2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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samedi 19 juillet 2025

Des voix marocaines s’élèvent à Torre Pacheco contre le discours extrémiste : “Nous méritons tous de vivre en paix”


Le même lieu, la place de la mairie, où depuis vendredi dernier se sont rassemblés pour la première fois des groupes d’ultras afin d’encourager la « chasse » aux migrants, a été utilisé symboliquement par un couple marocain pour lire un manifeste appelant à la paix, à la cohabitation et à la dénonciation du racisme.

Osama Alalo, un joven marroquí que reside en Torre Pacheco, lee este viernes un manifiesto en la plaza del Ayuntamiento en denuncia de los disturbios racistas ocurridos en la localidad.
Osama Alalo, un jeune Marocain résidant à Torre Pacheco, lit ce vendredi un manifeste sur la place de la mairie pour dénoncer les émeutes racistes qui ont eu lieu dans la localité. Ags

Álvaro García Sánchez, Torre Pacheco,elDiario.es, 18-7-2025
Traduit par Tafsut Aït Baâmrane

La normalité et la vie tranquille et paisible règnent à nouveau à Torre Pacheco. La semaine a été très longue, marquée par la peur, la tension, la présence de nombreux groupes d’ultras et de nazis venus de l’extérieur pour mener une violente persécution contre les habitants marocains. Ce vendredi, la place de la mairie, qui avait été utilisée par l’extrême droite pour propager minutieusement la haine, est devenue le théâtre d’une scène tout à fait opposée. Vendredi dernier, et surtout samedi, ces mêmes dalles ont vu se rassembler des jeunes hommes tatoués de croix gammées et le visage dévoré par la rage. Aujourd’hui, d’un pas tranquille, tout juste sortis de chez eux, un dossier sous le bras, le couple formé par Osama Alalo, résident de la commune, et sa compagne, Kenza Midoun, s’est rendu sur la place vers dix heures du matin pour lire un manifeste et une lettre au nom de la communauté immigrée de Torre Pacheco.

Lorsque le couple est arrivé, Mari, une dame qui passait par là pour aller acheter un pot de mayonnaise au supermarché afin de préparer une salade russe, a déclaré, visiblement calmée : « Nous ne méritons pas toute cette barbarie. ça fait 53 ans que je vis ici. Nous avons toujours été ouverts à tout le monde. C’est un soulagement que cette absurdité soit terminée ».

Le manifeste lu par Alalo et Midoun est signé par un total de 51 organisations de la région de Murcie, parmi lesquelles des partis politiques, des syndicats et des collectifs sociaux et antiracistes. Il est également signé par un grand nombre d’associations nationales. « Aujourd’hui, la région de Murcie a le cœur serré par les derniers événements qui font la une de tous les médias du pays. Ce que l’on a appelé les « chasses » à Torre Pacheco sont la conséquence de la criminalisation gratuite de la communauté maghrébine par des partis tels que Vox, qui ont été légitimés par les institutions. À cela s’ajoute l’absence totale de politique sociale de la région de Murcie et de la mairie de Torre Pacheco visant à accueillir et à normaliser la réalité sociale », a déclaré Osama Alalo.

C’est à partir de ce postulat qu’il a construit le reste de son manifeste. « Les messages de haine, d’intolérance, de racisme s’infiltrent dans la population, semant une tension sociale dénaturée, éloignée du désir de vivre en paix ». Alalo a souligné que ceux qui « sèment la terreur dans les rues de Torre Pacheco » sont « une minorité violente qui ne représente pas notre région ». « Un outil politique », a-t-il ajouté, « au service des partis d’extrême droite qui mettent en danger notre démocratie ».

Le jeune Marocain a également mis l’accent sur toutes les « fausses informations » qui ont été propagées par les groupes ultras sur les réseaux sociaux, « aussi fausses », a-t-il souligné, « que celles qui établissent un lien entre migration et délinquance ». « Rien ne justifie le racisme, ni que nous voyions des hommes armés dans les rues du village, attaquant des commerces, insultant et intimidant toute la population. C’est inadmissible ».

