2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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mardi 8 février 2022

La tragédie Rayan, l’éphémère soporifique des consciences par salahelayoubi


Nouvel article sur Le blog de Salah Elayoubi

 





Le petit Rayan repose désormais dans le vieux cimetière  de « Zawiya », à quelques kilomètres de son village natal d’Ighran dans cette région du Rif, victime expiatoire de toutes les tragédies.

Il y avait quelque chose d’indécent sinon d’ignoble à la mise en scène de l’extraction du petit Ryan avec un déploiement de moyens à la fois dérisoires en termes de logistiques et à la fois conséquents en termes de moyens humains et sécuritaires. Des ridicules pelles mécaniques ont creusé durant cinq jours un gigantesque trou équivalent à l’emprise d’un immeuble de cinq étages au lieu d’un forage à l’aide d’outils appropriés. Quant aux moyens humains ils étaient considérables et impressionnants, comme sait le faire le régime chaque fois qu’il est en mesure de faire la démonstration de son Hubris et de sa toute puissance. Des hommes de la protection civile par dizaines dont on se demande qu’elle en fut l’utilité sinon celle d’impressionner la plèbe avec des uniformes flambants neufs qui ont visiblement peu ou prou servi dans ce pays qui ne se préoccupe jamais de secourir les siens, sauf lorsqu'ils sont aux affaires. Il faut encore citer cette centaine de membres des forces de l’ordre,  de sinistre mémoire auteurs de toutes les bastonnades et de toutes les entreprises pour terroriser et mater la moindre velléité de manifester. Cinq jours durant, cette armée s’est, à peu de choses près, contentée de regarder Ali Sahraoui et quelques compagnons de fortune, s’escrimer à creuser tantôt à mains nues, tantôt aux commandes d’engins de chantier pendant que les médias officiels abreuvaient les suiveurs de la tragédie des exploits imaginaires des sauveteurs.

Et  pendant que le garçonnet agonisait trente-deux mètres plus bas, à moins qu’il n’était déjà mort des suites de sa chute ou encore d’asphyxie, les irresponsables qui gouvernent ce pays auraient refusé l’aide de l’Espagne, en raison d’une brouille avec le voisin du nord. Rien de bien étonnant pour un Maroc coutumier d’une diplomatie couscous et bakchich et de brouilles avec tous ceux qui n’adoptent pas ses points de vue emberlificotés. On aurait également refusé l’aide de la Suède où l’art du sauvetage est érigé en science. Sans doute parce que lorsqu’on est un tyran, on évite d’associer son nom à la plus belle des démocraties et aux amis de la liberté, de peur que cette association n'autorise la comparaison et ne mette en exergue vos tares, vos lacunes et vos travers. Les ibères ou encore les Vikings auraient débarqué avec des moyens humains supérieurement qualifiés et un matériel considérable et hautement sophistiqué qui auraient éclairé le reste du monde sur le dérisoire, l’incompétence et l’amateurisme des nôtres. Ils auraient sans doute donné quelques leçons de choses sur la conduite des opérations de sauvetage et relégué le Barnum du Makhzen au rang de ce qu'il fut, de la non-assistance à personne en danger.

Comme Imad Al Attabi

Les « secouristes » ont bien descendu de l’oxygène, de l’eau et de la nourriture au petit Rayan jusqu’à ce jeudi lorsqu’ils ont tout interrompu, laissant présumer de la suite que l’on sait. Mais au lieu d’avoir le courage d’annoncer l’échec des opérations et la mort du garçon, ils ont préféré simuler, allant jusqu’à poser une minerve au cadavre et envelopper le petit corps d'une couverture de survie avant d'acheminer le corps vers l'hôpital. Un mode opératoire qui nous renvoie au cas d’Imad Al Attabi touché d’une balle en pleine tête lors d’une manifestation à Al Hoceima, le 20 juillet 2017. Craignant la vindicte populaire, les autorités avaient alors fait mine d’hospitaliser le manifestant avant de se résoudre à annoncer sa mort le 8 août.

