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samedi 6 juillet 2013

Ébullitions en Egypte / Oser une lecture


par Mohammed Belmaïzi (Articles), 6/7/2013

On ne peut cerner valablement les évènements qui secouent l'Égypte, sans relater ces quelques étapes, immédiates et lointaines.

En premier lieu, les Frères Musulmans n’ont pas pris part à la révolution de janvier 2011 contre le dictateur, « président à vie », Moubarak. S’ils avaient rejoint tardivement les manifestations en étant éparpillés, ce n’était en aucun cas en tant qu’obédience religieuse. Nulle référence à la doctrine islamique n’a été brandie. Ce sont les jeunes et les contestataires sans référentiel religieux ostentatoire qui ont renversé le despotisme.

Et les Frères Musulmans, en tant que force organisée sont montés au pouvoir par les urnes. Mais les espoirs qui allaient dans le sens de voir un État aux antipodes du précédent, ont été lamentablement déçus. Un « demi-dieu » en la personne de Morsi, a remplacé l’autre pharaon, Moubarak. Un despotisme religieux a éjecté l’autre despotisme libéral. C’est que le président islamiste se voit déjà entouré d’une aura sinon divine, du moins magico-religieuse. Un imam le décrivait comme descendant de Omar le Khalif. Un autre le décrivait, sous la lumière d’un oracle, comme le préféré et donc le désigné du Prophète. Un dernier jurait que l’ange Gabriel était en colloque privé avec lui dans la mosquée de Rabiâ l’Adaouiya… Et chacun y allait de sa litanie et de ses fantasmes et fantaisies. Le culte de la personnalité allait s’enraciner à travers une sacralité frauduleuse, contestée et contestable.

L’État théocratique en gestation, prenait de plus en plus d’ampleur, en marginalisant l’ensemble des forces de la société civile. Le but était d’insérer dans la Constitution (art. 2), les ingrédients des « principes de la Shari’a », loi islamique. Il faut retenir que le texte de la Constitution insistait sur la jurisprudence religieuse comme source de droit, et octroie à l’université al-Azhar l’autorité suprême de « prêcher l’islam en Égypte et dans le monde entier ».

Un an est passé sans s’attaquer de front aux problèmes économiques et sociaux. La propagande des Frères Musulmans a végété dans les considérations vaseuses du halal et du haram, du licite et de l’illicite ; du vrai ou faux croyant ; du blasphème et de l’apostasie… Morsi n'était déjà plus le président de tous les Égyptiens!

Tous ces éléments, et tant d’autres, longs à insérer dans cet article, ont fait qu’un large pan de la société est sorti sur la Place Tahrir pour protester contre les Frères Musulmans, après avoir collecté les signatures de 22 millions d’Égyptiens. Soit 9 millions de plus que les 13 millions qui ont élu Morsi à la présidence. Le constat de l’échec de Morsi est on ne peut plus clair. Et on ne peut faire prévaloir une quelconque « légitimité » des urnes pour de multiples raisons. C’est que la Révolution est en perpétuelle mutation. C’est que la légitimité ne peut se mesurer et se fonder que sur l’émancipation à tous les points de vue ; sur la prospérité et surtout sur la réalisation des buts fixés par la Révolution : citoyenneté, démocratie, dignité, justice sociale. Les Frères Musulmans ont perdu définitivement le coche. Morsi a commis le péché de rompre le contrat social et n’a même pas pu esquisser un plan de réformes politiques et sociales pour lesquelles il était élu. Tout régime fondé sur les poncifs cités plus haut, ne peut prétendre à la « légitimité » dans un contexte révolutionnaire, et en colossale mutation. Aucun despotisme ne peut avoir de « légitimité ». C’est la logique même !

C’est pourquoi l’intervention de l’armée en connivence avec une large partie d’Égyptiens ne peut s’analyser que dans ce contexte où mutation se conjugue avec la réalisation des buts de la Révolution. Dans ce cas, on ne peut parler d’un « Coup d’État » que lorsqu’on le compare à la Révolution des Œillets au Portugal, contre Salazar. ‘Tamarroud’, l’insoumission et la rébellion contre la tyrannie, s’exerce logiquement contre toute dictature, y compris la religieuse ou la militaire. L’armée égyptienne, elle-même, est soumise à cette dialectique, et elle ne peut s’imposer au détriment des aspirations du peuple égyptien.

Aujourd’hui, ce combat contre les obédiences islamistes s’accentue au sein de l’espace islamique, et peut aboutir sans détour à l’échec de la vision islamiste qui s’apparente clairement au despotisme le plus virulent qui s’attache à des interprétations rigoristes de l'islam, qui ne met pas au centre de ses préoccupations l’humain et les garanties tangibles en tant que support au socle des valeurs mentionnées plus haut.

A ces étapes immédiates d’analyse, s’ajoutent les étapes lointaines. L’armée égyptienne avait destitué le roi Mohammed Ali en 1952, comme aujourd’hui, Mohamed Morsi. Ce «Coup d’État» contre la monarchie – qui était d’ailleurs mené avec la complicité de la confrérie des Frères Musulmans – avait donné une légitimité figée aux militaires qui ont monopolisé le pouvoir à l’excès, pour ne jamais le céder à une entité civile. Aujourd’hui, tout semble aller dans le sens opposé de 1952, car ce déploiement militaire vient se greffer sur la contestation des masses. Un élément nouveau dans l’Histoire de l’Égypte, qui pourrait déterminer l’orientation future. Mais face au refus intransigeant des partisans de Morsi, cet autre élément nouveau qui vient torpiller une logique implacable d’ouverture vers d’autres possibles, l’incertitude et la crainte d'une déroute dans le sang, restent de mise…

Mais on ne comprendrait rien à ce qui se passe aujourd'hui dans le monde arabo-musulman, si l'on ne qualifiait pas l'antagonisme entre l'orthodoxie et la modernité comme "moteur" de l'Histoire dans nos contrées. Les supputations autour de l'analyse géopolitique ne tiennent la route que d'une manière très secondaire... 

