك كما حدث مع احد الرفاق . ونحن مهددون باستمرار للتعرض لإصابة مثل هذا النوع وذلك لكثرة المشاجرات بين السجناء التي تنشب فجأة ومهددون أيضا بالإصابة بهذا المرض الخطير (السيدا ) في حالة ما كانت الحشرات المتواجدة بكثرة كالناموس والقمل ناقلة لهذا المرض وإذا نجونا من هذا المرض فهناك أمراض أخرى لا ينجو منها أي سجين . و الحديث هنا يقودنا إلى تناول الوضعية الصحية من داخل السجن .


· الصحة:

في ظل الظروف المرتبطة بالإيواء السالفة الذكر من البديهي أن نعرف اضطرابات صحية زكاها التعذيب الوحشي لذي تعرضنا له من داخل مخفر جامع الفنا ومخلفات الإضراب عن الطعام وكذا الإهمال الذي طالنا من داخل السجن فزيارة طبيب السجن تبدو شبه مستحيلة فهو في اغلب الأيام غائب وغدا حضر يعمل ساعة أو ساعتين خلال الصباح ثم يرحل وتظل حشود السجناء مرابطة أمام باب المصحة وحتى لو تمكن احدنا من زيارة الطبيب فالمعاينة تكون سطحية , ثم يأمر له بأقراص أو حقن لا تغير شئ من وضعه الصحي فتستمر معاناته داخل السجن وحتى إذا استعان بالأدوية التي تجلبها العائلات والذي يتعرض جزء كبير منها للنصب فإن نشوة الشفاء من المرض لا تكتمل إذ سرعان ما يعود هذا المرض مجددا طالما أن شروط إنتاج المرض متوفرة بشكل دائم .


تنتشر أمراض كثيرة بالسجن كالحكة والجربة وهي أمراض معدية وقد ساهم غياب الوقاية والعلاج في تطورها حتى أصبحت أكثر خطورة وليس مستبعدا أن تتحول إلى وباء قاتل بحجم الجدري والطاعون إذ لم تتم محاربتها هذه الأمراض ( الحكة , الجربة ) لم يسلم أحد الرفاق منها فما كادت الجروح والإصابات التي تعرضنا لها في الخفر تندمل حتى انطلت أجسادنا النحيلة بها وفي كل مرة نصاب فيها بالعلاج يقتصر ممرض السجن على منحنا قرص أو قرصين في أحسن الأحوال كمسكنات مطمئنا إيانا بأنها أمراض بسيطة " غادي تبيدانسو وغادي تفوتكم " طبعا لن نؤمن بهذا الترياق السحري الذي وصفه الممرض وربط الشفاء به وإن كان يجد من لدننا تفسير مرتبط باكتساب الجسم للمناعة فالحكة والجربة أنواع وكلنا يحتاج مناعة خاصة لذلك استعنا بإمدادات الأدوية من العائلات وخضنا معارك من أجل التطبيب وصون الكرامة بالإضافة إلى الأمراض السالفة الذكر والتي اكتوى جل الرفاق بنارها , الأمراض التي نجمت عن مخلفات الإضراب عن الطعام كعسر الهضم وآلام المعدة والكلي مع اضطرابات في التنفس .


غير أن الحالات التي تبقى خطيرة وتستوجب علاجا استعجاليا نجد حالة الرفيقة زهرة التي تعاني من انتفاخ على مستوى البطن وإغماءات دائمة مع الألم في الظهر , وهي لحد الآن لم تحظى من حقها في التطبيب وعرض حالتها على طبيب اختصاصي بل لا تزال إدارة السجن مصرة على الاحتفاظ بها مع سجينات يعانين من أمراض من بينها الالتهاب الكبدي " حالتين " .


كما نجد حالة الرفيق جلال القطبي الذي يعاني من عاهة مستديمة على مستوى الرجل بعد التعذيب الذي تعرض له من طرف رجال القمع تحتاج إلى ترويض حتى لا تتطور إلى عاهة مستديمة.


· التغدية :


بات وضحا أن رياح الزمن عصفت بورقة التوت التي حاولت المندوبية العامة أن تستر بها عورة السجون المفضوحة , والمتمثلة في رزمة الوعود الكاذبة بتحسين وضعية هذه المؤسسات مع مطلع سنة 2009 بما في ذلك الانتقال بقيمة الأغذية المقدمة للسجناء من 5 دراهم إلى 14 درهما في اليوم , نحن الآن على مشارف سنة جديدة هي 2010 ووضعية التغذية داخل السجون لا تبرح مكانها , مما يجعل السجناء الذين ليس لهم معيل خارج السجن يلبي حاجياتهم من الأكل عرضة للأمراض المرتبطة بسوء التغذية .