La  mise en scène de ces cinq jours n’aura trompé personne, avec la mobilisation des médias pour tenir en haleine le petit peuple et particulièrement celui du Rif et lui faire oublier ses propres souffrances lorsque vient l’hiver, la bise, la neige, le gel, l’enclavement ou encore la sécheresse, la faim, la soif, le chômage, le dénuement, la maladie et la misère qui va avec !  Vaine entreprise au cours de laquelle des moyens conséquents auront été déployés pour lui donner la plus grande publicité avec des encarts stupides: ballon gonflable rouge frappé de l’étoile verte à cinq branches, emportant au ciel le malheureux bambin, le conducteur de l’excavatrice exhibant à bout de bras le petit ange ou enfin montage photo avec le portrait de l’enfant superposé à l’image de l’excavation en  forme d’utérus. Une seconde naissance qui n’aura jamais lieu parce que la matrice donnera naissance à un enfant mort-né !

Jamais personne ne rendra compte pour le creusement de ce puits, à la recherche de l’eau si rare et si précieuse au péril de tous. Il n’y aura jamais aucune réaction ni enquête de ces autorités, pourtant si promptes à sur-réagir dès lors que souffle le bruissement de la moindre protestation de ceux que le chef de l’état d’alors et grand criminel avait qualifiés de voyous et de trafiquants. Il en va ainsi de la vie des misérables qui peuplent ce pays et tout  particulièrement ceux du Rif : tous les devoirs et zéro droit.

Le feuilleton de cette scénographie soporifique aura tenu en haleine des millions de marocains d’ici et d’ailleurs mais également nos contemporains dans le monde. L’entreprise n’en  était pas moins vouée à l’échec pour les raisons citées plus haut et d’autres que l’histoire mettra en lumière.

Coup de fil scénographique

Mais avec ce régime ignoble, il y a toujours une cerise sur le gâteau empoisonné comme ce coup de téléphone aux parents éplorés, face télévision. Une autre coutume scélérate de ce prétendu roi des pauvres, chef de mafia insatiable, milliardaire, pilleur des richesses de son pays, abonné aux îles vierges, aux banques suisses, aux manigances les plus sombres et « appauvrisseur » de ses compatriotes. On se souvient que chaque année, le tyran distribue des cartables « à deux balles », comme les ont surnommés les marocains, à des écoliers tétanisés par la peur d’affronter du regard leur bienfaiteur fugace qui, sitôt le stock de serviettes scolaires épuisé,  s’en retournera à sa sieste pendant que ses comptes en banques continueront de grossir encore et encore de millions de cartables que les petits écoliers ne verront jamais. Tout comme pour la distribution de paniers de victuailles du ramadan. Nul média ne montrera jamais l’envers du décor, les files d’attente sous un soleil accablant depuis l’aube avec interdiction de quitter les lieux, l’attente de Pharaon, les admonestations des agents d’autorité, les leçons sur la conduite à tenir face au despote, le modus operandi du baisemain, le regard condescendant des mafieux accompagnant le « bienfaiteur »……….

Pour un temps et pour un temps seulement, ce somnifère des consciences en forme d’abominable tragédie, aura fait oublier aux marocains et au reste du monde qu’à une centaine de kilomètres de là, à vol d’oiseau, des femmes et des hommes tentèrent en octobre 2016 de secouer, pour la énième fois,  le joug qui accable leur région. Ils s’étaient levés pour que Rayan et les siens aient accès à l’école, aux soins, à l’emploi et à la dignité à laquelle aspire tout être humain. Depuis, ces grands patriotes paient de siècles de prison leur magnifique combat pour la liberté. Nous ne les oublierons jamais.



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Nouvel article sur Le blog de Salah Elayoubi

dimanche 6 février 2022

Le Maroc sous le choc après le décès du petit Rayan

Ighrane (Maroc) - Le Maroc était sous le choc dimanche, au lendemain de la découverte du corps sans vie du petit Rayan, tombé accidentellement dans un puits en début de semaine, et retrouvé mort malgré cinq jours d'efforts acharnés des sauveteurs, suivis dans le monde entier.

Des sauveteurs transportent le corps du petit Rayan, retrouvé mort cinq jours après être accidentellement tombé dans un puits à Ighrane, le 5 février 2022 dans le nord du Maroc

Des sauveteurs transportent le corps du petit Rayan, retrouvé mort cinq jours après être accidentellement tombé dans un puits à Ighrane, le 5 février 2022 dans le nord du Maroc

afp.com/Fadel SENNA

Signe de la forte émotion provoquée par le drame, c'est le cabinet royal qui a annoncé samedi en fin de soirée le décès de l'enfant de cinq ans. 

