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vendredi 20 août 2010

Sahara occidental : Christopher Ross demande l’aide du quartet

Par H.A. , Le temps d'Algérie, 20/8/2010
Le quotidien espagnol El Pais croit savoir, dans son édition de vendredi, que 17 mois après avoir pris ses fonctions de représentant personnel du secrétaire général des Nations-unies pour le Sahara occidental, Christopher Ross s´est rendu à l´évidence de l´ampleur de l´impasse dans laquelle se trouve le conflit sahraoui.
Ce constat amer ressort dans le rapport secret qu´il avait adressé en juillet dernier aux membres du Quartet (États-Unis, Russie, Onu et Union européenne) auxquels il a demandé de l´aide pour amener les deux pays en conflit (le Maroc et le Front Polisario) à faire avancer leurs négociations en vue d´une solution politique à ce conflit, vieux maintenant de 35 ans.
M. Ross a, toutefois, rejeté en bonne partie la responsabilité dans cette impasse à l´attitude inflexible observée par le Maroc à la réunion informelle de février dernier à Westchester Country (New York).
Faisant preuve de plus de souplesse, la délégation du Front Polisario à cette réunion avait accepté d´examiner certains aspects du plan d´autonomie marocain pour le Sahara occidental dont Rabat voulait que ce soit l´unique base de travail dans ces négociations.
La souplesse de la délégation du Front Polisario avait été appréciée par le Département d´Etat américain où Ahmed Boukhari, représentant sahraoui à New York, et ses compagnons, avaient été reçus, pour la première fois, par un haut fonctionnaire de l´administration américaine qui les a félicités de leur attitude.
«Ni le SG ni moi ne sommes parvenus à convaincre les deux parties de cesser de camper sur leurs positions», écrit M. Ross dans son rapport en attirant en particulier l´attention des pays du Quartet où il avait tenu à se rendre quelque temps auparavant, sur «la fin de non-recevoir réservée par le Maroc à la proposition du Front Polisario».
Le représentant personnel de M. Ban Ki moon a lancé, en outre, un véritable cri d´alarme sur la situation des droits de l´homme au Sahara où, laisse-t-il entendre, faute d´une solution rapide à l´occupation militaire marocaine, des jeunes sahraouis risquent de basculer dans la criminalité ou le terrorisme.
Le spectre de Melilla
M. Ross a également sollicité l´aide de l´Espagne en tant qu´ancienne puissance coloniale du Sahara occidental. Après la grève de la faim de Aminatou Haider qui a eu un grand retentissement en Espagne et dans le monde en décembre 2009, le gouvernement Zapatero avait montré plus de discrétion dans son soutien au plan d´autonomie marocain ce qui n´a pas été du goût des autorités marocaines.
Certains cercles politiques à Madrid voient dans les récents incidents de Melilla un lien avec la nouvelle attitude du gouvernement sur la question du Sahara occidental.
Soupçonnant son allié espagnol de vouloir retourner à la position traditionnelle qui a été celle de l´Espagne sur son ancienne colonie avant l´arrivée des socialistes au pouvoir en avril 2004, le Maroc a choisi, comme il le fait régulièrement chaque fois que la question sahraouie est mise sur la table à Madrid, d´agiter le spectre de la revendication de sa souveraineté sur des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla et des présides dans les alentours.
H. A.

Maroc : Grâce à des recherches, la replantation de l’arganier est aujourd’hui possible

Propos recueillis par Saïd AFOULOUS, entretien avec Rachida NOUAÏM, spécialiste en agroforesterie, l'Opinion, 19/8/2010

