samedi 10 mars 2018

vendredi 9 mars 2018

Mandat de la MINURSO : le WSAF réitère son appel pour inclure la surveillance des Droits de l’Homme

Londres, 6 mars 2018 (SPS) 
 L’organisation internationale basée à Londres, Forum d’action pour le Sahara Occidental (WSAF), a réitéré son appel pour inclure la surveillance des droits de l’Homme dans le mandat de la mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum d'autodétermination au Sahara occidental (MINURSO).
L’ONG a affirmé, dans un communiqué publié cette semaine, que le pillage des ressources du Sahara occidental par Rabat est la première motivation de l’occupation marocaine qui est d’abord une affaire d’argent.
"Le Maroc tire profit économiquement de son occupation du Sahara Occidental en pillant les ressources naturelles du territoire qui reviennent de droit au peuple sahraoui", souligne le WSAF qui précise que le pillage implique le Phosphate de roche utilisé dans les engrais, les poissons et produits de la pêche, les produits agricoles ainsi que les énergies solaire et éolienne.    
Le forum rappelle, encore une fois, que le droit international est "clair", il stipule que toute ressource naturelle provenant du Sahara occidental, territoire autonome distinct du Maroc, ne peut être exploitée par l’occupant sans l’autorisation des représentants légitimes du peuple sahraoui.
"Le Maroc ne respecte pas le droit international et persistera tant qu’il n'y a pas de surveillance indépendante des droits de l'homme", a relevé l’organisation, réitérant son appel pour une surveillance onusienne des droits de l'homme au Sahara occidental.
A rappeler qu’en fin février, le WSAF a lancé une campagne pour inclure la surveillance des Droits de l’Homme dans le mandat de la MINURSO, à même de "contraindre" Rabat au respect du droit international notamment le droit humanitaire, avait alors précisé le forum.
Fin janvier dernier, l’organisation britannique de solidarité avec le Sahara occidental, Western Sahara Campaign (WSC), avait également lancé une campagne similaire.
WSC avait expliqué ses motivations par l’impasse dans laquelle se trouvaient les progrès vers une solution politique au conflit du Sahara occidental, et les retombées de cette situation sur les droits de l’Homme du peuple sahraoui qui continue d’être privé de tous ses droits.
L'organisation avait affirmé que l’ONU doit prendre des mesures pour rassurer le peuple sahraoui que le droit international et les droits de l'homme dans les territoires occupés du Sahara occidental seront respectés à l'avenir.(SPS)
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Sidérant ! Liste impressionnante du lobby marocain à l’Assemblée Nationale française







 
Ils sont membres du Groupe d’Amitié France-Maroc. Apparemment, ils ont été séduits par le goût du cous-cous marocain, même si leur majorité se trouve plutôt sous le chantage du Makhzen. 

Le parti Républicains en Marche, en dépit de sa récente création accapare la majorité de ce groupe. Cela prouve que les français, quelle que soit leur orientation politique sont tous prêts à rendre service au Maroc. Pourquoi? Tout simplement parce que tous les politiciens français ont été invités par le Makhzen et ont mangé de son râtelier, un râtelier dont les ingrédients sont connus de tous : prostitution, pédophilie, homosexualité).

Les naïfs diront: Parce que le Maroc est un allié de la France, un pays émergent, un exemple de démocratie. Faux!

Ceux qui connaissent bien le Maroc savent pertinemment que tous ces lobbyistes payent le prix de leurs séjours dans le royaume de Mohammed VI. Des séjours et nuits arrosées à Marrakech qui ont été filmées par la DGED et dont les vidéos sont soigneusement gardées dans les bureaux de Sdi Yassine, le patron des renseignements extérieurs marocains.

Aucune personnalité française qui a été invitée au Maroc n’ose lever la voix contre la monarchie alaouite et le Makhzen. Elles risquent de voir leurs frasques dévoilées dans la rue. Les amis du Maroc sont poussés uniquement par deux motifs: l’intérêt économique de leur entreprises et le chantage.

