Blog du Réseau de solidarité avec les peuples du Maroc, du Sahara occidental, de Palestine et du monde, créé en février 2009 à l'initiative de Solidarité Maroc 05, AZLS et Tlaxcala
2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas
El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.
[afps-adherents]
Appel à Action / Non à la révocation du statut de résident de Jérusalem
de Salah Hamouri ! Stop à l’acharnement !
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afps@france-palestine.org
18:14 (il y a 4 heures)
À afps
Voilà 20 ans qu’Israël s’acharne contre Salah Hamouri, citoyen
franco-palestinien, avocat, défenseurs des droits humains. Ce lundi 18 octobre, il s’est vu notifier la révocation de
son statut de résident de Jérusalem. Il ne lui reste qu’une
toute dernière possibilité d’appel sous 30 jours.
>> Lire le communiqué de l’AFPS et du Comité de soutien à
Salah Hamouri >>
Voir le communiqué du Comité de soutien à Salah Hamouri
C’est maintenant en vertu d’une loi inique qu’Israël projette
d’expulser Salah Hamouri. Les Palestiniens de Jérusalem sont
soumis par Israël au statut précaire de résident et Israël entend
leur imposer un devoir d’allégeance. C’est pour défaut
d’allégeance qu’Israël a décidé de révoquer le statut de résident
de Salah Hamouri, premier pas vers son expulsion de sa terre
natale. Comment la France peut-elle accepter que l’un de ses
ressortissants soit ainsi soumis à de tels actes inhumains, à
des violations constantes de ses droits élémentaires ?
Elle sait parfaitement se faire entendre quand elle en a la
volonté, on l’a vu à de nombreuses reprises. Il est temps de le
faire avec Israël.
Le Président de la République doit s’exprimer publiquement sur le
cas de Salah Hamouri et affirmer qu’il ne laissera pas ainsi les
droits élémentaires d’un citoyen français bafoués. Il est de sa
responsabilité de protéger tous les citoyens français où qu’ils se
trouvent.
Le président de la République doit mettre en œuvre tous les moyens
dont il dispose pour que ce harcèlement de 20 ans cesse. Salah doit pouvoir vivre à Jérusalem avec sa femme et ses
enfants, c’est son droit le plus élémentaire. Le Comité de
soutien à Salah Hamouri, l’Association France Palestine
Solidarité et la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine
appellent toutes celles et tous ceux qui sont épris de justice à
interpeller le président de la République. Appel à action Envoyez le message ci-dessous au Président de la République
en remplissant le formulaire en ligne sur http://www.elysee.fr/ecrire-au-president-de-la-republique/
Monsieur le président de la République,
Voilà 20 ans qu’Israël s’acharne contre Salah Hamouri,
citoyen franco-palestinien, avocat, défenseurs des droits
humains. Ce lundi 18 octobre, il s’est vu notifier la révocation
de son statut de résident de Jérusalem. Cette révocation est la
dernière marche avant son expulsion de sa terre natale.
Il ne lui reste qu’une toute dernière possibilité d’appel
sous 30 jours.
C’est pour « défaut d’allégeance » qu’Israël a décidé de
révoquer le statut de résident de Jérusalem de Salah Hamouri, en
vertu d’une loi inique qui contrevient en tous points au droit
international : NON, une personne vivant sous occupation ne doit
pas allégeance à l’occupant ; OUI, elle a le droit de vivre sur
sa terre natale et de résister à l’occupation.
Salah Hamouri doit pouvoir vivre à Jérusalem avec sa femme
et ses enfants, c’est son droit le plus élémentaire.
Nous vous demandons de vous exprimer publiquement sur le
cas de Salah Hamouri et de recevoir sa femme officiellement à
l’Élysée pour marquer le soutien que vous leur apportez et votre
réprobation à Israël.
Nous vous demandons de vous engager et de faire tout ce qui
en votre pouvoir pour que soient respectés les droits
élémentaires de Salah Hamouri et de sa famille à qui vous devez
assistance et protection.
« Suivre l’affaire de près » - comme dit le faire votre
Ministre de l’Europe et des affaires étrangères - ne suffit pas,
il faut des actes !
Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de ma haute
considération.
Imaginez-vous la
scène, digne du dernier James Bond. Des voitures blindées en route vers
le centre de Londres. À leur bord, des hommes cagoulés et armés
jusqu’aux dents. Les voitures s’arrêtent brusquement, les hommes en
descendent et pénètrent l’ambassade équatorienne. La porte de
l’ambassade est par hasard ouverte et, par hasard aussi bien sûr, la
police anglaise regarde dans l’autre direction. Les robocops se jettent
sur Julian Assange, le trainent dans une voiture et foncent vers
l’aéroport de Londres où un avion de la CIA les attend pour le
transporter aux États-Unis. Au cas où ce plan échouerait, il y a aussi
le plan B : il faudra l’abattre ou l’empoisonner.
Ce scénario ne sort par des studios
hollywoodiens. Il a été inventé de bout en bout par Mike Pompeo, en
représailles à la publication de Vault 7 par Wikileaks en 2017[1],
la plus grande fuite de documents de la CIA de son histoire. Mike
Pompeo est le directeur de la CIA de l’époque et le ministre des
Affaires étrangères jusqu’au début de cette année. C’est lui qui avait
désigné WikiLeaks comme « non-state hostile intelligence service » (service
de renseignement ennemi non étatique). C’est aussi lui qui avait plaidé
pour que Snowden soit jugé, avec une condamnation qui aurait pu le
condamner à la peine de mort. Le plan du kidnapping d’Assange a été
discuté aux « plus hauts niveaux » de l’administration américaine.[2] Son
existence a été confirmée par trente fonctionnaires et ex-agents des
services secrets, dont huit ont décrit en détail l’opération de la CIA.