Rachida Nouaïm, Professeur universitaire Chercheur, spécialiste en agroforesterie, avait travaillé et travaille toujours depuis 1988 sur l’arganier dans le cadre de ses études à l’Université d’Agadir. Elle avait obtenu un doctorat d’Etat autour du même sujet en 1994 et est auteur de l’ouvrage « L’Arganier au Maroc entre mythe et réalité, une civilisation née d’un arbre » (L’Harmattan, 2005). Ses recherches avec Rémi Chaussod, directeur de recherche à l’INRA France, expert agronome, se sont orientées vers la plantation de l’arganier. Des recherches qui ont donné des fruits.  
Alors que dans le passé l’arganier replanté ne survivait pas, échecs constatés jusqu’en 1998 !, les recherches conduites ont permis de dévoiler les causes réelles des échecs qui ne sont pas dues à l’arbre et aujourd’hui plusieurs vergers sont nés grâce aux résultats des recherches. Aujourd’hui on se réjouit : les arganiers plantés à Massa, Doukkala, Sahel et Benslimane ont déjà fleuri et ont donné des fruits ! Plusieurs exemple frappants, de quoi convaincre les plus sceptiques. C’est dire que la porte de l’avenir de l’arganier est ouverte dans le cadre d’un véritable développement durable.
Dans l’entretien suivant Rachida Nouaïm nous livre les résultats des recherches menées depuis 1988 à aujourd’hui pour replanter l’arganier.
- Au début de vos recherches sur l’arganier, quel a été le résultat de l’état des lieux des travaux scientifiques sur l’arbre ? Partiez-vous vraiment d’un terrain presque vierge ?
-Quand j’ai commencé en 1988, il n’y avait pratiquement pas de travaux scientifiques, mises à part quelques thèses sur la production des arganeraies et sur l’huile d’argane. En tout cas il n’y avait rien sur l’arbre lui-même. J’ai publié une analyse bibliographique en 1991 sur le sujet, année où j’ai co-organisé avec Rémi Chaussod et à l’aide du ministère des Affaires étrangères français, le premier colloque international sur l’arganier. Nous avons organisé ce colloque à la faculté des sciences d’Agadir, nous avons regroupé de nombreux chercheurs marocains et étrangers susceptibles de s’intéresser à l’arganier. Ce colloque a été le point de départ de nombreuses études. Nous avons co-dirigé ensuite une équipe pluridisciplinaire franco-marocaine sur l’arganier qui a travaillé sur différents aspects, y compris l’effet de l’huile sur la santé de l’homme.
- Vous dites que durant «l’époque de 1990 à 1998 aucune transplantation (reboisement) forestière de l’arganier n’avait réussi». Que doit-on comprendre au juste? Faut-il comprendre que jusqu’à 1998 tout essai de replantation d’arganier était réduit en échec?
-En effet tous les essais de reboisement étaient des échecs. Des dizaines de milliers de plants d’arganier étaient produits dans les pépinières forestières, mais tous finissaient par mourir un ou deux ans après la transplantation sur le terrain. C’est d’ailleurs à cause de ces échecs que les gens avaient fini par penser qu’on ne pouvait pas replanter des arganiers.
- Quelle est la raison de ces échecs ?
-Pour comprendre les problèmes de transplantation, nous nous sommes intéressé d’une part au système racinaire des plantules et d’autre part aux symbioses mycorhiziennes. Nos études ont permis d’expliquer qu’en grande partie ces échecs sont liés à une mauvaise gestion du système racinaire. La croissance des racines de l’arganier est très rapide, 1 à 2 centimètres par jour. Quand une plantule mesure 10 cm, ses racines dépassent un mètre en profondeur. A cette époque les arganiers étaient produits en pépinières forestières à l’aide d’un système de mottes compactes. Au moment de la transplantation les racines de la plantule sont sérieusement amputées. D’ailleurs les pépinières forestières ont dernièrement abandonné la production de plants d’arganier dans des mottes pour adopter des sachets.
L’amélioration de la reprise des plantules peut aussi se faire par une bonne gestion des symbioses racinaires. Au moment de la transplantation, ces champignons peuvent éviter le stress hydrique à la plantule. Le mycélium s’étend beaucoup plus vite que les racines et peut explorer des volumes de sol plus importants et compenser au moins en partie l’effet de l’arrachage des racines. Nous avons trouvé que l’arganier porte des endomycorhizes et nos expérimentations ont révélé que l’arganier est très dépendant de la symbiose mycorhizienne. C’est-à-dire qu’il se développe mal ou pas du tout en absence de ses champignons mycorhiziens. Or, les techniques de production de plants d’arganier en pépinière défavorisaient cette symbiose.
- Vous dites que c’est la première fois qu’on produise au Maroc des plants mycorhisés. Si vous explicitez un peu pour le profane en indiquant de manière aussi simple que possible les progrès réalisés dans le domaine de la replantation en général depuis les années 80?
-Les mycorhizes sont des associations symbiotiques entre les plantes et des champignons du sol. Au moment de la transplantation (passage de la pépinière sur le terrain), le jeune plant subit de nombreux stress (stress hydrique, sensibilité aux maladies...). Un plant mycorhizé en pépinière a plus de chance de se développer après sa transplantation. Dans la nature, la plupart des plantes sont mycorhizées, mais leur croissance dépend plus ou moins de cette symbiose. Nous avons montré que l’arganier est très dépendant de cette symbiose. Dans la nature, il existe aussi de nombreuses espèces de champignons mycorhiziens dans le sol, mais leur efficacité dans la croissance et la protection des plantes est différente. Un plant transplanté peut être mycorhizé de façon naturelle, mais pas forcément par un champignon efficace. Par ailleurs, le champignon choisi pour mycorhizer un plant a d’autant plus de chance d’être efficace et de se maintenir dans le sol parce qu’il est originaire de ce sol.
Nos travaux sur les champignons mycorhiziens des arganeraies nous ont permis de choisir des champignons très efficaces et de mettre au point les techniques de multiplication des ces champignons pour en faire un inoculum utilisable en pépinière. Nous avons également mis au point les techniques d’inoculation (mycorhization) des plants produits en pépinière.
Nous avons ainsi établi les étapes de production de plants d’arganier de haute qualité en pépinière. Nous en avons produit quelques milliers dans une pépinière expérimentale mise en place à cet effet. Il faut signaler que nous avons aussi amélioré les conditions de plantation, utilisation de systèmes d’irrigation en profondeur, protections individuelles des jeunes plants…
Ces techniques utilisées ensemble ont d’ailleurs fait leurs preuves dans nos expérimentations de plantation sur le terrain.
- A lire les résultats de vos travaux on se rend compte qu’on est passé, tout au long des deux dernières décennies d’une préoccupation pour le reboisement d’une arganeraie rétrécie comme une peau de chagrin à une préoccupation de création d’exploitations d’arganiers. Justement vous semblez résumer cette évolution en parlant du « passage de l’arganier arbre forestier à l’arganier arbre oléagineux ». On peut se demander s’il ne s’agit pas d’un glissement du domaine public (la forêt) au domaine communautaire (village) où les habitants auraient un droit plus élargi sur l’arbre et seraient de ce fait même plus motivés à le protéger dans le sens du développement durable ?
-D’abord, n’oublions pas que les arganeraies, bien qu’elles soient un milieu forestier» sont habitées (et l’ont toujours été) et toute action dans ces milieux doit prendre en considération les populations, donc les gens qui y habitent.
Il ne s’agit pas de remplacer des cultures rentables ou d’occuper des terres fertiles par l’arganier, mais de l’utiliser pour «végétaliser» des zones pauvres presque à l’abandon. Ce sont en fait les résultats de nos travaux et une meilleure connaissance des attentes des usagers qui ont fait évoluer notre point de vue. Si au départ on se préoccupait de sauvegarder l’arganier et d’apporter une solution aux échecs de transplantation, la mise au point de la multiplication végétative de l’arganier nous autorise à penser que nous pouvons améliorer les systèmes agroforestiers traditionnels à base d’arganier pour qu’ils répondent à la demande actuelle et pour qu’ils permettent le développement des zones rurales. Nous avons montré qu’il est possible de produire par multiplication végétative des plants d’arganier totalement conformes au pied-mère. Ceci ouvre la possibilité de produire en grand nombre des arganiers sélectionnés.
Nous nous sommes ensuite posé la question relative au type d’arganier qu’il faudrait replanter et nous avons fait le choix de répondre d’abord aux souhaits et besoins des populations. Nous avons travaillé sur la sélection d’arbres « PLUS » jugés intéressants par les populations des arganeraies. Après plusieurs années d’enquêtes sur le terrain, il s’avère que le seul critère connu et reconnu par les usagers des arganeraies est la facilité de cassage des noix.
Et si comme on dit souvent la «meilleure façon de protéger un arbre c’est d’en faire un arbre qui rapporte», nous avons aussi montré qu’on peut non seulement améliorer la production, la plantation des arganiers, mais qu’on peut y associer des plantes à haute valeur ajoutée pour augmenter le revenu «LOCALEMENT»
Quant au glissement du domaine public au domaine communautaire, ce sont les sociologues et les juristes qui peuvent en juger. Nous pensons seulement que pour le développement de la région, il faudrait penser l’espace « arganeraies » autrement. Il faut définir des zones différentes selon leurs conditions pédo-climatiques, mais aussi socio-économiques. Les solutions (ou les cultures) à adopter ne seront pas les mêmes selon qu’on s’adresse à une plaine fertile, à la région d’Aït Baha ou celle d’Argana. On pourrait ainsi définir : des zones de forêts protégées, nécessaires pour conserver la grande variabilité génétique de l’arganier et l’exceptionnelle biodiversité des arganeraies. Des zones intermédiaires où les usagers ont des droits et où l’arganier peut être réhabilité (par des reboisements type forestier). Enfin, des zones favorables (et qui sont déjà cultivées) où le système agroforestier traditionnel peut être amélioré. Cette notion a été, en partie, retenue par les forestiers qui ont un programme de « zonage » pour définir des zones d’action différentes.
- On aurait commis des erreurs contre l’arganier millénaire en plantant, à ses dépens, en l’arrachant, des arbres fruitiers qui exigent gaspillage d’eau. Mais n’y a-t-il pas à craindre pour l’introduction de « plantes accompagnatrices » importées que vous pensez bonnes pour l’exploitation agricole entre les arganiers et qui pourraient éliminer des plantes traditionnelles du terroir, soit un bouleversement qui ressemble à celui produit par les arbres fruitiers?
-Très bonne question. Il ne s’agit absolument pas de remplacer des plantes autochtones par des plantes introduites. Nous avons souvent regretté l’arrachage des arganiers pour mettre en place des cultures intensives, essentiellement parce que les conditions du milieu ne s’y prêtaient pas. La plaine du Souss a un climat aride où les sols sont superficiels et les apports d’eau réduits. La culture intensive telle qu’elle a été pratiquée pendant des décennies ne prenait pas en considération ces données. Elle était favorisée par des températures clémentes et était rentable tant qu’on pouvait pomper l’eau dans la nappe phréatique à des profondeurs raisonnables. Bien sûr qu’elle a largement participé à l’économie de la région, mais ce n’est pas ce qu’on peut appeler une « agriculture durable ». Nous ne sommes pas contre la culture, mais l’agriculture intensive telle qu’elle est pratiquée actuellement n’est pas durable. Nous prônons une agriculture respectueuse de l’environnement. Nous pensons qu’au lieu de bouleverser complètement le système « agroforestier » traditionnel à base d’arganier, il faut l’améliorer pour qu’il réponde aux demandes actuelles.
Notre objectif ce n’est pas d’introduire des plantes nouvelles, mais c’est d’augmenter les revenus d’une parcelle. Nous avons sélectionné pour nos premiers essais de terrain des plantes étrangères pour lesquelles une forte demande internationale existe, mais ceci n’exclut pas des plantes autochtones. Notre choix prend aussi en compte l’acceptabilité sociale d’une plante et peu de plantes à haute valeur ajoutée originaires du Maroc sont actuellement disponibles.
Nous avons par exemple testé les plants de vigne pour produire des raisins secs sans pépins, dans la région de d’Essaouira. Premièrement parce que la culture de la vigne est une tradition dans cette région. Ensuite parce qu’il existe une forte demande pour ce produit aussi bien au Maroc qu’à l’étranger. Enfin parce que le conditionnement d’un tel produit peut générer du travail localement.
Les plantes « associées » ne sont pas destinées aux forêts d’arganier, mais bien aux parcelles cultivées. Nous insistons toujours sur la nécessité de maintenir la diversité génétique de l’arganier, mais aussi de toute la flore autochtone marocaine.
- En ayant un aperçu sur vos travaux on se rend compte donc qu’il y a eu évolution qualitative entre d’une part le souci de reboisement de l’arganier fin des années 80 et d’autre part la plantation d’un arganier qui donnerait plus d’huile et un fruit à coque occasionnant moins de labeur pour les femmes au cours de l’opération de concassage. Mais l’on ne peut s’empêcher de craindre les effets pervers : par exemple la peur de l’uniformisation avec l’installation d’une variante d’arganier qui ne serait pas naturellement viable. Un bien peut renfermer un mal.
