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samedi 11 juillet 2015

Abdelhak Serhane : Ils veulent qu'on vive comme des morts



Tribunes, points de vue et libres opinions des invités de la rédaction de Mediapart.
L'écrivain marocain Abdelhak Serhane s'inquiète de la régression de la liberté (d'expression notamment) au Maroc. « Si l'Etat a définitivement décidé de bâillonner tous ceux qui ne chantent pas la gloire des maîtres du moment, ne s’adaptent pas aux ténèbres, ne s’inclinent devant personne, n’acceptent pas l’artifice, à quoi servent alors tous les centres culturels bâtis ou en construction, les grands théâtres mirobolants, les musées, les conservatoires de danse, de chant, de chorégraphie ?  »

  
« Tout ce qui dégrade la culture raccourcit les chemins qui mènent à la servitude. » A. Camus

Au Maroc, depuis une décennie au moins, nous assistons à des offensives répétées de la part du système contre les libertés en général et la liberté d’expression en particulier. La presse dite indépendante fait désormais partie du souvenir et rien ne justifie la violence physique disproportionnée ou le harcèlement psychologique dont use l’État contre la liberté des citoyens.

Cinq Marocains risquent la prison pour ne pas avoir respecté le ramadan

Cinq jeunes ont été arrêtés à Marrakech pour ne pas avoir respecté le jeûne du ramadan, révèle une organisation de défense des droits de l'homme.

Publié le Le Point.fr
Cinq jeunes ont été arrêtés à Marrakech pour ne pas avoir respecté le jeûne du ramadan. Cinq jeunes ont été arrêtés à Marrakech pour ne pas avoir respecté le jeûne du ramadan.©Geoff Moore/REX/REX/SIPA

Leur délit ? Avoir bu du jus de fruit en plein jour. Cinq jeunes Marocains ont été interpellés dans la ville touristique de Marrakech pour ne pas avoir respecté le jeûne du ramadan, a affirmé mardi une organisation de défense des droits de l'homme.
"Ces jeunes accompagnaient un de leurs amis (...) à l'aéroport de Marrakech. Et il semble que la chaleur les ait poussés à boire du jus de fruit en public à côté de vendeurs de la place Jamaa El Fna", a déclaré à l'AFP le président de l'association marocaine des droits de l'Homme à Marrakech, Omar Arrib.

Entre un et six mois de prison

"La température s'élevait à près de 48 degrés quand ils ont été arrêtés lundi" à Marrakech, principale destination touristique au Maroc, a-t-il ajouté.
Selon M. Arrib, le geste des cinq jeunes a attiré l'attention des vendeurs de la place qui ont alerté la police. Les jeunes gens doivent être présentés devant la justice mercredi en présence de l'avocat de l'association marocaine des droits de l'homme. Ils encourent entre un et six mois de prison.

A lire et faire lire : A ceux qui me répètent qu’on ne peut pas accueillir “toute la misère du monde”.


Parce que je n'en peux plus d'entendre, à chaque fois que je dis que je travaille dans l’accompagnement des demandeurs d’asile “Mais il sont vraiment trop nombreux, non ?” “Déjà que la France est un des pays les plus généreux en Europe ...” et autres “La France ne peut pas  accueillir toute la misère du monde"... j'ai décidé d’écrire ce texte, pour contenir ma frustration, mon indignation qui croît chaque jour en entendant les politiques nous abreuver de chiffres hors contexte censés nous démontrer que nous sommes une forteresse assiégée, et contenir ma tristesse de voir notre gouvernement de “gauche” si tétanisé par l’influence de l’extrême droite dans le champ politique qu'il finit par rentrer dans son jeu ...
 
Je comprends que les gens finissent par s'y perdre et par se demander si, vraiment, on accueille trop de demandeurs d’asile en France. 

Alors déjà pour ceux qui me citent la fameuse phrase de Rocard, il ne faudrait tout de même pas en oublier la seconde partie : « La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais elle doit en prendre sa part ».

Et pour ce qui est de prendre sa part, on va le voir, malgré son image de pays des Droits de l’Homme, la France est loin d´être exemplaire.

