2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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vendredi 31 janvier 2025

Le Maroc devient un gros client pour l’industrie de défense israélienne

Dean Shmuel Elmas, Globes  10/7/2024
 Traduit par SOLIDMAR

« Globes » se penche sur les principaux systèmes de défense israéliens achetés par le Maroc, avec en point d’orgue un accord d’un milliard de dollars avec IAI, dont les médias étrangers rapportent qu’il concerne les satellites espions Ofek.


Illustration : Tali Bogdanovsky

Hier 9 juillet 2024, Israel Aerospace Industries (IAI) a annoncé un accord d’une valeur d’un milliard de dollars sur cinq ans avec une tierce partie dont le nom n’a pas été révélé. Les médias étrangers ont déclaré que l’accord portait sur des satellites, dont les premières informations ont été publiées l’année dernière. La présence du président de l’IAI, Amir Peretz*, au Maroc lors de l’annonce de l’accord a alimenté ces informations.

Le Maroc est l’un des pays arabes qui ont normalisé leurs relations avec Israël dans le cadre des accords d’Abraham en 2020. Son influence sur l’industrie de la défense israélienne a été des plus significatives. Selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI), entre 2019 et 2023, Israël était le neuvième exportateur mondial d’équipements de défense. Le SIPRI a constaté que même si le Maroc et Israël n’ont normalisé leurs relations qu’en décembre 2020, Israël occupait déjà la troisième place en termes d’importations de défense du Maroc, fournissant 11 % de ses besoins.


Les défis du Maroc

Depuis que Peretz a été nommé président de l’IAI, l’entreprise est devenue un acteur très important de l’industrie de la défense au Maroc. Le SIPRI a rapporté il y a six mois que le Maroc voulait acheter à Israël deux satellites d’espionnage Ofek 13. Ces satellites d’observation sont considérés comme l’un des meilleurs au monde et sont utilisés par l’unité de renseignement 9900 de Tsahal, qui est responsable de la collecte et de l’extraction de renseignements visuels et géographiques.

Cette transaction est intéressante dans le contexte de la concurrence commerciale entre les grandes entreprises de défense israéliennes et françaises. Le Maroc a préféré le satellite Ofek 13 à ceux d’Airbus et de Thales, ses précédents fournisseurs dans ce domaine. Quelques mois plus tard, le président français Emmanuel Macron a décidé de tenir les entreprises israéliennes à l’écart du prestigieux salon de la défense et de l’aérospatiale Eurosatory à Paris.

Bien que la France ait attribué cette décision à la guerre à Gaza, on peut supposer que des considérations politico-économiques étaient également à l’origine de cette décision. Le président français a probablement été influencé par la vente historique du système de défense aérienne à longue portée Arrow 3 à l’Allemagne pour 3,5 milliards de dollars, et du système de défense aérienne à moyenne portée David’s Sling de Rafael à la Finlande pour 316 millions d’euros. Ces contrats ont permis aux technologies israéliennes de faire la une des journaux et, contrairement à la plupart des systèmes français, elles ont fait leurs preuves sur le champ de bataille.

Ce dernier contrat vient s’ajouter aux nombreux contrats signés par Israël avec le Maroc. IAI a vendu le système de défense aérienne Barak MX au Maroc en 2022 pour 540 millions de dollars. Le système comprend trois intercepteurs : le Barak MRAD d’une portée de 35 kilomètres, le Barak LRAD d’une portée de 70 kilomètres et le Barak ER d’une portée de 150 kilomètres. Le site web « Intelligence Online » a également rapporté l’année dernière qu’IAI avait achevé la livraison de trois drones Heron 1 au Maroc. Ce contrat de 48 millions de dollars est inhabituel car il a été signé en 2014, par le biais d’une coentreprise entre IAI et Airbus.

Un autre acteur important dans le domaine des achats de défense au Maroc est BlueBird Aero Systems, dans lequel IAI détient une participation de 50 % depuis 2020. Ces dernières années, BlueBird a fourni divers produits au Maroc, tels que la munition rôdeuse [téléopérée] SpyX, ainsi que WonderB et ThunderB - des systèmes sans pilote qui décollent et atterrissent verticalement. Ronen Nadir, PDG de BlueBird, a déclaré au site web « ZM » en avril que la société avait même mis en place une usine de production au Maroc, qui devrait commencer à fonctionner bientôt.

Sur le plan de la géopolitique régionale, les nombreux achats de défense du Maroc auprès d’Israël ont plus que jamais constitué un défi pour Rabat au cours des derniers mois. Cependant, le Maroc doit faire face à d’importants défis sécuritaires, notamment en ce qui concerne le Sahara occidental et son voisin oriental, l’Algérie, qui est un ami proche et de longue date des organisations terroristes palestiniennes.

En juillet 2023, lors de l’opération de Tsahal dans le camp de réfugiés de Jénine, un haut responsable du Hamas, Khaled Mechal, s’est exprimé à la Grande Mosquée d’Alger et a félicité l’Algérie pour sa « position héroïque dans la lutte palestinienne » à Jénine. Dans le même temps, le président algérien Abdelmajid Tebboune a annoncé l’octroi de 30 millions de dollars pour la reconstruction après les dégâts à Jénine.

L’Algérie est également l’un des principaux soutiens du Front Polisario, qui lutte pour l’indépendance du Sahara occidental vis-à-vis du Maroc. Israël, quant à lui, a officiellement annoncé l’année dernière qu’il reconnaissait la souveraineté marocaine au Sahara occidental.

Les détracteurs du Maroc sur la question du Sahara occidental se sont récemment efforcés de mettre en évidence l’utilisation de missiles israéliens pendant la guerre à Gaza. Le journal français de gauche « L’Humanité » a rapporté il y a quatre mois que l’armée marocaine opère à partir d’une base à l’aéroport de Smara au Sahara occidental en utilisant des drones Hermes 900 et Hermes 450 d’Elbit Systems. Ces mêmes drones sont également utilisés par Israël aujourd’hui à Gaza.

L’année dernière, le site web « Intercept » a publié une information émanant de de Federico Borsari, chercheur spécialisé dans les technologies sans pilote au Center for European Policy Analysis (CEPA). Selon Borsari, le Maroc possède environ 150 avions à décollage vertical (WonderB, ThunderB et SpyX de Blue Bird), trois drones Heron d’IAI et des munitions rôdeuses Harop d’IAI, ainsi que quatre drones Hermes d’Elbit Systems.


