vendredi 4 janvier 2019

L’évolution de l’organisation des paysans pauvres au Maroc


Par Amal Lahoucine,28/12/2018
De la lutte spontanée à l’organisation syndicale

Après cinq ans de lutte paysanne spontanée au barrage Aoulouz les paysans pauvres ont eu accès à l’organisation, l’association paysanne Ifgheln était fondée le 27 avril 1997.  Puis ils ont lutté trois ans pour le droit à l’organisation, et en mars 2000 l’association a eu son reçu de dépôt.
La première activité publique de l’association fut l’organisation de la conférence encadrée par le militant Abraham Serfaty à la salle des conférences de la commune d’Aoulouz avec la participation de 14 associations. Les débats étaient riches, et le conférencier a découvert que le mouvement a connu une évolution remarquable. A la fin de cette activité, Serfaty a établi les premières bases de la lutte paysanne dans le Souss : le droit à la terre, à l’eau, à la protection de l’arganier et  le développement de l’amazighité. Au cours de ses discussions internes avec les paysans il a proposé la fondation du syndicat paysan.
Le premier bureau syndical paysan est fondé à la fin de la deuxième conférence encadrée par des militants du syndicat UMT de Taroudant, le 23 mars 2002 à Aoulouz.
Le syndicat paysan a écrasé la marginalisation qui régnait dans la région depuis un demi-siècle, les paysans pauvres se positionnent contre les intérêts des survivances du féodalisme. Ils ont développé de mieux en mieux leurs méthodes d'organisation à mesure qu’ils ont pris davantage conscience.
Les conclusions de la conférence ont ouvert une issue plus large au mouvement des paysans pauvres, l’ampleur se développant au niveau de la rivière de Souss.

Le Maroc plus grande prison pour détenus politiques en Afrique



détenus politiques
Depuis 2017, des éléments du mouvement Hirak sont détenus au Maroc. D. R.
Par Sadek Sahraoui – 

Le Maroc, qu’une partie de la presse française s’évertue à présenter comme un modèle de démocratie et un  exemple à suivre en Afrique, a terminé l’année 2018 avec un sinistre record, celui de détenir dans ses geôles moyenâgeuses le plus grand nombre de détenus politiques du continent. Dans ce pays, le nombre de détenus et de personnes poursuivies en raison de leurs opinions a atteint les 1 020. Le chiffre est ahurissant. Dans ce domaine, le Maroc peut s’enorgueillir de rivaliser avec la Birmanie ou l’Erythrée. Cette triste réalité a d’ailleurs été rappelée récemment par le président de la Ligue marocaine des droits  de l’Homme (AMDH), Ahmed El Haij. Seulement, le Makhzen a tout fait pour que réalité ne se sache pas.
Ce triste bilan, auquel il faut ajouter les graves exactions commises par le Makhzen au Sahara Occidental occupé et les dizaines de détenus politiques sahraouis, a fait dire à Ahmed El Haij que le Maroc connait une «régression patente des droits humains» et que la répression est monnaie courante. Dans son rapport couvrant 2017 et une partie de 2018, l’AMDH soutient que «la répression a touché de nombreux mouvements sociaux, particulièrement le Hirak du Rif», dans le nord du Maroc.
Les mouvements de protestation sociale se sont, rappelle-t-on, multipliés ces deux dernières années dans des régions marocaines déshéritées pour dénoncer la pauvreté, le régionalisme et la corruption. Le plus important, appelé Hirak, a agité en 2016-2017 la région du Rif. Ses meneurs ont d’ailleurs été arrêtés et condamnés en juin à des peines allant jusqu’à 20 ans de prison.
 Évoquant une «augmentation considérable du nombre de détenus politiques», le président de l’AMDH, Ahmed El Haij, confirme lui aussi le chiffre de 1 020 prisonniers politiques et regrette que «face à une crise sociale, l’Etat a choisi d’adopter une approche sécuritaire». Dans son bilan, l’AMDH avait déploré par ailleurs le «faible engagement» de l’État dans la lutte contre la torture, et s’inquiète d’une «recrudescence des violations systématiques du droit d’organisation, de création d’associations et de manifestation pacifique». Voilà de quoi est réellement fait le royaume vertueux que se complaisent à décrire les journalistes français dont le Makhzen graisse régulièrement la patte.
S. S.

