samedi 7 septembre 2019

France : Des enfants migrants privés de protection.

France : Des enfants migrants privés de protection.

Des procédures défectueuses dans les Hautes-Alpes, comme à Paris et ailleurs.

Notre nouveau rapport https://www.hrw.org/fr/news/2019/09/05/france-des-enfants-migrants-prives-de-protection 

France : Des enfants migrants privés de protection

hrw.org


Des procédures défectueuses dans les Hautes-Alpes, comme à Paris et ailleurs

Migrants : «Les morts racontent très bien la tragédie et le risque»


Par Kim Hullot-Guiot

La médecin légiste Cristina Cattaneo, qui a travaillé

Portrait de Cristina Catteano, Milan, le  2 Aout 2019 à  l'Istituto di Medicina Legale e delle Assicurazioni from the Università Statale in Milan.
Cristina Cattaneo. Photo Emanuele Amighetti

sur des cadavres après un naufrage en Méditerranée en 2015, souligne l’importance de les identifier. Notamment pour simplifier la situation administrative de leurs familles.

Dans la nuit du 18 au 19 avril 2015, la Méditerranée a été le théâtre du pire naufrage de bateau de migrants jamais recensé : près d’un millier de personnes originaires du Soudan, de Somalie, de Guinée, du Mali, de Côte-d’Ivoire, d’Ethiopie, du Sénégal, d’Erythrée, du Bangladesh… ont perdu la vie en tentant de gagner l’Europe. La tragédie avait ému en Italie, si bien que le gouvernement de l’époque, dirigé par Matteo Renzi, avait décidé que l’épave du bateau de pêcheurs serait remorquée, notamment afin d’identifier les cadavres.
En 2016, pendant quelques mois, des pompiers et des médecins légistes ont œuvré à redonner une identité et ainsi leur humanité à des cadavres décomposés. Parmi ces médecins se trouvait Cristina Cattaneo. La cinquantaine dynamique, cette Italienne amoureuse de musique classique et des animaux, à l’air tout sauf austère, dirige le laboratoire médico-légal Labanof de l’université de Milan. Elle partage son temps entre enseignement, travaux médico-légaux (identifier des corps retrouvés par la police, examiner les femmes et les enfants battus…), et travaux archéologiques. C’est aussi elle qui a œuvré dans les années 90 à la création d’un fichier national permettant de mettre en lien les personnes portées disparues et les corps retrouvés par ailleurs. Lorsque le chalutier a sombré, Cristina Cattaneo et ses collègues n’ont guère hésité à participer à l’effort d’identification.

Dans un livre (1) déjà paru en Italie et qui sort ces jours-ci en France, elle raconte ces quelques mois de travail à Melilli (Sicile) où le bateau, désormais exposé à la Biennale de Venise, avait été remorqué. Un récit fort qui explique avec minutie le travail du légiste, autant qu’un plaidoyer pour faire comprendre l’importance d’identifier les morts de la Méditerranée. Nous l’avons rencontrée cet été à Milan.
Qu’est-ce qui vous a poussée à écrire ce livre ?
J’avais envie de raconter ce que j’avais moi-même peur d’oublier. Donner un nom à un cadavre n’est pas d’une importance évidente pour les gens. Même moi, si ce n’était pas mon travail, je ne m’en rendrais pas forcément compte. On est en train de voir le plus grand désastre de masse de type humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale, et on n’agit pas. Je veux faire prendre conscience qu’il faut donner une identité à ces gens, comme on le fait pour les victimes des crashs d’avions.
Identifier un corps, ça signifie quoi ?
Quand un membre de votre famille meurt, l’émission de certificat de décès est automatique. Votre statut peut changer, vous devenez veuf, orphelin, etc. Pour nous c’est automatique, on n’y pense même pas. Mais si vous êtes coincé dans un pays, que vous êtes mineur et que vos seuls parents vivants sont en Europe, vous ne pouvez pas y aller tant que votre statut n’est pas officiellement celui d’un orphelin. Vous êtes coincé et cela va changer le reste de votre vie.

vendredi 6 septembre 2019

Maroc-Algérie : la frontière impopulaire, la fraternité malgré tout

Privés d'école




En septembre, des millions d’enfants retrouvent le chemin de l’école.
Mais pas tous ceux qui ont fui la guerre et les persécutions dans leurs pays d’origine…Ni tous ceux qui vivent dans des campements de fortune ou avec leurs parents sans papiers… 