Pas seulement des armes

La coopération israélo-marocaine en matière de sécurité ne se limite pas à l’armement. Comme l’a révélé « Globes », la nouvelle péniche de débarquement de Tsahal, l’INS Komemiyut, est arrivée en Israël il y a environ un mois en provenance des USA - après une escale au Maroc pour le ravitaillement en carburant pendant le long voyage du navire de Pascagoula, dans le Mississippi, à la base navale de Haïfa. À Tanger, l’équipage a fait le plein de carburant et de nourriture afin de poursuivre sa route vers Israël.

Un autre domaine dans lequel les deux pays et les entreprises de défense sont impliqués est celui de la recherche. L’année dernière, IAI a signé un protocole d’accord avec l’Université Internationale de Rabat (UIR) pour établir un centre d’excellence dans les domaines de l’aéronautique, de l’intelligence artificielle et de l’innovation.

NDLT

*Amir Peretz est né en 1952 à Boujaâd au Maroc, dont il a gardé la nationalité. Lire Des avocats marocains attaquent Peretz (2006)

mercredi 1 janvier 2025

Liberté d’expression au Maroc : des manifestants pro-Palestine condamnés à des peines de prison avec sursis

 Tunisie Numérique, 26/12/2024

Au Maroc, la liberté d’expression et de manifestation fait face à de nouvelles restrictions. Ce jeudi 26/12, 13 membres du Front marocain de soutien à la Palestine et contre la normalisation ont été condamnés à six mois de prison avec sursis, assortis d’une amende de 2 000 dirhams (soit 200 euros, 670 tnd), pour avoir participé à un rassemblement non autorisé.

Photo Front marocain de soutien à la Palestine et contre la normalisation

Les faits remontent à novembre 2023, lorsque ces militants ont organisé un sit-in devant un magasin Carrefour, appelant au boycott de l’enseigne française qu’ils accusent de liens économiques avec l’occupation israélienne. Les accusés ont annoncé leur intention de faire appel, selon l’agence de presse espagnole EFE.

Une répression croissante contre les mouvements pro-Palestine

Cette affaire s’ajoute à une autre décision judiciaire marquante : celle d’Ismail Lghazaoui, un ingénieur agronome et militant du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS). En octobre dernier, Ghazaoui a été condamné à un an de prison ferme pour « incitation à commettre des crimes ». Il avait été arrêté alors qu’il se rendait à une manifestation organisée près du consulat des États-Unis.

Ces condamnations surviennent dans un contexte de forte mobilisation internationale autour du conflit israélo-palestinien, notamment après les événements de Gaza en 2023.

Une comparaison frappante avec l’Europe

Alors que les citoyens marocains subissent des restrictions croissantes à leur liberté d’expression et de manifestation, les mobilisations pro-Palestine en Europe se déroulent avec davantage de latitude. Dans des pays comme la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni, des milliers de personnes ont pu défiler pour exprimer leur soutien à la cause palestinienne sans craindre de répercussions judiciaires immédiates.

Cette différence illustre le climat répressif qui prévaut au Maroc, où les manifestations publiques, même pacifiques, sont souvent considérées comme une menace à l’ordre public.

Un appel à la liberté d’expression

Les condamnations des manifestants pro-Palestine soulèvent des préoccupations plus larges sur l’état de la liberté d’expression et des droits humains au Maroc. Alors que les autorités affirment vouloir préserver l’ordre public, ces mesures sont perçues par beaucoup comme une tentative de dissuader toute critique ou mobilisation sur des sujets sensibles.

Le cas des militants pro-Palestine rappelle que, dans certains pays, manifester pour une cause reste un acte risqué, loin des standards internationaux en matière de droits fondamentaux.

jeudi 19 décembre 2024

Une première : le Maroc extrade vers Israël un jeune Palestinien accusé de terrorisme

Le Maroc a extradé le mardi 17 décembre 2024, un Palestinien vers Israël. Nassim Khalibat, 21 ans, recherché par Israël, s'était réfugié au Maroc avant d’y être arrêté en janvier 2023, sur la base d’un mandat d’arrêt émis par les autorités israéliennes en décembre 2022. Un tribunal marocain avait validé cette demande en juin 2023. Les deux complices présumés de Khalibat avaient déjà été arrêtés et jugés à Nazareth.  Nassim Khalibat risque une condamnation à 15 ans de prison.

Khalibat est accusé, avec son frère et un proche, d'avoir lancé une grenade sur un bureau du ministère de la Santé israélien à Nazareth le 8 novembre 2021, ne causant que des dégâts minimes et ne faisant aucune victime.

La demande d’extradition israélienne, formulée en 2023, a été acceptée malgré l’absence d’un accord formel entre les deux pays en matière d’extradition. Cependant, les Accords d’Abraham, signés en décembre 2020 et ayant normalisé les relations entre le Maroc et l’État sioniste, ont rendu cette procédure possible.

Plusieurs organisations marocaines de défense des droits humains  avaient publiquement demandé aux autorités de ne pas extrader le jeune Palestinien.

L’extradition de Nassim Khalibat a suscité une vague d’indignation au sein de l’opinion publique marocaine. Sur les réseaux sociaux, les questions se multiplient au sujet de la coopération judiciaire, diplomatique et sécuritaire entre le Maroc et Israël, dans un contexte où les autorités marocaines pénalisent les mouvements de résistance contre la normalisation.

Un exemple marquant est celui d’Ismail Lghazaoui, militant du mouvement BDS (« Boycott, Désinvestissement, Sanctions »), condamné à un an de prison ferme pour avoir dénoncé l’accostage à Tanger de navires  transportant des armes destinées à l’État sioniste.


 

mercredi 11 décembre 2024

السلطات المغربية تجرّم التضامن مع الشعب الفلسطيني : ⁠الحرية لإسماعيل الغزاوي
Les autorités marocaines criminalisent la solidarité avec le peuple palestinien : Liberté pour Ismail Lghazaoui !


