Barbara Weingartner
Déplacés de chez eux
Avec rien d'autre que les robes sur le corps : les familles sahraouies fuient les bombardements marocains à travers le Sahara occidental vers l'Algérie pendant l'hiver 1975/76.Photo: ALGÉRIE PRESSE SERVICE

2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

Avec rien d'autre que les robes sur le corps : les familles sahraouies fuient les bombardements marocains à travers le Sahara occidental vers l'Algérie pendant l'hiver 1975/76.Photo: ALGÉRIE PRESSE SERVICE

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Le tribunal de Paris examinera le 6 décembre la recevabilité des poursuites engagées par l’État marocain contre des ONG et médias français ayant révélé ou dénoncé l’affaire.
Lors d’une audience de procédure devant la 17e chambre correctionnelle mardi, le parquet a fait savoir qu’il requerra l’irrecevabilité des citations directes, en se fondant sur une jurisprudence récente de la Cour de cassation.
Saisie déjà par le Maroc après plusieurs rejets de ses plaintes, la Cour a jugé en 2019 qu’un État ne pouvait pas engager de poursuites en diffamation publique, faute d’être un « particulier » au sens de la loi sur la liberté de la presse.
« Le royaume du Maroc ne refuse pas et ne redoute pas une audience sur l’irrecevabilité », a réagi auprès de l’AFP Me Olivier Baratelli, avocat du royaume du Maroc, déplorant un « artifice de procédure, créé de toutes pièces par les prévenus pour tenter d’esquiver le débat de fond. »
Le Maroc est « parfaitement recevable », a-t-il insisté, soulignant « toute la détermination du Maroc à poursuivre en diffamation, tous ceux qui ont pu prétendre que le Maroc avait utilisé le logiciel Pegasus. C’est rigoureusement faux ».
Nations Unies S/RES/2602 (2021)
Distr. du Conseil de sécurité Général
29 octobre 2021
Résolution 2602 (2021)
Adoptée par le Conseil de sécurité à sa 8890e séance, le 29 octobre 2021
Le Conseil de sécurité,
Rappelant et réaffirmant toutes ses résolutions antérieures sur le Sahara occidental,
Réaffirmant son ferme soutien aux efforts déployés par le Secrétaire général et son Envoyé personnel pour mettre en œuvre les résolutions 1754 (2007), 1783 (2007), 1813 (2008), 1871 (2009), 1920 (2010), 1979 (2011), 2044 (2012), 2099 (2013), 2152 (2014), 2218 (2015), 2285 (2016), 2351 (2017), 2414 (2018), 2440 (2018), 2468 (2019), 2494 (2019) et 2548 (2020),
Rendant hommage à Horst Köhler, ancien Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental, et saluant les efforts qu’il a déployés pour organiser le processus des tables rondes, qui a créé une dynamique dans le processus politique,
Se félicitant de la nomination de Staffan de Mistura en tant qu’Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental et l’exhortation à la paix,
Se félicitant de la nomination de Staffan de Mistura comme Envoyé personnel du Secrétaire général pour le Sahara occidental et demandant instamment la reprise constructive du processus politique, en s’appuyant sur les progrès réalisés par l’ancien Envoyé personnel,
Se félicitant de la dynamique créée par la première table ronde des 5 et 6 décembre 2018 et la deuxième table ronde des 21 et 22 mars 2019, et de l’engagement du Maroc, du Front POLISARIO, de l’Algérie et de la Mauritanie dans le processus politique de l’ONU sur le Sahara occidental de manière sérieuse et respectueuse afin d’identifier les éléments de convergence,
Encourageant la reprise des consultations entre l’Envoyé personnel et le Maroc, le Front POLISARIO, l’Algérie et la Mauritanie à cet égard afin de tirer parti des progrès accomplis,
Réaffirmant son engagement à aider les parties à parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable, fondée sur le compromis, qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental dans le cadre d’arrangements conformes aux buts et principes de la Charte des Nations Unies, et notant le rôle et les responsabilités des parties à cet égard,
Réitérant son appel au Maroc, au Front POLISARIO, à l’Algérie et à la Mauritanie pour qu’ils coopèrent plus pleinement les uns avec les autres, y compris en établissant une confiance supplémentaire, et avec les Nations Unies, ainsi que pour qu’ils renforcent leur participation au processus politique et réalisent des progrès vers une solution politique,
Reconnaissant que l’obtention d’une solution politique à ce différend de longue date et le renforcement de la coopération entre les États membres de l’Union du Maghreb arabe contribueraient à la stabilité et à la sécurité, ce qui conduirait à son tour à des emplois, à la croissance et à des opportunités pour tous les peuples de la région du Sahel,
Le glyphosate sera-t-il enfin interdit dans l’Union européenne après 2022 ? La substance active déclarée du célèbre Roundup de Monsanto-Bayer a été réautorisée pour 5 ans fin 2017, après de nombreux scandales : Monsanto papers, procès outre-Atlantique, fichage illégal… Les débats sont déjà lancés pour prolonger cette autorisation et la bataille est loin d’être gagnée.
