2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

dimanche 13 septembre 2020

Beni Tadjite ou quand la coupe est pleine par salahelayoubi


Nouvel article sur Le blog de Salah Elayoubi

 

Beni Tadjite ou quand la coupe est pleine

par salahelayoubi

23 août 2020. Sous un implacable soleil qui chauffe à blanc l’asphalte, un groupe d’une trentaine d’hommes, de femmes et d’enfants dont des nourrissons,  marche d’un pas décidé, le long de la Route Provinciale 6111.  Devant, deux adolescents ont déployé une banderole blanche sur laquelle on peut lire, en lettres rouges, « Libérez les prisonniers politiques de Beni Tadjite ».  Le  vent chaud qui souffle sans discontinuer, balaie la vaste étendue ocre rouge alentour, dégarnie de toute végétation et gonfle la banderole,  rendant la progression plus difficile. 

 Mais les marcheurs n’en ont cure. Ils ont décidé de se rendre à Bouarfa, distante de plus deux cents kilomètres de leur village natal, là où sont emprisonnées sept des leurs, coupables d’avoir organisé un sit-in de protestation, onze jours durant, devant le cercle de Beni-Tadjit. Ils entendaient dénoncer leur misère et les fausses promesses qui leur avaient été faites par les autorités d’un prochain recrutement.

Les deux Maroc

Après plusieurs heures d’une marche harassante, la petite troupe est arrêtée par la gendarmerie qui l’empêche de poursuivre son périple. Alors, elle se réfugie sous le tablier providentiel d’un pont sommaire qui enjambe l’oued à sec,  afin d’y attendre le moment de poursuivre son périple. 

Ravitaillés par des bénévoles accourus depuis Bouanane toute proche, les marcheurs entament un sit-in,  sous la chaleur accablante de l’ouvrage en béton,  cuit par le soleil. Depuis, les mères des sept emprisonnés et leurs accompagnateurs, sont retournés à Beni Tadjite,  pour un combat sous la forme d’un sit-in, dans les rues du village avec le soutien de plusieurs membres d’associations ou de simples citoyens, venus de toute la région.  

Pour dresser un  état des lieux du modèle de gouvernance au Maroc, il suffit de superposer la carte de la pluviométrie à celle du relief. Apparaît immédiatement le mode de fonctionnement de l’administration du makhzen. La chaine de l’Atlas qui  coupe le Maroc selon un axe Sud-Ouest,  Nord-Est qui va grossièrement d’Agadir, sur la côte Atlantique à Oujda, sur la Méditerranée, détermine une ligne de partage qui fait, d’un trait de plume,  le distinguo entre ce que le protectorat avait baptisé Maroc utile par opposition au Maroc inutile. Deux termes qui expriment, plus d’un siècle plus tard, le même concept, reconduit par le Makhzen : au nord de l’axe en question, si l’on exclut le Rif frappé d’ostracisme  depuis 1958, se concentre l’essentiel de l’économie du pays et qui dépend en grande partie de la pluviométrie, au point que le Maréchal Lyautey en disait que « Gouverner c’est pleuvoir ».  Au sud de l’axe, il ne pleut quasiment jamais, sauf à de rares exceptions,  lorsque, par accident, s’inversent les courants et les masses d’air. Les marocains appellent ce pays-là, le « Maroc oublié ». Sur cette bande, le désert règne en maître absolu. Impitoyable. Fait  de roc, de pierraille et de sable, battu des vents. Désert géographique, mais également désert sanitaire, éducatif, urbanistique, équipementier. Même l’administration ici est réduite à sa portion congrue : celle du sécuritaire pris en charge par un ministère de l’intérieur et une gendarmerie sourcilleuses en raison de la proximité de l’Algérie avec laquelle le Maroc est en indélicatesse depuis la guerre des sables.  

Ce n’est pas tant le cas Beni Tadjite qui interpelle plus qu’un autre, mais la multiplication des foyers de contestation qui frappent le pays en général et la région en particulier. Elargir la focale dévoile, en effet,  l’ampleur des cas similaires de révoltes, de manifestations, de protestations, de sit-in et toujours la même réponse de l’Etat marocain, sous la forme d’un refus obstiné de dialoguer et d’une répression féroce,  accompagnés souvent  d’une instrumentalisation d’une justice téléphonée. Erfoud, Errachidia,  Gourrama,  Imider, Jerada, Talsint, Ouarzazate, Zagora……………..

