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samedi 28 août 2010

Fatal baisemain

 Par Leïla Slimani, Jeune Afrique, 27/8/2010
Le roi Hassan II, le 4 mars 1997 à Rabat.

 Abdellah Taïa, 37 ans, publie son quatrième roman, Le Jour du Roi. Bonnes feuilles.
En 1987, entre Rabat et Salé, deux enfants attendent le passage du roi, Hassan II. Khalid et Omar fréquentent le même collège. Mais Khalid est riche et vit dans une maison « qui ressemble à un palais », alors qu’Omar habite la modeste ville de Salé. C’est Khalid, le fils de notable, qui est choisi pour baiser la main du roi, dont le convoi doit passer dans la région.
Avec son style incisif et épuré, Abdellah Taïa retrouve ici des thèmes qui lui sont chers. L’enfance, d’abord, et son lot d’amitiés masculines que les inégalités sociales mettent en péril. Avec sensibilité, il raconte le Maroc de cette époque, un pays paralysé par les tabous, déchiré par les injustices sociales et profondément mystique. C’est sans doute l’aspect le plus réussi du roman. Avec beaucoup de finesse, Taïa explore la fascination des Marocains pour le magique. Le père d’Omar, persuadé que sa femme a jeté un sort à son fils, l’emmène chez un puissant sorcier censé le désenvoûter. Omar, habité par des rêves et des visions, dialogue avec ce roi surpuissant, mi-dieu, mi-homme, qui fascine et effraie tout un peuple. Pour le toucher, Omar est prêt à tout. Même au pire… Bonne lecture !

Le Roi vient jusqu’à nous.
Le Roi tend la main vers moi. Pendant quelques instants sa main reste ainsi, suspendue, en attente. Je sais ce que je dois faire. Mais je ne sais pas comment m’y prendre.
Baiser la main de Hassan II : c’est le rêve de presque tous les Marocains. Je suis devant ce rêve qui se réalise.
Mais comment l’embrasser, la baiser, cette main royale, propre, tellement propre ? Comment ? Qui peut me le dire ? […]
Je suis abandonné encore une fois.
La main de Hassan II est toujours en attente. Il faut que je me dépêche. Vite. Vite.
Je baisse la tête. Je fonce.
Je prends la main du Roi dans les miennes. Je suis courbé. Complètement. Parfaitement. Je sens la main de Hassan II. Je la respire. Quelle chance ! Quelle chance !
Je la respire encore plus profondément. Elle est vraiment propre, plus propre que propre. Lavée. Très bien lavée. Avec quel savon ? Lux ? Palmolive ? Dop ? Nivea ? Le Roi utilise-t-il lui aussi ces savons populaires dont je connais bien l’odeur ?
Mon nez est encore dans sa main. Je respire encore et encore. Je renifle. J’entre dans la peau de cette main historique. C’est sûr, elle sent le propre. Le propre propre. Mais aucune odeur ne se dégage d’elle. Absolument aucune. Si ce n’est celle du propre.
Je suis étonné.
Quoi, le Roi ne sent rien d’autre que le propre ? C’est étrange. Vraiment. Il ne se parfume pas ? Cela me semble impossible. Il faut continuer à renifler. Profiter de ce moment unique pour découvrir le parfum secret, l’odeur secrète du Roi et de ses mains.
Rempli de courage, je relève la tête pour embrasser l’épaule du Roi. C’est ce que je vais faire. Oui, oui, je vais le faire, je vais le faire. Mais, d’abord, il faut en finir avec cette main propre. La baiser. La baiser bien comme il faut. Selon le protocole que tous les Marocains connaissent par cœur. Sauf moi.
Que faire ? Mon Dieu, que faire ? Il faut que j’improvise.
Il le faut, il le faut… Je n’ai pas d’autre choix.
Je baise la main de Hassan II. […] La paume de la main du Roi me sidère : ses lignes sont extraordinaires, des lignes comme je n’en ai jamais vu, des lignes longues, infinies. Je veux les lire. Je n’en ai pas le temps. Je mets mes lèvres dans cette paume immense, un monde à elle seule. J’y dépose trois baisers, rapides, sincères, ravis.
Mission accomplie ?
Pas vraiment. Il faut escalader le bras maintenant. Mais est-ce que j’ai bien baisé la main du Roi ? L’ai-je honorée comme il se doit ? Je n’en sais rien. Je me dis qu’il vaut mieux le savoir maintenant, sinon on ne me laissera pas aller plus haut, vers l’épaule en passant par le bras et le coude du Roi. Découvrir enfin l’odeur royale. La respirer. La mémoriser.
Je dois réfléchir. Vite. Vite.
Je réfléchis. Une seconde. Deux secondes.
Je jette un petit regard à droite. Je suis sauvé ? En effet, je le suis. Un des trois serviteurs noirs me montre qu’il faut que je retourne encore une fois la main et la baise sur le dos, trois fois.
Quel bonheur ! Je suis sauvé ! Je suis sauvé ! J’embrasse une dernière fois la main royale avec davantage de ferveur. Et je commence à remonter vers le bras.
Je jette un regard vers le serviteur qui vient de me sauver. Il a l’air catastrophé, il agite très nerveusement la tête. […]
Je cours sur le bras.
Je regarde de nouveau le serviteur noir qui m’a sauvé. Il vient vers moi. Il est hors de lui. Les deux autres aussi. Ils veulent sans doute m’empêcher de commettre une autre erreur, un autre crime. Ils veulent me jeter en prison.
Je cours plus vite qu’eux. Je suis arrivé.
À l’épaule de Hassan II.
Je l’embrasse trois fois très rapidement. Et je respire.
Ravi, je respire… Je respire…
Malheureusement, les serviteurs sont déjà sur moi.
Ils m’attrapent par le bras et m’éloignent violemment du corps du Roi. […]
Hassan II dit : «Laissez-le, laissez-le terminer…»
Je suis dans le bonheur, encore une fois. Plus que les autres fois.
On me relâche.
Je me jette littéralement sur le bras de Hassan II. Je l’escalade de nouveau. Je rejoins très vite l’épaule. Puis le cou. Et, dans ce creux, ce lieu si éloigné de moi, si inaccessible, sur la peau brune, je découvre enfin le parfum de mon roi.
C’est un parfum au vétiver. Un vétiver reconnaissable mais un vétiver à part, spécial. Sur mesure ?
C’est vert. C’est frais. Une forêt au printemps. C’est le cou du Roi. Je respire. J’inhale. J’enregistre. Et j’embrasse. Pas longtemps.
Le Roi dit : «Que Dieu te bénisse !»
J’ai réussi. Je veux chanter. Je veux danser. Je crie. Je saute. Je vole.
Je ferme les yeux. Je les ouvre. [...] Le Roi dit : «Je suis content… Deuxième et dernière question. Ta dernière chance.»
Je ne comprends pas. [...]
Le Roi dit : «En quelle année ai-je accédé au trône ?» Facile. Trop facile.
Je fixe le soleil. Je suis ébloui. Je le regarde longtemps. Je réponds, sûr de moi, fier de moi, ma vie a un sens, je suis béni : «Le 3 mars 1956, mon Roi.»
Hassan II éclate de rire. Pas les vieilles femmes, ni les serviteurs. Il rit la bouche grande ouverte, de tout son cœur. Il rit longtemps. Longtemps. Son rire finit par devenir contagieux. Je suis le premier à l’attraper, ce rire, cette fin, ce recommencement, cet exil.
Je ris. Moi aussi. Maintenant. Je réalise soudain mon erreur.
1956: c’est l’année de l’indépendance du Maroc. Hassan II est devenu roi cinq ans plus tard. Le 3 mars 1961.
Quelle erreur ! Quel malheur !
Mais je continue de rire, malgré moi. [...] Je ne sais rien faire d’autre que cela : rire. Rire de moi.
Nous sommes deux à rire à présent. Le Roi et moi.
Soudain, je le savais, je m’y attendais, le sol s’ouvre sous mes pieds. Le Roi rit plus fort. La salle, toute la salle, l’imite alors.
Je tombe… Je tombe… Je tombe dans l’abîme. Je quitte la terre. Je rejoins les ténèbres pour toujours. Avant le monde. Le noir pour toujours. Je suis aveugle. Une voix m’accompagne dans cette chute interminable, cette mort seul. Vers l’enfer éternel.
«Bye-bye… Tu n’es plus marocain… Tu n’es plus marocain… Bye-bye… Tu n’as plus de père… Bye-bye… Tu n’as plus de père… Bye-bye… Tu n’as plus de Roi…» [...]
Je continue pourtant de rire. Comme Hassan II. Exactement comme Hassan II.

© Seuil, 2010

Les prisonniers français en mauvaise santé


Par le blog Mutuelle-assur.com,  25/8/2010
Il est de plus en plus fréquent d’entendre parler de suicide dans les prisons françaises.La santé mentale des prisonniers français est au plus bas.Leur santé physique est malheureusement au même niveau.
L'association Ban Public a recensé pas moins de 73 suicides et morts suspectes dans les prisons françaises depuis le 1er janvier 2010 : un chiffre alarmant.
Premier point noir, la surpopulation des prisons.
Le nombre de personnes suivies par l'administration pénitentiaire a augmenté de 26,5 % en cinq ans.
Les structures d’accueil n’ont pourtant pas évolué et la France affiche une densité carcérale de 131%.
Cette surpopulation est à l’origine d’une mauvaise prise en charge et d’un accès aux soins insuffisant.
Autre point négatif, les prisons françaises vieillissent tout comme les prisonniers.
Les personnes en fin de vie ou en situation de dépendance ne peuvent pas recevoir les mêmes soins qu’à l’hôpital public.
Enfin la prise en charge de la santé mentale des prisonniers est complètement inadaptée que ce soit pendant leur détention ou au moment de leur réinsertion dans la vie professionnelle.
Seul un prisonnier sur trois travaille ce qui met en péril leur capacité à s’intégrer dans la société une fois remis en liberté.
Les difficultés rencontrées par les centres pénitenciers inquiètent les autorités qui, par l’intermédiaire de la Cour des Comptes, a établi une liste de 28 recommandations pour une meilleure prise en charge des prisonniers dans leur quotidien et au niveau de leur santé.

