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samedi 2 juillet 2011

Les référendums au Maroc se gagnent toujours avec des scores « soviétiques »

Par T.A. demainonline, 3/6/2011

Un, deux... trois, v'là la démocratie mohamedienne

Rabat.- Selon un petit malin, Abdullah Abaakil, qui est allé fouiner dans les archives, le score obtenu par le régime lors de ses référendums constitutionnels a toujours été incroyablement « clair et net », comme dirait le ministre français des affaires étrangères Alain Juppé.
Ainsi, l apparaît qu’au Maroc les référendums se gagnent toujours haut la main. Avec des scores « soviétiques » et sans appel.

Référendum 1972: 98,80% des voix pour le « oui »

Référendum 1992: 99,98% des voix pour le « oui”

Référendum 1996: 99,60% des voix pour le « oui »

Référendum 2011: 98,50% des voix pour le « oui » (provisoire)

Si le chiffre reste tel quel, c’est-à-dire avec ce modeste 98,50 % de « oui », on pourra dire que le Makhzen a fait un gros effort pour ramener le chiffre de « oui » (de 99% à 98%) à des proportions acceptables.

Il ne faut pas être négatif tout le temps. Voyons le bon côté de la chose. Il y a des gens au palais royal qui ont eu la bonne idée de penser que 99% c’est bezzaf, mais que 98% ça pouvait aller.

Qui a dit que le Maroc n’avançait pas vers la bonne courbe ?

T.A.

http://www.demainonline.com/2011/07/02/les-referendums-au-maroc-se-gagnent-toujours-avec-des-scores-sovietiques/
URL courte: http://www.demainonline.com/?p=6029

Les Marocains des Hauts-de-Seine peuvent voter six fois (au moins)

 par ibnkafka, 2/6/2011

Depuis l’annonce illégale selon laquelle les Marocains résidant à l’étranger (MRE) pouvaient voter sans être inscrits – c’est contraire aux articles 135 et 137 du Code électoral, comme j’ai eu l’occasion de le montrer – les ambassades et consulats du Maroc à l’étranger font assaut de zèle pour faciliter leur vote – aux référendums seulement, le vote aux législatives se heurtant à d’insurmontables difficultés techniques. Bon, on sait maintenant que ce zèle ne servira pas à grand chose – selon les chiffres préliminaires du ministère de l’intérieur, 73% des électeurs inscrits (mais pour les MRE, on a vu qu’ils sont électeurs sans être inscrits, contrairement à ce qu’impose le Code électoral) ont voté et 98% des suffrages exprimés se sont portés sur le « OUI ».( résultats proclamés dès le samedi matin, alors que les bureaux de vote ferment ...le dimanche à 19h! ndlr)

Le consulat général du Maroc à Colombes, dans les Hauts-de-Seine (banlieue parisienne), a ainsi ouvert six bureaux de vote dans ce département, devant être ouverts de 8 à 19 heures du vendredi au dimanche (eh oui, en violation du principe d’égalité de traitement, les MRE ont trois jours pour voter aux référendums là où les Marocains restés au Maroc en dispose d’un seul):

Le Consulat Général du Royaume du Maroc à Colombes informe les ressortissants marocains, résidant dans le département des Hauts de Seine, que six bureaux de vote sont mis à leur disposition pour accomplir leur devoir national.

Le vote se déroulera durant trois jours :

Vendredi 1er, Samedi 02 et Dimanche 03 juillet 2011.

Les bureaux de vote sont ouverts de 8h à 19h et sont localisés dans les villes suivantes :

Asnières-sur-Seine : Salle Victor Schœlcher du Centre Robert Lavergne, 11 rue Robert Lavergne 92600 – Asnières sur Seine : Accès : Métro 13, Asnières – Gennevilliers – Les Courtilles
Boulogne-Billancourt : Salle du Parchamp, 3 rue de l’Église – 92100 Boulogne Billancourt, Accès : Métro 10, Boulogne – Jean-Jaurès
Clichy-la-Garenne : 3 Rue du docteur Calmette 92110 Clichy Accès : Métro 13, Mairie de Clichy
Colombes : (Consulat du Maroc) 89 rue des gros grès 92700 colombes, Accès : Bus 73, 166, 167, 176, 235, 358, 367 et 378
Gennevilliers : Bourse du travail, 3 rue Lamartine 92230, Accès : Métro ligne 13, les Agnettes
Nanterre : Salle de quartier des provinces françaises, allée de Normandie – 92000 Nanterre, Accès : Gare RER A – Nanterre Université

Pour tout complément d’information, contacter le numéro indigo 08 11 04 03 92 (coût d’un appel local)

Le ressortissant marocain muni d’une carte d’identité nationale ou d’un passeport, entreprenant et civique au-delà du raisonnable pourrait donc voter au moins six fois au référendum sans franchir la frontière de son département de résidence. Les électeurs un peu plus aventureux ou motivés pourraient, sans quitter la région parisienne, voter dans un des 24 autres bureaux de vote en Ile-de-France (soit trente au total pouvant être visités avec la Carte orange). Comme les listes d’émargement ne seront pas vérifiés par rapport aux inscriptions consulaires, et comme ces listes ne sont pas informatisées, je vous laisse juges de la régularité de l’opération référendaire…

Le 3 juillet, ON MARCHE A MOHAMMEDIA

Par Ali Fkir, 2/6/2011

Mohammedia: les jeunes du mouvement du 20 février ont décidé au cours d'une réunion tenue le 1er juillet 2011 (au local commun de l'alliance de gauche démocratique et d'ANNAHJ ADDIMOCRATI), et sans aucune opposition, d'ORGANISER le dimanche 3 juillet une MARCHE POPULAIRE.

Des vessies pour des lanternes

Par Hind Taarji. La Vie éco, 1/7/2011
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Comme un seul homme, tous les partis politiques, à l'exception des «extrémistes», se sont levés pour applaudir aux formidables avancées portées par cette nouvelle Constitution qui conserve au Souverain l'essentiel de ses prérogatives.

Le PJD affiche sa satisfaction. Il a raison de le faire. Il a suffi que Abdelillah Benkirane monte sur ses grands chevaux pour que, comme par enchantement, à sa publication, le texte constitutionnel se présente, «purifié» de ce qui a suscité la «colère» préventive du secrétaire général du Parti de la justice et du développement. Au cours des jours précédant la publication de la nouvelle Constitution, des fuites bien orchestrées ont laissé entendre que la liberté de conscience s’y trouvait mentionnée. «L’islam reste la religion de l’Etat mais la liberté de croyance est garantie dans le cadre de la loi et sans que cela ne porte atteinte à l’ordre public», a cru savoir l’AFP en se basant sur des sources concordantes. Le lendemain de la diffusion de cette information, Abdellilah Benkirane profitait d’une rencontre à Témara avec la jeunesse du PJD pour clamer son rejet du principe de la liberté de croyance, criant à l’atteinte à l’identité islamique nationale. Et de menacer: «Si on est contraint de voter contre (la Constitution), on le fera. On mènera même une campagne pour inciter les gens à voter non». Haussant le ton, il donnait libre cours à sa hargne contre «ces gens qui se disent laïcs et qui veulent juste corrompre ceux qui ont la foi». Et d’ajouter : «Nous sommes une nation musulmane, c’est notre nature. Nous n’allons pas permettre à d’autres de construire des églises, de convertir nos enfants au christianisme !».