Prébendes et affairisme douteux

S’il est acquis que nul ne se soucie jamais du sort des habitants de ce Maroc-là, ni n’y met jamais les pieds, il n’en est pas moins vrai que l’on s’y bouscule, dès lors qu’il faut en piller la moindre richesse : or, argent, barytine, phosphates, mica ou autres. Des ressources dont ne profitent jamais les régions d’où elles sont extraites et dont les revenus vont en devises, sur des comptes off-shore,  dans des banques européennes, américaines  ou celles des Îles vierges. Sur le terrain, les mines s’approprient l’eau, déversent leurs scories dans le paysage, sans aucune précaution ni traitement particulier, détruisant la faune et la flore, polluant les nappes phréatiques et empoisonnant la population. Le tout avec le soutien et la complicité de l’administration du Makhzen.

Les représentants du peuple censés répercuter ses souffrances, sont aux abonnés absents coupables de duperie et de non-assistance à leurs électeurs. Ils marchent à l’ombre, loin de la Route Provinciale P6111, préférant cumuler fonctions, salaires, prébendes, rentes et affaires douteuses.  

Le monde entier garde en mémoire la ruée vers Talsint, à l’été 2000, la promesse absurde de milliards de barils, le discours fanfaron de Mohammed VI, son déplacement en grande pompes dans la région et le battage médiatique qui s’ensuivit. « Ils » s’en frottaient les mains.  Depuis, la nappe de pétrole a fait un pshitt retentissant, couvrant de ridicule ses annonceurs. Talsint, redevenu infréquentable,  est retourné dans le giron maudit du Maroc inutile, les médias ont définitivement déserté la région et les « indigènes » sont retournés à leurs souffrances quotidiennes

Khalid Benazzouzi, Mohammed El Haddaji, Mohammed Erradi, Radouane Kadi, Ayoub Shahbi, Abdallah Saaidi, Mohammed Shighyat et bien d’autres, sont l’honneur du Maroc oublié et sa fierté. Ils attendent, pourtant, au fond d’une geôle infâme, qu’on leur administre un jugement indigne, le 10 septembre 2020, à Bouarfa. Une infamie supplémentaire qui soulève l’indignation générale dans le pays et qui rappelle celui de centaines de leurs compatriotes qui manifestent tout aussi pacifiquement afin de dénoncer leur misère et le désert qui frappe leur région. Ceux-là détiennent une bonne partie de l’explication du fiasco du modèle de développement marocain, classé au soixante-dix-huitième (78°) rang mondial de l’indice 2019 « Fragilité des Etats ». Au lieu d’entendre leur appréciation de la situation et leur part de vérité, on préfère éviter de se pencher sur le cas de ce Maroc générateur de misère, d’exode rural, d’émigration illégale et de fronde sociale.

La coupe est sans doute pleine, à force de mauvaise foi, de mépris, d’injustice et de répression. Il s’agit moins de savoir si elle va déborder mais quand cela se produira.  



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Nouvel article sur Le blog de Salah Elayoubi

Maroc. Maâti Monjib : « Pas question que je me taise »

Entretien

Historien, journaliste, militant pour la liberté d’expression au Maroc, Maâti Monjib est soumis depuis des années à un harcèlement policier et judiciaire. Ses faits et gestes les plus anodins sont rendus publics et déformés par des médias manipulés par les services secrets. Mais il se refuse à céder au découragement ou à prendre le chemin de l’exil.