Dangereux pour l’environnement et la santé humaine, il est plus qu’urgent d’en finir avec le glyphosate en France et en Europe et d’amorcer une vraie transition agricole et alimentaire. On sait notamment depuis 2015 que cette substance est classée « cancérogène probable » pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l’Organisation mondiale de la santé et récemment, en France, une étude de l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) est venue renforcer l’analyse des risques liés au glyphosate.
Emmanuel Macron s’était engagé à sortir du glyphosate en France « au plus tard » début 2021. Il n’a pas tenu cette promesse, mais la France, qui va endosser la présidence tournante de l’UE en janvier 2022, peut et doit jouer un rôle moteur et sans ambiguïté pour faire interdire le glyphosate en Europe.
Exigeons ensemble que la France s’oppose publiquement au renouvellement de l’autorisation de ce pesticide toxique en Europe.
➤ Signez la pétition et faites-la circuler, nous avons besoin de vous !
Cette pétition a été lancée avec : Foodwatch France, Générations Futures, Greenpeace France, Agir pour l'Environnement, Ligue contre le cancer, WECF, France Nature Environnement, FNE Auvergne-Rhône- Alpes, Amis de la Terre, ATTAC France, BLOOM, Combat Monsanto, Justice Pesticides, Confédération paysanne, CCFD-Terre-Solidaire, Réseau Action Climat, Union Nationale de l'Apiculture Française, Syndicat national d'apiculture, Terre d'abeilles, Terre & Humanisme, Cantine sans plastique France, Réseau Environnement Santé, FNAB, Mouvement de l'Agriculture Bio-Dynamique, SOL, Institut Veblen, Commerce équitable France, UFC Que Choisir, Ligue des droits de l’Homme, Ingénieurs sans frontières agriSTA, ActionAid France, Secrets Toxiques, WWF, SumOfUs, WeMove Europe, Campagne Glyphosate, Alerte des Medecins sur les Pesticides, RESOLIS, Notre Affaire à Tous
Plus d’informations
Pisciculture dans les camps de réfugiés sahraouisPhoto : Le biologiste Teslem Sidi Ali observe un bassin de cichlidés reproduits dans le désert.
Attraper du poisson dans le désert. Le vétérinaire saharien Shabahi Mayu, qui travaillait dans une usine du pays basque et comme oléiculteur à Jaén, se souvient des regards incrédules lorsqu'il a déclaré qu'il retournait dans des camps de réfugiés à Tindouf, en Algérie, pour créer une pisciculture au milieu du Sahara. Deux ans et demi plus tard, l'émerveillement du poisson fonctionne toujours. Chaque semaine, depuis un mois ils livrent du poisson du désert aux hôpitaux des camps . La première production est petite, 1,3 tonne de tilapia, mais en février on espère pouvoir livrer quatre tonnes et demi.
