2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

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lundi 30 décembre 2024

Face au Makhzen, mon amère victoire, par Ignacio Cembrero

Ignacio Cembrero, el confidencial, 29/12/2024

Traduit par Tafsut Aït Baâmrane

Face au harcèlement judiciaire par la monarchie alaouite, les journalistes peuvent se cuirasser psychologiquement. Face au soutien apporté à Rabat par les gouvernements espagnols, notamment celui du PSOE, c’est impossible. Ils torpillent la défense du journaliste. Leurs agissements font mal.

José Manuel Albares, ministre espagnol des Affaires étrangères, Pedro Sánchez, président du gouvernement de Madrid, Aziz Akhannouch, Premier ministre marocain, et Nasser Bourita, ministre marocain des Affaires étrangères, à Rabat en février 2024. Photo Jalal Morchidi Pool/EFE

Il était presque minuit le jeudi 19 décembre. Cela faisait déjà 12 heures que mon avocat, Javier Sánchez Moro, m’avait annoncé la grande nouvelle : le Royaume du Maroc ne ferait pas appel devant le Tribunal suprême de la décision de l’Audience provinciale de Madrid de rejet de sa plainte pour « action de jactance* », pour l’avoir accusé d’être responsable de l’espionnage de téléphones portables au moyen du programme malveillant Pegasus.

Cela faisait déjà 12 heures que j’avais diffusé la nouvelle par le biais de listes de diffusion et de réseaux sociaux , mettant ainsi fin à deux ans et demi de persécution judiciaire , précédés de huit autres années au cours desquelles le gouvernement marocain avait réussi à me faire inculper par l’Audience nationale pendant des mois pour apologie du terrorisme. Sa plainte a finalement été classée sans suite et il n’y a pas eu de procès.

Depuis le jeudi 19 à midi, j ‘ai reçu des centaines de messages de félicitations. Des confrères journalistes, des associations de presse, des hauts fonctionnaires d’institutions publiques, des hommes politiques de tout l’échiquier parlementaire, des amis ou de simples lecteurs que je ne connaissais pas me les ont envoyés en privé, mais aussi par le biais des réseaux sociaux. Parmi ceux qui m’ont écrit, il y avait même des membres du PSOE, le parti dont le secrétaire général, Pedro Sánchez, en mars 2022, s’est aligné sur la solution préconisée par le Maroc pour résoudre le conflit du Sahara occidental.

Jeudi soir, il était presque minuit et je n’en pouvais plus. Pas un seul membre du gouvernement espagnol ne m’avait félicité. Je n’en connais pas beaucoup, mais je connais une poignée de ministres et de secrétaires d’État avec lesquels j’ai partagé une table ou bavardé pendant un certain temps avant qu’ils n’entrent au gouvernement. J’ai même donné une conférence en duo avec l’un d’entre eux, organisée par le Parlement européen.

Ce soir-là, je n’en pouvais plus et j’ai envoyé un petit message privé à tous ceux qui figuraient dans mon agenda. Je leur ai dit qu’un jour comme aujourd’hui, j’aurais été heureux de recevoir les félicitations d’un membre du gouvernement espagnol. Ils ont dû le voir car, au moins sur WhatsApp, les deux petits V confirmant la réception sont apparus . Albares a été l’exception. Je ne lui ai pas écrit parce que c’est un cas désespéré si l’on en juge par les réponses évasives qu’il a toujours données aux questions parlementaires sur les plaintes du makhzen contre moi.

Ils ont dû voir le message, mais tous, sauf un, m’ont opposé le silence. Celle qui m’a répondu m’a immédiatement rappelé qu’elle avait eu une journée chargée, s’est excusée et m’a envoyé de chaleureuses félicitations. Je lui en suis très reconnaissant. Ses paroles m’ont fait plaisir, mais elles n’ont pas compensé mon mécontentement face au silence de ses collègues du gouvernement.

Ce silence rend amère ma victoire, la quatrième en justice en une décennie, contre le Maroc, son gouvernement, ses espions et, depuis peu, la monarchie alaouite sans intermédiaires. Après une décennie de harcèlement judiciaire , je suis devenu presque psychologiquement résistant à leurs attaques. Ce à quoi je ne me suis jamais habitué, c’est que ce sont mes propres compatriotes, et plus encore les sociaux-démocrates, auxquels je m’identifiais, qui ont soutenu les autorités du pays voisin dans leur harcèlement judiciaire.