M. Benkirane, qui, à la lumière de l’information précitée, a exigé la révision du texte constitutionnel avant son adoption par le Roi, a donc tout lieu d’être satisfait. Dans ce Maroc qui prétend à la modernité et à la démocratie, c’est sa voix qui est écoutée. Exit la liberté de croyance (si tant est qu’elle trouva effectivement une place temporaire dans la nouvelle Constitution), cette liberté première à la base de toutes les autres. Et pauvres, pauvres de ceux qui espéraient encore être surpris par le courage des membres de la commission mise en place pour concocter le texte censé nous mettre en orbite démocrate. Comme un seul homme, tous les partis politiques, à l’exception des «extrémistes», se sont levés pour applaudir aux formidables avancées portées par cette nouvelle Constitution qui conserve au Souverain l’essentiel de ses prérogatives et continue à m’interdire à moi, citoyenne, le droit fondamental de croire ou de ne pas croire.

Il y a plus de deux cents ans que cette liberté-là a été acquise dans cet Occident dont nous nous revendiquons du modèle politique. Deux cents ans que les citoyens sont libres de gérer à leur guise leur rapport au Bon Dieu, de le reconnaître ou pas, de suivre Moïse, Jésus, Mohammed, Bouddha ou Tartapion sans que personne ne vienne leur réclamer des comptes. Parce que cela ne regarde personne, et encore moins l’Etat, et encore moins des politiciens qui vont instrumentaliser cette chose précieuse et personnelle qui s’appelle la foi pour accéder à cet outil pervers et dangereux qui se nomme le pouvoir. «Ces gens qui se disent laïcs et qui veulent juste corrompre ceux qui ont la foi», nous dit M. Benkirane. Mais qu’est-ce qui corrompt plus la foi que l’hypocrisie ? L’hypocrisie des tartuffes qui, dissimulés derrière l’habit de la religion, se permettent les pires saloperies ! «Nous n’allons pas permettre à d’autres de construire des églises, de convertir nos enfants au christianisme !». Les nations «chrétiennes» européennes ne devraient donc pas, elles aussi, autoriser les quatorze à quinze millions de musulmans qui vivent en leur sein à édifier des mosquées. Quant aux chrétiens qui se convertissent à l’islam, elles devraient les envoyer au fond du trou tout comme les prédicateurs qui, par leur prosélytisme, les ont arrachés à leur mère l’Eglise. Mais voilà, ces nations-là sont laïques et ce qui relève de la foi personnelle des individus n’est pas leur affaire. Et lorsque des populistes de droite et d’extrême-droite veulent interdire l’édification des minarets, des voix s’élèvent pour les dénoncer en tant que pourfendeurs de la laïcité et de la démocratie.

Par ailleurs, que nous montrent toutes ces polémiques en Europe autour du voile, des prières de rue ou du halal sinon des pratiques de l’islam qui, loin de se diluer, se renforcent, s’affirmant au point d’inquiéter la société d’accueil et la conduire à s’interroger sur son identité ? L’attachement à l’islam est-il moins fort chez les Marocains de l’Occident que chez leurs concitoyens du Maroc ? A voir la pratique religieuse des jeunes en émigration, tout indique qu’il est aussi, sinon même plus puissant. La laïcité ne se pose pas en ennemi de la religion. Elle se contente de séparer les sphères du religieux et du politique de manière à ce que le premier n’instrumentalise par le second. En cela, elle est la clé de voûte de toute véritable démocratie. La liberté de croyance(*) relève des libertés individuelles telles que définies par la Déclaration universelle des droits de l’homme à laquelle le Maroc affirme adhérer. La démocratie est un tout. Ce n’est pas un supermarché où l’on prend ce qui arrange et laisse ce qui dérange. Et tant que moi, Marocaine du XXIe siècle, je ne peux pas choisir et décider de mes croyances, je ne serai pas en démocratie. Alors, de grâce, qu’on arrête de vouloir me faire prendre des vessies pour des lanternes !


(*) Mardi 21 juin à Strasbourg, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe a octroyé au Parlement marocain le statut de «partenaire pour la démocratie». Mais la résolution adoptée l’engage à respecter «la liberté de conscience, de religion et de croyance, y compris le droit de changer de religion»

www.lavieeco.com

vendredi 1 juillet 2011

Maroc : Un dirigeant de l’USFP (en faveur du « oui ») raconte l’arnaque du vote

 Par B.S., Demainonline, 1/7/2011

Rabat.- Ali Bouabid, le fils d’Abderrahim Bouabid l’un des fondateurs de l’Union socialiste des forces populaires (USFP), est allé voter aujourd’hui. Ali Bouabid est membre du bureau politique de l’USFP, un parti acquis corps et âme au « oui » à la nouvelle constitution. Lui même défendait aujourd’hui dans les pages du Figaro le « oui » à la constitution.

Voici son témoignage paru dans Facebook, et qui corrobore d’autres dans tout le Maroc, quant à une grande manipulation des bureaux de vote par l’Etat marocain pour « pousser » le oui vers le haut du taux de participation.

« Je viens de voter. Je remets ma carte d’électeur. Je demande si on doit vérifier mon identité. On me dit « on ne fait pas ça ». On trouve mon nom sur les listes. On met une croix en face de mon nom. je vote. Je demande si je dois signer on me dit non. Je dis : mais vous pouvez mettre autant de croix à la place des personnes qui ne sont pas venues voter puisqu’aucune signature n’est requise ! Amer. »

Y a-t-il encore des doutes quant à la validité et à l’honnêteté de ce scrutin sans contrôles ?
/http://www.demainonline.com/2011/07/01/un-dirigeant-de-lusfp-en-faveur-du-oui-raconte-larnaque-du-vote/

Maroc : le rêve d’une monarchie parlementaire s’éloigne

L’avocat marocain Jad Siri montre les limites du projet du roi Mohammed VI
Par René Dassié, 30/6/2011

Les Marocains sont appelés à voter par référendum, vendredi, le projet de réforme de la constitution présenté il y a une semaine jour pour jour, par le roi Mohammed VI. Alors que la plupart des partis a appelé à répondre par oui au projet du roi, certains mouvements, comme le « Comité du 20 février », appellent à le boycotter. De nombreux analystes pensent en effet que si le texte constitue une avancée, il ne consacre néanmoins pas une évolution vers la monarchie parlementaire que nombre de Marocains appellent de leurs vœux. Avocat, Jad Siri montre les limites du projet.

Lors d’un discours à la nation vendredi, le roi du Maroc, Mohammed VI, a présenté un projet de réforme constitutionnelle, comme réponse aux manifestations qui dans son pays appellent à une transition vers la démocratie. Le souverain a appelé ses sujets à s’exprimer par référendum sur son projet, vendredi. Cependant, si dans son élan réformateur Mohammed VI souhaite abandonner quelques pans de ses prérogatives royales à un Premier ministre issu de la majorité à l’Assemblée nationale, une bonne frange de la population marocaine, qui rêvait d’une monarchie parlementaire, pense qu’il n’est pas allé assez loin et conserve en réalité les principaux leviers du pouvoir exécutif. C’est le cas de Jad Siri, un avocat marocain qui a jeté dans le débat, il y a quelques semaines, un projet de constitution rédigé par ses soins, sans doute pour inspirer la commission des réformes mise en place par le dirigeant du royaume chérifien. Jad Siri est aussi l’auteur d’un texte très critique vis-à-vis du projet de Mohammed VI, publié sur Rue89. Dans cette interview, il explique les limites des propositions de réformes du roi du Maroc.