Casablanca : Le combat des sans-droit continue

Par Ali Fkir, 26/8/2010
Le "comité de suivi du dossier de logement à Casablanca" (composé essentiellement des représentant-es des quartiers populaires de Casablanca et de quelques militant-es de l'AMDH, section de Casablanca) a tenu le 25/08/2010 une réunion au sein du siège d'ANNAHJ ADDIMOCRATI (la VOIE DEMOCRATIQUE).
 Ordre du jour débattu:
- évaluation du sit in du 12/08/2010
- préparation du sit in du samedi 28/08/2010 devant la wilaya du grand Casablanca
Rappelons que les sans-droit à un logement de dignité et les militant-es de l'AMDH (section de Casablanca)...n'ont pas connu de vacances, et leur juste combat n'a pas connu de répit.
Les victimes des violations et les combattants des droits humains          n'abandonnent pas le terrain.
LA SOLIDARITE NOUS INTERPELLE

Suite de l'affaire de la domestique Fatima. Le verdict est pour bientôt

Par Abderrahim Bourkia, Le Matin, 27/8/2010
Le procès de la jeune domestique Fatima touche à sa fin. Si l'on en croit les propos du Président de la Cour lors de la séance du mercredi 25 août, vers 13h10, à la salle 8 du Tribunal de Première Instance de Aïn Sebaâ.
"Le dossier est fin prêt", a-t-il affirmé, devant les avocats de la défense, des parties civiles, l'accusée, la victime et son père. La petite Fatima et son bourreau étaient côte à côte. Toutes les deux se sont lancées dans une série d'accolades mélangées de pleurs et de cris. Le Président de la Cour a appelé au calme. Il a d'abord donné la parole à l'accusée, après lui avoir rappelé les charges portées contre elle. "Vous êtes poursuivie pour coups et blessures contre une mineure âgée de moins de quinze ans", a-t-il précisé.
Le Président de la Cour lui a rappelé également que son acte était passible d'une peine de réclusion. Elle s'est exprimée les larmes aux yeux, à voix basse. "Je ne l'ai frappée qu'une seule fois", a-t-elle souligné.
L'inculpée a encore précisé n'avoir frappé que légèrement Fatima. Le juge a sorti les photos de la victime qui mettent en évidence la gravité de ses actes… et prouvent que ces coups et blessures ont bien été causés par des agressions quotidiennes et systématiques.
" Devant la police judiciaire durant les investigations et les enquêtes préliminaires, vous avez reconnu avoir frappé plusieurs fois la petite Fatima. Ces aveux constituent des éléments de preuves irréfutables", a précisé le Président de la Cour.
L'inculpée a baissé la tête, l'air tétanisé. Elle a reconnu avoir martyrisé sa domestique "pour la punir lorsqu'elle ne faisait pas bien ses tâches ménagères", en ajoutant qu'elle ne l'avait "frappée (que) légèrement".
Selon le rapport médical, la victime souffre de lésions traumatiques étendues sur tout le corps (y compris sur ses parties intimes), d'ecchymoses et d'abrasions cutanées, a précisé le Président de la Cour. Il a même examiné le corps de la jeune fille qui portait encore les séquelles des coups. "Vous avez vu votre fille, dans quel état elle se trouve ? Et pourtant vous avez retiré votre plainte. Pourquoi?" Telle est la question du juge, cette fois, adressée au père de la victime. Ce dernier a affirmé qu'il n'avait pas vu ses blessures et qu'il avait été contacté par la famille de l'accusée un jour après la disparition de sa fille. Il a aussi infirmé que cette famille loue les services de Fatima contre la modique somme de 500DH par mois. Le juge lui a rappelé que cela contredit ses aveux devant la police judiciaire. Les déclarations flottantes du père de la victime en laissent perplexe plus d'un. Le procureur a entamé son réquisitoire en s'interrogeant : Est ce qu'il s'agit d'une stratégie pour détourner la justice? Est-ce qu'il a touché une somme d'argent pour retirer sa plainte? Et est-ce qu'il fait l'objet de pressions d'un groupe d'individus? Est-ce juste dû au simple "manque de moyens" ?
En tous cas, le Président de la Cour semble déterminé à rendre son jugement bientôt. Il a pointé du doigt le droit de la garde de ce mauvais père. Pourtant, il a invité les avocats à présenter leurs requêtes supplémentaires. Certains avocats de la société civile, (présent pour la première fois) sont montés au créneau arguments en main. «De nouvelles infractions doivent être ajoutées», a souligné l'un d'eux. Il a évoqué des nouvelles infractions ajoutées au code pénal par la loi 24-03 promulguée en 2003 : concernant la vente et l'achat d'enfants, et le travail forcé (voir encadré). Un autre avocat a affirmé qu'il s'agit d'un manquement aux droits de la garde de sa petite fille.
A noter que le législateur marocain donne au tribunal la prérogative de confier la garde des enfants à celui qu'il estime être le plus apte à l'assumer parmi les proches. Sinon elle peut être confiée à un établissement habilité.
Nouvelles infractions
La loi a rajouté au Code pénal l'article 467-1 punissant toute personne qui vend ou achète un enfant de moins de dix-huit ans de deux à dix ans d'emprisonnement et d'une amende de cinq mille à deux millions de dirhams.
On entend par vente d'enfant «tout acte ou toute transaction faisant intervenir le transfert d'un enfant de toute personne ou de tout groupe de personne à une autre personne ou à un autre groupe de personne contre rémunération ou tout autre avantage». Quant au travail forcé des enfants : L'article du CP (467-2) sanctionne le fait d'exploiter un enfant de moins de quinze ans pour l'exercice d'un travail forcé, défini comme «tout acte tendant à forcer un enfant à exercer un travail interdit par la loi ou à commettre un acte préjudiciable à sa santé, à sa sûreté ou à ses mœurs ou à sa formation».Ce délit est puni d'un an à trois ans de prison et d'une amende de cinq mille à vingt mille dirhams.
La même peine frappe les personnes qui font office d'intermédiaire ou provoquent cette exploitation.
La tentative de ce délit est punissable comme le délit consommé (article 467-3). L'exploitation pour un travail forcé n'est punie que si l'enfant a moins de quinze ans.
L'âge a, sans doute, été fixé pour être en harmonie avec le nouveau Code du travail, qui autorise le travail des enfants à partir de quinze ans.
Repères
Société civile
Médiatiser l'affaire est une bonne chose. Six associations ont été présentes lors de cette séance qui a duré plus d'une heure et demie. On a noté la présence du Forum des alternatives sud (Maroc), Solidarité féminine, AMDH, OMDH, et Bayti.
Recomandations
«L'éradication du travail des petites bonnes» telle est la demande de l'Association INSAF qui profite de cette nouvelle affaire pour rappeler ses attentes auprès du Gouvernement marocain pour instaurer un cadre juridique qui pénalise et sanctionne sévèrement le travail domestique des petites filles et qui les protège contre cette pratique.
«Stop violence against children»
C'est la recommandation lancée par l'Unicef et qui encourage les gouvernements et les sociétés civiles à s'engager fermement à lutter contre ce phénomène qui ne reconnaît ni frontières ethniques, ni religieuses ni territoriales.
Relire "Violence contre les enfants..."22/8/2010

Migrants, le « peuple malvenu »

Fermeture et démantèlement en 2002 (par M. Nicolas Sarkozy) du centre d’hébergement et d’accueil d’urgence humanitaire à Sangatte ; démantèlement en 2009 (par M. Nicolas Sarkozy) de la « jungle » de Calais ; lancement en 2002 de la politique anti-Roms (par M. Nicolas Sarkozy) avec piqûre de rappel en 2010 (effectuée par M. Nicolas Sarkozy). Revues de presse désespérantes, annonçant toutes les semaines les naufrages des bateaux des clandestins, leurs conditions de vie misérables, la peur... Autant d’événements qu’il est nécessaire de connaître et faire connaître. Mais comment ? (extraits)
Schengen, la frontière la plus dangereuse du monde
Déplacements forcés : l'image et le discours
Compléments documentaires
A lire ou à relire dans « Le Monde diplomatique ». Voir deux projets graphiques sur les migrants, remarquablement parlants sur : 