Les premiers signes du soutien à Rabat contre le journaliste espagnol que je suis sont apparus quand le Parti Populaire gouvernait. Depuis la première investiture de Pedro Sánchez, ils se sont accentués. Je ne citerai que quelques exemples parmi une très longue liste. Les députés socialistes espagnols - mais pas le reste de leur groupe - ont voté au Parlement européen, le 19 janvier 2023 , contre une résolution qui, entre autres, demandait aux autorités marocaines de mettre fin au harcèlement judiciaire dont j’étais victime. Ils n’ont jamais expliqué leur vote, qui concordait avec celui des « lepénistes », l’extrême droite française.**

Un commissaire européen que je connais a laissé entendre l’ année dernière à Nasser Bourita, le ministre marocain des Affaires étrangères, que, pour de nombreuses raisons, il était souhaitable que Rabat retire sa plainte contre moi. Bourita a rejeté cette suggestion et s’est étonné qu’un commissaire européen s’intéresse au journaliste espagnol alors que les ministres espagnols qu’il avait rencontrés ne le faisaient pas.

J’étais bien naïf de m’attendre à ce qu’Albares intercède en ma faveur. Le gouvernement espagnol a accepté de se réconcilier avec le Maroc, en mars 2022, sans retirer les poursuites judiciaires inspirées par Rabat contre l’ancienne ministre des Affaires étrangères, Arancha González-Laya, et son chef de cabinet, Camilo Villarino, pour avoir organisé l’accueil en Espagne de Brahim Ghali, le dirigeant du Polisario malade  du Covid. Des rapports du CNI [Centre national du renseignement] publiés par le quotidien El País l’attestent .

Tout ce qui a un lien avec le ministère espagnol des Affaires étrangères est, pour moi, un territoire interdit. Je n’ai jamais été invité aux briefings que les collaborateurs d’Albares ont donné, par exemple, pour expliquer le changement d’attitude sur le Sahara Occidental. La Casa Árabe de Madrid, mais c’était à l’époque où José Manuel García-Margallo était ministre, ne m’a pas permis de présenter mon livre La España en Alá (L’Espagne en Allah) à son siège. Le veto s’est même étendu à mon premier avocat, Javier Sánchez Sánchez, qui a publié un beau roman se déroulant dans les dernières années de la colonisation du Sahara par l’Espagne.

L’Institut royal Elcano a également cessé de m’inviter aux réunions à huis clos qu ‘il organisait avec des personnalités du monde islamique de passage à Madrid. Il s’est justifié auprès des autres participants en prétendant que j’avais divulgué des propos tenus « off the record » [officieusement]. Des années plus tard, l’un des premiers ministres m’a avoué dans un message privé qu’« avec le Maroc impliqué , c’était très compliqué ». Je le remercie pour sa franchise, tout comme j’apprécie la sincérité de ceux qui, à l’École diplomatique, m’ont avoué que je ne donnerais plus jamais de conférences à leurs étudiants car « il y a des instructions venues d’en haut ».

Mais il y a pire que les vétos, ce sont les barrages. En 2015, toujours avec García-Margallo à la barre, le consul d’Espagne à Paris a refusé d’accepter une déclaration d’ un journaliste du Monde que j’allais utiliser pour me défendre dans un procès intenté à Madrid par Ahmed Charai, responsable des relations publiques de la Direction générale des Études et de la Documentation (DGED), le service de renseignement extérieur et de contre-espionnage du Maroc, Le consul, sur ordre de Madrid, a dit au journaliste de s’adresser à un notaire français. Malgré cela, j’ai obtenu gain de cause.

Le département de la sécurité nationale de la Moncloa*** a, quant à lui, fourni des munitions aux avocats du Royaume du Maroc avec son rapport 2023. Il désigne deux puissances - la Russie et la Chine - pour leurs activités hostiles en Espagne, mais omet le Maroc. Les avocats du Royaume du Maroc se sont empressés de soumettre le document à l’Audience Provinciale pour prouver « l’innocence » de leur client accusé d’espionnage avec Pegasus. Le journal marocain Barlamane par exemple, proche de l’appareil sécuritaire, s’est emparé de ce rapport pour affirmer que la sentence qui annule les poursuites contre moi est pratiquement irrelevante face aux conclusions de l’équipe de la Moncloa.

À voix basse, un cadre socialiste, un collaborateur d’Albares, a expliqué que le harcèlement judiciaire dont je fais l’objet est dû au fait que je suis « anti-marocain ». Je tiens à le dire haut et fort : je ne suis pas anti-marocain, tout comme les antifranquistes n’étaient pas antiespagnols, même si la propagande de la dictature s’obstinait à les présenter comme tels.

Je passe beaucoup de temps en ligne avec des Marocains vivant dans leur pays et dans diverses parties de l’Europe. Certains d’entre eux sont des amis de longue date. Je leur dois certaines de mes exclusivités journalistiques. Je connais mon voisin et c’est pourquoi, lorsque les tensions étaient vives entre l’Espagne et le Maroc en 2021, j’ai été invité à plusieurs reprises à des réunions à huis clos pour donner mon avis sur les intentions de la maison royale marocaine, là où se trouve le véritable pouvoir.

C’était une autre époque. Maintenant que les deux voisins sont de grands amis, analyser dans des articles de presse le comportement de Rabat, y compris son utilisation massive de Pegasus pour espionner sans dépenser un dollar, c’est se mettre à dos les deux parties.