Afrik.com : Le roi Mohammed VI a finalement décidé de garder la haute main sur la direction de l’Etat alors que vous souhaitiez qu’il se mette en retrait, en régnant sans gouverner. On imagine que vous êtes déçu...
Jad Siri : Je trouve le projet assez décevant. Évidemment, je ne me faisais pas d’illusion sur le texte qui serait proposé. Je ne m’attendais pas, sauf surprise, à ce que la commission qui a rédigé le texte fasse en sorte que le roi soit complètement dépossédé de ses pouvoirs. De toute façon, le roi et ses conseillers, ayant revu le projet avant sa divulgation, auraient « corrigé » des propositions qui seraient allées dans ce sens.

Afrik.com : Vous aviez proposé un projet de constitution très démocratique, instituant une monarchie parlementaire. Pensez-vous que la commission a tenu compte de vos propositions ?
Jad Siri : Certains membres de la commission y ont eu accès. Je ne sais pas ce qu’ils en ont fait exactement.

Afrik.com : Dans le projet du roi, les fonctions du Premier ministre sont tout de même renforcées. Il peut par exemple dissoudre la chambre basse du parlement. N’est-ce pas un pas vers une démocratie parlementaire ?
Jad Siri : Absolument pas. Si le rôle du Premier ministre a été légèrement éclairci, il n’en a pas pour autant vraiment les pouvoirs. Comme c’est un système parlementaire qui est soi-disant mis en œuvre, c’est le Premier ministre qui devrait avoir vraiment le pouvoir exécutif. Dans le projet proposé, on déclare qu’il est le chef de l’Exécutif, mais il n’en a pas vraiment le pouvoir et les compétences. Le pouvoir de dissolution de la chambre des représentants est bien mais, en pratique, ce n’est pas cela qui fait la vie d’un gouvernement et la gestion d’un Etat par un gouvernement. Le chef de l’exécutif demeure un exécutant, un « metteur en œuvre » des décisions royales. D’ailleurs les pouvoirs de nomination surtout aux postes stratégiques sont réservés au roi. Donc le Premier ministre ne peut que suivre ou exécuter des décisions prises par le roi. Son pouvoir de nomination est assez restreint et son pouvoir d’initiative demeure limité. Le gouvernement existe mais les principaux sujets sont tranchés devant le conseil des ministres qui est présidé par le roi.

Afrik.com : Vous souhaitiez que le roi puisse être destitué, par exemple en cas de haute trahison. Mais le projet de Mohammed VI consacre l’inviolabilité de la personne du roi. Comment l’analysez-vous ?
Jad Siri : Je prévoyais, en un mot, qu’il puisse prêter serment lorsqu’il montait sur le trône. Comme le fait le roi d’Espagne d’ailleurs. Et dès lors qu’il prêtait serment, il y avait faculté de destituer le roi, par un mécanisme spécifique. Il ne s’agit pas de permettre une destitution n’importe comment et à tout instant. L’inviolabilité qui existe dans le texte actuel et qui est maintenu dans le projet, c’est lui garantir son irresponsabilité. Il n’a pas de comptes à rendre. Ce système n’est pas acceptable dès lors qu’il a des pouvoirs importants. Cette inviolabilité qui existe pour le roi d’Espagne (mais ce dernier n’a pas de pouvoir politique) pourrait être éventuellement admissible s’il n’a pas de pouvoir en face. Et si le nouveau texte supprime le caractère sacré de la personne du roi, on réitère cependant le principe selon lequel « respect Lui est dû ». Dans ces conditions, toute remarque, critique ou observation sur le roi pourrait être interprétée comme portant atteinte au respect qui lui est dû. D’ailleurs, dans le texte qui est proposé aujourd’hui, les parlementaires sont expressément visés par cette interdiction : l’article 64 du projet dispose qu’un membre du parlement peut être poursuivi dès lors qu’il émet une opinion qui « constitue une atteinte au respect dû au Roi ». Un parlementaire qui discuterait ou critiquerait une décision prise par le roi, une nomination faite par le roi, une action menée par ce dernier sera-t-elle considérée comme violation constitutionnelle ? .... Si c’est interprété comme aujourd’hui, ce sera le cas. Par ailleurs, la personne du roi mérite-t-elle vraiment un respect supérieur à celui auquel ont droit les autres Marocains ?

Afrik.com : On note tout de même des avancées dans le texte proposé par le roi, non ?
Jad Siri : On peut noter positivement une énonciation assez détaillée des droits de l’Homme. Avec quelques principes marquant, par exemple l’abolition tacite mais clair de la peine de mort, la prohibition formelle de tout ce qui est torture, atteinte à la dignité humaine, droit des personnes arrêtées et détenues etc... Un petit bémol toutefois, les droits de la presse ne sont pas garantis comme ils devraient l’être. Le texte renvoie à des lois de mise en œuvre de cette liberté. Mais qu’est-ce qu’on va mettre dans ces lois ? On devrait garantir de manière plus précise les droits de la presse et des médias, leur indépendance vis-à-vis du pouvoir, leur indépendance économique. Une autre question demeure qui est celle de la mise en œuvre des droits de l’Homme. Il va falloir les organiser et je crains qu’à cette occasion, on ne restreigne les principes énoncés par des délais de mise en œuvre, des conditions particulières qui feront que ces droits seront dans les faits inapplicables ou très largement diminués. Par ailleurs, il y a un élément identitaire avec la reconnaissance du berbère comme langue officielle au côté de l’arabe. C’est une avancée qui va néanmoins se heurter à des difficultés de mise en pratique. Il va falloir traduire toutes les lois en berbère, il va falloir prévoir tous les actes administratifs dans les deux langues, il va falloir que tous les jugements soient rendus dans les deux langues. Cela va créer des risques de différence d’interprétation d’un texte selon qu’il est dans une langue ou dans une autre. De même, les agents administratifs vont devoir pouvoir parler les deux langues. Ça va être compliqué.

Afrik.com : Vous souhaitiez également que le principe de la parité homme/femme au parlement soit inscrit dans la constitution. Qu’en a-t-il été ?
Jad Siri : Dans le projet que j’ai présenté, j’assurais la parité homme/femme au sein du gouvernement et des deux chambres du parlement. Dans le projet qui est soumis à referendum, il y est question d’égalité de traitement des hommes et des femmes au niveau des droits politiques, économiques et sociaux. Le texte prévoit en outre que des lois soient mises en œuvre pour assurer la promotion de l’accès des femmes aux responsabilités politiques. On note quand même quelques ambiguïtés dans le discours du roi qui a présenté le nouveau projet de constitution. Le roi a dit que cette égalité s’applique conformément aux dispositions du projet de constitution mais également dans le respect des lois inspirées de l’islam. D’où un bémol : les règles inspirées de la constitution assurent l’égalité ; mais les règles issues de la tradition musulmane prévoient l’inégalité. Quelle règle va prévaloir ? Par exemple, les règles religieuses relatives à l’héritage prévoient que la femme hérite de la moitié de ce dont hérite un homme. Cette règle va-t-elle continuer à être appliquée, ou fera-t-on prévaloir le principe de l’égalité homme/femme ? Il va falloir clarifier ce point. Sur cette question, comme pour d’autres, je pense que le texte aurait pu être plus offensif sur la question et aurait pu affirmer une parité homme/femme au niveau du gouvernement et du parlement.