وإذا أردنا الحديث عن حالنا نحن " مجموعة زهرة" من داخل سجن بولمهارز فالعائلات هي من يتحمل عبء تغذيتنا طالما أن الوجبات الممنوحة غير كافية إن لم نقل بأن أغلبها غير صالح للأكل نظرا لانعدام شرط النظافة والجودة فيها , فأغلب المشتغلين بالمطبخ هم من المعتقلين الذين ليست لهم خبرة في مجال الطبخ , إذ يكفي السجين أن يعرف كيف يشطر الجزرة إلى نصفين ويلقي بها في القدر حتى يلج المطبخ كعامل من بابه الواسع , أضف إلى ذلك انعدام توازن البرنامج الغذائي فالقطاني هي السمة الطاغية على هذا الأخير , وفي الحالات النادرة التي توفر فيها الوجبات على لحم فإنه يتعرض للنهب , والقسط الذي يصل للسجين هو حجم العقل الأمامية لأصابع اليد , كما أن مصدره لا يكون إلا من الأبقار التي بلغ بها الزمن عتيا فصار لحمها مطاطا يعاند المضغ أو تتوزعه الأنياب والأيدي في أحسن الأحوال.


· الزيارة:


نظام الزيارة بسجن بولمهارز لا يسمح إلا بزيارة واحدة في الأسبوع لثلاثة أشخاص فقط من العائلة لمدة ربع سعة أو أقل وفي يوم محدد , وبحكم انتمائنا نحن " مجموعة زهرة" على مناطق بعيدة عن مراكش " أمحاميد الغزلان , زاكورة , طانطان , تارودانت , قلعة السراغنة , ورزازات ) فإن عائلاتنا تتكبد عناء السفر الطويل مع إمكانياتها المحدودة , وبعد وصولها إلى باب السجن تضطر إلى المكوث ساعات طويلة في طوابير عرضة للشمس الحارة أو المطر ( حسب الظروف المناخية ) لتقضي ربع ساعة على فلذات أكبادها هذا إن حالفها الحظ في الحضور في الوقت المحدد , وإن لم يكن حليفها فموعد الزيارة هو الأسبوع المقبل .نظام الزيارة إذن جبل فاصل بيننا وبين عائلاتنا لكنه ينبطح لعائلات تجار وأباطرة المخدرات الميسورين , فلا شئ يعلو على سلطة المال من داخل بولمهارز.


· التعليم:


مشاكلنا المرتبطة بالتعليم عديدة تتقاسمها كل من إدارة السجن والجامعة فإدارة السجن تتجاهل مطلبنا المتمثل في إلحاقنا بزنان تتوفر فيها أبسط شروط التحصيل , بعيدا عن الصخب وفوضى الزنازن المكتظة بالسجناء , وفي تبسيط المساطر الإدارية لتمكين الطلبة من زيارتنا وإمدادنا بالمحاضرات والمقررات طالما أن إدارة الكلية لا تقوم بذلك . أما بالنسبة لكلية الآداب والحقوق فطلبات التسجيل لم تلقى جوابا من إدارتيهما , كما ان طلبة كلية الآداب محرومون من اجتياز الدورة الاستدراكية ومن الإطلاع على نقط السنة الماضية وتحديد أساتذة للإشراف على بحوث نيل الإجازة . وحال طلبة كلية الحقوق ليس أحسن حالا فالعميد مصر على طرد رفاقنا عن طريق التلاعب بالنتائج باحتساب الدروس التوجيهية والتي تتطلب الحضور الإجباري دون مراعاة ظروف الاعتقال ,باعتبارهم غائبين في مواد اجتازوها ووقعوا على محاضر الامتحانات في سجل المشرف الاجتماعي بالسجن مع الأساتذة وقد وجهنا عدة مراسلات إلى إدارة الكليتين حول هاته المشاكل مبنية على الشكل الآتي :


الاسم رقم الإرسالية موضوع الإرسالية
- زهرة بودكور 9449 *الإعلام المسبق بالامتحانات بالنسبة


لكل الرفاق+طلب من اجل تصحيح أوراق الامتحانات بالفصل الثالث والرابع +توفير المقررات والمحاضرات+ الإدماج + مشكل الغياب إلغاء لمراقبة المستمرة+احتساب الامتحانات التي اجتزناها +تصحيح


-علاء الدربالي 9332 لأوراق.
- ف العلوي 9349 *طلب التسجيل بسلك الماستر


- مراد الشويني 9340 *طلب التسجيل بسلك الماستر


- عثمان الشويني 9330 *طلب التسجيل بسلك الماستر


- العربي محمد جدي 9334 *طلب إحضار بيانات النقط المتعلقة بالسنة الماضية


+ الاستفادة من الدورة الاستدراكية+تحديد أستاذ يشرف على البحث.






- محماد جميلي 9344 * التسجيل بسلك الماستر






- جلال القطبي 9338 * نقط السنة الماضية+الاستفادة من الاستدراكية+


تحديد أستاذ يشرف على البحث.


- عبد الله الراشدي 9336 * طلب الدورة الاستدراكية+نقط السنة الماضية


- خالد مفتاح 9346 *نقط السنة الماضية+ الاستفادة من الاستدراكية


تحديد أستاذ يشرف على البحث.


- يوسف المشدوفي 9342 * طلب إعادة التسجيل.


