2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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samedi 8 novembre 2025

Pour Sion Assidon
Documents d'archives (1981)

Ci-dessous, à l'usage des personnes qui n'étaient pas encore nées à l'époque, ou de celles qui ont la mémoire courte

LAURENT SCHWARTZ (*), Le Monde, 6/6/1981



SION ASSIDON est âgé de trente-deux ans, il en a passé neuf en prison. Marocain, il a fait des études de mathématiques et a occupé des emplois d'enseignant. Marié, puis séparé de sa femme, il a une fille qui a l'âge de son emprisonnement et vit en France. Il a été arrêté le 23 février 1972, en même temps que des dizaines de militants d'extrême gauche ; c'est seulement le 9 mars qu'il a été écroué ; entre-temps il avait été torturé et en a gardé des séquelles.

Les quarante-huit prévenus de Casablanca passèrent en procès en août 1973 ; procès public (il est bon de le dire, ce n'est pas partout ainsi), auquel assistèrent des avocats du barreau de Paris, des membres de la Fédération internationale des droits de l'homme, etc. Mais l'accusation relevait du délit d'opinion (actions visant à fomenter des grèves, à changer le régime) ; les charges matérielles (cocktail Molotov, revolver) ont été considérées par les prévenus comme des provocations policières, et on n'a pas pu apporter de preuves convaincantes ; tous ont été dès le début adoptés par Amnesty International.

Dans l'acte d'accusation de Sion Assidon : il a mis au point deux machines d'impression, et imprimé trois tracts. Il a été condamné à quinze ans de prison, il en a fait neuf dans des conditions très dures, sauf depuis quelques mois, le professeur Alexandre Minkowski a d'ailleurs, au cours d'une visite médicale, demandé son hospitalisation. Néanmoins il a obtenu le droit de travailler et de passer des examens à l'université ; il a passé à peu près l'équivalent d'une maîtrise de mathématiques française et d'un début de troisième cycle, et une licence d'économie.

Dans l'été 1979, il fut hospitalisé. De l'hôpital, il s'évada, avec deux autres détenus ; deux furent repris, le troisième étant mort accidentellement au cours de l'évasion. De nouveau torturé (il a eu les cartilages des doigts écrasés, il lui resta une fissure du tympan), il a été condamné à trois ans de prison supplémentaires. S'il les fait, il en sortira âgé de quarante-deux ans, dont dix-huit en prison.

Ses lettres à sa famille et à ses proches sont empreintes d'un merveilleux courage, d'un optimisme, d'amour de la vie et de la nature, dont il voit pourtant fort peu de choses. Il n'est pas possible qu'on laisse silencieusement sa peine s'accomplir, dans l'oubli universel !

Outre des associations internationales et des personnalités, le Comité des mathématiciens - connu pour avoir agi dans les pays les plus divers (U.R.S.S., Uruguay, etc.) - est intervenu comme toujours sur le seul plan humanitaire : une lettre signée de quatre cents mathématiciens français, demandant sa libération, a été remise à l'ambassade du Maroc à Paris. Des mesures de libéralisation ont eu lieu en juillet 1980, suscitant de grands espoirs. Les conditions de détention sont devenues meilleures ; quatre-vingt-neuf prisonniers politiques ont été libérés. Des rumeurs ont couru, tenues pour certaines (8), sur la prochaine libération de tous les prisonniers politiques ; il en restait cent cinquante, de courants très divers. Mais ces espoirs de l'été ont été complètement déçus.

Une délégation du Comité des mathématiciens (les académiciens Henri Cartan, Gustave Choquet, Jean Dieudonné et moi-même) a été reçue par l'ambassadeur du Maroc à Paris, très courtoisement. Il nous a promis de transmettre notre démarche humanitaire et de nous tenir au courant de révolution de la situation. Mais rien n'est venu (9).

Je me sens personnellement d'autant plus le droit d'intervenir que j'ai manifesté autrefois contre le gouvernement français en faveur du père du roi Hassan II, le sultan Mohammed V, exilé à Madagascar, et pour l'indépendance du Maroc.