NdlT

*Acción de jactancia : action dirigée contre une personne qui se vante publiquement d’avoir un droit contre une autre afin de l’obliger à établir la réalité de ses allégations sous peine d’être vouée à un silence perpétuel.

**Cette résolution a été la première dans les 44 ans de vie du Parlement européen, critiquant le régime marocain pour atteintes à la liberté de l’information.

***Le palais de la Moncloa, à Madrid, est la résidence officielle du président du gouvernement (Premier ministre)



samedi 30 novembre 2024

SURVEILLANCE DE MASSE AU MAGHREB ET AU MACHREK
Une analyse critique pour protéger l’espace de la société civile

Plusieurs associations catalanes ont présenté le 18 novembre 2024 au Parlement catalan à Barcelone un rapport sur la surveillance de masse au Maghreb et au Machrek. Cette recherche a été menée par l'Observatoire des droits humains et des entreprises en Méditerranée (ODHE), IRÍDIA et SUDS. Nous publions ci-dessous le résumé exécutif en français du rapport.
L'intégralité du rapport est disponible en catalan, espagnol et anglais


RÉSUMÉ EXÉCUTIF

Au cours des dernières décennies, le développement technologique et la numérisation ont facilité l’émergence de nouvelles techniques de surveillance et de contrôle de plus en plus répandues et intrusives, qui posent de nouveaux défis pour la protection des droits humains. Ce rapport analyse la manière dont les gouvernements et les entreprises de la région du Maghreb et du Machrek utilisent les technologies avancées de surveillance numérique pour contrôler et réprimer la société civile, notament les migrants, les femmes et la communauté LGBTIQ+. Ces technologies, largement développées par des entreprises du Nord global, ont créé un contexte de surveillance de masse qui menace les droits fondamentaux tels que la liberté d’expression, la vie privée et le droit à l’information. Les technologies émergentes sont acquises sous prétexte d’améliorer la sécurité nationale et de s’adapter à de nouvelles formes de criminalité, mais elles restreignent l’espace de la participation politique et augmentent le contrôle social.
Ce rapport complète celui publié précédement, axé sur l’utilisation des technologies de surveillance de masse en Europe. La combinaison des deux rapports donne un aperçu de l’utilisation de ces technologies et de leur impact sur la société civile dans la région
méditerranéenne.
Le rapport analyse la situation dans 9 pays de la région :

Maroc: La répression numérique au Maroc comprend l’utilisation de logiciels espions, tels que Pegasus et le trolling en ligne utilisé pour diffamer et harceler les personnalités critiques du système. Les femmes activistes et journalistes sont particulièrement vulnérables, subissant des campagnes de dénigrement à connotation misogyne. Cette répression s’appuie sur une législation opaque et des technologies intrusives fournies par des entreprises du Nord global.

Sahara Occidental: Depuis la fin de la trêve en 2020, la répression et la surveillance de la population sahraouie se sont intensifiées. S’appuyant sur des technologies de pointe, notamment une collaboration militaire avec Israël et la mise en œuvre de drones et de systèmes de surveillance numérique, le Maroc a imposé un contrôle sévère au Sahara occidental. Ce qui touche à la fois les femmes défenseur.e.s des droits humains et les journalistes sahraoui.e.s, en particulier les femmes. Cette stratégie a créé un climat de répression systématique, forçant le déplacement de la population civile et portant atteinte aux droits fondamentaux de circulation, de vie privée et d’expression, dans le but de consolider son contrôle sur le territoire occupé.



dimanche 3 avril 2022

Droits de l’Homme : Amnesty International dans son nouveau rapport critique le Maroc.


Article

Maroc : Plusieurs atteintes aux droits humains en 2021 recensées par Amnesty International

De l’atteinte au droit au respect de la vie privée, avec l’affaire Pegasus aux arrestations liées à la liberté d’expression et d’association, le rapport d’Amnesty International sur les droits humains au Maroc en 2021, publié cette semaine, réserve même une partie aux violations ayant touché des militants pro-Polisario au Sahara.

Publié
Une manifestation précédente de la Coordination nationale des enseignants contractuels à Rabat. / Hespress
Temps de lecture: 4'

Amnesty International a publié, mardi, son rapport annuel sur la situation des droits humains, en réservant une partie au Maroc. L’ONG revient ainsi sur les violations des droits ayant le plus marqué l’année 2021, pointant du doigt, entre autres, des atteintes à la liberté d’expression et d’association.

Ainsi, le rapport rappelle que «les autorités ont continué d’utiliser le décret-loi d’urgence sanitaire de 2020 pour restreindre arbitrairement la liberté d’expression et de réunion, notamment celle des journalistes, des militant·e·s et des travailleuses et travailleurs», l’année dernière. «Cette année encore, des défenseur·e·s des droits humains, des journalistes, des utilisateurs et utilisatrices de réseaux sociaux, des universitaires et des militant·e·s ont été réprimés dans l’exercice légitime de leur liberté d’expression», dénonce-t-il.

