Blog du Réseau de solidarité avec les peuples du Maroc, du Sahara occidental, de Palestine et du monde, créé en février 2009 à l'initiative de Solidarité Maroc 05, AZLS et Tlaxcala
2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas
El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.
Espagne: le Sahara occidental doit être un territoire libre et indépendant
Près de trois Espagnols sur quatre considèrent que le Sahara
occidental doit être un territoire "totalement libre" et "indépendant"
du Maroc, selon les chiffres publiés par un site spécialisé dans les
sondages en Espagne et en Europe.
Au total, 70,7% des participants au sondage sur un échantillon de
plus de 120.000 personnes de différentes obédiences politiques estiment
que le Sahara occidental "devrait être reconnu comme un territoire
totalement libre indépendant", précise le site espagnol Electomania.
Selon le même sondage, 54,4% sur l’échantillon objet de
Sondage estiment que l’Espagne doit soutenir les Sahraouis dans leur
lutte et leur guerre contre l’occupant marocain.
Ce sondage confirme l'élan de solidarité dont jouit la cause
sahraouie au sein de la société civile en Espagne qui n'a eu de cesse de
manifester son soutien en faveur de l'indépendance de la dernière
colonie en Afrique.
En mai dernier, de grandioses marches ont été organisées à travers
toute l'Espagne, et les marcheurs (représentants de la société civile,
partis politiques et syndicats...) avaient sillonné plusieurs villes du
pays avant de converger vers Madrid le 19 juin.
Cette action commune, organisée dans toute l'Espagne, visait en plus
de mobiliser la société en faveur de la cause sahraouie, d'envoyer un
signal d'alarme au gouvernement espagnol et de mettre à l'agenda
politique, le rôle clé du pays en tant que puissance administrante du
Sahara occidental.
Elle se voulait également un moyen d'obtenir lemaximum de soutien
possible des médias pour briser le black-out imposé par le Régime du
Makhzen marocainpour dissimuler la situation de guerre au Sahara
occidental et les violations des droits de l'Homme par les forces
d'occupation marocaines dans les territoires occupés.
Inscrit depuis 1966 à la liste des territoires non autonomes, et donc
éligible à l'application de la résolution 1514 de l'Assemblée générale
de l'ONU portant déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et
peuples colonisés, le Sahara occidental est la dernière colonie en
Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc, soutenu par la France.
Le
magazine politique américain Foreign Policy a publié une analyse sur la
crise que traverse la diplomatie au Maroc. Samia Errazzouki,
journaliste marocaine et doctorante à l’université de Californie, estime
que Rabat ne jouit plus du soutien indéfectible de Washington. Le
responsable de ce marasme serait le chef de la diplomatie Nasser
Bourita.
Contrairement
à l’image véhiculée par les autorités et les médias du Maroc, la
diplomatie de l’unique royaume du Maghreb traverse une véritable crise.
C’est en tout cas ce qu’affirme Samia Errazzouki dans une analyse
publiée mardi 4 janvier 2022 dans le magazine politique américain
Foreign Policy. Journaliste et cofondatrice du collectif féministe
Khmissa, Samia Errazzouki est actuellement doctorante en histoire à
l’université de Californie à Davis. C’est sous cette casquette
d’universitaire qu’elle a rédigée cette analyse qui s’appuie sur une
série d’événements et d’éléments qui prouvent, selon elle, que la
diplomatie marocaine s’est empêtrée dans un "bourbier" (morass dans le titre anglais).
"Pendant
longtemps, le Maroc a été le chouchou des cercles politiques de
Washington. Le pays est souvent salué comme le premier à avoir reconnu
l'indépendance des États-Unis [en 1777, ndlr], et peu de choses ont fait
obstacle aux relations maroco-américaines depuis. Les efforts de
lobbying du royaume n'ont historiquement pas nécessité beaucoup de
travail pour convaincre les législateurs américains des deux bords
[républicains et démocrates, ndlr] d'adopter une législation alignée sur
ses intérêts. Aujourd'hui, cependant, le consensus bipartite autrefois
inébranlable des États-Unis sur le Maroc s'est éloigné du principe du
soutien indéfectible", écrit Samia Errazzouki.