Manifestation de soutien à Maâti Monjib pendant sa grève de la faim, octobre 2015
Fadel Senna/AFP

Soumis depuis 2014 à un harcèlement policier et judiciaire, traîné dans la boue par les réseaux sociaux et « la presse proche de la police politique » — selon ses mots —, Maâti Monjib, historien et président de l’association Freedom Now, est l’objet depuis quelques semaines d’une nouvelle campagne d’insultes, d’intimidations et de menaces. Initiateur d’un ambitieux programme de formation des jeunes en journalisme d’investigation, il apparaît comme l’un des derniers représentants de la parole libre et bien informée à être encore en liberté. Ali Anouzla, Taoufik Bouachrine, Soulaimane Raissouni, Omar Radi, pour ne citer qu’eux, ont été arrêtés sous des prétextes jugés peu crédibles par Amnesty International, Human Rights Watch (HRW), Avocats sans Frontières – ou l’Association marocaine des droits humains (AMDH) au Maroc qui se mobilisent depuis des années en leur faveur. La 21e audience du procès de Maâti Monjib et de quatre de ses camarades est prévue pour le mois d’octobre.

Ignacio Dalle.Pourquoi cette nouvelle campagne de harcèlement et quelles formes prend-elle ?

Maâti Monjib. — On dirait que le pouvoir a décidé de régler leurs comptes à tous ceux qui ont pris part au mouvement du Printemps marocain qui a fait chanceler le régime en 2011. Cette tentative de reprise en main a commencé durant l’été 2013 avec la répression sévère des manifestations contre la libération d’un pédophile qui avait violé onze enfants et qui purgeait une peine de trente ans. Il faut rappeler ici que ce retour de bâton a eu lieu au Maroc en même temps qu’était lancée la contre-révolution dans la région avec notamment le coup d’État sanglant en Égypte. Celui-ci a été soutenu financièrement par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis qui faisaient pression en même temps sur le Maroc afin qu’il renonce à tout semblant de réforme politique.

La fin de la récréation a été sifflée le 15 juillet 2014. Dans une déclaration violente et diffamatoire, le ministre de l’intérieur a accusé les associations de la société civile de recevoir de l’argent de l’étranger afin de servir un agenda antinational et d’empêcher l’État de combattre efficacement le terrorisme.

Un des objectifs est de terroriser les journalistes et les opposants en général. Le journaliste Omar Radi arrêté il y a quelques semaines risque gros, et il faut tout faire pour le défendre. Comme pour les autres journalistes arrêtés et qu’on jette en pâture pour des affaires de sexe créées de toutes pièces, le pouvoir se venge des enquêtes de ce brillant journaliste qui ont démontré, documents à l’appui, la corruption de certains hommes forts du régime.

En ce qui concerne notre procès, la diffamation accompagne l’épée de Damoclès judiciaire. À chaque fois, nous restons devant les juges quatre ou cinq minutes avant que ne soit annoncée l’audience suivante. Chaque audience est devancée et suivie par deux ou trois semaines de dénigrement dans la presse aux ordres. Il s’agit d’une campagne de diffamation monstre et sans précédent. Un membre de mon comité de soutien s’est amusé à compter les liens des articles diffamatoires me concernant : des milliers depuis sept ans, les accusations sexuelles, financières et de trahison du pays en formant l’ossature ! Sans parler des réseaux sociaux…

I. D.Où en êtes-vous sur le plan personnel ?

M. M. — Ma famille vit très mal les filatures, les visites intempestives devant chez nous et les écoutes téléphoniques. Des informations banales que j’échange avec mes amis et membres de ma famille sont publiées et interprétées d’une façon biaisée juste pour nous faire sentir qu’on est surveillés. Je suis filé, parfois même à l’étranger. Anecdote ridicule, mais révélatrice des gros moyens que les services mettent en place pour maintenir la pression, même loin du Maroc : il y a quelques jours, ChoufTV, qui est devenue l’officine principale des services, a affirmé que j’avais été aperçu à Montpellier « portant une chemise jaune en soie comme un lord », alors que je ne porterais, selon le même article, que des fripes au Maroc. De fait, je n’ai passé que quelques heures dans cette ville. Et mon téléphone était fermé. Comment donc ont-ils eu l’information ? Je leur tire mon chapeau : je portais, c’est vrai, une chemise jaune. En coton, pas en soie. Et je ne porte pas toujours des « fripes » au Maroc. En fait, ils veulent dire que dès que je suis en France je reçois de l’argent et je me comporte en riche.