Après que le plan a été rendu public, en septembre 2021 par Yahoo News,
Pompeo n’a nullement été inquiété. Dans une émission télévisée, il a
tranquillement déclaré que chacune de ces trente personnes devait être
poursuivie par la justice « pour divulgation de matériel classifié au sein de la CIA ».[3]
Si vous pensez qu’avec Joe Biden à la
présidence, toutes ces pratiques et tous ces propos sont derrière nous,
détrompez-vous. Au procès d’Abu Zubaydah début octobre 2021 devant la
Supreme Court (la plus haute cour au niveau fédéral), l’administration
Biden a refusé la comparution des psychologues James Mitchell et Bruce
Jessen, les architectes du programme de la torture de la CIA. Biden
s’appuie en cela sur les propos de Pompeo selon lesquels cette affaire
est un « secret d’État », et que la rendre publique « porterait atteinte à la sécurité nationale ».
L’administration Biden s’est aussi opposée à ce qu’on entende le
témoignage d’Abu Zubaydah lui-même, parce que, disait-elle, « il est en détention incommunicado à Guantanamo ».[4]
Mort ou vivant, par tous les moyens
Aussi choquant et invraisemblable que
puisse paraître le scénario d’un kidnapping et d’un assassinat éventuel
d’Assange, il est dans la ligne droite de la guerre américaine contre
tous ceux qui touchent aux intérêts impérialistes des États-Unis.
Il suffit de se souvenir du plan pour assassiner Daniel Ellsberg (photo), après la publication des Pentagon-papers pendant la guerre du Vietnam.[5] Il
suffit de rappeler la pratique presque courante du kidnapping de
suspects dans d’autres pays et leur transfert illégal vers les
États-Unis par les services secrets américains. Cette pratique date de
bien avant 2001, sous des présidents comme Reagan et Clinton. Il
s’agissait là d’un nombre très limité de cas et la CIA devait obtenir
l’approbation du président pour enlever quelqu’un. Ce n’est qu’à partir
du lancement de la guerre mondiale contre le terrorisme en 2001 que ces
pratiques ont pris une ampleur sans précédent. À ce moment-là, le
président Bush a signé une autorisation officielle pour que la CIA passe
à des “extraordinary renditions” (des transferts illégaux de personnes
kidnappées) sans avoir besoin d’une approbation de la Maison Blanche ou
du Ministère de la justice. Ainsi, dès 2005, la CIA avait déjà enlevé
entre cent et cent cinquante suspects et les avait transférés
illégalement vers des pays tiers, le plus souvent connus pour leur
torture des détenus, avant leur transfert tout aussi illégal aux
États-Unis ou à Guantanamo.
Prenons le cas d’Abu Omar (Mustafa Osama Nasr, photo)
qui est une des affaires les mieux connues et documentées de la
restitution extraordinaire de la CIA (en collaboration avec le Service
italien de renseignement et de sécurité militaires- SISMI). Abu Omar
avait reçu l’asile politique en Italie en 2001. Le 17 février 2003, il
est enlevé à Milan par des agents de la CIA et du SISMI et transporté à
la base aérienne américaine d’Aviano. De là, il est transféré dans
l’Égypte de Moubarak, où il est emprisonné pendant quatre ans sans
inculpation, isolé, interrogé et brutalement torturé et violé.
En 2009, vingt-trois agents américains impliqués dans ce kidnapping ont été jugés par contumace par les tribunaux italiens[6].
Vingt-et-un agents ont été condamnés à cinq ans de prison, et le chef
de la base de la CIA à Milan, Robert Seldon Lady, a été condamné à huit
ans de prison. Tous ces condamnés ont refusé de se présenter au
tribunal. C’est encore Wikileaks qui a dévoilé les pressions américaines
sur l’Italie pour qu’elle retire sa demande d’extradition de ces agents
vers l’Italie. Les agents sont désormais considérés comme des fugitifs
en droit italien.[7]
Pour les autorités américaines, la guerre
actuelle contre le terrorisme doit inévitablement aboutir à la capture,
mort ou vif, de Julian Assange. Déjà en 2014, dans une vidéo-compilation
publiée sur YouTube[8] par FreeJAnow, elles le traitaient de « traitre », « hightech terrorist », « cyber terrorist », « enemycombatant » et Wikileaks d’« organisation terroriste et d’agence de presse travaillant pour l’ennemi ».
Les propos cités dans cette petite vidéo proviennent de hauts
responsables du gouvernement américain, dont Hillary Clinton, Joe Biden
et de commentateurs politiques. Certains y réclament ouvertement la
pendaison ou l’exécution extrajudiciaire d’Assange.
Au dix-septième jour du procès d’Assange en
2020, l’existence des plans pour l’assassiner a été confirmée par deux
témoins sous serment. Devant le tribunal, ils ont déclaré que « les
États-Unis voulaient sortir Assange coûte que coûte de l’ambassade de
l’Équateur et qu’ils voulaient des mesures plus extrêmes pour y arriver.