Poème d'un exceptionnel ami qui se veut "Fou d'espoir" : Paix

Le poème et toujours le poème... Je vous souhaite mes chers amis, une année pleine de beauté, d'espoir d'amour et de paix...
Je vous transmets ce poème d'un exceptionnel ami qui se veut "Fou d'espoir"  : Paix

Paix
tu me manques
tu nous manques
tu manques à cette humanité perdue
à cette planète suppliciée
et jusqu’à l’insondable
l’impassible Univers
Paix
reviens !
Bienvenue dans nos foyers
dans nos poitrines
nos cœurs et nos pensées
Bienvenue de nouveau
enfin
dans nos rêves éveillés !

Abdellatif Laâbi

Procès du Hirak: Le Maroc rejette les propos d'Amnesty International

/2019 10h:19 CET

 HuffPost Maroc avec MAP

Associated Press








 JUSTICE - Les autorités marocaines ont catégoriquement rejeté ce qui a été rapporté par l’organisation Amnesty International au sujet du procès des détenus dans le cadre des événements d’Al-Hoceima, et ce pour “manque d’objectivité et d’impartialité reconnues dans les normes internationales”, a indiqué lundi la Délégation interministérielle aux droits de l’Homme dans un communiqué.
“En l’absence d’une lecture juridique réfléchie du verdict initial, le rapport de l’organisation, fait essentiellement dans le doute, rend sa position incompatible avec les normes reconnues au niveau international, notamment les principes fondamentaux relatifs à l’indépendance de la justice”, a fait savoir la délégation.
Toujours selon ces derniers, “les autorités marocaines” expriment leur “rejet total” des conclusions tirées, qui manquent “de précision et d’objectivité, ce qui rend tout le contenu de ces propos contradictoire avec les données réelles et juridiques du dossier soumis actuellement à la justice”, rapporte la même source.
“Les autorités marocaines s’étonnent fortement de la position d’Amnesty international, laquelle constitue une ingérence flagrante dans le travail de la justice et une atteinte explicite aux normes les plus basiques en la matière”, poursuit le communiqué.

“Rejet total”

“Les autorités marocaines réitèrent leur rejet total de ce qui a été rapporté par Amnesty international”, insiste la délégation interministérielle, annonçant qu’elle publiera, dans les prochaines semaines, “une réponse détaillée aux allégations rapportées par cette organisation.
“Les autorités marocaines restent, par ailleurs, ouvertes à toute initiative visant à maintenir le dialogue constructif”, relève la délégation, tout en soulignant que l’indépendance de la justice dans le royaume est consacrée par l’article 107 de la Constitution et mise en œuvre conformément à la loi organique relative au Conseil supérieur du pouvoir judiciaire et à la loi organique portant statut des magistrats.
Dans un rapport datant du 17 décembre, ayant vocation à mettre en lumière les “violations de droit” qui ont eu lieu avant et durant le “procès du Hirak”, dont elle avait tout de suite condamné les verdicts, Amnesty International a notamment affirmé que “le tribunal de première instance de Casablanca a nié le droit à un procès équitable à des dizaines de journalistes, manifestants et autres personnes arrêtées pour avoir participé à la manifestation pacifique à Hirak El-Rif”.

jeudi 3 janvier 2019

Sahara occidental : Selon l'ONU, le Maroc occupe-t-il un territoire espagnol ?


