2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

mardi 28 octobre 2025

#Genz212 : la jeunesse à l’épreuve de la répression dans un Maroc à deux vitesses

L'AMDH Paris/IDF ( l’Association Marocaine des Droits Humains) organise un débat sur la mobilisation GENZ212, avec la participation de jeunes militant-e-s de cette nouvelle génération en lutte pour la justice et la dignité.

Jeudi 30 octobre 2025, de 19h à 21h, l’AMDH Paris Île-de-France vous invite à un débat au Baranoux (78 rue Compans, Paris 19e).

Au programme : une présentation du contexte global et de la situation des droits humains au Maroc, un décryptage de la situation économique et sociale marquée par la précarité et le chômage des jeunes et un dysfonctionnement chronique des services publics vitaux, ainsi qu’un bilan de la répression des manifestations de la #Genz212.

Un moment d’échange et de réflexion collective sur la lutte d’une génération en quête de justice sociale.

Venez nombreuses et nombreux

Qu’est-ce que l’AMDH Paris/ Île-de-France :

L’association se donne pour objectif la lutte pour la préservation de la dignité humaine ainsi que la défense et la promotion de tous les droits humains dans leur universalité et globalité.

Elle vise notamment à :

  •     Faire connaître, diffuser et éduquer aux droits humains.
  •     Relever, dénoncer et condamner toute violation des droits humains au Maroc comme à l’étranger et œuvrer à leur cessation.
  •     Apporter la solidarité, le soutien et l’appui aux victimes des violations. 

lundi 27 octobre 2025

Maroc : d’une génération à l’autre
Réflexions sur le mouvement GenZ 212


Le hasard du calendrier a fait que lorsque les manifestations de la génération Z ont éclaté au Maroc, j’étais en train de finaliser la préparation de deux cours pour la rentrée d’automne 2025 à l’Université de Chicago. Le premier concerne la littérature carcérale qui a connu son essor dans le pays après 1999 et la fin des « années de plomb » ; le second explore l’héritage de la sociologue et féministe marocaine Fatima Mernissi. Heureuse coïncidence ou invitation à penser les leçons politiques d’une génération marocaine à l’autre ?

Malgré la distance, les images des arrestations des manifestants pacifiques m’ont causé beaucoup de peine. J’ai vu des jeunes brutalement appréhendés, des entretiens subitement interrompus, des corps malmenés, soulevés de force et poussés à l’intérieur des fourgons. Il y avait dans ces images quelque chose de profondément humiliant. J’avais l’impression que chaque scène d’arrestation, avec son absurdité et sa violence, mettait le doigt sur l’une des blessures les plus profondes du Maroc contemporain. Chaque image ravivait une douleur insoutenable, une peur sans nom, celle du risque de ne plus reconnaître le visage de son pays, ou du moins ce qu’on voulait en retenir. Dans les notes de mon premier cours, les termes « équité » et « réconciliation », à jamais associés à la parenthèse enchantée du début des années 2000, mais profondément repensés depuis les soulèvements de 2011 et le Hirak du Rif en 2016-2017, étaient en train de vaciller sous mes yeux.

Se regarder dans le miroir

Après le choc des images vient le temps de la réflexion. Perplexe, j’ai commencé par m’avouer que je n’avais jamais entendu parler de la plateforme Discord ayant servi d’espace d’organisation et de communication pour les manifestants. Même ma connaissance des découpages démographiques à l’origine des appellations générationnelles était pour le moins approximative. Fallait-il voir dans la lettre « Z » la culmination de notre alphabet politique commun, ou la signature d’une nouvelle justice populaire, prête à sauver notre rêve d’égalité ? J’ai contourné ces questions en portant mon regard sur une image qui a beaucoup circulé sur les réseaux sociaux : un jeune manifestant enfermé dans un fourgon, le coude posé calmement sur le rebord de la vitre, le regard empreint d’un mélange d’assurance, d’attente et de lumière. Tout était là, contenu dans ce regard intemporel narguant la répression : la certitude d’une jeunesse marocaine déterminée à se faire entendre.

dimanche 26 octobre 2025

Lynchages, incendies, massacres de troupeaux : la Cisjordanie face à une violence israélienne sans précédent

Jonathan Pollak, Haaretz, 25/10/2025
Traduit par Tlaxcala

 Des milices de colons israéliens, appuyées par des soldats, ravagent des communautés palestiniennes : passages à tabac, incendies de cultures, destruction de véhicules, abattage d’animaux.
Jonathan Pollak, qui accompagne les agriculteurs palestiniens pendant la récolte des olives, raconte ce qu’il a vu — et comment il a failli y laisser la vie.

