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mercredi 21 juillet 2021

Pegasus : la question du Sahara occidental au cœur de l'espionnage de Français par le Maroc

Soupçons de torture

Jugé par un tribunal militaire avec 25 autres figures du mouvement pour l’autodétermination du Sahara, Naâma Asfari a été condamné à trente ans de prison. Claude Mangin livre depuis un âpre combat. Ne serait-ce que pour voir son mari en détention. Il lui est souvent arrivé d’être expulsée du Maroc avant même d’y avoir posé un pied. Et lorsqu’elle se rend sur place avec des parlementaires ou des avocats qui la soutiennent dans sa démarche, elle affirme y être continuellement épiée.

Claude Mangin pendant sa grève de la faim à la mairie d'Ivry-sur-Seine, en mai 2018, pour demander le droit de rendre visite à son mari militant du Sahara libre Naâma Asfari. Soutenue alors par l'acteur Pierre Richard.
Claude Mangin pendant sa grève de la faim à la mairie d'Ivry-sur-Seine, en mai 2018, pour demander le droit de rendre visite à son mari militant du Sahara libre Naâma Asfari. Soutenue alors par l'acteur Pierre Richard. Crédits : Lucile Métout - Maxppp

Il faut souligner que, malgré elle, Claude Mangin est à l’origine d’une brouille diplomatique entre la France et le Maroc. En 2014, avec l’Association des chrétiens pour l'abolition de la torture (Acat) et son avocat Joseph Breham, une plainte est déposée devant les tribunaux français. Cette plainte qui dénonce des faits de torture en détention sur Naâma Asfari vise clairement le chef de la police et des services secrets du Maroc, l’un des hommes les plus puissants du Maroc : Abdellatif Hammouchi. Or, il se trouverait justement en France à ce moment-là. La doyenne des juges d’instruction de Paris envoie alors sept gendarmes au domicile de l’ambassadeur pour tenter d’interroger Hammouchi. Le patron des services secrets n’est pas là, mais l’affaire fait scandale au Maroc. Pendant un an, Rabat refuse toute coopération judiciaire avec Paris.        


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