- Nous parlons « d’amélioration » et de « domestication » de l’arganier pour améliorer le rendement et donc les revenus des usagers. L’amélioration ou la domestication de l’oranger ou de l’olivier a demandé des centaines, voire des milliers d’années. Ce sont les biotechnologies modernes qui nous permettent de gagner énormément de temps et d’envisager la domestication de l’arganier sur quelques années.
Les arganiers à coque facile à casser existent dans les arganeraies. Ils sont plus ou moins nombreux selon les régions, mais sont importants pour tous les usagers. Il ne s’agit pas d’introduire une variété nouvelle. Ce sont des spécimens qui existent déjà qui sont sélectionnés pour être multipliés en grand nombre. Nous insistons pourtant sur le fait qu’il faut utiliser une large base génétique et non pas un seul clone ou un faible nombre de clones.
- Comment scientifiquement en êtes-vous venue à prouver la possibilité de replantation de l’arganier en dehors de son fief Essaouira-Taroudant-Agadir ? Autrement dit, quelles sont les conditions de replantation qui permettent la viabilité de l’arbre ?
-Ce sont d’abord les connaissances que nous avons acquises sur la biologie de l’arganier, puis les analyses bibliographiques qui nous permettent de savoir qu’il n’y a pas de problème à introduire (ou ré-introduire) l’arganier hors de son aire naturelle actuelle. L’arganier occupait des zones plus larges au Maroc. Il a été planté avec succès dans la région de Rabat dans les années 60. Il en existe une plantation dans la région de Doukkala. Il a été introduit en Tunisie, Espagne et Israël. J’en ai planté à Settat, là où les conditions sont difficiles et il s’est bien installé et produit des fruits chaque année.
Notre pensons en effet que l’arganier peut contribuer au développement de certaines zones «marginales» au Maroc. Il ne s’agit pas de remplacer des cultures «rentables» ou d’occuper des terres fertiles par l’arganier, mais de l’utiliser pour «végétaliser» des zones pauvres. Nous avons effectivement effectué des plantations dans différentes régions. Le taux de réussite de ces plantations est très élevé et les premières fleurs et fruits sont apparus 3 années après la plantation. Ceci prouve qu’on peut introduire l’arganier dans ces zones et qu’il se comporte comme n’importe quel arbre fruitier.
Signalons que c’est grâce à des passionnés de l’arganier et dans le cadre d’initiatives privées, que nous avons effectué ces plantations. C’est le cas pour la région de Ben Slimane (avec M. Erroussafi), la région de Jorf Sfar (avec Mme Moundib) et la région d’Aoulouz (avec M. Ouissafane). Le premier objectif de ces personnes est de faire la démonstration de la viabilité des plantations d’arganier et l’utiliser pour le développement dans ces différentes régions.
-Entre les résultats du diagnostic des possibilités d’une bonne replantation et la réalisation d’un projet de replantation, il s’est passé beaucoup de temps, pourquoi ?
-En principe le travail du chercheur est pris en charge par des structures de développement ou de transfert de technologies. Nos résultats ont été publiés et c’est aux personnes chargées de reboisement de les utiliser. Cela n’a pas été le cas malgré nos différentes démonstrations. Nous avons donc été plus loin que le laboratoire, que la serre, nous nous sommes chargées nous même des plantations. C’est ainsi que dans le cadre d’un projet européen, géré par l’ADS, nous avons réalisé des plantations type « agroforesterie » dans différentes régions. Il faut souhaiter que le résultat de ces plantations serve d’exemple et que d’autres suivront.
-Pourquoi vous n’avez pas été retenus pour la suite du projet ?
-Nous pensions, en effet élargir l’expérience et poursuivre les efforts de production de plants d’arganier par voie végétative lors de la deuxième étape du projet « arganier » géré par l’ADS, mais malheureusement notre projet n’a pas été retenu. Il semblerait que notre projet a été écarté pour des raisons administratives, mais nous n’avons jamais reçu de réponse écrite à ce sujet.
-Que pouvez-vous dire sur votre expérience auprès des habitants de la région d’Argana et ce que vous souhaitez réaliser dans cette contrée ?
-Il s’agit d’une région très pauvre financièrement, mais très riche par la culture et les valeurs de ses habitants. Les habitants nous ont aidés pour les enquêtes de terrain, ils se passionnent pour leurs arganiers (principale ressource) et aspirent à bénéficier des programmes de développement. Je considère personnellement que ces habitants sont très courageux et méritent beaucoup d’intérêt. La zone d’Argana que je connais est pauvre et l’arganier constitue un revenu important pour les usagers. Leurs parcelles de terre sont très réduites et le climat est rude.
Nous aurions voulu introduire dans cette zone une agroforesterie rentable. C’est le système de base chez eux comme dans toutes les zones rurales des arganeraies, mais nous souhaitons augmenter le revenu en augmentant le nombre d’arganiers et en introduisant la culture des plantes à haute valeur ajoutée. Ils ont par exemple l’habitude de ramasser le thym sauvage et nous voulions introduire la culture de thym Tymol. Ce thym produit beaucoup d’huile essentielle qui est très demandée sur le marché international. Nous pensions les aider à organiser la récolte, le conditionnement et la commercialisation de ce thym, ce qui aurait permis de créer des postes de travail sur place.
Les habitants sont aussi très réceptifs et nous pensons qu’il serait possible de les aider à organiser la production et la commercialisation de l’huile d’argane. Nous avons parlé des «coopératives», nous pensons qu’on peut organiser de petites coopératives qui sont installées dans les douars et qui impliquent aussi bien les femmes que les hommes, qui prennent en considération la production d’huile, le devenir des femmes, mais aussi celui des enfants. Bref améliorer sans renier complètement les structures traditionnelles existantes (Conseils du douar) et qui ont fait leurs preuves durant des siècles.
- En réalisant une bibliographie des études et recherches sur l’arganier fin des années 80 début 90, vous vous êtes rendue compte de la relative pauvreté du domaine. Mais depuis le temps vous avez sorti un livre sur l’arganier, peut-être le seul du genre au Maroc publié en France et non disponible vraiment dans le réseau marocain de librairies. Pourquoi il n’a jamais été réédité au Maroc puisque c’est un livre qui concerne le Maroc au premier chef et pourquoi vous n’avez pas publié vos autres travaux, notamment votre thèse de Doctorat, la première effectuée sur l’arganier ?
-Je n’ai pas cherché personnellement un éditeur au Maroc et aucun éditeur ne m’a contactée pour rééditer le livre au Maroc, en revanche on m’a contacté pour une traduction et édition en allemand. Pourtant, c’est vrai, une édition marocaine serait intéressante parce que ça permettrait de baisser le prix pour rendre le livre disponible et abordable pour un plus grand nombre. Quant à la thèse, ce n’est pas une tradition chez les scientifiques d’éditer leur mémoire de thèse. En revanche, dès que le temps le permettrait, j’en tirerai quelques paragraphes à publier. Ceci dit, j’ai de nombreuses publications dans des journaux scientifiques, y compris grand public comme la revue «Pour la science».
-Vous défendez une thèse qui veut que la sauvegarde de l’arganier n’est possible que si les habitants qui vivent autour sont impliqués et ne peuvent l’être que s’ils gardent une relation directe avec l’arbre en en tirant bénéfice. Vous semblez donner par la même occasion une certaine évaluation de l’expérience des coopératives d’huile d’argane dont la plus-value ne va pas toujours aux habitants et aux femmes qui font le travail le plus pénible du concassage. Peut-on avoir une idée de votre évaluation de cette expérience ?
-Je ne suis pas spécialiste des coopératives, je ne les connais pas toutes, mais celles que j’ai enquêtées ne sont pas toujours satisfaisantes et les femmes se considèrent plus comme des salariées que comme des acteurs actifs.
Le fonctionnement de ces coopératives n’est pas compatible avec le maintien de la cellule familiale. Le fait d’éloigner les femmes de leur foyer n’est pas un point positif. Bien que certains affirment avoir libéré les femmes. Quand on connaît un peu le milieu rural, on sait que le premier problème n’est pas de libérer les femmes, mais c’est bien d’améliorer les conditions économiques de la famille. Cela n’exclut absolument pas de travailler à l’amélioration des conditions de vie des femmes, mais l’amélioration de leur conditions c’est d’abord réduire les nombreux travaux pénibles qu’elles doivent assurer, c’est de leur assurer une aide médicale, un soutien juridique et aussi une prise en considération du devenir de leurs enfants. Il ne doit pas s’agir d’opposer les femmes aux hommes, mais de soutenir la famille pour assurer un développement réel et durable.
Par ailleurs, certaines coopératives semblaient dépendre entièrement de l’aide externe et ne pouvaient pas être viables économiquement. Alors qu’on devait les soutenir au départ, mais leur apprendre les bonnes méthodes de gestion pour qu’elles survivent à l’arrêt des subventions. J’insiste sur le fait que l’augmentation de revenus doit profiter au foyer et donc au douar. L’objectif devrait être d’améliorer les conditions de vie en milieu rural, d’abord pour les habitants de ces douars, mais aussi pour lutter contre l’exode rural qui ne génère, souvent, que misère et désordre. Quand on éloigne la coopérative du douar, on participe à la dégradation de la cellule familiale et on favorise le déplacement des habitants.
Les coopératives sont donc un progrès par rapport à rien, mais elles devraient être adaptées aux conditions rurales et non pas copiées sur des systèmes occidentaux ou sur celles des céréales. Je crois savoir que l’ADS est sensible à ces problèmes et travaille à améliorer les coopératives existantes.
On devrait chercher à lier davantage le volet «coopérative d’huile d’argane» et le volet «optimisation des systèmes agroforestiers à base d’arganier» ; ce n’est pas le cas actuellement et c’est dommage.
La création des coopératives s’est développé très vite, en grande partie parce que l’aide financière étrangère aux coopératives était très importante. La demande d’huile d’argane s’est développée aussi très vite, mais essentiellement grâce aux démarches de personnes privées qui ont commercialisé l’huile d’argane à l’étranger. Donc plus il y a de demande, plus on crée des coopératives, mais à mon avis ces créations n’ont pas pris en considération toutes les conditions de développement durable.
Comme vous l’avez observé, il y a de moins en moins de lien entre la production d’huile et l’arbre. Les coopératives achètent des fruits, le concassage est fait par les femmes de la coopérative et l’extraction est faite par des machines. Des coopératives se sont parfois retrouvées en concurrence pour l’achat des fruits.
Très souvent les femmes se sont considérées comme des salariées de la coopérative et non pas comme des propriétaires de cette dernière qui auraient le souci de pérenniser son existence.
Les sièges des coopératives sont souvent éloignés des habitants et nécessitent le déplacement des femmes sur des distances parfois importantes.
Les conséquences sociales d’un tel déplacement ne sont pas favorables au développement dans le milieu rural. Les femmes, absentes de leur foyer, sont obligées d’abandonner leurs enfants (souvent à la charge de la fille aînée) ce qui, à mes yeux, constitue une régression dans leurs conditions de vie.
On nous répète souvent que les femmes bénéficient de cours d’alphabétisation dans les coopératives. Ceci est important et très bien, mais si les petites filles sont obligées de rester à la maison pour garder les frères et s’occuper des tâches ménagères, nous n’avons pas beaucoup avancé.
On nous répète aussi que les coopératives donnent un revenu aux femmes. C’est à mon avis très bien, mais loin d’être suffisant. Entre la situation d’une femme qui gagne 30 DH par kilo d’amandons produits à la coopérative et celle qui gagne 25 DH pour le kilo fait chez elle, en fonction de ses disponibilités, qu’un marchand vient chercher, je préfère la deuxième situation qui est plus compatible avec la vie familiale.
Il ne faut donc pas comparer la coopérative à rien, mais améliorer ce système pour qu’il réponde mieux aux attentes des usagers. Nous avons pu vérifier que dans certaines conditions, une organisation privée favorise plus le développement dans le douar que la coopérative.
Encore une fois, il n’y a pas de recette miracle : les solutions doivent être adaptées aux conditions du milieu et aux attentes des usagers.
-Quelle suite comptez-vous donner à votre aventure au service de l’arganier ?
-Nous espérons poursuivre les plantations, d’une part pour faire de l’arganier un arbre « agroforestier » de premier ordre, ensuite pour utiliser l’arganier pour réhabiliter certaines zones dégradées au Maroc.
Nous travaillons pour une agroforesterie moderne qui permet d’améliorer le niveau de vie des habitants, en milieu rural. Il faut aussi associer l’arganier à des plantes de haute valeur ajoutée pour augmenter le revenu des parcelles et créer de vrais emplois. Ce n’est qu’un aspect du développement, mais il est primordial pour maintenir les populations en milieu rural. 
N.R. mai 2010