Avortement- Maroc : Une loi bloquée depuis deux ans malgré les instructions royales

Avortement : Une loi bloquée depuis deux ans malgré les instructions royales

Source : Lesinfos.ma,09/03/2018

Cela fait deux ans que le projet de loi sur l’avortement a été adopté par le conseil du gouvernement Benkirane. Pourtant, malgré les instructions royales, le projet reste bloqué chez les législateurs. L’émission « Vue d’en haut » a essayé de décrypter le problème. Explications.

   Le projet de loi légalisant l’avortement - dans des cas très restreints d’ailleurs - a été adopté il y a deux ans. Malgré les instructions du souverain, les législateurs ne semblent pas pressés de le faire passer.

« Nous sommes en mars 2018 et je ne comprends pas où est passé le dossier. Théoriquement, allant du secrétaire général du gouvernement où il a été rédigé, il est transmis au conseil de gouvernement où il a été adopté en mars 2016. À partir de là, il devrait aller au Parlement pour être discuté en commission puis en deuxième chambre et enfin adopté définitivement », s’indigne le professeur Chafik Chraïbi, président de l’Association  Marocaine de Lutte contre l’Avortement clandestin (AMLAC). C’est, d'ailleurs dès 2015, à travers le professeur Chafik Chraïbi que le débat sur l’avortement avait été relancé. En effet, suite à un reportage diffusé sur une chaîne française qui dénonçait les avortements clandestins au Maroc, et où le président de l’AMLAC était la principale source témoignant à visage découvert, une vive polémique avait contribué à l’ouverture d’un débat, pour le moins houleux, conduisant à une légalisation (très) partielle des IVG.
« Cela fait deux ans, jour pour jour, qu’il y a des victimes qui continuent de tomber à cause des grossesses non désirées et à causes des problèmes dus à l’avortement et à ses complications. Je ne comprends pas pourquoi on ne donne pas la volonté qu’il faut pour, justement, que ce projet sorte », dénonce Chafik Chraïbi.

Des chiffres alarmants et des grossesses « honteuses »
Selon l’étude la plus récente réalisée par l’Association marocaine de la planification familiale, ce sont plus de 800 avortements clandestins qui sont pratiqués par jour au Maroc. Ces cas d’interruption volontaire de grossesse concerneraient une moyenne de 8 femmes sur 1000 âgées de 15 à 44 ans. Les décès, dus essentiellement au manque d’hygiène et de sécurité, représenteraient quant à eux un taux 2,4%. 5,5% de plus décèdent des suites de complications. Ces chiffres inquiétants seraient par ailleurs inexacts et bien en-deçà des réalités, comme l’avait souligné Chafik Chraïbi au moment de leur sortie.
« Selon l’OMS ce sont 200.000 avortements clandestins par an au Maroc, 26 enfants sont abandonnés parmi les 150 qui naissent tous les jours hors liens du mariage », rappelle l’animateur. Des chiffres, alarmants, en plus d’une honte persistante chez les femmes qui vivent des grossesses non désirées et qui recourent à des pratiques dangereuses. 

En vue de contrecarrer les rapports qui fâchent, tel celui d'Amnesty,une commission de trop ?




Transparence, accès à l’information et des centres de recherche crédibles feront largement l’affaire

En vue de contrecarrer les rapports qui fâchent : Une commission de trop ?
Le classement international du Maroc  en matière de droits de l’Homme, de corruption, de développement humain, d’inégalités,… semble déranger l’actuel gouvernement.  Lequel estime injustes et partiels les rapports sur lesquels ces classements sont basés. Une commission ministérielle a même été mise en place dans l’objectif « de répondre  à ces rapports, de soigner l’image du Maroc et de stopper les campagnes injustes contre le Royaume », a déclaré récemment le chef du gouvernement. 
 