Alalo a sévèrement critiqué Vox, estimant que ces émeutes racistes à Torre Pacheco ne sont que « la partie émergée de l’iceberg ». « Un magma s’est formé, alimenté par l’absence de politiques publiques, la précarité de l’emploi et un discours permanent de rejet de l’autre ». « Monsieur Antelo », a-t-il poursuivi en s’adressant directement au leader de la formation d’extrême droite dans la région, « les seuls qui sèment la terreur sont ceux que vous représentez et encouragez ».

« Ce manifeste est une réponse pacifique des communautés racialisées et de la société antiraciste. Nous exigeons une plus grande efficacité de la police lors des affrontements. Ce que nous vivons n’est pas du vandalisme, c’est une organisation terroriste et il faut la traiter comme telle », a-t-il déclaré juste avant de terminer la lecture du texte. Osama Alalo a demandé au PP de « rompre son pacte avec Vox pour approuver le budget », ce dernier étant un parti « qui incite à la violence et est directement responsable du cauchemar que nous vivons actuellement ». « Dehors les racistes de nos rues et de nos institutions », a conclu Alalo.

Lettre de plainte écrite par une femme marocaine

Kenza Midoun a ensuite lu le témoignage, sous forme de lettre, « d’une femme » marocaine « qui ne se sent pas en sécurité pour le faire elle-même ». Midoun a axé son discours exclusivement sur la population migrante de Torre Pacheco, en particulier les femmes. Elle a parlé des personnes qui ont pu « se former, étudier et obtenir des emplois qualifiés », mais aussi de celles qui « doivent abandonner leurs études en cours et trouver des emplois précaires dans différents secteurs, comme l’agriculture ». Midoun a également souligné qu’« il y a ceux qui entreprennent, ceux qui fondent une famille, ceux qui ont des enfants ». « C’est l’histoire de centaines de familles de Torre Pacheco, qui s’étend au reste de la région de Murcie. Il y a une coexistence par nécessité. Certains arrivent à la recherche d’emplois qui ne leur demandent pas de maîtriser la langue, qui ne nécessitent pas de formation qualifiée. Ils se contentent de ce qu’ils ont et sont obligés de subvenir aux besoins de leur famille du mieux qu’ils peuvent ».

Midoun a évoqué des cas concrets de « professeures » arrivées du Maroc qui, ici en Espagne, « doivent accepter des emplois journaliers, de femmes de ménage ou d’aides-soignantes, car la reconnaissance de leurs diplômes est un véritable parcours du combattant ».

La joven Kenza Midoun durante el relato de la carta escrita por una mujer marroquí.
La jeune Kenza Midoun pendant la lecture de la lettre écrite par une femme marocaine. Ags

C’est dans ce contexte, a poursuivi Kenza Midoun, que se créent les groupes « eux et nous ». « Et commencent les étiquettes, le sentiment de ne faire partie de rien », comme « les enfants » qui, parfois, « sont montrés du doigt à l’école et stigmatisés dans la rue ». « Je me rappelle que nous sommes en 2025 », a insisté Midoun, en référence aux événements qui se sont déroulés dans le village la semaine dernière, « car parfois, j’ai tendance à l’oublier avec tout ce que je vois et ce que nous avons entendu ».

« D’autres n’ont pas eu la chance de naître dans le bon quartier ni dans une famille structurée et unie. Ce sont des âmes perdues qui n’ont reçu que haine et stigmatisation, et tout ce qu’elles ont à offrir, c’est cela », a déclaré Midoun. « On nous a demandé de condamner un acte commis par un Maghrébin sans même attendre que la justice fasse son travail et arrête le délinquant. Personne n’a condamné la chasse aux Moros. Nous méritons tous de vivre en paix et en tranquillité, et nous méritons de vivre là où nous sommes aimés, sans nous sentir comme des criminels sous le regard de ceux qui nous stigmatisent. »


mercredi 16 juillet 2025

Des cagoules, des rois et des messages cachés : la triade qui a fait exploser Torre Pacheco sous les yeux de l’Espagne


Pour comprendre ce qui s’est passé à Torre Pacheco, il faut souligner deux points : la myopie volontaire à l’égard du Maroc et le paternalisme progressiste qui transforme le migrant en être de lumière abstrait.