Car il ne s'agit nullement d'un programme politique contre un autre. Mais il s’agit bel et bon d’un projet de société contre un autre et d’une vision du monde contre une autre vision du monde. Ce débat entre l’orthodoxie et la modernité ne date pas d’aujourd’hui. Il a jalonné sans discontinuité la civilisation arabo-musulmane. Le fait que des slogans tels que « l’islam est la solution », que « l’islam est religion et État », que « la Shari’a est destinée aux habitants de la terre », que le « Khalifa de la Oumma » est "incontournable" ...  aient envahi les imaginaires, empêche tristement de faire entendre les voix des savants musulmans qui travaillent (qui travaillaient depuis des siècles) pour réformer l’islam et l’écarter de toute source de pouvoirs politiques, dans le but de préserver sa dimension spirituelle.

C'est à ce seul prix que le décollage de nos sociétés deviendra une réalité vivable !


Billet de très mauvaise humeur..

Par Gilbert Sinoué, 6/7/2013

Voilà que, depuis quelques jours, la Presse Internationale, nous bassine avec l’expression « coup d’État ». Quarante-huit heures, que les diplomates (dont on connaît l’esprit visionnaire), poussent des cris d’orfraies en évoquant la déposition de M. Morsi « président élu démocratiquement ».

« Coup d’État ! » crie la planète. « Coup d’État ! »

La Turquie de Monsieur Erdogan condamne. Y aurait-il un lien avec les événements récents de la place Taksim ? Non bien sûr. La Russie « appelle à la retenue », l'UE « désapprouve l'intervention militaire », l'Allemagne la considère « dangereuse » M. Obama, de plus en plus amnésique depuis son brillant discours du Caire du 4 juin 2009, se dit très « préoccupé ». Le Quai d’Orsay, s’est contenté de « prendre acte ». Le ministres des Affaires étrangères britannique, qui a oublié que le ridicule tue, nous dit : « Le Royaume-Uni ne voit pas dans les interventions militaires un moyen de régler des conflits dans un système démocratique. » Bien sûr, la douce Angleterre n’a jamais usé d’un processus aussi brutal, ni aux Malouines, ni en Palestine, ni en Inde, ni en Égypte, ni en Irak, et sûrement pas en Afrique du Sud, quand elle massacrait allègrement les Boers et les Zoulous, ni ailleurs dans le monde.

Bref… je pose une question : de qui se moque-t-on ? À quoi jouent nos chers « démocrates » ? Ont-ils jamais appris la véritable définition du coup d’État ? Elle est pourtant claire et sans équivoque: « Prise du pouvoir de façon violente et illégale » ou encore « renversement du pouvoir par une personne investie d'une autorité, de façon illégale et brutale. »

Est-ce donc ce qui s’est passé en Égypte le 3 juillet 2013 ? N’a-t-on pas vu un peuple en marche comme jamais dans l’histoire, exiger le départ d’un dirigeant qu’il jugeait d’une incompétence nobélisable, doublé d’un pyromane ? N’a-t-on pas vu que c’était le peuple et lui seul qui faisait son « coup d’État », et non les chefs militaires, ces derniers n’ayant agi que pour empêcher un bain de sang.

Mais où donc va le monde ? Hier, sur RMC dans l’émission d’Éric Brunet, (formidable journaliste au demeurant) j’ai dû livrer combat pendant une heure pour tenter de tordre le cou à cette réaction internationale aussi stupide que dangereuse : « coup d’État. » Lorsque Moubarak fut destitué à quelque chose près dans les mêmes circonstances, a-t-on entendu cette expression, une fois, une seule ? Jamais. Bizarre non ?

Peu importe. Je veux conclure par ceci : Si seulement en 40 le peuple allemand avait eu les c… s du peuple égyptien en destituant un homme « démocratiquement élu », cela nous aurait évité des millions de morts et la Shoah. Mais cet argument, l’Occident ne l’entend sûrement pas. Il ne veut pas l’entendre.

Coup d'état en Egypte. Regard sur le monde arabe.


Ce qui s'est passé en Égypte est d'abord un coup d'État, c'est-à-dire un renversement par la force des institutions démocratiques, suivi par l'arrestation arbitraire des principaux responsables, légitimement élus.
On peut bien sûr épiloguer sur la dérive «islamiste» du pouvoir et de la nécessité d'y mettre un terme. Au nom de certaines valeurs tout à fait honorables et qui définissent une société démocratique et évoluée. Ces valeurs que l'Occident souffle aux oreilles des Arabes qui se disent et se veulent progressistes. Pourquoi pas ? Sauf que.