Selon elle, la reconnaissance de
la "marocanité du Sahara occidental" par l’ex-Président Donald Trump
n’a été qu’un simple détail dans la relation entre les deux pays. "Malgré
la volte-face de Washington sur le Sahara occidental, l'ancien chouchou
des cercles politiques américains est plus isolé que jamais", note
l’universitaire. Samia Errazzouki considère que les soucis de Rabat ont
débuté durant de la campagne présidentielle américaine de 2016, lorsque
"le roi Mohammed VI avait promis 12 millions de dollars à la Fondation Clinton en 2015". Le monarque s’était donc opposé à Donald Trump.
"Pendant
toute la durée du mandat présidentiel de Trump, il n'a eu aucune
réunion officielle avec le roi Mohammed VI. L’unique fois où des deux
chefs d'État étaient proches c’était en 2018 lors de la cérémonie du
centenaire de l'armistice en France lorsque leurs images sont devenues
virales: Trump regardait alors Mohammed VI assoupi", ironise-t-elle.
L’expert américain en droit international, Stephen Zunes, a appelé le
président US, Joe Biden, à « immédiatement » annuler la décision
unilatérale de son prédécesseur, Donald Trump, de reconnaître la
prétendue « souveraineté » du Maroc sur le Sahara occidental, car il en
va de la « crédibilité » des Etats-Unis et du droit du peuple sahraoui à
l’autodétermination.
« Pour le bien du peuple du Sahara occidental et de la crédibilité
des Etats-Unis (…), Biden doit immédiatement annuler la reconnaissance
américaine de la conquête du Maroc », a déclaré Stephen Zunes, auteur et
professeur de sciences politiques à l’université de San Francisco. Dans
un article paru récemment dans le magazine américain « The
Progressive », l’expert en droit international rappelle que le président
Joe Biden avait souligné que « tout recours à la force pour modifier
les frontières est strictement interdit par le droit international ».
« Empêcher un pays d’étendre son territoire par la force était un
principe fondateur des Nations unies, et il est inscrit dans leur
charte », rappelle encore M. Zunes.
Ce dernier regrette par ailleurs que malheureusement, « de sérieuses
questions se posent quant à savoir si l’administration Biden soutient
réellement cette norme juridique internationale fondamentale ». Il
relève que les cartes de l’Afrique du Nord des Nations unies, de
National Geographic, de Rand McNally (une société américaine de
technologie et d’édition qui fournit des cartes) et autres, dépeignent
la nation du Sahara occidental sur la côte atlantique, située entre le
Maroc et la Mauritanie, tandis que les cartes du gouvernement américain,
« montrent le pays comme faisant partie du Maroc, sans que rien ne
délimite les deux ».
Le Sahara occidental – officiellement connu sous le nom de République
arabe sahraouie démocratique (RASD) – a été reconnue par 84 pays et est
un Etat membre à part entière de l’Union africaine (UA). Le Maroc a
envahi cette nation, alors connue sous le nom de Sahara espagnol, juste
avant son indépendance prévue de la domination coloniale en 1975.
Le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale des Nations unies
ainsi que la Cour internationale de justice ont tous affirmé
officiellement le droit du peuple du Sahara occidental à
l’autodétermination et pendant des décennies, aucune instance
internationale ou gouvernement étranger n’a reconnu le Sahara occidental
comme faisant partie du Maroc.
Cependant, au cours des dernières semaines de son mandat,
l’ex-président américain Donald Trump a unilatéralement reconnu la
prétendue « souveraineté » marocaine sur le pays occupé.
Dans le même article, l’expert s’est intéressé à la situation des
droits de l’homme dans les territoires occupés du Sahara occidental.
S’appuyant sur les rapports de Human Rights Watch (HRW), Amnesty
International et d’autres groupes de défense des droits humains, le
professeur américain attire l’attention sur la répression généralisée
des militants pacifiques pour l’indépendance du Sahara occidental. Il
dénonce l’usage par les forces d’occupation marocaines « de la torture,
des passages à tabac, des détentions sans procès et des exécutions
extrajudiciaires » contre les Sahraouis.
Freedom House a classé le Sahara occidental occupé par le Maroc deuxième en matière de privation des droits politiques.