Ainsi, ils envisageaient de kidnapper Assange en laissant une porte
d’entrée ouverte. Ils concevaient même son empoisonnement. »[9]
La Maison Blanche s’est opposée à
l’exécution du plan de la CIA pour une seule et unique raison : le
ministère de la Justice était en retard, il n’avait pas encore
publiquement inculpé Assange d’un crime. Ce qui posait la question : si
on le kidnappe, on l’amène où ? On ne peut pas l’enfermer quelque part
sans qu’il y ait eu une mise en accusation officielle. La police
anglaise aussi s’était opposée à l’exécution du plan de Pompeo sur son
sol. Il fallait régler le problème Assange autrement. Et la machine
s’est mise en marche. Le 6 mars 2018, le Grand Jury fédéral de Virginie
inculpe formellement Assange dans un « sealed indictment », un
document interne à la justice où il n’est question que de fraude
informatique sur base du Computer Fraud and Abuse Act de 1986.
Parallèlement, sous pression américaine, l’Équateur déclare Assange persona non grata
à l’ambassade et le déchoit de sa nationalité équatorienne dans la
foulée. Le 11 avril 2019, l’inculpation d’Assange est rendue publique,
ce qui permettra à la police anglaise, le jour même et en toute
légalité, d’arrêter et de sortir de force Assange de l’ambassade qui ne
veut plus de lui. Assange sera incarcéré dans la prison de haute
sécurité de Belmarsh où il se trouve encore à ce jour. Ce n’est qu’un
mois plus tard, en mai 2019, qu’Assange sera aussi inculpé pour
espionnage sur base de l’Espionage Act de 1917[10]. S’il est extradé et condamné, il risque la prison à vie, c’est-à-dire la mort par enfermement.
Ainsi le plan diabolique des autorités
américaines est presque bouclé. Les 27 et 28 octobre 2021, une Cour
d’appel britannique devra se prononcer sur son extradition. Des « garanties américaines d’un traitement humain d’Assange » y seront présentées, par ceux-là mêmes qui ont discuté et planifié son kidnapping et son assassinat.
Assange paie le prix de notre capitulation face à la guerre impérialiste
Les révélations de Yahoo News nous
ramènent aux vrais enjeux de l’affaire. Les publications d’Assange ne
sont pas considérées comme des actes de journalisme ou sous l’angle de
la « liberté de la presse », mais comme des actes de guerre, des actes
hostiles aux États-Unis, en alliance avec l’ennemi que nous combattons
dans la guerre contre le terrorisme.
Le 25 juillet 2010, Wikileaks a défié la
machine de guerre en publiant les documents secrets sur la guerre en
Afghanistan (the Afghan War Logs). Trois mois plus tard, en octobre
2010, il publie près de 400 000 rapports de l’armée sur la guerre en
Irak (the Iraq War Logs). Le 25 avril 2011, Wikileaks rend publics les
documents secrets sur les 779 détenus à Guantanamo (the Gitmo Files).
Au moment où toute opposition à la guerre
en Afghanistan et en Irak était au point mort, Assange et Wikileaks ont
ainsi exposé de manière on ne peut plus détaillée les opérations de
l’armée impérialiste la plus forte au monde. Mais ces publications n’ont
pas provoqué l’indignation et la solidarité avec Wikileaks qu’on était
en droit d’attendre et dont Wikileaks avait tant besoin.
Dix ans après le début de la guerre, les
pancartes et les banderoles des manifestations sont restées rangées dans
les caves, le slogan « Not in our name » était réduit au
silence. Un climat d’indifférence s’était installé, l’horreur devenue
la routine, avec la peur généralisée d’être accusé de sympathies ou de
complicités terroristes. Pour la gauche américaine et européenne, la
guerre est devenue à la fois une normalité et une banalité. Fini la
comparaison avec le mouvement contre la guerre au Vietnam qui avait
contribué à la fin de cette guerre et à ce que la vie de Daniel Ellsberg
soit sauvée.
Enemy combatant
La même indifférence a été constatée par rapport aux « dommages collatéraux » de la guerre sans fin. Un de ces dommages a été l’invention du statut de « Unlawful enemy combatant »,, un
titre dorénavant réservé à Julian Assange, qui efface tout statut légal
du prisonnier. Avant 2001, les Conventions de Genève conclues après la
défaite nazie en 1945 devaient assurer une protection des droits des
prisonniers. C’étaient des documents contraignants pour tous les États,
les atteintes à ces accords constituant une violation grave du droit
international et étant considérées comme des crimes de guerre. Deux
conventions protégeaient aussi bien les droits des prisonniers de guerre
(la Troisième convention) que les prisonniers civils, de droit commun,
appelés « personnes protégées » (la Quatrième convention). Les deux
catégories devaient jouir d’un traitement digne, tout traitement
inhumain ou dégradant était interdit en toutes circonstances (l’article
3, commun aux deux conventions).
Dans la pratique, les États européens ont
réservé ces conventions à leur usage interne et ne les ont pas
appliquées dans leurs colonies où le non-droit, la torture et les
traitements inhumains restaient de mise aussi bien pour les résistants
que pour la population civile. Ce sont ces conceptions et pratiques
coloniales qui font leur retour à travers la guerre contre le
terrorisme.
Au début de la guerre, un nouveau statut a
été conçu pour les prisonniers capturés. Celui de « combattant ennemi »,
ce qui signifie que ces prisonniers ne sont ni des prisonniers de
guerre ni des prisonniers de droit commun. Ainsi, ils ne peuvent pas
être protégés par les Conventions de Genève. Ils ne peuvent pas se
prévaloir de l‘habeas corpus – le droit de comparaître devant
le tribunal et d’exiger que les autorités justifient leur détention.