Les arbres du Sud portent un fruit étrange,
Du sang sur les feuilles et du sang à la racine,
Des corps noirs suspendus dans la brise du Sud,
Un fruit étrange pend aux peupliers.

Scène pastorale du vaillant Sud,
Les yeux exorbités et la bouche tordue,
Le parfum des magnolias, doux et frais,
Puis soudain, l’odeur de chair brûlée.

Voici un fruit pour les corbeaux,
Pour la pluie, le vent et le soleil,
Jusqu’à ce que les arbres le laissent tomber,
Voici une étrange et amère récolte.

— « Strange Fruit », d’Abel Meeropol


Un émeutier israélien masqué lançant des projectiles avec une fronde contre des cueilleurs dans le village de Beita, plus tôt ce mois-ci. Pour beaucoup de cultivateurs, l’incitation économique à mener la récolte à son terme a presque disparu, tandis que le danger mortel augmente sans cesse.
Photo : Jaafar Ashtiyeh / AFP

Une violence sans frein

Les deux dernières années ont été une période de violence israélienne déchaînée. Dans la bande de Gaza, cette violence a pris des proportions monstrueuses ; mais en Cisjordanie aussi, les Palestiniens en subissent leur part.
Chaque lieu a sa propre forme de violence. Ici, en Cisjordanie, elle est exercée conjointement par toutes les forces israéliennes présentes : armée, police, police des frontières, service de sécurité intérieure (Shin Bet), administration pénitentiaire, coordinateurs de sécurité des colonies — et bien sûr, des civils israéliens.
Souvent, ces civils portent des bâtons, des barres de fer ou des pierres, d’autres des armes à feu. Des milices opérant hors la loi mais dans son giron.
Parfois, les civils prennent l’initiative et les forces officielles les couvrent ; parfois, c’est l’inverse. Le résultat, lui, ne change pas.

Depuis le début de la récolte des olives, la violence israélienne en Cisjordanie — planifiée, orchestrée — atteint des niveaux inédits. Elle s’est abattue sur Duma, Silwad, Nour Shams, Mu’arrajat, Kafr Malik et Mughayyir a-Deir avant même que la récolte ne commence. C’est le sort des communautés rurales palestiniennes livrées à elles-mêmes face aux bastions israéliens de la frontière.

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jeudi 23 octobre 2025

Proposition du Front POLISARIO pour une solution politique mutuellement acceptable qui garantisse l’autodétermination du peuple du Sahara occidental et rétablisse la paix et la stabilité régionales

COMMUNIQUÉ


Le Front POLISARIO présente au Secrétaire général de l’ONU sa proposition élargie comme un geste de bonne volonté et en réponse aux résolutions du Conseil de sécurité

[New York, 20 octobre 2025] – À un moment où le Conseil de sécurité se prépare à examiner le mandat de la Mission des Nations Unies pour le Référendum au Sahara occidental (MINURSO), le Président de la République sahraouie (RASD) et Secrétaire général du Front POLISARIO, M. Brahim Ghali, a envoyé aujourd’hui une lettre au Secrétaire général des Nations Unies, M. António Guterres, contenant la proposition élargie du Front POLISARIO intitulée :
« Proposition du Front POLISARIO pour une solution politique mutuellement acceptable qui garantisse l’autodétermination du peuple du Sahara occidental et rétablisse la paix et la stabilité régionales. »

Dans sa lettre, le Président de la RASD et Secrétaire général du Front POLISARIO rappelle que le Front POLISARIO avait présenté sa proposition au Secrétaire général des Nations Unies le 10 avril 2007, laquelle avait été prise en compte dans la résolution 1754 (2007) du Conseil de sécurité et dans les résolutions ultérieures.
La nouvelle proposition vise à permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit inaliénable à l’autodétermination par le biais d’un référendum supervisé par les Nations Unies et l’Union africaine, et exprime la disposition de l’État sahraoui à engager avec le Royaume du Maroc des relations stratégiques et mutuellement bénéfiques entre les deux pays.

Le Président de la RASD et Secrétaire général du Front POLISARIO souligne qu’en présentant cette proposition élargie, le Front POLISARIO demeure disposé à partager les “coûts de la paix” si l’autre partie manifeste la volonté politique d’en faire autant, afin de parvenir à une solution juste, pacifique et durable, qui assure l’autodétermination du peuple sahraoui et rétablisse la paix et la stabilité régionales, conformément aux objectifs et principes de la Charte des Nations Unies et de l’Acte constitutif de l’Union africaine.