José Antonio Gómez

Traduit par  Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

Les négociations menées à Genève par les représentants du Maroc et les propriétaires légitimes du Sahara Occidental ne pourront jamais être approuvées par l'ONU vue l’absence de l'État qui a réellement l'administration légale du territoire : l'Espagne.
Un rapport juridique des Nations Unies ratifie le fait que le Sahara occidental n'est pas administré par le Maroc, mais que la puissance administrante est l'Espagne. Donc, selon l'ONU, le Maroc occupe-t-il un territoire espagnol ? (Lire le rapport ici)
 
Le Sahara occidental parmi les tableaux de chasse du roi Juan Carlos

Le Royaume d'Espagne, avec son chef d'État à sa tête, a une responsabilité envers le Sahara occidental qui va au-delà du sentimentalisme car, juridiquement, le territoire continue à appartenir à l'Espagne et non au Maroc. Il y a un aspect qui a été négligé dans notre pays : l'ONU a déclaré nuls et non avenus les Accords de Madrid de 1975 signés par Juan Carlos de Bourbon, qui ont cédé l'administration du Sahara au Maroc et à la Mauritanie. Cette nullité explique pourquoi le territoire fait toujours partie des seize territoires non autonomes supervisés par le Comité spécial de décolonisation de l'ONU.
C'est la Cour internationale de Justice de La Haye qui a refusé au Maroc et à la Mauritanie les droits d'administration sur le Sahara occidental, mais Hassan II a décidé d'envahir le territoire en masquant une invasion militaire en marche pacifique de civils. À cette époque, le dictateur Francisco Franco agonisait à l'hôpital de La Paz et le gouvernement espagnol était intimidé par les menaces marocaines. Des missions furent envoyées à Rabat pour négocier avec le roi alaouite. Juan Carlos de Bourbon, alors chef de l'État par intérim, a rendu visite aux troupes, ce à quoi s'est opposé le président du gouvernement, Carlos Arias Navarro. La Marche verte a finalement été autorisée à entrer sur le territoire pendant que l'Accord tripartite de Madrid était en cours de négociation. Le ministre Antonio Carro y fut pour beaucoup.

 

En 2018, au moins 1 386 migrants sont morts sur les routes africaines



Le projet « Missing Migrants », de l’Organisation internationale pour les migrations, a confirmé la mort de 6 615 migrants ces cinq dernières années sur le continent africain.
Par Tancrède Chambraud Publié le 31 décembre 2018
Des migrants dans le désert algérien après avoir passé la frontière nigérienne, en juin 2018.
Des migrants dans le désert algérien après avoir passé la frontière nigérienne, en juin 2018. Jerome Delay / AP
Avant d’atteindre la mer Méditerranée, il y a la traversée de l’Afrique. Passage de frontières, traversées de zones désertiques… les routes terrestres empruntées par les migrants sont moins médiatisées que la Méditerranée, mais tout aussi meurtrières. En 2018, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a comptabilisé 1 386 décès sur le continent africain, contre 2 242 en mer. Deux données à mettre en lien avec les 4 503 morts répertoriés par la même organisation sur toute la planète.
Si ces 1 386 morts font de l’Afrique le continent de loin le plus meurtrier pour cette catégorie de population, l’OIM sait ses données territoriales largement sous-estimées. « Nos experts pensent qu’il pourrait y avoir autant de morts dans le Sahara qu’en mer Méditerranée », explique même Julia Black, la coordinatrice du projet « Missing Migrants » qui documente ces décès.
Pour elle aussi, « il est très probable que le nombre de migrants morts sur terre soit bien plus élevé » que ne le laissent présager les statistiques. Mais le manque de signalements officiels et non officiels des décès, rend le décompte difficile. « Si l’on prend le cas d’une personne tombant de l’arrière d’un camion en transit dans le Sahara, la probabilité de sa mort est élevée. Celle de voir son cas rapporté et enregistré est très basse », ajoute la coordinatrice. Or, rares sont les migrants qui n’ont pas été témoins de ce type d’accident.

Le manque de médicaments première cause de décès

Cette sous-évaluation s’explique évidemment d’abord par le manque de sources de remontées d’informations puisqu’« il y a très peu de sources officielles sur la mortalité durant la migration », rappelle Mme Black. « En Afrique, nous tirons surtout nos données d’enquêtes conduites auprès des migrants africains. Nous demandons à des cohortes entières de migrants s’ils ont été témoins de la mort de personnes de leur groupe », ajoute la spécialiste.

