Le
sentiment de confinement et d’isolement pendant cette pandémie nous
rapproche du sentiment de l’enfermement vécu par les prisonniers dans
les prisons, les réfugiés dans les centres de détention, les patients
dans les hôpitaux et prisons psychiatriques. On se rapproche. Mais on
est encore loin de l’enfermement 23/24h, 7 sur 7, dans 9m², seul ou avec
deux ou trois, pendant des mois, si pas des années comme c’est le cas
dans « les institutions totales ».
Les premiers signes d’alerte
du confinement doux sont là : le manque de liberté de mouvement,
l’absence d’un vrai contact humain fait exploser le nombre d’appels à
l’aide chez les organisations pour la prévention du suicide ou contre
les violences conjugales. On nous dit qu’il y a un nombre de vieux qui
se laissent mourir.
Pouvons-nous nous imaginer dans quel état se
trouvent des détenus qui sortent des prisons ou des centres de détention
après des années d’enfermement ?
Le sentiment de confinement
va-t-il nous amener à remettre en question notre culture carcérale,
notre société de bannissement et d’éloignement de tous ceux qu’on ne
souhaite pas avoir chez nous ? Des déchus de la nationalité aux vieux
dans les homes aux réfugiés dans des camps aux délinquants (pauvres)
dans les prisons… Des institutions de soin sont nécessaires, mais il
nous faudra surtout nous réapproprier le sentiment de résistance
collective et notre pouvoir de régler les problèmes sociaux en tant que
communautés.
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