Déclaration du mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) au Maroc
11 décembre 2024
Traduit par Solidarité Maroc
(Original arabe après le français النص العربي بعد الفرنسية)

Le soir du 10 décembre, Journée internationale des droits humains, le tribunal d'Ain Sebaa à Casablanca a condamné le militant antisioniste Ismail Lghazaoui à un an de prison et à une amende de 5000 dirhams, la peine privative de liberté maximale en vertu de l'article 299-1 du Code pénal, au nom duquel Ismail a été accusé d'« incitation d'une ou plusieurs personnes à commettre un crime ou un délit » pour s'être adressé à des personnes dans la rue en les appelant à « assiéger » le consulat des USA pour dénoncer sa fourniture continue de matériel militaire à l'armée d'occupation pour commettre le génocide de la puissance occupante à Gaza.
Nous condamnons ce verdict arbitraire et le considérons comme une punition pour la solidarité d'Ismail avec le peuple palestinien et ses droits légitimes, d'autant plus que le ministère public n'a pas précisé à quel délit ou crime Ismail était accusé d'avoir incité, ce qui rend l'accusation juridiquement invalide. Ceci intervient dans un contexte préoccupant caractérisé par l'escalade des restrictions à toutes les formes de solidarité avec la cause palestinienne, à travers des poursuites judiciaires répétées et la répression continue des manifestations pacifiques dans de nombreuses villes marocaines.
Nous considérons ce jugement comme une violation claire des droits humains et du droit à la liberté d'expression au Maroc et comme un indicateur sérieux de la régression des acquis en matière de droits humains. La poursuite de ces politiques répressives menace les principes de justice et de dignité inscrits dans la constitution marocaine et contredit les obligations internationales en matière de droits humains que le Maroc a ratifiées.
Tout cela survient à un moment où l'attention devrait se concentrer sur le génocide en cours à Gaza, où des innocents sont tués quotidiennement par des bombardements brutaux, un siège étouffant, la famine et la privation de tous les moyens de subsistance et de traitement. Les souffrances du peuple palestinien continuent de s'aggraver dans un silence international honteux et avec la complicité des régimes ayant normalisé leurs relations avec l’entité sioniste, alors que soutenir la juste cause du peuple palestinien est devenu plus que jamais un devoir moral et humanitaire urgent qui ne peut être négligé ou reporté. Ismail Lghazaoui s'est acquitté de ce devoir avec courage et détermination, prouvant que la solidarité avec le peuple palestinien n'est pas un simple slogan, mais un engagement réel et permanent.
•    Nous exigeons la libération immédiate d'Ismail Lghazaoui et affirmons son innocence de toutes les charges retenues contre lui.
•    Nous considérons que le maintien en détention d'Ismail Lghazaoui est une honte, une atteinte flagrante au droit à la liberté d'expression et une criminalisation manifeste et inacceptable des demandes d'arrêt du génocide à Gaza et de soutien aux droits légitimes du peuple palestinien.
•     Nous affirmons que ce jugement injuste est une tentative désespérée et honteuse de faire taire les voix libres de millions de Marocains qui rejettent le projet de renforcement des relations des autorités marocaines avec l'entité d'occupation. Nous appelons tous les militants, les organisations de défense des droits humains, les organismes civils et la société civile au Maroc et dans le monde à s'engager activement dans la campagne de solidarité avec Ismail Lghazaoui et à exiger sa libération et celle de tous ceux qui ont été emprisonnés en raison de leur solidarité avec le peuple palestinien.
•    Nous considérons qu'avec cette décision, les autorités marocaines confirment leur criminalisation des actes de solidarité avec le peuple palestinien dans sa lutte légitime pour la libération.

•     Nous soulignons que cette décision est une provocation évidente qui ne fera que renforcer notre détermination à poursuivre notre juste lutte et notre soutien indéfectible à la cause palestinienne.  

  السلطات المغربية تجرّم التضامن مع الشعب الفلسطيني  : ⁠الحرية لإسماعيل الغزاوي
بيان حركة مقاطعة إسرائيل وسحب الاستثمارات منها وفرض العقوبات عليها بالمغرب
 11 ديسمبر 2024

نطقت ابتدائية عين السبع بالدار البيضاء مساء 10 دجنبر، الموافق لليوم العالمي لحقوق الإنسان، بالحكم على الناشط المناهض للصهيونية إسماعيل الغزاوي بسنة نافذة وغرامة 5000 درهم، وهي العقوبة الحبسية الأقصى حسب الفصل 299-1 من القانون الجنائي الذي توبع إسماعيل تحته بتهمة "تحريض شخص أو عدة أشخاص على ارتكاب جناية أو جُنحة" لأنه خاطب الناس في الشارع يدعوهم إلى "محاصرة" القنصلية الأمريكية للتنديد بتزويدها جيش الاحتلال بسيل مستمر من التجهيزات العسكرية التي ترتكب بها دولة الاحتلال إبادتها الجماعية في غزة.

ندين هذا الحكم التعسفيّ ونعتبره عقابًا على تضامن إسماعيل الغزاوي مع الشعب الفلسطيني وحقوقه المشروعة، خاصة أن النيابة العامة لم توضح ماهية الجنحة أو الجناية التي اتُهم إسماعيل بالتحريض عليها، مما يجعلُ المتابعة باطلة قانونيًا. يأتي ذلك في سياق مقلق يتسم بتصاعد مظاهر التضييق على كل أشكال التضامن مع القضية الفلسطينية، من خلال متابعات قضائية متكررة وقمع مستمر للوقفات الاحتجاجية السلمية في عديد المدن المغربية.

نعتبرُ هذا الحكم إنتهاكًا واضحًا لحقوق الإنسان والحق في حرية التعبير في المغرب ومؤشرًا خطيرًا على التراجع في المُكتسبات الحقوقية. إن استمرار هذه السياسات القمعية يهدد مبادئ العدالة والكرامة التي ينصّ عليها الدستور المغربي، ويتنافى مع الالتزامات الدولية التي صادق عليها المغرب في مجال حقوق الإنسان.

يأتي كلّ هذا في وقت يجب أن تنصب فيه الأنظار على الإبادة الجماعية المستمرة في غزة، حيث يُقتل الأبرياء يوميًا تحت القصف الوحشي والحصار الخانق والتجويع والحرمان من كل وسائل العيش والعلاج. تستمر معاناة الشعب الفلسطيني في التفاقم مع صمت دولي مخزٍ وتواطؤ واضح من الأنظمة المُطبعة، في حين أن دعم قضية الشعب الفلسطيني العادلة أصبح أكثر من أي وقت مضى واجبًا أخلاقيًا وإنسانيًا ملحاً لا يقبل التهاون أو التأجيل. واجبٌ حمله إسماعيل الغزاوي بشجاعة وإصرار، مُثبتًا أن التضامن مع الشعب الفلسطيني ليس مجرد شعارات، بل التزامًا فعليًا ودائمًا.