C’est de l’autre côté de la Méditerranée, de l’une des plus belles démocraties au monde, la Confédération helvétique, que nous vient la plus touchante déclaration de solidarité envers Omar Radi. Les tyrans l'oublient souvent, mais partout où sévit leur injustice, se lèvent des justes pour la dénoncer et pour se ranger du côté des opprimés. Claude-Olivier Volluz est de ceux-là. Le journaliste à la télévision suisse romande (TSR) écrit à Omar:
– « Cher très respectueux confrère,
Tes engagements valent ceux qui ont guidé Thomas Sankara et tu as toute mon estime pour cela. Nous ne vivons pas dans le même pays, je ne paie pas le même prix que toi pour nos engagements communs et j’en suis conscient…mais sache que mes pensées tous les jours te rejoignent et je ne suis pas le seul, en Suisse ou ailleurs…Tiens bon….mes bonnes pensées t’accompagnent.»
PARIS
- Une délégation du Front Polisario, emmenée par son représentant en
Europe et à l'Union européenne (UE), Oubbi Bouchraya Bachir a dénoncé
jeudi, devant l'Assemblée nationale française, la politique étrangère de
Paris à l'égard du Sahara occidental, soulignant que la véritable
solution à même de mettre un terme au conflit dans la dernière colonie
en Afrique est la "voie référendaire".
"La
France a non seulement failli à ses obligations en matière de droit
international mais elle a aussi clairement soutenu et encouragé le Maroc
à se rebeller contre la légalité internationale", a indiqué Oubbi
Bouchraya lors d'une séance publique à l'Assemblée nationale française
tenue sous le thème "bilan des actions de la France pour faire respecter
le droit international, le cas du Sahara occidental".
Lors
de cette séance organisée à la demande du groupe de la gauche démocrate
et républicaine (GDR), le représentant du Front Polisario a énuméré les
obstacles mis en place par le gouvernement français dans divers
domaines pour saper les efforts de règlement pacifique du conflit au
Sahara occidental.
"A l'intérieur comme
à l'extérieur du Conseil de sécurité, la France a soutenu le Maroc dans
son rejet du référendum (d'autodétermination), a défendu la proposition
unilatérale du Maroc relative à l'autonomie et a agi pour bloquer tout
effort visant à permettre à la Minurso de surveiller la situation des
droits de l'homme", a déploré Bouchraya Bachir.
Condamnant
l'attitude de Paris qui "agit en leader au sein de l'Union européenne
pour contourner les différentes décisions de la Cour de Justice", le
représentant du Front Polisario a souligné qu'au Sahara occidental et
dans la plupart des pays du voisinage immédiat, il y a un mécontentement
de cette "immuable position favorisant le Maroc au détriment des
intérêts des autres pays de la région".
"Ce
copinage a mis le Maroc sur la voie de l'arrogance le conduisant à être
intransigeant, extrémiste, belliqueux et parvenant finalement à ramener
le conflit aux affrontements militaires", a-t-il déploré, relevant que
le Royaume "rumine le plan à même de conduire toute la région vers une
situation irréparable".
La France, a-t-il poursuivi, "est
responsable de cette situation et l'instabilité ne prendra fin que si
elle équilibre sa position".
Rejetant en bloc le plan d'autonomie
marocain, Oubbi Bouchraya a assuré que "la véritable solution de
compromis est celle qui est conforme au droit d'abord et à la
démocratie, ensuite, à savoir la solution référendaire".
Appel à la libération des prisonniers sahraouis de Gdeim Izik
De
son côté, l'activiste française Claude Mangin épouse du militant
sahraoui Naama Asfari est intervenue pour évoquer dans son discours la
grave crise des droits humains dans les territoires occupés et l'horreur
des crimes commis quotidiennement par les forces d'occupation
marocaines contre les civils sahraouis.
Elle a expliqué que son
époux est en détention au Maroc depuis plus de 11 ans et a été enlevé
par les forces de sécurité marocaines le 7 novembre 2010 à Laayoune, la
veille du démantèlement par les forces armées marocaines d'un campement
de protestation pacifique qui a réuni durant un mois plus de 20.000 Sahraouis rassemblés dans 8000 tentes traditionnels à Gdeim Izik à 10
km de la capitale du Sahara occidental.
"Lors de ce démantèlement
violent il y aurait eu 11 agents tués, et Naama arrêté la veille a
pourtant été accusé de ces meurtres est transféré en prison à Rabat où
il a été torturé (il a été) condamné à 30 ans de prison par le Tribunal
militaire de Rabat en 2013 sur la base d'aveux extorqués sous la torture
(un verdict) confirmé en appel en 2017 pour lui et ses compagnons
arrêtés dans le cadre de la même affaire", a-t-elle rappelé.