Cette commission sera présidée par lui-même et composée de Mustapha Ramid, ministre d’État chargé des droits de l’Homme, Abdelouafi Laftit, ministre de l’Intérieur, Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Mohamed Aujjar, ministre de la Justice, Mohamed El Hajjoui, secrétaire général du gouvernement, Mohamed El Aaraj, ministre de la Culture et de la Communication et Mustapha Khalfi, ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile, porte-parole du gouvernement. Ladite commission sera chargée d’examiner les rapports internationaux, de réagir aux critiques et remarques y afférentes et de réfuter toutes les thèses qui lui semblent injustes à l’égard du Maroc.  
Pourtant, nombreux sont les spécialistes qui s’interrogent sur l’utilité d’une telle commission et sur sa capacité à remettre en cause les conclusions de ces rapports. Mais loin de toute polémique, comment ces documents sont-ils élaborés ? Selon quelles  méthodologies et quels critères ? Peut-on parler de  méthodes scientifiques rigoureuses mises en place  par les praticiens qui les ont élaborés ? Y a-t-il des dérives des ONG internationales en matière d’élaboration de ces rapports ? Et est-ce qu’il est vrai que notre pays soit la cible de campagnes de diffamation ?   
Concernant l’élaboration desdits rapports internationaux, Mohamed Kerkab, professeur à la Faculté des sciences économiques, juridiques et sociales de l'Université Cadi Ayyad à Marrakech, nous a indiqué que ces documents se basent, en principe, sur des statistiques  officielles émanant d’institutions et administrations marocaines. « Les Royaume fournit des chiffres bruts en matière d’habitat, de santé, de  pauvreté … et les institutions internationales les traitent et les commentent comme le font la Banque mondiale et d’autres institutions financières par exemple », a-t-il précisé. Même son de cloche chez Boubker Largo, président de l'Organisation marocaine des droits de l'Homme (OMDH) qui nous a indiqué que ces documents se basent souvent sur des rapports nationaux, des observations des ONG nationales,  des articles de presse et certaines bases de données ainsi que sur l’observation des procès. « Sur le plan national, notre action consiste à suivre de près le travail des tribunaux, les médias, les évènements qui marquent l’actualité … On diligente des enquêtes sur la base desquelles on élabore nos rapports », a-t-il noté.
De son côté, Azzedine Akesbi, membre du bureau exécutif de Transparency Maroc nous a expliqué que  chaque rapport et chaque enquête demande une méthodologie spécifique tout en précisant que chacun des indicateurs utilisés touche à un problème spécifique. « On ne peut pas traiter la question de la corruption comme celles de la gouvernance, de la prévarication, de l’accès à l’information, des droits de l’Homme, etc. Durant les 30 dernière années, il y a eu une évolution remarquable en matière d’étude des indicateurs », nous a-t-il déclaré. Et de poursuivre : « Un indicateur est jaugé à la lumière de certains éléments, à savoir l’objet de la recherche, la méthodologie utilisée et l’échantillon de l’étude.  Ainsi, l’indicateur de corruption touche le taux de la corruption dans le secteur public et il est dressé annuellement  pour 180 pays par des experts, des institutions internationales et des bureaux d’enquête. Souvent, ce sont 13 à 14 institutions qui participent à l’enquête et chaque pays bénéficie de  4 à 10 études différentes. Et il faut disposer de trois études convergentes pour valider les résultats de l’enquête ». 


jeudi 8 mars 2018

La lutte contre le racisme passe par la lutte contre la guerre : la plate-forme du 24 mars me laisse sur ma faim