Khadija et sa petite Lina ne doivent pas être expulsées !

Par Sud-Ouest, 20/8/2010
Khadija a accouché à Villeneuve
Enceinte, la jeune Marocaine était sous le coup d'une d'expulsion en février dernier.
Lina est née à l'hôpital de Villeneuve-sur-Lot. Elle pesait 3,5 kilos. C'était il y a un peu plus d'un mois, le 13 juillet. Un carnet rose en forme d'épilogue heureux pour ses parents, Philippe Ackermann et Khadija. En février, la jeune femme, marocaine, enceinte de quatre mois et demi, s'était vu notifier un arrêté de reconduite à la frontière. Aussitôt saisi, le tribunal ne l'avait pas contesté, allant jusqu'à considérer que la future mère « ne peut arguer et disposer d'une vie privée et familiale stable et intense ».
Titre de séjour en suspens
Le couple s'était rencontré dans un bus au retour du Maroc. Elle s'en allait étudier en Belgique, lui achevait ses vacances. Khadija s'était résignée à l'idée de se « cacher » (« Sud Ouest » du 8 mars), elle dont le nom était inscrit aux côtés de celui de son compagnon sur la boîte aux lettres de leur maison de Monsempron-Libos. Soutenue par La ligue des droits de l'homme et Réseau éducation sans frontières, à travers notamment une pétition lancée à l'occasion de la Journée de la femme, Khadija n'avait pas eu à se faire discrète. « La préfecture s'y était engagée… J'ai pu faire les courses sans avoir peur d'être arrêtée », dit-elle. « Tout est bien qui finit bien. » Elle et Philippe ont déménagé à Saint-Vite.
Si la petite Lina est bel et bien française, reste malgré tout à obtenir un titre de séjour pour sa mère. Khadija est en train de constituer son dossier.