Jacob Cohen
 Depuis 2 siècles, l'Occident n'a eu de cesse d'occuper, d'exploiter et d'humilier la Nation arabe. De créer des États artificiels comme le Koweït ou la Transjordanie pour s'accaparer de richesses ou placer un roitelet servile. Et une fois les « indépendances » octroyées, de soutenir des régimes dictatoriaux et corrompus pour garder la haute main sur tous les pays de la région. Enfin l'Occident a créé, développé et armé Israël pour servir de chien de garde et briser toute tentative d'émancipation et de développement autonome de tout pays arabe. Rappelez-vous comment l'Egypte de Gamal Abdel Nasser a été humiliée, écrasée et défaite, parce que le Raïs avait osé nationaliser le Canal de Suez et appeler à l'unité et à la résistance. 
L'Egypte actuelle est réduite à demander l'aumône de l'Amérique et des monarchies du Golfe, et à respecter les injonctions du régime sioniste. Moubarak a été un superbe toutou pendant 30 ans. Mais « respecté » par les dirigeants du monde. Que de fois Israël lui a décerné un certificat de bonne conduite ! Ah, quelle perte !
Ces « valeurs » dont se gausse l'Occident, elles ne sont pas pour les bougnoules. Malgré les gesticulations pathétiques de beaucoup d'Arabes.
 Le Maroc, comme d'autres pays, disposait après l'indépendance d'une classe politique et intellectuelle désireuse de mener la société vers la justice, l'alphabétisation, le parlementarisme, le combat anti-colonial, etc. Mais Hassan II, avec la bénédiction de la France et de l'Amérique, a détruit toutes les forces progressistes et élevé la corruption au rang de valeur absolue. Sa fortune est bien gardée dans les coffres occidentaux. Et le pays est devenu une chasse gardée du Mossad.
On pourrait dresser le même constat pour les autres pays. Mais que l'un d'entre eux osât briser le joug impérial, et la vengeance s'abat sur lui avec une terreur telle que la leçon a bien été retenue. Avec la complicité et la honte des États «frères». Je veux bien sûr parler de l'Irak. C'était pourtant un État laïc où la femme était libérée. Quelle parodie ! L'Occident se fiche éperdument de la femme arabe. Comment cette entourloupe échappe-t-elle encore aux esprits éclairés ? Prenez la situation de la femme en Arabie Saoudite. Vous faut-il un dessin ?
Pourtant, nos médias et nos politiques sont d'une discrétion touchante. Parce que c'est un pays aux ordres. L'Occident adore l'Arabie Saoudite. Sa stabilité. C'est-à-dire l'immobilisme d'une monarchie ventrue, pourrie jusqu'à la moelle, veule, insipide, machiste, collaborant même avec les sionistes, envoyant ses tanks mater la révolution au Yémen et à Bahrein. Tenez ! Où sont ces voix qui hurlent à la démocratie ? 
Les Saoudiens qui tranchent les têtes au sabre en place publique. Les mêmes Saoudiens, hypocrites et menteurs, qui avaient transformé Casablanca dans les années 80 en lupanar pour consommer l'alcool, les putes et double prime pour les vierges nubiles. Les autorités locales avaient la reconnaissance du ventre, en leur offrant un terrain de 3 hectares sur la Corniche, où ils ont construit un palais pour leurs orgies et une... mosquée.
Pour une fois, une fois en 60 ans, qu'un pays arabe sur 22 avait élu ses dirigeants de façon démocratique, et c'en est déjà trop au bout d'une année. On fait appel aux militaires pour rétablir la démocratie, et on glorifie leur action. Des militaires dont la fine fleur est formée (formatée) dans les académies US, qui ont régné sans partage pendant 40 ans, fait main basse sur l'économie égyptienne, amassée des fortunes planquées dans les paradis fiscaux, signé une paix séparée avec l'ennemi sioniste et lui livrant la Palestine, se soumettant aux instructions d'Israël pour briser la résistance des Gazaouis, acceptant l'aide américaine (le 1/3 que reçoit Israël pour une population 10 fois supérieure) qui met le pays à la merci du bon vouloir et du chantage occidental.
C'est vrai, où en avais-je la tête ? Il y avait paraît-il une islamisation rampante. Quelle horreur ! On n'aurait pas pu attendre les prochaines élections ? La volonté du peuple exprimée démocratiquement ne signifie plus rien ? Personnellement je n'ai aucune inclination particulière pour les sociétés religieuses. Mais le recours à la religion aujourd'hui a ses raisons. L'Occident ressort l'argument de l'islamisation lorsque cela lui convient et de la manière qui l'arrange.
Ce qui le dérange, l'Occident, ce n'est pas tant l'islamisme que sa prétention à retrouver la dignité d'antan, à rejeter l'emprise impériale et la mainmise sioniste sur le destin de la Nation arabe. Cet islamisme-là, il faut l'éradiquer. Il fait peur. Il donne de mauvaises idées. Au Maroc par exemple, il y a les « bons » islamistes comme ceux du PJD qui acceptent la suprématie royale et le pillage de l'économie en partageant le gâteau, et les « mauvais » islamistes de Adl wa Ihsane, que l'on combat avec les méthodes de Hassan II : disparitions, tortures, condamnations expresses, parce qu'ils font de l'alphabétisation et créent des ateliers de couture et d'informatique. Suppléant les carences de l'État.
J'aimerais en conclusion que les peuples arabes se libèrent, à leur manière et sans ingérence extérieure, de l'emprise impérialo-sioniste, et se développent dans la liberté et la dignité.
Jacob Cohen
4 juillet 2013
 http://www.jolpress.com/femen-feministe-seins-nus-setshwetla-amina-tyler-monde%20arabe-819064.html#.UdX7poGcQ58.facebook

Egypte: Mohamed El Baradei, l'espoir des révolutionnaires



Par Yassine Khiri, l'Express, 5/7/2013

Longtemps méconnu des Egyptiens, Mohamed El Baradei s'impose comme le porte-parole de l'opposition. La destitution de Mohamed Morsi représente une occasion unique pour l'ex-diplomate libéral d'accéder aux rênes du pouvoir.




Egypte: Mohamed El Baradei, l'espoir des révolutionnaires
EGYPTE- Choisi par l'opposition comme représentant, Mohamed El Baradei est aujourd'hui l'espoir des manifestants anti Morsi.
Reuters/Pascal Le Segretain/Pool

L'allure est grave. Le ton est solennel. Mohamed El Baradei n'a pas changé. En relayant le chef des armées, le général Abdel Fattah Al Sissi, dans son allocution télévisée, mercredi soir, le représentant de l'opposition égyptienne s'est contenté d'un discours sobre et sans saveur pour adresser aux Egyptiens la "feuille de route" de l'après-Morsi.
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Une attitude qui contraste avec l'incroyable ferveur de milliers d'Egyptiens, bien décidés à célébrer ce jour historique sur la Place Tahrir. Avec ses lunettes rondes et son air d'intello, El Baradei présente la silhouette d'un homme froid et austère, loin des leaders charismatiques et autres tribuns capables de tenir le peuple en haleine et d'électriser les foules par des formules flamboyantes. "Ce serait le premier leader arabe qui ne parle pas le langage du cœur, mais celui de la tête", avait dit de lui, en 2010, un journaliste palestinien.