Afrik.com : Le texte que vous avez rédigé demandait également d’interdire le travail forcé et l’esclavage. Ces pratiques ont-elles encore cours au Maroc ?
Jad Siri : Juridiquement, elles sont interdites. Mais quand on voit le scandale des femmes de ménage, des enfants employés comme domestiques dans certaines familles, nous sommes pas loin dans les faits de l’esclavage. Réaffirmer cette prohibition au niveau constitutionnel lui aurait donné une plus grande force dans sa condamnation.

Afrik.com : De nouvelles manifestations sont annoncées au Maroc. Est-ce, selon vous, parce que les populations ne sont pas satisfaites des propositions du roi ?
Jad Siri : Il y a deux catégories de manifestations. Il y a des manifestations pro-projet du roi. Elles réaffirment avec beaucoup de bruits leur soutien inconditionnel au roi, à ce qu’il proposera de toute façon. On dit ici et là qu’il s’agit de manifestations artificielles, préparées à l’initiative du régime, du pouvoir, pour « discréditer », contrecarrer les manifestations des « Comités du 20 février » qui continuent de s’opposer au projet mais qui appellent au boycott. Je suis d’accord qu’il faille s’opposer au projet parce qu’il n’est pas satisfaisant. En revanche, sur la méthode, je pense qu’il faut aller voter, il faut aller voter non. Il faut délivrer un message clair avec un non massif plutôt qu’un boycott.

Maroc
Hicham Khaloua, la nouvelle merveille marocaine qui affole l’Europe
• Référendum au Maroc : au nom de Dieu, du roi et du bâton
• Maroc : partisans et adversaires de la réforme mobilisés
http://www.afrik.com/article23176.html

Le site de Demain online a été attaqué par des « baltajias du net »


Le site de Demain online a été victime hier d’une attaque de grande envergure. Des « baltajias du net » dûment payés par « qui de droit », s’en sont pris à ce site et par conséquent au serveur qui nous héberge aux Etats-Unis. Ce dernier a été obligé de bloquer pendant quelques heures l’accès à Demain online afin de préserver la « santé » de tout le système.
Avec l’estimable, généreuse et désintéressée aide fournie par plusieurs amis anonymes, nous avons pu rétablir rapidement la situation.
Voilà l’esprit du régime de l’ancienne et nouvelle constitution. Ça ne me plaît pas ce que tu écris, je te harcèle, je t’espionne, je te diffame, je te colle des procès, je te condamne, je t‘envoie en prison, je t’interdis d’écrire et maintenant j’attaque ton site sur Internet. Silence !
Certes, nous ne sommes pas des enfants de chœur, mais nous ne sommes pas non plus des malfaisants. La différence entre nous et le régime de Mohamed VI, qui nomme un outrancier diffamateur à la tête de l’agence officielle de presse, c’est que nous ça ne nous viendra jamais à l’idée d’attaquer « physiquement » un média, écrit, audiovisuel ou électronique, parce que ses idées et opinions ne nous plaisent pas.
Chacun est libre de dire et d’écrire ce que bon lui chante. Et même les insultes et accusations en tout genre des mercenaires de la plume ou du micro entrent par une oreille et ressortent par une autre. Cela n’a aucune incidence sur notre travail d’information.
En fait, nous sommes comme ces virus qui à force d’antibiotiques deviennent plus résistants, plus imperméables aux assauts auxquels ils sont soumis constamment. En résumé, plus on nous tape sur la gueule, plus on devient résistant. « Ce qui ne te tue pas, te rend plus fort« , dit un proverbe européen.
Il y aura sûrement d’autres attaques de ces rustres du cyberespace, mais comme nous ne faisons pas dans le commerce et que nous ne sommes donc soumis à aucune autre obligation que la littérature que nous fournissons à nos lecteurs, nous pouvons résister aux assauts du cybermakhzen.
Ils attaquent notre navire, nous réparons les dégâts, ils le coulent nous construisons un autre.
Ainsi va la vie amis lecteurs.
Demain

Le site de Demain online a été victime hier d’une attaque de grande envergure. Des « baltajias du net » dûment payés par « qui de droit », s’en sont pris à ce site et par conséquent au serveur qui nous héberge aux Etats-Unis. Ce dernier a été obligé de bloquer pendant quelques heures l’accès à Demain online afin de préserver la « santé » de tout le système.

Avec l’estimable, généreuse et désintéressée aide fournie par plusieurs amis anonymes, nous avons pu rétablir rapidement la situation.

Voilà l’esprit du régime de l’ancienne et nouvelle constitution. Ça ne me plaît pas ce que tu écris, je te harcèle, je t’espionne, je te diffame, je te colle des procès, je te condamne, je t‘envoie en prison, je t’interdis d’écrire et maintenant j’attaque ton site sur Internet. Silence !

Certes, nous ne sommes pas des enfants de chœur, mais nous ne sommes pas non plus des malfaisants. La différence entre nous et le régime de Mohamed VI, qui nomme un outrancier diffamateur à la tête de l’agence officielle de presse, c’est que nous ça ne nous viendra jamais à l’idée d’attaquer « physiquement » un média, écrit, audiovisuel ou électronique, parce que ses idées et opinions ne nous plaisent pas.

Chacun est libre de dire et d’écrire ce que bon lui chante. Et même les insultes et accusations en tout genre des mercenaires de la plume ou du micro entrent par une oreille et ressortent par une autre. Cela n’a aucune incidence sur notre travail d’information.

En fait, nous sommes comme ces virus qui à force d’antibiotiques deviennent plus résistants, plus imperméables aux assauts auxquels ils sont soumis constamment. En résumé, plus on nous tape sur la gueule, plus on devient résistant. « Ce qui ne te tue pas, te rend plus fort« , dit un proverbe européen.

Il y aura sûrement d’autres attaques de ces rustres du cyberespace, mais comme nous ne faisons pas dans le commerce et que nous ne sommes donc soumis à aucune autre obligation que la littérature que nous fournissons à nos lecteurs, nous pouvons résister aux assauts du cybermakhzen.

Ils attaquent notre navire, nous réparons les dégâts, ils le coulent nous construisons un autre.

Ainsi va la vie amis lecteurs.

Demain

Référendum constitutionnel au Maroc : urnes délaissées...?

Par Ali Fkir, 1/6/2011 
 
A Mohammedia, et jusqu'à midi 30, AUCUNE "queue" devant un quelconque "bureau de vote". Il y a même des bureaux complètement en chômage (cas du collège "Ibnou rachik" (Derb Marrakech).  
J'ai cherché en vaine le "bureau témoin" qui doit accueillir le 1er responsable de la ville et peut-être la "visite" des médias et autres beni oui oui, la propagande/publicité oblige. En principe dans chaque ville, chaque patelin... les services de l'intérieur confectionnent une mise en scène (bureau de vote témoin): les queues, bousculades pour "s'exprimer",les vives le roi, les cris de "oui à la constitution", "l'interpellation du devoir national", les bouffonneries des leaders politiques...
A Mohammedia, et jusqu'à midi 30mn, le taux de participation serait, sans exagération aucune, inférieur à 10%
L'intérieur dira que le taux de participation est supérieur à 80%
Au Maroc et depuis 1962, nous autres vieux, nous nous sommes habitués aux ridicules chiffres qu'avancent les services du makhzen. C'est pourquoi nous devons continuer à lutter, et avec plus de détermination, contre le système en place.
VIVE LE MVT20FEVRIER !

Le maire de Fès en guerre contre le Mouvement du 20 février...