jeudi 19 août 2010

Environnement Maroc : athmosphère, les seuils d'émission de polluants fixés

Par Mustapha Bentak, Le Matin 19/8/2010)
C'est enfin chose faite. Après sept ans de la promulgation de la loi 13.03 sur la lutte contre la pollution de l'air, le décret du Premier ministre fixant les valeurs limites de dégagement, d'émission ou de rejet de polluants dans l'air émanant de sources de pollution fixes et les modalités de leur contrôle, vient d'être publié dans le dernier BO.
Ce texte représente le vrai soubassement de la loi, sa composante la plus importante et surtout la plus précise. Tout en fixant les seuils tolérables d'émission de gaz, le décret fixe les modalités de contrôles des différents types de polluants ainsi que les dispositions transitoires. Composé de 21 articles, ce décret fixe les normes à ne pas transgresser.
Ainsi, pour tout ce qui a trait aux émissions poussiéreuses, la limite est de 50 mg/m3 pour un débit massique supérieur ou égal à 0,5 kg/h.
Pour les polluants cancérigènes, particulièrement décriés, les limites varient entre 0,1 mg/m3 et 5 mg/m3 selon la classe des substances incriminées. Par ailleurs, le décret ne perd pas de vue les seuils d'émission de polluants pour chaque secteur. Dans ce cas, les valeurs limites sont fixées par arrêté conjoint du ministre chargé de l'Environnement et de celui dont relève le secteur d'activité.
Pour le reste des polluants dont les degrés d'émission ne sont pas définis, le recours à des valeurs limites à caractère préventif doit être fait de manière conjointe entre les départements de la Santé, de l'Environnement et du ministère concerné.
Plus encore, les seuils d'émission peuvent être rendus plus restrictifs dans le cas où ils s'avèrent insuffisants pour protéger la santé des citoyens et pour préserver l'environnement de leurs effets négatifs. Ainsi, selon l'article 8 du décret, tout gouverneur d'une province ou préfecture concernées par la pollution atmosphérique peut proposer la fixation de valeurs limites sectorielles plus serrées.
Il peut y avoir recours dans le cas où le cumul des émissions émanant de plusieurs installations avoisinantes engendre des effets jugés excessifs sur la santé et l'environnement ou si les valeurs fixées pour un secteur dans une zone donnée ne permettent pas d'atténuer les effets néfastes. Il y a lieu aussi de préciser que le texte en question se veut évolutif dans la mesure où il doit suivre l'évolution économique et industrielle du pays.
A cet effet, les valeurs limites générales et sectorielles seront révisées tous les 10 ans ou dans un délai moindre si la nécessité s'en fait sentir. Quid du contrôle ? Il est expliqué que les agents définis par la loi 13.03 procèdent à des contrôles périodiques ou inopinés des rejets de polluants dans l'air.
Leurs mesures doivent être établies en respect des méthodes d'analyse et d'échantillonnage conformes à la loi en vigueur sur la normalisation. Ainsi, le taux de conformité aux valeurs limites doit être de 95%, tandis que les 5% restants ne doivent pas dépasser les seuils limites de plus de 10%. Enfin, le rapport de contrôle doit être remis à la partie concernée dans un délai qui ne dépasse pas 10 jours. Pour les sociétés hors-la-loi dont les émissions s'avèrent au-dessus des seuils de tolérance, elles ont un délai de 6 mois pour s'y conformer. Si la partie concernée n'obtempère pas, elle sera passible des sanctions prévues par la loi 13.03. Etant donné que le principe de pollueur-payeur n'a pas trouvé son chemin à l'application, la répression reste souvent sans effet réellement contraignant, estime-t-on. Toutefois, il y a des sociétés qui font des investissements considérables en matière de respect de l'environnement.
Elles sont souvent les plus polluantes qui disposent de département dédié à l'environnement, de moyens de valorisation d'intrants, principalement les combustibles ou encore de mécanismes performants d'autocontrôle. 
Ceci étant, les tendances de dégradation de l'environnement au Maroc pèsent 3,7% du PIB. Les émissions de monoxyde de carbone, de CO2, de l'oxyde d'azote et de poussières sont responsables de maladies et partant d'un coût de plus en plus exorbitant pour la santé publique. Les études épidémiologiques menées par des organismes officiels révèlent qu'il existe un lien de cause à effet entre la pollution de l'air et la santé publique. Elles ont montré que la pollution est responsable de 9% de mortalité et de 42% des maladies des yeux.
A Casablanca et Mohammedia, la pollution atmosphérique dépasse 5 fois les normes admises par l'OMS. Les relevés effectués par le réseau de la qualité de l'air font état d'une concentration très élevée dans l'air de plusieurs polluants nocifs : dioxyde de souffre, oxyde d'azote, monoxyde de carbone, les particules en suspension appelées fumée noire et le plomb. Il n'en reste pas moins que l'application de la loi dans le domaine de l'environnement pose un problème d'imbrication politico-économique. C'est pour cette raison que la taxe carbone a soulevé un vrai tollé en France et que le principe de pollueur-payeur a été tué dans l'œuf face aux lobbies forts des industriels. Avoir des lois, c'est bien, les faire respecter est encore mieux.