Il réaffirme également que le Front POLISARIO croit fermement qu’une solution pacifique, juste et durable au conflit du Sahara occidental, conforme aux principes du droit international, est non seulement possible mais nécessaire, à condition qu’existe une volonté politique sincère d’abandonner les solutions fondées sur le statu quo ou imposées unilatéralement, et d’adopter une vision d’avenir permettant de travailler ensemble à une paix globale et durable dans un cadre de respect mutuel, de bon voisinage et de coopération.

Dans cet esprit, le Président de la RASD et Secrétaire général du Front POLISARIO réaffirme la disposition du Front à engager des négociations directes et sérieuses avec le Royaume du Maroc, de bonne foi et sans conditions préalables, sous les auspices des Nations Unies, sur la base de l’esprit et du contenu de la proposition élargie, afin de parvenir à une solution pacifique et durable qui garantisse le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, conformément aux résolutions pertinentes des Nations Unies, et rétablisse la paix et la stabilité régionales.

mardi 21 octobre 2025

Focus sur les peuples du Maroc à l’occasion du prochain Festival de cinéma de Douarnenez (août 2026)

Le Télégramme, 20/10/2025

 Pour sa 48e édition en août 2026, le Festival de cinéma de Douarnenez mettra en lumière les peuples du Maroc et amorcera un travail de mémoire en vue des 50 ans du festival.

Le Festival de cinéma de Douarnenez perdure grâce à l’engagement de nombreux bénévoles. (Photo archives Le Télégramme/I. F.)

Pour sa 48e édition, le Festival de cinéma de Douarnenez mettra à l’honneur, en août 2026, les peuples du Maroc. À travers une programmation cinématographique variée, l’événement s’intéressera à l’histoire et à la réalité contemporaine des différentes composantes sociales et culturelles du pays, y compris celles issues de la diaspora.

Le festival abordera des thématiques telles que la “minorisation”, la colonisation, l’autodétermination, les migrations, ou encore la situation au Sahara Occidental. Une attention particulière sera portée aux mouvements sociaux actuels, notamment ceux portés par la jeunesse marocaine.

Comme chaque année, le festival proposera également une réflexion sur les luttes sociales au sein des minorités, avec un éclairage sur les vécus des personnes LGBTQIA  + et sourdes.

Cette édition marquera enfin le début d’un travail de mémoire en vue du cinquantenaire du festival, à travers la collecte de récits et de témoignages sur les liens tissés entre Douarnenez, la Bretagne et les luttes des minorités dans le monde.

👉https://www.festival-douarnenez.com/

48e ÉDITION
AOÛT 2025 (dates à venir)
PEUPLES DU MAROC
POBLOÙ MAROKO

C’est avec beaucoup d’enthousiasme que le conseil d’administration et l’équipe du festival de cinéma de Douarnenez vous annoncent le thème de la 48e édition : « Peuples du Maroc » !

Nous donnerons à voir l’histoire et le présent des différents peuples du Maroc, depuis les films, les récits, les paroles issues de ces peuples et de leurs diasporas. La sélection se fera le reflet du cinéma fabriqué par et pour les peuples du Maroc.

Nous aborderons les enjeux liés aux peuples minorisés, à la colonisation et à l’autodétermination, dans ses traits historiques comme ses visages et stigmates actuels : répression des migrations, enjeux géopolitiques, Sahara Occidental, situations de diaspora, etc.

Il sera évidemment question du Maroc contemporain, traversé par un vent de révolte porté par la jeunesse, la génération Z, qui se mobilise dans la rue et exige plus de moyens pour la santé, l’éducation, pour pouvoir se projeter ainsi vers un avenir désirable. Au-delà de cette actualité immédiate, le festival comme à son habitude mettra en lumière les croisements féconds entre luttes des peuples pour leur destin et luttes des groupes sociaux dominés au sein de ces peuples, notamment depuis les situations des personnes LGBTQIA+ et Sourdes.

La 48e édition sera, par ailleurs, le début d’une trajectoire vers le cinquantenaire du festival. Ce cinquantenaire à venir est l’occasion d’initier un travail de transmission avec la collecte de portraits, de témoignages d’hier et d’aujourd’hui, sur la manière dont les histoires de Douarnenez, de la Bretagne et de minorités partout dans le monde se tissent via le festival, depuis bientôt un demi-siècle et, nous l’espérons, pour longtemps encore !