Héctor Bujari Santorum, Nueva Revolución, 16/7/2025  

Traduit par Tafsut Aït Baâmrane

La victime, identifiée uniquement comme Domingo, âgé de 68 ans, se rendait comme chaque matin au cimetière lorsqu’il a croisé trois jeunes. Non seulement ils lui ont fracturé le septum nasal, mais cette agression a brisé le fragile pacte de cohabitation d’une commune d’environ 40 000 habitants, où près de 30 % de la population est d’origine étrangère.

Ce qui a suivi, à savoir des attaques contre des commerces et une intervention policière controversée, n’était pas « justice pour Domingo ». C’était un scénario écrit par les nazis dans la rue, abandonné par l’État depuis ses bureaux et exploité sans vergogne par le Maroc.

Il est certain qu’avant cet incident, des mouvements importants étaient déjà en cours dans le contexte politique :

1.                  5 juillet : Le PP reçoit officiellement le délégué du Front Polisario lors de son congrès national.

2.                 8 juillet : Réponse marocaine : le Maroc ferme les postes-frontières de Ceuta et Melilla.

3.                 9 juillet : Des émeutes éclatent à Torre Pacheco après l’agression d’un homme âgé.

4.                10 juillet : Lettre adressée à Alberto Nuñéz Feijóo par Nizar Baraka, secrétaire général de l’Istiqlal et ministre du Développement du Maroc.

5.                 12 juillet : Le Maroc réactive le Comité pour la libération de Ceuta et Melilla après 11 ans d’inactivité.

Sur les 13 personnes arrêtées, seules 3 sont poursuivies pour l’agression de l’homme âgé qui a déclenché les émeutes. En outre, la Garde civile a identifié 120 personnes, dont beaucoup se sont vu retirer des objets pouvant être utilisés comme armes, selon les informations fournies par le colonel Francisco Pulido, chef de la Garde civile dans la région de Murcie.

Ce même soir, à Torre Pacheco, alors que des nazis et des voyous détruisaient des kebabs et transformaient les rues en terrain de jeu, les forces de sécurité qui, quelques semaines auparavant, avaient semé la terreur parmi les ouvriers de Cadix à coups de matraques et de balles en caoutchouc, faisaient marche arrière avec leurs véhicules. Silence complice pour un gouvernement qui a besoin des spectres de l’extrême droite... tout en finançant le monstre par sa lâcheté passive.

Au milieu du chaos, des commerces comme celui de Hassan, propriétaire d’un kebab, ont été touchés. « Ce furent cinq minutes très difficiles », a-t-il raconté. Ils étaient « cagoulés, armés de pierres et de machettes. Certains clients se sont réfugiés dans les toilettes ; nous nous sommes échappés par l’arrière, mais d’autres personnes nous attendaient ». Son témoignage reflète la peur ressentie par les commerçants qui n’avaient rien à voir avec le conflit.

Derrière les cagoules néonazies, il n’y a pas d’idéologues, seulement des mercenaires de la violence qui filment leurs exploits pour se cacher ensuite. Alors que ces voyous ne sont jamais qualifiés de lumpen (terme jalousement réservé à la population maghrébine), beaucoup passent sous silence leur double jeu. Je parle de cette génération de Marocains qui, en Espagne, feignent la rébellion antisystème, mais qui, en privé, sont les lèche-bottes du roi Mohammed VI, scandant les slogans de la DGED (services secrets marocains) entre les prières dirigées par des imams-espions. Et qui paie les pots cassés ? Les seuls innocents : la femme qui cueille des fraises à Huelva et les travailleurs dignes, ceux qui ont traversé le détroit pour se construire une vie digne.

L’Espagne et l’Europe les utilisent comme une armée de réserve, tout comme la France utilise nos jeunes dans ses vignobles ou la Suisse dans ses hôtels. Ils sont la chair à canon du capital transnational : aujourd’hui dans les serres de Torre Pacheco, demain dans les entrepôts d’Amazon. Brisés par la machine, utilisés comme boucs émissaires et abandonnés par un État qui ne se souvient de leur existence que lorsqu’il transforme leurs quartiers en champs de bataille.

Pour comprendre le drame de Torre Pacheco, il faut démanteler deux mensonges fondamentaux. Premièrement, la myopie volontaire sur le Maroc. Beaucoup émettent des opinions sur le royaume alaouite à partir de leur ignorance, voire de leur imagination. Ils ignorent que rien n’y est ce qu’il semble être, pas même ce que le cynisme le plus extrême pourrait imaginer. Sous la façade d’une monarchie modérée se cache un État hybride où les services secrets (DGED), les imams et les narcotrafiquants dansent au rythme du même scénariste : le palais royal. Ceux qui ne comprennent pas cette machine à triple fond ne parviendront jamais à déchiffrer ce qui s’est passé en Murcie.