Leur procès, s’il y en a un, ne se déroule pas devant un tribunal
fédéral, ni devant un tribunal militaire, mais devant une commission
militaire. Ils peuvent être maintenus en détention sans charge, sans
procès et de manière illimitée. Tout au long de ces vingt dernières
années, seuls les détenus concernés, quelques avocats courageux et
quelques ONG se sont battus pour le retrait de ces mesures. Toute cette
évolution fascisante s’est déroulée sous nos yeux, sans réaction digne
de ce nom.
C’est Julian Assange qui en paie le prix aujourd’hui.
Il n’est jamais trop tard pour se reprendre et dire stop. Faisons-le maintenant et empêchons l’extradition de Julian Assange.
[4] Abu Zubaydah a été arrêté au Pakistan en 2002 et enfermé dans une
prison secrète de la CIA en Pologne jusqu’à son transfert à Guantanamo
où il se trouve toujours. Les tortures qu’il a subies des mains de la
CIA et de ses sous-traitants, ont été rendues publiques par ses avocats
et ont été partiellement citées dans le rapport de 2014 de la commission
du sénat américain sur la torture de la CIA : « À 83 occasions au
cours d’un seul mois de 2002, Abu Zubaydah a été attaché à une planche
inclinée avec la tête plus basse que les pieds pendant que des
sous-traitants de la CIA lui versaient de l’eau dans le nez et dans la
gorge, simulant sa noyade. Menotté et claqué à plusieurs reprises contre
les murs, il a été suspendu nu à des crochets au plafond pendant des
heures. Il a été forcé de rester éveillé pendant onze jours consécutifs,
aspergé encore et encore d’eau froide lorsqu’il s’est effondré. Il a
été placé de force dans une boîte de la taille d’un cercueil et entassé
dans une autre boîte qui tiendrait presque sous une chaise, où il a été
laissé pendant des heures. Il a été soumis à une humiliation
particulièrement grave de la part de la CIA par la « réhydratation
rectale ». Selon le rapport du Sénat américain la CIA a admis par la suite que Abu Zubaydah n’était pas un membre d’Al Qaeda. https://truthout.org/articles/biden-tells-supreme-court-that-publicly-documented-torture-is-a-state-secret/?utm_campaign=Truthout+Share+Buttons
[6]https://www.justiceinitiative.org/publications/globalizing-torture-cia-secret-detention-and-extraordinary-renditionL’Italie
est le seul pays où un tribunal a condamné pénalement des
fonctionnaires pour leur implication dans des opérations de restitution
extraordinaire. Le Canada est le seul pays à présenter des excuses à une
victime de restitution extraordinaire, Maher Arar, qui a été
extraordinairement renvoyé et torturé en Syrie. Seuls trois pays en plus
du Canada – la Suède, l’Australie et le Royaume-Uni – ont accordé une
indemnisation aux victimes de restitutions extraordinaires, ces deux
derniers dans le cadre de règlements confidentiels visant à éviter les
litiges liés aux violations des droits humains associées.
[10] *The Espionage Act of 1917 prohibited
obtaining information, recording pictures, or copying descriptions of
any information relating to the national defense with intent or reason
to believe that the information may be used for the injury of the United
States or to the advantage of any foreign nation.
LONDRES-
L'ONG Amnesty International a appelé l'administration Biden à "garantir
l'inclusion d'un mécanisme de surveillance des droits humains au Sahara
Occidental lors de la rédaction de la résolution pour le renouvellement
du mandat de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara
occidental (MINURSO)", soulignant que cette dernière "est l'une des
seules missions modernes de l'ONU sans mandat en matière de droits
humains".
"Amnesty
International exhorte vivement l'administration Biden, représentant les
Etats-Unis en tant que porte-plume du mandat et membre permanent du
Conseil de sécurité, à garantir l'inclusion d'un mécanisme de
surveillance des droits humains lors de la rédaction et de la
proposition de la résolution pour le renouvellement de la MINURSO qui
devrait être mis aux voix lors du débat prévu le 27 octobre", écrit
l'ONG dans un communiqué, précisant qu"'une lettre similaire a été
envoyée à tous les ambassadeurs représentant les autres Etats membres au
Conseil de sécurité".
L'ONG relève qu'il est "essentiel" que
l'administration Biden compte un mécanisme de surveillance au sein de la
MINURSO, "qui reste l'une des seules missions modernes de l'ONU sans
mandat en matière de droits humains", notant que "le Département d'Etat,
et l'administration au sens large, ont une responsabilité unique dans
ce mandat, qu'ils doivent utiliser pour faire respecter les droits de
l'homme".
Selon l'ONG, l'inclusion d'un mécanisme de surveillance
des droits humains est d'autant plus urgent car "le gouvernement
marocain interdit l'entrée d'observateurs indépendants au Sahara
Occidental - au moins neuf en 2020 et deux seulement ce mois-ci -
affirmant que "la protection des droits de l'homme sur le territoire est
couverte par son Conseil national des droits de l'homme". "Or, cet
organe est fortement influencé par le Roi, sapant toute prétendue
indépendance et impartialité", a-t-elle déploré, notant que le mécanisme
de surveillance des droits humains "surveillerait de manière cruciale
les violations qui, autrement, ne seraient pas signalées".
Pour
Amnesty International (AI), cet état de fait "est reconnu par le
secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, dont le rapport annuel au
Conseil ce mois-ci a réitéré son appel à "une surveillance
indépendante, impartiale, globale et soutenue de la situation des droits
de l'homme" au Sahara occidental comme étant "nécessaire pour assurer
la protection de toutes les personnes".