Davantage technocrate qu'homme politique

Mal à l'aise avec les manifestants, on l'a très peu vu dans les rassemblements monstres qui ont envahi la Place Tahrir pendant trois jours. Ses rares sorties aux côtés des révolutionnaires ont été troublantes de maladresses. "Les gens disent de lui que c'est un homme assez mou, confie Hussein El Ganainy, journaliste et activiste franco-égyptien, membre fondateur de l'Association du 25 Janvier à Paris. C'est vrai qu'il est très pépère. Ce n'est pas le genre bling-bling ou nerveux. Il sait au contraire très bien calmer les ardeurs."
Pressenti pour prendre la tête du gouvernement de transition, il ne s'est pas mué en animal politique et reste avant tout un technocrate de haut niveau. Car, avant de devenir la grande figure de l'opposition libérale, Mohamed El Baradei a connu une brillante carrière internationale.
Né en 1942 d'un père avocat, ce docteur en Droit international diplômé de l'université du Caire, a effectué la majeure partie de sa carrière dans la diplomatie. D'abord au ministère des Affaires étrangères de son pays, puis à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). C'est au sein de l'organisation onusienne qu'il se révèle et se forge la réputation d'un homme intègre et partisan de la négociation. Directeur de l'AIEA entre 1997 et 2009, il reçoit le prix Nobel de la paix en 2005 pour ses efforts destinés à éviter la prolifération nucléaire en privilégiant toujours le dialogue à l'image de sa gestion des dossiers nucléaires iranien et nord-coréen.

Un pionnier de l'opposition

Mais le chemin pour arriver aux portes du pouvoir a été long et semé d'embuches. Pour concrétiser son projet politique, El Baradei attend depuis son retour triomphal au pays, en 2010. Porté par la "volonté d'être un agent du changement", le diplomate troque une retraite paisible pour se lancer en politique. Et ce bien avant le printemps arabe.
Fervent opposant au régime de Moubarak, El Baradei réunit autour de lui plusieurs figures de l'opposition et des intellectuels. Ensemble, ils créent une nouvelle force politique, l'Association nationale pour le changement. Très vite, il milite pour faire amender la Constitution, qui interdit à tout candidat indépendant non adoubé par le pouvoir de se présenter à la présidence de la République.
Véritable électron libre, El Baradei semble s'imposer comme le seul capable de bouger les choses en Egypte et de faire entrer le pays dans la modernité. Démocrate, libéral, défenseur des libertés individuelles et du droit des femmes, militant de la justice sociale et de la lutte contre la corruption, l'ancien diplomate offre une vision ambitieuse de la politique qui séduit aussi bien les Occidentaux à l'étranger que les milieux de la jeunesse éduquée et les classes moyennes urbaines en Egypte. Les mêmes qui formeront l'avant-garde de la révolte contre Moubarak en 2011.

Printemps arabe et départ de Moubarak: l'occasion manquée

Le 11 février 2011, après plusieurs semaines de manifestations monstres dans tout le pays, Moubarak, au pouvoir depuis près de 30 ans, est contraint à la démission. Populaire auprès des manifestants décidés à empêcher les Frères musulmans d'accéder au pouvoir, la voie royale à la tête du pays s'ouvre enfin à lui, le principal fédérateur de l'opposition démocratique.
Il déclare forfait pour la course à la présidence cependant, et accuse le pouvoir militaire de transition, à l'époque dirigé par le maréchal Hussein Tantaoui, de perpétrer le système répressif d'autrefois. Incapable de capitaliser son prestige auprès des révolutionnaires, sa non-candidature à la présidentielle écorne profondément sa réputation.
A la suite de cet épisode, une image lui colle à la peau, celle d'un homme providentiel qui a reculé au moment critique alors que d'autres comme Hamdine Sabahi se sont engagés afin d'empêcher Mohamed Morsi, candidat des Frères musulmans, ou Ahmed Chafiq, issue de l'ancien régime, de ravir les fruits d'une révolution chèrement payée. Sa prudence extrême à ne pas porter caution à un régime non-démocratique lui a valu beaucoup de critiques dans son propre camp. "Je le comprends, même s'il aurait quand même pu se présenter", confie Hussein El Ganainy.
La gestion catastrophique de Mohamed Morsi, élu en juin 2012, lui donne l'occasion de se remettre en selle. Il fonde le parti Al Dostour et devient l'un des principaux porte-paroles de l'opposition laïque aux Frères Musulmans. Très virulent contre le pouvoir islamiste, il accuse Morsi de mettre en péril les acquis de la révolution. Trois jours suffisent à la campagne de manifestation Tamarrod ("désobéissance") pour contraindre l'armée à destituer le Raïs.
Quelqu'un doit incarner ce combat. Son nom sonne comme une évidence.Les plus importants partis et mouvements de l'opposition réunis au sein du "Front du 30 juin" font appel à l'homme intègre, celui qui n'a jamais retourné sa veste, pour devenir leur "voix" et les représenter auprès de l'armée. El Baradei voit aujourd'hui une chance unique de prendre les rênes de son pays après son échec de 2011. Une opportunité historique.

Enfin l'heure de son triomphe ?

