2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

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mercredi 21 janvier 2026

Un « Conseil de paix » sans droit ni légitimité : le Maroc au service d’une paix factice

 

Victoria G. Corera, NO TE OLVIDES DEL SÁHARA OCCIDENTAL 20/1/2026

Original:  Un «Consejo de paz» sin derecho ni legitimidad: Marruecos y la instrumentalización de la diplomacia 

La diplomatie marocaine a annoncé avec emphase l’acceptation par Mohammed VI de l’invitation de Donald Trump à devenir « membre fondateur » d’un prétendu Conseil de paix. Derrière le vocabulaire consensuel et les références rituelles à la stabilité internationale, se dessine une opération politique sans fondement juridique, révélatrice d’un alignement stratégique assumé et d’un mépris persistant pour le droit international.



Le communiqué officiel présente cette initiative comme une organisation internationale vouée à la résolution des conflits. En réalité, il s’agit d’un mécanisme unilatéral, conçu hors de tout cadre multilatéral reconnu, sans mandat de l’ONU ni légitimité collective. Le principe même d’une participation sur invitation exclusive du président des États-Unis en dit long : ce « Conseil » n’est pas un espace de paix, mais un outil de pouvoir, pensé pour contourner les institutions internationales existantes lorsqu’elles deviennent contraignantes.

L’adhésion enthousiaste du Maroc à ce projet n’a rien d’anodin. Elle s’inscrit dans une logique d’alignement politique avec Washington, déjà illustrée par la normalisation avec Israël et l’adhésion aux Accords d’Abraham. Sous couvert de coopération et de pragmatisme, Rabat valide une approche où la paix se réduit à des arrangements sécuritaires et à une gestion technocratique des crises, au détriment des droits des peuples concernés.

La prétention à présenter Mohammed VI comme un « acteur de paix incontournable » relève de l’inversion du réel. Le communiqué ne dit mot sur une donnée centrale : le Maroc est une puissance occupante au Sahara occidental, territoire non autonome inscrit sur la liste de l’ONU depuis 1963. Dans les territoires occupés, la répression, les entraves aux libertés fondamentales et le pillage des ressources naturelles sont documentés de longue date. Aucun discours sur la paix ne peut être crédible tant que Rabat refuse le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.

La référence finale à la création d’un État palestinien dans les frontières de 1967 apparaît dès lors comme une formule creuse. Cette déclaration de principe, répétée sans effet concret, est en totale contradiction avec l’alignement marocain sur une stratégie américaine qui a systématiquement marginalisé la question palestinienne et vidé le droit international de sa substance. Là encore, le décalage entre les mots et les actes est flagrant.

Ce Conseil de paix n’est ni une avancée diplomatique ni une réponse crédible aux conflits actuels. Il constitue un instrument de communication et de repositionnement géopolitique, destiné à offrir une respectabilité internationale à des politiques qui violent ouvertement le droit. En y participant, le Maroc ne se place pas du côté de la paix, mais de la normalisation de l’injustice.

Tant que l’occupation du Sahara occidental perdurera, et tant que le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui sera nié, aucune posture pacifique ne pourra masquer la réalité. La paix ne se décrète pas dans des communiqués ; elle se construit sur le respect du droit international. Et c’est précisément ce que ce « Conseil » — et ceux qui s’en réclament — s’emploient à contourner.

vendredi 31 octobre 2025

COMPTE À REBOURS : le Conseil de sécurité vote la nouvelle résolution sur le Sahara occidental

Cinquante ans après la « Marche verte », le monde tourne de nouveau les yeux vers le Sahara occidental

 
Victoria G. Corera – Plateforme « N’oublie pas le Sahara Occidental », 30/10/2025

Cinquante ans après la soi-disant « Marche verte », la communauté internationale regarde à nouveau vers le Sahara occidental. Et cette fois, elle le fait sous le bon angle : celui d’un peuple colonisé qui attend depuis un demi-siècle de pouvoir exercer un droit reconnu et constamment différé. Ce qui sera décidé demain au siège des Nations unies ne marquera pas la fin de l’histoire, mais pourrait bien ouvrir une nouvelle étape, plus honnête, dans la longue lutte du peuple sahraoui pour la justice et la liberté.

Le vote est prévu pour ce vendredi à 15 h 00 (heure de New York) / 20 h 00 (CET).

À la veille du cinquantième anniversaire de l’invasion baptisée « Marche verte », le Conseil de sécurité s’apprête à voter, vendredi 31 octobre, une résolution décisive pour l’avenir du Sahara occidental. Ce qui semblait n’être qu’une formalité s’est transformé, au fil des heures, en un véritable bras de fer entre ceux qui cherchent à consolider l’occupation marocaine sous la formule de « l’autonomie » et ceux qui restent fidèles à la légalité internationale et au droit inaliénable du peuple sahraoui à décider de son avenir. Le texte soumis au vote, rédigé par les États-Unis, a fait l’objet de multiples révisions et négociations qui l’ont progressivement éloigné de la version initiale défendue par Rabat et Paris.