Par Ali Fkir, 12/7/2011
Le camarade Lahcen Allabou est suspendu de ses fonctions par  Chabat, maire de Fès, et cela pour ses activités d'appui aux jeunes du MVT20FEVRIER.
Chabat
Lahcen Allabou est membre du CN d'ANNAHJ ADDIMOCRATI, responsable syndical, militant de l'AMDH....
Rappelons que Chabat mène une guerre acharnée contre le MVT20FEVRIER. 

La solidarité nous interpelle!

La décision écrite de suspension :
http://nsa27.casimages.com/img/2011/07/12/110712021342751260.jpg

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Chabat vire deux fonctionnaires appartenant au mouvement du 20 février
Par lakome.com, 13/7/2011
Le maire de Fès, Hamid Chabat, a pris la décision de démettre de leur fonction deux employés des communes urbaines de Fès. Les deux fonctionnaires, Lahcen Alabou et Mohamed Lharak, auraient été licenciés en raison de leur soutien au mouvement 20 février.

Le maire a justifié le licenciement de Lahcen Alabou, qui a pris effet depuis le 1 juillet, par le départ non justifié du concerné de son travail, l’insulte et la diffamation contre les responsables du centre de la commune urbaine et l’empêchement du déroulement normal des départements communaux. Mr Alabou travaillait comme aide technicien. Il est aussi secrétaire régional du parti Annahj Addimocrati et membre de l’union régionale de l’UMT mais également du conseil local d’appui au mouvement 20 février. Mohamed Lharak de son côté est membre de l’USFP et du mouvement 20 février.
La décision prise par le maire Istiqlalien est venue suite à la reprise de slogans contre lui demandant son départ dans les manifestations qu’organise le mouvement 20 février. D'autres slogans l accusaient de corruption et de diriger une bande de criminels et de « Baltagia ».

Chabat a attaqué à plusieurs reprises le mouvement du 20 février en traitant ces membres d’ennemis de dieu et de la partie, il a également présidé des manifestations contre le 20 février et a appelé à l’éradication du mouvement.
http://fr.lakome.com/politique/42-actualites-politique/536-chabat-vire-deux-fonctionnaires-appartenant-au-mouvement-20-fevrier.htmlhttp://fr.lakome.com/politique/42-actualites-politique/536-chabat-vire-deux-fonctionnaires-appartenant-au-mouvement-20-fevrier.html

Référendum marocain : Le cambriolage du siècle

Par Ali Lmrabet, 30/6//2011
Dans un pays moyennement normal, puisqu’on ne peut pas se comparer à une entité démocratique, une élection ou un référendum de cette importance nécessite de la neutralité de l’Etat.
Or, qu’est-ce qu’on voit actuellement ? Au lieu de s’abstenir et d’attendre les résultats du referendum constitutionnel du 1er juillet qui vont déterminer les souhaits des Marocains, l’Etat a mis de côté délibérément sa neutralité et a engagé toutes ses forces pour soutenir un camp, celui du « oui ».

Tout y passe. Discours du roi durant lequel le chef de l’Etat profite de sa position et de la retransmission radiotélévisée, servie à des millions de marocains, pour lancer un appel en faveur du « oui », l’administration en entier qui se met en branle pour pousser, et au besoin aider, les électeurs à « bien » voter, les imams de toutes les mosquées du royaume qui délaissent le Coran pour la politique, et enfin le déferlement organisé des serviteurs du régime dans les rues marocaines pour montrer la voie à suivre.

On a l’impression que l’Etat, c’est-à-dire la monarchie marocaine, consciente qu’elle joue son avenir, cherche à ce que les Marocains votent pour sauvegarder son pouvoir, ses palais et ses affaires, et non les intérêts de la nation tout entière.

Car enfin, quelle valeur a une loi fondamentale cuisinée en trois mois par un duo constitué par le principal conseiller royal et un constitutionnaliste aux ordres ? Et puis, qui va croire qu’en dix jours de campagne, les Marocains, dont l’immense majorité ne sait même pas de quoi il en retourne, vont décider sereinement et en leurs âmes et consciences de leur futur ?

La rapidité avec laquelle a été concocté le projet de constitution, et le délai, extrêmement court (10 jours !), entre sa présentation à l’opinion publique et le référendum d’adoption, ne sont pas innocents. Cette hâte suspecte nous fait penser à quelqu’un qui commet un larcin et qui quitte rapidement les lieux du crime. En somme, il s’agit d’un cambriolage de grande dimension au détriment des Marocains dont on sait qu’ils sont encore abrutis par des décennies de peur face à une monarchie absolue omniprésente.

Maintenant, si la probable adoption de cette charte ne va pas résoudre les affaires des Marocains, puisque le roi tout en refilant quelques gadgets à son premier ministre garde l’essentiel du pouvoir, elle ne résout pas non plus celles de nos gouvernants.

La boite de Pandore a été ouverte quand un jeune Tunisien a décidé de s’immoler par le feu pour crier son désarroi et réclamer ses droits. Ce jour-là, le petit génie de la liberté est sorti.

Essayez donc de le faire rentrer dans la boite !

http://www.demainonline.com/2011/06/30/le-cambriolage-du-siecle/

L'AMDH boycotte le projet de constitution

بــــــــيـــــــــــان

الجمعية المغربية لحقوق الإنسان
تعتبر أن مشروع الدستور المعدل حافظ على الجوهر الاستبدادي للدستور الحالي
وتؤكد مواصلتها النضال من أجل دستور ديمقراطي

أولت الجمعية المغربية لحقوق الإنسان أهمية قصوى لمطلب إقرار دستور ديمقراطي منذ أكثر من 10 سنوات، معتبرة الدستور الحالي، المصادق عليه سنة 1996، معيقا لأي تقدم فعلي في مجال الديمقراطية واحترام الحقوق، بحكم طابعه الاستبدادي وإجهازه على حق الشعب المغربي في تقرير مصيره الذي تقره المواثيق الدولية لحقوق الإنسان. كما حذرت الجمعية في بيانها الصادر عن مؤتمرها الأخير، من مغبة الإقدام على تعديلات دستورية جزئية لا ترقى إلى مستوى إقرار دستور ديمقراطي حقيقي بلورة ومضمونا وتصديقا.

وإن المكتب المركزي للجمعية المغربية لحقوق الإنسان بعد تدارسه مضمون الوثيقة الدستورية المطروحة للإستفتاء يوم فاتح يوليوز والتي تم الإعلان عنها يوم 17 يونيو 2011، خلص إلى ما يلي:

· يحيي الحركة الشبابية ل20 فبراير والداعمين لها الذين فرضوا بالحراك السياسي والاجتماعي الذي خلقوه، فتح الورش الدستوري الذي بقي مغلقا رغم توصيات هيئة الإنصاف والمصالحة ـ الصادرة منذ أزيد من 5 سنوات ـ ومطالب الحركة الحقوقية بتنفيذها؛

· يذكر بمواقف الجمعية المعبر عنها من خطاب الملك ل09 مارس والأفق المحدود للتعديلات التي سطرها، و من اللجنة الاستشارية لمراجعة الدستور وهي المواقف التي انتقدت الطابع غير الديمقراطي للمنهجية المعتمدة واللجنة المشكلة؛ وهو ما انعكس بشكل جلي على مضامين مشروع الدستور المعدل المعلن عنه، الذي ظل بعيدا عن مقومات الدستور الديمقراطي، وغير منسجم في الجوهر مع المواثيق الدولية لحقوق الإنسان والقانون الدولي الإنساني؛ وذلك للاعتبارات التالية :


ــ رغم إدراج عدد من الحقوق والحريات في مشروع الوثيقة كتجريم التعذيب، والاعتقال التعسفي والاختفاء القسري في المشروع المقترح ـ والذي يعد تطويرا للدستور الحالي ـ فعدم توفر ضمانات دستورية ـ القضائية منها بالخصوص ـ لتنزيل هذه الحقوق وضمان حمايتها وعدم إفلات منتهكيها من العقاب يحد من تأثيرها في الواقع. كما أن المشروع لا يقر إحدى الحريات الأساسية وهي حرية العقيدة.