· ·Cela semblait être une entreprise impossible, mais rien de plus impossible que le mouvement indépendantiste sahraoui qui survit à 45 ans d'exil dans ce paysage rude avec un équilibre défavorable entre les forces militaires et diplomatiques. Ce n'est pas la seule métaphore des eaux nuageuses où les cichlidés nagent. La pisciculture reflète le grand dilemme des réfugiés : continuer à vivre dans la misère, à la merci de la charité, ou construire, créer un avenir, malgré le risque qu'ils prennent dans cette terre empruntée, en continuant à rêver de revenir dans leur propre pays.
L'ajout de la surveillance des droits de l'homme dans le mandat de la MINURSO «serait impossible à mettre en oeuvre car le Maroc trouverait le moyen de le bloquer sur le terrain, comme il l'a fait en 2000 avec la préparation d'un référendum d'autodétermination par la MINURSO», a écrit M. Ross sur son compte Facebook.
Le Maroc est responsable du blocage des efforts visant à inclure la
surveillance des droits de l'homme dans le mandat de la Mission des
Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO), affirme
l'ancien envoyé personnel du secrétaire général de l'ONU pour le Sahara
occidental, Christopher Ross, appelant le Conseil de sécurité onusien à
prendre «des mesures correctives» pour débloquer le processus de paix.
L'ajout de la surveillance des droits de l'homme dans le mandat de la
MINURSO «serait impossible à mettre en oeuvre car le Maroc trouverait le
moyen de le bloquer sur le terrain, comme il l'a fait en 2000 avec la
préparation d'un référendum d'autodétermination par la MINURSO», a écrit
M. Ross sur son compte Facebook. L'ancien envoyé spécial du SG de l'ONU
pour le Sahara occidental (de 2009 à 2017), répondait ainsi à une
lettre adressée par dix sénateurs, démocrates et républicains, au
secrétaire d'Etat américain Antony Blinken pour demander instamment que
la surveillance des droits de l'homme soit ajoutée au mandat de la
MINURSO. La lettre publiée par PassBlue, un site de journalisme en
ligne, a cité, selon M. Ross, un ancien chef de la MINURSO selon lequel
prendre cette mesure (inclusion des droits de l'Homme) ne ferait
qu'ajouter «un autre élément non applicable» à son travail. Dans sa
réponse, Christopher Ross explique pourquoi le Maroc «bloquerait» un
mandat des droits de l'Homme. Selon lui, «un tel mandat donnerait aux
résidents sahraouis un moyen transparent d'informer le monde extérieur
de leurs points de vue, alors que le Maroc a fait tout son possible pour
empêcher que sa revendication sur le territoire ne soit affaiblie». Il
dira également dans ce sens que le Maroc refuserait aussi d'organiser un
référendum, «de crainte que le résultat soit l'indépendance».
Pour
Christopher Ross, la question des droits de l'homme «est devenue un
front de bataille de substitution», en l'absence de progrès substantiels
sur l'avenir du Sahara occidental. Il rappelle dans ce contexte que
«les rapports du secrétaire général de l'ONU au Conseil de sécurité ont
toujours appelé à une surveillance indépendante soutenue des droits de
l'homme» et que «le Front Polisario était prêt à accepter une telle
surveillance, mais, par directive royale, le Maroc ne l'a pas fait». Et
d'ajouter que «cet aspect et d'autres de la position du Maroc font fi
non seulement des recommandations de deux secrétaires généraux
successifs de l'ONU sur la surveillance des droits de l'homme, mais
aussi des appels répétés du Conseil de sécurité à des négociations sans
conditions préalables». Il souligne également que «Rabat a
court-circuité ces négociations en tentant d'imposer en vain sa
proposition d'autonomie comme seul point à l'ordre du jour», mais
«l'attachement de la France à la stabilité marocaine l'oblige à empêcher
tout effort sérieux de mise en cause du Maroc pour son non-respect des
orientations du Conseil de sécurité». Et face au blocage du processus de
règlement du conflit au Sahara occidental, l'ancien envoyé spécial du
SG de l'ONU appelle le Conseil de sécurité à prendre «des mesures
correctives», probablement en élargissant le mandat du nouvel envoyé
personnel (Staffan de Mistura) «au-delà de la simple convocation de
réunions et de navettes à la recherche de flexibilité», pour, dit-il,
éviter «la même situation de blocage» dans laquelle étaient confrontés
ses trois prédécesseurs.