Le Maroc n’est pas un pays ami de l’Espagne, mais son principal adversaire. Il s’enhardit face à l’absence de réponse et à la faiblesse du gouvernement espagnol, et sait en outre qu’il bénéficie du soutien des USA et d’Israël. Telle est la réalité.

Ensuite, le paternalisme progressiste qui transforme le migrant en être de lumière abstrait. Ce racisme complexé, aussi néfaste que celui de l’extrême droite, cache une vérité dérangeante : il existe bel et bien des délinquants marocains, comme dans toute communauté de 5 000 personnes. Mais réduire tout le monde à cette étiquette est aussi stupide que de nier leur existence.

Le véritable crime, c’est l’analyse paresseuse : soit on sanctifie, soit on diabolise.

Ils arrivent toujours en retard. Ceux-là mêmes qui instrumentalisent aujourd’hui la cause sahraouie – en annonçant des soutiens théâtraux ou des retraits stratégiques selon que ça convient à leur discours – brillent par leur absence dans les tranchées quotidiennes de la résistance. Leur activisme de salon se réduit à pointer du doigt les positions des Sahraouis eux-mêmes, alors que la réalité crie haut et fort : ils se fichent complètement de la lutte réelle. Tout n’est que pure instrumentalisation politique, un marché aux puces où la dignité d’un peuple devient une monnaie d’échange.

Comme le dénonce un militant antiraciste bien connu : « Commencer la journée en écoutant le maire de Torre Pacheco établir un lien entre immigration et délinquance sans données — seulement « sa perception » —, puis voir Marlaska pontifier sur les droits humains... le même Marlaska du massacre de Melilla ». Ici, une correction s’impose : c’était à Nador, pas à Melilla. Qu’un militant « oublie » le lieu n’est pas une négligence : c’est une stratégie. Car cela permet de diluer les responsabilités. Le massacre a été perpétré par des bourreaux bien précis : la police marocaine sous les ordres de son régime, sous les applaudissements de la bourgeoisie locale et avec la complicité nécessaire du gouvernement espagnol. Manipuler le nom du lieu est la première étape pour blanchir le sang.

Quand une personne issue de l’immigration commet un délit, la loi s’applique exactement comme pour n’importe qui d’autre. Ce sont des gens qui vivent et travaillent ici, un point c’est tout. Ici, les fascistes sont peu nombreux, mais leurs complices sont trop nombreux. Donc, si nous voulons vraiment viser plus haut, regardons qui a intérêt à ce que tout cela se passe. Si la « révolte » de Torre Pacheco avait été dirigée contre les patrons exploiteurs qui s’y trouvent, on aurait déjà envoyé les tanks.

Les quartiers ouvriers sont devenus des banlieues marginalisées, confrontées à des problèmes économiques, culturels et de cohabitation. Un discours pro-immigration vide, sans plan social ni urbanistique, n’offre pas des conditions dignes à la classe ouvrière, migrants inclus, qui voit ses quartiers se détériorer. C’est ainsi que le fascisme s’installe : par l’abandon d’une social-démocratie qui prétend les défendre mais qui fait partie des élites autoproclamées.

Le Maroc promeut l’islam malékite, contrôlé par le roi MohamedVI en tant que «Commandeur des croyants». Par l’intermédiaire de l’Institut MohammedVI, il forme des imams pour l’Europe comme alternative au salafisme, gagnant ainsi un soutien institutionnel. En Espagne, environ 40% des imams ont été formés là-bas. Beaucoup ne se contentent pas de diriger des mosquées, mais exercent également un contrôle social sur la communauté maghrébine et diffusent la ligne officielle de Rabat. Ainsi, le Maroc surveille sa diaspora, contrôle le discours religieux et évite les critiques à l’égard du régime. Certaines fédérations islamiques en Espagne ont des liens directs avec le gouvernement marocain, comme le Conseil supérieur des oulémas, dont les membres sont élus par le roi et agissent depuis l’intérieur du pays.