هذه الأخيرة (المراسلات) لم تلقى ردا ولم تجد هذه المشاكل طريقها على الحل إلى حدود الساعة.


هذا إذن واقع التعليم بالسجن الذي يزعق النظام عبر قنواته الإعلامية بدوره في نشر العلم والنهوض في المستوى الثقافي للسجين وهذه هي الجهود الحقيقية التي تضطلع بها مؤسسات النظام القائم التي تصب جميعها في اتجاه حرمان أبناء الشعب من التعليم.


أمام الوضعية الكارثية التي همت كافة المستويات التي تناولها التقرير ( الإيواء , الصحة و التغذية , الزيارة , التعليم) قررنا سلك طريق الحوار مع إدارة السجن واوفيناها ما من مرة بملفنا المطلبي وفي كل مرة تقابلنا بالتنصل من مسؤوليتها وترفض الحوار وهذا ما حتم علينا الدخول في برنامج نضالي تصعيدي يتضمن إضراب عن الطعام عبر مراحل ( 3 أيام , يليه 6ايام ثم يليه الإضراب المفتوح ) مرفوقا بخطوات نضالية أخرى.

Ombres italiennes-À propos du verdict dans le procès de l'enlèvement par la CIA d'Abou Omar

par Claudio Fava, il manifesto, 5/11/2009. Traduit par Fausto Giudice
Le tribunal de Milan qui jugeait les auteurs et complices de l’enlèvement, par la CIA, de l’imam égyptien Abou Omar, en février 2003, a rendu son verdict : les 26 agents de la CIA, jugés par contumace, ont été condamnés à des peines de 5 à 8 ans de prison, leur chef Jeff Castelli a été acquitté pour immunité diplomatique. Deux agents des services de renseignement militaires italiens, le SISMI, ont été condamnés à 3 ans de prison, tandis que l’ex-chef du SISMI, Nicolò Pollari, et son adjoint Marco Mancini ont bénéficié d’un non-lieu. Voici le commentaire de l’ex-eurodéputé Claudio Fava, qui présida une commission d’enquête du Parlement européen sur les « transferts extraordinaires de la CIA ».
La sentence était prévisible. Très italienne dans sa réticence polie, comme le furent les sentences sur le sénateur Giulio Andreotti (« c’est vrai, c’était un ami des mafieux, mais trop de temps est passé: tout est prescrit et nous restons amis comme avant).

Pourtant, c'est une sentence exemplaire : par ce qu’elle confirme et ce qu’elle admet. Elle confirme  que l'imam de Milan a été enlevé par la CIA dans l'un des premières «extraordinary restitutions» (transferts extraordinaires) rocambolesques auxquelles les services usaméricains se sont exercés de manière répétées après le 11 Septembre . la condamnation de tous les agents de la CIA et la grâce accordée à leur chef pour son immunité diplomatique alléguée scellent trois ans d'enquête rigoureuse et rapide menée par le Procureur Spataro et ses services. Mais à côté de cette confirmation il y a un aveu: si Pollari et Mancini s’en sortent avec un non-lieu, ils doivent remercier tous les gouvernements qui se sont succédés dans notre pays. Bien plus : Pollari doit remercier formellement Silvio Berlusconi, Romano Prodi et Francesco Rutelli, qui, plus que d'autres, se sont personnellement engagés de faire prévaloir, sur la vérité, l’omertà d'un faux secret d'État.

Les ombres sur cette histoire sont particulièrement gênantes parce qu'elles ne racontent pas seulement un enlèvement maladroit, mais révèlent une conception dévastatrice de la lutte contre le terrorisme. Au nom de cette conception les services usaméricains et européens se sont mis en tête de dégrader les droits fondamentaux au rang de question secondaire, de jouet pour âmes candides, d’’oripeau.  C’est pour cela qu’Abou Omar a été enlevé: pour soustraire un terroriste présumé aux garanties et aux principes de la justice ordinaire. Et le SISMI, en acceptant d'offrir sa collaboration servile, a balayé en quelques instants  des siècles de culture et de civilisation juridique. Sur cette horreur, sur le prix politique payé, et sur les faveurs obtenues s’est ensuite abattu le couperet du secret d'État.

Nous vivons dans un pays qui a été trop souvent été offensé par ses secrets indicibles, dépossédé de toute vérité, obligé de garder le silence, de faire semblant, de ne pas comprendre. Mais jamais on n’avait trouvé, sur le besoin de nier les faits, une si parfaite harmonie entre tous les partis politiques. Comme sur la scène d'une tragédie grecque, les protagonistes ne sont plus les partis, mais le pouvoir. Ceux qui défendent l'indéfendable Pollari, défendent eux-mêmes, le privilège de mentir, de se considérer legibus solutus*. Pour une fois, n'est pas  de Berlusconi que nous devons parler, mais de cette nation. Heureuse de ne pas savoir, heureuse de ne pas juger. Convaincue désormais que pour exorciser la réalité il suffit de changer de canal.
* Princeps legibus solutus : le prince échappe à la loi, il est au-dessus d’elle.[NdT]

Source : il manifesto-Ombre italiane

Article original publié le 5/11/2009

Sur l’auteur

Fausto Giudice est membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique. Cette traduction est libre de reproduction, à condition d'en respecter l’intégrité et d’en mentionner l’auteur, le transducteur et la source.

URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9205&lg=fr

vendredi 6 novembre 2009

NON à la pêche européenne au Sahara Occidental

 Par Western Sahara Resource Watch,6/11/2009
 PETITION

PAS D'ACCORD POUR QUE L'EUROPE PAYE AU MAROC L'AUTORISATION DE PÊCHER AU SAHARA OCCIDENTAL !!!
Merci de signer : militants et associations, sur
www.fishelsewhere.eu
Aujourd’hui commence la campagne internationale pour que stoppe ce pillage immoral par l’UE.
Aucun Etat au monde ne reconnaît l'occupation marocaine du Sahara Occidental. Et pourtant l'UE paye chaque année des milliers d'Euros au gouvernement du Maroc pour permettre aux navires de l'UE de pêcher dans les eaux au large du Sahara Occidental. Les activités de pêche de l’UE au Sahara Occidental doivent cesser immédiatement.
Ceci est tout à fait contraire à l'éthique, politiquement douteux et en violation du droit international.
L'UE doit cesser immédiatement l’octroi de toutes les licences aux navires européens pour pêcher dans les eaux du Sahara Occidental.
Aucune opération de pêche européenne ne doit plus avoir lieu au Sahara Occidental avant que le conflit soit résolu.
La campagne FishElsewhere a lieu dans 22 pays de l’UE. C’est une initiative de Western Sahara Resource Watch

France Terre d’Asile lance un appel contre les retours forcés en Afghanistan

France Terre d'Asile, 15/10/2009

France Terre d’Asile et ses partenaires en Europe dénoncent les retours forcés vers l’Afghanistan et ouvrent une pétition en ligne réclamant la suspension de cette mesure et la protection des réfugiés afghans.

A la suite du démantèlement du camp principal de Calais, le 22 septembre dernier, où résidaient de nombreux migrants afghans, le président de la République française a annoncé l’organisation de retours forcés vers l’Afghanistan en coopération avec le Royaume-Uni, conformément à l’arrangement franco-britannique du 6 juillet 2009.
Nous considérons que le retour forcé vers l’Afghanistan ne constitue pas, dans l’instant, une solution acceptable.
France terre d’asile, avec ses partenaires britannique, espagnol, grec, italien et français, ainsi que le Conseil européen pour les réfugiés et les exilés, et le soutien de nombreuses personnalités, lancent un appel européen contre les retours forcés en Afghanistan. Ce texte est disponible pour signature à l’adresse suivante :

http://www.france-terre-asile.org/petition/
Nous appelons à diffuser et signer largement ce texte, chaque signature représentant une voix citoyenne s’élevant contre ces retours forcés vers un pays où l’insécurité et le chaos sont généralisés.

Texte de l’appel
A la suite du démantèlement du camp principal de Calais le 22 septembre dernier où résidaient de nombreux migrants afghans, le président de la République française a annoncé l’organisation de retours forcés vers l’Afghanistan en coopération avec le Royaume-Uni, conformément à l’arrangement franco-britannique du 6 juillet 2009.
Nous considérons que le retour forcé vers l’Afghanistan ne constitue pas, dans l’instant, une solution acceptable. La situation sécuritaire dans ce pays s’est fortement dégradée ces dernières années. Nul n’est en mesure d’y assurer la sécurité des personnes, pas même la coalition internationale présente en Afghanistan. Renvoyer les Afghans dans leur pays remettrait en cause les valeurs défendues par l’Union européenne, garanties notamment par la Convention européenne des droits de l’homme et la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne.
Aujourd’hui, de nombreux Afghans errent sur le territoire européen sans statut ni droits. Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) considère pourtant qu’un nombre important d’Afghans ont des besoins de protection. Cependant, nous pensons que les Etats européens ont échoué à satisfaire les besoins de protection de beaucoup d’entre eux en ne permettant pas l’accès à une procédure d’asile juste.

Par conséquent, nous demandons aux Etats membres de l’Union européenne :
- La suspension temporaire des renvois forcés vers l’Afghanistan tant que règnent, dans ce pays, le chaos et l’insécurité généralisée ;
- La recherche de solutions immédiates de protection sans porter préjudice à la possibilité de demander l’asile. Les Etats membres, individuellement ou collectivement, ont le pouvoir et les outils nécessaires permettant de reconnaître des protections temporaires ou humanitaires comme ils ont su le faire à d’autres occasions, notamment lors de la guerre des Balkans.

