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lundi 9 avril 2018

Maroc. Des larmes aux normes françaises


Rosa Moussaoui, 27/7/2018, L'Humanité

Onze manifestants ont été blessés par des engins français, selon l’association marocaine des droits humains.Photo: Y. Boudlal/Reuters

Onze manifestants ont été blessés par des engins français, selon l’association marocaine des droits humains.Photo: Y. Boudlal/Reuters
Les grenades lacrymogènes utilisées contre les manifestants du Rif sont de fabrication française.
Il n’y a « pas lieu de craindre une volonté de répression quelle qu’elle soit » dans le Rif, assurait Emmanuel Macron le 14 juin, à l’issue de sa première visite au roi du Maroc, Mohammed VI. Le même jour, les premières peines de prison ferme étaient prononcées contre des activistes du Hirak, le mouvement populaire qui secoue, depuis neuf mois, le nord du Maroc. Pas de volonté de répression ? Jeudi, c’est une violence déchaînée qui s’est abattue sur les manifestants à Al Hoceïma.

Imad Al Attabi, a été transporté à Rabat en hélicoptère, dans le coma

Rappel, août 2017, dans la ville quadrillée par les policiers et gendarmes, toute tentative de former un cortège était accueillie par des coups et, surtout, des tirs de grenades lacrymogènes. Des engins de fabrication française, comme en témoignent les photographies prises en présence de membres de l’Association marocaine des droits humains (AMDH). D’après la préfecture d’Al Hoceïma, onze manifestants ont été blessés « suite à l’usage du gaz lacrymogène ». Bilan largement sous-estimé, selon tous les témoins joints sur place. Grièvement blessé à la tête par l’une de ces grenades, un jeune activiste, Imad Al Attabi, a été transporté à Rabat en hélicoptère, dans le coma. 
En 2011, on s’en souvient, Michèle Aliot-Marie volait au secours du dictateur tunisien Ben Ali en lui offrant, à la veille de sa chute, le « savoir-faire sécuritaire » français. Six ans plus tard, Paris reste l’un des principaux fabricants de matériel de répression, en particulier de grenades lacrymogènes.
Journaliste à la rubrique Monde

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