Selon les informations publiées par ECSAHARAUI et confirmées par des sources diplomatiques à New York, la troisième version du projet – diffusée jeudi en fin d’après-midi – prolonge le mandat de la MINURSO jusqu’au 31 octobre 2026. La limitation à six mois, voire à trois, présente dans les premiers brouillons, est abandonnée, et toute mention d’une éventuelle réduction ou suppression de la mission disparaît. Ce changement répond à la pression de plusieurs membres du Conseil désireux de garantir la stabilité opérationnelle de la MINURSO et de préserver son rôle d’instrument au service du processus de décolonisation, et non de sa liquidation.

La grande nouveauté politique du texte – si elle se confirme – est la réaffirmation explicite du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, mentionné à deux reprises dans la nouvelle rédaction. Pour la première fois depuis des années, le langage du Conseil de sécurité se réaligne sur la Charte des Nations unies et sur le corpus juridique international applicable aux territoires non autonomes. Cette précision – absente du premier projet américain – constitue un correctif direct au cadre étroit de « l’autonomie sous souveraineté marocaine » et replace la question du Sahara occidental dans sa véritable nature : celle d’un processus de décolonisation inachevé.

Le texte supprime également les références qui présentaient le plan d’autonomie marocain comme « la seule base » ou « la seule solution possible » au conflit. La nouvelle formule, plus équilibrée, se borne à « prendre note du soutien exprimé par de nombreux États membres à la proposition marocaine, la considérant comme une contribution sérieuse et crédible ». L’autonomie cesse ainsi d’être l’unique horizon : le pluralisme politique et juridique revient au centre, et l’ONU reconnaît qu’il peut exister d’autres propositions légitimes – notamment celle du Front Polisario de 2007, qui prévoit un référendum incluant les trois options reconnues par l’organisation.

Autre changement majeur : la reconnaissance explicite du Front Polisario comme partie au conflit et acteur légitime des négociations. Les versions précédentes restaient ambiguës, diluant son rôle dans un vague « toutes les parties concernées ». Le nouveau texte parle clairement des « parties », désignant le Maroc et le Front Polisario, et souligne leur responsabilité partagée dans la recherche d’une solution. Ce détail linguistique a une portée politique considérable : il confirme que le Conseil continue de considérer le Front Polisario comme le représentant légitime du peuple sahraoui, conformément aux résolutions et à la pratique onusienne depuis 1979.

La résolution prévoit en outre une révision stratégique du mandat de la MINURSO dans un délai de six mois, « en tenant compte des résultats des négociations ». Il ne s’agit pas d’une menace, mais d’une occasion d’évaluer l’efficacité de la mission et de la recentrer sur son objectif fondateur : l’organisation du référendum d’autodétermination. Parallèlement, le texte ouvre la voie à de nouvelles propositions “en dehors du cadre limité de l’autonomie”, une possibilité que le Maroc tente d’écarter depuis des années.

Dans son ensemble, cette troisième version constitue un revers diplomatique pour Rabat. La stratégie du Makhzen – imposer le langage de « l’autonomie » comme seul cadre possible – a échoué. La délégation française a tenté, jusqu’à la dernière minute, de réintroduire des formulations favorables au Maroc, mais la résistance menée par la Russie, le Mozambique, l’Algérie et plusieurs pays africains a fait obstacle. Conscient du risque d’une division ouverte au sein du Conseil, Washington a choisi de maintenir un texte plus équilibré, juridiquement solide et conforme aux résolutions antérieures.

Le vote, prévu aujourd’hui à 15 h 00 (heure de New York) / 20 h 00 (CET), devrait être approuvé à une large majorité, mais sa lecture politique sera très différente de celle que Rabat espérait. Ce texte ne résout pas le conflit, mais il marque un tournant : il rend au Conseil de sécurité le langage du droit international et la référence à l’autodétermination, affaiblissant la narration marocaine d’une « autonomie consensuelle ».

Cinquante ans après la prétendue « Marche verte », la communauté internationale tourne à nouveau son regard vers le Sahara occidental. Et elle le fait, enfin, dans la bonne direction : celle d’un peuple colonisé qui attend toujours d’exercer un droit reconnu par la communauté des nations. Ce qui se décidera à New York ne clôturera pas l’histoire, mais pourrait bien en ouvrir un chapitre plus clair et plus juste, dans la longue marche du peuple sahraoui vers la liberté.