[FLASH LETTER - ACCUEIL A L'EGLISE SAINTE CATHERINE]Ce lundi, notre journal, cible du logiciel espion Pegasus, organise une soirée de soutien au droit d’informer. Pour la première fois de son histoire, la rédaction est visée par une plainte d’un État tiers. Les journalistes cibles d’une plainte du Maroc et les titres qui les emploient contre-attaquent. Mais le soutien de leurs pairs et, surtout, de l’État français tarde à venir.
Comment mettre fin à une brouille diplomatique ? La France dispose d’une série d’outils pour resserrer des liens distendus. S’agissant du Maroc, après le dépôt d’une plainte pour torture qui avait abouti à la convocation d’Abdellatif Hammouchi, le puissant patron de la Direction générale de la sûreté nationale et de la Direction générale de la surveillance du territoire, la réconciliation s’est faite par l’entremise d’une fidèle amie du royaume, la socialiste Élisabeth Guigou. Présidente de la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale, elle fait adopter, en 2015, un protocole d’entraide judiciaire franco-marocain qui oblige Paris, malgré son adhésion à la Cour pénale internationale, à abandonner sa compétence universelle.
Il lui est, depuis, impossible de juger des crimes commis hors de ses frontières en matière de torture si les actes ont eu lieu au Maroc. Ce fut ensuite au tour du président Hollande d’agiter un « hochet » de style Ancien Régime en élevant Abdellatif Hammouchi au grade d’officier de la Légion d’honneur. Dans un réflexe tout napoléonien, l’ex-chef de l’État semblait répondre aux associations de défense des droits et des libertés qui contestent cette nomination : « C’est avec des hochets que l’on mène les hommes. »
Soirée exceptionnelle : la liberté d’informer face à Pegasus
À la suite du scandale d’espionnage Pegasus, le Maroc, qui a surveillé l’Humanité au moyen du logiciel israélien, a osé porter plainte contre le journal. L’Humanité ne
cédera jamais aux pressions et aux intimidations. À la veille de
l’audience, nous le ferons savoir au cours d’une soirée en présence de
nombreuses personnalités.
Lire aussi : « Nous ne céderons pas », l’éditorial de Fabien Gay, directeur de l’Humanité
Rendez-vous lundi 25 octobre, à 18 h 15.
Annexe Varlin de la bourse du travail, salle Henaff, 29, boulevard du Temple, 75003 Paris (métro république).
La flagornerie pèche toutefois par inefficacité, puisque le Maroc est soupçonné, depuis la révélation de l’affaire Pegasus cet été, d’avoir massivement espionné jusqu’aux plus hauts représentants de l’appareil d’État, dont le président de la République, Emmanuel Macron. La liste publiée par Forbidden Stories, Amnesty International et un consortium de 17 médias internationaux sur le système d’espionnage mondial développé par la société israélienne NSO a démontré que l’Humanité était également placée sous étroite surveillance pour son travail.
Le numéro de notre grand reporter Rosa Moussaoui figure ainsi parmi les 50 000 potentiellement happés par le logiciel espion depuis août 2019. En cause, nos reportages lors du mouvement populaire du Rif en 2016, nos enquêtes sur les journalistes indépendants persécutés par le pouvoir marocain Omar Radi et Soulaiman Raïssouni, et notre couverture, en 2016, de la mascarade de procès organisée pour entériner les lourdes condamnations des prisonniers politiques sahraouis après le violent démantèlement du camp de protestation de Gdeim Izik, six ans plus tôt. Notre journal a immédiatement porté plainte avec constitution de partie civile avec, à ses côtés, le Syndicat national des journalistes-CGT, pour que toute la lumière soit faite sur ces atteintes mettant en danger nos sources et les voix libres qui, sur place, nous informent.