Est-il devenu enfin l'homme de la situation ? C'est l'avis d'Hussein El Ganainy: "Pour diriger un gouvernement de technocrate, c'est l'homme de la situation. Il a une vision correcte de l'état du pays, il est connu mondialement et peut donc être reçu par les chefs d'Etats comme il se doit. Mais je ne le vois pas se présenter à la présidentielle." En Egypte, où la crise économique est profonde, la situation reste explosive. Un des seuls à avoir diagnostiqué les maux profonds du pays, El Baradei est appelé à régler les problèmes sociaux du pays.
Saura t-il rassembler tous les Egyptiens et ramener la sérénité ? "Il a lancé un message d'apaisement, rappelle Hussein El Ganainy. En insistant sur l'unité nationale, le pardon et la réconciliation lors de son discours, l'armée a vu son engagement d'un bon œil."
Très critique en 2011 à l'égard de l'armée, il s'était attiré à l'époque les foudres des généraux. Ce sont aujourd'hui les mêmes qui lui ont confié les rênes du pays et le soin de présenter la feuille de route. "Il risque sa réputation en jouant le jeu de l'armée prévient Hussein El Ganainy. J'espère qu'ils ne vont pas lui planter un couteau dans le dos."

Morsi destitué : par le Peuple ? par l'armée ?...premières réactions, avis partagés

  Sur facebook, minute par minute
Par Romain Dautcourt, 3/7/2013
Assiste-t-on à un coup d'Etat ?

Presque. Ce n'est pas encore un coup d'Etat, mais cela y ressemble de plus en plus. L'armée est en train de se positionner aux principaux carrefours du Caire, elle encercle les rassemblements des supporteurs du président Morsi.

Les principaux dirigeants des Frères musulmans sont interdits de voyager à l'étranger, tout comme le président lui-même, dont personne ne sait où il se trouve exactement. Enfin, l'armée aurait demandé aux employés non essentiels de la radio-télévision de quitter les locaux.

Mais tant que l'armée n'a pas annoncé avoir dépouillé le président et le gouvernement de leurs fonctions exécutives, il ne s'agit pas d'un coup d'Etat au sens plein du terme. C'est pour cela que tout le monde attend avec impatience une intervention télévisée du ministre de la défense, Abdel Fattah Al-Sissi.
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/07/03/en-egypte-ce-n-est-pas-encore-un-coup-d-etat-mais-cela-y-ressemble-de-plus-en-plus_3441453_3212.html
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Par Wail Fakih
Selon la télévision égyptienne, le secrétaire général du gouvernement vient de démissionner, à moins d’une heure de l’expiration de l’ultimatum lancé par l’armée au président Morsi.
Les chaînes islamistes égyptiennes ne diffusent plus...
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Ça y est. C'est fait. L'armée a fait son coup.
Ceux qui applaudissent maintenant le Conseil suprême des forces armées se mordront les doigts. Et même peut-être plus...
Cela dit, la messe est loin d'être dite...
Et Mohammed El-Baradeï devrait penser à deux fois avant de faire quoi que ce soit. Autrement, il goûterait à la même médecine que le président démis par l'armée.

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  L’armée égyptienne dépose le président Morsi, qui dénonce un “coup d’Etat”


Par Euronew, 03/07 21:15 CET

L’armée égyptienne dépose le président Morsi, qui dénonce un “coup d’Etat”


L’armée égyptienne a écarté le président islamiste Mohamed Morsi, au pouvoir depuis un an. Il a été remplacé à la tête de l’Etat par le président du conseil constitutionnel. L’annonce a été faite par chef d‘état-major de l’armée, le général Abdel Fattah al-Sissi, dans une allocution télévisée ce mercredi soir.

L’homme fort de l’armée a annoncé que la constitution était provisoirement suspendue, qu’un gouvernement de technocrates serait nommé pour diriger le pays jusqu’à la tenue d‘élections présidentielles et législatives.
Cette déclaration a été accueillie par une explosion de joie par les manifestants anti-Morsi rassemblés notamment place Tahrir au Caire et ailleurs dans le pays.
Dans le camp de Mohamed Morsi, on dénonce un “coup d’Etat militaire”. Le président déposé appelle d’ailleurs les Égyptiens à résister “pacifiquement” à ce “coup d’Etat”.
Les principaux dignitaires religieux, musulmans et coptes, ont déclaré soutenir cette feuille de route présentée par l’armée.

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 http://fr.euronews.com/2013/07/03/egypte-morsi-ecarte-du-pouvoir-la-constitution-provisoirement-suspendue/#.UdR7vz2dZrA.facebook
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A l'annonce de la chute de Morsi je veux rendre un hommage à ma manière :
"Hommage au peuple d'Egypte"
http://www.youtube.com/watch?v=noVJZ6cxZGc&feature=youtu.be

www.youtube.com
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  Le Peuple égyptien démet le dictateur Morsi!
Par Ahmed Benani, 3/7/2013

Tous les pseudo analystes qui avaient sifflé la fin du Printemps Arabe peuvent aller se rhabiller; l'Occident et la plupart de ses médias qui n'ont jamais admis que des révolutions arabes ont cours avec des hauts et des bas depuis 2011 déchantent ce soir. Ces révolutions sont permanentes et continueront à surprendre le monde. Enfin, on est bien installés définitivement dans l'ère post-islamiste.

De grâce qu'on nous parle pas de coup militaire, ce sont bien plus de 22 millions de citoyens égyptiens qui depuis des jours réclament et le départ de de Morsi et la fin de la mainmise des frères musulmans sur la Révolution de janvier. Je rappelle avec force ici que le déclenchement des révolutions arabes, en Tunisie en 2011, au Yémen, en Libye , en Syrie à Bahrein (sans compter les autres espaces arabes) s'est opéré avec des revendications sans référent religieux.

Toutes les mobilisations populaires, avec un rôle prépondérant des femmes, tournaient autour de revendications et de slogans qui mettaient en avant les exigences de liberté, de dignité , de justice et de démocratie. On est bien en présence d'une "mondialisation" et d'une modernité de ces révolutions.
Le renversement de Morsi par "la Mère des Mondes", "Oum Dounya", en est ce soir la plus belle illustration.

L'apparente contradiction entre les mouvements révolutionnaires démocratiques auxquels les formations religieuses n'ont pas participé et les "triomphes" électoraux des gestionnaires du sacré n'est dans le fond qu'un moment d'illusion entretenu par les télévisions satellitaires, Al Jazira et Al Arabiya, leurs muftis et leurs fatwas désuètes.