Ils ont même affirmé que j’allais me reposer dans « ma » ferme dans la même région. Effectivement, un couple ami d’enseignants m’avait invité à m’installer dans leur maison de campagne pour finir un texte académique. Mais ladite « ferme » n’en est pas une et elle n’est pas la mienne. Comment ont-ils eu l’information ? Je n’en sais rien. Certes, il y a un consulat marocain à Montpellier et qui est « à l’écoute des citoyens. » Mais, depuis cinq ans je n’informe personne de mes déplacements. Il est vrai que le renseignement marocain ne lésine pas sur les moyens pour me filer. Ainsi une grande compagnie aérienne arabe m’a informé officiellement — et je garde copie de leur lettre — que mes données, associées à un billet d’avion acheté chez eux en octobre dernier, ont été hackées.

Il y a quelque temps, un rapport technique et circonstancié d’Amnesty International a prouvé que mon téléphone portable était espionné par les autorités marocaines qui ont fait usage de la technologie de l’entreprise israélienne NSO. Cette volonté de nuire du pouvoir marocain est incompréhensible, d’autant plus que cela coûte très cher au pays et que je ne suis pas le seul à être surveillé. Lors de la publication du rapport d’Amnesty, des médias internationaux spécialisés ont rappelé que le Maroc doit payer 115 000 dollars (97 500 euros) pour chaque appareil espionné (ordinateur, smartphone, tablette).

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Le but du pouvoir marocain est de nous faire sentir mal, ma famille et moi, au Maroc et partout où je me déplace, et de faire de moi un exemple, pour me faire taire et faire taire ceux et celles qui résistent à ce pouvoir pourri qui fait de plus en plus de la peur un pilier de son système. Je redis ici aux hommes du régime : il n’est pas question que je me taise, alors que des gens, dont des amis, souffrent en prison juste pour s’être exprimés librement.

Sur le plan professionnel, je suis interdit d’enseignement depuis 2015. Fort heureusement, je me concentre sur la recherche et des interventions en vidéoconférence qui sont parfois brouillées. Toutefois, j’ai pu enseigner des doctorants en 2018-2019 en cachette pendant quelques mois, avec l’aide d’un collègue qui m’a réservé une salle dans un autre établissement que là où je travaille. Les conférences académiques publiques auxquelles je suis invité sont interdites, reportées sine die ou mon nom est retiré de la liste des intervenants. La presse sécuritaire justifie parfois ces interdictions en disant que je suis « l’ennemi numéro 1 du royaume ». C’est hallucinant !

Quelques personnalités en froid avec le régime cherchent à se refaire une virginité en m’insultant grossièrement publiquement. Leurs textes sont repris par la presse aux ordres et les comptes robotisés des réseaux sociaux.

I. D. Le régime ne craint-il pas de perdre toute crédibilité et de ternir son image ? Quid du silence des puissances amies européennes ?

M. M. — Comme le régime devient de plus en plus impopulaire, toute détention d’opposant pour motif politique clair joue, politiquement parlant, en faveur de l’opposition en général et des victimes en particulier. C’est pourquoi la police politique préfère salir les opposants avec des affaires de mœurs et d’argent. Cette tactique est à court terme maligne et efficace, même si elle est immorale. Mais cela risque de totalement délégitimer l’État sur le long terme.

Concernant le silence des puissances amies du régime, cela peut s’expliquer par deux raisons : la situation répressive dans le monde arabe est l’une des pires dans le monde. Mais le Maroc est classé par les index internationaux parmi les moins répressifs. Je pense que la seconde raison réside dans le fait qu’il y a actuellement une régression des valeurs démocratiques en Occident. Par conséquent l’opinion publique se mobilise moins contre les régimes autoritaires, et les gouvernements occidentaux en tirent les conséquences en faisant moins de pression sur les dictateurs et autres despotes.

I. D.La gestion du Covid-19 par le pouvoir, pourtant saluée, peut-elle expliquer ce raidissement, alors que les perspectives économiques et sociales sont inquiétantes ?

M. M. — Oui. Tout à fait. Le pouvoir a même essayé de mettre à profit la crise du Covid-19 pour faire passer une loi aussi liberticide que scélérate. Heureusement que la mobilisation de la société civile, notamment à travers les réseaux sociaux, a obligé le régime à faire marche arrière. D’ailleurs le régime algérien voisin a fait exactement la même chose.

I. D.Comment expliquer également le silence de beaucoup d’intellectuels marocains face à cette dernière vague de répression ?