Depuis le début de l’affaire, l’État marocain nie avoir eu recours au logiciel espion ; il a ainsi multiplié les procédures contre les organes de presse qui osaient évoquer ses pratiques de surveillance et répression. L’Humanité est ainsi convoquée au tribunal, mardi, à la suite de l’une de ces citations, pour diffamation. « C’est un contrecoup médiatique à usage des Marocains et une tentative de procédure-bâillon », estime l’avocat Joseph Breham, qui défend notre journal dans ces deux dossiers et dont le téléphone a lui aussi été ciblé par le logiciel espion pour avoir traité de nombreuses affaires relatives aux droits de l’homme, au système tortionnaire marocain et aux prisonniers politiques sahraouis.
La
plainte a clairement des fins de propagande intérieure afin de prouver
que le Maroc est une puissance émergente qui n’hésite pas à croiser le
fer avec les grandes puissances. » Hicham Mansouri
Même réaction du côté d’Hicham Mansouri, fondateur de l’Association marocaine pour le journalisme d’investigation, dont le smartphone a également été infecté à une vingtaine de reprises : « La plainte a clairement des fins de propagande intérieure afin de prouver que le Maroc est une puissance émergente qui n’hésite pas à croiser le fer avec les grandes puissances. Localement, l’espionnage du président Macron est perçu comme un exploit qui entretient le mythe des renseignements marocains. » Seulement, note Joseph Breham, la procédure intentée par Rabat pose problème à plusieurs titres : « Le cadre posé est celui d’une plainte pour diffamation, or est-ce qu’un État est un particulier ? Si ce n’est pas le cas, il n’a pas le droit de déposer plainte sauf s’il est un corps constitué de l’État, ce que le Maroc ne revendique pas dans son dépôt de plainte. »
DÉCRYPTAGE Pegasus, le virus qui avale tout sur les smartphones qu’il cible
Le trou de souris juridique par lequel tente de se faufiler Rabat est également une tentative d’atteindre notre journal financièrement. L’avocat Olivier Baratelli, qui représente le Maroc, a également porté les affaires opposant le groupe Bolloré à de nombreux médias. Des procédures en diffamation qui se sont parfois retournées contre leurs instigateurs, avec des condamnations en appel pour « procédure abusive ».
Résister à ces pressions : c’est le sens de la soirée de soutien à l’Humanité et à l’ensemble de la presse libre et des reporters menacés que le journal fondé par Jean Jaurès organise ce soir à la bourse du travail de Paris. « Le Maroc attaque systématiquement ceux qui le gênent afin de les empêcher de revenir sur le territoire. Plus aucun journaliste français ne s’y rend à quelques exceptions. La presse étrangère y est complètement muselée », confirme Claude Mangin-Asfari, épouse du prisonnier politique sahraoui Naâma Asfari, condamné à trente ans de prison, et elle-même visée par le logiciel Pegasus. « Toutes les personnes ciblées sont considérées comme des traîtres, car elles ont travaillé sur la question sahraouie. Une question de dignité nationale qui peut conduire en prison », relève encore la militante, qui se bat pour son droit de visite en prison et a déposé un recours administratif en 2019 après sa cinquième expulsion du territoire. Selon l’enseignante, les procédures judiciaires du Maroc « sont une manière de jeter le doute sur la probité des personnes concernées ».
AFFAIRE OMAR RADI Révélations sur les méthodes de la monarchie marocaine pour bâillonner la presse
La méthode est similaire aux entreprises de déstabilisation des journalistes d’investigation marocains poursuivis dans des affaires de mœurs. « Le pouvoir est lui-même un grand spécialiste de la diffamation », s’amuse le journaliste Hicham Mansouri, qui ne compte plus le nombre d’attaques personnelles parties du média électronique marocain Barlamane.com, fondé par Mohamed Khabbachi, ancien agent de communication au ministère de l’Intérieur et beau-frère de Yassine Mansouri, patron de la Direction générale des études et de la documentation, soit le service de renseignement extérieur et de contre- espionnage.