ــ رغم التصريح بسمو المواثيق الدولية لحقوق الإنسان في الوثيقة المقترحة فقد تم تقييده بسقف الخصوصية المتجلية في أحكام الدستور والقوانين المحلية والهوية الوطنية مما يشكل تناقضا يفرغ هذا السمو من أي مضمون.


ــ إن المشروع لم يكرس المساواة الفعلية بين النساء والرجال، بسبب اشتراطه عدم تعارض تلك المساواة مع الخصوصيات المتجلية في "أحكام الدستور وثوابت المملكة وقوانينها"، وهي مصدر التمييز بين الجنسين في الحقوق المدنية، ومبرر تحفظات المغرب في هذا المجال. مما يفرغ التنصيص على المساواة بين الجنسين من مضمونه الحقوقي الكوني.

ــ رغم إيجابية إقرار المشروع بالأمازيغية كلغة رسمية، فقد تم تأجيل أجرأة هذا الترسيم من خلال ربطه بصدور قانون تنظيمي؛ كما تم تكريس التراتبية بين اللغتين العربية والأمازيغية.

ــ إن المشروع لا يقر بحق الشعب المغربي في تقرير مصيره المنصوص عليه في العهود الدولية لحقوق الإنسان بسبب عدم احترم السيادة الشعبية وذلك من خلال هيمنة السلطة الملكية على السلطة التنفيذية (المجلس الوزاري، المجلس الأعلى للأمن، التحكم في الجيش، وحل البرلمان وصلاحيات تنفيذية أخرى جوهرية ومتعددة)، وتحكمه في مجال التشريع وتغيير الدستور، وترأسه للسلطة القضائية وهيمنته على السلطة الدينية، كأمير للمؤمنين، مع تمكينها من صلاحيات تشريعية واسعة.
ــ إن المشروع لا يضمن فصلا للسلط بسبب مراكمة المؤسسة الملكية لأهم السلط : التنفيذية والتشريعية والقضائية والدينية.
ــ إن المشروع لا يضمن استقلالا فعليا للقضاء مادام رئيس السلطة التنفيذية هو رئيس المجلس الأعلى للسلطة القضائية ويعين جزءا من أعضائه، ويتحكم في المحكمة الدستورية بتعيين نصف أعضائها ورئيسها ويتحكم في حق العفو بدون حدود مما يسمح بإلغاء الأحكام والمتابعات.

ــ إن المشروع لا يضمن فصلا بين الدين والدولة، بل يعمق هيمنة السلطة الدينية من خلال دسترة المجلس العلمي الأعلى ورئاسة الملك له وجعله مصدرا موازيا للتشريع عبر الإفتاء الرسمي.

ــ إن المشروع يكرس مضمون الفصل 19 من الدستور الحالي ـ الذي ظل يعتبر دستورا داخل الدستور ـ حيث تم تجزيئه إلى فصلين 41 و42، مع تعزيز سلطات الملك الدينية.


ــ إن مبدأ ربط المسؤولية بالمحاسبة المثبت في ديباجة المشروع يفرغ من مضمونه بوضع جوهر السلط التنفيذية والتشريعية والدينية خارج البرلمان والحكومة ووضعها بين يدي الملك المحصن من أية محاسبة، رغم حذف مصطلح القداسة في المشروع.

· إن المكتب المركزي، بعد تحليله لمضامين مشروع الدستور على ضوء مقومات الدستور الديمقراطي التي سطرها المؤتمر التاسع للجمعية (ماي 2010)، ووقوفه على تناقض تلك المضامين في العديد من الفصول مع المعايير الكونية لحقوق الإنسان:

- يعتبر أن مشروع الدستور المعدل ما زال محافظا على الجوهر الاستبدادي للدستور الحالي وغير متلائم مع المواثيق الدولية لحقوق الإنسان، وبالتالي لا يمكن أن يشكل مدخلا لبناء دولة الحق والقانون ومجتمع الكرامة والمواطنة.

- يؤكد أن النضال من أجل دستور ديمقراطي ما زال مستمرا، ويجدد دعمه للحركة النضالية التي أطلقها شباب 20 فبراير والتي تواصل نضالها من أجل دستور ديمقراطي ومن أجل الكرامة والحرية والعدالة الاجتماعية.

المكتب المركزي
الرباط في 24 يونيو 2011
Mohammedia n'a pas manqué son rendez-vous avec le mouvement du BOYCOTT à la veille de la mascarade du 1er juillet.
Un meeting devant le siège de la CDT, puis une marche populaire que les oraganisateurs ont scindé en trois pour toucher les principaux quartiers populaires.
Les masses populaires en général et les bidonvillois-es en particulier ont scandé à haute voix: BOYCOTTONS LE "REFERUNDUM" du 1er juillet!. Les marches ont pris fin vers 22h30.
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jeudi 30 juin 2011

Le député fédéral Denis Ducarme (MR) a protesté jeudi contre l'installation de bureaux de vote dans certaines mosquées belges

RTBF info,  30/6/2011
 Maroc: Denis Ducarme contre des bureaux de vote dans des mosquées belges



Le député fédéral Denis Ducarme (MR) a protesté jeudi contre l'installation de bureaux de vote dans certaines mosquées belges, à l'occasion du référendum constitutionnel marocain.

Les Marocains de Belgique appelés eux aussi à voter pour la nouvelle constitution
Selon Denis Ducarme, "les activités politiques sont à proscrire" dans les mosquées, d'autant plus que certaines d'entre elles sont en voie de reconnaissance par l'Etat et qu'elles bénéficieront d'un financement public.

L'organisation du vote dans les mosquées confirme par ailleurs "l'ingérence persistante des Etats étrangers dans l'organisation du culte islamique en Belgique", a ajouté Denis Ducarme, évoquant au passage les tensions autour de l'exécutif des Musulmans.

La communauté marocaine de Belgique, forte de plus de 300 000 membres, pourra voter vendredi, samedi et dimanche, de 08h00 à 20h00, dans l'un des 23 bureaux ouverts pour l'occasion. Dix bureaux sont prévus à Bruxelles, notamment au sein des deux ambassades (auprès de la Belgique et auprès de l'Union européenne) et au consulat général, mais plusieurs mosquées et associations marocaines ont également accepté de mettre une salle à disposition.
http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_maroc-denis-ducarme-contre-des-bureaux-de-vote-dans-des-mosquees-belges?id=6382723#.TgyOJlZGXaQ.facebook

MAROC - Quand le ministre de l’Information obtient le licenciement de deux journalistes de Dubaï TV

REPORTERS SANS FRONTIERES / 
REPORTERS WITHOUT BORDERS
COMMUNIQUE DE PRESSE / PRESS RELEASE

Par Soazig Dollet, 30.06.2011

Alors que les Marocains s’apprêtent à voter pour le référendum sur le projet de révision de la Constitution, le 1er juillet prochain, le ministre de l’Information, Khalid Naciri, a obtenu, le 21 juin dernier, le licenciement de deux journalistes de Dubaï TV : Jalal Makhfi, correspondant de la chaîne au Maroc, et son frère, Omar, rédacteur en chef principal basé à Dubaï.

