2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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dimanche 24 octobre 2021

Julian Assange: Wanted, dead or alive

Julian Assange: Wanted, dead or alive

Imaginez-vous la scène, digne du dernier James Bond. Des voitures blindées en route vers le centre de Londres. À leur bord, des hommes cagoulés et armés jusqu’aux dents. Les voitures s’arrêtent brusquement, les hommes en descendent et pénètrent l’ambassade équatorienne. La porte de l’ambassade est par hasard ouverte et, par hasard aussi bien sûr, la police anglaise regarde dans l’autre direction. Les robocops se jettent sur Julian Assange, le trainent dans une voiture et foncent vers l’aéroport de Londres où un avion de la CIA les attend pour le transporter aux États-Unis. Au cas où ce plan échouerait, il y a aussi le plan B : il faudra l’abattre ou l’empoisonner.

Ce scénario ne sort par des studios hollywoodiens.  Il a été inventé de bout en bout par Mike Pompeo, en représailles à la publication de Vault 7 par Wikileaks en 2017[1], la plus grande fuite de documents de la CIA de son histoire. Mike Pompeo est le directeur de la CIA de l’époque et le ministre des Affaires étrangères jusqu’au début de cette année. C’est lui qui avait désigné WikiLeaks comme « non-state hostile intelligence service » (service de renseignement ennemi non étatique). C’est aussi lui qui avait plaidé pour que Snowden soit jugé, avec une condamnation qui aurait pu le condamner à la peine de mort.  Le plan du kidnapping d’Assange a été discuté aux « plus hauts niveaux » de l’administration américaine.[2] Son existence a été confirmée par trente fonctionnaires et ex-agents des services secrets, dont huit ont décrit en détail l’opération de la CIA. Après que le plan a été rendu public, en septembre 2021 par Yahoo News, Pompeo n’a nullement été inquiété. Dans une émission télévisée, il a tranquillement déclaré que chacune de ces trente personnes devait être poursuivie par la justice « pour divulgation de matériel classifié au sein de la CIA ».[3]

Si vous pensez qu’avec Joe Biden à la présidence, toutes ces pratiques et tous ces propos sont derrière nous, détrompez-vous. Au procès d’Abu Zubaydah début octobre 2021 devant la Supreme Court (la plus haute cour au niveau fédéral), l’administration Biden a refusé la comparution des psychologues James Mitchell et Bruce Jessen, les architectes du programme de la torture de la CIA. Biden s’appuie en cela sur les propos de Pompeo selon lesquels cette affaire est un « secret d’État », et que la rendre publique « porterait atteinte à la sécurité nationale ». L’administration Biden s’est aussi opposée à ce qu’on entende le témoignage d’Abu Zubaydah lui-même, parce que, disait-elle, « il est en détention incommunicado à Guantanamo ».[4]

Mort ou vivant, par tous les moyens

Aussi choquant et invraisemblable que puisse paraître le scénario d’un kidnapping et d’un assassinat éventuel d’Assange, il est dans la ligne droite de la guerre américaine contre tous ceux qui touchent aux intérêts impérialistes des États-Unis.

Il suffit de se souvenir du plan pour assassiner Daniel Ellsberg (photo), après la publication des Pentagon-papers pendant la guerre du Vietnam.[5] Il suffit de rappeler la pratique presque courante du kidnapping de suspects dans d’autres pays et leur transfert illégal vers les États-Unis par les services secrets américains. Cette pratique date de bien avant 2001, sous des présidents comme Reagan et Clinton. Il s’agissait là d’un nombre très limité de cas et la CIA devait obtenir l’approbation du président pour enlever quelqu’un. Ce n’est qu’à partir du lancement de la guerre mondiale contre le terrorisme en 2001 que ces pratiques ont pris une ampleur sans précédent. À ce moment-là, le président Bush a signé une autorisation officielle pour que la CIA passe à des “extraordinary renditions” (des transferts illégaux de personnes kidnappées) sans avoir besoin d’une approbation de la Maison Blanche ou du Ministère de la justice. Ainsi, dès 2005, la CIA avait déjà enlevé entre cent et cent cinquante suspects et les avait transférés illégalement vers des pays tiers, le plus souvent connus pour leur torture des détenus, avant leur transfert tout aussi illégal aux États-Unis ou à Guantanamo.