La situation actuelle résulte des égoïsmes nationaux et de l’incapacité à construire une politique européenne d’asile harmonisée et protectrice. Nous appelons donc les institutions européennes à travailler instamment à l’instauration d’un régime d’asile européen commun protecteur et solidaire entre les Etats membres et avec le reste du monde.
Premiers signataires
France terre d’asile
Le Conseil européen pour les réfugiés et les exilés (ECRE)
Immigration Advisory Service United Kingdom (IASUK)
Comision Espanola de Ayuda al Refugiado (CEAR)
Greek Council for Refugees
British Refugee Council (BRC)
Consiglio Italiano per i Rifugiati (CIR)
ProAsyl (Allemagne)
Organisation suisse d’aide aux réfugiés
Hungarian Helsinky Committee (Hongrie)
Forum réfugiés,
CFDT
SSAE,
Urgence Darfour
Vigilance Soudan
La belle étoile
Salam
Auberge des migrants
Jacques Ribs, Président, France terre d’asile
Pierre Henry, Directeur général, France terre d’asile
Bjarte Vandvik, Secretary General, European Council for Refugees and Exiles
Keith Best, Chief Executive, IASUK, Royaume-uni
Alfredo Abad Heras, Secretario General, CEAR, Espagne
Lazaros Petromelidis, Director, Greek Council for Refugees, Grèce
Donna Covey, Chief Executive, British Refugee Council, Royaume-uni
Christopher Hein, Direttore, CIR, Italie
Carl Copp, directeur, ProAsyl (Allemagne)
Beat Meiner, secrétaire général, Organisation suisse d’aide aux réfugiés
Marta Pardavi, directrice adjointe, Hungarian Helsinky Committee,
Jean-François Ploquin, Directeur général, Forum réfugiés, France
Julien Poncet, Directeur adjoint, Forum réfugiés, France
Jacky Mamou, médecin, président Collectif urgence Darfour, France
George Pau Langevin, Députée de Paris - Vice-présidente du groupe SRC
Monique Delanoy, présidente association La belle étoile, France
Jean Pierre Leclercq, président, association Salam, France
Christian Salome, président, association Auberge des migrants, France
Michelle Pauco, Vice-présidente d’un centre d’accueil pour demandeurs d’asile et réfugiés à Nice
Stéphane Bonifassi, Avocat au Barreau de Paris
François-Xavier Desjardins, Directeur départemental Adoma en Seine-Saint-Denis
Jean Pierre Le Bonhomme, Attaché territorial
Horacio Hormazabal, Directeur des ressources humaines et de la formation, France terre d’asile
Fatiha Mlati, Directrice intégration, emploi et logement, France terre d’asile
Claude Roméo, Directeur protection des mineurs isolés étrangers, France terre d’asile
Xavier Zimbardo, Photographe et directeur artistique de PHOTSOC
Smaïn Laacher, Sociologue
Annick Naudet, chargée du secrétariat général de France terre d’asile
Catalina Villar, réalisatrice documentaire
Elisabeth Cosimi, reporter-photographe
Communiqué France Terre d’Asile
Référence
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2845

Non à la reddition à la mafia de Carthage !

par Mondher Sfar, 5/11/2009

Un communiqué vient d'être publié sur le site Tunisnews appelant les exilés à renoncer à leur statut de réfugiés, à se rendre auprès des consulats tunisiens et à se ranger dans la légalité du régime de Ben Ali.
Je dénonce cette initiative qui cherche à pactiser avec la mafia tunisienne au moment où elle vient de faire une démonstration de force, publique et ostentatoire, exhibant son mépris pour les moindres principes de la dignité humaine et des droits citoyens, au point de pousser ses plus grands soutiens comme Bertrand Delanoé à prendre leurs distances vis-à-vis d'un régime longtemps détesté et rejeté par dix millions de Tunisiens.
Je mets en garde mes compatriotes sur les graves conséquences de la renonciation à leur statut de réfugiés, statut qui est un droit légitime de protection contre la torture et toutes autres formes d'atteinte à la dignité humaine qui sont massivement pratiquées par le régime du général Ben Ali, et qui viennent de connaître une grave recrudescence.
En outre, renoncer à son statut de réfugié, ne nuit pas seulement à la protection des réfugiés, mais aussi au droit de protection de tous ceux qui ont des demandes en cours ou futures, car ce geste de renonciation pourrait être interprété par les organes habilités à juger des demandes d'asile comme la preuve d'un allégement de la dangerosité du régime tunisien, et de moindre risque de torture en Tunisie, ce qui est évidemment totalement faux. On imagine aisément que ce serait là un prétexte inespéré pour la France, par exemple, pour une application encore plus restrictive du droit d'asile pour les Tunisiens qui sont sous examen ou futurs requérants. Ce serait ruiner les efforts des ONG partout dans le monde qui oeuvrent pour le droit d'asile des Tunisiens, droits mis à mal par notamment par une Europe réactionnaire en matière des droits humains y compris pour ses propres citoyens.
Plus inquiétant encore, l'appel à l'opposition à se rendre armes et bagages à la dictature, ne peut être perçu par le régime que comme un signe de faiblesse de l'opposition et ne peut par conséquent que l'inciter à reboubler sa répression non seulement contre les opposants mais aussi contre le peuple tunisien d'une façon générale.
Nous avons tous une grande responsabilité historique face à un régime criminel et mafieux : c'est d'oeuvre ensemble pour le mettre hors d'état de nuire. Pour cela la Tunisie a plus que jamais besoin de tous ceux qui ont choisi - ou qui se trouvent- en exil. Il leur incombe d'être eux aux avant-postes dans le combat et la lutte contre les bourreaux et tortionnaires de notre peuple pris en otage par une poignée d'aventuriers sans foi ni loi.
À bas la dictature, à bas la mafia de Carthage, et vive la lutte jusqu'à la libération de la Tunisie de ses despotes oppresseurs et criminels.