Le licenciement des deux journalistes est intervenu deux jours après l’allocution télévisée du ministre au sujet du discours de Mohamed VI, le 17 juin, dans lequel le monarque marocain avait annoncé la tenue de ce référendum.

"Nous dénonçons l’intervention personnelle du ministre marocain de l’Information afin d’obtenir la tête de deux journalistes. Il est inadmissible qu’un représentant de l’Etat utilise son pouvoir de la sorte. On est bien loin des promesses de réformes démocratiques annoncées par Mohamed VI dans son discours du 17 juin. Il est temps que le Maroc tourne la page de ces pratiques archaïques d’interférence du politique dans la sphère médiatique et judiciaire s’il veut que ces principes démocratiques affichés deviennent une réalité", a déclaré Reporters sans frontières.

L’organisation a joint par téléphone Omar Makhfi, à Dubaï :

"Le 19 juin, le mouvement du « 20 février » avait appelé à l’organisation de manifestations pour protester contre la tenue du référendum. Durant le journal télévisé, le présentateur a interrogé Jalal Makhfi, au téléphone depuis Rabat, sur les réactions au Maroc suite au discours du roi. Ce dernier a alors fait mention de ces manifestations, en citant le communiqué du mouvement, le plus neutralement et professionnellement possible. La chaîne a par la suite contacté le ministère pour avoir le point de vue des autorités. Mais au lieu de répondre aux questions du commentateur, Khalid Naciri s’en est pris au correspondant, l’accusant d’être pro-"20 février". Après l’interview, le ministre a appelé la coordinatrice des interviews de la chaîne pour lui dire qu’il allait demander des comptes politiques au journaliste. Or, en regardant à nouveau l’interview, on n’a rien trouvé de contraire à l’éthique professionnelle. Mais on a décidé d’appeler le ministre, pour lui permettre de s’exprimer cette fois sur la constitution, loin de la polémique avec le correspondant. Il a donc pu s’exprimer une seconde fois sur l’antenne."

"Le ministre a alors appelé l’ambassade des Emirats arabes unis à Rabat pour se plaindre du correspondant au Maroc de Dubaï TV. Le 21 juin, deux jours plus tard, le directeur de l’information de la chaîne m’a annoncé que j’étais licencié, ainsi que mon frère. La chaîne n’y est pour rien. Le directeur de l’information lui-même était bouche bée en me lisant la note du département des ressources humaines. La décision a pris effet immédiatement : dès le lendemain, j’étais au chômage. Mais la chaîne a été réglo à mon égard. Aujourd’hui, on est le 29 juin, et je n’ai toujours pas reçu d’explication sur le fait que j’avais également été licencié, alors même que je travaille depuis huit ans à Dubaï TV, et que mon contrat venait d’être renouvelle le 11 juin dernier. La seule chose qu’on trouve à me dire, à l’oral : ‘on n’a rien à vous reprocher’", a-t-il ajouté.

Avant de conclure : "Ce qui est grave, c’est que l’affaire ne soit pas restée au niveau médiatique. C’est la première fois qu’un ministre utilise son statut de représentant de l’Etat pour régler des comptes personnels et licencier un journaliste qu’il ne trouve pas à son goût".


Lire : http://fr.rsf.org/emirats-arabes-unis-quand-le-ministre-de-l-information-30-06-2011,40557.html

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MOROCCO : Moroccan information minister has two Dubai TV journalists fired


Reporters Without Borders is appalled to learn that Moroccan information minister Khalid Naciri obtained the dismissal of Dubai TV chief editor Omar Makhfi and his brother, Jalal, the station’s Morocco correspondent, on 21 June because Jalal referred on the air to opposition calls for protests against tomorrow’s referendum in Morocco on a proposed constitutional reform.


The journalists were fired two days after the minister gave a televised address about King Mohammed’s 17 June speech announcing the referendum.


“We condemn the Moroccan information minister’s personal intervention in order to obtain the heads of these two journalists,” Reporters Without Borders said. “It is unacceptable that a government representative should behave in this manner. This is a long way from the democratic reforms that King Mohammed announced on 17 June.”


The press freedom organization added: “It is time that Morocco turned the page on the archaic practice of political interference in the media and judicial spheres if it wants its proclaimed democratic principles to become a reality.”


Reached in Dubai, Omar Makhfi told Reporters Without Borders:


“The 20 February opposition movement issued a call on 19 June for demonstrations against the holding of the referendum. During the news programme, the presenter interviewed our Morocco correspondent, Jalal Makhfi, by telephone about the reactions in Morocco to the king’s speech. Our correspondent referred to the demonstrations and quoted the opposition movement’s communiqué in a completely neutral and professional manner. The station then contacted the minister for the government’s viewpoint. But instead of answering the commentator’s questions, Khalid Naciri attacked our correspondent, accusing him of being pro-20 February.


“After the interview, the minister called the station’s interview coordinator and told her he was going to demand a political accounting for the journalist. We took another look at the interview and found no violation of professional ethics. But we called the minister to allow him to express his views on the constitution, without the dispute with our correspondent getting in the way. As a result, he was able speak on the air a second time.


“The minister then called the United Arab Emirates embassy in Rabat to complain about Dubai TV’s Morocco correspondent. Two days later, on 21 June, the station’s news director told me that my brother and I had been fired. The station had no role in this. The news director was flabbergasted when he read me the note from the department of human resources. It took effect immediately. The next day, I was unemployed. But the station was honest with me.


“It is now 29 June and I still have not been told why I was fired, although I worked for Dubai TV for eight years and my contract had just been renewed, on 11 June. All they did was tell me verbally: ‘We have no criticism to make against you.’ What’s serious is that this matter did not remain at the media level. It is the first time that a minister has used his status as a government representative to settle a personal score and obtain the dismissal of a journalist he did not like.”

To read : http://en.rsf.org/united-arab-emirates-moroccan-information-minister-has-30-06-2011,40558.html

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English : http://en.rsf.org/united-arab-emirates-moroccan-information-minister-has-30-06-2011,40558.html
Arabic : http://arabia.reporters-sans-frontieres.org/article.php3?id_article=3206

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Naciri-Gate : L’homme par qui tous les scandales arrivent
 Jalal Makhfi et Omar Makhfi, respectivement correspondent de la chaîne Dubai TV et Rédacteur en chef à la même chaîne, ont été licenciés suite à des pressions exercées par le ministre de la Communication et le porte-parole du Gouvernement Khalid Naciri. Voilà les faits tels qu’ils ont été rapportés par Omar Makhfi dans une lettre adressée à la presse.

Par Leila Ait Bouzid pour Mamfakinch ! 28/6/2011

Le 21 juin 2011, Omar Makhfi reçoit une lettre de la direction de sa chaîne l’informant de la fin de son contrat après 8 ans de carrière. Son frère Jalal a été également licencié. Ces deux licenciements n’ont pas été justifiés par écrit, mais les responsables de la chaîne diront à Omar Makhfi «avoir subi des pressions de la part du Maroc».