"Suite au tragique accident qui a coûté la vie à l'enfant Rayan Oram, Sa Majesté le roi Mohammed VI a appelé les parents du défunt, décédé après être tombé dans un puits", a-t-il fait savoir dans un com

La course-contre-la-montre menée depuis cinq jours par les sauveteurs avait été suivie en direct par de nombreux internautes, et samedi soir, les hommages ont afflué sur les réseaux sociaux en provenance du monde entier, du Maghreb jusqu'en Irak, au Yémen, en France ou aux Etats-Unis, dans toutes les langues. 

"Le courage de Rayan restera dans nos mémoires et continuera de nous inspirer. Le dévouement du peuple marocain et des secouristes également", a écrit l'international algérien du Milan AC Ismaël Bennacer, dans un tweet accompagné du dessin d'un enfant s'élevant dans le ciel accroché à un ballon en forme de coeur aux couleurs du Maroc. 

"Nous avions tous gardé l'espoir que le petit Rayan s'en sorte. Tout ceci est tellement tragique", a également réagi sur Twitter la romancière maroco-américaine Laila Lalami, tandis le président français Emmanuel Macron disait sur Facebook "à la famille du petit Rayan et au peuple marocain que nous partageons leur peine". 

 a fallu cinq jours aux secouristes pour parvenir jusqu'à l'enfant car ils ont dû d'abord forer une énorme crevasse en profondeur puis un tunnel en horizontal.  

Leur progression a été fortement ralentie par la nature du sol, certaines couches étant rocheuses et d'autres très sableuses. 

Rayan était tombé accidentellement mardi dans le puits asséché de 32 mètres, étroit et difficile d'accès, creusé près de la résidence familiale dans le village d'Ighrane, dans la province de Chefchaouen, dans le nord du royaume. 

Entrés dans une brèche horizontale samedi d'après-midi, les sauveteurs avaient continué leur travail centimètre par centimètre, creusant à la main pour éviter tout éboulement. 

Samedi matin, un chef sauveteur Abdelhadi Tamrani avait indiqué que des images envoyées par une caméra d'inspection montrait l'enfant "allongé sur le côté, de dos" et qu'il était "impossible d'affirmer" s'il était vivant. 

Mais le responsable avait assuré garder "de très grands espoirs" qu'il soit vivant. 

Les secouristes s'étaient efforcés de faire parvenir de l'oxygène et de l'eau à travers des tubes et bouteilles descendus jusqu'à Rayan, sans certitude qu'il puisse les utiliser. 

Des milliers de sympathisants avaient accouru en signe de solidarité et campé sur place, dans cette zone montagneuse du Rif, à près de 700 mètres d'altitude.  

- Creuser avec les mains - 

Devant le tunnel, des applaudissements nourris saluaient chaque apparition des foreurs, dont le bénévole Ali Sahraoui qui a creusé avec ses mains dans les derniers mètres, un quinquagénaire devenu un "héros" sur les réseaux sociaux. 

Des barrières métalliques avaient dû être disposées vendredi pour contenir la foule. A l'approche du dénouement, les curieux scandaient régulièrement des "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand) ou entonnaient des chants religieux. 

Peu avant 22H00 (21H00 GMT) samedi, des journalistes de l'AFP avaient vu le père et la mère, le visage défait, entrer dans un tunnel creusé par les secouristes et communiquant avec le puits, d'où a été sorti par la suite l'enfant.  

Ils étaient ressortis peu après et partis à bord d'une ambulance, sans dire un mot, la mère montant à l'avant, les yeux perdus dans le vague. Après un moment de confusion, la foule, amassée depuis des jours, s'est alors dispersée dans un silence lugubre, a constaté l'AFP. 

La date des funérailles n'a pas été annoncée par la famille, mais selon la tradition musulmane elles devraient se dérouler rapidement, en principe dès dimanche. 

Cet accident fait écho à un drame survenu début 2019 en Andalousie (Espagne), où Julen, deux ans, avait péri après avoir chuté dans un puits de 25 centimètres de diamètre et de plus de 100 mètres de profondeur. 

Son corps avait été retrouvé après 13 jours de recherches d'une ampleur exceptionnelle. 

hic-fs-ko-agr/fka/alc/roc