Tunisie : La toile emprisonnée

Par Nawaat.org, 19/8/2010
Nawaat.org est un blog collectif indépendant animé par des Tunisiens. Il donne la parole à tous ceux qui, par leur engagement citoyen, la prennent, la portent et la diffusent. Nos choix éditoriaux sont entre autres guidés par les préoccupations qui affectent le quotidien de nos compatriotes et de nos semblables. Lancé en 2004, Nawaat.org mue à nouveau en faisant évoluer sa plateforme technique. Conscient que la conquête de la liberté est un combat à mener au quotidien en totale indépendance, le blog de Nawaat est indépendant de toute association, organisation ou gouvernement et ne reçoit aucune subvention publique et n’est financée par aucun parti politique.
La critique bâillonnée
Le 15 juillet dernier, le journaliste Fahem Boukardous a été condamné à quatre années de prison. Il était poursuivi pour « constitution d’une association criminelle susceptible de porter atteinte aux personnes et à leurs biens » et « diffusion d’informations de nature à troubler l’ordre public ».
Photo:  Fahem Boukadous
Le gouvernement tunisien reproche à M. Boukardous d’être le seul journaliste à avoir couvert en 2008 un soulèvement des travailleurs des mines de Redeyef-Gafsa contre les autorités locales et les forces policières. Ses reportages ont été présentés sur la chaîne de télévision El Hiwar, diffusée par Internet.
Sans les reportages de ce journaliste, peu de Tunisiens auraient su ce qui s’est passé dans cette région.
Cette affaire illustre le rapport qu’entretient le gouvernement tunisien avec les journalistes et autres blogueurs qui se servent d’Internet pour diffuser de l’information qui échappe aux autorités.
Les trous noirs de la toile
En voici un autre exemple. Le 28 avril 2010, la toile tunisienne était parsemée de trous noirs. D’innombrables sites, profils ou pages Facebook, blogues et sites de médias nationaux ou étrangers, ainsi que des plateformes de partage de vidéos ou de photos étaient inaccessibles.
La seule réponse à toute requête était « error 404 not found ». Il ne s’agissait pas là d’une quelconque panne technique. C’était tout simplement une censure massive. Car la censure d’Internet est une arme du régime tunisien pour faire taire les opposants et les voix discordantes. Et cela dure depuis des années.
Mais pourquoi cette grande offensive des autorités tunisiennes à cette date précise?
Deux événements auraient poussé les censeurs à exercer leurs talents techniques. D’abord les élections municipales du 9 mai. Comme de coutume en Tunisie, les élections sont une occasion pour les opposants de tous bords de dénoncer les éventuelles fraudes ou l’absence de débat démocratique.
Photo: AFP/Fethi Belaid :Le journaliste et opposant Taoufik Ben Brick, peu après sa sortie de prison
Ensuite, la libération du journaliste et opposant tunisien Taoufik Ben Brick devait avoir lieu dans les jours suivants. Visiblement, on ne voulait pas que cette libération soit médiatisée sur Internet.
Cette opération de censure n’a pas intimidé les animateurs de sites et les blogueurs. Bien au contraire. Une manifestation virtuelle a eu lieu sous le nom de code « Sayeb Salah » (lâche Salah) avec le slogan « free 404 ».
Sur Facebook une page consacrée à cette manifestation a été créée dans la foulée. Elle compte plus de 25 000 fans.
Par la suite, un appel à manifester a été lancé. Les initiateurs invitaient les Tunisiens à des rassemblements le 22 mai devant le siège du ministère des Technologies de la communication à Tunis. Les Tunisiens de l’étranger étaient également sollicités pour se rassembler devant les consulats tunisiens de Paris, de Montréal, de Bruxelles, de Bonn et de Washington.
Deux activistes ont même publié une vidéo dans laquelle ils racontent, à visage découvert, comment ils sont allés déposer au ministère de l’Intérieur la déclaration d’attroupement. Leur périple dans les couloirs de l’Administration a été un vrai parcours labyrinthique.
Même si les rassemblements ont été modestes, ils ont quand même eu lieu. Une façon de briser la peur.
Humour
Les internautes tunisiens ne manquent pas d’humour. Ils ont donné au censeur le nom d’« Ammar les ciseaux » ou « Ammar 404 ». Ce prénom fait référence à l’ancien ministre de l’Intérieur et des Communications, Habib Ammar.
À ce Ammar anonyme, les internautes adressent des suppliques, des insultes ou des réclamations.
tunisieenbref.jpg
Résister et informer
Les dizaines de sites Internet et de pages Facebook tunisiens qui sont censurés sont consacrés essentiellement à la question des violations des droits de l’homme et des libertés en Tunisie. On peut y lire une multitude d’informations sur des grèves, sur la répression policière, sur la torture, ainsi que sur les arrestations de journalistes, de défenseurs des droits de l’homme ou de syndicalistes. Des informations qu’on ne retrouve pas dans les médias nationaux.
Cette large censure ne décourage pas pour autant les internautes et blogueurs tunisiens.
Un pionnier
Zouhair Yahyaoui a été parmi les premiers à utiliser Internet pour dénoncer les violations des droits de l’homme dans son pays.
Sous le pseudonyme Etounsi (le Tunisien), il crée le site d’informations TUNeZINE en juillet 2001. Rapidement le site conquiert les internautes aussi bien en Tunisie qu’à l’étranger.
Traqué par la police, Zouhair Yahyaoui est finalement arrêté le 4 juin 2002 à la sortie d’un café Internet dans la banlieue de la capitale. Maltraité et torturé durant son interrogatoire, il sera finalement condamné à deux ans de prison pour « propagation de fausses nouvelles ».
Il mènera plusieurs grèves de la faim durant sa détention, jusqu’à sa libération conditionnelle en novembre 2003.
Le 13 mars 2005, le cyberdissident meurt d’une crise cardiaque à Tunis à l’âge de 36 ans.
Aller jusqu’au bout
Extrait du blogue Journaliste tunisien 9
Zied El-Heni, 46 ans, est journaliste au quotidien gouvernemental Essahafa. Il est aussi blogueur.
En avril 2010, avec un autre cyberjournaliste, il avait transmis une lettre au ministère de l’Intérieur dans laquelle il demandait l’autorisation de manifester le 3 mai « en faveur de la liberté de la presse et pour l’égalité devant la loi » en Tunisie.
Depuis ce jour, les policiers ne l’ont pas « lâché », selon lui. Il a été victime d’insultes et de menaces anonymes par téléphone.
Excédé par cette situation, le 3 mai, Zied El-Heni, au volant de sa voiture, force la grille du palais présidentiel, où il a été reçu.
« J’ai consigné par écrit tout ce que j’ai enduré depuis le jour où j’ai demandé à manifester en cette journée mondiale de la liberté de la presse [3 mai]. », a raconté le journaliste à l’AFP.
Par ailleurs, il a intenté une action en justice contre l’Agence tunisienne d’Internet (un organisme public), une première depuis la création de l’agence en 1996.
Le blogueur veut obtenir réparation pour le préjudice subi à cause de la censure.
« Pour le gouvernement, la fermeture ou le blocage d’un site web peut être une simple opération technique fondée sur son autorité légitime… mais dans ce cas, c’est un délit », a-t-il expliqué.
Un ex-magistrat blogueur
Photo: AFP/Fethi Belaid - Mokhtar Yahyaoui
Radié en 2001 du corps de la magistrature en raison de son militantisme pour l’indépendance de la justice, le magistrat Mokhtar Yahyaoui écrit quotidiennement sur son blogue, hébergé par Reporters sans frontières.
Selon RSF, le site de Mokhtar Yahyaoui a été piraté à deux reprises et les données en ont été complètement effacées.
L’ex-magistrat affirme que son blogue reçoit pas moins de 2000 visites par jour.
Si nous avons la preuve que la censure de l’État est efficace, notre combat pour la liberté d’expression n’en reste pas moins primordial. Si on le gagne, on pourra peut-être sauver quelque chose. Si on le perd, on aura tout perdu. Ce n’est pas seulement un combat contre le régime, c’est surtout une lutte contre l’obscurantisme. — Mokhtar Yahiaoui
Une bouteille à la mer
En 2008, une lettre anonyme, visiblement rédigée par un cadre de l’entreprise, a dénoncé l’utilisation illégale des moyens matériels de la compagnie nationale Tunisair par la compagnie privée Karthago qui appartient à Belhassen Trabelsi, le frère de l’épouse du président Zine el-Abidine Ben Ali.
La très large diffusion de cette missive sur Internet a permis aux syndicalistes de demander des comptes au PDG de la compagnie. (1)
L’exception américaine
Seul le site de l’ambassade américaine à Tunis est épargné par l’arme de la censure. Pourtant, ce site divulgue régulièrement des informations sur les violations des droits de l’homme.
Les auteurs du livre La régente de Carthage donnent un exemple édifiant, extrait d’un rapport du département d’État des États-Unis publié par le site de l’ambassade :
« En mars 2006, selon l’organisation mondiale contre la torture (OMCT), Bechir Rahali, le chef du commissariat de la Cité Ennour à El Ouardia IV, Tunis, aurait causé la mort de Tarek Ayari en lui assenant un coup sur la tête avec le manche d’une pioche alors qu’il tentait d’échapper à une descente de police. Abandonné sur les lieux sans qu’aucun secours ne lui soit porté, il est ultérieurement décédé des suites de ses blessures. Aucune enquête n’a été ouverte et officiellement aucune plainte n’a été déposée. » (1)
La mécanique de la censure
Le régime tunisien passe pour être un chef de file dans les nouvelles technologies au Maghreb. Il s’est même engagé dans une politique de baisse des coûts d’accès à Internet, mais il est très tatillon sur le contenu de la toile.
Selon un rapport de Reporters sans frontières, l’Agence tunisienne d’Internet (ATI), un organisme public, impose un filtrage sévère du web à l’aide de plusieurs logiciels.
Ces logiciels permettent d’intercepter et même de détruire les courriels. La loi relative au Code de la poste rend possible cette pratique dans les cas où les courriels constituent « un trouble à l’ordre public ».
De plus, les fournisseurs d’accès agissent sous la loupe du régime : un arrêté ministériel les oblige à communiquer la liste de leurs abonnés.
Dans les cafés Internet, les gérants sont responsables des sites visités par les internautes. Ils ont l’obligation de contrôler le contenu du courrier électronique de leurs clients. Généralement, les internautes qui fréquentent ces cafés doivent présenter une pièce d’identité au gérant.
Depuis 2009, l’ATI a imposé aux gérants des cafés Internet le programme Publisoft qui permet de savoir ce que les internautes visitent comme sites. Le procédé est le suivant :
Pour naviguer sur le web, les internautes doivent inscrire leurs informations personnelles sur une application. En retour, ils reçoivent un nom d’utilisateur et un mot de passe qu’ils garderont en permanence et qui seront valables dans tous les cafés Internet. Les internautes ne peuvent accéder au web que s’ils donnent leur nom d’utilisateur et leur mot de passe.
Ainsi, l’Agence tunisienne d’Internet sait en temps réel le nom de l’usager, où il se trouve et quel site il consulte.
Attaques à l’extérieur
Les sites et blogues tunisiens qui sont hébergés à l’étranger n’échappent pas à la surveillance des autorités tunisiennes.
De nombreux sites ont fait l’objet d’attaques très sévères. C’est le cas notamment de nawaat.org (voir l’interview avec Sami ben Gharbia) et des sites des organisations de défense des droits de l’homme. Certains ont perdu leurs archives, d’autres ont été inaccessibles durant plusieurs jours.
Procédés
# Noyer la toile sous les sites officiels, ainsi les recherches relatives à la Tunisie aboutissent sur ces sites qui seront bien placés dans les moteurs de recherche.
# Pirater par des attaques DDOS
# Contaminer des serveurs et des sites par des vers, chevaux de Troie et virus
# Filtrer par l’adresse IP
# Effacer le contenu des pages web, des courriels
# Bloquer des ports; our contourner cette technique de filtrage, les internautes utilisent des proxy
# Utiliser la technologie Deep Packet inspection (DPI). Cette technologie de gestion de réseau avancée est installée sur les serveurs des fournisseur de service Internet et permet de passer au crible chaque « unité d’information » provenant du web afin de s’assurer qu’elle est conforme avec les critères de contrôles établis par l’ATI.
# Filtrer et neutraliser les outils de contre-filtrage comme Anonymizer ou Guardster.
À qui appartient Internet?
Selon la revue économique tunisienne Business News, le marché des fournisseurs d’accès Internet en Tunisie est détenu à 75 % par les entreprises PlaNet et TopNet.
Le hic, c’est que ces deux entreprises appartiennent au premier cercle familial du président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali.
Photo: AFP/Fethi Belaid - Cyrine Ben Ali et son époux Marwane Mabrouk
PlaNet est la propriété de Cyrine Ben Ali, la fille du président, et de son mari, Marwane Mabrouk.
TopNet est détenue par Sakhr El-Materi. Ce très jeune entrepreneur est à la tête d’un empire englobant l’immobilier, les médias, le tourisme, la finance et l’automobile. Il se trouve qu’El-Materi est surtout l’autre gendre du président.
Photo: AFP/Fethi Belaid - Sakhr El-Materi et son épouse Nisrine Zine el-Abidine, fille du président tunisien, lors dun rassemblement politique de ce dernier
« La surveillance est quotidienne »
L’organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières a classé la Tunisie parmi les ennemis d’Internet, et qualifié son président Zine el Abidine Ben Ali de prédateur d’Internet.
Soazig Dollet, responsable du bureau Maghreb-Moyen-Orient de Reporters sans frontières, décrit en entrevue la situation d’Internet dans ce pays et explique les méthodes de censure utilisées par les autorités.
La Tunisie est un des pays les plus liberticides dans le monde en ce qui concerne Internet. — Soazig Dollet
Soazig Dollet décrit aussi les conditions de travail difficiles des journalistes et blogueurs tunisiens. [Écouter Lentrevue avec Soazig Dollet]
« Internet nous a affranchis »
Le Tunisien Sami Ben Gharbia parmi les figures les plus en vue de l’opposition tunisienne sur Internet.
Réfugié politique aux Pays-Bas depuis 1998, Sami ben Gharbia est cofondateur de nawaat.org, un blogue collectif indépendant animé par des Tunisiens, et cofondateur de cybversion.org, un blogue dédié à la censure d’Internet en Tunisie.
Lopposant tunisien Sami Ben Gharbia
Internet nous aide à faire circuler l’information, à nous affranchir de la peur et à nous intéresser aux sujets citoyens. — Sami Ben Gharbia
Très actif, il est aussi le directeur d’Advocacy de l’organisation mondiale Global Voices, un réseau mondial de blogueurs qui sélectionnent, traduisent et publient des revues de blogues en 18 langues.
Sami Ben Gharbia est, par ailleurs, cofondateur de Arab Techies, un collectif des techniciens du Web arabe, et le coorganisateur de Arab Bloggers, une conférence annuelle des blogueurs arabes.
En entrevue, il parle des sites qu’il a fondés, de la censure des autorités tunisiennes et de l’impact de cette censure sur la conscience politique des Tunisiens. [Écouter lentrevue avec Sami Ben Gharbia]http://mourad53.elaphblog.com/posts.aspx?U=637&A=61299
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(1) La régente de Carthage, Nicolas Beau et Catherine Graciet, Éditions La Découverte 2009
Cette enquête a été réalisée par Radio canada, publié le Mardi 17 Août 201