Prenons le cas d’Abu Omar (Mustafa Osama Nasr, photo) qui est une des affaires les mieux connues et documentées de la restitution extraordinaire de la CIA (en collaboration avec le Service italien de renseignement et de sécurité militaires- SISMI). Abu Omar avait reçu l’asile politique en Italie en 2001.  Le 17 février 2003, il est enlevé à Milan par des agents de la CIA et du SISMI et transporté à la base aérienne américaine d’Aviano. De là, il est transféré dans l’Égypte de Moubarak, où il est emprisonné pendant quatre ans sans inculpation, isolé, interrogé et brutalement torturé et violé.

En 2009, vingt-trois agents américains impliqués dans ce kidnapping ont été jugés par contumace par les tribunaux italiens[6]. Vingt-et-un agents ont été condamnés à cinq ans de prison, et le chef de la base de la CIA à Milan, Robert Seldon Lady, a été condamné à huit ans de prison. Tous ces condamnés ont refusé de se présenter au tribunal. C’est encore Wikileaks qui a dévoilé les pressions américaines sur l’Italie pour qu’elle retire sa demande d’extradition de ces agents vers l’Italie. Les agents sont désormais considérés comme des fugitifs en droit italien.[7]

Pour les autorités américaines, la guerre actuelle contre le terrorisme doit inévitablement aboutir à la capture, mort ou vif, de Julian Assange. Déjà en 2014, dans une vidéo-compilation publiée sur YouTube[8] par FreeJAnow, elles le traitaient de « traitre », « hightech terrorist », « cyber terrorist », « enemycombatant » et Wikileaks d’« organisation terroriste et d’agence de presse travaillant pour l’ennemi ». Les propos cités dans cette petite vidéo proviennent de hauts responsables du gouvernement américain, dont Hillary Clinton, Joe Biden et de commentateurs politiques. Certains y réclament ouvertement la pendaison ou l’exécution extrajudiciaire d’Assange.

Au dix-septième jour du procès d’Assange en 2020, l’existence des plans pour l’assassiner a été confirmée par deux témoins sous serment. Devant le tribunal, ils ont déclaré que « les États-Unis voulaient sortir Assange coûte que coûte de l’ambassade de l’Équateur et qu’ils voulaient des mesures plus extrêmes pour y arriver. Ainsi, ils envisageaient de kidnapper Assange en laissant une porte d’entrée ouverte. Ils concevaient même son empoisonnement. »[9]

La Maison Blanche s’est opposée à l’exécution du plan de la CIA pour une seule et unique raison : le ministère de la Justice était en retard, il n’avait pas encore publiquement inculpé Assange d’un crime. Ce qui posait la question : si on le kidnappe, on l’amène où ? On ne peut pas l’enfermer quelque part sans qu’il y ait eu une mise en accusation officielle. La police anglaise aussi s’était opposée à l’exécution du plan de Pompeo sur son sol. Il fallait régler le problème Assange autrement. Et la machine s’est mise en marche. Le 6 mars 2018, le Grand Jury fédéral de Virginie inculpe formellement Assange dans un « sealed indictment », un document interne à la justice où il n’est question que de fraude informatique sur base du Computer Fraud and Abuse Act de 1986. Parallèlement, sous pression américaine, l’Équateur déclare Assange persona non grata à l’ambassade et le déchoit de sa nationalité équatorienne dans la foulée. Le 11 avril 2019, l’inculpation d’Assange est rendue publique, ce qui permettra à la police anglaise, le jour même et en toute légalité, d’arrêter et de sortir de force Assange de l’ambassade qui ne veut plus de lui. Assange sera incarcéré dans la prison de haute sécurité de Belmarsh où il se trouve encore à ce jour. Ce n’est qu’un mois plus tard, en mai 2019, qu’Assange sera aussi inculpé pour espionnage sur base de l’Espionage Act de 1917[10].  S’il est extradé et condamné, il risque la prison à vie, c’est-à-dire la mort par enfermement.  

Ainsi le plan diabolique des autorités américaines est presque bouclé. Les 27 et 28 octobre 2021, une Cour d’appel britannique devra se prononcer sur son extradition. Des « garanties américaines d’un traitement humain d’Assange » y seront présentées, par ceux-là mêmes qui ont discuté et planifié son kidnapping et son assassinat. 