"Le rapport a également
souligné les lacunes substantielles dans la surveillance des droits de
l'homme en raison du manque d'accès du HCDH (Haut Commissariat de l'ONU
aux droits de l'homme) au Sahara occidental", malgré "la résolution du
CSNU (Conseil de sécurité) 2548 (2020) exhortant les parties à renforcer
leur coopération avec le HCDH, notamment en facilitant les visites",
rappelle en outre l'ONG.
"Ciblage répressif" des militants sahraouis
Rappelant,
par ailleurs, son travail documenté sur les violations des droits de
l'Homme par le Maroc au Sahara Occidental, AI a souligné qu'"elle a
documenté le ciblage répressif par les forces de sécurité marocaines
d'au moins 22 militants, journalistes, défenseurs des droits humains et
mineurs sahraouis exerçant pacifiquement leur droit à la liberté
d'expression depuis le seul mois de novembre 2020".
Elle souligne
que "la campagne d'abus ciblés des autorités contre la militante
sahraouie Sultana Khaya et sa famille, détenue en résidence surveillée
violemment et illégalement depuis novembre 2020 sans motif, est
particulièrement inquiétante".
L'ONG rapporte que "le 12 mai, des
policiers marocains masqués sont entrés dans la maison de Khaya et l'ont
battue et tenté de la violer, tout en attaquant et en violant sa
soeur".
Dans le même sillage, Amnesty International cite le sort
inhumain infligé par les forces de sécurité marocaines à l'enfant
sahraoui, Mustapha Razouk. "Mustapha Razouk, un enfant, a été arrêté par
la police pour avoir manifesté pacifiquement en faveur de Khaya, les
autorités l'ont torturé pendant trois jours, en le frappant, versant du
plastique fondu bouillant sur lui et suspendant au plafond".
Amnesty
International fait observer que les violations des droits de l'Homme au
Sahara Occidental par le Maroc ont été confirmées par la rapporteuse
spéciale de l'ONU, Mary Lawlor qui, dans une déclaration au mois de
juillet approuvée par d'autres rapporteurs, a alerté sur la "répression"
des autorités marocaines sur les défenseurs des droits humains
sahraouis, condamnant des abus "abominables" qui bafouent "l'engagement
du gouvernement marocain envers le système des Nations Unies".
WASHINGTON – Les journalistes emprisonnés au Maroc, Soulaiman
Raissouni et Omar Radi, notamment, méritent l’attention de la nouvelle
administration des Etats-Unis « qui devrait discuter avec le régime
marocain de son bilan en matière de droits de l’Homme », écrit The
Washington Post dans son éditorial de vendredi.
Le quotidien
américain relève que « l’un des problèmes de politique étrangère les
plus délicats hérités par l’administration Biden est la reconnaissance
imprudente par l’ex-président Donald Trump en décembre de la (prétendue)
souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental » occupé.
Il
s’agit, selon le journal, d' »une décision qui a renversé la politique
américaine de longue date et mis Washington en désaccord avec les alliés
européens, les nations africaines et les résolutions de l’ONU ».
« M.
Trump n’a pas agi sur le fond de la question, mais dans le cadre d’un
accord visant à inciter le Maroc à améliorer ses relations avec l’entité
sioniste », poursuit le Washington Post qualifiant cette démarche de
« récompense injuste et inutile pour un régime qui, sous le roi Mohammed
VI, est devenu de plus en plus autocratique ».
Et la nouvelle
administration américaine « a sans surprise été lente à préciser si elle
confirmera la position de Trump ou l’inversera, comme l’ont exhorté 25
sénateurs », écrit encore le journal.
Mais « avant de prendre une
décision, elle devrait discuter avec le régime marocain de son bilan en
matière des droits de l’homme – et, en particulier, de ses atteintes à
la liberté d’expression ».
Le quotidien américain rappelle dans
ce contexte qu’un certain nombre de journalistes marocains et de
militants des droits humains ont été poursuivis pour avoir critiqué le
roi ou dénoncé la corruption, et deux journalistes particulièrement
éminents sont depuis plus de trois semaines en grève de la faim qui
pourraient avoir des résultats tragiques en raison de la dégradation de
leur état de santé..
Il s’agit de Soulaiman Raissouni, rédacteur
en chef du journal Akhbar Al-Youm, et Omar Radi, journaliste
d’investigation. Ils sont tous deux emprisonnés sans procès depuis
l’année dernière.
M. Raissouni, connu pour ses critiques de la
corruption gouvernementale dans le Royaume et son plaidoyer en faveur
d’une réforme politique, a été arrêté le 22 mai 2020, tandis que M.
Radi, correspondant pour les médias internationaux, a été arrêté le 29
juillet de la même année, rappelle également le média.
M. Radi a
d’abord été inculpé d’espionnage, en raison de ses contacts avec des
diplomates occidentaux et de son travail pour un cabinet de conseil
britannique. Mais, selon une enquête menée par Human Rights Watch (HRW),
il n’y a « aucune preuve que Radi ait fait autre chose que mener son
travail journalistique habituel.
De plus, MM. Raissouni et Radi
sont tous deux accusés de crimes sexuels. Rappelant les conclusions du
Comité pour la protection des journalistes dans son rapport de mars
dernier, le quotidien relève que « les accusations de crimes sexuels
sont devenues un autre instrument des autorités marocaines pour punir
les journalistes ».
Pour rappel, des coalitions de groupes
internationaux de défense des droits humains et d’intellectuels se sont
joints à plus de 150 journalistes marocains pour demander la libération
des deux journalistes. « Ils devraient être libérés avant que le régime
n’obtienne plus de faveurs politiques de la part des Etats-Unis »,
conclut le quotidien américain.
