Les relations entre l’Algérie et le Maroc
ont été émaillées, depuis l’indépendance de notre pays, d’animosités
liées à un différend frontalier, de tensions pour cause d’indexation du
Sahara occidental au Maroc, de rancœurs et d’accusations de part et
d’autre l Voici maintenant plus de cinquante ans que les relations entre les «deux pays frères» sont au bord de la rupture ./ Chronologie.
- 1956. Le roi Mohammed V soutient l’indépendance de l’Algérie…
Dès l’indépendance du Maroc en 1956, le
roi Mohammed V expédie armes, argent et médicaments au FLN. Comme la
Tunisie, le Maroc devient une base arrière pour les moudjahidine qui
bénéficient de camps d’entraînement. La région d’Oujda, proche de la
frontière algérienne, sert notamment de zone de repli.
- 1963. Le Maroc conteste le tracé des frontières et enclenche «la guerre des sables»
Au nom de ce qui est appelé le «Grand
Maroc», incluant la Mauritanie ainsi qu’une partie importante de
l’Algérie allant de Mostaganem au nord jusqu’à Béchar au sud, des partis
de droite marocains, notamment l’lstiqlal représenté par Allal El
Fassi, contestent les frontières définies par la France. L’Algérie, qui
venait de sortir d’une nuit coloniale et d’une guerre sanglante, devait
ainsi faire face à son voisin qui déclenche en octobre 1963 les
hostilités, essayant de mettre la main sur la région de Béchar. Les
combats cessent le 5 novembre, et l’Organisation de l’unité africaine
(OUA) obtient un cessez-le-feu définitif le 20 février 1964, laissant la
frontière inchangée.
- 1976. Rabat rompt ses relations avec l’Algérie après la reconnaissance de la RASD
En 1975, la monarchie chérifienne appelle
à participer à la «Marche verte», par laquelle le roi Hassan II fait
envahir le Sahara occidental, le jour du départ annoncé des soldats
espagnols, par des dizaines de milliers de Marocains brandissant le
Coran et les portraits du souverain. L’annexion du Sahara occidental par
le Maroc mettra ainsi fin à une trêve entre les deux pays, convenue
lors de deux rencontres au sommet à Tlemcen (1969) et à Ifrane (1971).
Car l’Algérie, au nom du principe de soutien aux peuples colonisés,
appuie la rébellion du Front Polisario, mouvement politique armé créé en
1973 pour lutter contre l’occupation espagnole. Elle accueille chez
elle des réfugiés sahraouis et proclame que l’ancien protectorat
espagnol est la «dernière colonie» d’Afrique. «La crise du
Sahara occidental était venue à point nommé pour attiser l’hostilité à
l’égard des dirigeants algériens qui, selon le discours du palais,
refusaient que le Maroc achève sa libération et aspiraient au leadership
régional. L’objectif du roi était de diminuer l’attrait du ‹‹régime
socialiste›› sur la classe politique comme sur l’opinion publique»,
décrypte le sociologue politique Lahouari Addi dans l’une des ses
analyses sur les relations algéro-marocaines. La guerre du Sahara
occidental se déroule entre 1975 et 1991. Le Maroc et le Polisario
signent finalement un accord de cessez-le-feu en 1991, préalable à un
référendum d’autodétermination. Ce référendum n’a toujours pas eu lieu.