- نطالب بالإطلاق الفوري لسراح المناضل إسماعيل الغزاوي ونؤكد براءته من كلّ التهم الموجهة إليه.

- نعتبر استمرار احتجاز إسماعيل الغزاوي وصمة عار، واعتداءً صارخًا على الحق في حرية التعبير، وتجريمًا مكشوفاً غير مقبول للمطالبة بوقف الإبادة الجماعية في غزة ودعم الحقوق المشروعة للشعب الفلسطيني.

- نؤكد أن هذا الحكم الجائر محاولة يائسة ومخزية لإسكات الأصوات الحرة لملايين المغاربة الرافضين لخطة التقوية المستمرة لعلاقات السلطات المغربية مع كيان الاحتلال وندعو كافة المناضلات والمناضلين، التنظيمات الحقوقية، الهيئات المدنية، والمجتمع المدني في المغرب وحول العالم، إلى الانخراط بفعاليّة في حملة التضامن مع إسماعيل الغزاوي والمطالبة بإطلاق سراحه وسراح كل من تم وضعهم في السجن على خلفية تضامنهم مع الشعب الفلسطيني.

- نعتبر أن السلطات المغربية، بهذا الحكم، تؤكد تجريمها الفعل التضامني مع الشعب الفلسطيني في نضاله المشروع نحو التحرير.

- نؤكد أن هذا القرار استفزاز واضح لن يزيدنا إلا إصرارًا وعزيمة على مواصلة نضالنا العادل ودعمنا الثابت للقضية الفلسطينية.

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jeudi 21 novembre 2024

Nouvelle arrestation d’un militant marocain anti-normalisation

20 novembre 2024

Ismail Ghazouani, ingénieur agricole et militant engagé dans les actions contre la normalisation avec Israël, a été placé en garde à vue le 19 novembre à Casablanca, a rapporté le site Enass.

Après une audition au niveau de la Brigade nationale de la police judiciaire à Casablanca, ce jeune militant passera 48 h en garde de vue en attendant sa comparution devant le Parquet de Casablanca.

Les Comités de soutien à la Palestine et aux prisonniers politiques considèrent cette poursuite « comme une atteinte à la liberté d’expression et une criminalisation de notre devoir d’exiger la fin du génocide et de soutenir les droits légitimes du peuple palestinien ».


dimanche 8 août 2021

Sion Assidon : « Le Maroc n’est pas un complexe touristique pour le repos des criminels de guerre »

Sion Assidon est un militant marocain et défenseur de la cause palestinienne. Antisioniste et co-fondateur de BDS Maroc, il revient dans cet entretien sur l’histoire de la normalisation entre le régime marocain et l’État sioniste et ses récentes évolutions1.

Collectif Palestine Vaincra – Le 10 Décembre 2020, un accord de normalisation était signé entre le régime marocain et l’État d’occupation sioniste de la Palestine. Quelle origine à cet accord et quelles conséquences a-t-il ?

Sion Assidon – Il s’agit d’une « reprise de relations » interrompues en 2002, au moment de la seconde intifadha, et de la très dure répression à laquelle elle a été confrontée : fermeture à ce moment-là des deux bureaux de liaison, l’un, marocain, à Tel Aviv, et l’autre, sioniste, à Rabat.

Comme le titrait Ronen Bergman, journaliste sioniste, dans un article paru dans le NYT daté du même jour, ce nouveau pas est en fait le couronnement de 60 années de normalisation.

“For almost 60 years, the two countries, which agreed to normalize ties, have worked together closely but secretly on military and intelligence matters, assassinations, and migration of Jews to Israel” [Pendant près de 60 ans, les deux pays, qui ont accepté de normaliser leurs relations, ont collaboré étroitement mais secrètement sur des questions militaires et de renseignement, des assassinats et la migration de Juifs vers Israël.]

La normalisation a été inaugurée en 1961 par la vente des communautés marocaines juives (50$/ tête disent certaines sources), transformant brutalement des citoyens marocains du jour au lendemain en colons de la Palestine, main d’œuvre bon marché, chair à canon. Et donc en criminels de guerre et criminels contre l’humanité.

S’il y a un tournant, il faut le relier d’une part à l’approfondissement de l’alliance militaire avec les États-Unis (n’oublions que Trump/Kushner sont les artisans de ce nouveau pas dans la normalisation) avec, en prélude, la signature en octobre 2020 de l’accord de coopération militaire avec les USA, qui promettent le soutien au développement d’industries militaires, la vente d’armes, et qui confirment et étendent une alliance militaire traditionnelle, qui concerne les régions africaine et méditerranéenne.

Avec l’État sioniste, la nouveauté – non inscrite explicitement à l’accord – est l’entrée du Maroc dans un axe militaire ayant pour chef de file l’État d’occupation – la plus puissante armée de la région – aux côtés de l’Arabie Saoudite, du Bahreïn et des Emirats Arabes Unis – mais aussi de l’Égypte, etc.

La participation récente de l’armée marocaine – en particulier des forces aériennes – à des manœuvres communes avec l’armée d’occupation en est la confirmation. Axe tourné contre l’Iran et ses alliés.

Les dernières révélations médiatiques, concernant l’usage du logiciel Pegasus, ont levé le voile sur les derniers développements de la coopération au niveau du renseignement qui a une longue histoire : entre autres le travail en commun au moment de l’assassinat du leader marocain Ben Barka, mais aussi l’organisation des écoutes par le Mossad de tout ce qui s’est prononcé en ‘on’ et en ‘off’ lors du sommet arabe de Casablanca en 1966. Mais cela, c’est déjà de l’ancien (qu’il s’agit de ne jamais oublier !)….

