Solidarité Maroc, 5/1/2025
Maîtrise renforcée du français, examen civique obligatoire, niveaux linguistiques relevés: depuis le 1er janvier, la France renforce son arsenal bureaucratique pour trier les étrangers « méritants ». Présentées comme des outils d’intégration, ces mesures actent surtout une politique de soupçon permanent et consacrent une immigration à plusieurs vitesses.
Les conditions d’accès aux titres de séjour de longue durée et à la nationalité française se sont encore durcies. En application des décrets de la loi immigration adoptée en 2024, de nouvelles exigences sont entrées en vigueur le 1er janvier, a confirmé le ministère de l’Intérieur.
Désormais, les personnes étrangères qui sollicitent une carte de séjour pluriannuelle, une carte de résident de dix ans ou la naturalisation doivent non seulement prouver leur « intégration », mais en fournir la démonstration chiffrée et certifiée. La maîtrise de la langue française devient un filtre central, avec des niveaux exigés en nette hausse : A2 pour une carte pluriannuelle, B1 pour la carte de résident et B2 pour l’accès à la nationalité.
Ces compétences doivent être validées par une certification officielle reconnue, délivrée par un organisme agréé — une exigence supplémentaire qui transforme l’intégration en procédure coûteuse, chronophage et inégalitaire, au détriment des publics les plus précaires.
À ce durcissement linguistique s’ajoute désormais un examen civique obligatoire. Celui-ci porte sur les principes et valeurs de la République, le fonctionnement des institutions françaises, ainsi que les droits et devoirs liés à la vie en France. La réussite à cet examen conditionne l’instruction même des demandes, faisant de la citoyenneté un parcours d’obstacles administratifs plus qu’un processus d’inclusion.
Officiellement, le ministère de l’Intérieur affirme vouloir « renforcer l’intégration » des étrangers en situation régulière. Dans les faits, ces nouvelles règles prolongent une logique de contrôle, de tri et de dissuasion, où l’étranger est sommé de prouver en permanence sa légitimité à rester, travailler ou devenir citoyen.
Des exemptions sont bien prévues pour certaines catégories — notamment les bénéficiaires de la protection internationale — mais elles ne remettent pas en cause l’architecture générale du dispositif : une politique migratoire toujours plus restrictive, où l’accès aux droits dépend moins de l’ancrage réel dans la société que de la capacité à franchir des barrières administratives de plus en plus élevées.





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