L'essentiel, aujourd'hui est de saluer la naissance d'une conscience citoyenne et authentiquement démocratique, l'émergence historique d'une révolution inédite et qui fait pâlir de jalousie l'Occident. 
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Morsi destitué par l’armée ! Amère victoire !


Déclaration de l’Organisation Communiste Marxiste-Léniniste Voie Prolétarienne
Le 3 juin à 21 heures, au terme d’un ultimatum, l’Armée égyptienne a destitué Mohamed Morsi, président élu démocratiquement. Elle affirmait ainsi répondre aux aspirations du peuple égyptien qui depuis la fin du mois de juin, hommes et femmes confondus, manifestait par millions contre la politique des Frères musulmans au pouvoir et les menaces qu’ils font peser sur les libertés politiques. Le fond social de ces manifestations est la dégradation de la situation économique du pays, avec ses conséquences dramatiques pour les travailleurs : chômage, inflation. Les grèves des ouvriers et ouvrières des usines, qui avaient commencé avant la chute de Moubarak, n’ont cessé de se développer. 
Le mouvement d’opposition à Morsi a commencé dans les villes, qui pour la plupart n’avaient pas voté en faveur du candidat des Frères musulmans, s’est ensuite étendu à toute l’Egypte. Le mouvement qui a exigé le départ de Morsi s’étend des travailleurs exploités à la bourgeoisie libérale. Cette dernière partage avec les Frères musulmans la défense de l’économie libérale et l’attachement à l’alliance avec les USA. Elle s’oppose à leurs conceptions sociales qui expriment les aspirations d’une moyenne bourgeoisie rurale et traditionaliste, bien qu’ils aient aussi en leur sein de grands bourgeois.

L’Armée, en dépit de son soutien affirmé au peuple, n’est en rien porteuse de ses intérêts. Elle représente une force économique considérable et une puissance politique qui a contrôlé le pouvoir depuis 1952. Depuis l’élection de Morsi, elle se trouvait confrontée à une tentative de marginalisation toute relative. Cette armée n’a jamais reculé, depuis la chute de Moubarak, devant une répression violente des manifestations lorsqu’elle l’a jugé nécessaire. Le 9 octobre 2011, ses chars ont écrasé des coptes qui protestaient contre la censure par la télévision des agressions dont ils étaient victimes : 25 personnes tuées et 300 blessées. Cette armée, équipée par les USA, qui lui allouent chaque année plus d’un milliard de dollars, est plus une affaire commerciale, une force de contrôle populaire par ses services de sécurité hypertrophiés, qu’une force combattante.

Le peuple mobilisé a obtenu le départ de Morsi. Il a fait preuve de sa détermination et de son courage. Il a exprimé la profondeur de ses aspirations à une autre vie. Mais il n’a changé que la couleur de ses oppresseurs. Les programmes des libéraux ainsi que de l’armée d’une part, des Frères musulmans d’autre part, sont bien différents dans le domaine sociétal, dans le rapport à la religion, mais ils sont identiques sur le plan économique (libéralisme) et en politique étrangère, en particulier pour ce qui concerne la coopération avec Israël. Il ne faut pas attendre de l’Armée qu’elle défende les droits des femmes, agressées et violées par centaines pendant les manifestations. En 2011, ce sont ses soldats qui avaient agressé sur la place Tahir, une femme voilée, lui arrachant ses vêtements.

Le peuple mobilisé a obtenu le départ de Morsi. Ce départ est applaudi aussi bien par l’Arabie saoudite qui y voit un revers pour le Qatar, principal soutien et bailleur des fonts du gouvernement Morsi, que par Bachar el Assad, le « démocrate » bien connu. Les USA ont eu une réaction mesurée, car les Frères musulmans ne les gênaient guère. Toutefois, ils n’ont pas à craindre de l’Armée une orientation politique et économique qui aille à l’encontre de leurs intérêts. Et ils savent qu’elle s’emploiera à assurer un retour à l’ordre en Egypte.

Le peuple, les travailleurs exploités, ont été « volés » de leurs mobilisations. Inorganisés, ils n’étaient pas en mesure de faire valoir leurs intérêts économiques et politiques, en face des deux principales forces politiques de l’Egypte, l’Armée et la Confrérie des Frères musulmans. Ce sera nécessairement contre elles qu’ils devront imposer ses intérêts. Sans organisation, sans parti porteur des intérêts des exploités, ces derniers seront toujours frustrés de leurs combats et de leurs sacrifices et contraints de choisir entre la peste et le choléra.

Les soulèvements populaires ne cesseront pas. Pas plus en Egypte qu’ailleurs. Mais les conditions politiques et organisationnelles pour les transformer en une véritable révolution, ouvrant une autre perspective, sont à construire, aussi bien en Egypte, dans les autres pays arabes, que dans les pays d’Europe.

Vive les luttes du peuple égyptien !
Vive la solidarité ouvrière et internationaliste !

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Armées des peuples ?

Par Mohammed Hifad, 4/7/2013

J'ai suivi avec un grand intérêt les derniers événements en Egypte. .Je partage parfaitement  cette régulation de la Révolution égyptienne par le peuple descendu en masse dans la rue et non par l'armée comme le prétendent  le président déchu , son parti et les médias ennemis.

Sans cette intervention de l'armée , l'Egypte irait droit vers une république islamique à l'exemple de l'Iran si ce n'est pire .

Tous les observateurs au fond d'eux-mêmes savent qu'il s'agit de plus en plus d'une dérive et que les islamistes ont volé la Révolution égyptienne des jeunes à cause des  pétrodollars du Qatar et de l'Arabie Saoudite avec la bénédiction et la médiation  de Qaradaoui .