L’événement, ce sont les habits neufs du discours officiel qui quitte la dénégation traditionnelle, levant le tabou sur la normalisation, jusque-là plus ou moins honteuse, et maintenant proclamée politique officielle. Ce discours affirme haut et fort cette « nouvelle » ère de coopération, sur la base d’une logomachie justificatrice, avec deux axes fondamentaux :

Palestine Solidarité | Facebook

lire l'article : https://m.facebook.com › st

1 – pas loin d’un million de personnes d’ascendance marocaine participent à l’occupation de la Palestine. Ils sont déclarés être « nos frères ». Il s’agit là d’une tentative de double négation : à la fois du crime de leur déracinement (= l’amputation du peuple marocain d’une partie historique d’une de ses composantes), et de celui d’avoir fait de citoyens marocains et de leur descendance des occupants de la terre de Palestine, porteurs d’armes au quotidien contre le peuple palestinien. Et ainsi de les avoir transformés en criminels de guerre et criminels contre l’humanité contre le peuple palestinien, à plus d’un titre.

2 – le régime marocain serait resté « fidèle à son soutien à la cause du peuple palestinien ». Proclamation soutenue au moment même où il ouvre tout grand les bras pour enlacer l’État colonialiste raciste, qui pratique une colonisation de remplacement, des massacres de civils,…. (crimes de guerre selon le droit humanitaire international), et pratique au quotidien l’apartheid et l’épuration ethnique (crimes contre l’humanité) etc. Tous crimes proclamés politique d’État (voir, par exemple, loi fondamentale de l’État juif de 2018). Le dernier épisode de l’agression sur Gaza et de l’épuration ethnique politique officielle à Jérusalem (Sheikh Jarrah, Silwan,….) illustre de manière éclatante la nature de l’allié que le régime marocain a décidé d’embrasser.

 

Selon une étude2, le peuple marocain est très majoritairement opposé à cette normalisation. Quelles ont été les réactions à cette annonce ?

Il faut bien sûr souligner l’exploitation par le régime des circonstances de l’épidémie et du contrôle de la circulation des personnes (rendant difficile par exemple une marche nationale), en même temps que celles d’un bombardement médiatique sans trêve sur les deux thèmes cités, ainsi que de l’exploitation de la fibre nationalitaire affirmant les « bénéfices » tirés de la position américaine concernant la souveraineté étatique du Maroc sur le Sahara. La tentative de brouillage des pistes a été lourde. Ajoutez à cela un discours d’exaltation chauvine qui prend prétexte de tout événement pour affirmer la « grandeur et la gloire du royaume » en même temps que sa victimisation du fait des « envieux » dont la liste est interminable.

Cela n’a néanmoins pas empêché les forces vives du pays, organisées en un « Front marocain de soutien à la Palestine et contre la normalisation » – large coalition de partis, de syndicats et d’associations – de lancer deux appels successifs pour des journées nationales qui ont vu sortir les citoyennes et les citoyens dans l’espace public dans plus de 50 localités à travers le pays pour des sit-ins – qui se sont transformés quelquefois en marches – et qui ont permis de conspuer la politique de normalisation et de soutenir la résistance du peuple palestinien.

 

Quel peut être le rôle des personnes vivant en France pour soutenir le peuple marocain dans sa lutte contre la normalisation ?

Il ne faut pas perdre de vue que la lutte contre la normalisation est la forme actuelle de participation des Marocains à la lutte contre la colonisation de la Palestine. Chaque région y participe à sa manière….

Au Front Marocain pour le soutien à la Palestine et contre la normalisation, un des axes fondamentaux de travail est de rappeler à qui nous avons affaire. L’actualité ne manque pas de ce point de vue là. En Palestine d’abord, évidemment où le quotidien amène son lot de crimes. Mais aussi au plan international. Par exemple, les rapports successifs des organisations des droits humains, qui soulignent qu’on a affaire à un régime d’apartheid (selon le rapport d’Human Rights Watch), l’énorme scandale de l’espionnage téléphonique, etc. Autant de points d’entrées pour rappeler, d’un côté, l’épuration ethnique – de la Nakba de 47-49 jusqu’au projet officiel de judaïsation de Jérusalem-Al Qods –, et souligner que le régime d’apartheid n’est pas contingent mais intrinsèquement lié à l’entreprise sioniste comme projet colonial. D’un autre côté, que la dimension grandissante de marchand de moyens militaires des plus simples aux plus sophistiqués est intrinsèquement liée à une situation où la guerre est un mode d’existence. Et que les violations des droits humains et du droit international humanitaire sont constitutives, ici et là, d’une telle entreprise. Mais chaque conjoncture a sa spécificité. Aujourd’hui il est important de prendre au sérieux les preuves de l’enfoncement du Maroc dans une entreprise d’espionnage et de les exposer avec pédagogie. C’est une dimension de la normalisation qui interpelle toutes les forces qui défendent les droits humains et souhaitent protéger les libertés individuelles.

 Le 25 juillet 2021, une première ligne commerciale directe a été annoncée entre l’Etat sioniste et le Maroc. Quel sens a cette annonce pour vous ?

Cette liaison cristallise parfaitement la signification de la normalisation. Les sionistes sont au Maroc en pays conquis…

 L’arrivée des premiers touristes israéliens a eu lieu avec son lot de provocations (comme le fait de brandir le drapeau israélien à l’aéroport). Quelles ont été les réactions du peuple marocain ?

L’orgie indécente à laquelle a donné lieu « l’accueil » des colons a révulsé les marocains épris de liberté et de dignité. Pour le moment ce sont les réactions dans les réseaux sociaux. Elles sont appelées à se développer et à s’exprimer plus directement « en situation »…

 Une campagne a été lancée par le Front Marocain d’appui à la Palestine et de lutte contre la normalisation – coalition à laquelle participe BDS Maroc – contre le tourisme sioniste au Maroc. Quels sont les objectifs de cette campagne ?

La promotion de ce que la coalition considère comme une invasion (‘ghazou’) est une tentative de domestiquer l’opposition traditionnelle radicale des plus larges couches de la population marocaine à l’occupation de la Palestine présentée en la circonstance comme inéluctable, à les habituer dans leur quotidien à devoir côtoyer les occupants. Cette opération est du même ordre que celle – jugée la plus dangereuse par le Front – qui consiste à conditionner les jeunes esprits en leur enseignant dès l’école que l’occupation de la Palestine est définitivement inscrite sur la carte de géographie, et que les occupants d’origine marocaine (qui pratiquent au quotidien différents crimes contre le peuple palestinien – aux yeux du droit humanitaire international) seraient « nos frères ». Discours sous l’intitulé de la promotion de ‘tamaghrabit’ = ‘la marocanité’ qui sature aussi les médias au quotidien ! De même l’envahissement de l’espace public de « touristes » vise à corrompre – en profitant de la crise et de la misère qui en résulte – et à habituer les gens à trouver une telle invasion comme normale. Elle participe de la « normalisation des cerveaux ».