Amine, ya zin smya

Par Samira Kinani, 5/11/2009

Amine,ya zin smya

6 novembre 2009
déjà
24ans
déjà
que t'es parti!!!
24ans déjà
que tu t'es sacrifié pour nous
pour eux
pour elles...
pour un pays
que tu as aimé jusqu'à a mort
un pays
pour qui tu as désiré
dignité et fierté...
toi, le jeune ingénieur
tu n'as pas pensé à faire carrière
comme tous ceux qu'on voit daba..
tu n'as pas pensé à fuir
et ne penser qu'à toi
je me souviens encore, Amine
de ta douce voix
me narrant l'histoire de mon pays..
je me souviens encore de toi
jeune étudiant de l'EMI
-pourtant une prestigieuse école de chez nous-
luttant pour la levée de l'interdiction de l'UNEM
ces soirées estudiantines
dans ces amphis
ou vous nous appreniez
l'espoir
tu te souviens
ouvriers, paysans
les femmes
la Palestine
tous ces thèmes
placardés partout dans les murs de votre buvette..
on venait là
apprendre
nous
moi, novice encore des choses de la vie;;
tu te souviens Amine
j'étais pas trop commode
et pourtant
tu trouvais le temps
d'être gentil
takhadni 3la kadde 3akli
à l'époque
toi, et tous les autres...
24 ans que tu es parti
et je jure
par toi
par tous ceux et celles
que j'ai aimés
et que j'aime
que jamais je ne baisserai les bras
ton sang est là devant moi
coulant sous les coups
de ces monstres
ces monstres qui courent encore
et qui reprennent de plus belle
ce qu'ils t'ont fait
ce qu'ils nous ont fait
ce qu'ils ont fait à ce peuple..
Amine
ta fermeté
ta résistance
seront ma boussole
et jamais
je ne tolèrerai
que ceux
qui t'ont
lâchement assassiné
vivent en paix
en toute impunité
jamais
ton sacrifice
vos sacrifices
les sacrifices de tout un peuple
n'auront été pour rien
Amine
pardonne nos moments de dispersion
pardonne nos errements
qui nous font dévier
souvent
et nous occultent la vraie contradiction
le réel ennemi
de l'espoir
et sache
qu'en pensant à toi
en pensant à eux
en pensant à elles
on la reprend
la voie
car vous avez été
et vous serez
la boussole

jeudi 5 novembre 2009

Les syndicalistes de Sud-PTT (France) apportent leur soutien aux ouvriers licenciés de la SMESI

Par Frédéric Madelin, 5 /11/ 2009

En juillet 2009 l'Office Chérifien de Phosphate (OCP) a licencié abusivement 850 ouvriers qui travaillaient dans sa filiale SMESI.
Les raisons de ces licenciements tiennent à la constitution d’un bureau syndical et à la volonté de la direction d’imposer une flexibilité à outrance notamment en obligeant les salariés à contracter des CDD de trois mois par l’intermédiaire de sociétés d’intérim.
Au moment où l’OCP réalise malgré la crise, des chiffres d’affaires historiques, paye grassement ses actionnaires, elle vise à accompagner sa transformation en société anonyme par une remise en cause généralisée des droits des travailleurs.
La résistance des ouvriers a entraîné une véritable répression : la ville de Khouribga est quadrillée par les forces de l’ordre, des syndicalistes sont poursuivis, en même temps que la direction fait appel à des retraités pour maintenir son niveau d'activité. Elle refuse par ailleurs d’ouvrir toute négociation sur les revendications des salariés.
Nous affirmons notre solidarité pleine et entière à la lutte des phosphatiers et exigeons le respect des libertés syndicales, la titularisation définitive de tous les salariés, la réintégration des ouvriers licenciés et l’arrêt des poursuites judiciaires et de toute forme de répression.

Frédéric Madelin
madelin-fr@sudptt.org
Tél: 0628071653


Merci militantEs de sudptt.


Merci camarade! les 850 prolétaires, victimes d'un licenciement abusif, ont besoin des solidarités nationale, internationale et internationaliste.
Malgré les conditions matérielles difficiles, malgré la persécution dont ils sont l'objet quotidiennement, malgré le drame que vivent leurs familles...ces prolétaires résistent et luttent avec détermination pour arracher leurs légitimes droits.
Salutations militantes à celles et à ceux qui ont manifesté et qui manifestent leur solidarité aux ouvriers de SMESI, filiale de l'OCP, géant économique de l'Etat marocain

Le coordinateur du"Comité de solidarité avec les ouvriers de SMESI"
Ali Fkir

Marrakech Express



Par M.Saâdoune, le Quotidien d'Oran, 3/11/2009

 Démocrates ou républicaines, noirs ou blancs, les secrétaires d’Etat
 américains se suivent et se ressemblent dans le soutien à l’arbitraire
 et l’expression d’une ligne antihumaniste brutale. Moins qu’aucun de
 ses prédécesseurs récents, Mme Clinton ne déroge pas à la règle.