Nadine Rosa-Rosso - L'air du temps, 6/3/2018 
Le 24 mars 2018, nous serons sûrement nombreux dans les rues de Bruxelles à manifester contre le racisme. Quatre jours plus tôt, le 20 mars 2018, il y aura exactement quinze ans que les États-Unis lançaient leur seconde guerre contre l’Irak. Une guerre qu’ils n’ont à ce jour pas gagnée. Tout comme ils ont perdu la première guerre contre ce pays, lancée dix-sept ans plus tôt.
Les États-Unis ont perdu la guerre contre la Corée en 1953, ils ont perdu la guerre contre le Vietnam en 1975 ; ils ont perdu la guerre contre l’Afghanistan, dans lequel ils sont toujours empêtrés depuis dix-sept ans.
Mais pour ceux qui lancent toutes ces guerres, l’important n’est pas de gagner. L’important est qu’il y ait des guerres, des guerres ouvertes, des guerres rampantes, des guerres à l’extérieur, des guerres à l’intérieur. Des états de guerre permanente dans les ghettos noirs, où la police peut tirer à vue, où les gangs se mènent des batailles sanglantes.
https://www.nouvelobs.com/monde/20130320.OBS2530/guerre-d-irak-10-ans-et-des-centaines-de-milliers-de-morts
Un état de guerre permanent: seuls les pauvres paient
Peu importe à ceux qui en décident : ce sont quand même toujours les pauvres qui paient le prix, ce sont eux qui meurent, qui vivent dans la peur, qui subissent les famines et les épidémies liées aux embargos et à la démolition des infrastructures essentielles ; ce sont eux qui sont handicapés, mutilés à vie, qui n’ont plus d’écoles ni d’eau potable et qui attendent les quelques heures de « couloir humanitaire » ou de ravitaillement tombé du ciel, entre les tapis de bombes. Ce sont les paysans qui sautent sur les mines en cultivant leur champ ou leurs enfants qui naissent encore toujours déformés au Vietnam, plus de quarante ans après la fin de la guerre, des suites de l’agent orange.
Cet état de guerre permanent n’est pas la réponse au terrorisme de quelques milliers d’individus,  c’est au contraire la cause et l’origine de ce terrorisme « d’en bas ». L’état de guerre est strictement indispensable à ce système mondial où l’ordre, il faudrait dire le désordre, est défini par et pour une poignée de milliardaires. Ce désordre mondial dans lequel « la vie urbaine et économique des pays du Nord (la nôtre, donc !) est fondamentalement dépendante des pays du Sud postcolonial (et parfois néocolonial).»[1].

La guerre : un terrorisme cynique, planifié, sur grande échelle, et qui rapporte

Les guerres n’ont pas pour seule mission de préserver l’accès du Nord riche aux matières premières du Sud. Il ne s’agit pas seulement de guerres « pour le pétrole ». Les guerres fournissent un débouché de premier ordre au complexe militaro-industriel : la guerre du Golfe de 1991 a permis d’écouler le gigantesque armement prévu pour combattre l’Union soviétique, entre-temps disparue. Elles sont aussi un immense « salon des inventions » grandeur nature, où les multinationales testent et prouvent sur le terrain l’efficacité de leurs produits. Savez-vous que le GPS a pour la première fois été utilisé pendant la première guerre du Golfe [2]? Toutes les technologies liées à Internet ont connu un essor fabuleux suite à cette guerre. Quelle plus belle publicité pour la technologie qu’une guerre bien destructrice, avec peu de pertes humaines du côté de l’agresseur ? Et détruire signifie reconstruire : de nouveaux contrats juteux en perspective, cette fois pour  les lobbys de la construction, de l’appareillage médical etc. Et avec la garantie que les États s’engageront dans les financements… Profits maximaux garantis. Et puis la guerre permet de développer en permanence l’idéologie de superpuissance, de lutte « contre les barbares ».

Journée internationale des droits des femmes : colère des paysannes de Tamtatoucht

par Amal Lahoucine, 8/3/2018

Tamtatoucht, le village natal de  Zayd U Hmad*, un des héros de la résistance dans le Djebel Baddou après la bataille de Bougafer dans le sud-est du Maroc, dernier front de la résistance contre le colonialisme en 1934, est aujourd’hui sous le couvre-feu du régime. Depuis février 2017, au début des travaux du projet dit de «barrage touristique» de Toudgha, une autre façon d’occuper les terres des paysans pauvres, lancé par Aziz Akhannouch, chef des spéculateurs immobiliers et patron de des terres et mers au Maroc, tout comme le projet dit de «port touristique» à Al Hoceima.