La campagne du Front vise à démystifier le discours normalisateur en rappelant la réalité des crimes (le sang versé par ces derniers – Mai 2021 – n’a pas encore séché). Le Front appelle tous les acteurs du tourisme à refuser cette invasion : il ne s’agit pas de « touristes », mais de criminels. En rappelant que tout colon de la Palestine – homme et femme – est soumis, d’abord, à un service militaire et, par la suite, à une période annuelle de service de réserve dans l’armée. Cela consiste à porter les armes contre le peuple palestinien3 en participant aux raids nocturnes, aux arrestations (y compris d’enfants), au quadrillage de la vie quotidienne des Palestiniens, à leur privation de leurs droits les plus fondamentaux (à jouir de leur espace national – terre, eau, habitation, voies de communication, droit de circulation, droit à être traité équitablement,…), à des arrestations arbitraires (y compris sans jugement avec la détention administrative), etc. Quand ce n’est pas en participant directement à des massacres, en masse ou dans les exécutions individuelles sans jugement, pratiquées à bout portant dans la rue.

L’objectif de la campagne est aussi de faire savoir aux envahisseurs que, tant que la Palestine n’est pas totalement libérée, ils ne sont pas bienvenus au Maroc – quand bien même leurs ancêtres y seraient nés et y sont enterrés. Que le Maroc n’est pas un complexe touristique pour le repos des criminels de guerre.

 

1 Voir également l’interview de Sion Assidon réalisée par le média ACTA (membre du réseau Samidoun) en février 2021 : https://acta.zone/sion-assidon-la-palestine-est-une-cause-nationale-marocaine/

2 https://www.dohainstitute.org/en/Lists/ACRPS-PDFDocumentLibrary/Arab-Opinion-Index-2019-2020-Inbreef-English-Version.pdf

3 Rappelons que les colons, sur toute l’étendue de la Palestine, de la Mer au fleuve Jourdain, ne se séparent jamais de leur armes individuelles de soldats : s’ils ne les arborent pas dans la rue, comme les colons dans les régions occupées depuis 1967, ils les ont chez eux à portée de la main


Affiche du Front Marocain d’appui à la Palestine et de lutte contre la normalisation

 

dimanche 31 janvier 2021

Palestine Solidarité :· Une population outrée, des députés embrigadés, la classe politique . Démission du PJD

tSpgoUne population outrée, des députés embrigadés, et voilà que la classe politique passe à l’action suite à la "normalisation" du Maroc avec l’entité sioniste.
C’est ainsi que dix membres du Parti de la Justice et du Développement (PJD) dans la ville de Freïja à Taroudant au Sud du Maroc, ont pris la décision de démissionner collectivement du parti, mettant ainsi un terme à leur lien avec cette formation politique, dirigée par un certain Saâdeddine El-Othmani.
 
« Nous, soussignés, en notre qualité de membres et adhérents au PJD, déclarons notre démission du parti et affirmons la rupture de tout lien dès l’acceptation de ces démissions, ont écrit les signataires du document ».
Les signataires du document, qui ont qualifié la normalisation avec l’Entité sioniste, de «génocide civilisationel ».
Depuis la signature de l’accord de la trahison signé par El-Othmani, les démissions collectives au sein du PJD sont devenue courantes, ce qui dénoté du refus catégorique observé par le politiques du Maroc de voir leur pays s’embourber dans des alliances honteuses au détriment, d’abord de son peuple et ensuite de la Palestine occupée.
Ferhat Zafane


 

mercredi 13 janvier 2021

Maroc. Normalisation avec Israël, une décision solitaire du roi

La décision de Mohamed VI de rétablir des relations diplomatiques avec Israël en contrepartie de la reconnaissance américaine de la « marocanité » du Sahara occidental a suscité autant d’embarras que de silence dans la majorité de la classe politique. Preuve que le pouvoir craint les réactions, les manifestations de rues hostiles à la normalisation ont été interdites.

Rabat, 9 février 2020. Manifestation contre le « plan Trump »
Fadel Senna/AFP

Lundi 14 décembre, peu avant 17 heures, un imposant contingent de forces de l’ordre se déploie dans le centre-ville de Rabat. Toutes les artères menant au boulevard Mohamed V où se trouve le Parlement sont bloquées afin d’empêcher une manifestation contre la normalisation (attatbii) des relations entre le Maroc et Israël prévue à cet endroit. Les quelques personnes qui s’étaient retrouvées sur les lieux avant le rendez-vous sont rapidement dispersées par la police. Pourtant, la veille, des centaines de personnes brandissant des drapeaux du Maroc et des portraits du roi avaient pu manifester sur la même place, sous les regards bienveillants de la police, pour soutenir « les décisions de Sa Majesté », sous les cris « Le Sahara est marocain ! », ou de « Vive le roi ! »

« Même le chef du gouvernement n’était pas au courant »

La décision d’établir les relations diplomatiques avec l’État d’Israël était dans l’air depuis plusieurs semaines, mais son annonce et la manière dont elle a été communiquée (quelques tweets du président Donald Trump jeudi 10 décembre suivis d’un communiqué royal) ont pris de court observateurs, acteurs politiques et simples citoyens. « Personne n’a été consulté et personne n’a été mis au courant. Ni le Parlement ni aucun parti politique n’a été ne serait-ce qu’informé de cette décision », assure, sous le couvert de l’anonymat, un dirigeant du Parti justice et développement (PJD, islamiste, au gouvernement). « Même le chef du gouvernement [Saad-Eddine Al-Othmani] a appris la décision en lisant une dépêche de la MAP », l’agence de presse officielle, ajoute la même source.

Peu de temps après que Donald Trump a twitté sa décision de reconnaitre la « souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental », un communiqué du palais royal diffusé par l’agence marocaine de presse (MAP) confirmait la nouvelle :

Sa Majesté a informé le président américain de la détermination du Maroc :
➞ à faciliter les vols directs pour transporter des juifs d’origine marocaine et des touristes israéliens depuis et vers le Maroc ;
➞ à reprendre des communications officielles bilatérales et des relations diplomatiques dans les plus brefs délais.