Après  avoir signifié l’alignement-reddition de Barack Obama, la secrétaire
 d’Etat, en visite dans la capitale arabe du plaisir (au sens civilisé
 du terme) par excellence, Marrakech, pour un improbable «sommet de
 l’avenir», a tenu à calmer la gêne de ses alliés arabes, très
 embarrassés par l’alignement de Washington sur la ligne du Likoud.
 Mme Clinton, avec, malgré tout, plus de talent (ce qui n’est pas un
 exploit) que la précédente titulaire du secrétariat d’Etat, atenté de
 noyer le poisson de la reculade sans fard de l’administration Obama
 sur la question clé de la poursuite de la colonisation des territoires
 occupés par Israël.
 Il fallait bien, comme à l’habitude, un service minimum de la nuance
 et rassurer, autant que faire se peut, des alliés arabes
 définitivement modérés. Mme Clinton s’est donc livrée à l’une de ces
 contorsions sémantiques qui feraient sourire si elles ne signifiaient
 pas tant de misère et tant de malheur pour le peuple palestinien.
 Ainsi donc, selon l’honorable chef de la diplomatie de l’empire, il ne
faudrait pas voir de mal dans l’appel (l’ordre ?) lancé ou intimé aux
 Palestiniens : Washington réprouve toujours la poursuite de la
 colonisation, mais estime qu’elle ne constitue pas un obstacle à la
 poursuite des négociations.
 Le propos, dans la douceur des riadhs sud-marocains propices à tant de
 suaves rêveries, est admirable de candeur. «Peace, love and
 happiness». Paix, amour et joie de vivre étaient bien le mot d’ordre
 des hippies des années soixante qui fréquentaient la royale oasis, à
 la recherche d’éphémères paradis fournis par les herbes locales.
 Mais il y a loin de Marrakech à Ghaza et les fumées que l’on peut y
 respirer ne sont pas de même nature. Ceux qui pensaient que l’ère
 Obama ouvrait sur des perspectives renouvelées doivent déchanter. Il
 n’y a plus nulle part place ni à l’innocence ni aux illusions.
 L’agenda de la soumission défendu par la secrétaire d’Etat a le grand
 mérite de le rappeler à ceux qui, émus par l’effet Obama, ont cru voir
 un changement essentiel dans la politique des Etats-Unis.
 L’expansionnisme colonial, avec un soubassement religieux dont se
 réclament les idéologues sionistes, est soutenu avec constance et
 détermination par un système politique qui n’a pas changé de nature.
 Même le secrétaire général de l’ineffable Ligue arabe reconnaît
 l’échec, tout en maintenant son «réservoir de confiance» en Obama. En
 ce sens, ce diplomate «modéré» fait un grand pas vers une réalité qui
 émerge cruellement des rideaux de fumée et des déclarations
 anesthésiantes. Il y aura encore un effort de réalisme à faire, avant
 d’admettre que seule la résistance est le moyen de «négocier» avec un
 ennemi fanatisé et immoral. La déclaration sans conviction ni
 substance de Marrakech n’y changera rien.

Le CRA de Lyon, toujours cra-do ?


Par Blanchard Lucie, 03/11/2009


 Le centre de rétention administrative (CRA) de Lyon, à 1,5 kilomètres de la zone de fret de l'aéroport Lyon Saint-Exupéry, où sont enfermés les étrangers en situation irrégulière arrêtés dans la région.
Comme chaque année depuis huit ans, l'association La Cimade prête ses yeux aux Lyonnais pour pénétrer derrière les barbelés du centre de rétention de Lyon (CRA). Ce lieu d'enfermement situé à 1,5 kilomètres de l'aéroport Saint-Exupéry “n'est pas une prison, mais en a tout l'air“. Il abrite en moyenne 2000 étrangers sans papiers chaque année, 2 369 précisément en 2008 selon le rapport de la Cimade qui vient de paraître.


Un coup de peinture, du lierre et du gazon
Cette année le rapport de la Cimade pointe quelques améliorations au centre de rétention de Lyon. La cour de promenade d'abord a été entièrement refaite. Elle dispose maintenant d'espaces verts, du gazon et du lierre rampant ont été introduits dans la cour du centre de rétention administrative (CRA) qui dissimulent un peu les grillages, austères aux yeux des étrangers, des policiers et des associations présentes sur place.

Autre amélioration, les salles communes ont été repeintes. Mais elles sont toujours aussi peu utilisées par les retenus selon la Cimade, car “il y fait trop chaud l'été et trop froid l'hiver“. Les étrangers préfèrent utiliser la salle d'attente de la Cimade car “il y fait bien chaud l'hiver“.
Le fonctionnement du centre reste le même. L'espace est divisé en trois zones de hauts grillages, une aile réservée aux hommes plutôt originaires des pays de l'Est, une aile réservée aux femmes et aux familles, et une dernière aile réservée aux hommes originaires d'Afrique. La division de ces trois zones par de hautes grilles “contribue en grande partie à la sensation d'enfermement qu'éprouvent les retenus et les intervenants“, écrit la Cimade.