M. M. - Les choses commencent à bouger. Le fait que la situation ait empiré durant les dernières années a poussé les intellectuels de Sa Majesté — dont les plus connus vivent en France et en Europe — à commencer à secouer le manteau de la veulerie en signant depuis le début de l’année plusieurs pétitions contre la persécution des voix critiques et le retour de la peur. La dernière pétition publiée il y a une dizaine de jours a reçu le soutien de plus de 400 écrivains, artistes et intellectuels. La signature de certains grands noms unanimement respectés comme Abdellatif Laâbi semble avoir énormément gêné la police politique qui contrôle la majorité des médias. Elle a essayé de tromper les plus hautes autorités du pays en affirmant qu’il n’y a pas eu de pétition et que c’était une fake news inventée par France24. Ils ont même affirmé sans rire que la seule pétition signée par Laâbi était en solidarité avec le Liban. C’est dire l’immoralité et la bassesse des médias srabs, liés aux services secrets. On a l’impression que le régime patauge et qu’il fait du mensonge une politique.

I. D.Face à ce harcèlement policier et judiciaire incessant et aux insultes et campagnes de diffamation, envisagez-vous de quitter le Maroc ?

M. M. — J’aime vivre dans mon pays. J’ai trop souffert de mon exil durant les années Hassan II. Des amis me disent que cela pourrait être une solution provisoire, histoire de me mettre en sécurité et de souffler un peu. Mais cela poserait plusieurs problèmes : ma mère a 88 ans et nous sommes très proches. De même, si je quitte définitivement le Maroc, je n’aurai pas droit à ma retraite de professeur. Et puis, il y a quelques années, deux doctorants ont pris le risque de s’inscrire avec moi. Et malgré la diffamation qui a touché l’un d’eux en 2018-2019 pour le punir d’avoir osé s’approcher de moi, ils résistent et continuent à préparer leurs thèses avec moi.

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vendredi 11 septembre 2020

Lettre de Driss Radi à son fils Omar: « Le pouvoir ne reconnaît pas les droits, mais les piétine »

Courrier du Rif 9/02/2020 
 
 
Des artistes bruxellois ont récemment peint une peinture murale d'Omar Radi (Photo: Mouad Belrhouat)
La lettre du trente-sixième jour de détention arbitraire à mon fils, Omar.
 
Salutations de liberté et de dignité mon fils.
Savais-tu, Omar, que les détenus du Rif ont entamé une grève de la faim pour le vingtième jour afin d'améliorer les conditions de leur détention et de les rapprocher de leur famille ?
Cette demande est-elle difficile pour le pouvoir ?
Est-ce que cela est coûteux matériellement et politiquement ?
Bien sûr que non.
 
Mais elle a un coût en termes de réputation du pouvoir, qui continue à torturer ces personnes et ne se conforme pas à leurs demandes, malgré leur caractère juste, équitable et simple.
Et cela a un coût pour la vie et la santé des grévistes et de leurs familles, en particulier de leurs mères.
Cependant, le pouvoir ne reconnaît pas les droits, mais les piétine plutôt afin de préserver son prestige comme il le pense.
Comme si le prestige des États était le fruit de la répression et de l'oppression.
Il ne croit pas non plus à la justice pour tous.
Le recours à cette grève est le summum du désespoir et de l'aventure dans la vie tant que cette vie ne signifie rien pour le régime. Et ce qui reste pour les prisonniers de la résistance et de l'alerter quant à la gravité de leur situation, c'est cette méthode qui inflige à ceux qui la mènent un handicap permanent s'ils demeurent en vie après la grève.
 