En ce qui concerne les demandeurs d'asile – c’est à dire des personnes ayant fui leur pays parce qu’elles y ont subi des persécutions ou craignent  d’en subir et qui sont en quête d’une protection internationale – la France a enregistré 62800 demandes d’asile en 2014, loin derrière les Etats-Unis (88400) ou d’autres pays d’Europe comme l’Allemagne par exemple (202 700 demandeurs), la Suede (81200) ou l'Italie (64600)1.

Et si on rapporte ce chiffre a la proportion de la population de chaque État membre de l’UE, ce qui est plus significatif, les taux les plus élevés de demandeurs ont été enregistrés en Suède (8,4 demandeurs d’asile pour mille habitants), devant la Hongrie (4,3), l’Autriche (3,3), Malte (3,2), le Danemark (2,6) et l’Allemagne (2,5). La France n’arrive qu’en douzième position (1 demandeur d’asile pour mille habitant).
La France est donc loin de “ployer” sous le poids des demandes comme on ne cesse de nous le répéter.
La France n’est pas non plus le pays qui accorde le plus de statuts de réfugié (ce qui constitue l’aboutissement “positif” de la demande d’asile) : en 2014, dans l’UE, 45% des demandes d’asile ont été reconnues positives. Le taux d’accord en France pour 2014 était quand a lui de 28%3. Donc pour la France si généreuse, on repassera.

Et si on regarde au niveau mondial, quel est selon vous, le pays qui accueille le plus de réfugiés ?
Ca doit être en Europe pour qu’on nous répète inlassablement que c’est un si lourd fardeau ... Et bien non, figurez vous!  C’est le Pakistan qui arrive en tête des statistiques du HCR (l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés), avec 1,6 million de réfugiés, suivi de l’Iran avec 857 000 réfugiés  et du Liban qui en compte 856 000.
Le Liban a, sur son sol, 178 réfugiés pour 1 000 habitants, ce qui, rapporté à la France, donnerait quelque 12 à 15 millions... Or, on estime à environ 165 000 le nombre de personnes disposant du statut de réfugié politique en France (0,29% de la population). C’est une goutte d’eau, nous sommes tout à fait en capacité de les accueillir.

Contrairement aux idées reçues, ce sont les pays en développement qui reçoivent la majorité des personnes en demande de protection – 90% des demandeurs d’asile et des réfugiés vont dans des pays proches ou frontaliers, donc l’Europe n’est absolument pas la zone du monde la plus affectée. Par rapport à la situation des réfugiés syriens par exemple, l'exemple est flagrant.Alors que le nombre de déplacés va bientôt atteindre la barre des 4 millions, l'ONU a demandé que 30.000 d'entre eux soient « réinstallés » dans des pays occidentaux. L’Allemagne a promis d’en accueillir 20000, la Suède 1200, la France, devinez combien?........500. L’immense majorité de ceux-ci (97%) s’installent au Liban, en Jordanie, en Turquie ou en Irak. Nous sommes loin d’être envahis. Le monde entier ne rêve pas de rejoindre l'Europe. Relisez les chiffres ci-dessus pour comprendre à quel point c’est faux.

De plus, on réduit le migrant à son statut de migrant, comme si l’unique but de sa vie était de venir frapper à notre porte, mais derrière chaque demande d’asile se cache un homme ou une femme avec son histoire, son passé, un homme ou une femme qui a grandi quelque part, a eu une enfance, a des attaches, un endroit où il s’est sentí chez lui. Je me souviens de ce Monsieur tchétchéne qui m’évoquait les larmes aux yeux les montagnes de son enfance, car jamais il n’aurait pensé ne pas vieillir a leurs pieds ou de ce Monsieur bangladais qui s’était effondré dans mon bureau car il venait d’apprendre la mort de son père au pays et savait qu’il ne pourrait même pas lui rendre un dernier hommage… Qui voudrait vivre ca ? Franchement, qui ? Sans parler des trajets abominables pour atteindre l’Europe tristement illustrés par les récents  naufrages en Méditerranée…

Vous pensez que quand on vient de pays comme la Somalie ou l’Erythrée on vient parce que le système d’allocations est plus avantageux en France que chez soi ? Il faut arrêter la plaisanterie, imaginez un instant ce que cela représente de tout quitter et vous comprendrez qu’on part parce qu’on n’a pas le choix.