Maâti Monjib interdit de quitter le territoire marocain
Le comité France de soutien à
Maâti MONJIB, Soulaiman Raissouni et Omar Radi réaffirme tout son soutien à
l’historien journaliste et activiste Maâti MONJIB qui vient d’entamer une grève
de la faim pour protester contre la privation de certains de ses droits
élémentaires : accéder aux soins médicaux spécialisés, voir sa famille et
participer aux colloques académiques.
Maâti Monjib a été arbitrairement
arrêté et détenu à l’isolement pendant presque trois mois dans le cadre d’une
enquête. Pendant cette détention, il a été condamné sans que ni lui ni ses
avocats n’aient été informés de l’audience alors qu’il s’était, jusque-là,
toujours présenté aux convocations de la police et de la justice. Malgré cette
condamnation inacceptable car en violation du droit à la défense, il n’a été
libéré qu’après 20jours de grève de la faim. De
nouveau libre, la pression sur lui n’a malheureusement pas cessé et il fait de
plus en plus les frais de méthodes qui tendent à l’isoler, dans son propre
pays. Ses avoirs ont été gelés et il ne peut effectuer aucune transaction
bancaire (compte bloqué) ou vente de bien. Que cherche le pouvoir
marocain ? l’affamer et l’asphyxier ?
Cette décision constitue une violation
flagrante de l’article 25 de la Déclaration universelle des droits de l'homme**
De plus, Maâti Monjib n’a pas vu sa famille résidant dans le Sud de la
France depuis plusieurs mois et il envisageait de s’y rendre, tout comme
d’honorer son rendez-vous médical fixé par son cardiologue. En effet,
chaque année, M. Monjib voit son cardiologue qui lui délivre des
ordonnances de médicaments pour sa pathologie chronique, ce qu’il n’a
pu faire cet été.
Reconnu internationalement pour ses compétences, il a répondu
favorablement à l’invitation du laboratoire de recherches CNRS UMR 7324
CITERES / Équipe EMAM rattaché à l’université de Tours qui organise un
colloque ce 14 octobre et dont les membres organisateurs comptent sur
lui pour faire une communication.
De plus, Maâti Monjib n’a pas vu sa famille résidant dans le Sud de la
France depuis plusieurs mois et il envisageait de s’y rendre, tout comme
d’honorer son rendez-vous médical fixé par son cardiologue. En effet,
chaque année, M. Monjib voit son cardiologue qui lui délivre des
ordonnances de médicaments pour sa pathologie chronique, ce qu’il n’a
pu faire cet étéCependant, en arrivant à l’aéroport, ce 13 octobre, il a
été empêché par la police aux frontières de prendre l’avion sans qu’
aucune explication ne lui soit fournie sur cette nouvelle interdiction de
quitter le territoire marocain.
Le comité France condamne vivement
ces méthodes qui visent à empêcher arbitrairement Maâti Monjib d’accéder à ses
droits élémentaires et s’apparentent àun acharnement tant policier que
judiciaire dont il est victime depuis au moins 2015.
Paris, le 13 octobre 2021
**Article 25 1. Toute personne
a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et
ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement,
les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires; elle a
droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de
vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par
suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
Pour l’égalité des chances de réinsertion des femmes sortant de prison.
Manifeste
Auteur(s) :Association l’Îlot
Le manifeste
Actualité(s)
Les femmes ne représentent que 3.8% de la
population carcérale française. La prison est donc le territoire des
hommes, où les femmes en minorité doivent s’adapter à un lieu qui, dans
la majorité des cas, n’a pas été pensé pour elles.
Femmes en prison, une inégalité des chances avérée
En
France, seules deux prisons sont réservées uniquement aux femmes mais
ces deux établissements ne peuvent accueillir l’intégralité des femmes
détenues. Aussi, nombre d’entre elles sont placées dans des « quartiers
femmes » au sein de prisons pour hommes. Ces enclaves de petite taille
(quelques places au sein de la prison) sont régies par le principe de
séparation entre les hommes et les femmes du code de proc
Ne
pouvant croiser les hommes, les femmes sont isolées et bénéficient d’un
moindre accès aux activités collectives, telles que la formation et
l’emploi. De fait,elles n’ont pas les mêmes
chances de préparer leur sortie de prison et bénéficient d’un
accompagnement plus aléatoire, ce qui constitue un handicap certain pour leur permettre de retrouver une place durable dans notre société.
Un isolement familial plus important
Moins de 30%
des établissements pénitentiaires disposent d’un quartier spécifique
aux femmes. Par conséquent, les femmes sont souvent détenues loin de
chez elles, ce qui complique le maintien des liens sociaux ou familiaux,
plongeant nombre d’entre elles dans une solitude et une souffrance
inacceptables.
En conséquence, contrairement aux hommes qui
continuent d’avoir régulièrement des visites au parloir de la part de
leur entourage, les femmes sont moins soutenues pendant leur
incarcération. Ce manque de soutien est souvent amplifié par un passé
conjugal difficile : selon l’ENVEFF*, le taux de femmes détenues ayant vécu des violences conjugales avoisinerait les 100%.
L’emprisonnement est également très souvent synonyme de privation de la parentalité, ce qui intensifie leur isolement. Or, l’importance de cette parentalité a été démontrée dans de nombreuses études** : le
maintien du lien avec les enfants est une source de motivation très
importante qui peut contribuer de façon favorable à la réinsertion des
mères incarcérées. À la sortie de détention, il est donc essentiel de permettre le rétablissement du lien avec les enfants.