De nombreux intellectuels, des organisations démocratiques l'ont fait aussi et ont ainsi contribué à l'indépendance du Maroc. Cela ne leur donne, bien sûr, aucun droit sur le Maroc. Mais cela leur permet d'invoquer ce qu'ils ont fait alors, pour demander aujourd'hui la libération de cent cinquante prisonniers.

Le Comité des mathématiciens, dans son action en faveur de Sion Assidon, a constamment reçu l'appui du professeur Charles-André Julien, qui, en tant que fondateur et ancien doyen de la faculté des lettres de Rabat, n'a jamais cessé de s'intéresser aux étudiants marocains.

Les mathématiciens français souhaitent ardemment une bonne coopération scientifique avec le Maroc ; cette coopération existe déjà, mais elle pourrait encore grandir. Mais comment pourrions-nous aller au Maroc, y donner des conférences ou faire passer des thèses, puis revenir, en feignant d'oublier qu'il y a au Maroc des mathématiciens emprisonnés ?

Le Maroc est un grand pays, grand par son passé et son rôle politique possible sur l'arène internationale. Ce rôle ne peut être pleinement assumé que s'il y a un consensus de l'opinion publique, et une image de marque internationale. Nous souhaitons donc que soient prises les mesures libérales que tous attendent, et nous demandons la libération de Sion Assidon.


(*) Membre de l'Académie des sciences, membre du Comité des mathématiciens. (Adresse du comité : chez Michel Broué, 9, rue Brézin, 75014 Paris.)

(1) Revue trimestrielle de l'Association française d'amitié et de solidarité avec les peuples d'Afrique, 9, place Jean-Jaurès, 93100 Montreuil.

(2) 27, rue Jean-Dolent, 75014 Paris.

(3) 14, rue de Nanteuil, 75015 Paris.

(4) 5, Zankat Soussa, Rabat.

(5) 269 bis, rue du Faubourg Saint-Antoine, 75011 Paris.

(6) 27, avenue de Choisy, 75013 Paris.

(7) 28, boulevard Barbès, 75018 Paris.

(8) Le Monde du 18 juillet 1980.

(9) Un nouvel appel, signé de 1 400 personnalités, a été remis fin mai à l'ambassade du Maroc par Me Zavrian, avocat de la F.I.D.H.

vendredi 7 novembre 2025

Sion Assidon est mort

Le militant révolutionnaire marocain Sion Assidon est mort aujourd’hui, vendredi 7 novembre 2025 à l’âge de 77 ans, après trois mois passés dans le coma. Il incarnait une parole libre et une conscience éthique rare.


Selon un communiqué de ses proches, son état s’était brusquement aggravé cette semaine, suite à une infection pulmonaire virulente.

Le 11 août 2025, il avait été retrouvé inanimé à son domicile à Casablanca, victime d’une chute accidentelle survenue alors qu’il réparait une installation électrique à l’aide d’une échelle. Deux employés, alertés par son absence, avaient prévenu les autorités. Sa voiture était garée devant la maison, la porte fermée. Les secours l’ont découvert inconscient, allongé sur le sol.
Le parquet général près la Cour d’appel de Casablanca a publié un communiqué le 19 août pour clarifier les circonstances de l’incident. Il y est précisé que Sion Assidon avait été retrouvé sans signe d’effraction ni de violence, et que les premiers éléments de l’enquête évoquent un malaise ou une chute accidentelle.
Né en 1948 à Safi, Sion Assidon était l’un des visages les plus emblématiques du militantisme marocain. Ancien prisonnier politique dans les années 70, il avait passé douze années (1972-1984) derrière les barreaux pour ses convictions marxistes (groupe Ilal Al Amam, future Voie démocratique). Après sa libération, il s’était imposé comme figure morale de la société civile, notamment à travers la fondation de Transparency Maroc.
Son combat pour la cause palestinienne était au cœur de son engagement. Il fut le coordinateur du mouvement BDS Maroc. «Il était un défenseur passionné de la cause palestinienne», rappelle le communiqué de ses amis.
Hospitalisé depuis août 2025, Sion Assidon avait montré, selon ses proches, des signes encourageants de réveil: il ouvrait les yeux, suivait du regard ses interlocuteurs, tentait de parler, et avait même légèrement bougé le bras. Mais l’infection pulmonaire, revenue avec une intensité accrue, a été fatale.
Sion Assidon s’éteint en laissant derrière lui bien plus qu’un parcours: une œuvre militante, une parole libre et une exigence éthique qui auront marqué plusieurs générations. Marocain de confession juive, il demeurera comme l’une de ces voix rares, singulières et courageuses, qui ont façonné le paysage politique et culturel du Maroc contemporain.