Maroc : Grève de la faim illimitée depuis 53 jours à la prison de Kenitra au Maroc :

Nous, Stéphane Aït Idir, Rédouane Hammadi, Merzoug Hamel, déclarons être des prisonniers politique dans la prison de Kenitra. Nous avons entamé une grève de la faim illimitée dans le temps depuis le jeudi 27 juin 2010 : 53 jours.
Et ceci pour dénoncer des conditions dramatiques que subissons dans cette prison, à un tel point qu’on nous interdit de nous rendre visite et de nous donner des médicaments ! En effet, nous nous plaignons de maladies infectieuses, et on interdit de voir un médecin. A cela s’ajoute une nourriture que même les animaux ne pourraient pas accepter.
On nous interdit également de participer aux cours donnés à la prison, ainsi qu’aux formations professionnelles. Enfin nous dénonçons des fouilles abusives contre nos personnes. Les gardiens vont jusqu’à retirer régulièrement nos couvertures ainsi que nos vêtements et nos produits de première hygiène, pour nous pousser à bout psychologiquement et pour avoir des raisons de nous envoyer au cachot.
Pour toutes ces raisons, nous faisons une grève de la faim illimitée, dans le but d’obtenir :
- Tous les droits des prisonniers politiques.
- Changer notre statut actuel et obtenir le statut de prisonnier politique.

إضراب على الطعام منذ 27 يونيو 2010
معتقلون سياسيون في سجن القنيطرة بالمغرب
نحن المعتقلون السياسيون في سجن القنيطرة (بالمغرب) الآتية أسماءهم: هامل مرزوق (Merzoug Hamel)، ستيفان أيت إدير (Stéphane Aït Idir)، ورضوان حمادي (Rédouane Hammadi).
نعلن أننا نقوم بإضراب على الطعام غير محدود منذ 27 يونيو 2010 (53 يوم)
وهذا من أجل أوضاعنا المأسوية الذي نعيشها في هذا السجن والتي وصلت إلى درجة من التعامل اللاإنساني من حرمان من الزيارة والدواء.
فنحن نعاني من أمراض مستعصية ونمنع من الطبيب ونحرم من التغذية، وذلك بإلزامنا بوجبات لا تصلح أن تكون أكلا للحيوانات. وكذلك الحرمان من التمدرس والتكوين المهني وكذلك عملية التفتيش المستمرة والتي لا تراعي آدمية النزلاء. والحرمان الكلي من الأفرشة والألبسة ومواد النظافة.
لهذا قررنا القيام بإضراب غير محدود ونطالب :
- بأنا تعطانا الحقوق الكاملة للمسجونين السياسيين
- وأن ننقل إلى وضعية السجين السياسي. فنحن لمدة 15 سنة مع سجناء الحق العام.
Autres articles parus sur Stéphane Aït Iddir (franco marocain) et Redouane Hammadi, en prison depuis septembre 1994 :
-  6/4/2009 : pleins feux sur Stéphane Aït Iddir et Redouane Hammadi
-  23/11/9009 : grève illimitée de la faim 
 

France : Eric Besson prend l’air américain, les Roms reprennent l'air roumain

Par ANAËLLE VERZAUX, PASCAL COTELLE, Bakchich, 19/8/2010
79 Roms devraient être expulsés de France jeudi 19 août. Mercredi, Eric Besson, le ministre de l’Immigration, s’est lui, envolé pour New-York. Il y sera toujours mieux qu’en France ou qu’en Roumanie. Quoique…
Eric Besson, le ministre de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale, s’est envolé mercredi matin. Pas pour la Roumanie, non. Destination : New York. Il devrait rester aux États-Unis jusqu’au 23 août.
Pendant ce temps là, jeudi 19 août, 79 Roms sans-papiers prendront un vol forcé pour la Roumanie, à la demande du ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux. Et de celle du ministre de l’Immigration.
Mais alors, pourquoi s’échapper en si bon chemin ? « Ce voyage était prévu de longue date. Monsieur Besson est parti pour des raisons professionnelles. D’ailleurs, sa secrétaire est également du voyage », a assuré le ministère de l’Immigration à Bakchich.info.
Bakchich, pourtant, n’a pas vu de secrétaire, mercredi matin, à l’aéroport… Eric Besson était bien accompagné, mais de son garde du corps, qui voyageait avec lui, en première classe.
L’attachée de communication du ministère a ensuite ajouté : « Monsieur Besson doit rencontrer plusieurs ministres américains. Ils vont évoquer tout ce qui touche à l’intégration, à la naturalisation, aux procédures d’intégration ». A la bonne heure !
Les Américains n’ont pas l’air d’apprécier beaucoup la politique d’expulsion du ministre. Pas plus que l’ONU qui a vivement critiqué, fin juillet, les mesures annoncées par Nicolas Sarkozy à Grenoble : expulsion des Roms et déchéance de nationalité pour certains délinquants. Le 5 août, en effet, un édito du prestigieux quotidien le New York Times, intitulé « Xénophobie : la chasse aux non-Français », accusait le gouvernement français de mener une politique xénophobe à des fins électoralistes.
Une critique à laquelle Eric Besson a répondu, le 17 août, sur RTL : « Cela prouve que même un grand quotidien de référence
peut au milieu de l’été raconter et écrire des bêtises ».
Les ministres américains souhaiteront sans doute la bienvenue à Eric Besson. Et pourront toujours lui livrer quelques conseils en matière de construction de murs. Mais Besson risque d’être moins bien accueilli par ces drôles de journalistes qui écrivent tellement de bêtises.

mercredi 18 août 2010

Maroc : Les orphelins et les enfants de familles démunies à Jerada ont besoin de vous.

Par l'association Tafaoul, 13/8/2010
L'association Tafaoul pour l'environnement et le développement Jerada vous sollicite et fait appel à votre générosité afin de mener à bien notre projet pour la rentrée scolaire 2010/2011 :

Fournir à un maximum d'enfants défavorisés un kit cartable d'une valeur de 7.5 € chacun ( il comprend un cartable, des cahiers, une trousse, des stylos, des crayons de couleurs, une ardoise et des craies).
Des enfants ne s'inscrivent pas à l'école parce qu'ils n'ont pas les moyens de s'acheter les fournitures scolaire et les filles sont les premières visées malheureusement !
L'accès à l'éducation POUR TOUS est primordial.
Nous nous sommes fixé comme objectif : atteindre la sommes de 4500 € afin de pouvoir aider 600 enfants
N'hésitez pas à envoyer vos dons dés maintenant pour la prochaine rentrée scolaire
Votre soutien aussi minime soit-il leur sera d'un grand secours !
Vous pouvez faire des dons :
- par chèque à l'ordre de ASSOCIATION TAFAOUL POUR L' ENVIRONNEMENT ET LE DEVELOPPEMENT JERADA , à nous l'envoyer au siège au :
ASSOCIATION TAFAOUL POUR L' ENVIRONNEMENT ET LE DEVELOPPEMENT JERADA
CITE HABITAT N 217
CP 64550
JERADA
MAROC
ou bien
- par virement sur le compte de l'association ASSOCIATION TAFAOUL POUR L' ENVIRONNEMENT ET LE DEVELOPPEMENT JERADA dont voici les coordonnées bancaire :
COMPTE BANCAIRE :
DOMICILIATION : BMCE- BANK
AGENCE : BMCE JERADA
RUE PRINCIPALE BOITE POSTALE N ° 3
JERADA 64550
MAROC
SWIFT : BMCEMAMC
011 582 0000 01 200 00 07902 20
Location: JERADA
email de l'association:
associationtafaouljerada@gmail.com
www.associationtafaoul2010.on.ma