La France devient le premier pays européen à autoriser la culture de cet OGM !

Greenpeace, 28/8/2010

En agissant de la sorte, au cœur de l’été, le Gouvernement a sournoisement ouvert la porte aux OGM.
Si une société décide de planter cet OGM demain, elle en a le droit, alors même qu’aucune réglementation de coexistence (entre cultures OGM et non OGM) n’est en place aujourd’hui.

Cette décision, prise dans l’incertitude la plus totale pourrait donc engendrer des catastrophes pour les agriculteurs, comme pour les consommateurs. Face à ce risque, Greenpeace demande le retrait immédiat du maïs OGM T25 du catalogue ainsi que l’adoption par la France d’une clause de sauvegarde sur cet OGM.
Une culture dangereuse en France : un enjeu de santé publique
Ce maïs OGM a pour seule caractéristique d’être tolérant à un herbicide très toxique, le glufosinate. Ce dernier est d’ailleurs interdit d’utilisation sur les cultures de maïs dans l’UE.
La culture du T25 n’est donc à l’heure actuelle d’aucune utilité : le glufosinate étant interdit, une culture de maïs y resistant est totalement superflue ! De plus, la culture du T25 peut s’avérer très dangereuse : la tolérance du T25 à un herbicide aussi toxique que le glufosinate représente un vrai risque de santé publique. Les preuves de sa nocivité sont si évidentes qu’il figure parmi les 22 produits agrochimiques qui vont bientôt être retirés du marché en Europe !
Le glufosinate représente un risque considérable pour les agriculteurs, il est nuisible pour les insectes des zones environnantes et est potentiellement dangereux pour les consommateurs qui ingèrent des aliments contenant des résidus de cet herbicide…
Le MON810 en embuscade
Le 20 juillet la France ne s’est pas arrêtée au T25 : elle a également inscrit au catalogue des plantes autorisées plus de 30 variétés de maïs MON810 de Monsanto.
La France ayant une clause de sauvegarde sur cet OGM (le 9 février 2008, alors que se déroulait le Grenelle de l’environnement, la France avait notifié à Bruxelles une ordonnance de suspension valant sur la culture des semences provenant de la variété de maïs génétiquement modifié MON810), cette inscription va permettre aux industriels français du maïs de cultiver le MON810 et de vendre à l’étranger.
Le gouvernement français cède à la pression des industriels avec ces inscriptions au catalogue. Aujourd’hui l’État a une attitude inconcevable : d’un côté il reconnaît que le MON810 représente un danger et applique une clause de sauvegarde sur son territoire et d »e l’autre il permet la culture de ce dernier à l’étranger ! Cela voudrait donc dire que pour le Gouvernement, ce qui est dangereux en France ne l’est pas dans les autres pays ?
Cette attitude est scandaleuse vis à vis de nos voisins européens et si le gouvernement français admet que les OGM sont dangereux, il doit assumer son choix jusqu’au bout et retirer immédiatement du catalogue ces variétés de MON810.
Rappelons que les OGM T25 et MON810 sont autorisés en Europe depuis 1998 et que leur processus de ré-autorisation est en cours (une autorisation étant valable pendant 10 ans). Mais les processus sont extrêmement lents et en attendant la décision de l’Union européenne, les cultures restent permises et légales jusqu’au renouvellement des autorisations …
Le principe de précaution ne s’applique donc pas dans ce cas et des cultures OGM qui ont plus de douze ans sont toujours cultivées !
En savoir plus :
La fiche thématique Qu’est-ce qu’un OGM ?
La fiche thématique Menaces et dangers des OGM

vendredi 27 août 2010

Sarkozy, défenseur de "la veuve" et de "l’orphelin"