Un régime qui inflige des traitements à ses opposants et aux critiques de ses politiques impopulaires et antidémocratiques est un régime faible parce qu'il entrave une part importante de ses énergies et de son pouvoir de suggestion pour le progrès et le changement, met le pays en quarantaine et le condamne à reculer et à retarder.
La question devient plus dangereuse lorsque la jeunesse de la nation, pilier de l'avenir, se voit marginalisée, réprimée et emprisonnée, alors que son avenir devient incertain.
Levez vos mains sur nos enfants.
Dors les 2 yeux fermés, mon fils, mes amitiés à Souleiman et liberté pour tous les détenus.
Par Driss Radi
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mercredi 9 septembre 2020

L'ONG WSRW appelle à la libération "immédiate" des prisonniers de Gdeim Izik

8/9/2020


L'ONG WSRW appelle à la libération "immédiate" des prisonniers de Gdeim Izik

BRUXELLES- L'Observatoire "Western Sahara Resource Watch" (WSRW) a appelé mardi à la libération "immédiate et inconditionnelle" des prisonniers politiques sahraouis du groupe Gdeim Izik, arrêtés en 2010 pour avoir contesté l'exclusion socioéconomique des sahraouis dans les territoires occupés.

" En novembre 2020 (...) le groupe de Gdeim Izik aura passé 10 ans dans les prisons marocaines. En prévision du prochain anniversaire, WSRW appelle à la libération immédiate et inconditionnelle de ces prisonniers politiques" , écrit l'ONG dans son appel, accompagné de photos et biographies des détenus.

"Ces hommes n'ont fait que défendre pacifiquement leurs droits humains fondamentaux. Ils ont passé 10 ans de leur vie emprisonnés sur la base de procès qui ne respectaient pas les règles internationales les plus élémentaires", s'indigne la présidente de WSRW, Sylvia Valentin, citée dans le communiqué.

Le 8 novembre 2010, l'armée et la police marocaines ont brutalement démoli un camp pacifique de manifestants, où plus de 10.000 Sahraouis s'étaient rassemblés pour protester contre leur exclusion socio-économique dans leur propre pays, sous occupation marocaine.L'emplacement du camp était sur un site appelé Gdeim Izik, une zone désertique à l'extérieur de la ville de Laayoune occupée.

Un groupe de 25 hommes a été arrêté pour leur participation supposée à l'organisation du camp de protestataires. Après deux ans et demi de détention arbitraire, ils ont été condamnés en février 2013 par un tribunal militaire marocain, la plupart à des peines allant de 20 ans à perpétuité.

Parmi les personnes arrêtées figuraient des défenseurs des droits humains du Sahara Occidental. L'un d'eux est le secrétaire général d'un groupe sahraoui qui observe et documente l'implication étrangère dans le pillage illégal du territoire par le Maroc.

La principale preuve pénale utilisée contre les militants incarcérés consistait en des aveux signés sous la torture.

Le verdict rendu a fait l'objet d'un appel devant la Cour de cassation marocaine estimant que la cour ne pouvait condamner ce groupe de militants uniquement sur la base d'aveux.Quatre ans plus tard, en 2017, l'affaire a donc été rejugée devant un tribunal civil, les peines étant majoritairement confirmées, et les aveux signés sous la torture étant réutilisés comme principales preuves pénales.


Lire aussi: Les détenus sahraouis de Gdiem Izik observent une grève de la faim


L'affaire a donc de nouveau fait l'objet d'un appel devant la Cour de cassation marocaine qui n'a pas encore rendu de décision. Aujourd'hui, 19 des 25 sont toujours en prison. 

La détention arbitraire des prisonniers de Gdeim Izik a été traitée, entre autres, dans une communication publiée par les procédures spéciales des Nations Unies le 20 juillet 2017 (AL 3 mars 2017), signée par le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire, le Rapporteur spécial sur la liberté de Expression, le Rapporteur spécial sur les défenseurs des droits de l'homme, le Rapporteur spécial sur l'indépendance des juges et des avocats et le Rapporteur spécial sur la torture, soulignant que le groupe de défenseurs des droits de l'homme sahraouis avait été arrêté et détenu en raison de leur liberté d'expression et de leur liberté de réunion dans le camp de Gdeim Izik.

L'ancien chef du Comité des Nations Unies sur la détention arbitraire, Mads Andeneas, avait estimé en 2017 que la détention du groupe de Gdeim Izik était "arbitraire" relevant que les prisonniers sahraouis ont été "victime  d'enlèvements ou d'arrestations impliquant la torture ou des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants".

Mads Andeneas s'est indigné du " traitement illégal de ce groupe" qui  s'est poursuivi pendant leur détention." Leur condamnation n'était pas fondée sur des preuves matérielles pénales suffisantes", a-t-il, alors, déploré.

mardi 8 septembre 2020

MilleBâbords : Pourquoi le nouveau lieu d’accueil « Chez Roger » ?