Les Egyptiens et les Tunisiens ont subi le même traitement et ce n'est pas par hasard que les jeunes tunisiens emboîtent aujourd'hui le pas  aux Egyptiens et revendiquent exactement la même chose(1).Les deux peuples tunisiens et égyptiens ont vu leurs Révolutions volées par les islamistes milliardaires financés par le Qatar et l'Arabie Saoudite, ce qui nous a déçus nous aussi en tant qu'observateurs.

En ce 3 juillet 2013, force est de constater que l'armée égyptienne ,fidèle à ses principes , s'est mise courageusement et dignement du côté de son Peuple.

Toutes les dictatures arabes , la peur au ventre , crient au coup d'Etat militaire.

J'ai suivi tous les discours de Morsi .Lorsqu'il a dit ,dans son avant dernier discours ,qu'il allait frapper les  mains de  ses ennemis , cela m'a fait peur, moi qui ne suis pas un citoyen égyptien.

Il ne dit pas qu'il demandera à la justice de faire son travail dans un Etat de droit et de démocratie..On peut compter à chaque discours une vingtaine de fois la répétition de "ana", moi. C'est un dictateur en herbe en plus de son fanatisme religieux.

Le conflit a commencé au moment où les démocrates ont quitté la commission formée pour la mise au point de la constitution et malgré leur départ , les islamistes ont continué leur travail et il les a soutenus et encouragés à finir leur sale boulot heureusement à revoir aujourd'hui .

La goutte qui a fait déborder le verre est la nomination du gouverneur du Luxor , site touristique par excellence, personnage qui appartient à la jamaa qui a commis un attentat justement dans cette ville , ce qui a coûté la vie à plusieurs touristes étrangers à l'époque.

Il faut être un dictateur sanguinaire ou un débile mental pour commettre une telle faute politique.

J'ai apprécié la manière dont l'armée égyptienne a tranché ce conflit et les mesures prises.

Dans un pays comme la Maroc et l'Algérie , sans l'aide de l'armée , il est presque impossible de changer les régimes en place.

Si l'armée a le devoir de protéger le peuple de ses ennemis , elle sait très bien que le régime peut atteindre le stade où il se transforme en un véritable ennemi du peuple et il est de son devoir d'intervenir.

J'ai toujours dit que l'armée doit dépendre du parlement issu du peuple et que les décisions la concernant soient  prises à la majorité absolue.C'est extrêmement dangereux  pour les peuples et la paix à travers le monde , que l'armée dépende d'une seule personne , d'un président ou un roi dictateur ou qui a l'esprit dérangé par exemple.

Au Maroc ,depuis les deux putschs héroïques   de 1971 et 1972  , Hassan II a tout fait pour couper définitivement notre valeureuse armée de son Peuple.

D'abord il a trouvé cette idée de la récupération du Sahara Occidental pour l'éloigner de lui avant tout , ensuite , il a écarté les officiers amazighs des postes clés de l'armée puisque c'étaient eux qui avaient fait les deux coups d'Etat  manqués de 1971 et 1972.

A partir  du recrutement et de la formation , il a coupé l'armée du Peuple qu'elle est censée défendre avant le territoire ,  ses frontières , son unité et intégrité.

Notre armée , comme chez les Pharaons et dans le culte de la personne , est formée pour adorer le roi-dieu ce qui est aux antipodes de sa mission et de son devoir envers le Peuple qui la nourrit et qu'elle devrait défendre en premier lieu même  contre  un président ou  roi dictateur qui s'auto-proclame son chef suprême par abus de pouvoir , ce que chacun sait très bien ..

Quand est-ce que l'armée marocaine et algérienne vont redevenir les armées des peuples marocain et algérien ?

(1)Lien:

Egypte, l’armée et le peuple unis ?