Par Laurent Macabies, 23/8/2010
« On se sert trop souvent des enfants comme alibi » pour amadouer l’opinion sur l’immigration, d’après Nadine Morano. Demandez à Nicolas Sarkozy !
Ras le Rom ! Depuis le début de l’été, et grâce au formidable travail de communication du gouvernement, les Roms ont brusquement détrôné les femmes en Burqa et les polygames comme principal ennemi de la sécurité en France.
Nadine Morano qui, si elle « laissait parler (son) cœur », « laisserait évidemment toutes les familles arriver sur le territoire » s’est même insurgée sur Europe 1 (jeudi 20 août) que l’on utilise la vieille ficelle de l’émotion pour amadouer l’opinion publique.
« Il ne faut pas se servir des enfants, je crois qu’on le fait beaucoup trop souvent », a indiqué la secrétaire d’État à la… Famille. « Les enfants ne doivent pas servir d’alibis ». Et ceux qui sont scolarisés en France ? Pas de soucis, « Ils seront scolarisés dans leurs pays d’origine », répond du tac au tac la Morano, « Il n’y a pas que des écoles en France ».
LA DÉCHÉANCE
Des propos dans la (droite) ligne du discours présidentiel du 30 juillet dernier à Grenoble sur la déchéance de la nationalité française (qui « doit pouvoir être retirée à toute personne d’origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie de (…) toute personne dépositaire de l’autorité publique »).
Vous avez dit « Alibi des enfants » et « expulsion de la nationalité pour les délinquants » ? Exactement les thèmes lancés par Jean-Marie Le Pen dans l’émission « 100 minutes pour convaincre » (France 2) en novembre 2003. En face, un ministre de l’Intérieur, « fier » d’avoir supprimé « la double peine » pour les délinquants étrangers, s’insurge contre le populisme du patron de l’extrême-droite.
Chacun aura reconnu Nicolas Sarkozy dans cette archive de l’INA http://www.bakchich.info/Sarkozy-defenseur-de-la-veuve-et,11662.html (cliquer ici si la vidéo ne fonctionne pas).

Les 15 détenus de SMESI retrouvent leurs familles

Par Ali Fkir, coordinateur du CSOS, 25/8/2010
Le dimanche 22 août 2010, les 13 ouvriers (dont le secrétaire général du bureau syndical) et leur deux camarades ont retrouvé leurs familles et leurs camarades (après 4 mois de prison ferme).
L'Union locale de l'UMT, les militants ouvriers, les militant-es de l'AMDH, les familles des prolétaires...ont réservé (devant la prison) un accueil chaleureux aux victimes d'un procès inique, et organisé une réception inoubliable au sein du local de l'UMT (Khouribga).
Le comité de solidarité avec les ouvriers de SMESI (CSOS) félicite les militants 13 ouviers et leurs 2 sympathisants qui ont retrouvé leur "liberté", félicité l'ensemble des ouvriers de SMESI pour leur unité et leur détermination à défendre leurs légitimes droits, félicite l'Union locale pour son ferme engagement avec les 850 prolétaires de SMESI licenciés abusivement par l'OCP.
LA SOLIDARITE NOUS INTERPELLE
  
  22/08/2010: les prolétaires et syndicalistes se rassemblent devant la porte de la prison de Khouribga dans l'attente de la libération de leurs camarades après 4 mois emprisonnement suite à un procès inique
 
 Accueil chaleureux réservé par les ouvriers à leurs camarades libérés
 Le local de l'UMT à Khouribga
 
 
 
Le camarade Abdellah Housby, le secrétaire général de l'Union Locale de l'UMT (Khouribga) félicite au nom des prolétaires de Khouribga les militants libérés.
 
 
Le secrétaire général du bureau syndical  de SMESI, le militant Hassan Ben Hbika
s'adressant à ses camarades après sa sortie de la prison
 
تقرير
كان يوم الأحد 22 غشت 2010 يوما استثنائيا بالنسبة للاتحاد المغربي للشغل بخريبكة، إذ تم فيه تنظيم استقبال  للمعتقلين النقابين من نقابة سميسي  ريجي الثلاثة عشر (13) و عائلاتهم و مواطن من  المواطنين الاثنين (2)  المعتقلين  في  أطار نفس الملف " المواطن الأخر لم يفرج عنه بسبب قضائه لعقوبة تتعلق بغرامة مالية كان محكوما بها سابقا و لم يؤدها"بعد أن انهوا مدة الاعتقال التعسفي، المتمثلة في 4 أشهر  سجنا نافدة.
وقد نظم الاستقبال من طرف الاتحاد المحلي لنقابات خريبكة و نقابة عمال سميسي  ريجي، فمنذ الصباح الباكر و قبل بداية وقت العمل في التاسعة صباحا كان هناك تواجد هام لعائلات المعتقلين و حشد من  المسؤولين  النقابين و العمال أمام بوابة السجن، كما أن المقر كان غاصا بالعمال و المناضلين النقابين أنضاف إليهم مناضلون من الجمعية المغربية لحقوق الإنسان    وبعض المحامين من هيئة الدفاع.
و أمام بوابة السجن المحلي بخريبكة و في أجواء  مفعمة  بالدفء و الحماس و التأثر تم احتضان  المفرج عنهم من طرف الحاضرين،بعدها  نظمت قافلة في اتجاه مقر الاتحاد المغربي للشغل حيث بعد استقبال المفرج عنهم بالأحضان و بالشعارات الحماسية...  تمت بالمناسبة إلقاء كلمات كل من التحاد المحلي لنقابات خريبكة و المكتب النقابي لسميسي  ريجي و كلمة المعتقلين النقابين المفرج عنهم.
وقد ألقى كلمة الاتحاد المحلي الكاتب العام  المحلي الأخ " حسبي عبد الله" الذي اعتبر المناسبة عظيمة  في حياة التحاد المغربي للشغل بخريبكة لكونها تؤرخ لحدث كبير في المسيرة النضالية لعمال سميسي ريجي و التي دخلت منذ مدة عامها الثاني، وكانت درسا قاسيا لأعداء و خصوم العمال الذين كانوا يهدفون من وراء قمع و اعتقال العمال إلى إجهاض المسيرة النضالية من  أجل  حقهم في الرجوع  للعمل و احترام  اختيارهم النقابي و إدماجهم و ترسيمهم  في أطار المجمع الشريف للفوسفاط،وقد حيا بالمناسبة العمال على صمودهم و العائلات على تحملهم و تضحياتهم و العمال على استمرارهم في النضال دون كلل أو ملل كما حيا المحامين الدين تطوعوا للدفاع عن العمال و أبلوا بلاء حسنا في ذلك سواء في المرحلة الابتدائية أو الاستئنافية و عروا بالملموس عن عدم استقلالية القضاء و غياب نزاهته،وأيضا حيا كل المتضامنين مع العمال في الداخل و الخارج و خاصة الأمانة العامة  للاتحاد  المغربي للشغل و للجنة الوطنية  للتضامن مع عمال سميسي و الجمعية المغربية لحقوق الإنسان و الكونفدرالية الوطنية للشغل بفرنسا و الكونفدرالية العامة للشغل بفرنسا و اسبانيا.و أعتبر أن استرداد العمال لحريتهم ناقصة ماداموا لم ينالوا حقوقهم مستلهما المقولة التي يتبناها الاتحاد المغربي للشغل وهي"لاوطن للعبيد ولا حرية للجائعين"وقد عبر بالمناسبة عن استمرار الاتحاد المغربي للشغل بخريبكة بتبني الملف باعتبار ملف عمال سميسي ريجي ملفه، وأنه سيظل واقفا إلى جانب العمال حتى تحقيق مطالبهم و من جديد هنأ المعتقلين و عائلاتهم و العمال و المناضلين بالمناسبة.
بعدها،تناول الكلمة باسم المعتقلين النقابيين المفرج عنهم الأخ  "الحسن بنبيكة" الكاتب العام لنقابة سميسي ريجي الذي بذا منهكا بفعل أثار التعذيب الذي تعرض له إبان اعتقاله بقرية حطان المنجمية و بمقر القيادة الجهوية لدرك بخريبكة، بحيث عبر عن سعادته بحرارة الاستقبال و بلقائه بإخوانه العمال و المناضلين معتبرا ما جرى من قمع و اعتقال أضر بالجهات التي قامت به و فضحها،فأين نحن من شعارات الحرية و احترام حقوق الإنسان و المصالحة، معبرا عن العزم في الاستمرار في النضال حتى تحقيق مطالب العمال،و بدوره حيا بحرارة كل من وقفوا إلى جانب المعتقلين في محنتهم في الداخل و الخارج و خاصة هيئة الدفاع التي قال في حقها بأنه لازال في المغرب رجال  يدافعون عن الحق و لا يخافون في ذلك لومة لائم ،وهو مؤشر خير، كمل حيا الجمعية المغربية لحقوق الإنسان على القافلة التي نظمتها سابقا، و حيا القافلة التضامنية مع المعتقلين المنظمة من طرف الاتحاد الجهوي بالرباط، كما حيا لجنة التضامن مع عمال سميسي ريجي.
أثر ذلك، تناول الكلمة الأخ "يوسف عنابي" عضو المكتب النقابي لعمال سميسي، الذي هنأ المعتقلين و عائلاتهم بالمناسبة وركز على الأهمية القصوى لوحدة العمال و الاستمرارية في النضال لكونها تمثل الجواب الأمثل على أعداء و خصوم العمال المتمثلين في إدارة المجمع الشريف للفوسفاط و السلطات المساندة لها ومن يدور في فلكهم،و الذين هم وحدهم من يريدون شرا بهذه الحركة، و حيا بدوره المتضامنين مع العمال.... وقد انتهى الحفل بترديد شعارات من قبيل.
-          من أجلنا أعتقلوا -  من أجلهم نناضل.
-          هذا المغرب الجديد -  مغرب القمع و التشريد.
-           وخ تعيا ما تقمع -  على الحقوق ما نتزعزع.