Le Conseil d’Administration et l’équipe du Festival de cinéma de Douarnenez


lundi 20 octobre 2025

Des jeunes du mouvement « Gen Z » devant la justice à Rabat et Casablanca

, , enass.ma, 19/10/2025

-Nos revendications : santé, éducation, travail...
-Nous sommes tout ouïe

Imad Sanouni, Hespress

De nombreux jeunes font désormais l’objet de poursuites judiciaires à la suite des manifestations du mouvement GenZ.

À Casablanca, 25 jeunes ont comparu devant le juge d’instruction à la Cour d’appel, en attendant la décision sur les charges qui pourraient être retenues.

À Rabat, 35 autres, dont cinq jeunes femmes arrêtées dimanche, ont également comparu devant la Cour d’appel.

Le sort de nombreux autres interpellés lundi soir, lors du renouvellement des protestations à Rabat, reste incertain : certains seraient encore en garde à vue, d’autres auraient déjà été présentés au procureur ou au juge d’instruction.

Le nombre total des personnes arrêtées demeure difficile à établir, faute d’informations disponibles et en l’absence de communiqués officiels.

***

Chronologie synthétique de la semaine dernière (SOLIDMAR)

  • Lundi 13 octobre — Les organisateurs annoncent des sit-in pacifiques pour le samedi 18 octobre dans plusieurs grandes villes (18h–21h).

  • Mercredi 15 octobre — La Cour d’appel d’Agadir condamne 17 personnes à des peines allant jusqu’à 15 ans pour des violences liées aux marches. Les ONG dénoncent la sévérité. Le total des arrestations depuis fin septembre est estimé à environ 2 000, dont 1 200 déférées.

  • Vendredi 17 octobre — L’exécutif signale un réajustement budgétaire à venir, centré sur la santé et l’éducation, répondant partiellement aux revendications du mouvement.

  • Samedi 18 octobre — Nouvelles mobilisations pacifiques dans plusieurs villes. Le collectif réaffirme son engagement non-violent et appelle au boycott d’événements symboliques pour mettre l’accent sur les services publics.

  • Dimanche 19 octobre (matin) — La contestation se poursuit sous forte pression judiciaire. Le gouvernement réaffirme le droit de manifester tout en promettant des enquêtes sur les abus signalés.

Synthèse

La semaine a été marquée par une double dynamique :

  • durcissement judiciaire et sécuritaire,

  • signaux politiques d’ouverture budgétaire vers les secteurs sociaux.

La perspective d’un dialogue encadré reste ouverte, mais la confiance entre jeunes protestataires et autorités demeure fragile.

dimanche 19 octobre 2025

Nous réclamons Vérité et Justice pour les victimes de la répression à Lqliâa !

Ci-dessous 2 documents transmis par le SNP/CGT et traduits par SOLIDMAR

  CONFÉDÉRATION GÉNÉRALE DU TRAVAIL

SYNDICAT NATIONAL DES PAYSANS
BUREAU NATIONAL – AGADIR, MAROC

LETTRE OUVERTE

À Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies
Au Comité des Droits de l’Homme de l’ONU

Objet : Plainte relative à l’assassinat de M. Abdessamad Oubla, jeune activiste du mouvement Gen Z Maroc

Monsieur le Secrétaire Général,

La victime, M. Abdessamad Oubla, était diplômé de l’Institut du Cinéma de Ouarzazate, affilié à l’Université Ibn Zohr. Jeune artiste ambitieux, il avait choisi le septième art pour bâtir une carrière prometteuse dans ce que l’on appelle parfois le Hollywood marocain – Ouarzazate. Cependant, la trahison, l’oppression et l’injustice ont anéanti ses espoirs : il a été assassiné lors des manifestations du mouvement de jeunesse Gen Z, dans sa ville natale de Lqliâa, province d’Inezgane-Aït Melloul, région du Souss-Massa-Drâa, au sud du Maroc.

Les faits

Dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 2025, M. Oubla documentait pacifiquement les manifestations avec sa caméra. Un gendarme tireur embusqué l’a poursuivi dans la rue principale, tentant de lui arracher son appareil. D’un seul coup de revolver, il lui a ôté la vie.

Le commandement de la gendarmerie du Sud a ensuite tenté de dissimuler tous les éléments du crime prémédité : témoignages, vidéos et photographies publiés sur les réseaux sociaux, autant de preuves accablantes confirmant la matérialité du crime. Comme souvent, ces éléments ont été soustraits à la connaissance publique et relégués dans les archives internes de la gendarmerie.