Vous voudriez vous, rester dans un État où règne la terreur, la guerre, où vous avez peur chaque jour pour vos enfants ? Un Monsieur sri-lankais que je suivais et qui dormait dehors faute de solution d’hébérgement m’a dit un jour “C’est tres dur. Mais au moins ici je suis libre et je n’ai plus peur en permanence.”
Renseignez-vous sur les régimes politiques en Somalie ou en République Démocratique du Congo, demandez-vous si vous resteriez en Syrie dans la situation actuelle. Ou en Russie si vous êtes menacé de mort parce que vous avez écrit un texte qui déplaît aux autorités. En Guinée où votre fille se ferait potentiellement exciser comme vous dès le plus jeune âge.
L’espoir d’une vie meilleure est équitablement partagé sur notre planète et ne nous est pas réservé parce que nous sommes né du bon coté de la barrière.

Plus généralement, l'immigration est toujours présentée comme un problème, alors même que de nombreuses études indiquent que l’immigration est positive pour l’Etat français, en termes démographiques, en termes de croissance, de savoir, de diversité et qu’elle rapporte même de l’argent (12 milliards par an tout de même selon une équipe de chercheurs de l’Université de Lille)5. C’est donc le regard médiatico-politique sur les migrants qu’il faut réussir à changer. Et ne pas céder aux discours populistes qui prospèrent à l’aune de la montée du Front National qui trouve là un terrain fertile en ces temps de récession économique.

Nos démocraties peuvent tout à fait accueillir ces migrants, et au lieu de succomber à un populisme mortifère, devraient réflechir à une politique migratoire de maniere plus sereine et apaisée et arrêter de faire des migrants les boucs émissaire de nos sociétés.

Sinon c'est notre humanité qu'on perd peu à peu.



1- Chiffres Eurostat
2- Chiffres Ofpra
3- Chiffres Ofpra
4-  A ce propos, lire le magnifique livre de Fabrizio Gatti “Bilal sur la route des clandestins”, ed. Liana Levi, 2008.

5-Courrier international, Les très bons comptes de l’immigration, 27/04/2012

A l’heure grecque : pourquoi ne pas supprimer le « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » ?

L'indépendance des peuples, leur droit à disposer d'eux-mêmes, l'égale souveraineté des États font l'objet d'une contestation de fait de plus en plus vive de la part des puissances occidentales.

On a en mémoire les prétentions du « national-socialisme » et son « Ost-politique » visant à transformer les peuples européens écrasés militairement en colonies pour que l’Allemagne ait une main d’œuvre, des terres et des ressources minières à bas prix, au nom de la supériorité de la race aryenne et de « l’espace vital » allemand : la souveraineté des États était purement et simplement niée.

On se souvient de l’hostilité au temps de la « décolonisation » au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, c’est-à-dire lorsque les mouvements de libération nationale voulaient en finir avec une domination directe exercée par quelques États européens, au nom d’une « missions civilisatrice » qui n’en finissait pas et qui générait un racisme institutionnalisé.

Jusqu’à la veille des indépendances, la pensée dominante, en France par exemple, considérait que le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, principe fondamental de la Charte des Nations Unies, n’était qu’une disposition « politique » sans valeur juridique positive ni force contraignante.

Lettre à François Hollande à propos du refus d'asile pour Julian Assange

Monsieur François HOLLANDE
Président de la République
Palais de l’Élysée
55 rue du Faubourg Saint-Honoré
75008 PARIS