بعد ذلك التحق المفرج عنهم و عائلاتهم بمساكنهم لاستكمال استقبال الزوار و المهنئين.
الكاتب العام للاتحاد المغربي للشغل
حسبي عبد الله
22 غشت 2010

APPEL CITOYEN Face à la xénophobie et à la politique du pilori

LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ
Samedi 4 septembre 14 h 00
Tous et toutes Place de la République à PARIS
Les plus hautes autorités de l’Etat ont fait le choix de jeter à la vindicte publique des catégories entières de population : Roms et Gens du voyage accusés comme les étrangers d’être des fauteurs de troubles, Français d’origine étrangère sur lesquels pèserait la menace d’être déchus de leur nationalité, parents d’enfants délinquants, etc.
Voici que le président de la République accrédite aussi les vieux mensonges d’une immigration coûteuse et assimilée à la délinquance, et offre ainsi à la stigmatisation des millions de personnes en raison de leur origine ou de leur situation sociale.
Ce qui est à l’oeuvre dans cette démarche ne s’inscrit pas dans le débat légitime, dans une démocratie, sur la manière d’assurer la sûreté républicaine. Le nécessaire respect de l’ordre public n’a pas à être utilisé pour créer des distinctions entre les habitants de ce pays et désigner des boucs émissaires, ni pour instituer des peines de prison automatiques, contraires aux principes fondamentaux du droit pénal, à l’indépendance de la
justice et à l’individualisation des peines.
La Constitution de la France, République laïque, démocratique et sociale, assure « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion ».
Nul, pas plus les élus de la nation que quiconque, n’a le droit de fouler au pied la Constitution et les principes les plus fondamentaux de la République.
Notre conscience nous interdit de nous taire et de laisser faire ce qui conduit à mettre en péril la paix civile.
Organisations signataires:
la liste est consultable sur le site ci-dessous.
Signer et faites signer cet appel : http://nonalapolitiquedupilori.org

Face à la xénophobie et à la politique du pilori :
Nous appelons à une manifestation le samedi 4 septembre,
place de la République à Paris, et partout en France, afin de fêter le
140ème anniversaire d’une République que nous voulons plus que jamais,
libre, égale et fraternelle

mercredi 25 août 2010

Amnesty International : Au Maroc, les personnes soupçonnées d’activités liées au terrorisme continuent d’être victimes d’atteintes aux droits humains