Amnesty International recense ainsi au moins sept arrestations pour des infractions liées à la liberté d’expression. Elle évoque notamment le cas de l’universitaire et militant des droits humains Maâti Monjib, «sous le coup depuis octobre 2020 d’une mesure arbitraire d’interdiction de quitter le territoire». Le rapport aborde aussi le cas du journaliste Omar Radi, de la militaire Jamila Saadane, condamnée à trois mois d’emprisonnement pour des vidéos sur YouTube accusant les autorités marocaines de «couvrir des réseaux de prostitution et des faits de traite des êtres humains à Marrakech» ou encore de ceux du militant Noureddine Aouaj, condamné en juillet à deux ans d’emprisonnement et de Soulaiman Raissouni.

Enseignants contractuels, Pegasus et droits LGBT

Le rapport d’Amnesty International aborde aussi les arrestations dans les rangs des enseignants contractuels qui manifestent depuis des années pour leur intégration à la fonction publique. Il rappelle ainsi qu’en avril 2021, «la police a arrêté arbitrairement 33 enseignant·e·s qui manifestaient pacifiquement à Rabat», en ajoutant que «les forces de police ont dispersé par la force les manifestant·e·s alors que ceux-ci respectaient les mesures de sécurité liées à la pandémie de Covid-19, comme la distanciation physique».

Dans une partie sur le droit au respect de la vie privée, Amnesty International ne rate pas l’occasion d’évoquer ses révélations, avec Forbidden Stories, sur l’utilisation présumée par les autorités marocaines du logiciel d’espionnage Pegasus. Ainsi, elle assure dans son rapport que «l’outil de surveillance a été utilisé contre des journalistes, des militant·e·s et des personnalités politiques de nationalité française et marocaine». «Les appareils d’Hicham Mansouri, journaliste marocain vivant en exil en France, de Claude Mangin, le compagnon de Naama Asfari, militante sahraouie emprisonnée au Maroc, et de Mahjoub Maliha, défenseur sahraoui des droits humains, ont été infectés par le logiciel Pegasus, en violation des droits de ces personnes au respect de leur vie privée et à la liberté d’expression», écrit le rapport.

Celui-ci rappelle aussi la contestation, par les organisations de défense des droits des personnes transgenres, d’un article du projet de loi 36.21 sur l’état civil, aux termes duquel le genre assigné à un nouveau-né «hermaphrodite» pouvait être modifié ultérieurement, adopté en juillet 2021 par le Parlement. D’ailleurs, le rapport mentionne aussi l’affaire de l’artiste Abdelatif Nhaila, remis en liberté en février, après avoir été traduit en justice pour violation de l’état d’urgence sanitaire et outrage à un fonctionnaire alors qu’il s’est rendu dans un poste de police pour dénoncer les «menaces de mort et de persécutions homophobes» le visant dans le cadre de la campagne de Outing lancée sur les réseaux sociaux depuis avril 2020.

Migrants et Sahara occidental

Amnesty International confirme aussi, plus loin, que «les autorités ont arrêté et détenu arbitrairement des personnes migrantes ou demandeuses d’asile», en renvoyant certaines dans leur pays d’origine et en éloignant d’autres vers des zones du sud du Maroc ou au Sahara. «Les autorités ont mené des opérations dans les hébergements et les campements où se trouvaient des ressortissant·e·s de pays d’Afrique subsaharienne. Dans certains cas, elles ont mis le feu aux biens de ces personnes ou les ont contraintes à quitter leur abri de fortune, selon l’Association marocaine des droits humains», poursuit le rapport. Ce dernier évoque aussi l’exile, en mai dernier, de milliers de Marocains vers Ceuta, notant que «parmi les 8 000 personnes, au moins (…), certaines étaient des réfugié·e·s ou des migrant·e·s venus de pays d’Afrique subsaharienne, du Moyen-Orient ou d’Afrique du Nord».

Le rapport aborde aussi la question du Sahara occidental, accusant les autorités d’avoir «violé cette année encore les droits des Sahraoui·e·s qui militaient en faveur de l’indépendance». Amnesty International évoque, dans ce sens, l’arrestation, en mai dernier, du journaliste sahraoui Essabi Yahdih, directeur de l’organe de presse en ligne Algargarat, accusé d’avoir filmé une caserne militaire à Dakhla. «Cet homme a été condamné le 29 juillet à un an d’emprisonnement assorti d’une amende. À la prison de Dakhla, il s’est vu refuser des soins médicaux pour les problèmes d’audition et de vue dont il souffrait avant son incarcération», poursuit le rapport.

Ce dernier mentionne aussi un cas de «torture» de détenu sahraoui Mohamed Lamine Haddi. «En mars, des surveillants pénitentiaires ont mis un terme à la grève de la faim qu’il observait pour protester contre les mauvais traitements dont il faisait l’objet : ils l’ont nourri de force, ce qui est considéré comme un acte de torture au regard du droit international», rappelle l’ONG internationale.