« Il y a des hauts et des bas… Mais je commence à revoir ma fille une fois par mois, ce que je ne pouvais pas faire en prison. » Aurore, accueillie dans l’un des centres d’hébergement de l’Îlot.
L’épreuve difficile de la sortie
À
leur libération, bon nombre d’entre elles ont perdu leur logement et se
retrouvent à la rue. Ne pouvant compter sur leur entourage, les risques
sont grands de retourner en prison, car il existe peu de structures de
réinsertion dédiées aux femmes qui ont un passé carcéral.
L’Îlot fait partie de ces associations qui se sont engagées pour leur donner une seconde chance:
rétablir ses droits sociaux, renouer avec sa famille et ses enfants, se
former, trouver un emploi et un logement, c’est ainsi que nous
accompagnons ces ex détenues dans le long chemin de la réinsertion
qu’elles n’ont pas pu commencer à préparer pendant leur incarcération.
«
Depuis que je suis arrivée ici, je me sens mieux. En prison, ce n’était
vraiment pas évident, on n'avait pas beaucoup de soins. Ici, je suis
soutenue et puis je m’occupe, je dois bientôt commencer une formation
aux Ateliers de l’Îlot en restauration. » Francine, accueillie dans l’un des centres d’hébergement de l’Îlot.
En
signant notre appel à soutien, vous mettez en lumière l’importance de
créer des structures dédiées à la réinsertion des femmes sortant de
prison,indispensables pour qu’elles puissent renouer avec leurs enfants, se projeter dans l’avenir et éviter de récidiver.
Ensemble, construisons une société plus solidaire, où chacun a droit à une seconde chance et peut trouver sa place !
* « Les violences envers les femmes en France », enquête nationale, dite enquête ENVEFF, 2003.
**
« Incarcération des femmes et parentalité : une étude exploratoire de
la transformation du rôle parental et des aspirations de réinsertion
sociale », Myriam Labrecque, Université de Laval
« Les détenus et leurs proches : Solidarités et sentiments à l'ombre des murs », Gwénola Ricordeau, Paris, Éditions Autrement, 2008.
Sans
complaisance derrière de grands sourires, ils ont fustigé le
"colonialisme", "l'arrogance" ou le "paternalisme français": de jeunes
Africains venus de tout le continent ont bousculé le président Emmanuel
Macron lors d'un sommet Afrique-France vendredi à Montpellier (sud).
Lors
d'une séance plénière électrique et sous des salves d'applaudissements,
onze jeunes Malien, Kényan, Burkinabé, Kényan, Camerounais.... ont
bousculé les usages et interpellé le président français, hôte de cette
rencontre sans chefs d'Etat africains, une première dans l'histoire des
sommets entre la France et le continent.
Ce
format inédit privilégiant la société civile a été voulu par la
présidence française, mais pris à bras le corps par les jeunes
participants.
"La rupture a été
voulue par les Africains, il ne faut pas croire qu'elle se décide à
Montpellier", dans le sud de la France, s'est exclamée une jeune
Malienne, Adam Dicko. "L'Afrique n'est pas un continent de misère ou de
chômage, mais un continent jeune, optimiste, enthousiaste", a-t-elle
poursuivi.
Sur scène, au milieu des
participants, le président français écoutait attentivement, prenant des
notes, avant une séance de réponses.
pas de "pardon"
Le
blogueur sénégalais Cheikh Fall a demandé à la France de "demander
pardon au continent africain" pour les crimes de la colonisation. "Et
cessez de coopérer et collaborer avec ces présidents dictateurs. Et
programmez un retrait progressif et définitif de vos bases militaires en
Afrique!", a-t-il lancé à M. Macron.
Une
jeune ressortissante du Kenya, pays anglophone, a sommé le président de
s'engager à mettre "fin à la Françafrique" et ses pratiques opaques, et
pointé les contradictions de la France.
"Elle
est elle-même enlisée dans des questions de racisme, et elle vient nous
donner des leçons de démocratie ? Nous trouvons ça un peu arrogant", a
lancé Adèle Onyango.
Prenant la
parole, le président Macron a reconnu "la responsabilité immense de la
France car elle a organisé le commerce triangulaire et la colonisation",
mais s'est refusé à demander pardon, privilégiant "un travail de
vérité" et non de "honte de soi et de repentance".
Dans son discours liminaire, le président avait loué "la part d'africanité de la France".
"Nous
avons une dette envers l'Afrique", "un continent qui fascine le monde
entier, qui parfois en effraie d'autres", a-t-il ajouté, allusion aux
débats sur l'immigration qui marquent les débuts de la campagne
présidentielle française, et qui ont été pointés à plusieurs reprises
par les participants au sommet.
Le
panel de jeunes Africains qui ont interpellé le chef de l’État français a
été sélectionné à l'issue des dialogues menés pendant des mois à
travers le continent par l'intellectuel camerounais Achille Mbembe,
chargé de piloter le sommet.
Restitutions
Dès
le début de la matinée, les centaines de jeunes participants avaient
déjà exprimé leurs attentes, leurs doutes et leurs frustrations lors de
tables rondes consacrées à la démocratie, la culture, le sport ou
l'entreprenariat.
Arrivé en fin de
matinée, Emmanuel Macron a déambulé dans les stands et annoncé que la
France redonnerait fin octobre au Bénin 26 œuvres d'art provenant du
"Trésor de Béhanzin", pillé au palais d'Abomey en 1892 pendant les
guerres coloniales.