Le
Maroc renoue avec ses méthodes des décennies 1980 et 1990 car il
redoute l’agrégation de soutiens à l’opposition marocaine en France. Bachir Moutik
Cette stratégie d’omerta se déploie dans un contexte de détérioration de la situation au Sahara occidental, avec la reprise des hostilités entre le Maroc et les indépendantistes du Front Polisario. Selon Bachir Moutik, représentant en France de l’Association des familles des prisonniers et disparus sahraouis, également sujette à des intimidations, « le Maroc renoue avec ses méthodes des décennies 1980 et 1990 car il redoute l’agrégation de soutiens à l’opposition marocaine en France ». Le militant ne compte plus les brutales interventions de nervis du régime dans les manifestations parisiennes, jusque dans l’enceinte de l’Assemblée nationale où se déroulaient des conférences sur la question.
Reste les intérêts enchevêtrés entre Rabat et Paris, où naviguent représentants politiques, membres de l’élite économique et patrons de presse, croisant intérêts stratégiques et séjours privés. « Je fais parfois la comparaison avec la Tunisie. Si, demain, le Maroc était amené à connaître un soulèvement, verrait-on des ministres français soutenir le mouvement démocratique ou appuyer coûte que coûte le pouvoir comme ce fut le cas avec Ben Ali ? » interroge Bachir Moutik. D’abord concentré sur la scène intérieure, le champ de la répression s’élargit donc à la presse étrangère. Abdellatif Hammouchi épouse ainsi la vision de son ami Mike Pompeo, ancien patron de la CIA et ex-secrétaire d’État de Donald Trump, qui défendit l’espionnage entre alliés, l’usage de la torture et le recours aux nouvelles technologies à des fins de surveillance. Abdellatif Hammouchi, un ami qui vous veut du bien.
C’est une vaste « opération d’intimidation » que dénonce la quasi-totalité de la presse française. Celle qui n’a pas baissé la tête et a continué d’enquêter sur le Maroc et ses méthodes bien éloignées de l’image démocratique que le pays aimerait donner. Forbidden Stories, le réseau de journalistes qui reprend des enquêtes abandonnées par des journalistes menacés, emprisonnés ou assassinés, a été le premier ciblé par le royaume pour ses révélations sur le « projet Pegasus ». En France, le Monde, Radio France, Mediapart et l’Humanité ont fait dans la foulée l’objet d’une plainte en diffamation, inédite de la part d’un État.
L’objectif premier du Maroc n’est pas atteint : la profession n’a non seulement pas arrêté d’enquêter, mais elle a contre-attaqué, par le biais d’une plainte collective lancée par Reporters sans frontières et les 17 journalistes français espionnés par le logiciel Pegasus. D’autres ont suivi : Mediapart et le Canard enchaîné, dont la journaliste Dominique Simonnot (depuis devenue contrôleuse générale des prisons) a été ciblée, puis l’Humanité. Le SNJ-CGT et le SNJ se sont d’ailleurs portés parties civiles.
À
travers nous, on cherche à intimider, à faire taire des sources, et nos
confrères et consœurs journalistes au Maroc qui essaient dans des
conditions très difficiles de faire leur travail ». Lénaïg Bredoux, Médiapart
Dans un message adressé aux participants de la soirée de soutien à l’Humanité, Lénaïg Bredoux, responsable éditoriale à Mediapart, avance que « ce n’est pas un hasard si c’est le travail de (Rosa Moussaoui) qui lui a valu d’être ciblée par Pegasus ». Visée elle aussi, comme Edwy Plenel, elle estime qu’ « à travers nous, on cherche à intimider, à faire taire des sources, et nos confrères et consœurs journalistes au Maroc qui essaient dans des conditions très difficiles de faire leur travail ». Une « volonté d’intimidation » soulignée par tous les journalistes qui ont écrit sur le Maroc, qui vise à la fois à museler la presse et à rassurer la classe dirigeante : le pays est « tenu ». Madjid Zerrouky, journaliste au Monde et membre du collectif Forbidden Stories, va plus loin : en attaquant les journalistes, ce sont non seulement eux et leurs sources que le royaume veut faire taire, mais aussi « les opposants lambda », en France et au Maroc, « ceux qui n’ont pas les moyens de se défendre ».