L’occasion pour celle-ci de relayer les allégations de la militante pro-Polisario Sultana Khaya, qui accuse les autorités marocaines de «mauvais traitements», de «tentative de viol» et de «viol». Enfin, le rapport dénonce le fait que «les organisations de défense des droits humains ne pouvaient toujours pas se rendre au Sahara occidental ni dans les camps du Front Polisario».



...Suite : https://www.yabiladi.com/articles/details/125890/maroc-plusieurs-atteintes-droits-humains.html

Droits de l’Homme : Amnesty International critique le Maroc

Violation des droits de l’Homme, atteinte à la vie privée et à liberté d’expression, affaire Pegasus, situation des migrants... Le nouveau rapport d’Amnesty International, publié le mardi 29 mars, relève plusieurs "bavures" constatées en 2021 au Maroc en termes de droits humains. Il dépeint ainsi un tableau très sombre sur le respect des droits de l’Homme dans le pays.

Par Nora Jaafar, Publié le 31/03/2022 à 12:43, mis à jour le 31/03/2022 à 16:56
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Amnesty International : au Maroc, plusieurs atteintes aux droits de l’Homme constatées en 2021
Amnesty International © DR

Amnesty International (AI) a consacré une grande partie de son nouveau rapport à la situation des droits humains au Maroc. L’organisation non gouvernementale (ONG) a souligné plusieurs dépassements et violations observés au cours de l’année 2021. Elle évoque en premier lieu des atteintes à la liberté d’expression et d’association. «Les autorités ont continué d’utiliser le décret-loi d’urgence sanitaire de 2020 pour restreindre arbitrairement la liberté d’expression et de réunion, notamment celle des journalistes, des militant·e·s et des travailleuses et travailleurs», ont précisé les auteurs de l’enquête. Ils dénoncent que durant l’année écoulée des militants des droits de l’Homme, des journalistes, des utilisateurs de réseaux sociaux et des universitaires «ont été réprimés dans l’exercice légitime de leur liberté d’expression».

Lire aussi : Affaire Omar Radi : la cour d’appel confirme la peine de six ans de prison ferme

Dans son rapport, AI indique qu’au moins sept personnes ont été arrêtées pour des infractions liées à la liberté d’expression. L’ONG cite en ce sens le cas de l’universitaire Maâti Monjib, «sous le coup depuis octobre 2020 d’une mesure arbitraire d’interdiction de quitter le territoire». Il s’agit aussi du journaliste Omar Radi et de la militante Jamila Saadane. Cette dernière a écopé de trois mois de prison pour avoir accusé sur YouTube «les autorités marocaines de couvrir des réseaux de prostitution et des faits de traite des êtres humains à Marrakech». Le rapport évoque aussi le militant Noureddine Aouaj, condamné à deux ans de prison "outrage" aux institutions de l’État, et Soulaiman Raissouni, ex-rédacteur en chef du journal Akhbar Al Yaoum.

 

Certains dépassements observés par AI

Amnesty International revient en outre sur le mauvais traitement qu’ont subi les enseignants contractuels lors de leurs manifestations concernant leur intégration à la fonction publique. Elle avance qu’en 2021, 33 enseignants contractuels ont été appréhendés lors de leurs protestations pacifiques à Rabat, alors que le reste des manifestants ont été dispersés et malmenés par les forces de l’ordre bien qu’ils respectaient les mesures de sécurité liées à la pandémie de Covid-19, comme la distanciation physique.

De plus, AI n’a pas manqué d’aborder les "révélations" de Forbidden Stories, qui selon lesquelles le Maroc aurait utilisé le logiciel espion israélien Pegasus pour surveiller plusieurs dissidents. «L’outil de surveillance a été utilisé contre des journalistes, des militant·e·s et des personnalités politiques de nationalité française et marocaine» a réitéré l’ONG dans son rapport. 

Autre point de contestation soulevé par l’organisme international, l’article du projet de loi 36.21 sur l’état civil, adopté en juillet 2021 par le Parlement, et qui stipule que le genre assigné à un nouveau-né "hermaphrodite" peut être modifié ultérieurement. Le rapport mentionne aussi le cas de l’artiste Abdelatif Nhaila, traduit en justice pour "violation de l’état d’urgence sanitaire" et "outrage à un fonctionnaire". Ce dernier, remis en liberté en février 2022, a été arrêté après s’être déplacé dans un poste de police pour déposer plainte contre des personnes qui l’avaient menacé de mort suite à une campagne de "Outing" lancée sur les réseaux sociaux depuis avril 2020.