SO occupé : le Makhzen s’en prend aux journalistes sahraouis



L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains a fermement condamné, samedi 22 décembre, la détention arbitraire et les violences à l’encontre de la journaliste sahraouie Nazha El-Khalidi par la police marocaine, appelant les autorités du Royaume à «garantir en toutes circonstances le droit de mener des activités pacifiques et légitimes de défense des droits humains».
Dans un appel «urgent» adressé aux autorités marocaines, l’Observatoire, issu d’un partenariat entre l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), a dénoncé fermement «la détention arbitraire» par la police marocaine de Nazha El-Khalidi, journaliste et membre du collectif sahraoui Equipe Media, survenue le 4 décembre dernier à Laâyoune occupée, alors qu’elle filmait des violences policières visant les participants à une manifestation de soutien à la cause sahraouie.
La journaliste sahraouie, correspondante de la RASD TV, a été amenée au commissariat de la police marocaine et détenue pendant quatre heures avant d’être libérée sans qu’aucun chef d’inculpation ne soit retenu contre elle, a fait savoir l’Observatoire dans son document, dont l’objet porte sur la dénonciation d’une «détention arbitraire et des entraves à la liberté de rassemblement pacifique et d’information».
Lire https://www.algeriepatriotique.com/2018/12/23/sahara-occidental...

Le Maroc, partenaire incontournable de l’UE en matière de politique de migration



Selon la Commission européenne, les arrivées irrégulières d’immigrants à travers la Turquie et la Libye ont diminué. Elles se sont déplacées vers l’Ouest faisant de la route occidentale qui relie le Maroc à l’Espagne, la voie la plus attrayante pour se rendre en Europe. En 2018, l’Espagne a enregistré 57 000 arrivées sur les côtes espagnoles en provenance de l’Afrique subsaharienne et de l’Afrique du Nord via le Maroc, ce qui a fait du royaume chérifien un partenaire clé de l’Union européenne en matière de politique de migration et de contrôle des frontières.
Pour payer ses services, l’UE a déboursé, depuis 2014, 232 millions d’euros par le biais de différents fonds pour soutenir les actions liées à la migration dans ce pays. Selon la Commission européenne, ce financement supplémentaire portera l’aide globale au Maroc à 148 €. millions en 2018.
D’après Dimitris Avramopoulos, commissaire européen en charge des migrations, « le Maroc subit une pression migratoire particulière avec des flux migratoires en augmentation. C’est pourquoi nous intensifions et approfondissons notre partenariat avec le Maroc et augmentons notre soutien financier. Ce financement contribuera à renforcer la gestion des frontières et la lutte contre les passeurs, mais aussi améliorer la protection des migrants et aider à prévenir les départs clandestins en soutenant le développement économique de la région. Des défis communs nécessitent des solutions et des partenariats communs, et l’UE se tient aux côtés du Maroc ».
En février 2017, la Cour de justice de l’Union européenne avait statué qu’aucun accord commercial avec le Maroc ne pouvait être appliqué au territoire du Sahara occidental, ce dernier ne faisant pas partie du Maroc. En conséquence, le Maroc a publié une déclaration menaçant d’abaisser son contrôle des frontières si l’UE ne lui permettait pas de commercer avec des ressources naturelles du territoire sahraoui au détriment de l’arrêt de la Cour. « Comment [les Européens] veulent-ils que nous fassions le travail de blocage de l’émigration africaine et même marocaine si l’Europe ne veut pas travailler avec nous? », a déclaré le ministre marocain de l’Agriculture, Aziz Akhnnouch, lors d’un entretien avec l’agence de presse espagnole EFE. C’est un exemple de la manière dont le Maroc peut encadrer sa coopération en matière de migration en fonction de son intérêt personnel en décidant de contrôler ses frontières ou de laisser les migrants traverser le Détroit de Gibraltar.
Les efforts doivent maintenant viser à empêcher que la stratégie de migration de l’UE, qui semble se diriger vers la fortification et l’externalisation des frontières par le biais d’accords avec des pays tiers, ne donne la priorité au contrôle des frontières au détriment des droits de l’homme et des principes fondateurs de l’Union Européenne.

lundi 31 décembre 2018

LE PACTE MONDIAL POUR UNE MIGRATION SÛRE, ORDONNEE ET REGULIERE RENFORCE LA VISION SECURITAIRE ET UTILITARISTE DE LA MIGRATION.