Le 10 juillet 2015
Affaire suivie par l’UGICT-CGT

Monsieur le Président de la République,

Julian Assange vous a adressé le 3 juillet dernier une demande d’asile en France. Julian Assange n’a pas choisi la France par hasard. Cette demande procède certes de raisons familiales, mais surtout du rapport historique particulier qu’entretient notre pays avec les droits de l’homme. Sa demande est une marque de confiance pour notre pays, qui pose des questions fondamentales que l’on ne peut évacuer de façon expéditive. Nous sommes donc interpellés de la réponse négative apportée par vos services moins de 24 heures après l’expression de la demande de Julian Assange. La question est trop grave pour en rester à un classement sans suite, d’autant que ceci arrive après les difficultés rencontrées par Edward Snowden et reflète une problématique qui se reposera à l’avenir.
Julian Assange, vous le savez, vit reclus dans 5m2 à l’Ambassade d’Equateur à Londres, sans aucun accès à l’extérieur, au jardin ni même à une terrasse. Il est séparé de sa famille et de ses proches, dont certains se trouvent en France. L’origine de ses difficultés ? Avoir eu le courage de rendre publics des documents qui révèlent les abus criminels de l’armée américaine, les mensonges de l’administration ou encore les écoutes de la NSA. Et c’est précisément pour cette raison que la France devrait répondre favorablement à la demande d’asile de Julian Assange. Les documents que Wikileaks a révélés démontrent que l’ensemble des acteurs politiques et économiques français sont écoutés par la NSA. Ceci interroge sur la réalité de la souveraineté de notre pays, et attaque de plein fouet nos intérêts économiques, que vous placez d’ailleurs au coeur de votre politique étrangère. Plutôt que de brider les libertés en adoptant une directive sur le secret des affaires ou une loi sur le renseignement, nous ferions mieux au niveau français comme européen, de faire vivre les libertés fondamentales qui sont notre marque de fabrique et de mettre en place des mesures communes pour protéger nos intérêts face aux écoutes de la NSA. Il ne nous appartient pas de juger de la réalité des faits qui sont reprochés à Julian Assange en Suède, nous souhaitons que la justice suédoise puisse faire son travail. Cependant, au vu de la situation particulière de M. Assange, il nous parait tout à fait légitime pour garantir sa sécurité qu’il puisse être entendu à distance.
La voix de la France porte dans le monde lorsqu’elle incarne les valeurs des Lumières, de la Révolution Française et de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen. C’est en vertu du préambule de notre constitution qui prévoit que « tout homme persécuté en raison de son action en faveur de la liberté a droit d'asile sur les territoires de la République » que nous vous demandons d’accorder l’asile à Julian Assange. La France s’est honorée en 2003, lorsqu’elle a refusé le chantage à la guerre en Irak et a marqué son indépendance vis-à-vis des Etats-Unis. L’histoire nous donne aujourd’hui malheureusement raison. 
La question posée par la demande d’asile d’un lanceur d’alerte comme Julian Assange est politiquement comparable à celle qui nous était posée en 2003. La révolution numérique et ses potentialités seront-elles récupérées au service de la surveillance généralisée ou ouvriront-elles sur de nouveaux espaces dedémocratie et d’expression des libertés ?
Il incombe au Président de la République de se placer au-dessus des considérations de politique intérieure, des intérêts économiques ou encore des   partenariats internationaux pou que la France se positionne à la hauteur de ses valeurs et de son histoire. Nous comptons sur votre sens des responsabilités pour donner une suite favorable à la demande de Julian Assange.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de notre haute considération.
 Bertrand Bocquet, président de la Fondation Sciences Citoyennes ; Vincent Brossel, directeur de Peuples Solidaires ; Thomas Coutrot, porte-parole d’Attac ;   Antoine Deltour, lanceur d’alerte de LuxLeaks ; Françoise Dumont, présidente de la LDH ; Stéphanie Gibaud, lanceuse d’alerte d’UBS ; Cécile Gondard-Lalanne et Eric Beynel, co-délégué-es généraux de l'Union syndicale Solidaires ; Bernadette Groison, secrétaire générale de la FSU ; Marie-José Kotlicki, secrétaire générale et Sophie Binet, secrétaire générale adjointe de la CGT des Ingénieurs, Cadres et Techniciens ; Bruno     Lamour, président du Collectif Roosevelt ; Severine Tessier, présidente d'Anticor ;  Emmanuel Vire, secrétaire général du Syndicat National des Journalistes CGT.