France-Hautes Alpes : Une maman et sa fillette menacées d'expulsion

APPEL POUR LA DEMANDE DE RÉGULARISATION
Un TITRE DE SEJOUR pour Mme MABOY et sa fillette Ketschia 5ans
Monsieur le Préfet,
Citoyens des Hautes Alpes, nous nous adressons à vous parce que nous sommes inquiets du sort réservé à madame Maboy et à sa fille Ketshia après le refus par vos services d’un permis de séjour et l’ordre de quitter la France pour retourner au Congo.
Madame Maboy a fui la République Démocratique du Congo pour échapper aux persécutions qui ont provoqué la mort de son père et la disparition de son mari et de son fils âgé de dix ans.
Elle vit à Gap depuis plus de deux ans avec sa fillette de cinq ans, toutes deux parlent parfaitement le français, elles ont tissé des liens déjà solides et démontré leur capacité à s’intégrer, la mère dans les associations où elle a travaillé, la fillette à l’école où elle est scolarisée et appréciée comme une bonne élève. Madame Maboy a reçu la promesse d’une embauche en CDI à temps complet sous réserve de régularisation de sa situation administrative.
Si madame Maboy se soumettait à votre décision et retournait à Kinshasa -dont vous n’ignorez pas le climat de désordre et de violence-, elle courrait un très grand risque de subir avec sa fille le même sort que son père, son mari et son fils.
Nous ne voulons pas partager la responsabilité de l’expulsion d’une femme et d’une enfant vers un pays où elles risquent leur vie de façon aussi évidente.
Aussi nous vous demandons de donner une suite finalement favorable à la demande de régularisation présentée par madame Maboy, en vertu des principes de fraternité et d’humanité qui sont les nôtres, valeurs fortes de notre tradition républicaine, héritage de la Résistance et de la longue tradition du Refuge dans lequel nos vallées haut-alpines se sont toujours singulièrement inscrites au long des vicissitudes de l’histoire française, européenne et désormais mondiale.
D’avance, monsieur le Préfet, nous vous en remercions.
Signer la pétition / De petitie ondertekenen.
Liste des signataires de la pétition (114 le 18/8/2010)
URL Courte : http://7907.lapetition.be/

La politique intérieure de Paris vue depuis Casablanca

Il n’est pas forcément inutile de connaître, parfois, ce que pensent, à l’extérieur de l’Hexagone, les amis traditonnels de la France, de la manière dont se comporte le gouvernement de ce pays dans le domaine des questions de sécurité.
Voici ce qu’écrit à ce sujet l’éditorialiste de "L’Economiste" , un des quotidiens, de lanque française, le plus important, miroir de l’économie marocaine à laquelle participent des groupes industriels et financiers français..
Bertrand C. Bellaigue, Agoravox
Versatilités
La politique de Paris
Par Nadia Salah, L'économiste, 18/8/2010
Qui aurait pu croire que cela fût possible ? En quelques semaines, voilà la France livrée, sans décence, aux pires de ses démons… au point qu’une commission de l’ONU s’inquiète de la montée du racisme et de la discrimination.
Personne n’est naïf au point de croire que le pays des droits de l’Homme était exempt de racisme. Chacun avait bien vu monter le péril, depuis longtemps ; depuis que voyous et victimes étaient amalgamés, dans la même exclusion dénommée « quartier », « squat »… Ce n’est pas du jour au lendemain qu’apparaissent les zones de non droit, livrées aux petits caïds. 
Le recul de la Justice puis celui de la police françaises, dans des zones de plus en plus étendues, auprès de populations de plus en plus nombreuses, doivent au passage servir de leçon : ne jamais laisser s’inverser les valeurs, sous quelque prétexte que ce soit. Une leçon pour tous… mais une leçon que Paris n’a pas envie de lire dans ses propres turpitudes. Au contraire, c’est la fuite en avant, la gesticulation médiatisée qui est préférée.
Le gouvernement français, et sans doute la société française, sont devenus les prisonniers du diktat de l’instant, otages consentant du hasard des faits divers. Des versatilités que Paris tient pour des politiques.
La perte de compétitivité industrielle, la marginalisation des jeunes et la délinquance en périphérie des villes sont bien réelles. Elles sont bien identifiées. Mais les remèdes se perdent dans d’infinies logorrhées. Ils n’aboutissent finalement qu’à des opérations métaphoriques, lesquelles inexorablement s’éloignent du droit. Pire, elles attirent puis génèrent des abus qu’on a du mal à associer avec les idées portées par la France jusqu’ici.
Aucun de ces abus, que ce soit sur les centres d’appels ou sur les expulsions, on le comprend bien, ne sera capable de rétablir un fonctionnement sain et dynamique dans ce pays qui est et restera pour longtemps encore le premier partenaire du Maroc.

mardi 17 août 2010

Espagne-Sahara : Rabat passe à la vitesse supérieure

Par diaspora sahraouie,17/8/2010
Même si c'est un scénario périodique auquel les autorités marocaines nous ont habitués, les évènements des derniers jours sont un signe clair d'escalade. Les espagnols sont unanimes : Derrière les agissements marocains il y a un objectif précis qui n'a rien à voir avec les plaintes officielles du gouvernement marocain et cet objectif est lié à la question du Sahara Occidental. Pour l'opinion publique espagnole, le voyage du ministre de l'intérieur espagnol à Rabat vise à calmer les responsables marocains qui n'occultent pas leur malaise quant à l'évolution du conflit du Sahara.
L'Espagne, en tant que dernière puissance colonisatrice a toujours défendu que la solution du conflit passe par le référendum, une position qui a changé avec l'arrivée de Zapatero au pouvoir, même si la diplomatie espagnole n'a pas encore donné le pas définitif voulu par le Maroc.
Mohamed VI, à l'instar de son père, manipule les conflits pour mettre de l'ordre à l'intérieur de son pays. Même s'il sait que Ceuta et Melilla n'ont jamais été espagnoles, dans le cas du Sahara, il l'occupe par la force et considère que le temps joue en sa faveur et n'a pas l'intention de céder tant qu'il croit au chantage et à la provocation.
Avec l'expulsion d'Aminatou Haidar, les relations hispano-marocaines ont changé. Malgré le communiqué franco-espagnol dans lequel Madrid et Paris reconnaissent que la loi marocaine gère le territoire sahraoui, une déclaration de la Secrétaire d'Organisation du PSOE affirmant que le parti socialiste espagnol n'a pas changé d'opinion sur le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui ne pouvait pas passer inaperçu à Rabat qui fait du dossier sahraoui la cause de son existence. "Le communiqué approuvé avec d'autres pays, ne signifie pas la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental", avait précisé Pajin. Le Maroc a dû encaisser ces déclarations en plus du retour d'Aminatou à sa ville natale.
Une fois passée la tempête Haidar, Mohamed VI n'a pas attendu pour sa vengeance. Déjà, au mois de mai dernier, Abbas El Fassi avait demandé devant le parlement un dialogue sur les enclaves espagnoles. Madrid n'a pas réagi. Rabat passe alors à la vitesse supérieure en faisant recours à des méthodes qui relèvent quasiment du terrorisme : blocage de la frontière avec Melilla, provocation verbale et physique, insultes aux femmes policières, etc. Des provocations que le Maroc n'aurait jamais osé faire avec la France, le pays qui défend depuis le début l'annexion sauvage du Sahara Occidental par le Maroc et le génocide du peuple sahraoui.
L'opinion publique espagnole est unanime : Les agissements du gouvernement marocain visent à serrer l'étau sur l'Espagne pour voir ce qu'il peut obtenir. Une vieille stratégie qui a permis à Hassan II d'avancer dans la direction qui lui convenait le plus. Des fois, c'est la question des eaux territoriales et les accords de pêche, des fois l'immigration ou les relations avec l'Europe, mais à chaque fois il y avait un objectif fondamental pour la monarchie : la stabilité interne pour inculquer du patriotisme dans la population marocaine. Il n'y a rien de plus que rincer un ennemi extérieur et soulever des revendications inatteignables pour faire que les marocaines oublient la corruption du régime, les violations des droits de l'homme, le manque de liberté publiques, la liberté de presse… et ainsi ignorer les tentations des intégristes. Personne n'ignore que tout ce qui touche aux poins sensibles dans les relations hispano-marocaines vient du palais. Chaque geste marocain est un message envoyé.