Par Lucile Daumas, 30/12/2018

Lors de l’adoption du « Pacte pour une migration sûre, ordonnée et régulière », à Marrakech le 10 décembre dernier, plusieurs pays ont refusé de signer, tandis que les droites extrêmes –européennes notamment- criaient au laxisme et alertaient sur la déferlante migratoire que ne manquerait pas de susciter un tel pacte. A croire qu’aucun d’entre eux n’avait lu le texte. Pourtant dès le titre, la perspective est donnée : ordre, régulation, sécurité. On est bien loin des recommandations du Rapport mondial sur le développement humain, présenté par le PNUD en 2009, traitant de la question migratoire : « Lever les barrières : mobilité et développement humain ». S’ils avaient vraiment lu le texte, ils auraient pu appréhender la vision frileuse, protectionniste, sécuritaire et utilitariste d’un pacte qui se positionne résolument du côté des gouvernements et des intérêts qu’ils défendent, plutôt que de celui des personnes et des peuples. Le préambule de la Charte des Nations unies commence pourtant par cette formule : Nous, peuples des Nations Unies… Les Etats l’auraient-ils oublié ?

C’est en tous cas sur cette base que se fonde la critique que nous faisons de ce pacte,déjà promis avant même d’être ratifié à n’avoir qu’un impact limité, car il est non contraignant sur le plan juridique, et il réaffirme le droit souverain des États de déterminer leur politique migratoire nationale et régir les migrations relevant de leur juridiction comme ils l’entendent. Autant dire que le Pacte renonce à l’affirmation de valeurs et principes forts, qui ont toujours été les fondements des textes internationaux portés par les Nations Unies, et auxquels tous les Etats du monde entier sont astreints de se conformer, dans le strict respect des droits humains.

§  . Le pacte ne fait aucune référence à la liberté de circulation des personnes et au droit pour toute personne de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat et  de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. (l’article 13 de la Déclaration universelle des droits humains).Il est par ailleurs muet sur l’érection des murs, barrières, dispositifs de surveillance et de répression qui freinent ou anéantissent l’exercice de ce droit.

Communiqué de Presse : le verdict dans l'affaire Luk Vervaet (par Maitres Dounia Alamat et Christophe Marchand)

 Communiqué de presse :
 Mes Dounia Alamat – d.alamat@vergauwen-avocats.be ; 00.32.484.65.13.74 - et Christophe Marchand – cm@juscogens.be  

Affaire Luk VERVAET : L'état belge condamné, mais pas ses pratiques contre la liberté d'expression 

Après huit ans et demi de lutte judiciaire pour voir reconnaître la faute de l’Etat belge, qui lui avait interdit d’entrer en prison où il enseignait le néerlandais, le verdict est enfin tombé dans l’affaire VERVAET. 

Dans un arrêt du 20 décembre 2018, la Cour d’appel de Bruxelles reconnaît que l’État belge a bien commis une faute dans cette affaire. Il a en effet systématiquement refusé d’entendre Luk VERVAET pour lui permettre de s’exprimer et de se défendre relativement aux comportements qu’on lui reprochait. 

Ces comportements, Luk VERVAET les a ignorés jusqu’après avoir perdu son emploi.  

Dans le cours d’une des multiples procédures introduites pour tenter de sauvegarder ses libertés fondamentales, il avait finalement appris que la sûreté de l’Etat avait rédigé une note. 
Dans celle-ci, cet organe de surveillance avait relevé une série d’activités militantes de Monsieur VERVAET - membre du Comité pour la liberté d’expression et d’association, fondateur d’un parti politique, proche du PTB, critique de l’extradition de N. TRABELSI et de l’enfermement de B. KYMIONGUR) - non violentes et publiques, émettant la conclusion qu’il n’y avait rien à lui reprocher. Luk VERVAET y était décrit comme un activiste, défenseur des droits de l’homme et opposant à la politique menée en matière de lutte contre le terrorisme.