Une tribune pour les luttes

Espace / squat auto géré pour Migrants à Gap

Historique et état des lieux

Article mis en ligne le mardi 1er septembre 2020

Le continent africain, déchiré par la colonisation et l’esclavagisme récent est meurtri de profondes blessures. Les climats politiques y sont souvent devenus sanglants et autoritaires. Les pays riches occidentaux en profitent au passage pour perpétuer un colonialisme désormais économique. A la clé, notamment, l’accès à des minerais qui composent ensuite nos ordinateurs, smartphones, télés, ou alimentent nos centrales nucléaires.

Fuyant la persécution, l’exploitation, la misère, des personnes se retrouvent prises dans un parcours migratoire forcé. On ne peut plus fermer les yeux sur le réseau de trafic d’êtres humains existant qui les menent vers des pays où le travail forcé est de mise (Algérie, Lybie) et qui les poussent à chercher la sécurité toujours plus loin : vers les riches pays occidentaux. Fuir son foyer, ses enfants, sa famille, ses amis, n’est un plaisir pour personne. Le chemin est semé d’embûches, bien souvent de torture et de sinistres événements.

Les personnes exilées arrivent donc en Europe, souvent par l’Italie. Certaines décident de venir en France par les montagnes, une partie arrivant par Briançon. Dans la loi française, le gouvernement doit proposer un hébergement aux demandeurs d’asile le temps de la procédure. En réalité, nombre d’entre eux et notamment des mineurs sont sans logement et à la rue dans le département, entre autre, à Gap.

C’est pourquoi :

* En Octobre 2016, la maison Cézanne a été occupée pour loger des exilés sans toit. Le collectif « un toit un droit » à été créé.

* Fin 2017. Le gouvernement propose d’ouvrir un centre d’hébergement pour les exilés d’une cinquantaine de places. La mairie s’y oppose.

[Deux structures sont en projet à Gap. L’une pour accueillir 30 mineurs non accompagnés, l’autre pour 50 demandeurs d’asile. L’Etat et le conseil départemental sont à l’origine de ces créations de structures. Selon nos confrères de Alpes 1, Roger Didier, le maire de Gap, dit non à la création de ces 80 places. Il déclare : « La commune dispose déjà sur son territoire de suffisamment de places d’hébergement officielles pour ne pas y concentrer 80 places supplémentaires ».

Source : France Info PACA : publié le 6 Décembre 2017.]

Dans les faits, une trentaine de mineurs non pris en charge et une cinquantaine de personnes laissées pour compte. Les chiffres parlent d’eux même.

* 16 Octobre 2018 : La maison Cézanne est expulsée : 20 personnes à la rue. Un campement se fait devant la préfecture. Malgré une tentative de dialogue, aucune proposition de lieu perenne n’est enclenchée, ni d’hébergement.

* 19 Octobre 2018 : Ouverture du CESAI en centre ville qui protège vite une cinquantaine de personnes exilées (notamment des mineurs, des familles, des femmes et enfants) et des personnes sans domicile fixe. Différentes associations y gravitent en soutien (Médecin du monde, réseau hospitalités, les 3 + 4 de Birançon, divers soutien autonome…), mais aucune collaboration ni dialogue, entre cette réalité et la mairie ne s’opère.

* 19 Aout 2020 : Le CESAI se voit expulser de force. L’expulsion est autorisée par la préfète de Gap Martine Clavel, orchestrée par le directeur du cabinet de la préfète et soutenue par le Maire de Gap Roger Didier. La cour d’appel de Grenoble stipule dans sa décision qu’après le passage de l’huissier pour délivrer le commandement de quitter les lieux, les occupants disposent d’un délai de deux mois supplémentaire pour quitter les lieux. Une expulsion de force peut être appliquée seulement après ce délai. Dans les faits, l’huissier, Mr Scarcella, a appliqué une expulsion de force autorisée par la préfecture sans respecter le délai de deux mois.