 Ci-dessous une de ses dernières interviews, d'il y a un an

mercredi 20 janvier 2021

Maroc-Israël. On ne pourra pas brouiller sans fin la conscience du peuple

Défenseur de la cause palestinienne, membre fondateur du mouvement Boycott désinvestissement sanctions (BDS) Maroc, membre fondateur et ancien secrétaire général de Transparency-Maroc, Sion Assidon revient sur la décision du Maroc de rétablir des relations diplomatiques avec Israël.

Rabat, 18 septembre 2020. — Manifestation pour dénoncer les accords de normalisation avec Israël
Fadel Senna/AFP

Hicham Mansouri. — Après celle des Émirats arabes unis et de Bahreïn, la décision marocaine de normaliser les relations avec Israël est-elle surprenante, sachant que les relations maroco-israéliennes ne datent pas d’hier ? Comment expliquer ce « changement » dans la position marocaine ?

Sion Assidon. — Si l’on s’en tient aux déclarations du ministre des affaires étrangères Nasser Bourita, qui a été à la manœuvre dans la préparation du deal durant ces deux dernières années, ce qui arrive resterait dans la continuité. On ne ferait que rouvrir le bureau de liaison fermé au moment de la seconde Intifada. Bref, du déjà vu, du déjà fait. Ceci, évidemment, en totale contradiction avec le négationnisme traditionnel du chef du gouvernement et des ministres du Parti de la justice et du développpement (PJD) (« Nous n’avons pas de relations » ; « cela n’existe pas »).

Alors, business as usual ? Le ministre des affaires étrangères ne débite-t-il pas une évidence ? Réponse : oui. Mais c’est une évidence qui risque de cacher la nouveauté d’ordre géostratégique : la construction régionale d’un axe militaire qui regroupe les monarchies pétrolières du Golfe et l’Égypte de Abdel Fattah Al-Sissi autour de l’armée d’occupation de la Palestine, réputée la plus puissante de la région. Et c’est cela l’élément nouveau.

Même si le Maroc était déjà intervenu dans la guerre d’agression, au Yémen, aux côtés des armées des monarchies du Golfe, la nouveauté, la discontinuité avec le passé, c’est la mise à l’ordre du jour d’une collaboration militaire directe des « normalisés » avec l’État qui occupe la Palestine, au moment où la tension ne cesse de monter autour de l’Iran. Les tensions entre l’Arabie saoudite et le Maroc restent secondaires par rapport à ce changement majeur.

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Pour Rabat, la participation à la construction régionale d’un axe guerrier converge avec le développement de la coopération militaire avec les États-Unis. Le 2 octobre 2020, le Maroc et les États-Unis ont en effet signé un accord de coopération militaire qui se traduira non seulement par des facilités pour le Maroc d’obtenir des armements, mais aussi par le soutien de Washington dans le développement d’une industrie locale d’armements. Et, pour couronner cette collaboration, si ce qu’annoncent les médias se vérifie, les États-Unis délocaliseraient vers le Maroc une de leurs bases situées actuellement en Allemagne.

Au bon vieux temps du non-alignement, en 1963, la dernière base américaine au Maroc avait été officiellement fermée (compensée, en fait, par des droits d’usage de certaines bases marocaines par l’armée américaine). Avec cet accord, les États-Unis ont fait entrer formellement le Maroc sous leur parapluie militaire, l’entrainant dans son sillage dans la lutte entre les blocs qui se développe autour de l’Afrique. Et tout cela donne au fond de l’air la couleur d’une rupture qualitative majeure qui se traduira par un engagement militaire systématique du Maroc dans les guerres de la région.