Maroc: le caricaturiste qui ne rigole plus, la liberté de la presse en danger

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Le caricaturiste Khalid Gueddar.... (PHOTO ABDELHAK SENNA, ARCHIVES AFP)
Le caricaturiste Khalid Gueddar.
PHOTO ABDELHAK SENNA, ARCHIVES AFP

Judith Lachapelle
Ma Presse
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Khalid Gueddar ne rigole plus. Alors qu'il s'apprêtait à lancer un nouveau magazine satirique au Maroc, le caricaturiste a été condamné, la semaine dernière, à trois mois de prison ferme pour une histoire qu'il croyait oubliée.
Une nouvelle qui tombe au moment où plusieurs autres journalistes marocains sont visés par des décisions judiciaires qui minent leur liberté d'expression, accusent les défenseurs des droits de l'homme.
Pour Khalid Gueddar, joint par La Presse mercredi au Maroc, il n'y a pas de hasard. «Ils n'ont rien d'autre pour me coincer», dit-il. En 2012, il avait été accusé d'avoir été en état d'ébriété sur la voie publique, ce qu'il avait toujours contesté. Trois ans plus tard - c'est-à-dire la semaine dernière -, ses avocats et lui ont appris «sans avoir reçu de citation à comparaître», dit-il, qu'il avait été condamné à trois mois de prison ferme. Il a déjà fait savoir qu'il ne ferait pas appel de la décision parce qu'il ne fait pas confiance à la justice de son pays.
«Je considère que tout ça, c'est une guerre contre les journalistes de ce pays qui gueulent pour dire que la liberté d'expression est en danger», dit Khalid Gueddar, qui a aiguisé ses crayons en travaillant avec l'équipe de Charlie Hebdo il y a quelques années.
Youssef Raïssouni, de l'Association marocaine des droits humains, dit constater une «régression dans la situation des droits de l'homme au Maroc». «On est dans une atmosphère caractérisée par une répression de la presse indépendante et de la presse engagée», observe l'homme, joint cette semaine à Rabat.
«Ces journalistes ne cessent de critiquer les autorités. Ils dérangent beaucoup», dit M. Raïssouni, soulignant que même son association n'a plus le droit d'organiser des événements publics.
Khalid Gueddar n'est pas le seul journaliste à avoir eu affaire à la justice marocaine depuis un mois. Le directeur d'un journal arabophone en ligne (goud.ma) a été accusé de diffamation et condamné en juin à payer 500 000 dinars (70 000$ CAN) au secrétaire du roi. La semaine dernière, un autre directeur de journal a dû verser l'équivalent de 14 000$ CAN à la police en plus d'écoper de quatre mois de prison après avoir publié des informations sur la mort d'un militant politique dans un commissariat de police d'Al Hoceïma.

Grève de la faim
Par ailleurs, le journaliste Ali Lmrabet s'est rendu en Suisse et a entamé une grève de la faim le 24 juin devant l'ONU pour protester contre le refus du Maroc de renouveler ses papiers d'identité officiels, essentiels pour récupérer sa licence de journaliste. Ali Lmrabet avait été interdit de journalisme pendant 10 ans en 2005 et comptait célébrer son retour en lançant le magazine satirique avec Gueddar. Le Maroc considère que M. Lmrabet ne vit pas avec son père à Tétouan (en sol marocain) comme il le clame, mais plutôt en Espagne, avec sa femme et ses enfants.
Le lancement du magazine est donc compromis, et Khalid Gueddar lui-même ne sait pas s'il doit s'attendre à voir les policiers débarquer chez lui pour l'emmener en prison. «Je suis là, je reste chez moi. S'ils viennent, je leur souhaiterai la bienvenue!»

vendredi 10 juillet 2015

Les Subsahariens empêchés de faire du théâtre à Tanger



Après celles de Rabat, les autorités tangéroises interdisent «b7al b7al»