Une cinquantaine de personnes se retrouvent du jour au lendemain sans toit sur la tête. Quelques familles sont relogés en camping pour une durée inconnue. Le camping ne serait payé que jusqu’à la fin du mois d’août. Les mineurs ne sont pas pris en charge. La préfecture confond allègrement « adresse » et « domiciliation postale » pour grossir ses chiffres de prise en charge.

* 28 Août 2020 : Le 3 Cours du Vieux Moulin « Chez Roger » est occupé, pour mettre ces personnes à l’abri. À ce jour, une vingtaine de mineurs, une quarantaine de personnes sont protégées. Une nouvelle fois, Roger Didier n’est pas dans la coopération et le dialogue pour considérer cette situation et trouver une solution perenne. Ce lieu est vide depuis plusieurs années, alors que des gens dorment dehors.

N’oublions pas que certaines mairies sont solidaires et coopèrent avec les associations pour faciliter l’accueil de ces personnes. Ce n’est pas le cas de Roger Didier qui se contente de renvoyer la responsabilité à la préfecture. Celle-ci agit contre la dignité de ces personnes. Ils devient donc nécessaire d’occuper des lieux vides pour les protéger tant que cette réalité ne sera pas prise en compte globalement.

Nous demandons un lieu d’hébergement pérenne pour toutes les personnes à la rue, avec ou sans papiers.

Nous alertons également sur le fait que certaines personnes solidaires ne vivant pas sur place passent pour apporter un soutien matériel, moral ou juridique pour s’y retrouver dans les abîmes de la justice et de l’administration française.

Ces personnes donnent énormément de leur temps sans contrepartie autre qu’humaine, nous tenons à les remercier et à rappeler qu’il est inadmissible de devoir s’épuiser et lutter contre l’administration française pour quelle prenne soin des plus fragiles alors que nous sommes soit disant dans le pays des droits de l’Homme…

P.-S.

Par Vallée en lutte : valleesenlutte chez riseup.net

 

lundi 7 septembre 2020

Agissons pour empêcher l'expulsion de Salah Hamouri de Jérusalem ! Stop à l'acharnement !



https@france-palestine.org

jeu. 3 sept. 



Cher(e)s ami(e)s,

Salah Hamouri, avocat franco-palestinien est de nouveau victime de l’acharnement d’Israël.

Arrêté à cinq reprises, il a déjà fait plus de huit années de prison en tant que prisonnier politique. De plus, les autorités israéliennes lui nient le droit de vivre en famille sur sa terre natale, à Jérusalem, avec sa femme et son fils.


L’État d’Israël est aujourd’hui passé à un autre stade en lui signifiant qu’il envisageait de lui retirer le droit de résider à Jérusalem. Cette révocation aboutirait à une expulsion définitive de Salah de sa terre natale.

>> Lire le communiqué de l'AFPS dans son intégralité

Appel à action

Envoyez le message ci-dessous ou votre propre message aux adresses suivantes :


Monsieur le Consul,
ou Monsieur le Ministre des affaires étrangères,
ou Monsieur le Président de la République,

Le 3 septembre 2020, notre compatriote, l’avocat franco-palestinien, défenseur des droits de l’homme, Salah Hamouri, s’est vu remettre par la police israélienne un courrier lui signifiant l’intention du ministre de l’intérieur israélien de lui retirer la carte de résidence permanente à Jérusalem.
Israël s’est doté en 1952 d’une loi, contraire au droit international, s’octroyant le « droit » d’autoriser ou non les Palestiniens de Jérusalem à vivre sur leur terre natale. Il entend l’utiliser contre Salah Hamouri alors qu’il est né et qu’il vit à Jérusalem depuis 1985.
Cet acharnement d’Israël contre notre compatriote afin qu’il ne puisse pas vivre en famille sur sa terre natale doit cesser.
La France doit lui apporter sa protection et garantir que ses droits fondamentaux - dont celui de vivre sur sa terre natale – soient respectés.
Je vous demande d’œuvrer au nom de la France, pour que Salah Hamouri ne soit pas expulsé de sa terre natale et afin qu’il puisse vivre à Jérusalem avec sa famille.
Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de ma haute considération.


Association France Palestine Solidarité (AFPS)

21 ter Rue Voltaire 75011 Paris

Tél. : 01 43 72 15 79