Le 15 novembre 2017, les paysans pauvres de Tamtatoucht ont manifesté en organisant une marche vers le chantier du barrage, occupant leet arrêtant les travaux. Les autorités de Tinghir ont refusé de négocier avec le syndicat des paysans, le gouverneur a insulté le secrétaire générale du syndicat à Tinghir et a lancé une série d’inculpations.
Le sit-in des paysans, organisé principalement par les femmes paysannes, a duré 57 jours.



Le 10 janvier 2018 à 6h  du matin, 1000 hommes des forces de répression ont occupé le lieu du sit-in, à 9h, les paysans ont marché vers le barrage, et leur marche a été écrasée, 11 paysans dont une femme ont été arrêtés et déféré au tribunal de Ouarzazate.
Le 11 janvier 2018 le secrétaire général du syndicat Zaid Takrayout a été arrêté lui aussi et déféré au tribunal de Ouarzazate.
Le 5 février 2018 le tribunal de première instance a émis une lourde sentence :

  • Une année ferme au secrétaire général du syndicat.
  • Dix mois ferme à six paysans détenus.
  •  Cinq mois avec sursis à cinq autres paysans, dont une femme.
  • Une amende de 2 000 dirhams chacun.
Le 7 mars 2018 la cour d’appel de Ouarzazate a confirmé les sentences avec réduction de deux mois pour six prisonniers, 8 mois au lieu de 10 mois et une amende de 1 000 au lieu de 2 000 dirhams.
Depuis les arrestations des leaders du Hirak du Rif toutes les manifestations sont écrasées et leurs leaders sont arrêtés et poursuivis. Une ère de répression organisée par l’État est né au Maroc comme suite des effets de guerre en Syrie. Une répression soutenue par l’impérialisme et notamment par la France, après la visite de Macron au Maroc en juin dernier pour soutenir le régime qui a appliqué dès lors la logique de la matraque contre les manifestants.
Cette situation critique nous pousse à renforcer notre front de résistance en cherchant le soutien des forces militantes en France et en Europe.
Pour cela nous lançons un appel à soutenir notre lutte pour le droit des paysans à la terre et à la liberté.


* Zayd U Hmad Uskunti (1889-1936) fut l'un des héros de la résistance amazighe dans le Sud-Est du Maroc. Après le défaite des Ayt Yafelman dans le Djebel Baddou, il a décidé de continuer seul, durant deux ans, sa guerre contre l’armée française, avant d’être trahi et tué. Lire ici
http://2.bp.blogspot.com/-yGdqesqaGgU/Wlsl8S7LEwI/AAAAAAAACLw/2m-nSYqyxvcYj-BZNGWtHaiG7mtoedQnwCK4BGAYYCw/s1600/8.JPG

Pour l’anniversaire de Salek, condamné à perpétuité, une avalanche de cartes !



Par Marie-Jo Fressard, 7/3/2018


Salek aura 35 ans la semaine prochaine. De ces 35 ans de vie, il en a déjà passés 14 en détention. Condamné à perpétuité pour un crime qu’il nie toujours avoir commis.
En plus de cette terrible sanction, comme chaque prisonnier politique sahraoui en prison marocaine, il endure le mépris, la discrimination, la torture, de nombreuses semaines d’isolation dans un ignoble cachot... Toute cette inhumaine répression pour avoir osé réclamer le respect du droit à l’autodétermination, un droit affirmé dans la déclaration universelle des droits de l’Homme, statué par l'ONU en 1963, et soutenu par le droit international humanitaire.


Depuis trois ans je suis sa « marraine », mais il préfère m’appeler grand-mère. A travers ses lettres et nos échanges par téléphone, de plus en plus réduits et de plus en plus rares,  j’ai appris à connaître et à apprécier ce géant d’1 m 95 au cœur tendre et au moral d'acier qui rêve, malgré l’horrible avenir qui lui est promis, de vivre « plus tard » avec sa famille qu’il chérit plus que tout, et de rencontrer ses amis. « Ça ne peut pas durer toute la vie, c’est contre nature » m’a-t-il écrit.