Le siège médiéval de Gaza

H. M. — Mais par rapport à la Palestine qu’en est-il ? La position du Maroc a-t-elle changé ?

orientxxi.info › Israël/Palestine › Relations internationales

S. A. — Le Maroc officiel ne cesse de répéter que rien n’a changé, et qu’il continue de soutenir la cause palestinienne. Quel évènement nouveau serait survenu qui justifie de tendre la main à l’occupant ? Ce dernier aurait-il manifesté l’intention de mettre en œuvre la résolution 194 de décembre 1948, qui prévoit le retour des réfugiés et la récupération de leurs biens ? Aurait-il annoncé qu’il prévoit l’évacuation des territoires occupés en 1967, des hauteurs syriennes du Golan, de la Cisjordanie avec ses 700 000 colons dont l’installation est un crime de guerre (encore un) ? Ou qu’il renonçait à considérer Jérusalem comme la capitale de l’occupation ? Aurait-il signifié qu’il était question de lever le siège médiéval de Gaza ? Ou alors le glas sonnerait-t-il pour le régime d’apartheid, ce crime contre l’humanité que la loi fondamentale de 2018 a institutionnalisé ? De ce côté-là, non seulement rien n’a changé, mais la violence contre le peuple palestinien ne cesse de monter. Tendre la main à l’occupant dans ces circonstances est bien une rupture majeure, un changement de cap du Maroc officiel sans justification possible.

H. M. Maroc-Israël. On ne pourra pas brouiller sans fin la conscience du peuple— Et pourtant, la « contrepartie » est loin d’être négligeable : le Sahara, « première cause nationale »…

S. A. — Les déclarations de Trump sont un non-évènement. Le statut juridique international du Sahara n’en est pas changé, du point de vue des Nations unies. Cela tient du bon sens, mais le secrétaire général des Nations unies s’est senti obligé de le rappeler. Je me répète : ce qui a changé, c’est la position du Maroc officiel par rapport à la cause de la Palestine.

H. M. — Certains défenseurs de la normalisation font référence à la communauté des Marocains juifs comme composante identitaire de laquelle il s’agit de ne pas se couper. Que pensez-vous de cet argument ?

S. A. — Les médias officiels et les thuriféraires habituels du régime font écho à la communication téléphonique de Mohamed VI avec Benyamin Nétanyahou, au cours de laquelle il lui a fait part de son attachement à ses sujets juifs résidant en Israël. La dernière mode est en effet de justifier l’ignominie de la normalisation par les liens historiques du Maroc avec les colons d’origine marocaine. C’est une erreur grave qui encourage le racisme par la confusion entre judaïsme et sionisme. Et cela n’effacera pas le double crime commis par les services sionistes avec la complicité du Maroc officiel d’avoir arraché de sa terre une partie du peuple marocain (les Marocains juifs) pour faire du jour au lendemain de la plupart de ces migrants des soldats sionistes de l’occupation.

S’aveugler en faisant semblant de ne pas voir cette transformation de Marocains juifs en occupants sionistes — comme si c’était la même chose — n’est pas innocent. C’est d’abord vouloir se laver du crime d’avoir contribué à l’organisation de leur migration. Et c’est vouloir présenter l’ignominie de la normalisation comme une simple récupération d’une partie des « sujets »… qui se trouvent avoir été littéralement vendus à 50 dollars (41 euros) par personne par le précédent monarque1. Mais le plus grave reste, dans le contexte marocain de sympathie à la cause palestinienne, d’encourager la haine. En affirmant que colons sionistes et sujets marocains juifs c’est la même chose, on ouvre en grand la porte à la judéophobie.

H. M. — La force publique a dispersé votre sit-in de protestation devant le Parlement et les rassemblements un peu partout. Quel est le message ?