Tentative de dissimulation officielle

Le rapport du commandant de la gendarmerie du Sud, accompagné d’une vidéo produite par la gendarmerie elle-même, montre que les manifestants n’ont à aucun moment attaqué le poste de gendarmerie. Ils ont simplement déplacé la clôture du parking, endommagé des poubelles et mis le feu à des détritus sur la voie publique. La vidéo officielle le confirme d’ailleurs. Malgré cela, le commandant a transmis au parquet d’Agadir ce document accompagné d’un rapport falsifié, prétendant que les forces de l’ordre avaient agi en légitime défense.

Manquement du parquet

Le Procureur général près la Cour d’appel d’Agadir s’est appuyé sur ce rapport falsifié sans procéder à une enquête sérieuse ni consulter de témoignages indépendants permettant de vérifier les affirmations du commandement de la gendarmerie du Sud. Le procureur a ensuite publié une déclaration officielle, relayée par plusieurs journaux électroniques, comportant des faits contredits par les preuves visuelles et les témoignages recueillis sur le terrain.

Les victimes

Le martyr Abdessamad Oubla a été tué, tout comme deux autres victimes, dont les identités ne sont pas encore connues à ce jour. Ces trois citoyens ont été assassinés deux fois : d’abord par les balles de ceux qui avaient le devoir de les protéger, ensuite par la falsification de la vérité opérée par les autorités censées rendre la justice.

Démarches entreprises

Au vu des faits établis et des preuves recueillies, le Syndicat National des Paysans, affilié à la Confédération Générale du Travail, a déposé une plainte préliminaire auprès de la Présidence du Parquet Général à Rabat. Nous attendons la finalisation de toutes les informations, notamment l’audition des témoins présents sur les lieux, ainsi que l’identification complète des deux autres victimes, dont l’une était mineure.

Fait à Agadir, le 6 octobre 2025

Le Secrétaire Général National
Amal Lahoucine

RÉFÉRENCES ET LIENS

Site du Comité des Droits de l’Homme (ONU) : https://www.ohchr.org/fr/treaty-bodies/ccpr

Profil syndical : https://www.ahewar.org/m.asp?i=7141

Page Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=61563254921948

Chaîne YouTube : https://www.youtube.com/@snp-cgt-maroc

Vidéos de preuve

Le gendarme qui tire dans la rue : https://www.facebook.com/reel/1317024186555222

Les trois corps des martyrs : https://www.facebook.com/reel/1696442567719081

Témoignage du père d’Abdessamad Oubla : https://www.facebook.com/reel/818313804087812

Témoignage du père de Mohammed Ben Khalifa (deuxième victime) : https://www.facebook.com/reel/1967870944053567

 

CONFÉDÉRATION GÉNÉRALE DU TRAVAIL

SYNDICAT NATIONAL DES PAYSANS
BUREAU NATIONAL

À l’attention de :
- Monsieur le Procureur général du Roi près la Cour de cassation, président du Ministère public, Rabat
- Monsieur le Président délégué du Conseil supérieur de la magistrature, Rabat 

OBJET : PLAINTE POUR HOMICIDE VOLONTAIRE PAR BALLES RÉELLES AVEC PRÉMÉDITATION ET GUET-APENS, ET POUR COMPLICITÉ DANS LA DISSIMULATION DU CRIME

Contre :

  • Monsieur le Procureur général du Roi près la Cour d’appel d’Agadir,
  • Monsieur le Commandant de la région sud de la Gendarmerie d’Agadir,
  • Le Centre de la Gendarmerie de la ville de Lqliâa, province d’Inezgane Aït Melloul.

 

I. RAPPEL DU CONTEXTE

Le Bureau national du Syndicat National des Paysans, affilié à la Confédération Générale du Travail, a déposé le 3 octobre 2025 une plainte auprès de la Présidence du Ministère Public à Rabat (numéro d’enregistrement 292418) concernant un crime d’homicide volontaire avec préméditation et guet-apens, commis par un gendarme du centre de Lqliâa (province d’Inezgane Aït Melloul).

De nouveaux éléments de preuve, matériels et numériques, justifient la présente plainte complémentaire.

II. EXPOSÉ DES FAITS

Au cours des manifestations du mouvement « Génération Z » dans la ville de Lqliâa, un gendarme a utilisé des balles réelles contre des manifestants pacifiques, provoquant la mort de trois citoyens, dont le caméraman chargé de documenter les événements.

1. Ciblage de la victime Abdelssamad Oubla

La victime Abdelssamad Oubla, diplômé de l’Institut du Cinéma de Ouarzazate, filmait les manifestations à titre professionnel.
Il a été délibérément visé parce qu’il documentait les faits à l’aide d’une caméra, ce qui constitue également une atteinte grave à la liberté de la presse et une tentative manifeste d’effacer les preuves des exactions commises par la gendarmerie lors des manifestations pacifiques du 30 septembre au 1er octobre 2025.