Pour le nouvel an je lui ai envoyé un petit colis qui, sans avoir été ouvert m’a été renvoyé de la prison : « Refusé à la réception ». Pour protester j’ai envoyé une lettre ouverte au ministre de la justice et des libertés du Maroc, et j’ai renvoyé le colis… qui m’a encore été retourné.


Mon mot pour lui souhaiter un « bon » anniversaire lui parviendra-t-il ? Des amis tenteront aussi de lui écrire. Une carte avec quelques mots pour lui prouver qu’il n’est pas oublié, sachant que le moindre signe de l’extérieur de la prison lui procure une grande joie.


J’encourage tous ceux qui sont touchés par cette triste et injuste vie –survie- de Salek, à lui envoyer une belle carte avec quelques mots d’amitié. Carte à glisser dans une enveloppe (avec un timbre international), ou mieux pour un envoi à moins de frais, en tarif livre et brochure : ajouter un magazine (il est fana de foot et de beaux paysages), ou un petit livre (il lit mieux l'anglais que le français), ou autre petite chose en papier, mais sans grande valeur marchande pour ne pas tenter d'autres mains ...

Salek Laasairi,

numéro écrou 7533

Prison locale

Aït Meloul 1

Agadir

Maroc


Merci pour lui !


Pour en savoir plus, un chapitre est consacré à Salek  dans le livre de Marie-Jo Fressard : « Drôle d’occupation pour une grand-mère. Histoires de prisonniers politiques sahraouis, petite histoire du conflit. »

mercredi 7 mars 2018

Procès du « Hirak » : criminalisation d’une lutte sociale et culturelle pacifique


, 7/3/2018
 


Procès du « Hirak » : criminalisation d’une lutte sociale et culturelle pacifiqueLes inculpations liées au mouvement populaire d’ Al Hoceima ont atteint  le nombre de 500. Un nombre scandaleux sur tous les plans.  Toutes sortes de charges ont été retenues contre les inculpés, délits et y compris crimes et terrorisme. Aujourd’hui, dans les tribunaux d’Al Hoceima, Tanger, Casablanca et Salé se déroulent des abus commis au nom de la loi, contre des citoyens ayant exprimé un point de vue différent concernant les politiques publiques appliquées par l’État dans le Rif.
 Tout le monde est jugé : les enfants, les jeunes et les vieillards (comme c’est le cas du militant connu sous le nom de « Azi »). Les prisons du Royaume sont pleines de blessés en provenance du Rif. Le procès le plus scandaleux est celui de Casablanca où comparaissent 54 citoyens présentés comme « leaders » du Hirak et sont poursuivis dans un dossier d’atteinte à la Sécurité d’État qui amènera inéluctablement à des condamnations dignes du Moyen-Age. Comment en sommes-nous arrivés là ?
La criminalisation de la lutte sociale : un instrument du despotisme
Ces méthodes de domination ne sont pas nouvelles. Depuis au moins 20 ans, une pléthore de dossiers criminels ont été instruits contre des militants du mouvement social, afin de criminaliser des luttes pacifiques.  L’exemple de Sidi Ifni, en 2008, a douloureusement illustré ces abus. Après des jours de torture massive de la population, les autorités ont lancé une vaste campagne d’arrestations parmi les militants de cette ville. Dans les années suivantes, cela a été le cas des militants de Bouarfa (Sud est du Maroc), puis des habitants de Shlihat (région de Tanger), où le tortionnaire devient toujours la victime. Le droit pénal sert alors de couverture pour museler les bouches.
Aujourd’hui, avec le Rif, ce jeu apparaît au grand jour, tant sur le plan quantitatif que qualitatif. Le nombre impressionnant d’inculpés montre la volonté du Makhzen de détruire tout noyau de résistance populaire dans la région. Les lourdes charges retenues contre le groupe de Casablanca servent d’épouvantail pour tous ceux qui voudraient revendiquer leurs droits et écrivent un nouveau chapitre de la répression que cette région a subie depuis l’Indépendance.
Certes il y a parmi les 54 inculpés des personnes qui ont été actives lors du Hirak, mais un nombre important, 10 au moins, ont des dossiers vides, montés dans le cadre de règlement de compte au sein des appareils locaux. Aujourd’hui, certains sont jugés parce qu’ils ont exigé le remboursement d’une dette à un policier d’Al Hoceima, ce qui n’a pas plu au fonctionnaire qui a décidé d’en punir un en l’incluant dans ce procès pénal. De façon générale, ce procès depuis son début  est un véritable scandale.
La « preuve électronique» constitue un autre élément grave du scandale de ce procès. Le juge présente aux accusés un certain nombre de messages postés dans l’espace numérique, comme autant d’arguments à charge, ce qui reflète la régression que veut imposer l’État dans la liberté d’expression sur Internet qui permettait au moins aux citoyens d’exprimer leur insatisfaction vis-à-vis des politiques publiques et des responsables aux différents échelons de l’État.
Aujourd’hui, des  luttes collectives sont nécessaires pour préserver cet acquis, ne pas laisser se réinstaller une peur qui avait disparu avec le printemps des peuples et permettre à tous d’exprimer librement leurs opinions. Et pour exiger la libération de tous les détenus de l’ensemble des mouvements sociaux, du Rif à Bouizakarn.
Othman al-Baidawi