L’affaire remonte au 19 juin, lorsque la chaîne de Dubai prend attache en direct avec son correspondant lui demandant de l’informer de l’avenir des manifestations du mouvement du 20 février après le discours royal du 17 juin. Jalal Makhfi, comme le montre la vidéo, décrit la situation sur le terrain en total respect des règles du métier et sans complaisance envers une partie ou une autre.

Le présentateur du journal télévisé donnera par la suite la parole au ministre de la Communication lui demandant, toujours en direct, d’expliquer les nouveautés de la nouvelle constitution, telles qu’énoncés par le Roi du Maroc. Au lieu de répondre à la question, le ministre s’est violemment pris au correspondant l’accusant d’avoir détourné la réalité à cause de son appartenance au mouvement du 20 février (voir vidéo).
Il a ensuite appelé la chaîne pour «griller» Jalal Makhfi, menaçant de «le poursuivre politiquement» !

Sous la pression du Maroc, la chaîne de Dubai finit donc par licencier Jalal El Makhfi et même son frère qui a subi les dommages collatéraux de la colère ministérielle même s’il n’avait aucun lien avec le mouvement du 20 février.

La ministre marocain a utilisé sa puissance transfrontalière pour sanctionner deux journalistes marocains dans l’exercice de leur métier. C’est une première. Même le régime syrien, malgré les attaques virulentes dont il fait l’objet, n’a pas recouru à ce genre de pratiques dans ses relations avec les correspondants.

Les journalistes Marocains considèrent que les agissements de Khalid Naciri sont en contradiction flagrante avec la liberté d’expression édictée dans la nouvelle Constitution qui sera soumise au vote vendredi prochain.

A l’heure où ce post a été écrit, le ministre de la Communication n’a émis aucune réaction alors que sur Facebook, l’indignation est à son comble. Les internautes marocains se demandent si l’appartenance au mouvement du 20 février était un délit susceptible de sanction dans les yeux du Maroc.

Les deux frères sont lauréats de l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication de Rabat. Jalal a exercé dans de nombreux magazines marocains avant de travailler en tant que free lance pour la chaîne de Dubaî. Omar Makhfi, son frère aîné, y était Rédacteur en chef depuis 2003 et il est également formateur agrée par la BBC. Avant Dubai TV, il était rédacteur en chef à la chaîne iranienne Al Alam. Il faisait partie de la première vague de journalistes marocains recrutés par les chaînes de Golfe grâce à la notoriété journalistique marocaine. Avant, Omar a travaillé à 2M, à l’Economiste et à Maghrib Al Yaoum.
http://www.mamfakinch.com/naciri-gate-lhomme-par-qui-tous-les-scandales-arrivent/

"Mobilisation" pour le "OUI" makhzenien. Le "oui" de l'âne...

Par Ahmed Tefor, 30/6/2011

C'est l'âne qui souffre le plus dans cette parade!
Les bipèdes ont droit à 100 dh (plus-ou-moins) en plus de quelques "stimulants" (en principe illicites), lui n'aura pas plus de foin ,alors que c'est lui qui a certainement attiré plus du monde/curieux! Pauvre animal!

Madani: "La nueva Constitución es un programa monárquico y las competencias del Parlamento son simbólicas" مدني: الدستور الجديد برنامج ملكي وصلاحيات البرلمان شكلية

أستاذ القانون الدستوري للمساء إنه لا وجود لفصل السلط داخل الدستور وبعض فصوله غامضة

في هذا الحوار مع «المساء»، يناقش محمد مدني، أستاذ القانون الدستوري في جامعة محمد الخامس، من وجهة نظر أكاديمية، فصول الدستور المقترح على الاستفتاء.
Marruecos: Entrevista a Mohamed Madani, profesor de Derecho Constitucional: "La nueva Constitución es un programa monárquico y las competencias del Parlamento son simbólicas"

Mamfakach

par Sonia Terrab, Goud, 28/6/2011

Mamfakach
Je l’avoue, j’ai été parmi les premiers. En tête de fil. A attendre, imaginer la constitution. Perplexe depuis le 9 mars, je suis restée en suspens, me posant la question du futur, me disant : on verra bien, peut-être que, on ne sait jamais. Cela a duré 3 mois. Quelques coups d’éclats et de matraques plus tard, voilà le résultat : un texte, des articles, un referendum et beaucoup de blabla.

Depuis, j’ai le fou rire. Il me prend quand je m’ennuie sur facebook, ou je me perds sur twitter. Un fou rire à deux vitesses. Une blague éternelle. Un gag en continue.

Pourquoi ? Parce que la base est absurde. Comment pouvons-nous tous être focalisés sur un bout de papier. Un bout de papier indéchiffrable pour la majorité. Un vulgaire bout de tissu facile à déchirer. Et nous voila tous aux aguets, à frétiller, s’étonner, s’émerveiller ou s’offusquer, devant un produit d’Etat confectionné à la va vite, sur commande mais pas sur mesure.

Je ne nie pas l’importance d’un texte fondateur, d’un ensemble de loi auxquelles se référer, de la nécessité du partage et de l’équité. Non, ce que je nie, c’est le respect. Le respect des mots comme ils ont étés édictés. Le respect de la forme sur fond de réalité. Si la constitution de 1996 avait été « réellement » adoptée, on n’en serait pas là aujourd’hui. Et cette constitution, retouchée, ne va rien changer. Cette constitution, demain, dans quelques jours, va passer et ça ne va rien changer. Si d’abord, nous ne changeons pas.

Je suis désolée pour les plus naïfs, ceci n’est pas un tournant historique.  Ce n’est qu’un acte surjoué dans une pièce pour grand public. Une scène bis repetita démontée et remontée sans que personne ne se lasse jamais. Une constitution bâclée d’un effet show off propre au royaume des mirages. De la poudre sur des débats creux, des mots qui volent et des yeux qui se ferment. Oui, désolée, car ce n’est qu’un texte, on peut l’encadrer, prendre la pose à ses cotés, le mettre là où on sait, il peut être de multiples utilités et d’utilité aucune, s’il n’est pas appliqué.

Que les gros titres nationaux : « Rendez-vous avec la démocratie » et les petits titres internationaux : « Le roi a donné le pouvoir au peuple » se calment et que cesse ce drame que nous vivant tous, éternelles marionnettes du jeu médiatique et de l’illusion politique, pris à parti, pris au piège, par un effet baguette, une action spectaculaire, quelque chose d’assez grand pour masquer la réalité et distraire même la lucidité.

Qu’on se réveille. Qu’on arrête de nous prendre pour des cons. Et qu’on arrête de faire les cons. La responsabilité de chacun dans cette mascarade sensationnaliste est de ne pas se laisser berner, ne plus se laisser leurrer. Le combat est ailleurs. Il est dans une prise de conscience généralisée, une volonté commune de changement, le rétablissement ou la création d’un contrat de confiance, non pas écrit, mais d’abord moral. La confiance du marocain en son prochain, du peuple en ses élus, de l’acte qui suit les paroles. Ce sont les mentalités qu’il faut remanier, la classe politique qu’il faut rénover, la soumission bêtifiante qu’il faut éradiquer.

Et ce n’est pas une constitution customisée à fort budget mais seul un vrai débat, pour une vraie égalité, sur la durée, qui peut y arriver. Un débat dont le chemin est long, et pas encore tracé.

 Tant mieux si cette réforme ouvre une porte, mais ça ne sera qu’une issue, même pas un début. La solution miracle n’existe pas. La constitution miracle n’existe pas. Alors, par pitié, votez oui, votez non, ne votez pas, je m’en fous. C’est comment vous agirez demain qui importe