Privés de droits, ballotés de squats en centres d’hébergement d’urgence, ils ne connaissent que la peur et l’exclusion.
Des centaines d’enfants isolés de moins de 18 ans souvent jugés
« majeurs », sont exclus des systèmes de protection, et se retrouvent à la rue, livrés à eux-mêmes.
Barbelés, présence policière, conditions matérielles déplorables, violences dans les centres de rétention administrative…
Aucun enfant n’y a sa place ! Et pourtant, chaque semaine, des enfants sont enfermés en rétention !
Qu’avons-nous fait des droits de l’enfant ?
Ses droits ne peuvent pas s’effacer au seul motif qu’il est un enfant «migrant» ou que ses parents sont des personnes migrantes.
Or des milliers d’enfants sont niés dans leurs droits uniquement parce qu’on veut alléger les budgets des départements en charge de l’Aide Sociale à l’Enfance. Résultat : des enfants vivent dans la rue, le 115 refusant de les prendre en charge quand l’administration les déclare majeurs. Ils n’ont plus que le secours éventuel des associations et des particuliers.
Pour nous, à La Cimade, l’intérêt des enfants est prioritaire
Forte du soutien de 140 000 signataires d’une pétition appelant à mettre fin à l’enfermement en rétention des enfants, La Cimade a interpellé le président de la République et les parlementaires
pour que la France cesse cette pratique traumatisante. Suite à notre mobilisation, un groupe parlementaire travaille sur ce sujet.
Notre demande est claire : l’interdiction définitive de l’enfermement des enfants.

Un enfant doit être protégé plutôt que soupçonné !
 
Les équipes bénévoles de La Cimade sont actuellement engagées dans des actions de contentieux devant les tribunaux administratifs et la Cour européenne des droits de l’Homme pour la protection, l’hébergement et la scolarisation de ces jeunes.

La Convention internationale des droits de l’enfant fête ses 30 ans en 2019. 
C’est l’occasion de manifester votre engagement à nos côtés pour faire valoir ces droits et protéger des milliers d’enfants en France.
Pour continuer d’agir avec efficacité, votre mobilisation et votre soutien nous sont plus que jamais nécessaires.




Quelle que soit sa nationalité, un enfant reste un enfant et doit être protégé, accueilli, scolarisé.
 <lacimade@lacimade.org>    

jeudi 5 septembre 2019

Septfonds : un maire qui dit clairement oui à l'accueil des réfugiés, non aux pressions


Ces imbéciles qui osent proférer des menaces vis à vis d'un maire qui a accueilli des réfugiés dans le cadre d'une réinstallation, en l'espèce des Yezedis. Ces gens n'ont pas la plus petite once d'humanité





Jacques Tabarly devant l'un des hébergements de la commune où logent des Yézidis / © France 3 Occitanie Jacques Tabarly devant l'un des hébergements de la commune où logent des Yézidis / © France 3 Occitanie

Jacques Tabarly, le maire de Septfonds dans le Tarn-et-Garonne, a reçu des menaces de mort pour avoir accueilli des Yézidis. Il a porté plainte mais il estime que ces menaces ne représentent rien face aux exactions qu'ont subies ces femmes et enfants réfugiés.
Par Christine Ravier
Pour Jacques Tabarly, les faits sont graves. Il a porté plainte et s'est constitué partie civile... Pas question de laisser passer ces menaces d'un internaute incitant à chasser les réfugiés yézidis qu'il accueille et à "brûler le maire au passage".

Pour autant, le maire de Septfonds (2 200 habitants) ne souhaite pas s'y arrêter. Cet individu, qui a depuis été identifié... Il s'agit d'un militaire de la région qui devrait comparaître rapidement devant le tribunal. Cet individu donc, ne mérite pas son attention.

 Des mères et des enfants traumatisés

Son attention, il la porte aux réfugiés qu'il accueille avec ses concitoyens depuis 3 semaines. Huit familles qui ont vécu les pires traumatismes et sévices en Irak. Les Yézidis sont considérés par Daesh comme des sous-hommes.

Les personnes qui ont débarqué le 8 août dernier sont des mères et des enfants. Leurs maris ont le plus souvent été abattus. Les femmes et les filles ont été soumises à un esclavage sexuel. Les enfants ont été témoins de ces scènes d'horreur.

C'est cette brutalité crue qui frappe de plein fouet le maire et ses concitoyens. Et ils font face. Les faits, ils les ont découverts lors d'une réunion à la salle des fêtes. Une jeune fille a pris la parole pour raconter.

 Toute une commune derrière son maire

Dès lors, explique Jacques Tabarly, toute la commune a pris fait et cause. Des gens qui ont voté pour le rassemblement national aux dernières élections, ont comme beaucoup d'autres, apporté des vêtements, des couvertures, des jouets pour enfants...

Le conseil municipal n'avait pas hésité à suivre son maire, qui s'était engagé auprès du préfet.
 C'est la force des élus. Quand on fait des choses à plusieurs, c'est beaucoup mieux partagé. Et de toutes façons, c'est un engagement. Il a été pris.

Depuis 3 semaines, les familles vont et viennent dans le village. Les enfants jouent ensemble. Les gens se saluent. Jacques Tabarly est fier de cela. Et cela seul compte.

 "On en est fier !"

"C'est une histoire qui se répète. Il y a 80 ans, Septfonds accueillait les réfugiés espagnols, des Polonais, des Juifs et des travailleurs étrangers. J'estime que dans l'histoire et la mémoire de Septfonds, c'était notre rôle de répondre à ce besoin d'hospitalité. On en est fier !"