Soulignant,
par ailleurs, que ces procès "ont été entachés de nombreuses
irrégularités relevées par les observateurs internationaux présents",
Claude Mangin rappelle que le 15 novembre 2016 le comité de l'ONU contre
la torture a condamné le Maroc pour faits de tortures sur Naama Asfari,
lui demandant de s'abstenir de toutes représailles sur le plaignant et
sa famille.
Tout en condamnant les représailles des autorités
marocaines qui l'empêchent de rendre visite à son mari, l'activiste
française a demandé "l'application des décisions onusiennes et la
libération des prisonniers se trouvant en détention arbitraire depuis 11
ans".
ROME-
Le Parti de la Refondation communiste en Italie a appelé le
gouvernement de son pays à faire pression sur le Maroc pour l'amener à
se conformer à "l'obligation de protéger la militante sahraouie" Sultana
Khaya, assignée à résidence depuis novembre 2020, et qui continue de
"subir plusieurs exactions à répétition".
Le
Parti de la Refondation communiste "considère nécessaire et prioritaire
l'intervention forte et immédiate du gouvernement central, afin de
faire pression, aux niveaux institutionnel et international, sur le
gouvernement et la monarchie marocaine afin de veiller à ce que
l'obligation de protéger la militante sahraouie, malade et harcelée,
soit respectée, comme le demande également la représentante de l'ONU".
Dans
un communiqué publié sur son site, il rappelle que "Sultana Khaya est
assignée à résidence depuis novembre 2020, période durant laquelle,
entre autres, comme l'ont rapporté Amnesty International (AI) et la
rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des défenseurs
des droits de l'Homme, elle a subi plusieurs exactions à répétition".
Parmi
ces odieux abus, rapportés par AI, le Parti de la Refondation
communiste signale qu'"il faut également mentionner le fait qu'elle, ses
sœurs et sa mère de plus de 80 ans ont été violées par les forces de
sécurité marocaines".
"C'est quelque chose
d'inacceptable et de tellement odieux que même les Nations unies, par
l'intermédiaire de Mary Lawlor, la rapporteuse spéciale de l'ONU, ont
menacé de sanctions internationales la monarchie marocaine", souligne le
parti italien.
Fin décembre 2020, la
rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des défenseurs
des droits humains, Mary Lawlor, avait souligné que les autorités
marocaines "ont l'obligation de protéger" la militante sahraouie Sultana
Khaya qui continue de faire l'objet d'intimidations, de torture, viols,
menaces et pratiques inhumaines.
"Sultana Khaya semble être en
grave danger, sa santé se dégrade et est vulnérable à de nouvelles
attaques. Les autorités marocaines ont l'obligation de la protéger",
avait-elle indiqué.
Réitérant, par ailleurs, son amitié et sa
proximité avec les peuples sahraoui et marocain, le Parti de la
Refondation communiste-Gauche européenne "invite les différentes
autorités locales à approuver des agendas de solidarité avec Sultana
Khaya et sa lutte en faveur du peuple du Sahara occidental".
"La
question non résolue de l'autodétermination du peuple sahraoui et du
respect des droits de l'Homme de ses citoyens est de nouveau d'actualité
ces jours-ci, notamment après (...) l'intervention de l'ONU", signale
le parti italien.
"Il s'agit d'une
question liée au Sahara occidental et aux violences perpétrées par les
forces de sécurité marocaines contre les militants sahraouis qui
trouvent dans l'histoire de Sultana Khaya une sorte de paradigme des
modèles violents et autoritaires déployés par le dispositif répressif de
l'Etat et du gouvernement marocains", a-t-on expliqué, relevant qu'au
fil du temps, "la militante sahraouie est devenue, peut-être malgré
elle, le symbole de la lutte de tout un peuple".
Sultana
Khaya est présidente de la Ligue sahraouie pour la défense des droits
de l'Homme et contre le pillage des ressources naturelles à Boudjdour
occupée, au nord du Sahara occidental.
"Au fil du temps, elle a
perdu un œil lorsqu'elle a été attaquée par la police à l'université de
Marrakech, suivie par plusieurs agressions contre elle et les membres de
sa famille, et ce uniquement parce qu'elle a demandé et demande
toujours le respect des droits de l'Homme", rappelle également le parti
de Maurizio Acerbo.