Hassan Bentaleb,8/7/2015

Les Subsahariens empêchés de faire du théâtre à Tanger
La pièce de théâtre «b7al b7al» ne semble pas être du goût des autorités locales. Elle vient d’être interdite pour la deuxième fois.  De fait, la wilaya de Tanger a interdit les deux représentations qui étaient prévues les 4 et 5 juillet dans la capitale du Détroit.  Les autorités tangéroises semblent s’être ainsi alignées sur la position de celles de Rabat qui ont interdit le même spectacle le 13 juin dernier.  
«L’interdiction nous a été notifiée 15 minutes avant le début du  spectacle. Une décision qu’on n’a pas vu venir du fait qu’on a  informé les autorités  par courrier et qu’on a même réussi à avoir un accusé de réception du dossier déposé au bureau d’ordre  de la wilaya», nous a indiqué Aadel Essaadani, coordinateur général de Racines avant d’ajouter que «l’interdiction nous a été confirmée par le caïd du 4ème arrondissement de Tanger qui nous a informés que cette décision émane de la wilaya». Pourquoi? Silence radio de la part des autorités. «Aucune notification écrite de cette interdiction  n’a été adressée à qui que ce soit », nous a précisé notre source.
Aurait-elle une relation  avec le thème du spectacle? Qui sait? La pièce en question conçue selon la technique halqa-forum, traite de la problématique de la migration des Subsahariens au Maroc et tente de sensibiliser la société marocaine aux problèmes dont souffre cette minorité et de mettre fin aux préjugés et stéréotypes la concernant. «Peut-être que la wilaya de Tanger a jugé que le moment choisi pour une telle représentation n’était pas opportun puisqu’il  survient à quelques jours des évènements du quartier Boukhalef?», s’est demandé Aadel Essaadani.


jeudi 9 juillet 2015

Islam / Ramadan / Femmes...


Ramadan est supposé apaiser l'âme, ouvrir les cœurs aux plus démunis, souder des liens sociaux, opérer des trêves entre belligérants et ennemis...
Pourtant la haine et le crime persistent en Irak, en Syrie, dans le sud de l'Algérie (Arabes contre Berbères)..., au Maroc (agression contre un citoyen pour son orientation sexuelle, agression contre les deux filles de Inezgane pour avoir porté des jupes...)
Et puis, on oublie complètement les femmes et leur calvaire!!!
Pendant que les mâles prennent du repos, se protégeant de la fournaise de l'été, dans les mosquées pour passer la journée du ramadan, les femmes, elles, sont devant le four et la chaleur de la cuisine, à préparer le repas de la rupture du jeûne....
Quelle justice et quelle égalité!!!!????

André Chassaigne : "Le courage et la dignité du peuple grec face au chantage et à l’injustice est un message de résistance et d’espoir pour toute l’Europe."

 André Chassaigne : "Le courage et la dignité du peuple grec face au chantage et à l’injustice est un message de résistance et d’espoir pour toute l’Europe."

Mercredi, 8 Juillet, 2015
Humanite.fr

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Photo Patrick Kovarik/AFP
 
Débat sur la Grèce à l'Assemblée nationale. Intervention André Chassaigne mercredi 8 juillet 2015.
 
Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre,
Chers collègues,
 
Nous vivons un moment historique : la politique et la démocratie sont de retour en Europe !
Le courage et la dignité du peuple grec face au chantage et à l’injustice est un message de résistance et d’espoir pour toute l’Europe.
Les Grecs ont dit « Non » aux diktats de la Troïka, « Non » à l’Europe de l’austérité aveugle, générale et absolue, « Non » à l’Europe des financiers, principaux responsables de la crise qui frappe l’Europe des peuples.
La Grèce a dit « Non » aux humiliations. Elle a refusé de courber l’échine et relevé la tête.
Le peuple grec a signifié, en notre nom, qu’il est insupportable de voir M. Juncker, organisateur de la fraude et l’évasion fiscales lorsqu’il était premier ministre au Luxembourg, jouer les pères-la-vertu. 
Qu’il est insupportable de voir M. Draghi et la BCE se montrer inflexibles, alors même que l’actuel président de la BCE était responsable de Goldman Sachs en 2006 et a contribué à falsifier les comptes de l’État grec pour favoriser son entrée dans l’euro. 
Qu’il est encore plus insupportable de voir Mme Lagarde aussi intransigeante pour 1,6 milliard d’euros dus au FMI, alors qu’elle était si conciliante avec Bernard Tapie quand elle était ministre de M. Sarkozy.
Le dogmatisme n’est pas du côté de Tsipras, comme certains voudraient le faire croire. Il est de celui d’une Troïka autiste qui impose un cadre austéritaire et rigoriste, sans possibilité de négociation. 
A l’inverse, le gouvernement grec ne cesse de chercher la voie du dialogue et du compromis. 
 