Des chambres insalubres
En dehors de ces quelques améliorations, à l'intérieur du centre, de nombreux subsistent. Des problèmes d'infiltration d'eau notamment dans les chambres, jugées “insalubres“ par la Cimade. “Les toilettes à la turque sont toujours la règle“ au CRA, poursuit par ailleurs l'association, “malgré les recommandations des services d'hygiène et les problèmes d'accès pour les personnes à mobilité réduite“.
Les travaux de plomberie nécessaires relèveraient du bon vouloir du Secrétariat général pour l'administration de la police (SGAP), mais rien n'est fait malgré plusieurs demandes du responsable du centre. Dans les toilettes et les chambres, les mauvaises odeurs persistent dues aux problèmes d'évacuation.


Derrière les barbelés, 104 enfants en 2008
Huit places sont toujours réservées aux femmes et trois chambres aux familles au centre de rétention de Lyon, ainsi qu'une cour pour les enfants avec des jeux aménagés. Mais cette cour est tellement “étroite et oppressante“ selon la Cimade, “que les familles préfèrent l'éviter et rejoignent systématiquement la cour centrale“, où la présence d'enfants au milieu des retenus “inquiète fortement“ l'association.
Les enfants “pourraient être témoins d'événements violents et leur sécurité serait alors mis en danger“. Par ailleurs, “il est particulièrement choquant pour tous, retenus, policiers et intervenants de voir des enfants au milieu de la cour grillagée. Les retenus (…) nous interpellent systématiquement sur leur présence en rétention. Enfin, on peut sérieusement craindre que des enfants qui subissent une privation de liberté pouvant aller jusqu'à trente deux jours, après avoir été coupés brutalement de leur environnement quotidien (école et amis), en gardent des traces au plan psychologique“, écrit la Cimade dans son rapport paru le 2 novembre. Le CRA de Lyon est l'un des onze centres de rétention en France habilités à recevoir des enfants sur vingt trois. Ajouter à cela que la préfecture du Rhône est celle qui place le plus d'enfants en rétention selon la Cimade. L'année dernière, le CRA de Lyon a accueilli trente cinq familles, dont cent quatre enfants. La Cimade milite pour interdire l'enfermement des enfants.


Mensonges et violences policières
Selon la Cimade, les étrangers arrivent de plus en plus au centre de rétention après un contrôle “au faciès“ dans la rue (13% des retenus en 2008). L'association rappelle que ce type de contrôle est illégal. A posteriori, “les policiers le justifient toujours par une infraction telle que “vocifération/crachat sur la voie publique“ ou “pieds sur la banquette“. Selon la Cimade, la violence viendrait plutôt des policiers “ces derniers temps, beaucoup de retenus nous ont relaté une arrestation musclée et font état d'injures et de violences de la part des policiers, lors de l'interpellation ou de la garde à vue“ écrit l'association chargée de la défense du droit des étrangers.
A l'embarquement dans l'avion, les retenus témoignent également de violences. “Les personnes nous ont relaté qu'en cas de résistance, ils étaient attachés pieds et poings liés et qu'on les portaient comme un colis“ jusqu'à l'avion. Mais là, difficile de prouver quoique ce soit une fois les retenus renvoyés dans leur pays d'origine. Cela dit, selon La Cimade, les étrangers auraient de bonnes raison de résister à l'embarquement.

En effet, lorsque les policiers viennent les arrêter chez eux pour les conduire au centre de rétention (12% des placements en 2008), ils font souvent usage de la ruse. Selon la Cimade, "les policiers racontent aux sans papiers qu'ils vont simplement aller faire un contrôle de routine au commissariat. Mais ils les placent en garde à vue et les transfèrent dans la foulée au centre de rétention. Généralement, un avion les embarque le lendemain ou le surlendemain“, s'indigne Clémentine, en poste au CRA de Lyon depuis deux ans pour la Cimade.
A Lyon en 2008, les étrangers sans papiers placés au centre de rétention ont majoritairement été renvoyés vers l'Algérie et la Turquie, suivi de près par la Tunisie et le Maroc,et enfin le Kosovo. Souvent , ils n'étaient vêtus que d'un tee-shirt, voire de leur tenue de travail (80% des étrangers retenus en 2008 avaient un emploi rappelle la Cimade). Comme ce Marocain renvoyé au Maroc en salopette à l'effigie de son entreprise de nettoyage l'année dernière, avec un balai brosse et une serpillère pour tout bagage ... Des pratiques "incompatibles avec la dignité humaine", selon la Cimade.

En 2008, 52 % des retenus du CRA de Lyon soit 1 230 personnes étrangères sans papiers ont été reconduites dans leur pays d'origine par avion sur 2 369.




Crédit photo : MAXPPP