Par AMNESTY INTERNATIONAL, 16/6/2010
Synthèse, traduction du document en anglais
Amnesty International est préoccupée par les informations persistantes faisant état de violations des droits humains toujours commises au nom de la lutte antiterroriste au Maroc. Celles-ci comprendraient notamment des cas de détention secrète et au secret, des plaintes pour torture ou autres mauvais traitements non examinées et des procédures judiciaires entachées d’irrégularités.
La grève de la faim actuellement observée par un certain nombre de détenus accusés d’activités liées au terrorisme à la prison de Salé, près de Rabat, pour protester contre leur traitement montre qu’il est urgent que les autorités marocaines répondent aux préoccupations relatives aux droits humains évoquées ci-après.
Elles doivent enquêter sur toutes les allégations de torture ou d’autres mauvais traitements aux mains des forces de sécurité et veiller à ce qu’aucune déclaration extorquée sous la torture ou la contrainte ne soit retenue à titre de preuve dans une procédure judiciaire. Elles sont en outre tenues de s’assurer que les détenus sont traités conformément aux normes internationales et au droit international, notamment aux dispositions du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants – deux traités auxquels le Maroc est partie –, ainsi qu’à celles de l’Ensemble de principes des Nations unies pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention ou d’emprisonnement. Les détenus doivent en particulier bénéficier des soins médicaux dont ils ont besoin et être autorisés à consulter le médecin de leur choix.
MESURES ANTITERRORISTES PRISES PAR LE MAROC
La législation marocaine ne fournit pas de garanties suffisantes pour les suspects dans les affaires de terrorisme. La Loi n° 03-03 relative à la lutte contre le terrorisme ne contient pas de définition assez précise du terme « terrorisme », en violation du principe de légalité des délits et des peines. Elle modifie en outre le Code de procédure pénale du Maroc, en permettant la prolongation de la garde à vue jusqu’à 12 jours dans les affaires de terrorisme, et elle étend la période pendant laquelle les détenus sont privés de contact avec leur avocat jusqu’à six jours. Par conséquent, elle rend ces derniers plus exposés au risque de subir des actes de torture ou d’autres mauvais traitements et elle porte atteinte à leur droit à une défense adéquate.
Amnesty International déplore que les autorités marocaines n’appliquent pas les recommandations qu’elle a formulées en 2004 dans son rapport intitulé Maroc et Sahara occidental. « Lutte contre le terrorisme » et recours à la torture : le cas du centre de détention de Témara, qui rendait compte de la forte augmentation des cas de torture ou d’autres mauvais traitements et d’autres violations des droits humains dans le cadre de la lutte antiterroriste depuis 2002. Bien que les autorités aient répondu aux préoccupations de l’organisation en février 2004 en énumérant les garanties inscrites dans la législation marocaine pour la protection des détenus, elles n’ont pas commenté les cas précis évoqués dans le rapport, ni pris de mesures pour remédier à la pratique de la détention secrète et de la torture dans le centre de détention de Témara. L’impunité pour ces atteintes aux droits humains a non seulement laissé sans recours des victimes de torture, d’autres mauvais traitements et d’autres violations, mais elle a également facilité la répétition de ces actes – comme l’expose le présent document.
Bien que l’ampleur des arrestations aujourd’hui ne soit pas la même que pendant la période précédant les attentats à l’explosif de mai 2003 à Casablanca et après ces événements – quelque 2 000 suspects avaient alors été arrêtés dans le cadre d’un coup de filet visant les personnes soupçonnées de participation à des activités liées au terrorisme – les autorités marocaines continuent d’annoncer périodiquement le démantèlement de réseaux terroristes proches d’Al Qaïda. Selon l’agence de presse officielle du Maroc, ces réseaux planifient des attaques à l’intérieur du pays et recrutent des Marocains pour rejoindre des groupes armés en Irak ou en Afghanistan. Les annonces de ce type, qui ont par exemple été faites le 23 septembre 2009 et le 26 avril 2010, ont généralement lieu à la suite d’informations faisant état de nombreuses arrestations et détentions au secret. Les irrégularités et violations observées dans le cadre de l’« affaire Belliraj », dans laquelle figuraient un certain nombre de personnalités politiques, ont amené une nouvelle fois sur le devant de la scène les atteintes aux droits humains commises par les autorités marocaines au nom de la lutte antiterroriste.
Amnesty International condamne sans réserve les actes de violence visant des civils et les attaques aveugles, qui démontrent un mépris total du droit à la vie. Les autorités marocaines ont le droit et le devoir de prendre des mesures pour protéger la sécurité des personnes relevant de leur juridiction et d’amener celles soupçonnées d’implication dans de tels actes à rendre des comptes. Cependant, elles doivent ce faisant respecter leurs obligations en matière de droits humains découlant du PIDCP et de la Convention contre la torture.
LA GRÈVE DE LA FAIM À LA PRISON DE SALÉ
Selon les informations recueillies par Amnesty International, une vingtaine de détenus de la prison de Salé accusés ou reconnus coupables d’infractions liées au terrorisme observent actuellement une grève de la faim. La majorité de ceux qui ont déjà été condamnés clament leur innocence et expriment leurs griefs contre ce qu’ils considèrent comme leur détention illégale et l’erreur judiciaire commise dans leur cas. Ceux qui sont en détention provisoire protestent contre les accusations portées contre eux, qu’ils estiment forgées de toutes pièces et fondées sur des procès-verbaux qu’ils ont été forcés à signer sous la torture ou la contrainte pendant leur garde à vue.
Parmi les détenus participant à cette grève de la faim figure Mohamed Hajib, un ressortissant germano-marocain qui a été arrêté au Maroc le 18 février 2010 alors qu’il rentrait du Pakistan après être passé par l’Allemagne. Sa famille n’a pas été immédiatement informée de son arrestation et n’a pu le voir que le 1er mars. Le 27 mars 2010, Amnesty International a écrit au ministre marocain de la Justice, Mohamed Naciri, pour lui demander d’intervenir afin de s’assurer que Mohamed Hajib soit traité avec humanité et qu’il bénéficie d’un procès équitable, notamment en veillant à ce qu’aucune déclaration obtenue sous la torture ou la contrainte ne soit retenue à titre de preuve dans une procédure judiciaire. L’organisation n’a pas encore reçu de réponse à ce courrier. L’état de santé de Mohamed Hajib s’est considérablement dégradé car il observe une grève de la faim depuis le 10 mai 2010. D’après certaines sources, il serait trop faible pour se tenir debout ou même parler. Un autre homme en détention provisoire à la prison de Salé, Anwar Majrar, a entamé une grève de la faim le 31 mai. Amnesty International a appris que ce prisonnier, qui a déjà auparavant été reconnu coupable d’activités liées au terrorisme et libéré à l’issue de sa peine, avait été détenu au secret et torturé dans le centre de détention de Témara après chacune de ses deux arrestations. Il aurait été battu, suspendu au plafond dans des postures contorsionnées, flagellé et arrosé avec de l’eau froide.
DÉTENTION SECRÈTE ET AU SECRET
Amnesty International est préoccupée par les témoignages indiquant que des membres de la Direction de la surveillance du territoire (DST), un service de renseignement impliqué dans des violations passées et actuelles des droits humains, continuent d’arrêter, de détenir et d’interroger des personnes soupçonnées de participation à des activités liées au terrorisme en dehors du cadre juridique marocain. Les agents de la DST ne font pas partie de la police judiciaire et ne devraient donc ni arrêter, ni détenir des suspects. Pourtant, Amnesty International reçoit des informations persistantes selon lesquelles des membres des forces de sécurité en civil qui semblent être des agents de la DST continuent d’arrêter des suspects sans présenter de mandat et de les détenir pendant plusieurs semaines, voire davantage, dans des lieux de détention non reconnus. Les familles des personnes arrêtées par la DST ne sont pas officiellement informées de leur arrestation, en violation de l’article 67 du Code marocain de procédure pénale, qui dispose que les autorités doivent signaler sans délai aux proches d’un suspect arrêté la décision de le placer en détention. Désemparées, ces familles cherchent donc désespérément l’un de leurs membres en se renseignant auprès des postes de police, des prisons et des bureaux du ministère public. Les autorités nient généralement être au courant de l’arrestation et du lieu de détention de leur proche.
Après une période initiale de détention par la DST, les suspects sont transférés aux mains de la police judiciaire – le plus souvent à Casablanca. Les dates d’arrestation seraient systématiquement falsifiées pour coïncider avec celle du transfert des suspects à la police judiciaire, au lieu de celle à laquelle ils ont été placés en détention aux mains de membres des forces de sécurité marocaines. À maintes reprises, Amnesty International a fait part de ses inquiétudes concernant l’affaiblissement des garanties pour la protection des détenus depuis la promulgation de la Loi n° 03-03 du 28 mai 2003 relative à la lutte contre le terrorisme, qui a étendu la durée maximale de la garde à vue à 12 jours et prolongé la période pendant laquelle les détenus sont privés de tout contact avec leur avocat jusqu’à six jours. Dans la pratique, même ces garanties limitées continuent d’être bafouées par la DST.
Ainsi, Abdel Aziz Danjier, un prisonnier qui observe une grève de la faim depuis le 3 juin, aurait été détenu par les services de sécurité dans un lieu de détention non reconnu pendant 37 jours après son arrestation, le 28 mai 2008, puis maintenu en détention pendant 12 jours supplémentaires aux mains de la police judiciaire à Casablanca. Il a été condamné le 28 janvier 2010 à 10 ans d’emprisonnement pour des activités liées au terrorisme, à l’issue d’une procédure entachée d’allégations de torture. Un autre détenu de la prison de Salé, Khaled Kaddar, a également été condamné pour terrorisme à huit ans d’emprisonnement en janvier 2010. Selon des témoins oculaires, il a été arrêté par quatre hommes en civil dans une rue proche de son domicile, à Oujda, le 26 juillet 2008. Environ un mois et demi après son arrestation, il a pu appeler sa famille pour la première fois afin de l’informer qu’il avait été arrêté et qu’il se trouvait à la prison de Salé. Au cours de la première visite qu’il a reçue de ses proches, il leur a indiqué qu’il avait été détenu par la DST dans le centre de détention de Témara pendant 45 jours et qu’il y avait été torturé. Amnesty International a écrit au ministre marocain de la Justice le 29 avril 2010 pour lui demander de veiller à ce que les allégations de torture formulées par Khaled Kaddar fassent sans délai l’objet d’une enquête et que cet homme bénéficie d’un procès équitable en appel. Malheureusement, l’organisation n’a pas encore reçu de réponse à cette demande.
TORTURE ET AUTRES MAUVAIS TRAITEMENTS
La longue période que passent les détenus coupés du monde extérieur les expose au risque d’être torturés ou soumis à d’autres formes de mauvais traitements. Amnesty International continue de recevoir des informations inquiétantes selon lesquelles des agents des forces de sécurité marocaines infligeraient des actes de torture et d’autres mauvais traitements à des personnes soupçonnées d’activités liées au terrorisme dans un centre de détention non reconnu, probablement celui de Témara, qui est situé dans une zone boisée à une quinzaine de kilomètres de Rabat. Parmi les méthodes de torture les plus fréquemment signalées figurent les coups, la suspension dans des postures contorsionnées et les menaces de viol ou d’autres violences sexuelles à l’encontre de parentes du détenu. Les autres actes de torture commis comprennent le viol par l’introduction d’objets dans l’anus, la privation de sommeil, les brûlures de cigarette et l’application d’électrodes sous tension sur le corps. L’objectif de ces sévices semble être d’obtenir des informations sur des réseaux terroristes, notamment ceux qui cherchent à recruter des Marocains pour rejoindre des groupes armés en Irak ou en Afghanistan, ou bien d’extorquer des « aveux ». D’après les données dont dispose Amnesty International, la plupart des suspects sont contraints à signer des procès-verbaux après avoir été transférés de la détention par les forces de sécurité à celle aux mains de la police judiciaire, lors de laquelle ils sont menacés d’être renvoyés au centre de Témara s’ils n’obtempèrent pas. Généralement, on ne leur permet pas de lire les déclarations qu’ils signent.