2. Refus de restitution de la caméra de la victime

Le Commandant de la région sud de la gendarmerie n’a pas restitué la caméra de la victime, bien qu’elle contienne des preuves irréfutables de l’implication directe de la gendarmerie dans des actes criminels.
Ce refus démontre une volonté claire de dissimulation de la vérité.

III. DÉTAILS DES VICTIMES

1. Abdelssamad Oubla, étudiant chômeur diplômé, originaire du quartier Al Jadid à Lqliâa, a reçu une balle réelle dans la tête alors qu’il filmait à environ 300 mètres du poste de gendarmerie.

               

2. Mohammed Ben Khalifa, décrit par ses pairs comme un jeune homme paisible et intègre, a été tué par balle alors qu’il cherchait son frère cadet au milieu des manifestations.

3. Une troisième victime, mineure, reste non identifiée à ce jour.

IV. ÉLÉMENTS DE PREUVE

Les preuves disponibles établissent sans équivoque la matérialité du crime :

  • Vidéos diffusées sur les réseaux sociaux localisant les trois victimes à environ 300 mètres du centre de la gendarmerie.
  • Photographies et témoignages confirmant que les victimes ont été touchées par derrière, preuve d’une fuite et non d’une attaque.
  • Vidéo officielle de la gendarmerie montrant uniquement un feu devant la clôture du garage, et non devant le poste.
  • Montage vidéo falsifié amalgamant des images prises à l’intérieur du centre et dans la rue, pour induire en erreur sur le lieu réel des faits.

Ces éléments confirment la thèse d’un usage illégal et disproportionné de la force armée contre des civils non armés.

V. CONTEXTE DE VIOLENCES ANTÉRIEURES

Les faits de Lqliâa s’inscrivent dans un historique de violations graves des droits humains commises par le même centre de gendarmerie.
En 2015, le jeune Mohammed Ajdidik a été renversé par un véhicule de la gendarmerie, transporté au poste au lieu d’être secouru, et est décédé dans des conditions suspectes à l’intérieur du centre.
Dix ans plus tard, la scène se répète, aggravée par l’emploi d’armes à feu.

VI. TENTATIVE DE DISSIMULATION DU CRIME

Le Commandant de la région sud a sciemment cherché à dissimuler un homicide volontaire caractérisé, en présentant à la justice un rapport falsifié, appuyé d’une vidéo manipulée.
Ce rapport, accepté sans vérification par le Procureur général du Roi à Agadir, a été relayé dans une déclaration publique comportant des faits inexacts.

Ce comportement constitue une deuxième atteinte aux victimes — l’assassinat de la vérité elle-même.

VII. TÉMOIGNAGES VIDÉO

  • Le père d’Abdelssamad Oubla, dans une déclaration filmée au cimetière, confirme que son fils n’a pas participé aux manifestations mais filmait les événements.
  • Le père de Mohammed Ben Khalifa affirme que le gendarme tirait à balles réelles dans la rue, atteignant son fils dans le dos, et demande à être entendu par la justice.

Toutes les vidéos pertinentes ont été archivées et peuvent être remises aux enquêteurs compétents.

VIII. DEMANDE

Au regard des faits, le Syndicat National des Paysans considère que :

  • Le Procureur général du Roi près la Cour d’appel d’Agadir,
  • Le Commandant de la région sud de la Gendarmerie d’Agadir,

sont responsables pénalement et administrativement de la dissimulation d’un homicide volontaire commis par un agent de l’État.

Nous demandons :

  1. L’ouverture immédiate d’une enquête impartiale et approfondie sous la supervision du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire ;
  2. La mise en œuvre de poursuites pénales contre toute personne impliquée, directe ou indirecte, dans la commission ou la dissimulation du crime ;
  3. La préservation et la saisie des preuves numériques (vidéos, caméras, rapports internes, témoignages) avant toute altération.