Assange paie le prix de notre capitulation face à la guerre impérialiste

Les révélations de Yahoo News nous ramènent aux vrais enjeux de l’affaire. Les publications d’Assange ne sont pas considérées comme des actes de journalisme ou sous l’angle de la « liberté de la presse », mais comme des actes de guerre,  des actes hostiles aux États-Unis, en alliance avec l’ennemi que nous combattons dans la guerre contre le terrorisme.

Le 25 juillet 2010, Wikileaks a défié la machine de guerre en publiant les documents secrets sur la guerre en Afghanistan (the Afghan War Logs). Trois mois plus tard, en octobre 2010, il publie près de 400 000 rapports de l’armée sur la guerre en Irak (the Iraq War Logs). Le 25 avril 2011, Wikileaks rend publics les documents secrets sur les 779 détenus à Guantanamo (the Gitmo Files).

Au moment où toute opposition à la guerre en Afghanistan et en Irak était au point mort, Assange et Wikileaks ont ainsi exposé de manière on ne peut plus détaillée les opérations de l’armée impérialiste la plus forte au monde. Mais ces publications n’ont pas provoqué l’indignation et la solidarité avec Wikileaks qu’on était en droit d’attendre et dont Wikileaks avait tant besoin.

Dix ans après le début de la guerre, les pancartes et les banderoles des manifestations sont restées rangées dans les caves, le slogan « Not in our name » était réduit au silence. Un climat d’indifférence s’était installé, l’horreur  devenue la routine, avec la peur généralisée d’être accusé de sympathies ou de complicités terroristes. Pour la gauche américaine et européenne, la guerre est devenue à la fois une normalité et une banalité. Fini la comparaison avec le mouvement contre la guerre au Vietnam qui avait contribué à la fin de cette guerre et à ce que la vie de Daniel Ellsberg soit sauvée.

Enemy combatant

La même indifférence a été constatée par rapport aux « dommages collatéraux » de la guerre sans fin. Un de ces dommages a été l’invention du statut de « Unlawful enemy combatant »,, un titre dorénavant réservé à Julian Assange, qui efface tout statut légal du prisonnier. Avant 2001, les Conventions de Genève conclues après la défaite nazie en 1945 devaient assurer une protection des droits des prisonniers. C’étaient des documents contraignants pour tous les États, les atteintes à ces accords constituant une violation grave du droit international et étant considérées comme des crimes de guerre. Deux conventions protégeaient aussi bien les droits des prisonniers de guerre (la Troisième convention) que les prisonniers civils, de droit commun, appelés « personnes protégées » (la Quatrième convention). Les deux catégories devaient jouir d’un traitement digne, tout traitement inhumain ou dégradant était interdit en toutes circonstances (l’article 3, commun aux deux conventions).

Dans la pratique, les États européens ont réservé ces conventions à leur usage interne et ne les ont pas appliquées dans leurs colonies où le non-droit, la torture et les traitements inhumains restaient de mise aussi bien pour les résistants que pour la population civile. Ce sont ces conceptions et pratiques coloniales qui font leur retour à travers la guerre contre le terrorisme.

Au début de la guerre, un nouveau statut a été conçu pour les prisonniers capturés. Celui de « combattant ennemi », ce qui signifie que ces prisonniers ne sont ni des prisonniers de guerre ni des prisonniers de droit commun.  Ainsi, ils ne peuvent pas être protégés par les Conventions de Genève. Ils ne peuvent pas se prévaloir de l‘habeas corpus – le droit de comparaître devant le tribunal et d’exiger que les autorités justifient leur détention. Leur procès, s’il y en a un, ne se déroule pas devant un tribunal fédéral, ni devant un tribunal militaire, mais devant une commission militaire. Ils peuvent être maintenus en détention sans charge, sans procès et de manière illimitée. Tout au long de ces vingt dernières années, seuls les détenus concernés, quelques avocats courageux et quelques ONG se sont battus pour le retrait de ces mesures. Toute cette évolution fascisante s’est déroulée sous nos yeux, sans réaction digne de ce nom.

C’est Julian Assange qui en paie le prix aujourd’hui.

Il n’est jamais trop tard pour se reprendre et dire stop. Faisons-le maintenant et empêchons l’extradition de Julian Assange.   