Un détenu de la prison de Salé, Youssef al Tabai, a été arrêté le 28 mars 2010 dans une rue de Casablanca par quatre hommes en civil qui n’auraient pas présenté de mandat d’arrêt. Selon les informations obtenues par Amnesty International, on l’a forcé à monter dans un véhicule et on lui a bandé les yeux. Les interrogatoires ont commencé dès son arrivée dans un centre de détention non reconnu, qui semble être celui de Témara. Des agents des forces de sécurité l’auraient arrosé avec de l’eau glacée avant d’allumer la climatisation, frappé avec des fils électriques et privé de nourriture, de sommeil et de prière pendant 48 heures. Il a été remis à la police judiciaire à Casablanca le 26 avril avec une trentaine d’autres personnes. Le jour-même, l’agence de presse officielle du Maroc, Maghreb Arabe Presse (MAP), a annoncé le démantèlement d’un réseau terroriste et l’arrestation de 24 personnes soupçonnées d’activités liées au terrorisme. Amnesty International croit savoir que Youssef al Tabai a passé 11 jours supplémentaires en détention aux mains de la police judiciaire et qu’il a alors signé un procès-verbal sous la menace d’être renvoyé au centre de Témara s’il refusait. L’enquête le concernant est en cours, mais il est accusé d’« appartenance à une association de malfaiteurs » dont le but était de porter atteinte à la sécurité nationale et d’abriter des personnes recherchées par les autorités. Il semblerait que d’autres personnes mises en cause dans cette affaire aient également été torturées ou soumises à d’autres mauvais traitements pendant leur détention au secret dans un lieu inconnu.
Mohamed Gatit aurait lui aussi été torturé dans le centre de détention de Témara, où il est resté environ 18 jours en novembre 2009. Il aurait été livré à des membres des forces de sécurité marocaines par leurs homologues algériens début novembre. D’après les informations recueillies par Amnesty International, une fois arrivé au centre de détention, il a été immédiatement conduit dans une salle d’interrogatoire et frappé sur tout le corps, principalement à coups de poing et de pied, alors qu’il était menotté et avait les yeux bandés. Il aurait perdu connaissance et saigné du nez à cause de ces coups. On pense que cet homme, qui reconnaît avoir participé à des combats armés en Irak, a été interrogé au sujet d’autres Marocains présents en Irak. Il aurait été arrêté en Algérie en mars 2009, incarcéré dans un centre de détention non reconnu qui était probablement celui de Ben Aknoun, à Alger, pendant environ huit mois sans inculpation ni procès, et soumis à la torture ou à d’autres mauvais traitements par des agents des forces de sécurité algériennes.
Bien que la torture soit érigée en infraction dans la législation marocaine, les allégations de torture font rarement l’objet d’une enquête. À la connaissance d’Amnesty International, aucun fonctionnaire de la DST n’a jamais été poursuivi pour torture ou autres mauvais traitements envers des détenus. Dans le quatrième rapport périodique présenté au Comité contre la torture en avril 2009, les autorités marocaines ont indiqué que des poursuites judiciaires avaient été engagées contre 13 fonctionnaires soupçonnés d’avoir soumis des détenus à des actes de torture ou d’autres mauvais traitements en 2007 et 2008. Cependant, le rapport ne précise pas leurs fonctions, ni si ces poursuites ont abouti à des condamnations.
PROCÉDURE PÉNALE ENTACHÉE D’IRRÉGULARITÉS
Amnesty International est vivement préoccupée par le maintien de l’utilisation d’éléments de preuve entachés d’allégations de torture ou d’autres mauvais traitements dans des poursuites judiciaires. D’après les informations dont dispose l’organisation, des déclarations issues de procès-verbaux d’interrogatoire établis par des agents de la DST alors que les suspects sont entre leurs mains continuent d’être retenues comme motifs de poursuites et à titre de preuve lors de procès.
Amnesty International est également inquiète que le droit à une défense adéquate ne soit pas pleinement respecté dans les affaires de terrorisme. Il est par exemple fréquent que des personnes ne comparaissent devant les autorités judiciaires qu’après une longue période de détention au secret, et sans la présence d’un avocat. Dans plusieurs cas portés à la connaissance d’Amnesty International, le juge d’instruction n’avait pas informé les suspects de leur droit d’être assisté par un avocat. De plus, l’organisation a été informée que les avocats ne sont pas toujours autorisés à consulter un exemplaire du dossier de leur client, ce qui les empêche de présenter une défense satisfaisante.
Le 11 avril 2010, Younes Zarli était chez lui à Casablanca lorsqu’un homme non identifié lui a demandé de descendre au rez-de-chaussée. Il a alors été forcé à monter dans un véhicule par un groupe d’hommes en civil Voir l’Action urgente du 29 avril 2010 intitulée Maroc. Craintes de torture. Younes Zarli (index AI : MDE 29/011/2010).. On a appris par la suite qu’il avait passé environ 16 jours dans un lieu de détention non reconnu, probablement le centre de détention de Témara. Il a ensuite été transféré aux mains de la police judiciaire à Casablanca. Sa date d’arrestation a été falsifiée : elle est fixée au 26 avril, date à laquelle l’agence de presse officielle a annoncé l’arrestation de personnes soupçonnées de terrorisme. D’après certaines sources, au cours de sa détention par la DST, il a été battu une fois, menacé du viol de son épouse et privé de sommeil au moyen d’une lumière constamment allumée dans sa cellule. Amnesty International craint que sa mise en cause dans cette affaire, dans laquelle une trentaine de suspects sont impliqués, ne repose sur des informations qui ont été extorquées en torturant un autre détenu. Il semble que l’avocat de Younes Zarli n’a pas été autorisé à photocopier son dossier afin de pouvoir préparer correctement sa défense. Younes Zarli a entamé une grève de la faim le 31 mai pour protester contre les accusations portées contre lui et les informations contenues dans le procès-verbal, qu’il aurait signé sous la contrainte sans l’avoir lu. Ses proches sont préoccupés par son état de santé car il a maintenant perdu environ 10 kilos et s’affaiblit de jour en jour.
IMPUNITÉ
Amnesty International demeure préoccupée par l’impunité persistante dont bénéficient les membres des forces de sécurité marocaines pour les violations des droits humains commises dans le cadre de la lutte antiterroriste. Dans la majorité des cas où une plainte a été déposée au sujet d’actes de torture, l’enquête n’a pas été ouverte, a été close, n’a pas été menée comme il se devait ou n’a pas donné lieu à des poursuites contre les auteurs présumés de ces violences.
Jusqu’à présent, des centaines de détenus islamistes condamnés après les attentats à l’explosif de 2003 à Casablanca continuent de protester contre leurs condamnations, prononcées à l’issue de procès entachés d’allégations d’actes de torture ou d’autres mauvais traitements infligés par les forces de sécurité au cours d’interrogatoires qui n’ont pas été examinées. Beaucoup ont été condamnés à de longues peines d’emprisonnement et plus d’une dizaine ont été condamnés à mort sur la base d’« aveux » qui, selon eux, auraient été extorqués sous la torture ou au moyen d’autres mauvais traitements.
Hammou Hassani a été condamné à mort en 2005 pour activités liées au terrorisme et meurtre. Arrêté en juillet 2004, il a passé deux jours à un poste de police de Nador où il aurait été torturé, avant d’être transféré dans un centre de détention non reconnu, probablement celui de Témara, le 17 juillet 2004. Il y aurait été déshabillé, roué de coups sur le visage et le corps, et un stylo aurait été introduit dans son anus. Il aurait toujours des cicatrices au genou gauche et au talon droit des suites de ces sévices. Il est resté détenu par des agents des forces de sécurité pendant six jours avant d’être transféré aux mains de la police judiciaire à Casablanca. Illettré, il a alors dû apposer son empreinte digitale sur une déclaration sans en connaître le contenu. Il clame son innocence. À la connaissance d’Amnesty International, aucune enquête n’a été ouverte sur les allégations de torture d’Hammou Hassani.
Noureddine Gharbaoui, victime d’atteintes aux droits humains dont Amnesty International a rendu compte dans son rapport Maroc et Sahara occidental. « Lutte contre le terrorisme » et recours à la torture : le cas du centre de détention de Témara, est actuellement incarcéré à la prison de Salé, où il purge une peine de 10 ans d’emprisonnement pour « formation d’association de malfaiteurs » et « recel de choses obtenues à l’aide d’un crime ». Les autorités n’ont jamais enquêté sur ses allégations de torture et ne lui ont pas non plus accordé un nouveau procès, malgré les informations indiquant que des éléments de preuve extorqués sous la torture ont été utilisés pour le condamner.
OBLIGATIONS DU MAROC AU REGARD DU DROIT INTERNATIONAL
En tant que partie au PIDCP, le Maroc est tenu de ne pas arrêter ni détenir quiconque arbitrairement, de respecter le droit des personnes arrêtées à être rapidement informées des charges pesant contre elles, de les présenter devant les autorités judiciaires dans un délai raisonnable et de leur permettre de contester la légalité de leur détention (article 9), ainsi que de veiller à ce que leur procès soit conforme aux normes internationales énoncées à l’article 14 de ce texte.
Le Groupe de travail des Nations unies sur les disparitions forcées ou involontaires, qui s’est rendu au Maroc en juin 2009, a relevé dans son rapport de mission publié en février 2010 le nombre élevé d’allégations indiquant que des membres de la DST arrêtent et détiennent des personnes dans le centre de détention non reconnu de Témara, et il a appelé les autorités à fournir davantage d’efforts pour enquêter sur ces allégations.
En 2004, dans le cadre de son examen du cinquième rapport périodique du Maroc, le Comité des droits de l’homme des Nations unies a noté : « L’État partie devrait veiller à ce que les plaintes de torture et/ou de mauvais traitements soient examinées promptement et d’une manière indépendante. Les conclusions d’une telle enquête devraient faire l’objet d’un examen approfondi par les autorités compétentes afin de permettre de sanctionner disciplinairement, mais aussi pénalement, les personnes responsables. Tous les lieux de détention devraient faire l’objet d’une inspection indépendante (articles 7 et 10 du Pacte). » Néanmoins, les autorités marocaines n’enquêtent pas sur toutes les allégations de torture ou d’autres mauvais traitements, ne traduisent pas en justice les responsables présumés de tels actes dans le cadre de procédures conformes aux normes internationales d’équité, et n’accordent pas de réparation aux victimes comme l’exigent le PIDCP et la Convention contre la torture. En outre, elles ne respectent pas leur obligation de ne pas utiliser des éléments de preuve obtenus sous la torture dans le cadre de poursuites judiciaires, conformément à l’article 15 de la Convention contre la torture.
RECOMMANDATIONS
Afin de mettre fin à l’impunité dont bénéficient les forces de sécurité marocaines, en particulier les membres de la DST, et d’empêcher la répétition de graves atteintes aux droits humains, Amnesty International engage les autorités marocaines à :
-  s’assurer que les membres de la DST ne procèdent pas à des arrestations et ne détiennent pas des personnes soupçonnées d’activités liées au terrorisme dans des lieux de détention non reconnus ;
-  mener des enquêtes exhaustives, impartiales et indépendantes sur toutes les allégations de torture ou d’autres mauvais traitements, même en l’absence de plainte déposée, et veiller à ce que les auteurs présumés de tels actes, y compris lorsqu’il s’agit d’agents de la DST, soient déférés à la justice dans le cadre d’une procédure conforme aux normes internationales d’équité ;
-  garantir qu’aucune information ni élément de preuve obtenu sous la torture ou la contrainte ne soit utilisé dans le cadre d’un procès ;
-  prendre les mesures nécessaires pour que les avocats aient accès sans restriction au dossier de leurs clients afin de pouvoir préparer correctement leur défense ;
-  faire rejuger, dans le cadre de procès conformes aux normes internationales d’équité, toutes les personnes condamnées sur la base d’éléments de preuves qui ont été ou pourraient avoir été obtenus au moyen de la torture ou d’autres formes de mauvais traitements ;
-  modifier le Code de procédure pénale marocain afin de le rendre pleinement conforme au droit international et aux normes internationales relatifs aux droits humains, et notamment l’article 66, en limitant la période de garde à vue au strict minimum et en permettant sans délai aux détenus de contacter leur avocat et leurs proches ;
-  mettre en œuvre les recommandations de l’Instance équité et réconciliation (IER) en réformant le système judiciaire et en veillant à son indépendance conformément au droit international et aux normes internationales, en particulier aux Principes fondamentaux des Nations unies relatifs à l’indépendance de la magistrature et aux Principes de base des Nations Unies relatifs au rôle du barreau, toute réforme de la justice devant garantir aux victimes d’atteintes aux droits humains le droit à un recours utile ; et
-  veiller à ce que les détenus qui observent actuellement une grève de la faim à la prison de Salé bénéficient des soins médicaux correspondant à leurs souhaits et soient traités avec humanité, conformément à l’Ensemble de principes des Nations unies pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention ou d’emprisonnement.

Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter le Service de presse d’Amnesty International à Londres ; tél. : au +44 20 7413 5566 ; courriel : spress@amnesty.org
Amnesty International, International Secretariat, 1 Easton St., Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni ; site : http://www.amnesty.org