IX. LIENS DES PREUVES VIDÉO

  1. Corps des victimes dans la rue :
    https://www.facebook.com/reel/1696442567719081
  2. Deux vidéos montrant un gendarme tirant à balles réelles :
    https://www.facebook.com/reel/1768481030468440
  3. Déclaration du père d’Abdelssamad Oubla :
    https://www.facebook.com/reel/818313804087812
  4. Déclaration du père de Mohammed Ben Khalifa :
    https://www.facebook.com/reel/1967870944053567
  5. Vidéo montrant le lancement de gaz lacrymogène par la gendarmerie :
    https://www.facebook.com/reel/1322743632642812
  6. Vidéo manipulée pour faire croire à une attaque du poste :
    https://www.facebook.com/reel/1531096111270034
  7. Vidéo expliquant les causes du soulèvement du Souss :
    https://www.facebook.com/reel/2255812821524718

Fait à Agadir, le 10 octobre 2025
Pour le Syndicat National des Paysans,
Le Secrétaire Général National :
Amal Lahoucine


samedi 18 octobre 2025

𝐊𝐚𝐫𝐚𝐦𝐚 𝐝𝐞𝐛𝐨𝐮𝐭 : 𝐂𝐡𝐚𝐧𝐭 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐆𝐄𝐍𝐙𝟐𝟏𝟐