 Source: Le blog de Luke Vervaet

Notes:

[1]https://wikileaks.org/vault7/

[2] Zach Dorfman, Sean D. Naylor and Michael Isikoff de Yahoo News : “Kidnapping, Assassination and a London Shoot-Out: Inside the CIA’s Secret War Plans Against WikiLeaks”, ethttps://www.legrandsoir.info/les-erreurs-de-l-article-de-yahoo-sur-assange-consortium-news.html

[3]https://www.devilmaycaremedia.com/

[4] Abu Zubaydah a été arrêté au Pakistan en 2002 et enfermé dans une prison secrète de la CIA en Pologne jusqu’à son transfert à Guantanamo où il se trouve toujours. Les tortures qu’il a subies des mains de la CIA et de ses sous-traitants, ont été rendues publiques par ses avocats et ont été partiellement citées dans le rapport de 2014 de la commission du sénat américain sur la torture de la CIA : « À 83 occasions au cours d’un seul mois de 2002, Abu Zubaydah a été attaché à une planche inclinée avec la tête plus basse que les pieds pendant que des sous-traitants de la CIA lui versaient de l’eau dans le nez et dans la gorge, simulant sa noyade. Menotté et claqué à plusieurs reprises contre les murs, il a été suspendu nu à des crochets au plafond pendant des heures. Il a été forcé de rester éveillé pendant onze jours consécutifs, aspergé encore et encore d’eau froide lorsqu’il s’est effondré. Il a été placé de force dans une boîte de la taille d’un cercueil et entassé dans une autre boîte qui tiendrait presque sous une chaise, où il a été laissé pendant des heures. Il a été soumis à une humiliation particulièrement grave de la part de la CIA par la « réhydratation rectale ». Selon le rapport du Sénat américain la CIA a admis par la suite que Abu Zubaydah n’était pas un membre d’Al Qaeda. https://truthout.org/articles/biden-tells-supreme-court-that-publicly-documented-torture-is-a-state-secret/?utm_campaign=Truthout+Share+Buttons

[5] Kissinger appelait Ellsberg« l’homme le plus dangereux aux États-Unis », Nixon faisait cambrioler le bureau de son ancien psychanalyste et avait engagé 12 mercenaires cubains pour « le mettre hors d’état de nuire ».https://www.democracynow.org/2021/6/14/pentagon_papers_leak_50th_anniversary

[6]https://www.justiceinitiative.org/publications/globalizing-torture-cia-secret-detention-and-extraordinary-renditionL’Italie est le seul pays où un tribunal a condamné pénalement des fonctionnaires pour leur implication dans des opérations de restitution extraordinaire. Le Canada est le seul pays à présenter des excuses à une victime de restitution extraordinaire, Maher Arar, qui a été extraordinairement renvoyé et torturé en Syrie. Seuls trois pays en plus du Canada – la Suède, l’Australie et le Royaume-Uni – ont accordé une indemnisation aux victimes de restitutions extraordinaires, ces deux derniers dans le cadre de règlements confidentiels visant à éviter les litiges liés aux violations des droits humains associées.

[7]https://www.therenditionproject.org.uk/prisoners/abu-omar.html

[8] US demands to assassinate Assange https://www.youtube.com/watch?v=ykvb-nwJ_9w

[9]https://consortiumnews.com/2020/09/30/live-updates-assange-hearing-day-seventeen-us-intel-spying-on-assange-detailed-in-court-including-plan-to-kidnap-or-poison-him/

[10] *The Espionage Act of 1917 prohibited obtaining information, recording pictures, or copying descriptions of any information relating to the national defense with intent or reason to believe that the information may be used for the injury of the United States or to the advantage of any foreign nation.

 

samedi 7 août 2021

L'évolution de la position américaine bat en brèche la propagande marocaine


L'évolution de la position américaine bat en brèche la propagande marocaine

ALGER - Les signes positifs montrés récemment par l'administration américaine sur le règlement du conflit au Sahara Occidental laissent constater une évolution de la position des Etats-Unis, un progrès qui bat en brèche la propagande marocaine sur ce dossier.

Pour féliciter la contribution des Etats-Unis dans la lutte contre la pandémie de la Covid-19, le président des Etats Unis, Joe Biden, a publié, mardi soir, un message sur son compte Twitter, illustré par une carte mondiale dans laquelle le Sahara Occidental apparait comme un territoire distinct et séparé du Maroc.