dimanche 15 août 2010

Roms évacués : la Loire applique la consigne présidentielle

CAMP ILLÉGAL À SAINT-ETIENNE
Par Sélim Batikhy, Le Progrès, 7/8/2010
122 policiers et CRS ont procédé hier matin à Saint-Etienne, à l'évacuation d'un camp illicite. Cette opération intervient une dizaine de jours seulement après les annonces sécuritaires de Nicolas Sarkozy
"Dans les trois mois, je veux qu'au moins la moitié des implantations sauvages de ce type aient disparu du territoire français ». L'injonction formulée vendredi 30 juillet par Nicolas Sarkozy n'est pas tombée dans les oreilles d'un sourd. Hier matin, Pierre Soubelet a été le premier préfet de France a appliquer la consigne présidentielle, ordonnant l'évacuation d'un campement illicite occupé par 135 Roms, rue Florent Evrard, à proximité de la SPA de Saint-Étienne.
L'opération d'évacuation, rendue possible par la délivrance d'une ordonnance d'expulsion prononcée par le tribunal de grande instance de Saint-Étienne, a été menée par 122 policiers. Certains issus de la compagnie républicaine de sécurité, ont été appelés en renfort pour l'occasion.
C'est à 7 h 15 que les policiers ont procédé à l'expulsion des Roms de Roumanie, dont un peu moins de la moitié, sans doute prévenus de l'imminence d'une intervention, avaient quitté les lieux avant l'arrivée des forces de l'ordre. À l'issue de l'évacuation, qui s'est terminée aux alentours de 11 h 30, 44 personnes ont « fait l'objet d'une mesure d'éloignement » indique la préfecture de la Loire. Selon le cadre légal, toute personne européenne ne peut séjourner plus de trois mois dans un pays régi par le principe de libre circulation s'il ne parvient pas à justifier de ressources suffisantes.
Ces personnes sont donc désormais dans « l'obligation de quitter le territoire français dans un délai d'un mois », a indiqué hier après-midi le préfet au cours d'une conférence de presse à laquelle participaient de nombreux médias nationaux. Passé ces délais, ces personnes seront sous le joug d'une reconduite à la frontière. « 10 adultes accompagnés de 8 enfants, indique le préfet, ont accepté un retour volontaire ». Cette mesure, mise en place par l'Office français de l'immigration et de l'intégration, prévoit un « dédommagement » de l'ordre de 300 euros par adulte et 100 euros par enfant en plus du billet d'avion, aux personnes qui n'ont jusqu'ici jamais bénéficié de ce « retour aidé ». Dans l'absolu, rien n'empêche celles-ci de revenir en France.
Le préfet de la Loire a indiqué que cette opération entrait parfaitement dans le cadre légal déjà existant. Une application rigoureuse des textes établis. « Nous sommes typiquement dans l'application des lois, a-t-il expliqué aux journalistes, ne cachant pas pour autant la corrélation de cette opération avec les récentes déclarations du président en matière de durcissement de la politique sécuritaire de l'Etat. « Il est clair que ce que j'ai fait ce matin est dans la ligne de la consigne présidentielle. Il y a des consignes récentes qui visent à demander aux Roms de rentrer chez eux», a affirmé le préfet. Le haut fonctionnaire de l'État a expliqué qu'aucune obligation de quitter le territoire français n'avait été notifiée au cours des dixprécédentes évacuations de squats effectuées depuis janvier à Saint-Etienne. La raison: ne pas donner aux Roms «de signe qui ne soit pas immédiatement coercitif».
« Il n'y a pas d'avenir en France pour les Roms en situation irrégulière », a répété le préfet, indiquant que des opérations de ce type allaient se multiplier durant les prochains mois dans les autres départements. Au cours de cette période, la police et la gendarmerie devraient entreprendre le démantèlement de deux à trois cents camps illégaux, afin, selon les termes employés par le président de la République, de régler « les problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms ».
REPERES
- C'est la 11e évacuation d'un campement de Roms à Saint-Etienne depuis le début de l'année. De source préfectorale, aucune n'avait eu lieu en 2009, contre une seule en 2008.
- Entre la SPA et cimetière, le campement de Montmartre a été peuplé en deux vagues: le 20 mai puis le 18 juin soit au total 135 personnes.
- 10 adultes accompagnés de 8 enfants ont accepté un retour volontaire, selon la préfecture. 3 mères de famille avec de jeunes enfants sont hébergées jusqu'au mercredi 11 août, date de leur retour en Roumanie.
- 122 policiers dont une compagnie républicaine de sécurité sont intervenus  pour évacuer le campement stéphanois.
- Le problème des Roms est un casse-tête à Saint-Etienne depuis plus de cinq ans. Le dernier recensement sur l'agglomération fait état de 218 adultes et 129 enfants.
- Selon la préfecture, il reste encore cinq ou six squats roms constitués de cinq à vingt personnes à Saint-Etienne.
- Lors d'un sondage auprès de nos internautes sur leprogres.fr publié le 3 août, 1808 personnes soit 87% ont estimé qu'il fallait être plus sévère avec les campements illicites.
Réactions
-  Un Rom trentenaire expulsé
« Ya écrit gitan, là? (NDLRen sortant sa carte d’identité).Ils font vraiment comme si on était des insectes, ils nous écrasent.Qu’est-ce qu’ils veulent? On va mourir de froid cet hiver ».
-  Un père de famille rom
« Les Sarko et tout, ils nous disent de partir, mais ce soir, je sais pas où je dors.J’ai trois enfants, ça fait cinq ans que je suis en France. Mais maintenant, il y a Sarko qui dit : tout le monde dégage! »
Une riveraine de la rue Martin-Luther-King
« Il n’y avait pas nécessité d’évacuer le terrain. Personne ne les voyait, ils ne gênaient personne.Je leur apportais des vêtements de la nourriture, mais la situation ne pouvait plus durer quand même ».
_  Georges Günther, membre du Réseau de Solidarité avec les Roms
« Je suis indigné, on foule les Droits de l’homme.C’est contraire aux principes d’accueil et de solidarité. Les rapatriements coûtent de l’argent pour rien.Les Roms partent et reviennent directement avec l’Union européenne. Cet argent devrait être utilisé pour les reloger. On ne compte que 400 Roms sur l’agglomération stéphanoise, ce n’est pas beaucoup. Mais ils sont sous pression, le préfet veut être bon élève.Il a dû réaliser au moins la moitié des expulsions qu’il doit faire dans l’année. C’est vrai qu’ils vivaient dans une situation déplorable avec seulement cinq WC chimiques et deux points d’eau pour 130 personnes.Mais maintenant, c’est encore pire.On va aller vers des drames ».