 par Alain Gresh, blogs du Diplo, 3/7/2013
Le 1er juillet, à l’issue de manifestations gigantesques dans les rues égyptiennes, l’armée a publié un communiqué affirmant « son soutien aux demandes du peuple » et donnant « à tout le monde » quarante-huit heures, délai de la « dernière chance [pour] assumer leurs responsabilités en ce moment historique ». Si ces demandes ne sont pas satisfaites, poursuit-elle, « ce sera aux forces armées d’annoncer une feuille de route, et des mesures supervisées par elles en coopération avec toutes les forces patriotiques et sincères [...] sans exclure aucun parti ».
Bien que cette dernière partie de la phrase — « sans exclure aucun parti » — vise à rassurer les Frères musulmans, qui craignent le retour à l’ordre ancien et l’emprisonnement, leur direction a rejeté cet ultimatum et le président lui-même a affirmé qu’il resterait à son poste. Et il semble peu probable que le président Mohammed Morsi puisse survivre à cette épreuve. Même le porte-parole du parti salafiste Nour (25 % des voix aux élections législatives), Nader Bakkar, expliquait à son demi-million d’abonnés sur Twitter que le calife Othman, troisième successeur du Prophète, avait préféré renoncer à la vie plutôt que de faire couler le sang des fidèles.
Avec le retour probable de l’armée sur le devant de la scène, c’est la principale avancée du président Morsi durant son court règne qui est remise en cause. C’est lui en effet qui, en août 2012, avait renvoyé le Conseil supérieur des forces armées (CSFA) dont la gestion du pays pendant un an et demi s’était révélée catastrophique (lire « Egypte, une nouvelle étape ? »).
Il n’est pas inutile de rappeler que :
  • le CSFA porte une responsabilité majeure dans la transition chaotique qui a suivi le départ de Hosni Moubarak ;
  • durant la révolution et la période où elle a exercé le pouvoir, l’armée a réprimé, arrêté, fait disparaitre, torturé des centaines de personnes, comme l’a confirmé un rapport publié par le quotidien britannique The Guardian (lire « Vers une intervention de l’armée en Egypte ? ») ;
  • l’armée a tiré sur les manifestants qui protestaient contre les attaques visant les coptes. Ce massacre s’est produit devant le siège de la télévision (Maspéro) en octobre 2011 (lire « Egypte : sanglante répression contre les coptes »).
Que, dans ces conditions, le mouvement Tamarod, à l’origine de la campagne de signatures pour démettre Morsi, proclame : « L’armée s’est rangée aux côtés du peuple », a de quoi inquiéter. D’autant que l’opposition a repris cette idée. Ils ont la mémoire courte.
Pourtant, si l’armée peut revendiquer son retour aux affaires, c’est que Morsi a échoué. Et cet échec est éclatant dans tous les domaines, qu’il s’agisse de l’édification d’un Etat de droit ou du développement économique et social.
Il est important de comprendre les raisons de cet échec. Morsi n’a pas été capable de rassurer un pays divisé, ni ceux qu’inquiétait un parti discipliné, souvent sectaire et à tendances hégémoniques. Morsi a été le président des Frères, pas celui des Egyptiens. Il a par ailleurs fait preuve d’une incompétence qui a surpris bien des observateurs qui pensaient que les Frères disposaient de cadres pour gérer l’appareil d’Etat. En revanche, on ne peut vraiment pas parler d’islamisation de l’Etat, constate sur son excellent site The Arabist, Issandr El Amrani (« Morsi’s Year », 27 juin). C’est d’ailleurs un des reproches principaux des partis salafistes.
Mais si Morsi porte les responsabilités de son échec, on ne peut oublier certaines données :
  • L’essentiel de l’appareil étatique échappe à la présidence. Je ne parle même pas de l’armée, mais aussi de la police qui n’a pas pu – ou pas voulu – protéger les sièges des Frères musulmans attaqués durant ces derniers mois. Quant au ministère de l’intérieur, il a publié le 30 juin un communiqué gonflant le chiffre des participants aux manifestations !
« Morsi a appelé tous les leaders de l’opposition, en particulier au sein du Front de salut national (FSN) qui comprend la plupart des membres de l’opposition laïque, à participer à dix réunions différentes, avec peu de succès. En ce qui concerne les nominations, le conseiller politique de Morsi, Bakinam El-Sharqawi, déclarait récemment qu’à chaque fois que le président avait demandé aux groupes laïques des candidats pour occuper les postes les plus élevés au sein du gouvernement, y compris des postes de ministres et de gouverneurs, ils avaient refusé. »
Il a été d’autre part la victime d’un paysage médiatique profondément bouleversé depuis la révolution. Dans un autre billet du 30 juin intitulé « The delegitimization of Mohamed Morsi », The Arabist notait aussi l’entreprise de dénigrement à l’encontre du président — associée, il faut le dire, à une campagne anti-palestinienne, le Hamas étant accusé d’avoir fourni des lance-pierres aux Frères en janvier 2011 !
« Même en tenant compte de ses piètres résultats, l’une des caractéristiques de la vie politique de l’année écoulée est d’avoir été une machine implacable de diabolisation médiatique et de délégitimation de l’administration Morsi, bien au-delà des erreurs dont Morsi est lui-même responsable. Quiconque regarde CBC, ONTV, al-Qahira wal-Nas et d’autres stations satellites, ou lit des journaux hystériques comme al-Destour, al-Watan ou al-Tahrir (et de plus en plus al-Masri al-Youm), est abreuvé par une propagande anti-Morsi permanente. Certaines de ces attaques étaient méritées, mais, même de la part d’un journaliste respecté comme Ibrahim Eissa (un des principaux adversaires du président Hosni Moubarak), le discours contre Morsi était hors de contrôle. »
On est loin de l’image avancée par Reporters sans frontière peignant les Frères en prédateurs de la presse – même si certains journalistes ont pu être poursuivis. Jamais la liberté d’expression n’a été aussi large en Egypte.
Ce qui est inquiétant, note Esam El-Amin, c’est que l’opposition, obnubilée par son hostilité aux Frères, a redonné une légitimité aux membres de l’ancien régime présents dans l’appareil d’Etat, dans la police, dans les instances judiciaires, à tous les niveaux :
« Dans la bataille idéologique entre anciens partenaires révolutionnaires, les fouloul [ci-devants, partisans de l’ancien régime] ont été capables de se réinventer et de devenir des acteurs majeurs aux côtés des groupes laïques contre les Frères et les islamistes. Récemment, M. El Baradei s’est déclaré prêt à accueillir dans son parti tous les éléments du Parti national démocratique de Moubarak, tandis que Sabbahi affirmait que la bataille contre les fouloul était maintenant secondaire, le conflit principal étant désormais avec les Frères et leurs alliés islamistes. »
Le fait que des millions de personnes soient descendues dans la rue ces derniers jours est la preuve que le peuple en Egypte n’est pas prêt à rentrer chez lui tant que ses revendications de justice sociale et de liberté n’auront pas été satisfaites. Ces manifestants ont affirmé que la révolution n’est pas terminée. C’est une réalité que les gouvernants de demain, quels qu’ils soient, devront prendre en compte.
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Révolution égyptienne, Acte II :
On peut se féliciter que le peuple égyptien, sorti dans la rue pour exiger ses droits et affirmer que sa première révolution s'est égarée, ait obtenu in fine gain de cause. On peut se féliciter du départ de Morsi, dont la politique ne correspondait pas aux attentes de liberté, d'égalité, de démocratie et de justice du peuple égyptien. Mais qu'on y prenne garde, le départ de Morsi fait suite non à la pression de la rue, mais à un coup d'Etat militaire. Ne pas l'oublier. La confiscation de la victoire du FIS en Algérie avait abouti à ce que l'on sait.
Bâtir une Démocratie sur un précédent de la sorte n'est pas très honorable... mais si les résultats suivent, certes, pourquoi pas ? Les révolutions ne sont pas des lignes droites avec une fin, mais un long processus, avec des soubresauts, des moments de recul. ce que le peuple Égyptien veut construire ce n'est pas une victoire à la Pyrrhus, mais la construction d'un véritable Etat de droit où chaque Égyptien puisse retrouver sa véritable place, celle de Citoyen pleine et entière.