Par Fouad El Mazouni, 6/10/2025

- Frères et sœurs de #GENZ212
je viens sans drapeau, sans tambour,
avec la respiration d’un poème qui refuse de s’agenouiller.
Je m’assieds par terre, à même le sol, façon blad,
sur un carton de dattes et de poussière,
et je parle comme on partage un verre d’eau en été :
calmement, avec l’urgence dans la voix.
I
Le plus beau des pays, le royaume du #Maroc,
est celui qu’on porte dans les poches trouées de son jean,
avec un billet de bus froissé, un reçu de café,
un numéro griffonné à la hâte : « khoya, rappelle ».
Le plus beau des pays
est celui qu’on lave chaque matin au robinet de la patience,
pendant que le chergui s’obstine à faire craquer les lèvres.
Le plus beau des pays, c’est vous,
GENZ212, bghina l7orriya, bghina lkarama,
avec vos baskets poussiéreuses, vos téléphones en mode avion
quand les sirènes tournent comme des vautours.
II
– Sidi Abdellatif Laâbi, wach katfhamna ?
– Kanfhamkom, weldi, kanfhamkom, benti.
Je vous comprends
comme je comprends le pain sans levain des jours maigres,
les files sans fin devant les portes où tout le monde dit « demain ».
Je vois les lits d’hôpital où meurt la mère qui a donné la vie,
faute de plaquettes, hchouma,
alors qu’on a sillonné les plages tout l’été,
affiches souriantes, selfies de charité,
le sable encore tiède sous les tentes de la bonne conscience.
– Safi, bssa7 ?
– Bssa7. Hadi bladna, oui, et votre colère est propre.
III
Il y a une bande de politiciens
qui s’accrochent à la nappe du banquet comme des pieuvres à la barque.
Ils piétinent la Constitution comme on écrase une orange tombée,
ils roulent la chose publique dans une couverture
et lui volent ses chaussures.
Chaque article devient une chaise tirée à reculons,
chaque alinéa un rideau qu’on ferme sur nos yeux.
Pendant ce temps, vous, on vous jette,
comme des moutons, dites-vous,
au fond des fourgonnettes de la honte.
Le métal claque, la nuit avale,
et les trottoirs restent là,
à compter vos pas qu’on n’entend plus.
IV
Pourtant, vous marchez sans crier.
Vous avez dans la paume une lampe tempête.
Vous dites : « Daba »,
et le temps obéit un peu.
Vous dites : « 3lach ? »,
et la pierre se retourne.
Vous dites : « makayn mouchkil »,
et c’est votre ironie qui ouvre la serrure.
Votre mouvement pacifique a fait le tour du monde,
comme un pigeon voyageur que Lalla Zuhra al-Kush relâche
sur une terrasse entre deux fils à linge.
Je vous entends chanter au milieu du vacarme,
au rythme de derbouka et d’alertes Telegram,
vos slogans sont des vers libres
que même la matraque n’arrime pas.
Je vous vois fabriquer des banderoles
avec les draps des nuits blanches,
et vous écrire entre deux contrôles :
« On ne casse rien, on nettoie l’air. »
V
- Et toi, l’ancêtre, tu nous aimes tant que ça ?
- Je vous aime comme on aime un pays qui n’est pas encore fini.
Je vous aime avec l’insolence de ceux qui savent perdre la peur.
Je vous aime parce que vous aimez tout, passionnément :
la liberté comme un pain chaud,
le peuple comme un cousin qu’on n’abandonne pas,
les femmes accoucheuses qu’on n’enterrera plus
dans les registres d’erreurs techniques.
Je vous aime jusqu’à la mer.
J’ai vu la mer, moi aussi.
J’ai vu la mer se lever contre les digues du mensonge,
et chaque vague porter un prénom :
Aïcha, Dounia, Hamza, Salma, Yassine…
J’ai vu la mer apprendre à respirer à ceux qui suffoquaient.
J’ai vu la mer vous donner ce regard d’après-demain
qui fait trembler les poings fermés d’hier.
VI
Ils disent que vous êtes en exil,
génie en exil, première ligne punie.
L’exil, mes enfants, n’est pas une frontière,
c’est une cour qui rétrécit dans la tête des autres.
Eux rétrécissent. Vous, vous élargissez.
Eux enferment. Vous ouvrez.
Eux comptent les minutes. Vous inventez la durée.
Ils disent que vous manquez d’école.
Sachez-le : les bancs étaient pleins de poussière avant vous.
Vous avez appris sur la place publique
ce que les manuels ne savent plus dire :
qu’un pays est un engagement qu’il faut recoudre
avec des doigts sans gants.
Pas à pas, pas à pas,
zid, encore,
la couture invisible de la dignité (hchouma de l’avoir laissée craquer).
VII
Il faut du sang, disent les hôpitaux ;
il faudra des comptes, dites-vous.
Vous ne demandez pas la lune.
Une banque de plaquettes qui ne soit pas un mirage,
un concours sans piston,
une route sans nid-de-poule dans la poitrine,
une mosquée où la voix ne servira pas d’oreiller
à ceux qui dorment sur la misère.
Vous portez des pancartes comme on porte des enfants,
avec précaution et fierté.
Sur l’une je lis :
« On veut la loi, pas le décor » ;
sur l’autre :
« L’État n’est pas une tenture, on ne la décroche pas la nuit. »
Et plus loin :
« La Constitution de 2011 n’est pas un tapis rouge,
c’est notre seuil, t’fham ? »
VIII
On dit : les jeunes exagèrent.
C’est faux.
C’est le réel qui exagère :
les sols miniers sans écoles dignes,
les zones industrielles sans salaires vivables,
les orphelinats de projets,
les logements où l’eau baisse la tête.
Votre poème n’ajoute rien,
il décante.
Il retire la poussière pour montrer la forme du jour
et l’ombre qui devrait rester sous les arbres, pas sur les visages.
IX
- Et la monarchie, sidi ?
- Je parle au pays entier.
Une couronne n’est pas un couvercle ;
c’est un halo de responsabilité.
Quand la confiance s’écaille,
il ne suffit pas de polir le métal ;
il faut changer la lumière qui l’entoure.
La loyauté n’est pas un chant imposé,
c’est une respiration partagée.
Quiconque gouverne doit respirer avec ceux qui marchent ;
sinon, tout s’étiole, même l’or.
X
Je vous ai vus, entassés « dedans »,
le front appuyé contre l’étain des fourgons,
dans le silence sans flèche ni aigle noir.
Je vous ai vus, « dehors »,
ceux qui restent, ceux qui se taisent,
la gorge serrée par une ficelle de peur.
Écoutez : le silence peut apprendre à parler.
Il suffit de lui donner une syllabe de courage,
une voyelle de rire,
un souffle qui ne fuit plus.
Dites après moi, doucement d’abord,
puis plus haut :
– ka-ra-ma (dignité),
– 7orriya (liberté),
– 9anoun (la loi),
– moussawat (égalité).
Ce ne sont pas des bruits. Ce sont des vitamines pour le futur.
XI
Le plus beau des pays
est celui qui s’excuse et répare.
Le plus beau des pays
est celui qui rend la clé de la nuit
à celles qui accouchent sans glaive sur le ventre,
et qui, au matin, vont au souk acheter des prénoms.
Le plus beau des pays,
c’est celui où un policier, un juge, un ministre
peuvent dire « smah lina »
et recommencer le chemin à vos côtés.
GENZ212, vous n’êtes pas la colère d’un soir,
vous êtes la patience des siècles qui rentrent par la fenêtre.
Vous n’êtes pas l’émeute. Vous êtes l’émeute du cœur.
Cette secousse qui ne casse pas la tasse,
mais renverse enfin le sucre au fond.
Je vous laisse ces mots comme on laisse de l’eau au seuil d’un voyage :
Marchez.
Ne cassez pas la lumière ! Agrandissez-la.
Ne laissez personne emprisonner votre futur dans son coffre.
Écrivez sur les murs, sur les lois, sur les consciences :
« On reste. On parle. On soigne. »
Et quand la mer remontera dans les rues,
que vos pas l’accompagnent sans peur,
car j’ai vu la mer,
et j’ai vu vos visages y flotter,
non comme des naufragés,
mais comme des rives qui avancent.
Salam, weldi. Salam, Benti.
Le poème s’arrête ici,
pas la marche.