LDH - 8 mars 2018 : Journée internationale du droit des femmes


➤ Et le communiqué #LDH pour exiger une #égalité réelle : frama.link/LDH_8mars

mardi 6 mars 2018

L’Europe reste totalement sourde aux vœux des citoyens européens,

via John Dobrynine. Jean-Paul Allonsius a écrit : Ce qu’il y a d’effrayant là-dedans c’est que l’Europe puisse rester totalement sourde aux vœux des citoyens européens, ils n’ont toujours pas compris que nous ne voulons plus de cette Europe des marchés qui disqualifie le citoyen au bénéfice des lobbies. Finalement, ce qui se passe en Italie est assez redoutable car c’est la conséquence des austérités injustes qui nous sont imposées au moment même où le flux d’évasion fiscale n’a jamais été aussi grand et que les pertes d’acquis sociaux deviennent massives partout.
Il n’y aura plus d’Europe possible sans qu’une Europe citoyenne et sociale ne soit sur les rails.
Gaspard Glanz
L’évolution du vote à l’extrême droite en Europe, en un peu plus de 15 ans. via Politis

"Et nos frères pourtant..." livre de Patrick Le Hyaric



"Et nos frères pourtant..."

« étrangers et nos frères pourtant… » : ces vers de « l’Affiche rouge » écrits par Louis Aragon et chantés par Léo Ferré, résonnent comme un appel du cœur et de la raison. Tirant le fil de ces mots, ces pages pétries d’humanisme se veulent une main tendue pour conjurer le sort réservé aux exilés, migrants et réfugiés, à nos frontières et sur les rives du monde. Nous vivons une seule et même planète, ronde, où les femmes et les hommes sont appelés à se rencontrer. Elle ne peut bien tourner qu’en faisant vivre la justice, la paix, la solidarité. « D’ailleurs nous sommes d’ici » dit-on ensemble. Complété par plusieurs documents utiles à la lutte pour la dignité des exilés, ce petit ouvrage est un appel à faire vivre ce que le mot et le nom d’Humanité ont de plus lumineux. Il veut aider à ouvrir de nouveaux chemins d’Humanité. Patrick Le Hyaric est directeur de l’Humanité , député européen, vice-président du groupe de la Gauche Unitaire / Gauche verte nordique au Parlement européen.


Ref: 3389-LIV-FRERES
7, 90 €

L'ONU est-elle (encore) utile à la paix? Le scandale antidémocratique du droit de véto !