Selon des sources du ministère marocain de l’Intérieur, Rabat a financé des pressions politiques par le trafic de drogue, renforçant ainsi sa position diplomatique : un véritable « narco-État diplomatique ».

Les réseaux criminels combinent immigration clandestine et trafic de haschisch. Par exemple, un réseau opérant entre Ceuta et Ibiza a utilisé des mineurs comme passeurs pour transporter des immigrants et 22kg de haschisch, pour un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros.

En outre, le Maroc a utilisé les crises migratoires comme moyen de pression, assouplissant ses frontières en période de tensions diplomatiques. Un exemple flagrant : la crise de mai 2021 à Ceuta, avec 8 000 migrants en 48 heures, qui a contraint l’Espagne à adopter une position plus favorable à Rabat.

Certains frappent les immigrés, applaudissent ceux qui le font et votent pour ceux qui encouragent ces pratiques : des pions du capital qui nous maintiennent dans l’opposition tandis que l’accumulation s’accélère. D’autres réclament l’ouverture des frontières pour avoir davantage de pauvres à leur service. C’est tout.

mardi 15 juillet 2025

توري باتشيكو: المهاجرون يزرعون، و فوكس يحصد
Torre Pacheco : les migrants sèment, Vox récolte
Torre-Pacheco, los inmigrantes siembran la huerta y Vox recoge los frutos

 

Torre Pacheco : les migrants sèment, Vox récolte

La région de Murcie a offert à l'extrême droite sa première victoire électorale lors des élections générales de 2019. Son discours, plein de contradictions, repose sur trois piliers fondamentaux : l'agriculture, l'eau et l'immigration.

Murcie a été la première et la seule communauté autonome où Vox a remporté la victoire aux dernières élections générales de 2019. Le parti d'Abascal a obtenu près de 30 % des voix et a détrôné le PP. D'un côté, il se vante de défendre les campagnes et encourage les agriculteurs à irriguer sans contrôle. De l'autre, il établit un lien entre immigration et délinquance dans un discours plein de contradictions qui ne repose pas sur des données, mais sur la peur. Et la commune de Torre-Pacheco, en plein cœur de la campagne de Carthagène, en est le meilleur exemple.

Cette commune murcienne essentiellement agricole compte environ 36 000 habitants, dont près de 11 000 étrangers, soit 30 % de la population. La migration a commencé dans les années 80, lorsque le transfert d'eau du Tajo vers la Segura a été achevé et que l'agriculture à sec est devenue une agriculture d'irrigation. Nous avons tenté de comprendre la réalité locale et de connaître le discours du parti d'extrême droite, ses conséquences et ses contradictions dans une région où la tragédie écologique de la Mar Menor monopolise le débat politique.

توري باتشيكو: المهاجرون يزرعون، و فوكس يحصد

 منحت منطقة مورسيا اليمين المتطرف أول انتصار انتخابي له في الانتخابات العامة لعام 2019. ويستند خطابه، المليء بالتناقضات، إلى ثلاث ركائز أساسية: الزراعة والمياه والهجرة.

كانت مورسيا أول وحيدة منطقة ذات حكم ذاتي فاز فيها حزب فوكس في الانتخابات العامة الأخيرة التي جرت في عام 2019. حصل حزب أباسكال على ما يقرب من 30٪ من الأصوات وأطاح بحزب الشعب. من ناحية، يتباهى الحزب بالدفاع عن الريف ويشجع المزارعين على الري دون رقابة. من ناحية أخرى، يربط بين الهجرة والجريمة في خطاب مليء بالتناقضات لا يستند إلى بيانات، بل إلى الخوف. وتعد بلدة توري-باشكو، الواقعة في قلب ريف قرطاجنة، أفضل مثال على ذلك.

تضم هذه البلدية الريفية في مورسيا حوالي 36000 نسمة، منهم حوالي 11000 أجنبي، أي 30% من السكان. بدأت الهجرة في الثمانينيات، عندما اكتمل نقل المياه من نهر تاجو إلى نهر سيغورا وتحولت الزراعة البعلية إلى زراعة ري. حاولنا فهم الواقع المحلي والتعرف على خطاب الحزب اليميني المتطرف وعواقبه وتناقضاته في منطقة تحتكر فيها المأساة البيئية في مار مينور النقاش السياسي.