Commentant le tweet de Biden, le journaliste et opposant marocain, Ali Lmrabet s'est interrogé "Est-ce une erreur ou un message", d'autant plus que " le compte officiel du président des Etats-Unis ne fait rien au hasard", a-t-il écrit dans un tweet.

Auparavant, un porte-parole du département d'état américain a affirmé que Washington soutenait un processus politique "crédible" au Sahara occidental conduit par les Nations-unies en vue de concrétiser la stabilité dans la région.

"Nous nous concertons avec les parties sur les meilleures voies à même d’arrêter la violence et de concrétiser un règlement durable", a déclaré ce diplomate américain sous couvert d'anonymat à la chaine Al Hura.

La déclaration du porte-parole du département d'état vient appuyer en effet celle tenue par Joey Hood, secrétaire d'Etat adjoint américain aux affaires du Proche-Orient, lors de sa visite la semaine passée dans la région.

"Notre position claire est: Nous voulons voir un processus dirigé par l’ONU qui aboutit à un accord acceptable par toutes les parties et qui mène à la paix et à la stabilité, c’est ce qu'il y a de mieux pour la région et c'est (l'approche) à laquelle nous allons consacrer notre temps, notre énergie et nos efforts", avait notamment déclaré Joey Hood au terme de sa visite en Algérie.

Ces derniers jours, le Maroc a essuyé un autre revers diplomatique celui du maintien de l'aval du département d'Etat pour l'utilisation de l'aide américaine au Maroc dans les territoires sahraouis.

Cette décision s'inscrit à l'opposé de la décision de l'ancien président américain, Donald Trump de reconnaître la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental, et réaffirme également la position du Congrès américain, notamment du Sénat qui refuse d'accorder à Rabat le statut de la puissance administrante.

Si le texte relatif à la question a rendu ces financements destinés au Maroc disponibles à l'assistance au Sahara occidental, elle stipule, cependant, que ce feu vert est soumis à l’approbation du département d’Etat.


Lire aussi: Biden expose une carte où le Sahara occidental apparaît séparé du Maroc


En 2017, la commission du Sénat en charge des dotations budgétaires a consacré à l’aide accordée au Sahara occidental un chapitre séparé de celui du Maroc, pour confirmer que ce territoire est occupé.

La commission sénatoriale avait, alors, affirmé que tous les fonds accordés aux territoires sahraouis occupés seront gérés par la mission pour l’organisation d’un référendum d'autodétermination au Sahara occidental (Minurso), en consultation avec le Sénat.

Sur cet élan, l'administration Biden a décidé de "reconsidérer" la vente de drones et d'autres armes au Maroc en raison de la série interminable de scandales impliquant Rabat, dont l'affaire du logiciel espion Pegasus, et des violations croissantes par l'occupant marocain des droits de l'Homme au Sahara occidental.

En juin dernier, le département d'Etat américain avait évoqué un changement d'approche de la part de l'administration du président Joe Biden concernant la question sahraouie.

"Je n'ai rien à annoncer pour le moment, mais je pense que si vous regardez le Sahara occidental dans le cadre de l'approche plus large de la région adoptée par l'administration précédente dans le contexte des accords d'Abraham, c'est là que l'on constate une certaine" différence d'approche, avait alors déclaré le porte-parole du département d’Etat, Ned Price en référence à la reconnaissance par l'ancien président Trump de la prétendue souveraineté du Maroc sur ce territoire occupé.

Le dossier du Sahara occidental est revenu au-devant de la scène, après l’annonce par le gouvernement sahraoui de la fin de son engagement vis-à-vis du cessez-le-feu conclu en 1991, en réponse à l’agression militaire marocaine dans la zone tampon d’El Guerguerat.

Depuis l'annonce par Trump de sa décision unilatérale sur le Sahara Occidental, de nombreux appels à travers le monde, et même aux Etats-Unis, ont été lancés, et se poursuivent jusqu'à ce jour, demandant à Joe Biden de l'annuler, étant en contradiction avec la Constitution américaine et le principe du droit à l'autodétermination, reconnu par les Nations unies.

