2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

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mardi 12 août 2025

À Tiznit, dans le sud du Maroc, la hausse des refoulements de migrants inquiète les associations

 Romain Philips Rana AldiabInfoMigrants, 7/8/2025                                                                                                       Un camp de migrants à Tiznit au sud du Maroc. Crédit : DR
Un camp de migrants à Tiznit au sud du Maroc. Crédit : DR

Ces derniers mois, les associations humanitaires de Tiznit, dans le sud du Maroc, observent une hausse des expulsions et s’inquiètent de la situation dans cette ville dépourvue de structures d’accueil.

C’est un ballet régulier et de plus en plus intense que décrit Roméo Nyamsi, de l’antenne de Tiznit d’Alarme Phone Sahara. Il arpente quotidiennement les rues de Tiznit, ville de 90 000 habitants dans le sud du Maroc, et constate depuis ces six derniers mois "des expulsions de plus en plus fréquentes". "Les bus arrivent tous les 2-3 jours et laissent environ 50 à 70 migrants", raconte-t-il à InfoMigrants.

Déposés à chaque fois dans des endroits différents de la ville située à une centaine de kilomètres d'Agadir et quelque 700 km de Rabat, à l’abri des regards, ces migrants - principalement des Soudanais, Guinéens, Camerounais et Ivoiriens - sont refoulés après avoir été arrêtés dans le nord du pays.

"La plupart vivent de la mendicité"

Une fois envoyés à Tiznit, les migrants "font comme ils peuvent". "Ils se débrouillent. La plupart vivent de la mendicité", ajoute-t-il, regrettant l’absence de centre d’accueil "pour les accueillir, les intégrer ou les aider".

Auparavant, un camp existait dans la ville, mais, en mars dernier, un incendie - tuant deux personnes - a ravagé ce lieu de vie. Depuis, "on essaie de trouver un autre endroit pour que les gens puissent au moins se reposer mais on n’a pas trouvé. C’est compliqué d’obtenir cela", raconte le référent d’Alarme Phone Sahara.

"Ils mendient en groupes dispersés près des feux de circulation. Certains dorment en plein air sur l’un des ronds-points de Tiznit", confirme El Madani Dahbi, responsable de la section locale de l'Association marocaine des droits humains (AMDH) à InfoMigrants.

La population migrante de la ville, qui peine à se procurer eau et nourriture en quantité suffisante, vit donc "grâce à la solidarité des habitants". Tiznit "représente un cas emblématique de ville moyenne où les acteurs locaux se voient déléguer de facto la gestion de l’accueil des migrants dispersés depuis 2015 par l’État marocain", rapportait déjà un rapport de l’institut Convergences migrations en 2021.

"L’arrêt de toute forme d’expulsions arbitraires"

La situation actuelle de Tiznit commence en tout cas à inquiéter les associations de défense des droits humains. Début août, l’Association marocaine des droits de l’Homme a indiqué dans un communiqué suivre "avec une grande inquiétude" les expulsions de migrants d'Afrique subsaharienne "en l'absence des conditions minimales d'hébergement et de prises en charge sanitaire et psychologique".

Elle regrette des expulsions "sans aucune considération pour les droits de l'homme ni planification pour préserver la dignité des déportés et garantir le respect des droits fondamentaux", sans toutefois pouvoir les chiffrer. "C’est difficile de savoir les chiffres exacts des expulsions qui se sont intensifiées ces derniers mois car les migrants sont déposés très tôt le matin, secrètement, et très peu de personnes restent", ajoute El Madani Dahbi.

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Certains deviennent marchands ambulants, arrivent à se faire employer au marché, comme assistants d’artisans ou dans des fermes, rapportent les humanitaires interrogés, "mais une fois l'argent récolté, ils repartent pour le nord du Maroc, espérant traverser la mer pour rejoindre l'Europe". Depuis les côtes du nord, ils tentent d'atteindre le sud de l'Espagne, tandis qu'à l'ouest les exilés essayent de rallier l'archipel des Canaries.

Mais ces routes sont de plus en plus contrôlées par les autorités marocaines. Depuis le réchauffement des relations diplomatiques entre Rabat et Madrid en 2022, le Maroc a fait de la lutte contre l'immigration irrégulière une de ses priorités. Selon le ministère de l'Intérieur marocain, près de 80 000 migrants ont été empêchés de rejoindre l'Union européenne depuis le Maroc au cours de l'année 2024. En 2023, ce sont 87 000 migrants qui ont été interpellés sur la route vers l’Europe et encore 70 000 l’année précédente. Et la majorité de ces personnes sont originaires d’Afrique subsaharienne.

L’AMDH réclame donc "l’arrêt de toute forme d’expulsions arbitraires" et la mise en place d’un "plan humanitaire global" car le Maroc reste un pays de transit pour des milliers de migrants désireux de rejoindre l'Union européenne (UE). 

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