Alexis Tspiras n’est ni radical, ni irresponsable.
Il n’est pas pour le statu quo. 
Son programme prévoit des réformes fiscales et économiques d’importance.

Jacob COHEN « Le roi du Maroc collabore avec Israël, les sionistes, le Mossad, main dans la main »

H CONTINU
Accueil / Actualités / Jacob COHEN « Le roi du Maroc collabore avec Israël, les sionistes, le Mossad, main dans la main »

COHEN

Dans une vidéo diffusée sur youtube d’un extrait d’un entretien avec Jacob Cohen, un écrivain juif franco-marocain, militant antisioniste, il y revient sur les relations du roi du Maroc, de la monarchie marocaine avec Israël, le Mossad. Il y critique le rôle du Comité AlQODS, le jeu néfaste des Etats arabes dans la question palestinienne. Nous avons choisi de publier le contenu de l’entretien car nous avons estimé qu’il est à même de démystifier la monarchie marocaine, contrer sa propagande , sa manipulation et sa domination. 
 Dans cet entretien J.Cohen dévoile comment Israël influence grandement la politique au Maroc, où rien ou presque ne peut se faire qui aille contre ses intérêts. Il est grand temps de se libérer de l’emprise makhzenienne, et découvrir avec quelle cynisme et quelle maestria le makhzen les manipule avec la complicité des médias, de la classe politique,  les pseudos intellectuels, et militants organiques, panarabistes, opportunistes se montrent « outrés » que de simples militants notamment amazighs visitent Israël.
hassn II ytzhaq rabin

Les Marocaines victimes de discrimination peuvent maintenant porter plainte à l’Onu

Marche des femmes, à Rabat, le 13 avril 2014. Crédit : DR Les Marocaines victimes de discrimination peuvent maintenant porter plainte à l’Onu

La Chambre des représentants a adopté un texte qui introduit la possibilité pour des citoyens de porter plainte contre le Maroc en cas de discrimination faite à l’égard des femmes.

En 1996 le Maroc a adhéré à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW). Ce texte contraint les Etats signataires à abroger les lois discriminatoires et à garantir une certaine égalité dans les domaines de la santé, de l’emploi et de l’éducation. Le 7 juillet, la Chambre des représentants a adopté le protocole facultatif, subsidiaire à cette convention.
Ce texte-ci permet à des particuliers, des groupes de particuliers ou même des ONG représentant ces particuliers de porter plainte contre le Maroc auprès du comité de surveillance de la convention en cas de non respect du texte. Dans l’absolu, le royaume pourrait ainsi être sanctionné pour certaines lois comme celle de l’héritage par exemple.

Pas de plainte anonyme

L’article 11 du protocole exige que l’État s’assure que les plaignants ne soient pas victimes de mauvais traitements ou d’intimidation. L’article 13 le contraint à informer ses citoyens à propos de la convention, du protocole facultatif et du fonctionnement du comité afin de faciliter l’enregistrement des plaintes.
Les plaintes sont étudiées seulement si tous les recours nationaux ont été épuisés et bien sûr l’enquête n’est ouverte que si les plaignants apportent suffisamment d’informations documentées. Les plaintes anonymes et celles se référant à des événements précédant la signature du protocole facultatif ne sont pas recevables.
D’après le quotidien Aujourd’hui le Maroc, certains membres du PJD et d’autant plus du MUR étaient contre l’adoption de ce protocole. Le journal site notamment le parlementaire Rachid Slimani pour qui « certaines dispositions dans le même protocole sont contraires aux composantes de la civilisation et la religion musulmanes des Marocains » et qui regrette que le texte porte atteinte à la souveraineté du royaume.