Par
Plutôt, l'ONU pourquoi faire? Pourquoi faire en effet, dès lors que d'aucuns estiment désormais que l'Organisation des Nations unies n'a plus de raison d'être et constitue, surtout, un poids qui revient cher à la communauté des Nations. En fait, l'ONU n'est pas cette contrepartie décisionnelle capable d'avoir du répondant et d'imposer des solutions aux conflits qui sapent la stabilité du monde. Faut-il cependant s'en étonner alors que l'ONU n'est en fait que l'interface du jeu ambiguë des grandes puissances? De fait, dès sa fondation - en mai 1945 - l'Organisation des Nations unies était invalidée par des manques incapacitants fâcheux: elle ne dispose pas d'un pouvoir politique, aggravé par la présence de cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité [ledit pouvoir exécutif des Nations unies]. Ainsi, l'ONU a fonctionné, fonctionne, selon les rapports de force induits par et entre les membres permanents du Conseil de sécurité: Etats-Unis, Royaume-Uni, France d'une part, Russie et Chine d'autre part.  
En fait, les Nations unies ne sont pas gérées comme un «gouvernement mondial», mais plutôt en tant que «modérateur» ou «médiateur» car les décisions finales sont prises par le Conseil de sécurité. Aussi, aucune résolution ne peut être adoptée par le Conseil de sécurité s'il n'y a pas consensus entre les «cinq». L'utilisation du veto - lorsque aucun accord n'a été trouvé entre les «cinq» - est la marque la plus probante du poids qu'ont les «membres permanents» sur la marche de l'ONU. Quand en 2003, les Etats-Unis ont décidé d'envahir l'Irak - avec des conséquences dévastatrices sur ce pays - ils se sont passés de l'accord de l'ONU et du Conseil de sécurité. Autre fait: l'exemple de la Palestine! Sur 193 membres des Nations unies, plus de 150 reconnaissent la Palestine, une majorité écrasante. Or, la Palestine a peu de chance d'être admise à l'ONU, dès lors que c'est le Conseil de sécurité qui acceptera ou non le nouveau venu.

lundi 5 mars 2018

Mohamed Radi Ellili, le nouveau cauchemar du Makhzen







La réalité du Maroc depuis les événements du dénommé Printemps Arabe a prouvé que Hassan II était un ange comparé avec son fils, Mohammed VI. Une réalité consolidée par la répression qui s’abat sur la région du Rif dont le seul crime est d’avoir revendiqué un hôpital et une université. Il y a lieu de se demander ce qui tourne dans la tête du roi du Maroc pour qu’il fasse tout de travers. Il a trouvé l’occasion de donner une nouvelle image à sa monarchie, mais il semble que cette image est le dernier de ses soucis. Le soutien de la France a rendu le souverain marocain arrogant, violent, cruel et incroyablement idiot.
Sa politique fondée sur la corruption et la répression a accru le camp d’opposition. Le dernier en date, un ancien cadre de la TV marocaine d’origine sahraouie, Mohammed Radi Ellili, devenu le nouveau cauchemar du Makhzen.
Ellili a subi la nature du régime dans sa peau. De vedette du journal télévisé, il est devenu indésirable et a décidé de s’exiler en France, où il a crée un site pour lancer des puissantes salves contre le régime de Mohammed VI et il est constamment invité par la chaîne France24 pour des débats sur le Maroc et le Sahara Occidental.
Grand connaisseur du Maroc et de la monarchie marocaine, Ellili fait peur au Makhzen et il est décidé à se venger de  Mohammed VI.

Amnesty international : Excellente animation sur la Déclaration universelle des droits de l'Homme

Voir pour comprendre #6 : la Déclaration universelle des droits de l'Homme

26 févr. 2018 - Ajouté par AmnestyFrance
Emprisonnements injustifiés de journalistes en Turquie, situation effroyable des civils en Syrie, ...
 
Remarquable ! A voir vraiment pour comprendre.