Publié le : mardi, 04 janvier 2022 12:55 Catégorie : Monde Lu : 161 foi (s) Partagez
Vendredi 28 mai 2021, 9h30, Aïn Sebaa, quartier périphérique de Casablanca, face à la prison Oukacha.
Le léger voile de brume maritime qui recouvrait ce quartier de la côte
atlantique, se déchire lentement, par pans, laissant le soleil
reprendre droit de cité. La journée s’annonce torride. La température
frise déjà les dix-neuf degrés. Sweat noir, pantalon beige clair et
baskets blanches, une dame installe un petit campement, pour quelques
heures au pied d’un muret de clôture en pierres ocres, sur lequel court
un grillage. A ses côtés, son compagnon, Driss Radi. Le blouson de Fatiha Cherribi, c’est son nom, est entrebâillé sur un T-shirt frappé de l’effigie d’Omar Radi,
leur fils, journaliste d’investigation, victime de la vindicte du
régime, en raison de la pertinence de ses enquêtes, de ses interviews ou
de ses déclarations sur les crimes de la mafia au pouvoir.
Une irrépressible appétence pour le traquenard sexuel
Le journaliste de 35 ans dort en prison, à l’isolement, depuis le 29 juillet 2020. Il y a rejoint ses collègues
Taoufik Bouachrine et Soulaïmane Raïssouni,
respectivement incarcérés depuis le 24 février 2018 et le 22 mai 2020.
Les journalistes font tous les trois face à des charges similaires. Mais
dans le souci de donner du crédit à ses accusations, le parquet les a
agrémentées de variations sur le même thème pour lequel il semble avoir
désormais, une irrépressible appétence, le sexe : « traite d’êtres humains, abus de pouvoir à des fins sexuelles, viol et tentative de viol », pour le cas de Taoufik Bouachrine, « agression sexuelle » sur un militant LGBT pour Soulaimane Raïssouni et enfin « attentat à la pudeur avec violences et viol »
pour Omar Radi. Pour ce dernier, le parquet a rajouté une cerise sur le
gâteau, avec les charges d’ « atteinte à la sûreté intérieure et
extérieure de l’Etat ». Rien que ça ! Il faut croire que le logiciel des
sécuritaires et du parquet en plus d’être infecté et pollué par le
sexe. Pour s’en convaincre, il faut compulser l’actualité des
journalistes, des militants ou des défenseurs des droits de l’homme : Hicham Mansouri,
journaliste, arrêté à son domicile, déshabillé et filmé par les
policiers est condamné à dix mois de prison pour adultère Le 30 mars
2015; Hajar Raissouni,
journaliste, arrêtée en même temps que son fiancé, Rifaat Al Amine, à
la sortie du cabinet de son gynécologue et condamnée, le 30 septembre
2019, pour relations sexuelles hors mariage et avortement illégal; Fouad Abdelmoumni, économiste, militant des droits de l’homme et secrétaire général de Transparency Maroc,
filmé en février 2020, par une caméra espion avec sa compagne en
pleines ébats, dans leur chambre à coucher et la vidéo envoyée à sa
belle-famille et ses amis. Maître Mohamed Ziane,
ex-bâtonnier de l’ordre des avocats, ex-ministre délégué auprès du
Premier ministre chargé des Droits de l'Homme et défenseur de Taoufik
Bouachrine, objet, en novembre 2020, d’un montage vidéo montrant un
homme nu, lui ressemblant aux côtés d’une de ses clientes, Wahiba Kherchich.
Devant
la prison d’Oukacha, une dizaine de personnes se joignent, en ordre
dispersé, aux parents d’Omar Radi. Ils sont venus soutenir la cause des
détenus. Embrassades, étreintes et effusions cèdent rapidement le pas à
de véhémentes protestations et à d’innombrables quolibets. La veille,
après le départ du groupe, les autorités, courroucées par le sit-in
continuel des familles et des amis des prisonniers, devant la prison,
ont décapité un ibiscus, un yucca et un eucalyptus qui avaient pour tort
d’abriter du soleil les protagonistes de ces rassemblements. La
nouvelle de l’ignominie et les photos du saccage se répandent
immédiatement sur la toile où ils suscitent l’indignation générale.