Ni le Parlement, ni le gouvernement, ni les partis politiques n’ont eu vent de cette nouvelle et le roi n’a adressé aucun message pour expliquer à son « cher peuple », par le son et par l’image, les dessous d’une décision stratégique qui a eu l’effet d’un tremblement de terre. Car la question palestinienne a toujours occupé une place importante dans la diplomatie du royaume (le roi Mohamed VI est président du Comité Al-Qods, chargé de veiller sur la préservation de Jérusalem). Et les situations en Palestine et au Sahara occidental sont considérées comme deux causes sacrées par beaucoup de Marocains. De plus, le pays compte une diaspora juive en Israël de près d’un million d’âmes qui n’a jamais pu renouer avec ses origines.

Résultat, les quelques minutes d’euphorie qui avaient suivi les tweets de Trump ont cédé la place à un sentiment général de joie gâchée après l’annonce, par le Palais, de la nature de la « contrepartie ». Des incidents spontanés, mais limités ont éclaté le lendemain, 11 décembre, lors de la prière du vendredi : à Fès, par exemple, quelques dizaines de fidèles ont été dispersés par la police à la sortie d’une mosquée, et à Settat, entre Casablanca et Marrakech, un jeune brandissant une pancarte a été arrêté le même jour à l’intérieur de la mosquée.

Le ministre des affaires étrangères Nasser Bourita a été chargé de justifier auprès des médias la volte-face du royaume :

Le Maroc a toujours ouvert ses portes et n’a jamais interdit une manifestation culturelle, politique, scientifique ou sportive qui impliquait une participation d’Israël. L’hymne national israélien a été joué à plusieurs reprises lors de manifestations sportives accueillies par le Maroc. C’est un contexte qui n’existe nulle part ailleurs. L’importation de concepts du Moyen-Orient n’est donc pas toujours appropriée dans le cas du Maroc

a-t-il déclaré au quotidien Le Monde.

C’est sur les réseaux sociaux que les réactions ont été les plus marquantes. Ceux qui ont le plus applaudi la normalisation sont des mouvements amazighs qui considèrent, à l’instar du militant Mounir Kejji, qu’il s’agit là d’« une faute qui vient d’être réparée », et que la diplomatie marocaine aujourd’hui est « beaucoup plus réaliste ».

Du reste, les partisans de la normalisation focalisent sur la « reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc » sur le Sahara occidental en la présentant comme un « triomphe de la diplomatie » du royaume, mais sans évoquer la contrepartie, beaucoup moins heureuse compte tenu de la sensibilité au sort des Palestiniens constante pour les Marocains.

« On ne peut pas être plus sionistes que les sionistes eux-mêmes »

En revanche, l’essentiel de la société civile, de l’Association marocaine des droits humains, la plus grande ONG du pays, au Syndicat national de la presse marocaine en passant par une flopée d’associations islamistes, la normalisation est dénoncée sans ménagement, et présentée parfois comme une « trahison ». « On ne peut pas être plus sionistes que les sionistes eux-mêmes », a lancé Sion Assidon, ancien directeur de Transparency-Maroc et ancien coordinateur du mouvement BDS-Maroc, après l’interdiction de la manifestation de Rabat à laquelle il a essayé de participer avec d’autres militants laïcs. Il faisait allusion à la phrase « Nous ne pouvons pas être plus Palestiniens que les Palestiniens », prononcée par le ministre des affaires étrangères le 4 février, et depuis reprise par les « influenceurs » du régime.

Parmi les réactions notables, celle des dirigeants du parti islamiste de la justice et du développement (PJD) qui dirige depuis 2012 la coalition gouvernementale et qui a toujours appelé à criminaliser la normalisation avec Israël. Le 23 août 2019, son secrétaire général et actuel chef du gouvernement Saad-Eddine Al-Othmani affirmait en bombant le torse : « Nous refusons toute normalisation avec l’entité sioniste parce que cela l’encouragerait à aller plus loin dans la violation des droits du peuple palestinien ».

Moins de trois mois plus tard, sa réaction après la décision royale était donc très attendue : « Je voudrais, déclare-t-il le 14 décembre à Al-Jazira, affirmer à mes frères palestiniens que le Maroc unifié et fort est d’autant plus capable de soutenir la cause palestinienne […] Nous avons des constantes quant à notre position vis-à-vis de la cause palestinienne et nous lui resterons fidèles ». La Jeunesse du PJD, dont le secrétaire général Mohamed Amekraz est ministre du travail, a pour sa part pris position contre la normalisation, ce qui permet au PJD de ne pas rompre complètement avec sa base électorale.

Mais la réaction la plus troublante est celle de la plupart des partis politiques, tétanisés par le palais. À l’exception de deux formations de la gauche non gouvernementale, le Parti socialiste unifié (PSU) et la Voie démocratique qui ont clairement dénoncé la décision, c’est silence radio, y compris dans les rangs de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) qui se réclame de l’héritage de Mehdi Ben Barka et considère que la question palestinienne fait partie de son identité politique.

Maroc. Normalisation avec Israël, une décision solitaire du roi

La décision de Mohamed VI de rétablir des relations diplomatiques avec Israël en contrepartie de la reconnaissance américaine de la « marocanité » du Sahara occidental a suscité autant d’embarras que de silence dans la majorité de la classe politique. Preuve que le pouvoir craint les réactions, les manifestations de rues hostiles à la normalisation ont été interdites.

Rabat, 9 février 2020. Manifestation contre le « plan Trump »
Fadel Senna/AFP

Lundi 14 décembre, peu avant 17 heures, un imposant contingent de forces de l’ordre se déploie dans le centre-ville de Rabat. Toutes les artères menant au boulevard Mohamed V où se trouve le Parlement sont bloquées afin d’empêcher une manifestation contre la normalisation (attatbii) des relations entre le Maroc et Israël prévue à cet endroit. Les quelques personnes qui s’étaient retrouvées sur les lieux avant le rendez-vous sont rapidement dispersées par la police. Pourtant, la veille, des centaines de personnes brandissant des drapeaux du Maroc et des portraits du roi avaient pu manifester sur la même place, sous les regards bienveillants de la police, pour soutenir « les décisions de Sa Majesté », sous les cris « Le Sahara est marocain ! », ou de « Vive le roi ! »

« Même le chef du gouvernement n’était pas au courant »

La décision d’établir les relations diplomatiques avec l’État d’Israël était dans l’air depuis plusieurs semaines, mais son annonce et la manière dont elle a été communiquée (quelques tweets du président Donald Trump jeudi 10 décembre suivis d’un communiqué royal) ont pris de court observateurs, acteurs politiques et simples citoyens. « Personne n’a été consulté et personne n’a été mis au courant. Ni le Parlement ni aucun parti politique n’a été ne serait-ce qu’informé de cette décision », assure, sous le couvert de l’anonymat, un dirigeant du Parti justice et développement (PJD, islamiste, au gouvernement). « Même le chef du gouvernement [Saad-Eddine Al-Othmani] a appris la décision en lisant une dépêche de la MAP », l’agence de presse officielle, ajoute la même source.