L'ONU ne cesse de réaffirmer sa position inchangée vis-à-vis de la question sahraouie, et considère le Sahara occidental occupé comme un territoire non-autonome, en attente de décolonisation.

lundi 15 février 2021

Sahara occidental: Biden a beaucoup à perdre "s'il n'annule pas" la décision de Trump

le 17décembre

Sahara occidental: Biden a beaucoup à perdre "s'il n'annule pas" la décision de Trump

Publié le : dimanche, 14 février 2021 14:48   Lu : 76 fois

JOHANNESBURG- Le président américain, Joe Biden, a beaucoup à perdre "s'il n'annule pas" la décision de son prédécesseur Donald Trump concernant la reconnaissance de la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, a indiqué  dimanche Shannon Ebrahim, du Groupe Foreign Editor pour Independent Media (Afrique du sud).

"A moins que la position de Trump ne soit immédiatement inversée, Biden risque de perdre le soutien au sein de son propre parti, parmi les principaux républicains" et dans plus de 80 pays qui "reconnaissent la République arabe sahraouie démocratique, dont beaucoup en Afrique", a estimé Shannon Ebrahim, dans un long article publié par le site d'information IOL.

"Biden devra maintenant choisir s'il respectera la tradition bien établie de la politique américaine sur le Sahara occidental et le respect déclaré du droit international, d'autant plus que les Etats-Unis ont été le détenteur de la plume de toutes les résolutions sur le Sahara occidental et l'autodétermination, ou s'il permettra le non-respect du droit international par Trump", a-t-elle ajouté.

La même source a estimé que l'une des premières choses que le Président Biden aurait dû faire lors de son entrée en fonction est "d'annuler" la proclamation de l'ex-président Donald Trump reconnaissant la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. "Cela faisait partie d'une longue liste de mesures de politique étrangère dangereuses prises par Trump avec de graves ramifications pour la région et pour les intérêts américains", a-t-elle affirmé.

Elle a souligné que "non seulement Trump a accru les tensions" dans la région, mais il est allé à l'encontre de la politique de l'Union africaine qui reconnaît la République arabe sahraouie démocratique (RASD) en tant que membre souverain de l'organisation panafricaine.

M.Biden, a-t-elle rappelé, avait déjà indiqué qu'il souhaitait une relation "forte" avec l'UA et s'est même adressé au récent sommet de l'organisation, a rappelé la même source, estimant que cet objectif sera "difficile à réaliser à moins qu'il n'agisse rapidement pour renverser la déclaration de Trump et ramener les Etats-Unis à sa position historique de soutien à un référendum d'autodétermination au Sahara occidental en vertu de la résolution 690 de l'ONU de 1991".

Dans une récente allocution à Chatham House, le ministre sud-africain des relations internationales et de la coopération, Naledi Pandor, a identifié le fait de renverser la reconnaissance par Trump de la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental "comme la partie la plus urgente de la politique américaine envers l'Afrique qui doit être abordée" par le nouveau président Joe Biden.

Le 24 janvier, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, qui était alors président en exercice de l'UA, a appelé M. Biden à annuler la "reconnaissance illégale" de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.Le Sahara occidental est la dernière colonie d'Afrique et fait partie du programme de décolonisation depuis plus de 55 ans.

L'OUA, puis l'UA, ont poussé au fil des ans à faire avancer le référendum d'autodétermination du peuple sahraoui, rappelle la même source, notant que le Maroc a "non seulement ignoré sa responsabilité d'organiser le référendum, mais a installé une partie de sa population" dans les territoires occupés du Sahara occidental. "Son intérêt à maintenir son occupation est de contrôler les riches ressources du territoire qui fait la taille du Royaume-Uni".

Des organisations de défense des droits humains affirment que le Maroc viole les droits politiques et humains des Sahraouis depuis 1975. Human Rights Watch et Amnesty International ont alerté à maintes reprises qu'il y a eu une escalade notable de la répression dans les territoires sahraouis occupés, depuis que Trump a conclu son accord avec le Maroc, relatif à la reconnaissance de la prétendue souveraineté sur le Sahara occidental en échange d'une normalisation des relations avec l'entité sioniste.

Depuis novembre de l'année dernière, des organisations de défense des droits de l'homme et des journalistes ont rapporté que le Maroc exerce une pression intense sur les militants des droits de l'homme et les journalistes dans les territoire occupés. Beaucoup ont été assignés à résidence et sont interdits de visite.