1 dîner 2 cons, l’œil du cyclone
On
a tout écrit sur l’affaire Omar Radi. Le journaliste avait pris part au
Mouvement du 20 février 2011. Il avait sans doute, l’espace de
quelques semaines, été victime de la supercherie grandeur nature,
orchestrée par le Palais et ses complices, après l’éclosion du Printemps
marocain. Une escroquerie intellectuelle qui a débuté avec le discours
du 9 mars 2011 qui promettait, en effet, un peu plus que les
revendications de la rue. Si bien que l’on pensait que le Mouvement
avait fait plier le roi et l’avait décidé, sinon forcé à s’affranchir
des travers caractérisant son régime. Comme bien de ses confrères, Omar
pensait donc avoir gagné le droit à la liberté d’enquêter et de
communiquer à ses compatriotes, le résultat de ses investigations, en un
mot faire son métier de journaliste.
Le
référendum pour une « nouvelle » constitution approuvé à la manière
soviétique, à plus de 90% et les élections remportées par les islamistes
du Parti de la Justice et du Développement,
les affaires pouvaient reprendre pour le palais, au sens propre comme
au figuré. Le PJD avait promis de lutter contre la corruption et pour
plus de justice sociale. Il se fit défenseur des corrompus et de
l’injustice et leur bras séculier pour rattraper tous ceux qui
avaient, de près ou de loin, pris part au Printemps marocain,
artistes, poètes, chanteurs, journalistes, activistes ou simples
citoyens épris de liberté. Omar Radi était de ceux-là, même s’il passa
entre les gouttes de la répression immédiate. Bien plus tard, le 25 août
2018, l’homme dira son mot sur la méthode Mohammed VI, lors du sixième
épisode de l'émission « 1 dîner 2 cons », diffusé le 25 août 2018. Il dit :
-«……Carte
blanche a été donnée par le roi, dans son discours du trône, aux
sécuritaires de transformer le pays qui l’était déjà, en état policier, à
l’exemple de la Tunisie de Ben Ali……………….La police et les services de
renseignements ont accentué leur emprise sur le pays….. Ils ont accéléré
la dépossession des terres collectives. »
A
la minute 17.30, le journaliste explique les raisons profondes de la
révolte du Rif, ignorées par les marocains et qui sont la dépossession
de trente mille (30.000) hectares de terres entre Ketama et Al Hoceima,
pour alimenter l’assiette foncière du projet « Phare de la Méditerranée» (Manarat Al Moutaouassit).
Dans
la même séquence, Omar Radi se livre à un réquisitoire en règle contre
le bilan de Mohammed VI dont il dit qu’il a poursuivi le sabotage des
partis politiques entamé par Hassan II…………..
Il n’y aura jamais de septième épisode de l’émission. Quelques jours plus tard, l'Association Racines,
ayant hébergé le tournage du talkshow, est dissoute par les autorités.
Le nœud coulant se resserrait un peu plus autour du cou d’Omar.
On
a également tout éventé du traquenard sexuel tendu au journaliste. Qui
oserait, en effet, croire qu’une jeune femme violée n’appelle pas les
secours alors qu’à quelques pas de l’agression, se trouve réuni un
groupe de personnes ?
La mauvaise histoire belge
On
a également tout démonté de cette prétendue affaire d’espionnage qui
rappelle les histoires belges, l’humour en moins. Il faut, en effet le
dire, la pitoyable mise en scène imaginée par le Makhzen est une insulte
à tout ce que l’humour gaulois pourrait colporter sur les habitants
du plat pays. Un employé de nationalité belge qu’on prend pour un
diplomate hollandais et qui serait l’agent traitant d’Omar. C’est le
citoyen belge lui-même, Arnaud Simons, qui remettra les pendules à
l’heure et apportera un démenti cinglant aux déclarations du parquet
dans une lettre où il détaille les relations qui l’ont lié au détenu.
Il écrit :
« Le
poste que j’ai occupé a fait l’objet d’une offre d’emploi publique
avant mon entrée en fonction et après mon départ et aurait pu être
occupé par tout autre candidat, indépendamment de sa nationalité. Je ne
suis ainsi moi-même pas néerlandais mais belge, ce qui ne fait que
mettre en lumière le manque de sérieux des accusations d’atteintes à la
sûreté de l’État portées contre Omar. »
On aurait pu en rire et même se taper sur les cuisses, n’était-ce la tragédie qui emporte la famille Radi !