S. A. — D’une part, il est interdit d’exprimer publiquement dans la rue le refus de cette ignominie dont le chef d’orchestre n’est évidemment pas le pantin qui a signé, lui et les ministres concernés. Mais d’autre part, le message se veut surtout rassurant pour les 200 000 touristes planifiés : « Venez ! ne vous inquiétez pas, nous maitrisons la situation ». Or la protestation monte aussi bien dans les grandes villes (Casablanca, Rabat, Tanger, Fès…) et les moins grandes (Taza Guercif, Taroudant, Tiznit, Khenifra,…), et elle ne cessera pas.

« Plus sioniste que les sionistes »

H. M. — Vous avez déclaré qu’il ne s’agit pas d’être « plus sioniste que les sionistes », en réponse à ceux qui reprennent le mot du ministère des affaires étrangères : « Ne soyons pas plus palestiniens que les Palestiniens ». Existe-t-il entre ces deux propositions une position médiane ?

S. A. — J’ai dit cela, oui, et je persiste et signe. Tout en précisant que le mot n’est pas de moi. Pour ma part, je ne vois pas de moyen terme possible. Entre les occupants et les occupés, il ne se joue pas une partie de football qu’il s’agirait d’arbitrer en se mettant dans une « position médiane » et imaginer trouver une conciliation. Entre quoi et quoi ? Qui et qui ? Pensez aux Palestiniens qui depuis treize ans sont enfermés à Gaza, privés de tout, jusqu’au droit à l’eau potable. Ou aux Maqdissiyine — les habitants d’Al-Qods [Jérusalem] — en proie à une entreprise de nettoyage ethnique que les occupants appellent eux-mêmes « judaïsation », qui n’ont pour seuls papiers d’identité qu’une carte de séjour qu’il leur faut régulièrement renouveler. Ainsi sont privés de cette carte de séjour et expulsés automatiquement d’Al-Qods ceux qui s’aviseraient de quitter leur ville pour plus de six mois (voyage d’études à l’étranger, ou opportunité d’emploi). S’ils s’avisent de se choisir un. e conjoint. e qui habite hors de la ville, ils ne peuvent le.la ramener, non plus que les enfants, fruits de leur union. C’est d’ailleurs vrai aussi pour les Palestiniens résidant à l’intérieur de la ligne de la fameuse Ligne verte. Les jeunes Palestiniens appellent cela « l’amour au temps de l’apartheid »…

Faute de vous mettre dans la peau des amoureux, mettez-vous dans celle des détenus administratifs emprisonnés sans jugement par simple décision du commandement militaire de l’occupation. Ou dans celle des familles de prisonniers auxquelles les corps ne seront jamais rendus en cas de décès, retenus dans des tombes numérotées anonymes dans des cimetières improbables… Qu’est-ce que c’est, la « position médiane » ?

       Maroc-Israël. On ne pourra pas brouiller sans fin la conscience du peuple

S. A. — On peut masquer à quelques-uns la vérité pendant longtemps. Mais sur le moyen et long terme, on ne pourra pas brouiller la conscience de la grande masse des Marocains. Un sondage récent indiquait qu’ils sont à 88 % défavorables à la normalisation, au changement majeur de position du Maroc officiel qui vient de se produire et à l’atmosphère de guerre dans laquelle le Maroc s’installe. La vie est la meilleure école… Les choses pourront-elles être pires qu’aujourd’hui pour le peuple palestinien ? Oui, sans doute, malheureusement. Et les occupants ne cesseront pas de violer le droit humanitaire international et de commettre leurs crimes en Palestine.

Or, à chaque fois que le peuple palestinien a été soumis à une agression, le Maroc est descendu dans la rue pour dire son sentiment de l’unité de destin entre les deux peuples. C’est la suite d’une longue histoire qui avait déjà commencé au temps où les Marocains sont allés prêter main-forte à Salah Eddine El-Ayoubi lorsqu’il s’est agi de libérer Jérusalem au XIIe siècle. Les Marocains s’y sont installés2, et l’attachement des Marocains à la cause de la Palestine perdure. Alors, ceux qui rêvent de voir fleurir affaires et tourisme risquent d’être déçus…

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