Peu de temps après que Donald Trump a twitté sa décision de reconnaitre la « souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental », un communiqué du palais royal diffusé par l’agence marocaine de presse (MAP) confirmait la nouvelle :

Sa Majesté a informé le président américain de la détermination du Maroc :
➞ à faciliter les vols directs pour transporter des juifs d’origine marocaine et des touristes israéliens depuis et vers le Maroc ;
➞ à reprendre des communications officielles bilatérales et des relations diplomatiques dans les plus brefs délais.

Ni le Parlement, ni le gouvernement, ni les partis politiques n’ont eu vent de cette nouvelle et le roi n’a adressé aucun message pour expliquer à son « cher peuple », par le son et par l’image, les dessous d’une décision stratégique qui a eu l’effet d’un tremblement de terre. Car la question palestinienne a toujours occupé une place importante dans la diplomatie du royaume (le roi Mohamed VI est président du Comité Al-Qods, chargé de veiller sur la préservation de Jérusalem). Et les situations en Palestine et au Sahara occidental sont considérées comme deux causes sacrées par beaucoup de Marocains. De plus, le pays compte une diaspora juive en Israël de près d’un million d’âmes qui n’a jamais pu renouer avec ses origines.

Résultat, les quelques minutes d’euphorie qui avaient suivi les tweets de Trump ont cédé la place à un sentiment général de joie gâchée après l’annonce, par le Palais, de la nature de la « contrepartie ». Des incidents spontanés, mais limités ont éclaté le lendemain, 11 décembre, lors de la prière du vendredi : à Fès, par exemple, quelques dizaines de fidèles ont été dispersés par la police à la sortie d’une mosquée, et à Settat, entre Casablanca et Marrakech, un jeune brandissant une pancarte a été arrêté le même jour à l’intérieur de la mosquée.

Le ministre des affaires étrangères Nasser Bourita a été chargé de justifier auprès des médias la volte-face du royaume :

Le Maroc a toujours ouvert ses portes et n’a jamais interdit une manifestation culturelle, politique, scientifique ou sportive qui impliquait une participation d’Israël. L’hymne national israélien a été joué à plusieurs reprises lors de manifestations sportives accueillies par le Maroc. C’est un contexte qui n’existe nulle part ailleurs. L’importation de concepts du Moyen-Orient n’est donc pas toujours appropriée dans le cas du Maroc

a-t-il déclaré au quotidien Le Monde.

C’est sur les réseaux sociaux que les réactions ont été les plus marquantes. Ceux qui ont le plus applaudi la normalisation sont des mouvements amazighs qui considèrent, à l’instar du militant Mounir Kejji, qu’il s’agit là d’« une faute qui vient d’être réparée », et que la diplomatie marocaine aujourd’hui est « beaucoup plus réaliste ».

Du reste, les partisans de la normalisation focalisent sur la « reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc » sur le Sahara occidental en la présentant comme un « triomphe de la diplomatie » du royaume, mais sans évoquer la contrepartie, beaucoup moins heureuse compte tenu de la sensibilité au sort des Palestiniens constante pour les Marocains.

« On ne peut pas être plus sionistes que les sionistes eux-mêmes »

En revanche, l’essentiel de la société civile, de l’Association marocaine des droits humains, la plus grande ONG du pays, au Syndicat national de la presse marocaine en passant par une flopée d’associations islamistes, la normalisation est dénoncée sans ménagement, et présentée parfois comme une « trahison ». « On ne peut pas être plus sionistes que les sionistes eux-mêmes », a lancé Sion Assidon, ancien directeur de Transparency-Maroc et ancien coordinateur du mouvement BDS-Maroc, après l’interdiction de la manifestation de Rabat à laquelle il a essayé de participer avec d’autres militants laïcs. Il faisait allusion à la phrase « Nous ne pouvons pas être plus Palestiniens que les Palestiniens », prononcée par le ministre des affaires étrangères le 4 février, et depuis reprise par les « influenceurs » du régime.

Parmi les réactions notables, celle des dirigeants du parti islamiste de la justice et du développement (PJD) qui dirige depuis 2012 la coalition gouvernementale et qui a toujours appelé à criminaliser la normalisation avec Israël. Le 23 août 2019, son secrétaire général et actuel chef du gouvernement Saad-Eddine Al-Othmani affirmait en bombant le torse : « Nous refusons toute normalisation avec l’entité sioniste parce que cela l’encouragerait à aller plus loin dans la violation des droits du peuple palestinien ».

Moins de trois mois plus tard, sa réaction après la décision royale était donc très attendue : « Je voudrais, déclare-t-il le 14 décembre à Al-Jazira, affirmer à mes frères palestiniens que le Maroc unifié et fort est d’autant plus capable de soutenir la cause palestinienne […] Nous avons des constantes quant à notre position vis-à-vis de la cause palestinienne et nous lui resterons fidèles ». La Jeunesse du PJD, dont le secrétaire général Mohamed Amekraz est ministre du travail, a pour sa part pris position contre la normalisation, ce qui permet au PJD de ne pas rompre complètement avec sa base électorale.

Mais la réaction la plus troublante est celle de la plupart des partis politiques, tétanisés par le palais. À l’exception de deux formations de la gauche non gouvernementale, le Parti socialiste unifié (PSU) et la Voie démocratique qui ont clairement dénoncé la décision, c’est silence radio, y compris dans les rangs de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) qui se réclame de l’héritage de Mehdi Ben Barka et considère que la question palestinienne fait partie de son identité politique.