 

Amnesty International dénonce le traitement des migrants 

Amnesty International a également accusé le Maroc dans son rapport d’avoir «arrêté et détenu arbitrairement des personnes migrantes ou demandeuses d’asile». Selon l’ONG, parmi ces détenus, certains ont été renvoyés dans leur pays d’origine, tandis que d’autre ont été envoyés à des zones du Sud du Maroc ou au Sahara. «Les autorités ont mené des opérations dans les hébergements et les campements où se trouvaient des ressortissant·e·s de pays d’Afrique subsaharienne. Dans certains cas, elles ont mis le feu aux biens de ces personnes ou les ont contraintes à quitter leur abri de fortune, selon l’Association marocaine des droits humains», déplore le rapport. Les auteurs de cette enquête citent aussi l’exil de quelque 8.000 Marocains vers Sebta en mai 2021, notant que certains parmi eux étaient des réfugiés ou des migrants venus de pays d’Afrique subsaharienne, du Moyen-Orient ou d’Afrique du Nord. «Au moins 2.000 enfants non accompagnés figuraient parmi elles. Entre avril et mai, au moins trois migrants non identifiés et neuf Marocains sont morts en tentant de rejoindre les enclaves espagnoles de Sebta et Melilla depuis le territoire marocain», lit-on sur l’enquête.

Lire aussi : Migration clandestine : plus de 4.000 migrants morts ou disparu en 2021


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Maroc : Plusieurs atteintes aux droits humains en 2021 recensées par Amnesty International

De l’atteinte au droit au respect de la vie privée, avec l’affaire Pegasus aux arrestations liées à la liberté d’expression et d’association, le rapport d’Amnesty International sur les droits humains au Maroc en 2021, publié cette semaine, réserve même une partie aux violations ayant touché des militants pro-Polisario au Sahara.

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Une manifestation précédente de la Coordination nationale des enseignants contractuels à Rabat. / Hespress
Temps de lecture: 4'

Amnesty International a publié, mardi, son rapport annuel sur la situation des droits humains, en réservant une partie au Maroc. L’ONG revient ainsi sur les violations des droits ayant le plus marqué l’année 2021, pointant du doigt, entre autres, des atteintes à la liberté d’expression et d’association.

Ainsi, le rapport rappelle que «les autorités ont continué d’utiliser le décret-loi d’urgence sanitaire de 2020 pour restreindre arbitrairement la liberté d’expression et de réunion, notamment celle des journalistes, des militant·e·s et des travailleuses et travailleurs», l’année dernière. «Cette année encore, des défenseur·e·s des droits humains, des journalistes, des utilisateurs et utilisatrices de réseaux sociaux, des universitaires et des militant·e·s ont été réprimés dans l’exercice légitime de leur liberté d’expression», dénonce-t-il.

Amnesty International recense ainsi au moins sept arrestations pour des infractions liées à la liberté d’expression. Elle évoque notamment le cas de l’universitaire et militant des droits humains Maâti Monjib, «sous le coup depuis octobre 2020 d’une mesure arbitraire d’interdiction de quitter le territoire». Le rapport aborde aussi le cas du journaliste Omar Radi, de la militaire Jamila Saadane, condamnée à trois mois d’emprisonnement pour des vidéos sur YouTube accusant les autorités marocaines de «couvrir des réseaux de prostitution et des faits de traite des êtres humains à Marrakech» ou encore de ceux du militant Noureddine Aouaj, condamné en juillet à deux ans d’emprisonnement et de Soulaiman Raissouni.

Enseignants contractuels, Pegasus et droits LGBT

Le rapport d’Amnesty International aborde aussi les arrestations dans les rangs des enseignants contractuels qui manifestent depuis des années pour leur intégration à la fonction publique. Il rappelle ainsi qu’en avril 2021, «la police a arrêté arbitrairement 33 enseignant·e·s qui manifestaient pacifiquement à Rabat», en ajoutant que «les forces de police ont dispersé par la force les manifestant·e·s alors que ceux-ci respectaient les mesures de sécurité liées à la pandémie de Covid-19, comme la distanciation physique».

Dans une partie sur le droit au respect de la vie privée, Amnesty International ne rate pas l’occasion d’évoquer ses révélations, avec Forbidden Stories, sur l’utilisation présumée par les autorités marocaines du logiciel d’espionnage Pegasus. Ainsi, elle assure dans son rapport que «l’outil de surveillance a été utilisé contre des journalistes, des militant·e·s et des personnalités politiques de nationalité française et marocaine». «Les appareils d’Hicham Mansouri, journaliste marocain vivant en exil en France, de Claude Mangin, le compagnon de Naama Asfari, militante sahraouie emprisonnée au Maroc, et de Mahjoub Maliha, défenseur sahraoui des droits humains, ont été infectés par le logiciel Pegasus, en violation des droits de ces personnes au respect de leur vie privée et à la liberté d’expression», écrit le rapport.