Avec
beaucoup d’élégance, l’ex-fonctionnaire de l’ambassade des Pays-Bas
évoque un manque de sérieux des accusations. Il aurait pu tout aussi
légitimement parler d’incompétence ou d’amateurisme, les policiers
n’ayant même pas été capables d’orthographier convenablement son nom,
transcrivant Simon en lieu et place de Simons. Au cours des auditions à
la BNPJ, Omar Radi aura eu beau demander aux officiers de police
judiciaire de corriger l’orthographe, s’ils voulaient retrouver l’homme
pour le faire témoigner. Rien n’y fit.
Dans
sa lettre, Arnaud Simons bat également en brèche la thèse officielle
d’un Omar Radi tentant de nuire à la situation diplomatique du Maroc, au
travers de la crise du Rif. Il écrit :
« J’ai
quitté le Maroc à l’été 2015…………….. Les évènements du Rif n’ont débuté
que bien après mon départ ……………………... Omar et moi n’avons depuis mon
départ plus eu aucun contact téléphonique et lui et moi n’avons jamais
discuté des évènements du Rif.
Il
semblerait pourtant que ce soit notamment sur base de cet élément que
se fonde l’accusation contre lui d’avoir violé l’article 191 du code
pénal, qui punit de cinq ans de prison l’« atteinte à la sûreté
extérieure de l’État [en entretenant] avec des agents étrangers des
intelligences ayant pour objet de nuire à la situation diplomatique du
Maroc ».
S’il
devait s’avérer qu’Omar a effectivement reconnu avoir eu des contacts
directs et téléphoniques avec moi coïncidant avec les événements en
question, ses aveux poseraient alors plus de questions concernant la
nature des séances d’interrogatoire qu’il a subies que sur
l’authenticité des faits.»
L'ibiscus qui refusait de mourir
Des
lignes accablantes en forme de démenti. Elles disent qu’en termes de
nuisance à sa diplomatie, le régime marocain n’a nul besoin d’aide.
Mohammed VI et ses thuriféraires s’en chargent à merveille, avec leur
comportement d’un autre âge ! Car si Mohammed VI avait été ce souverain
démocrate modèle, « roi des pauvres », qu’on avait vendu aux marocains à
la disparition de son père, et si son régime avait été la monarchie
parlementaire exemplaire dont la courtisanerie se gargarise, Omar Radi
n’aurait peut-être jamais été journaliste ou à tout le moins pas celui
que l’on connaît, auteur de ces enquêtes
qui lui valent aujourd’hui la prison. Car vous l’aurez compris, c’est
plutôt ailleurs qu’il faut chercher les raisons de l’arrestation du
journaliste et sa condamnation. Dans la pertinence des articles et dans
la qualité des enquêtes qui ont démasqué Mohammed VI.
Pas
une semaine ne s’écoule depuis son arrestation sans que, tour à tour,
Fatiha et Driss Radi, ne se fendent d’une lettre psychanalysant leur
peine, leur douleur et leur chagrin de parents. Aucun traducteur, aucun
interprète ne saura jamais rendre la charge d’émotion de ces
courriers-là.
Devant
la prison d’Oukacha, l’ibiscus étêté par les autorités a repris goût à
la vie. Il feuillit de plus belle et bien plus vert qu’auparavant, comme
un pied de nez à ses tortionnaires et un clin d’œil d’espoir aux
familles d’Omar, de Soulaïmane, de Taoufik et des autres. Au fond de
leur cellule, tous ces garçons me font penser à cet arbre magnifique
qu’on a voulu tuer et qui revient hanter ses assassins et leur rappeler
la tirade de l’apôtre de la non-violence, Mohandas Karamchand Gandhi, à
la face de ses tourmenteurs :
-« Vous
pouvez m’enchaîner, vous pouvez me torturer, vous pouvez même détruire
ce corps, mais vous n’emprisonnerez jamais mon esprit ! »
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Communiqué final du 8ᵉ Congrès national
-
ATTAC CADTM Maroc a clôturé les travaux de son 8ᵉ Congrès national, tenu
les 10, 11 et 12 juillet 2026 au siège de l’Union marocaine du travail
(UMT) à Rab...
Message de la famille du Dr Hussam Abu Safiya
-
Rassemblement de soutien à Paris - 24 juillet 2026
Mesdames et Messieurs,
Chères consœurs, chers confrères,
et vous toutes et tous qui êtes réunis au...