Les parlementaires pressés par le CNDH

Le Maroc a ratifié ce protocole depuis 1999 mais il a pris plus de vingt ans à être voté. Dans un communiqué dans lequel il se félicite de cette adoption qu’il qualifie de « pas décisif », le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH) précise d’ailleurs qu’il a relancé le président de la Chambre des représentants en 2014 puis en 2015 pour accélérer le processus d’adoption.
Mais le CNDH rappelle aussi « la nécessité de parachever dans les plus brefs délais le système national de protection des droits des femmes en adoptant la loi sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes » et rappelle par la même occasion que la réforme du code pénal est justement une occasion de le faire.

Message de Ziad Medoukh de Gaza : un an après.



Gaza, le 7 juillet 2015.

Un an après la nouvelle offensive israélienne contre la bande de Gaza

Rien n’a changé à Gaza

Le blocus israélien inhumain est maintenu

Aucun projet de reconstruction privé ou public n’a commencé

Les attaques israéliennes contre les civils de Gaza se poursuivent

La souffrance des Gazaouis se poursuit

Devant le silence complice de la communauté internationale officielle

Jusqu’à quand l’impunité d’Israël ?

Jusqu’à quand les crimes israéliens ?

Jusqu’à quand l’injustice ?

La mobilisation internationale est très appréciée par notre population

Vive la solidarité internationale avec la cause palestinienne

La lutte continue !

Le combat se poursuit !

Gaza résiste, Gaza persiste, et Gaza existe !

La population de Gaza est confiante

Gaza la vie garde espoir !

Gaza espère un lendemain de liberté, de paix et de justice !

Palestine vivra, Palestine vaincra !

 
https://www.youtube.com/watch?v=cllYT-vWyY0&feature=youtu.be

palestoulouse-noreply@yahoogroupes.fr

image <https://youtu.be/cllYT-vWyY0>


La France : terre d’impunité, ou gardienne de la compétence universelle ?


6 juillet 2015
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Compétence Universelle. Bons baisers de Bachar
 

Actuellement, des criminels coupables de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité peuvent passer tranquillement leurs vacances en France sans être inquiétés par la justice. Cet été, vous pourriez ainsi croiser Bachar al-Assad dans les embouteillages sur la route des vacances, ou Kim Jong-un bronzant à vos côtés sur la plage.

Il existe un mécanisme juridique pour que les génocides, les crimes de guerre, les crimes contre l'humanité et la torture ne restent jamais impunis. Ce mécanisme s’appelle la "compétence universelle". Il permet à tous les États d’entamer des poursuites judiciaires contre les auteurs de ces crimes, quel que soit l’endroit où le crime a été commis, ou la nationalité de l’auteur.

Pourtant, dans la pratique, le noble principe de compétence universelle n’est toujours pas respecté dans de nombreux pays. En effet, la mise en place de ce mécanisme juridique dépend de la volonté politique des gouvernements de chaque État. Alors que la Belgique et l’Espagne ont utilisé la compétence universelle pour faire juger le Tchadien Hissène Habré et faire arrêter le Chilien Augusto Pinochet ; la France, "pays des droits de l’Homme", est loin d’être un modèle dans ce domaine. Les gouvernements successifs ont ainsi trouvé des ruses juridiques pour rendre l’application de la compétence universelle impossible dans notre pays.
 

Sur Twitter, sur Facebook ou en signature électronique, diffusez dans vos réseaux l'image animée des deux dictateurs pour dénoncer l'inaction de la France face aux pires crimes.

  L'ACAT agit

Depuis 15 ans, l'ACAT se bat aux côtés d'autres ONG et avocats pour faire sauter les verrous juridiques qui empêchent les juges français de poursuivre ces criminels internationaux.  Une proposition de loi a déjà été votée au Sénat et, avec d'autres ONG, nous faisons pression pour qu'elle soit discutée aussi à l'Assemblée Nationale à la rentrée scolaire 2015.

Dans le cadre de sa campagne « Bon baisers de Bachar », l’ACAT souhaite interpeller le gouvernement français sur sa responsabilité en matière de jugement des criminels de guerre.
 

Pour illustrer le décalage entre la gravité des crimes des pires dictateurs, et la protection dont ils bénéficient à l’étranger, nous vous invitons à sensibiliser largement votre réseau en relayant l’image animée de cette campagne sur Twitter, sur Facebook ou dans votre signature électronique.


 

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