Celui-ci rappelle aussi la contestation, par les organisations de défense des droits des personnes transgenres, d’un article du projet de loi 36.21 sur l’état civil, aux termes duquel le genre assigné à un nouveau-né «hermaphrodite» pouvait être modifié ultérieurement, adopté en juillet 2021 par le Parlement. D’ailleurs, le rapport mentionne aussi l’affaire de l’artiste Abdelatif Nhaila, remis en liberté en février, après avoir été traduit en justice pour violation de l’état d’urgence sanitaire et outrage à un fonctionnaire alors qu’il s’est rendu dans un poste de police pour dénoncer les «menaces de mort et de persécutions homophobes» le visant dans le cadre de la campagne de Outing lancée sur les réseaux sociaux depuis avril 2020.

Migrants et Sahara occidental

Amnesty International confirme aussi, plus loin, que «les autorités ont arrêté et détenu arbitrairement des personnes migrantes ou demandeuses d’asile», en renvoyant certaines dans leur pays d’origine et en éloignant d’autres vers des zones du sud du Maroc ou au Sahara. «Les autorités ont mené des opérations dans les hébergements et les campements où se trouvaient des ressortissant·e·s de pays d’Afrique subsaharienne. Dans certains cas, elles ont mis le feu aux biens de ces personnes ou les ont contraintes à quitter leur abri de fortune, selon l’Association marocaine des droits humains», poursuit le rapport. Ce dernier évoque aussi l’exile, en mai dernier, de milliers de Marocains vers Ceuta, notant que «parmi les 8 000 personnes, au moins (…), certaines étaient des réfugié·e·s ou des migrant·e·s venus de pays d’Afrique subsaharienne, du Moyen-Orient ou d’Afrique du Nord».

Le rapport aborde aussi la question du Sahara occidental, accusant les autorités d’avoir «violé cette année encore les droits des Sahraoui·e·s qui militaient en faveur de l’indépendance». Amnesty International évoque, dans ce sens, l’arrestation, en mai dernier, du journaliste sahraoui Essabi Yahdih, directeur de l’organe de presse en ligne Algargarat, accusé d’avoir filmé une caserne militaire à Dakhla. «Cet homme a été condamné le 29 juillet à un an d’emprisonnement assorti d’une amende. À la prison de Dakhla, il s’est vu refuser des soins médicaux pour les problèmes d’audition et de vue dont il souffrait avant son incarcération», poursuit le rapport.

Ce dernier mentionne aussi un cas de «torture» de détenu sahraoui Mohamed Lamine Haddi. «En mars, des surveillants pénitentiaires ont mis un terme à la grève de la faim qu’il observait pour protester contre les mauvais traitements dont il faisait l’objet : ils l’ont nourri de force, ce qui est considéré comme un acte de torture au regard du droit international», rappelle l’ONG internationale.

L’occasion pour celle-ci de relayer les allégations de la militante pro-Polisario Sultana Khaya, qui accuse les autorités marocaines de «mauvais traitements», de «tentative de viol» et de «viol». Enfin, le rapport dénonce le fait que «les organisations de défense des droits humains ne pouvaient toujours pas se rendre au Sahara occidental ni dans les camps du Front Polisario».



...Suite : https://www.yabiladi.com/articles/details/125890/maroc-plusieurs-atteintes-droits-humains.html

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Maroc : Plusieurs atteintes aux droits humains en 2021 recensées par Amnesty International

De l’atteinte au droit au respect de la vie privée, avec l’affaire Pegasus aux arrestations liées à la liberté d’expression et d’association, le rapport d’Amnesty International sur les droits humains au Maroc en 2021, publié cette semaine, réserve même une partie aux violations ayant touché des militants pro-Polisario au Sahara.

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Une manifestation précédente de la Coordination nationale des enseignants contractuels à Rabat. / Hespress
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Amnesty International a publié, mardi, son rapport annuel sur la situation des droits humains, en réservant une partie au Maroc. L’ONG revient ainsi sur les violations des droits ayant le plus marqué l’année 2021, pointant du doigt, entre autres, des atteintes à la liberté d’expression et d’association.

Ainsi, le rapport rappelle que «les autorités ont continué d’utiliser le décret-loi d’urgence sanitaire de 2020 pour restreindre arbitrairement la liberté d’expression et de réunion, notamment celle des journalistes, des militant·e·s et des travailleuses et travailleurs», l’année dernière. «Cette année encore, des défenseur·e·s des droits humains, des journalistes, des utilisateurs et utilisatrices de réseaux sociaux, des universitaires et des militant·e·s ont été réprimés dans l’exercice légitime de leur liberté d’expression», dénonce-t-il.

Amnesty International recense ainsi au moins sept arrestations pour des infractions liées à la liberté d’expression. Elle évoque notamment le cas de l’universitaire et militant des droits humains Maâti Monjib, «sous le coup depuis octobre 2020 d’une mesure arbitraire d’interdiction de quitter le territoire». Le rapport aborde aussi le cas du journaliste Omar Radi, de la militaire Jamila Saadane, condamnée à trois mois d’emprisonnement pour des vidéos sur YouTube accusant les autorités marocaines de «couvrir des réseaux de prostitution et des faits de traite des êtres humains à Marrakech» ou encore de ceux du militant Noureddine Aouaj, condamné en juillet à deux ans d’emprisonnement et de Soulaiman Raissouni.