Il met ainsi en
oeuvre un engagement pris en novembre 2018, dans le cadre de cette
"nouvelle relation" que la France entend nouer avec le continent et dont
les restitutions constituent un des points saillants.
À
l'issue du sommet, le président français, probable candidat à sa
réélection dans sept mois, pourrait faire d'autres annonces, s'appuyant
sur les propositions d'Achille Mbembe. Parmi elles, la création d'un
Fonds destiné à soutenir les initiatives de promotion de la démocratie,
des programmes permettant une plus grande mobilité étudiante, ou la mise
en place d'un "forum euro-africain sur les migrations".
Le
tout dans un contexte particulièrement délicat. L'influence de la
France dans son ancien pré-carré est de plus en plus disputée,
particulièrement par la Russie. Et Paris est en crise ouverte avec deux
de ses anciennes colonies, le Mali et l'Algérie.
Le
juge de l’Audience nationale, plus haute juridiction en Espagne,
Santiago Pedraz, a de nouveau classé la plainte pour génocide déposée
contre le chef du Polisario Brahim Ghali.
Le
non-lieu a été prononcé ce lundi 4 octobre par le juge espagnol étant
donné que les faits seraient prescrits, rapporte le quotidien La Vanguardia, notant que ça sera désormais à la Chambre criminelle de l’Audience nationale de prendre le relai.
La
plainte pour génocide a été déposée par l’Association sahraouie pour la
défense des droits de l’homme (ASADEDH) contre le leader du Front
Polisario Brahim Ghali pour des délits de génocide en relation avec des
faits présumés commis contre des citoyens marocains entre 1975 et 1990.
Le
29 juillet dernier le juge de l’Audience nationale avait pris une
décision similaire, soulignant que « les faits sont prescrits, la
commission du délit de génocide n’est pas établie, et les témoignages
des témoins contredisent les affirmations contenues dans la plainte ».
Pour
rappel, le chef séparatiste a comparu le 1er juin par visioconférence
devant le juge l’Audience nationale. Le jour même Brahim Ghali avait
quitté l’Espagne, où il a été accueilli en catimini et sous une fausse
identité pour y être soigné du Covid.
Une enquête a été ouverte
sur son entrée illégale en Espagne. L’ex-ministre des Affaires
étrangères, Arancha Gonzalez Laya, sera d’ailleurs entendue dans le
cadre de cette enquête, ce lundi 4 octobre.
Association des Amis de la République Arabe Sahraouie Démocratique
356 rue de Vaugirard - 75015 PARIS
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Tél. 06.70.31.24.97
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COMMUNIQU É DE PRESSE
La Cour de justice européenne confirme les droits et reconnaît la personnalité morale du Front Polisario ! Le respect du droit peut-il être compatible avec le business ?
C’est vraiment un moment historique pour le peuple sahraoui, les juges du Tribunal de la Cour de justice européenne viennent de confirmer ses droits et reconnaître la personnalité morale du Front Polisario en mesure d’ester en justice au sein de l’Union européenne et habilité à représenter le peuple sahraoui au plan international.
L’Association des Amis de la RASD se réjouit vivement de cet arrêt du tribunal prononcé le 29 septembre 2021 qui confirme les arrêts rendus par la Cour de Justice en 2016 et 2018. Tous nos adhérents et nos militants saluent cette avancée et félicitent le peuple sahraoui et le Front Polisario d’avoir mené ce combat juridique avec détermination et intelligence politique.
C’est pour nous tous une réelle fierté de soutenir un peuple qui mène un combat sur la longue durée sans jamais dévier de ses principes et en utilisant le droit international comme principal levier. De cette manière le peuple sahraoui et le Front Polisario ont engagé depuis 46 ans un combat pour leur autodétermination et indépendance tout en contribuant de manière significative à l’exaltation et à la nécessité de l’application du droit, bien commun de notre Communauté internationale.
C’est ce que les juges européens ont bien compris en reprenant pour rendre leurs arrêts tout le parcours juridique suivi par l’Assemblée générale de l’ONU, la Cour de Justice qui tous redisent le droit à l’autodétermination et à l’indépendance d’un peuple non- autonome.
Les deux accords d’association que le Maroc avait signé en 2019 avec l’Union européenne en y introduisant le Sahara occidental viennent donc d’être annulés et déclarés contraires à la règle de consentement nécessitant la consultation du peuple sahraoui, en effet aucun accord économique ou commercial ne peut être conclu sans le consentement du peuple sahraoui souverain chez lui.
Depuis de nombreuses années au nom de son développement économique et commercial, l’Union européenne est pressée d’établir de fructueuses relations avec le Maroc sans être regardante sur le respect du droit. Situation appréciée par le Maroc qui ne manque jamais de tenter de faire reconnaître sa souveraineté sur le Sahara occidental. Mais depuis ce 29 septembre 2021, les mauvaises manières dissimulées sous de grandes déclarations ne seront plus possibles. Il faudra bien que les deux partenaires, l’Union européenne et le Maroc en prennent acte et poursuivent leurs relations commerciales en respectant le droit, celui de la décolonisation et celui de l’UE. C’est une prudence indispensable pour les États membres et pour leurs entreprises qui pourront dès que la RASD sera indépendante commercer aussi avec elle. Dans ce proche avenir le respect du droit sera compatible avec le business !!
Paris, le 4 octobre 2021.
Association Loi 1901 déclarée à la Préfecture de Paris le 26 mars 1976