Mais, si les journalistes et les rédactions ciblés font front, le compte n’y est pas. Dans cette affaire, c’est toute la presse qui est mise en cause. Et, au-delà, la démocratie. Or, les médias non attaqués par l’État marocain ne sortent pas de leur réserve. Quant à la République, alors même que plusieurs membres du gouvernement ont été soumis au même traitement d’espionnage, pas de condamnation officielle.
| 18:14 (il y a 4 heures) |
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Voilà 20 ans qu’Israël s’acharne contre Salah Hamouri, citoyen
franco-palestinien, avocat, défenseurs des droits humains.
Ce lundi 18 octobre, il s’est vu notifier la révocation de
son statut de résident de Jérusalem. Il ne lui reste qu’une
toute dernière possibilité d’appel sous 30 jours.
>> Lire le communiqué de l’AFPS et du Comité de soutien à
Salah Hamouri
>>
Voir le communiqué du Comité de soutien à Salah Hamouri
C’est maintenant en vertu d’une loi inique qu’Israël projette
d’expulser Salah Hamouri. Les Palestiniens de Jérusalem sont
soumis par Israël au statut précaire de résident et Israël entend
leur imposer un devoir d’allégeance. C’est pour défaut
d’allégeance qu’Israël a décidé de révoquer le statut de résident
de Salah Hamouri, premier pas vers son expulsion de sa terre
natale.
Comment la France peut-elle accepter que l’un de ses
ressortissants soit ainsi soumis à de tels actes inhumains, à
des violations constantes de ses droits élémentaires ?
Elle sait parfaitement se faire entendre quand elle en a la
volonté, on l’a vu à de nombreuses reprises. Il est temps de le
faire avec Israël.
Le Président de la République doit s’exprimer publiquement sur le
cas de Salah Hamouri et affirmer qu’il ne laissera pas ainsi les
droits élémentaires d’un citoyen français bafoués. Il est de sa
responsabilité de protéger tous les citoyens français où qu’ils se
trouvent.
Le président de la République doit mettre en œuvre tous les moyens
dont il dispose pour que ce harcèlement de 20 ans cesse.
Salah doit pouvoir vivre à Jérusalem avec sa femme et ses
enfants, c’est son droit le plus élémentaire. Le Comité de
soutien à Salah Hamouri, l’Association France Palestine
Solidarité et la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine
appellent toutes celles et tous ceux qui sont épris de justice à
interpeller le président de la République.
Appel à action
Envoyez le message ci-dessous au Président de la République
en remplissant le formulaire en ligne sur http://www.elysee.fr/ecrire-
Monsieur le président de la République,
Voilà 20 ans qu’Israël s’acharne contre Salah Hamouri, citoyen franco-palestinien, avocat, défenseurs des droits humains. Ce lundi 18 octobre, il s’est vu notifier la révocation de son statut de résident de Jérusalem. Cette révocation est la dernière marche avant son expulsion de sa terre natale.
Il ne lui reste qu’une toute dernière possibilité d’appel sous 30 jours.
C’est pour « défaut d’allégeance » qu’Israël a décidé de révoquer le statut de résident de Jérusalem de Salah Hamouri, en vertu d’une loi inique qui contrevient en tous points au droit international : NON, une personne vivant sous occupation ne doit pas allégeance à l’occupant ; OUI, elle a le droit de vivre sur sa terre natale et de résister à l’occupation.
Salah Hamouri doit pouvoir vivre à Jérusalem avec sa femme et ses enfants, c’est son droit le plus élémentaire.
Nous vous demandons de vous exprimer publiquement sur le cas de Salah Hamouri et de recevoir sa femme officiellement à l’Élysée pour marquer le soutien que vous leur apportez et votre réprobation à Israël.
Nous vous demandons de vous engager et de faire tout ce qui en votre pouvoir pour que soient respectés les droits élémentaires de Salah Hamouri et de sa famille à qui vous devez assistance et protection.
« Suivre l’affaire de près » - comme dit le faire votre Ministre de l’Europe et des affaires étrangères - ne suffit pas, il faut des actes !
Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de ma haute considération.

Solidarité Maroc
Réseau de solidarité avec les peuples du Maroc, du Sahara occidental et d'ailleurs(RSPMSOA)
solidmarxxi[at]gmail.com
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