Enseignants contractuels, Pegasus et droits LGBT

Le rapport d’Amnesty International aborde aussi les arrestations dans les rangs des enseignants contractuels qui manifestent depuis des années pour leur intégration à la fonction publique. Il rappelle ainsi qu’en avril 2021, «la police a arrêté arbitrairement 33 enseignant·e·s qui manifestaient pacifiquement à Rabat», en ajoutant que «les forces de police ont dispersé par la force les manifestant·e·s alors que ceux-ci respectaient les mesures de sécurité liées à la pandémie de Covid-19, comme la distanciation physique».

Dans une partie sur le droit au respect de la vie privée, Amnesty International ne rate pas l’occasion d’évoquer ses révélations, avec Forbidden Stories, sur l’utilisation présumée par les autorités marocaines du logiciel d’espionnage Pegasus. Ainsi, elle assure dans son rapport que «l’outil de surveillance a été utilisé contre des journalistes, des militant·e·s et des personnalités politiques de nationalité française et marocaine». «Les appareils d’Hicham Mansouri, journaliste marocain vivant en exil en France, de Claude Mangin, le compagnon de Naama Asfari, militante sahraouie emprisonnée au Maroc, et de Mahjoub Maliha, défenseur sahraoui des droits humains, ont été infectés par le logiciel Pegasus, en violation des droits de ces personnes au respect de leur vie privée et à la liberté d’expression», écrit le rapport.

Celui-ci rappelle aussi la contestation, par les organisations de défense des droits des personnes transgenres, d’un article du projet de loi 36.21 sur l’état civil, aux termes duquel le genre assigné à un nouveau-né «hermaphrodite» pouvait être modifié ultérieurement, adopté en juillet 2021 par le Parlement. D’ailleurs, le rapport mentionne aussi l’affaire de l’artiste Abdelatif Nhaila, remis en liberté en février, après avoir été traduit en justice pour violation de l’état d’urgence sanitaire et outrage à un fonctionnaire alors qu’il s’est rendu dans un poste de police pour dénoncer les «menaces de mort et de persécutions homophobes» le visant dans le cadre de la campagne de Outing lancée sur les réseaux sociaux depuis avril 2020.

Migrants et Sahara occidental

Amnesty International confirme aussi, plus loin, que «les autorités ont arrêté et détenu arbitrairement des personnes migrantes ou demandeuses d’asile», en renvoyant certaines dans leur pays d’origine et en éloignant d’autres vers des zones du sud du Maroc ou au Sahara. «Les autorités ont mené des opérations dans les hébergements et les campements où se trouvaient des ressortissant·e·s de pays d’Afrique subsaharienne. Dans certains cas, elles ont mis le feu aux biens de ces personnes ou les ont contraintes à quitter leur abri de fortune, selon l’Association marocaine des droits humains», poursuit le rapport. Ce dernier évoque aussi l’exile, en mai dernier, de milliers de Marocains vers Ceuta, notant que «parmi les 8 000 personnes, au moins (…), certaines étaient des réfugié·e·s ou des migrant·e·s venus de pays d’Afrique subsaharienne, du Moyen-Orient ou d’Afrique du Nord».

Le rapport aborde aussi la question du Sahara occidental, accusant les autorités d’avoir «violé cette année encore les droits des Sahraoui·e·s qui militaient en faveur de l’indépendance». Amnesty International évoque, dans ce sens, l’arrestation, en mai dernier, du journaliste sahraoui Essabi Yahdih, directeur de l’organe de presse en ligne Algargarat, accusé d’avoir filmé une caserne militaire à Dakhla. «Cet homme a été condamné le 29 juillet à un an d’emprisonnement assorti d’une amende. À la prison de Dakhla, il s’est vu refuser des soins médicaux pour les problèmes d’audition et de vue dont il souffrait avant son incarcération», poursuit le rapport.

Ce dernier mentionne aussi un cas de «torture» de détenu sahraoui Mohamed Lamine Haddi. «En mars, des surveillants pénitentiaires ont mis un terme à la grève de la faim qu’il observait pour protester contre les mauvais traitements dont il faisait l’objet : ils l’ont nourri de force, ce qui est considéré comme un acte de torture au regard du droit international», rappelle l’ONG internationale.

L’occasion pour celle-ci de relayer les allégations de la militante pro-Polisario Sultana Khaya, qui accuse les autorités marocaines de «mauvais traitements», de «tentative de viol» et de «viol». Enfin, le rapport dénonce le fait que «les organisations de défense des droits humains ne pouvaient toujours pas se rendre au Sahara occidental ni dans les camps du Front Polisario».



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